‹ Lettres de Paul BaudryChapitre 21 sur 30 · XVI.— Au même · texte numérisé non relu

XVI.— Au même

Mercredi, juillet 1858.

Mon cher Monsieur Gauja,

Je me trouve momentanément embarrassé dans mes petites affaires...

Je travaille beaucoup : je peins d’abord 14 tableaux pour le salon du Ministre, puis je fais les portraits de Mraes de Labédoyère et de Brigode.

J’ai terminé ma Madeleine et j’ai l’intention de faire deux autres tableaux pour l’exposition prochaine.

Tout cela me laisse fort peu de loisir et m’éveille souvent à quatre heures du matin. J’espère, grâce à cette belle assiduité, pouvoir prendre quatre ou cinq jours en septembre et aller vous serrer la main.

La Madeleine plaît à M. de Morny ; mais nous ne nous sommes pas encore entendus sur la question del denaro.

Je vous remercie d’avoir laissé exposer la petite Fortune : ç’a été pour moi une heureuse satisfaction d’amour-propre de peintre, et, ce qui vaut mieux, une bonne occasion d’apprendre aux Nantais que vous m’avez ouvert la carrière, où je courrai le mieux que je pourrai.

Ne viendrez-vous pas, un de ces jours, à Paris? J’aurais bien du plaisir à vous voir!

Adieu, cher Monsieur Gauja, je vous embrasse de cœur.

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