‹ Lettres de Paul BaudryChapitre 4 sur 30 · II. — Au même · texte numérisé non relu

II. — Au même

Paris, le 27 septembre 1847.

Monsieur le Préfet,

Je suis bien heureux de pouvoir vous apprendre que j’ai réussi dans le dernier concours au delà de toutes mes espérances : j’ai obtenu le second. grand prix. Vous l’avez probablement su par les journaux, qui m’ont fait l’honneur de s’occuper en passant de ma petite œuvre.

En vous quittant, ce n’est pas sans un certain sentiment de crainte que je promis de vous écrire : j’étais loin de m’attendre à un bonheur si complet. Peut-être que j’ai dû mon succès dans le public à cette singulière rencontre du mot Vendée. Dans une ééole d’art, on n’est pas habitué à l’y voir et mon plus grand bonheur est de l’y avoir porté. Quoique la loi m’exempte de la conscription, il est du devoir d’un homme de cœur de ne pas rester inutile. L’avenir est déjà pour moi moins sombre et moins triste. Grâce à vous et à d’autres personnes, à qui j’en aurai une reconnaissance éternelle, tous mes efforts tendent à le prouver et je suis heureux de leur en avoir donné une marque digne d’eux.

Je sens que j’ai maintenant fait un grand pas, mais ce n’est que le premier; je ne croirai avoir rempli mes obligations qu’en obtenant le premier grand prix. Je me suis remis lundi dernier à poursuivre mon but, et si je ne fais pas comme le lièvre de ce bon La Fontaine, espérons que j’arriverai comme la tortue ; c’est mon seul désir.

Je suis avec respect, Monsieur le Préfet, votre dévoué et affectionné serviteur.

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