‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 10 sur 75 · AUX FUÙRKS DU RL Y · texte numérisé non relu

AUX FUÙRKS DU RL Y

de Giacomo, lort proclie du sieur Gabriel Sionite, lequel il va servir et seconder eii l’édilion du texte Arabique. Il avoit esté desvalizé et a loiigueujent attendu à Ligouriie, faulte de nioyeiis, jusques à ce (|u’un Marseilloys l’a laict embarquer et deslrayer ])Our l’amour de moy, et d’une lettre qu’il avoit du sieur GalFarel adressée à moy; j’ay ac(juitlé ce Marseilloys de toutes ses rournitüres et entretien jnsques icy, où ce jeune homme vouldroit attendre un ballot de livres Ai'abes, que le dict sieur Gaffarel avoit retenus à Venize pour me les adresser, mais je n’en ay aulcunes nouvelles. Et si cet bomme me croid, il ira droict à Paris sans aultre attente, parce que j’estime qu’il y pourroit faire faulte plus qu’icy. Je ne feray pas de difficulté de luy fournir ce ([u’il luy fauldra pour son voyage, pour sa vertu, et pour l’amour encores de son parent quoy qu’il m'aye bien oublié. J’escripls pour cela à M*” GalTarel, et vous prie de luy faire soigneusement tenir la lettre, dont j’attendray la responce impatiamment, et si M‘ Gailliard se peult charger d’en faire la poursuitte , il n’y aura pas de danger.

Il n’y avoit rien qui pressast pour ce registre de Gypre qui pouvoit attendre le retour de M*' de Saulmaise, estant en si bonnes mains, et (juand il le seroit allé chercher où il est, je ne l’auroys'pas plaint, mais puisque vous l’avez trouvé bon, je veulx tout ce qu’il vous plaict. Je suis grandement aise que M’’ Grottius soit à Metz avec toute sa famille, et qu’il n’ayt pas esté exposé à cet orage. Vous verrez ce qu’oii escript de Genes, et ce que me mande un honneste homme de Bordeaux enabsance du Prieur de Rou moules, sur le retour de AP d’Esp[ernon] dans son gouvernement, et execution de ce reglerneïit du Conseil pour le rang des Prélats sur les Gouverneurs. Il fauldra bien le voir queh|iie jour, quand il sera loisible. Je vous remercie du bon accueil (|ue AP Gras trouve encore chez vous; son gendre AlerindoP m est venu voir tout présentement avec un sien parent qui m’a apporté de la part de AP Aloreau un fort beau vase de bronze antique avec une vintaine de médaillés du siecle des 3o tyrans ou de Gallien dont je luy suis bien

* tt s’agit là du /ils <Iu célèbre médecin Antoine Mérindol, le jurisconsulle Jean Merindol, mentionné en noire tome II (j). 553).

redevable. Il ii’y avoit poiiict de lettre, Jiiais je ne laisray pas de le remercier comme je doibs de sa munificence envers une persone qui l’avoit si mal mérité en son endroict, ne luy ayant jamais rendu de service, bien marry d’avoir si peu de moyens de m’en acquitter à soubaict et de ne luy pouvoir escrire à présent, parce que le courrier doibt monter à cbeval si tost, que j’apprehende de ne pouvoir ])as clorre ma dos[)esclie à temps. Vous luy ferez faire s’il vous plaict mes excuses, et je demeureray tousjours.

Monsieur,

vostre trez humble et ti’ez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce 3i octobre i634 ^

LU

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

ADVOCAT EN LA COUR DE PARLEMENT DE PARIS

RUE DES l'OICTEVINS DERRIERE s' ANDRE DES ARTZ CHEZ Ar DE THOU,

À PARIS

Monsieur,

Ce mot ne sera que pour servir d’adresse et vous faire sçavoir l’arrivée de ce personage^, et le lieu où il aura prins sa retraicte, en attendant qu’il vous aille voir, car vous estes trop bien informé de ses rares mérités et de la grandeur de son genie pour qu’il soit besoing de le vous recommander, ne de vous en parler plus avant, ce que je ne sçauroys jamais faire assez dignement à mon gré.

Nous lavons icy gouverné avec M*" Gassend durant sept ou liuict jours le moings mal que nous avons peu, et vous respons que ce n’a

* Vol. 718, fol. 93.

^ Thomas Canipanella, déjà plusieurs Ibis mentionné en cetle correspondance.

’ Voir le récit de Gassendi (liv. V,

p. Aab), l’écit qui commence ainsi : «Sed et dici debet lætitia, qua apud se babuit Tbomam Campanellam, pbilosopbum celebrem, (juo observanda tempore fuil(nempe

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[)as esté sans un plaisir nompareil de voir de combien bonne {jrace il se desniesle des matières ])lns espinenses et plus brouillées. Vous aurez plus de moyens de jouyr de la doulceur de sa conversation, que moy <[ui ne pourray y prendre part que du coeur, mais ce ne me sera pas une petite consolation, ne pouvant estre de la partie personnellement, d’en apprendre aulcunes foys des nouvelles |)ar vostre entremise, s’il ne vous est dezagreable. Et tousjours participeray je beaucoup aux faveurs qu’il recevra chez vous, en (pialité de son serviteur, puis (pi’il m’a daigné advoüer pour tel, et seray à jamais.

Monsieur,

vostre trez bumble et trez obéissant serviteur, DE Peiuesc.

A Aix, ce 7 novembre iGiîA

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