‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 71 sur 128 · I. lû n I MjtiihternenL · texte numérisé non relu

I. lû n I MjtiihternenL

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UodenlT i L ^ Iell775, 11 sp tldiiitt Je »a ckurgc df pr^;iilei»t de It Cmtt ûft> 4]di»f fut uiHiiuié uiititslrc de U (haI&od du rot, à l<j |)Iaci* dti di^e éiC U ViUUcfc fi'uvoYiî Iç 17, et *« retira te |S mal (7U, ti»j«^tqu« joun •tuit Ttirgc»!, rcmplarà te lU par M. d« Cliiiiy.

914 , LETTRES b& ]CAlpXOIfilïiI.B DE Ï.E3P1NASSS.

dans quelques Joun; il a;eitCQr6 à foire une visite à Tas* semblée du clergé qui doiit lui valoir vingt mille fraDcg, M. de Malesherbes donnera la démission de sa charge à la Cour des Aides, et M. de Barenlln ^ le remplacera. Si voui saviez tout ce que Ml de Maîeiherbes a mU -d^houijêleté: et de simplicité en acceptant cette place I roui redouble t-icz d'estime, de goût et de vénération pour cet excellent bommo. Oh! pour le coup 'soyez assuré que le bien se fera, et qu'il se fera bien, parce que ce sont les lumîèrei qui dirigeront la vertu et l'amour du bien public, Jamaîa, non jamais, deux hommes plus vertueux, plus éclairés, plus désintéressés, pins actifs n'ont éié.Téunîi et nnîmés plus fortement d'un intérêt plus grand, et plu s élevé. Vous le verrez ; lau» ministère laissera ane profonde trace dans resprit dea hommes. Tout ce que Je vous dia là est encore un secret Ce choix-là sera reçu aiéc transport du public j il y quelques gens qui en eomgerent, niais ils se toiront. hm intrigans. auront bien peu de moyens, cela est bien4âli chant. Oh! le mauvais temps pour ks fripoDa et pour f courtisais! n'y a-t-il pas 'bien de la délicatesse à tii\ cette distinction! cela s'appelle partager un cheveu quatre.

A présent écoutez-moi, et tremblez : car je vais juger deux éloges de Catinat, qui seront, à ce que j'imagine, les deux seuls qui occuperont l'Académie. Les auteurs de ces deux éloges sont M. de Guibert et M. de la Harpe. M. de Guibert est auteur d'un excellent ouvrage de tactique et d'une tragédie : ces deux ouvrages l'ont fait connoître comme un homme plein de talens et d'esprit, et ils annoncent partout une âme élevée et pleine d'énergie. C'est d'après cette connoissance et la prévention qu'elle doit inspirer pour M. de Guibert que j'ai lu et jugé son éloge de Catinat. Vous connoissez M. de la Harpe mieux que moi, vous savez que c'est un excellent littérateur qui a beaucoup d'esprit, et surtout le goût le plus éclairé et le plus pur : voilà la justice que je lui rendois avant que de lire son éloge de Catinat. A présent écoulez ce que la présomption aveugle, sotte et bote a osé prononcer, et voyez si vous en serez irrité, ou si* vous prendrez le parti de dédaigner cet arrêt. L'éloge de

I. Charles-Louis-François de Paulc de Barentin, alors avocat général tm Parlement de Paris, ué en 1738, garde des sceaux en 1788, mort en (Si S.

M. de la Harpe est écrit avec sa facilité ordinaire, mais avec une correction dont il s'est dispensé tant qu'il n'a pas eu M. de Guibert pour rival. Son style est à la fois facile et élevé : il est si rare de réunir ces deux mérites, du moim à ce point, qu'il me semble qu'on pourroit dire qu'il écri? en prose comme Racine écrit en vers. Cet ouvrage est d'ui\ homme de lettres qui a un esprit juste et sage, une Ame douce, honnête et élevée. 11 y a une foule d'expressions heureuses, de choses touchantes, d'idées fines exprimées avec clarté et avec noblesse; mais ce n'est que l'ouvrage d'un excellent écrivain, d'un homme de beaucoup d'esprit. — Celui de M. de Guibert me paroîi l'ouvrage d'un homme supérieur, qui a plus que de l'esprit, c'est du génie. Aucun des deux n'est philosophe, l'un, parce qu'il ne pense pas assez froidement, l'autre, parce qu'il ne pense pas assez profondément : mais l'âme de M. de Guibert juge les hommes et les événemens avec tant de hauteur et d'énergie, qu'on aime mieux être entraîné par elle qu'éclairé par un philosophe. La partie militaire est si bien traitée dans M. deGuibert.que les plus ignorans se croient, enle lisant, en étal d'apprécier le mérite de Catinat. Cette partie dans M. de la Harpe est obscure, fatigante et fort ennuyeuse. En lisant M. de la Harpe, on est agréablement occupé, et quel' quefois touché : on estime le talent de l'auteur. En lisant M. de Guibert, je sens mon âme s'agrandir, se fortifier, prendre une activité, une énergie nouvelles; mais quelquefois il passe la mesure ; son style n'est pas toujours asses clair et assez concis; il manque. quelquefois d'harmonie, on y trouve des expressions trop hasardées. Si on accordoit le prix à l'art d'écrire, à l'éloquence de style, à l'ouvrage le mieux fait, il faudroit, je crois, couronner M. de la Harpe; mais si on le donnoit à l'éloquence de l'âme, à la force et * l'élévation du génie, à l'ouvrage qui produira le plus grand '^eiy il faudroit couronner M. de Guibert. Si jo ne connois- «ois pas les auteurs, je passerois ma vie à désirer, ou à regretlet de n'être pas l'amie de M. de Guibert, et je ne m'informerois seulement pas si M. de la Harpe vit à Paris. Mon ami, je meurs d'impatience que vous soyez à portée déjuger mon jugement; mais je vous demande votre parole d'honneur que vous n'en ferez part à personne, pas même à ce qui vous est le plus cher ; je ne veux pas avoir le dégoût, ou la gloire que m'a causé le jugement des deux éloges do

^16 LETTRES DE MADEM0I3HLLS DE LE5rt>*ASS1S.

La Fontaine S Mon uinî, je n'ai ni anif.>ur-pra[*r(% ni ^ré*^ lenttoa avec voui. 11 m*est commode iVôlre bt^te, et je me làm(^ alïcrj mais avec les autres, je ne me gCne pas : car je n'en ai plus la force* Je ne leur parle point, jti rae conteule de dire : cela est bon, cela est mêdioero ou mauvais, et je me gardi» bien de me fonder en raison j li coup sûr, cola m'ennuiLToit aulanl que je les ennuieroH. Et qu'importe d'avoir de l'esprit avec ceux qui ne vont pas d mon .tme? c'est bien naoi qui suis éteinte. Mon âme est encore 4QÎmée pur le malheur, mais elle est restée sans chaleur; j*ûi perdu ce qui m'échauflbit, ce qui mY^clairoit, ce qn! m'oxuUoil : il ne rae reste que des souvenirs qui couvrent de crOpe tous les objets. 0 mon ami, M. de Mora n*est plus, et vous ui*ave« empochée de le suivre! par quelle fatalilti vous aï -je inspiré un intérêt qui m'est devenu si funesle?

Veodredi, 7 jujllel.

J'oublie de vous dire que M# de Sartine doit entrer aa consdt* : c'est pour le consoler, le voua dîsoîs, il y a quelques jours» que j'élois environnée de mes amis^ mais depuis df^ux Jours^ c'est une désertion entière : les in*pec-* lion», les régime ns, les tirres, les eaux m'onl tout enlevi*. Cependant Tarabassadeur de Naples rae reste, et je le vois tous les jours; mais il est,irop gai pour moi, il contrarie ma disposïlion. AI, de Coolorcet est de retour. Après dô jongs cniretiens avec son cher oncle ■, il a clé convenu que M. de Coudorcet te marieroit; quand il en auroit envie * î cette hjninuie est lulérable. It a accordé qu'il i<TO/< préâ*'nié au Roif qu'il feroil prendre to deuil à son Inquaia, parce que c'est Vaine de la maison qui est mort * ; et après ces

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