‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 66 sur 128 · I. Le mardi gris tomba cette année It 28 févrieir · texte numérisé non relu

I. Le mardi gris tomba cette année It 28 févrieir

184 LETTRES r>E ilAtiEM0l8ELLB DE LKSPINASSK*

c'esl que monfttnc me fournit encore plus que ne péu^ed vous fournir tout vùivv esprit et tonl vutia Ulciil. Mnn adieu.

OuMt heurei àa lotr, 1 7T|

Mon amf, le mal vient Ûg plus loin ; tous souveoe^-vous de ces mots : Oh! ce n'estpas madame (U**^ que vous avez à craindre, maf$,.. cl le tun avec lequel ils furent prononcés, et le iîiîence qui suivilj el la rcticence ùl la résit^lauccT Uon Oieul en faut-il tant jiour porter le trouble et la iîoulecjr fJani udc âme agitée? Joignez à cela le désirque vous a^iez de me qnîttej'; ut pour qui ôliez-vous si pressé? Pouvois-je me calmer? jti vous oiraoîs, je souf* ToU, cl ]e m'accusoîs. J'ai été à votre porle ce matin, la trislcise éfoit dans mon Ame; je vous ai \u, et le plaisir s'est mÔlé à la dispo&ilion de niélanttolie qui nie pénétpoîtt Kt puis j*ai vu que vous metliex de racharuement à me confondre; et puis j*ai cru tout ce que vous ave» supposé. Je V0U8 avois enlL^ndu nommer.., Alors ce que vous lisiez m'a paru odieux, el c'étoit vous qui me le faislei trouver tel. Je croyoîs vous gôner^ vous retenir, vous contraindrc, et mou Ame en éloit à la torture. Eh bien! moû ami» je voua demande pardon de vous avoir soupçonné une fois injustement j c'est la défiance attachée au malheur. Combien de fois aurois-je pu me plaindre l Combien de foi» vous ai-je cfcbé mes larmes! Ah l je le vois trop bien ; Ott ne sauroit ni retenir, ni ramener un cœur qui est entraîné par un autie penchaïtt, je me le dis sans cessée, quelquefois Je me crois guérie; vous paroi^-scz, et tout est délruit. La réflevion. mes rcsolutioos, le malheur, tout perd sa force au premier mol que vous prononcez, le ne vois plus d'asile que la mort, et jnmais aucun malheureux rie Ta invoqué© avec plus d ardeur. Mon Dieu l vous me ferjcî chérir M, .Mar» monlel, non parce qu'il m'a louée, mais parce qu'il vous a dit que je vous aime. Ah I cnou ami, mon malheur, c'est que vous n'aiez pas besoin d'être aimé comme je sais aimer. Je reliene la moitié do mua Hlme : sa chaleur, êon mou-

tSTTEE XCVX*

fomenl xmn Im^f^tk^m^roleni^ el vous étoiadroiDût » tout à Jf '> pas, încoaimode. Ah! si voussa-

ft me J'ai f*iil jouir une ôïne forte ë

l i lietre aim^el 11 comparoil ce qui Ta

y ttimoit CQCore ; et îl me disoi'. ^nns f c?f6 1

^ iie ioût pas djg^nes d'élre vos écol ra

« chauffée par le soleil de Lima, el .! ^^

riûies scmlilent étie nées sous les glaces de la Laponie. • "'. c'étoït de Madrid qu'il me mandoit cela. Mou amij il no me louoîl pas, il jouifsoit; et je dc crois point me louer» gnarid je vous dis qu'en vous ainiaol à la folie, je ne voui donne que te que je ne puis pas garder ou retenir.

Je viens d'êlrô io'.errompue par une lettre de M. de Vaincs. Il Di'inquièle, il me mande qu'il faut q^^e M. d'A-^ lembeM soit clu£ lui avant buiL heures^ et quit lui porte son éloge de l'abbé de Saint Pierre*; il ajoule* cela est impor* tant. Je meurs de peur qu'où ne trouble le repos de niOu ami. Ahl j'en serots détoltie; je voudrois ajouter à nwi mauv tous ceux qu*il doit souifrir* La haine el les dtMois veillent loujourii. J'ai une impatience extrîSme d'Otrc A demain, et je sens que je ne feroierai pas l*œii; plus j'abiindonne mon propre bonbeur, et plus celui de mes amis Test cher. Je ne puis exprimer monaffectiot) ponr AL de Condorcet.el M. d'Aleraberlj qiren disant qu'ils $onl idculiflés oieC-iDQi* : ils nae sont aécessairejs coinma Tair pour respirer; ils ne troublent pas mon ûmc, mais ils la remplissent. Iinfîn je voudrois ûlre à demain matin. Miiis, mon Dieu l si ce désir, si ce besoin avoit un autre principe, si ce n*éloU pas l'aniitié, qui*.. Ah! je serais une îiidigne créature, et je hàïiois le sentiment de la pasaion. Non, non, je De puis pas le haïr : il m'a encore enlevée ce soir à ce que

1. LVilt*:rtii ff'! UQ9 tiiet ctiacuu de cea deux verbes tu singulier ; d<hm croy^vii . I ter U leç'j» plus ^rammaiicale de rèditujti de l ($ I i ,

I. t él(! 1«), le jeudi H fttvikr [17^, dûtis la siiaiscc di; {«icfplloin

de M, tJ^ .-....,.., us, succédant a Dupré de Saint-Mtmr, e« amniel r*S|MHî4U l'abbé de Rulut)>tlli<:t'». iieUUtf y luit deui cliaitt!» dc ton |>«)éiite dr^^ J trdtnt, ■ L'flbgndaiiio de moli el de ^R-tltLS an- cd^ le* épiudus dttuu ctt< él^^;;^ lui oot Junu'!' un t<tiï si ficrHitiutf qu'QLà t'a trouvé du uiojus |ieiicoiiveiiiib|if à U dii^uUt le rjssvtîiLléL' î ct!a p'empèclu' pai qw'U av. sait {deio dô cIiOmI |iu]hiiuk'a* • (Con, dt Gnmtn, i 8 3i», U VUl^ p. *eo.)

3 Coudàrcct «dtain, en utïei ^ natt ùienllfiH avco mademuisulta ue Letipi* lam.', priui ctJVtiî^^oudva eti ion ufim avec aca amiï, li rintilalci ioii « *ccoa4 iècicUue * . iç ftiemkr élaU d'Atciïibca {Œmre4 dé Cçn<ioTC«K\» \^^A'*\^^

286 UBTTKBS BB XABIUOISELLI DE LEIPÎKÂSSE.

c 8ouff)roi8 ; J'ai eitiore enifindu le Moi» de iepl$mhre K Obi que cela est beaal one ceb est grandi que cela mi sublime 1 Hais, mon anu, tous manquîes à mon ptaisir : votre présence le rend plus vif, plui forl, pins proronâ* Abl dans tous les temps, dans tontes les dispositions, mon âme a besoin de vous. Je ne suis rentrée qu'à sept heures et deinie; J'ai trouvé mes amis qui m'attendoîenl, M. Boucher y ûloïU il n*est point allé à Versailles. Je voudrais ôlra ù demain malin; mais c'est vous voir en courant». Cependant Je serai seule demain, car madame de Gh*. » > garde sa cham^ bre; elle vouloit que J'allasse passer la soirée avec elle. Eb, bon Dieu l mes soirées sont â M. de Mora ou à vous : c'est le temps dé la journée qui m'est le plus cher. Si je a'avois craint une méprise, j'aurois donné cette lettra au laquaû de M. de Vaines. Bonsoir«

tETTUE XCTII

Oate faeuret du soir, i77B,

Mon ami, vous ne senlez pas le besoin de me voir l peut- | être même ai-je été importune à votre pensée. Vous avez ' repoussé un souvenir qui venoit troubler voire plaisir. Ahl / que je vous plains de n'ôlre pas tout entier, ou à ce qui vous plaît, ou à ce qui vous aime I ce partage ôte le charme et le plaisir qui tiennent au sentiment, et il doit désoler uneâtne honnête. Je ne vous accuse point, je ne nie plains pas; mais je m'afflige de ma foiblesse: Non, mon amourpropre ne peut point the donner de force contre vous;j« vous aime: tout intérêt personnel se tait à ces mots. Mais \ c'est vous, c'est voire bonheur qui m'inspire du courage et de la f^énérosité. Oui, mon ami, je peux vous cédera ce que vous aimez ; mais par ce sacrifice, je dois obtenir de vous de ne plus chercher à nourrir dans mon Ame un sentiment qui en feroit le désespoir. Mon ami, je le sais, il ne vous est plus libre de m'aimer. Rendez du repos à voire âme; ne

1 . Le IX* chant du Poème des Moit. Roucher y chante particulièrement lei amours dfs cerf».

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