‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 68 sur 128 · La maison d'Albon, à laquelle appartenait sa mère · texte numérisé non relu

La maison d'Albon, à laquelle appartenait sa mère

2. A l'hôtel de Beauvau, où est aujourd'hui le ministère de l'intérieur, et on tlori lognait aussi Saint-Lambert*

LKTTUES DE MALEMOISELLE DE LESPIXASS».

LETTRE G

4 mfntiJt, ITTft.

0 que de douceurs et do plaisirs [>cut encore éproiivët' une flliiic enivrc'e de passifvnt Mon fimî, Je le tem, ma vlû lient â ma folie : si je devenois cttliuc, sî j'ètoîs rendue à lâ raison, je ne pourrois pag vivre vingt-qualre heures. Savex-vous le premier besoin de mon âme, lorsqu'elle a été violernuieiit agitée par le plaisir ou la douleur? c*est d't*erire à M, de Alora, Je ïc raaime» je le rappelle à la vîe^ ^ mon cœur se repose sur le efen, mon Time se verse dans la FÎeiine; la chaleur, la rapiilitt» de mon sang brave la mort î c«r, je le vois, il vit, iî respire pour moi» il ni'enlend, ma] ttHe s'exalte et &*égare au point de n'avoir pluif besoin d*il- }(jsion, c'est la vérité mémo t oui, vous n'tles pas pl;j3 son» cible, pas plus présent que vient de me rétre, pend m t unaJ heure, M. de Mora. 0 divine crt^lure! il m'a pardonné, il] ui'aimoit. Mon anû, ce que je viens d'(?prouver est encore utic suite de lasecous^se que mon âme a reçue celle aprô»- ' dinée. Mon Dieu l il faut chérir, adorer le talent qui semble V0U& donner une nouvelle existence. Oh ï non. je ne su il i pas jtascz grande, assez forte pour louer ce don du Cielj mais il me re.^te as^ez de sensibilité et do passion pour en jouir avec transport, et pour en rapporter le mouvement et ' le sentiment à Tobjet qui a animé ma vie, et qui la âoulicnl uncore. Ahl quel tonheur que d'aîmerî c*esl le seul 1 principe de tout ce qui ebl beau, de tout ce qui est bon eJ grand dans la nature. Mon ami, M. Roucher, a aimé', c'est la passion qui Ta rendu sublime. Mais mon cœur fond dô tristesse, lorsque je viens à penser que cet homme rare, ce prodige de la nature, coanolt la misère, qu'il en souITre j pour lui et dans ce qu1l aime. Ah l cet excès de pauvreté ^ éteint l'amour, el il faut un miracle pour conserver Té- ' nergie et le ressort qu*il y a dans ses vers ; son .Imc est de 1 feu, et nulle part on ne sent qu'il folt abattu par le mat-j heur, Je ne sais si c'est foiblesse, mais je vieus de fondj-e j

4. RoucLer avait épouié par înctination madomûistUe H/irlicUc, defieén*! ési«ite, (lU-on, de l'b<^roîae de 8eauvai&. M lui adressa, avant (l'alli r à (*é^ht*| ttii<if itê vers toucbants qui Q;^iit:cLt dtni le» «uire», AlAiiauii Uotichei n*oatm

LETTRE 01

lOS

en Inimes, en sentant rimpuîssQQce où Je suis de veptr au iccoura de cet homme. Ah! si mon sang pouvoit se chaoger en orl fa femme et lui auroîent connu le bonheur ce Boir. Que ne puis-je animer L'Ame du comte de C***t quâl emploi il Teroil de sa richesse! Alil si M. de iMora vîvoiï, avec quel pl^iisir, avec quel (ransporl il auroil satisfait mon cœurl Oui, c'est avec des larmes de sang qu il faut ^lurcr un tel ami; en Tadorant, c*étoit rendre homnmge i la vertu. Mais, adieu, mon ami. Vous ne pouveï pas ^tre au Ion de mon âme; vous me jugez, et je sens. Voua venez d'c^lre distrait et engourdi par la dissipation, et moi je viens d'ôlre enivrée par la pasâon : mes forces en sont épuisées, et je ne sais où j'ai trouvé celle de griffonner ausai longuement» Adieu.

Si voua n'avez pris changé d'avis, jlrai vous prendre demain à cinq Ijeures chez M, d*Argental'rmais eurlou*, mon ami, point de complaisance, point de BacriQce ; je ne le périle pas, et vous le savez bien.

Dii btnrci, 1779»

fe disoia comme Mahomet s

L". • . • , Stiiil t»« coufigle, il est mi MeompeMc '-* >

et pour voua citer 4 vous-mémcj je vous dirai »

Si mon amt mVÛIge, il c»uî«ri met 1 trouât ^

Vous voilà donc avec la lièvre! cela m'iiffllge. — Ou vient de me dire qu'on vous a vu chez un peintre eu émail, cl que vous étiez frappant de ressemblance. Celle jeune ptT» sonne mérite bien le sacrifice que vous lui avez fait du leutps quHl a fallu pour vous peindre en émail; mais votre vie sera à elle, il est généreux d'en avancer le moment.

1. Le comte d*Argeiiital, n^veu du cardlunl de TcneiHf aà en 1700 , i'ftmt|, *angt de Vdtaîrè, baLtIûil le ijuai d'OrsHy, où il rnounil en 17 "5 3,

I» L'amour seul mu consote..., àfahomei^ Iragéilk de VoUnire (174S)| lete II, ac. ir.

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