‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 72 sur 128 · Par Ift Harpe et Chàtnfort Voir p. I te · texte numérisé non relu

Par Ift Harpe et Chàtnfort Voir p. I te

S, Eu qitnii^é de mibblre d'Etat et pour le coasoler de u'Avoir pai eu le iivl« nisLère tleîa tuabou 'lu roi, m Mariç-AututoeUe retirait prdftiriï n Malesberbet, Né ea I7Î0, lieuteuQui depoUc^ de 17^9 à t774, il nvoU reikiptacf Turgot & U ttt&r(ûe le 24 auM 1774, y re»la ju»qij'au II iKtobre fTftO, «t niQUfuI éintj^Ki CM SOI.

3« Jacques Moue de Canlai de Coadorcct, né rq 1703, ét£<|u(ï de Lisknit et! t76j, mort en *TS3, et connu par *ûo hosltlU^ conlre lcsjim«6m«le8.

4« Guiti' eiivk ne tui vLijl qu'en l'anuée t7H7» ou il épousa Miiric-Lokiiiij^ Sophie <ïc CroucliY, née en I7â4, moile ca Utî, mccc du cunsdUcr PreUaM et tflBiir du fiiiur maru^ti:!! do Giouchy.

5. Lhcrdo U briiuthe alliée (la la ftitiUk Carilal d« Coadorett| QrJgk4^ ' éû Coi&(At>V£nai«sbi.

LETTRE CXV. %ll

eondîtions et ces promesses, il a pris congé de son oncle, qui se console d'avoir un neveu de l'Académie, parce qu'il a appris qu'il éloit l'ami intime d'un minisire. Mon Dieuî que de sottises! cela Tait gémir, quand cela ne fait pas rire. — Mon ami, je vous coulerai quelque jour une colère où je me suis laissée aller : j'ai dit des duretés, des injures, je me suis fait des ennemis; mais il ne m'importe, Je me suis satisfaite. Il me paroissoit que c'éloil le comble de l'injuslice et de l'insolence que d'oser vous juger. ^Je voudrois avoir le droit exclusif de penser mal de vous; je voudrois que les autres vous jugeassent comme je vous sens, noble, grand, élevé, et qu'on ne dît jamais de vous : (lest aimable. Ah! la sotte louange! elle est destructive de tout vrai mérite. 11 est aimable, cela veut dire, quand cela est traduit et que ce sont les gens du moir.îv) qui parlent : il est frivole, léger et sans caractère. Voilà les gens aimables de ce pays-ci ; mais nous deviendrons meilleurs, j'en suis intimement persuadée. Adieu, mon ami. — Vous vous moquerez de moi de vous avoir gardé un secret que tout le monde vous mandera; mais si vous n'êtes pas devenu trop provincialy vous saurez que trois jours peuvent élre d'une grande importance dans un secret de cette nature. D'ailleurs, je l'avois promis, et la morale ne doit pas être raisonneuse. — J'ai une grande curiosité : ce scroit de voir

une lettre de Mais de nouveaux devoirs imposent sans

doute de manquer de confiance : eb bien! soit. J'espère que j'aurai demain de vos nouvelles. Ce sera un mot bien sec, bien froid : cela me déplaira, et peut-être tant et tant, que je me reprocherai amèrement mon retour vers vous. J'aurois dû vous écrire : vous n'étiez pas digne du mal que vous mn faites; ces mots découvrent jusqu'au fond de l'Ame, et jetteroient de la lumière sur dix ans de liaison : c'étoit ce que Clarisse* disoit en mourant à Belfort, ami de l.ovelace, et cette pensée lui fai>oit trouver la mort consolante et nécessaire. Mais adieu. Richardson a connu les liommes, l'amOur et les passions: madame Riccoboni ne connoît que l'amour-propre, la fierté, quelquefois la sensibilité, et voilà tout.

1 . Clarissa Harloioe, célèbre roman de Richardson, publié à Loudre» en 1 743^ ft dont riniitalion de l'abbé Prévoit et la traduction de U'iounitiir iv^icnt paru en 1751.

ir? tmrnisiB bb MADs^foit clls de lbsfikassb*

LETTRE GXVI

tuidi, 1 0 juillet irn^

Ih bien t nchère dont de dltihtrcr mon coBur.

Kn effel, que je suîs malheureuse î que je suis hors de propos, hora de mesure! dans quelle méprise, bon Dieu, je Buis tombée I 11 vous suffiôoit, diles-Tous avec plus de délical esse que de sensibilité, de recevoir une fmille de papùa blanc; et mon malheur a voulu que» lorsque vous me prowonciez voire volonté, j'éloîs entraînée à vous dire tout ce que je pensois, tout ce que je seutoïs, le souiïroîs; mon âme s'est lassée, elle s'est tournée vers celui gui la ble^Boît» Ohî mon ami I vous ne m'eutendrtï pfiç, vous me rtpoT*» drez mal; je vous haïrai avec d'autant plus de force que je vous ni montré plus de foiblesse. Cessez donc de me tourmenler : vous laites trop et Irop peu; laisser éteindre un sentiment que vous ne voulez pas, que voua ne pouvez pas partager. Mon Dieu ! j'étoîs guérie sans ce maudit éloge de Câlinât : j'en seruis resti-e u cet infflmc billel du châteao de C....*, dont le souvenir me fait encore frémir de colère* Je n*aurois plus rien lu de vous, et du moins, dans ce silence profond, j'aurois eu la force de guérir ou de mourir. Mon ami, vous Ôtes bien coupable : car vous faites bien froidemenl le désespoir de ma vie. Après m'a voir dit que vous savez que je souffre, vous njoutcx que vous auriez besoin de vivre à ta campagne, et que la disposition dam laquelk vous êtes durera longtemps* Quoit vous savez que vous me dôsotesî, et vous pensez à vous? Vous auriez envie d aller à la campagne, et non pas de me voir, cela est-il vrai ? et si cela est vrai, pourquoi me le dites-vous? Vous rlevez me ♦aire ce qui est fait pour révolter mon âme» oui, vous le devez: car n'allez pas croire qu'il n'y ait qu'une sorte de devoirs, et qu'ils soient tous remplis lorsquN>n a salisfaît à ceux qui ont pour objet l'intérêt personnel, et ceux qui sont soumis au jugement du monde. Sans doute, c'en est asaez pour ces âmes grossières et vaines qui n*al tachent d'idée de bonheur qu*à l'argent, et de considéralion qu'à Vapprobation des sots qui tes environnent. C*esl À votro

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