I. Voltaire, ladig, ou la destinée (il A^)^ ch. XX
croyez pas pouvoir me le cacher, quelque esprit que voui y metliez, vous ne sauriez tromper mon intérêt ; mais conlentez-le en me disant comment vous êtes : avez-vous autant ou moins de plaisir que \ous n'en espériez? Votre santé est-elle meilleure que dans le dernier temps que vous avez passé ici? vous (^tcs bien modeste : vouS^ne m'avez pas dit combien vous avez été célébré à Strasbourg * : ou a fait des versa voire gloire ; ils étoient bien mauvais : mais l'intention était si bonne! ne vous mettez pas en colère; mais répondez-moi : avez-vous lu le Connétable sur votre route *? non pas en courant la poste, mais dans la bonne société. ~ A propos du Connétable, si vous aviez une certaine délicatesse, si vous étiez seulement compae Montaigne, et que vous me regardassiez comme La Boétie, que je vous plaindrois de vous être refusé au plaisir de me donner une marque de confiance, d'amitié et d'estime! je ne me vante point, mais je vous assure que je serois déchirée de remords, si j'avois eu cette conduite envers vous ; qu'est-ce que ceia prouve, dites-moi? Adieu, je connais toute la différence de vos affections. Apprcnez-mVn la ressemblance; ce jeu-^là n'aura jama's été joué avec autant d'intérêt ',
1 . Probablement par la légion corse dont il était colonel-eoiE»aB(Unt et qui y tenait alors garnison. Mais ce qui Tavait surtout intéressé dans cette irille, c'était la petite colonie d'émigrés polonais qui s'y trouvait. • J'ai eu, dit il, des conversations de plusieurs heures avec Bohncs sur la situation de la Pologne. Quand je serois venu à Strasbourg exprès pour connoître ce Polonois, je n'aurois rien à regretter. » [Journal, I, 103.)