‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 14 sur 75 · I.XIV · texte numérisé non relu

I.XIV

A MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur,

J’ay receu voslre despesclie du 22 du passé, et avec icelle une lettre de M" de Thon la plus obligeante du monde, et dont je crains bien de ne Iny pouvoir bien faire les remerciements à ce coup, dont je vous supplie luy vouloir faire mes excuses, si vous le voyez, une bonne partie du tem|)s à ce destiné m’ayant esté desrobbée contre mon vœu; il est vray qu’entre cy et le procbain ordinaire je tascberay de luy envoyer ce qu’il me demande, et (jue je jiensoys vous avoir desja envoyé une aultre foys pour son service quel([ue temps y a. Cependant les grands vents marins qui régnent depuis quasi toute cette lune, nous pourroient bien aimnemn' des navires du Levant pour nous fournir de la matière à l’entretenir, moiiigs dezagreable (pie celle de noz miseres. Et jiossible Dieu nous pourroit amener Anne, et par consequant le livre tant attendu par AL de Saulmaise. Je viens de recevoir un ])acquet de Rome par AL' l’Evesque de Vaison de vieille datte, où l’on m’envoye le bordereau des libvres Copbtes du Vatican, et bien que je n’aye taict que le parcourir bien précipitamment, j’y ay pourtant trouvé troys ou ipiattre exemplaires de ce vocabulaire et grammaire des Copbtes, de sorte ipie si celuy que nous attendons d’Ægyjite se perdoit, je tenteroys le bazard d’en demander un au cardinal Barberin, et ])ossibtc 1 aurions nous plus lacilenient que nous ne nous riniaginons, car il aui’oit grande envie de voir le volume de Georgius Syncellus de la Bibliotbeque du Roy, ([ui est si dillicile à lisi’e, pour le faire transcrire de la main mesmes de AL' de Fontenay Bouchard ou de AL' Holslenius, si l)esoin{>- est, ni ayant laict porter parole rpie s’il peult recevoir cette grattilication de AL de Uliou et de vous aultres, Alessieurs, ou bien du Roy j)ar vostre moyen ou par vostri' adveu, qu’oultre qu’il en fei’a bailler toutes b's asseurances possibbîs et en tel cas recpiises poui‘ la

AUX FUKHES DUP U Y.

reslitiition de l’orl{jiiial en la Bibliollieqiie du Hoy, et pour faire mellrc* en rédition que le texte vient de la dicte Bibliothèque, mais (jue aux occasions qui se présenteront, il fera envoyer à M" Bi|rault ou à tel aultre ([uc besoing sera tels volumes originaulx du Vatican, que Ton pourra desirer. En <|uoy il semble ([non ne doibve pas jjcrdre l’occasion de les prendre au mot, pour ouvrir ce commerce qui peult donner de si grands advantages aux bonni's lettres. Que s’il se Irouvoit (juelqu’un qui le peusse transcrire passablement bien, il y auroit moyen d’en envoyer aprez la coppie el en un b(‘soing l’original mesrnes A AU de Saulmaise pour le conférer et snppleer les lacunes de sa cognoisçance coin m’ il me l’a otl'erl, et lors on luy pourroit envoyer la dicte coppie si l’on ne vouloit leur confier l’original. Ou bien envover l’un et l’aultre ensemble pour leur- laisser moings de pretexte de guieres garder le dict original. Vous y pourrez adviser, et entre cy et le prochain ordinaire, je tasclieray d’en escrire à Monsieur de Tbou et à M*' Bigault. Cependant je vous remercie trez humblement du soing que vous me jiromettez d’avoir de la collation de ce petit passage des manuscrits de Cleopatras, m’imaginant que vous n’y trouverez pas tant de difTiculté comme vous en appréhendez et vouldroys bien que vous fussiez en cette [leine de la conférer ou faire conférer jiar ([uelque aultre plus jiatiant que vous sur (juebjue bien vieil original dont je pretendroys bien plus de fruict et plus d’ac([uest, estimant que ce ne seront ([ne des coppies en papier de cent cin([uante ans d’ancienneté tout au plus, où il ne pourra pas esclieoir tant de subject de doubter. .l’ay enfin extor([ué l’inventaire des libvres de la Bibliothe([ue du cardinal d’ArmagnacS où nous n’avons pas trouvé le Denys Byzantin, mais il yen a d’aultres qui ne sont pas à négliger, inesmes deux libvres de l’iiisloirc de Gbarlemagne de différants autlieurs manuscrits'^ ([ui pourroient bien ayder au recueil de AB du Cliesne pour ([ui je les ay incontinant de-

‘ Cet inventaire, conservé sous le litre (le Bibliotheca card. d’ Armagnac, epheopi Ruthcnensis , dans le registre II de la collection Peiresc,à la bibliothè(]ued’Ingiiinibert, ni.

sera prochainement publié par mes soins.

’ Voir sur ces deux manuscrits les notes ipii accompagneront le catalogue (|ui vienL d'être mentionné.

iu;>niurt.iE xirioNALe.

inaiidez et en attends favorable responce. H y a inesmes un volume de grande antiquité de certains canons des conciles, et de catalogues des villes , que j ay pareillement demandé , où je pense qn’il se pourra trouver quelque |bon mot^ mais il ne s’en fault pas vanter. Quant au sieur Boulle, je ne m’estonne pas que vous en ayez esté si desgousté, car je ne le fus pas moings à la rencontre de ce mot de mon despesché, qui est un terme Daupliinoys plus tost que Provençal ou plus tost Italien, et tiré du voisinage d’Avignon où cez Italiens pensent bien friser la corde^ en traduisant mot à mot leurs locutions en termes Françoys; s’il n’y avoit que cela à redire, le remede n’en seroit pas bien dilficile. Mais je ne fus pas moings surprins de voir qu’il luy eusse fallu passer par mes mains pour avoir le Glossaire au lieu que j’avoys présupposé ([u’il y eust deub avoir plus de crédit que moy et- que ce fust de cette pai't là que luy fusse venu l’ordre de travailler à cette entreprinse. Et ce fut bien pix quand je vis qu’il n’avoit pas mesmes eu l’édition faicte cliez eux, vous asseurant que si j’eusse peu prévoir cela asseurement je me seroys mocqué de toute son entreprinse que je n’avoys tenüe faisable que pour l’impression qu’on m’avoit donnée que ce fusse j)ar une espece de raison d’estat que tout le party et spécialement le Prince d’Orange et son beau frere gouverneur d’Orange^ voulussent cracliei’ au bassin^ por l’ajudo di costo^ et pour animer les libraires à l’entreprinse. Mais je vois bien à cette heure que ce n’est qu’un dessein tout particulier de ce pauvre homme, et de quelqu’ autre de ses amys. Vous verrez encores une vieille despesclie que j’ay receue depuis de sa part, et je n’y feray ne plus ne moings que ce que vous agreerez, vous déclarant ({ue je n’y prends aultre part que celle que je penseray pouvoir estre pour vostre service et pour la mémoire de feu M*" de Tbou. J’escripts au P. Gampanella pour accompagner alTorce lettres

‘ C’est-à-dire (juelque bon renseignement.

■ Littré indique celte locution , sans l’accompagner d’aucune citation.

^ Nous avons déjà trouvé mention plus

haut (lettre XXVIII) de Christophe de Dohna.

'* Littré se contente d’indiquer l’équivalent de celte locution : faire im déboursé.

* Pour l’aider à payer le prix.

[1635] ' AUX rUÈllUS DUPU\. -JBl

qui m’ont esté adressées pour luy de Home par ses amys qui le croyoieut encore céans. Il y a aussy un pacquet du sieur Doni‘ pour le P. Mercene et aflorce lettres que m’a envoyées M*" l’Evescjue de Vaison de son diocese où il est arrivé ])ar Turin, n’ayant encores peu lisre toutes cez lettres pour ne perdre l’occasion de ce courrier qui est sur son despart, vous suppliant de m’en excuser à ceux qui s’eu pourroient plaindre et me tenir tousjours,

Monsieur, pour

vostre trez liumble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce 9 janvier i635.

Que Dieu vous doint l’an le plus heureux c|ue vous pourrez souhaicter et à tous les vostres, avec toutes les suittes plus conformes à voz voeux et à voz mérités

À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR

À PARIS

Monsieur,

J’ay faict voz compliments à M’’ Gassend lequel vous remercie trez humblement de l’honneur de voz félicitations ^ et bonnes grâces continüées. Je croys bien qu’il ne tiendra pas à luy qu’il ne soit plus tost Parisien que Provençal, l’advantage estant si grand d’un costé et le dezadvaiitage de l’aultre, pour la faveur de ses estudes et spéculations eminantes. Mais il sera malaisé pourtant qu’il n’aye de la peine à se

‘ Peiresc a eu une petite distraction et correspondait avec ce docte confrère, en écrivant Davi au lieu de Doni, nom * Vol. 718, fol. 118.

de l’érudit romain qui, comme .Mersenne, ’ Au sujet du gain de son procès,

s’occupait de recherches sur la musique

lirer de ce païs, s’il y veiilt mettre les ordres qui seroient requis en ses all’aires domestiques L

Vostre voyage en la Bibliothèque du Roy n’a poinct de baste pour mes petites badineries. Vous verrez ce que j’escripts à M*’ de Thou et à jM" lîigault concernant un manuscrit de Georgius Syncellus qui ouvre un bien digne moyen de commerce d’importance pour les livres du ^atican, si cez Messieurs en sçavent prollitter l’occasion et en prendre leurs advantages. Je ne vous reitereray poinct ne à M*" du Puy vostre l’rere les raisons que je leur en ay deduittes, m’asseurant que vous en excuserez l’employ sans aullre redicle, comme je vous en supplie, et (pie vous y ferez les considérations qui y peuvent esclieoir. Me trouvant un peu incommodé présentement d’une delluxion sur un oeuil que je gaignay hier au soir au serain où je fus traisné mon coeur delïendant^. Je me resjouys bien de la continuation de la santé de M‘‘ de Saulmaise. Vous verrez les extraicts de ses lettres concernant le mesme Syncellus et de celle de M' de Fontenay Bouchard, en attendant que je vous puisse envoyer les originaulx aprez leur avoir escript, dont je n’ay encores peu trouver le temps. Et crains bien de ne pouvoir pas escrire comme je pensoys à M*’ du Gbesne, sur le subject de quelque petit extraict de l’abbayie de Subiaco et de deux manuscrits de l’iiistoire de Gliarlemagne de la Bibliothèque du cardinal d’Armagnac. Vous luy ferez mes excuses si je suis constrainct d’attendre au prochain ordinaire.

Je vous remercie Irez humblement du soing que vous prenez des mémoires du (iavalier del Pozzo pour les oeuvres de Baccon, dont il me mande avoir recouvré les considérations de la guerre d’Espagne, mais il m en lauldra pourtant suppléer un exemplaire pour moy si ne

* Gassendi ne tacda pas à partir pour Paris; on ]’y trouve, en effet, deux mois plus lard, en juars, observant une éclipse. Voir les Documents inédits sur Gassendi (b[jà souvent cit(‘s, p. 1 2. Le savant philosophe revint en Provence au mois d'avi'il et v

séjourna juscju’au printemps de l’année i638.

■ Cet é(piivalciit de contre mon grc ne me semble pas avoir été recueilli par les lexicographes, les(piels citent seulement le : (t mon corps défendant, à son corps défendant.

les avez desja envoyez, ])arce que le mien avoit passé les monts sur la demande du dicl cavalier, ne l’ayant laict j)lus lost à cause de certaines paroles assez libertines^ que j’y avoys rencontrées. Je n’avoys pas veu ses experiances naturelles non plus que son livre latin Sylva Sylvarnm et les verray fort volontiers en leur temps. Si M'' Deodati vouloit nous despartir un peu de son crédit et de ses correspondances anglaises, il feroit venir tout ce qu’on vouldroit de ce pais là, et je feroys fort punctuellement satisfaire à touts les fraiz. V^ous avez raison de trouver bien cher l’Ælian grec latin in fol. à 6 escus-, mais quand on est à la mercy de cez tyrans, il fault se rançonner aulcunes foys veuille t’on ou non. Ce libvre Ganadensium Plantarum^ sera trez curieux, et pour le Camerarius sur s‘ Mathieu, M*" de Cordes debvroit bien en estre pourveu, pour y pouvoir prendre les adresses de la forme et du temps et aultres qualitez de l’édition. N’estimant pas que cet autbeur Grec y porte le nom d’Africanus, ains qu’il passera pour anonyme à ce que j’ay peu colliger de ce qu’en a rapporté de la Scala. Je crains bien que nous ne manquions de voir le R. P. Dom du Puy, aussy bien que M’’ de Bonneval avec touts cez grands appareils de galeres, parce que l’on commance à doubler si ce voyage ne se fera poinct par terre, nonobstant touts cez commandements reiterez de six galeres, à cause qu’on dict qu’il s’est ramassé des desbrix de l’armée navalle <|uel([ues navii'es revenus en Sardaigne, qui arrestent tout ce qu’ils rencontrent de Françoys, et qui menassent de venir aux isles d’Ieres à ce qu’on a dict à un patron de barque de la Ciottat qui avoit esté prins par eux et qui s’est saulvé avant les lestes de Noël. J’escriray au Cardinal Barberin pour vostre affaire, par le prochain ordinaire, bien niarry de n’avoir

‘ Ai-je Ijosoin de rappeler que le mot doit être pris dans le sens que lui alli’ihuait le .wi' siècle, indocile aux croyances religieuses ?

■ \JKlien de Gesner plus haut inenlionnd. ^ y. Cornuli (ianadensiuin plantarvin liistoria (Paris, iG35, in-i'i"). Jacques-Philippe

Gornut, que l’on eut lro|) souvent le tort d'appeler (lornuli, nacpiit à Paris en 16-26 et mourut en i65i. Voir un hon article sur ce botaniste et sur son livre dans la Nouvelle biographie générale, par le docteur Ihelèr, directeur de cette grande |)uhlicatiou (t. \I, col. 8(j7-8()C)).

'2bà

eu vostre lettre uii jour plus tost que l’ordinaire d’Avignon passa par icy, ayant esté retardé d’une semaine plus que de cpustunie. La fluxion me constraint de clorre comme je puis, en vous adjoustant que si M*' lligault veult envoyer les deux exemplaires de son Tertullian pour AL Holstenius et pour M" de Vaison, il ne fault pas faire de dilficulté de me l’envoyer par la voye ordinaire, et y fauldroit encor une coupple des eclogues de Polybe, en papier commun, sur quoy je demeure ,

Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresg.

A Aix, ce 9 janvier i635.

M*’ Gailhard vous soulagera de la lettre du sieur Mazzarini^ si ne la voulez rendre par occasion, et en sollicitera la responce pour une afl'aire de AL' de Mondevergues d’Avignon pour laquelle il avoit tesmoigné s’employer volontiers et à Rome et en Avignon^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur,

Aprez mes trez humbles remerciements de voz favorables souhaicts à ce commancement d’année pour une bonne santé que je vous desire encores meilleure et plus heureuse au centuple avec toutes les suittes plus soubaictables, j’ay tout plein d’aultres compliments à vous rendre de tant d’aultres bons oftices qu’il vous plaict me continuer. Principalement en l’advis que j’ay receu à une bien singulière faveur de si bonne main (jue la vostre concernant le nouvel employ de M'’ de Tbou en

Personnage déjà renconlrd plus haut (lettre XXXVl).

Vol. 718, fol. 120.

[1G35] AUX FRÈHKS DUPUY.

ConslantiiiopleS duquel seul verilableinent il semble que Ion puisse esperer quelque bénéfice pour le public dans le commerce du Levant, qui s’en alloit quasi tout perdu de fonds en comble’, et hors de toute aultre resource que de ce costé là. Ce qui nous laict esperer que Dieu qui luy en avoit réservé la gloire, prendra un soing tout particulier de sa conservation, durant ses voyages, négociations et sesjour qu’il trouvera bon de laire en ccz païs là, et qu’il l’en ramènera un jour tout triomphant et chargé des plus riches despouilles de livres qui soient en tout le Levant, avec les plus dignes accessoires ([ui s’y jiuissent joindre des aultres monuments de fantiquité et aultres pins capables d’obliger le public dont il affecte plus le secours et le bénéfice (fue tout aultre advantage (pi’il en sçauroit retirer. Ce qui m’a faict disjiencer de luy en escrire un mot de félicitation, que je vous supplie appuyer de voz favorables offices à vostre accoustumée, pour m’en faire pardonner la liberté. Au reste je suis bien honteux de la peine que vous a donnée la recherche de cez manuscrits de la Bibliothèque, dont je vouldrois bien que vous jieussiez vous faire soulager et descharger par le coppiste grec que vous aviez employé l’année passée à transcrire ccz ])etits opuscules de Ponderibus, car il aura possible gardé quelque mémoire locale pour retrouver le volume sur lequel il avoit transcript mes coj)pies. Et vraysemblablement en debvroit recognoistre la relieure, si elle a rien de différant des aultres volumes. Au delfault de quoy j’estime que les chiffres (pie je vous ay maixpuez dehvroient donner l’adresse qu’il fault, car je les ay jirins sur le catalogue Alphabétique au nom de Cleopatras, qui est l’autheur dont nous affectons de pouvoir vérifier le vray texte pour ce regard, dont rojiuscule de Ponderibus et mensuris est inséré ])ar exenpile dans le volume cotté du nombre 2 68 contenant plus d’une vingtaine d’aultres opuscules de divers aulteurs dont j’estime que soient logées en teste certaines suittes ou catalogues des Eves([ues de Gonstantino[)le a Meta])hraste ad Micbaelem 111

‘ Voir dans la re/ms/jec/î’ye publiée de à iG-28, lesquelles tonnent un

par J. Taschereau (tomes VIII et IX) les très intéressant journal de voyage en Italie lettres écrites par François-Auguste de Thou et en Orient.

el possible la suide aiissy des Empereurs de Constantinople et certains opuscules tant de Mathématiques et de Chronologie et Philosophie, que de Théologie, Chymie et Poesie, dont il nomme quelques autlieurs, comme Antiochus Sinaita Psellus, Chrysomallus , Constantinus Manasses, Prodomus, Proclus, Democritus, Synesius, Stephanus et entr’ aultres Cleo])atras. Si M" Rigault eusse faict cotter les chiffres des volumes en teste de chascun des extraicts qu’il m’avoit faict faire en cette matière comme je l’en avoys si instamment supplié, il ne vous auroit pas laisse en cette peine. Et M^’ de Saulmaise a faict la mesme faulte en me transcrivant de sa main le mesme petit traicté de ce Cleopatras, sans avoir cotté le chiffre du volume d’où il l’avoit tiré,' car je croys bien qu’il ne l’avoitpas obmis en sa minute primitive qu’il m’avoit une foys promise. Mais il ayma mieux ])ar aprez transcrire ce qu’il m’en a communiqué. Et quand j’avoys désiré que les cayiers de mes coppies fussent coifferez sur les volumes originaulx, el sur les pareils de la mesme Bibliothèque, par M*’ Petit ou par M'’ Yaloys, qui s’y esloienl offerts si courtoisement, je n’avoys pas tant de tort comme pi’etendoit M‘’ Rigault, attendu qu’en telles matières, il fault si peu de chose pour accommoder ou destruire les conjectures qui se jieuvent jirendre en la notice de clioses dont la mémoire est perdue de si longtemps, ])rincipalenienl pour les chiffres, nombres et notes, où il peult si tacilement escheoir des équivoques; lors qu’on m’a tiré des extraits du Vatican, de la Bibliothèque d’Auspourg et aultres lieux, on n’y a rien obmis (le touts cez adminicules qui semblent d’abbord inutiles, mais ne le sont pas au bout du compte, c|uand il se présente des occasions d’y avoir recours. Je ne regrette (|ue vostre incommodité en cette rencontre dont je vous supplie me vouloir excuser, et l’imputer à la cognoisçance que vous mavez donnée de vostre desbonnaireté et bonne inclination de m obliger. Je suis bien marry encores de la peine (|ue vous donne la recherclie de ce Gamerarius sur le nouveau Testament; j eusse creu fjue M*' de Cordes n’eusse pas deub estre sans ce livre là pour y prendre les adresses d’en chercher un pareil. Mais j ay este un peu estonné d’entendre (jue M*" Rubens laisse ternir

une si bonne partie de sa réputation de {jenerosité (pii le rendoit si recommandable. Il n'y a rien de bien stable en ce monde, et (pii ne soit snbjecl à alteration, principalement le bien. 11 lanldra attendre ce ([ii’il trouvera bon de vous respondre, et si ses lettres viennent entre voz mains, je suis bien d’advis ([ne vous ne lassiez jias de scrupule de les lisre avant que me les envoyer, [lonr m’esparjpier le soing de les vous renvoyer par aprez. J’ay laict tenir an sieur sacristain \albelle celle ([ne vous m’aviez adressine pour Iny; il m’avoit dict dernièrement ([ne je le rencontray ([ii’il faisoit estât de vous envoyer cette partie (jne vous avez receiie, dont je le lonay tant ([ne je pens, et l’exbortay de continuer comme je veux croire qu’il fera pnis([ne ce n’est ([ne son debvoir. Nous visines icy dernièrement le sécrétai l’e de AI'" l’Esvesqne de Rhodez^ qui me dict ([iie le fermier de Leons^ s’y estoit enrichy et restau r(3 de tout plein de pertes et daumages receus d’ailleurs, et que si cette piece estoit fidèlement mesnagée elle vanldroit bien davantage que vous n’en avez. 11 a nom lïeudoin et est fils d’un Vdvocat de Paris demeurant en la me de Bievre prez la place Alanbert.

.l’ay ven ce que vous avez cotté en marge des articles du sieur Roulle de qui j’ay recen deux aultres lettres que je vous envoyé avec le duplicata ([ue j’ay faict retenir de la i-esponce ([ne je Iny ay faicte sur le tout comme de moy mesmes sans Iny faire paroistre ([ue je vous aye consulté là dessus. Je ne sçay si je ne me seray poinct disjiencé de luy cscrire trop librement, je fus un peu [iressé lorsque la commodité s’en présenta, car si j’eusse en loisir d’y songer un jien davantage [lossible enssé je voulu retenir ([uekpie chose, mais cela m’escbaj)[)a ainsin et possible vauldra t’il mieux ne l’avoir pas flatté davantage. Nous en verrons le succez. Vous verrez dans la lettre de AP de Lo-

‘ Bornardin de Corneillan déjà [)Iusieiirs fois mentionné.

■ Nous avons omis de dire que Sainl- Léons est une commune du département de l’Aveyron, arrondissement de Millau, canton

de Vezins, à A5 kilomètres de Rodez, et que l’on y voit les ruines d’un monastère ijiii était fortifié et dont l'église appartenait ii la période romane.

lUfRlUCKIC 'lATIOViLf.

meiiie les nouvelles du passage par cette ville ou bien prez tant de Madame de Guise allant en Italie, que de M*' Talion s’en retournant en Avignon, et de rentrée de M*" de S‘ Chaumont à Marseille, où sa presence est venüe bien à propos pour y esviter quelque malleur, au retour que leur consul et comdeputé avoit faict de la cour, clans la conjoncture de restablissenient de ce grand surbaulsement du sel. Le Nonce evesque de Tricastro m’a escript une fort bonneste lettre de Cannes, où il est allé faire son embarquement, et je croys cpie par son moyen on pourroit bien avoir communication de cj[uelque livre de ce j)aïs là si l’occasion s’en présente; je suis bien homme pour le prendre au mot et luy escrire de cez livres de s‘ Cyrille cjue demande M"" Aubert, dont il ne s’est rien trouvé du texte grec dans la Bibliothèque de Cesena^ où j’avoys faict chercher sur des vieux roolles, mais il ne s’y est trouvé que des manuscrits des versions latines. Du costé de Païenne^ on atteiidoit encores la responce à Rome. Et sur ce je demeure, IVI on sieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce 1 G janvier i635.

Le moings que vous ])ourrez faire voir les nouvelles de M*' de Lomenie comme venants de moy ne sera que le meilleur.

M" de Chaumont vient d’arriver de Marseille.

J’oubliay l’aultre jour de vous accuser la réception de cez beaux vers de M‘’ Bourbon à M*" le Cai’dinal Duc^ dont je vous remercie trez liumbiement, et de ceux de M*' de Grammont'‘ que je vous r envoyé

‘ Ville qui appartenait autrefois aux États (le l’Eglise et (jui est située sur le Savio, à i8 kilomètres de Forli.

^ Sur la côte nord de la Sicile, à 3oo kilomètres do Naples.

^ Illuslnssimo domino D. Joanni Armando Plessio S. R. E. cardmali eminenlissimo , duci Richckio , etc. , 'panegyricus. Paris ,

i63A. On sait que Nicolas Bourbon, déjà mentionné en cette correspondance, reçut, comme l’a rappelé Pellisson (Histoire de l’Académie française, édition Livet, l. I, p. 182), une pension du cardinal de Richelieu.

Palmœ regiœ invictissimo Ludovico XllI , régi Christianissimo , a prœcqmis nostri œvi

[1635] AUX FUÈUKS DUPUY.

avec la prcsaiite, ayant peins grand plaisir de voir l’ingénuité de ce bon homme qui est bien selon mes voeux.

Yb de Thon vous apprendra encoi-es d’anltres nouvelles de Tunis el des Savoyars.

Vous m’aviez aultres Toys envoyé un volume des vers de Amand, dez l’an 1G29 in L’on y a faict une suilte de l’an i()3i que je n’ay pas^, et <|ue je vous supjdie me faire envoyer à la première occasion. Et les snyvantes s’il y en a^, car j’ayme ce personage. YL de Hossi m’escript de Lyon qu’allant par hazard 5 la Douane, il y trouva un mien fagot de livres recommandé à luy, lequel y a sesjourné Iroys on quattre moys, dont j’esloys bien en j)eine. C’est là où estoient cez liv res de la Tartarie de M*' Bergeron que j’avoys promis en Italie sans les avoir encore ens'^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DE ÏIIOU

CONSEILLER DU ROY EN SES CONSEILZ D’ESTAT ET MAISTRE DES REQUESTES ORDINVIRE DE SON IIOSTEL,

À PARIS

Monsieur,

Je vous escrivis la semaine passée sur ce premier advis que j’eus du choix que le Roy avoit faict de vostre personne pour le voyage du Levant, où les interests de Sa Majesté et de la nation Françoise ont si grand besoing du secours qu’ils ne peuvent esperer que de vostn*

'poetis in trophrenm erectœ (Paris, S. Gi’amoisy, i63/i, in-A"). Sur le poète ])rovençal Scipion de Grumont, sieur de Sainl-Germaiii, voir notre tome II, p. 217.

' Paris, de l’imprimerie de Robert Eslienne, pour Fr. Pomeray et Touss. Quinet, 4 feuillets préliminaires et 2 55 pages avec ])rél'ace de Faret.

^ Paris, Fr. Pomeray, in-4“ de 1)8 pages. Le Manuel du libraire donne la date iti.’Ja. mais, comme nous l’avons vu pour beaucoup fl’aulres ouvrages , certains exemplaires parurent sans doute eu t()3i.

Peiresc ne devait pas voir les suivantes qui ne parurent qu’<'n itîAo et iG'jq.

‘ Vol. 718, fol. 121.

main. A celle lieure je viens d’apprendre que pariny les objels cpie vous vous estes proposez, poui' l’exercice de voz charilables offices, vous avez daigné vous souvenir d’une si cbellive persone que la mienne, donl je me suis trouvé lout conliis, ne pouvanl me dissimuler mon desmerile. Mais parce que je juge bien que vous avez plus d’esgard en cela à l’inleresl du ])ublic quej’allecle le plus que je puis, enmespeliles recherches, je suis résolu de ne m’y poincl opposer, puis qu’il vous plaid ainsin, el de vous y ouvrir el suggérer louts les moyens que je pourray de faire mellre au jour les ])recieux monumenls qui sonl si cachez en ces païs là, non seulemenl en maliere de vases, mais de loutes aultres curieuses reliques de l’Aiiliquité donl ils font liltiereparloutb Vous proteslant dez à cette heure que je n’entends nullement (jue ce soit pour moy, en mon particulier, ains tout pour le public.

11 y a longtemps cju’il n’est point venu de navire du Levant, tant la mer a esté fasclieuse^ à ce solstice contre l’ordinaire. Cependant on m’a escript une lettre de Marseille que j’ay creu vous debvoir envoyer à tout Lazard, au cas que trouviez l’occasion d’appuyer les inlerests et faire valloir les services du sieur Santo Sec^uezzi que vous cognoissez tant, en faveur de toute la nation, dont on a adressé à M*’ de Brèves^ les attestatoires* publiques, et generalement advoiiées, par touts ceuz qui ont négocié en Ægypte, et pense que ineslmy le public a interest (|ue vous soyez adverty de tout ce qui se passe, non seulement en ce j)aïs là d’oultre mer, mais deçà, quand ce sont choses cjui touchent les interests du commerce. C’est pourquoy j’ay creu que vous m’excuserez de la liberté que j’en ay prinse, et que vous n’aurez pas dezagreable que je partici])e aux obligations que vous acquerrez sur un

' An sujet (le celte ex|)ression tigurée. Lit li é ne cite (ju’un seul (>ci-ivaia auliM'ieur, (l’Auhigné. Tous les autres sont postérieurs à Peiresc, Lorneille, llrueys, Saint-Simon.

■ Dans le sens de rigoureux, cruel, sens employé par Hossuet (juaml il a dil : rrUome eut des mailres Càclienx. n

■' Ce personnage fut un des correspon-

dants de Peiresc. Voir diverses lettres (]ue ce dernier lui adressa à Venise (registre IV des minutes de ITnguimbertine, fol. iio, 111, 1 1 4, 120, 1 2l).

Je no trouve ce mol dans aucun des dictionnaires ipie j'ai sous la main (Académie, Trévoux, Pdclielet, La Gurne de Sainli'-Palaye, l.iliré).

[1035] AUX FRÈRES DUPUV.

indi'jiie persoiiagc, je vous en supplie et vous remercie Irez huml)lemcnl (le lant dYniilaiites demoiislrations de riionneur de voz homies grâces, <{uoy (pie j’eii sois si indigne.

Dimanclie M*' de S‘ Chaumont fit la ceremonie de la jiremiere bénédiction des fondements et assiette de la première pieri-e de r(‘glise des IM\ Trinitaires deschaulcez, ou i’on avoit gravé son nom et ses armoiries avec l’an et le jour Hier on commança les troys assemblées des troys ordres séparez, mandées avec sa jiermission, et auxquelles il avoit conduit troys des olliciers du Parlement, l’iine de la Noblesse, l’aultre du Clergé et la dernière du tiers Estât où il fut proposé et délibéré de se joindre aux plaintes et remonstrances du Parlement contre M'' le Marescbal de Vitry et de faire procuration aux députez du pais pour faire adberance aux dictes renionstrances et demander permission de rejieter les sommes qu’on prétend avoir esté jiar luy indûment exigées. Et l’aprez disnée on proposa et délibéra de prier le P»oy, attendu les occasions de mauvaise satisfaction du dict sieur Marescbal, de vouloir bailler pour Gouverneur au Pais le Cardinal de Lyon. Et vers son Eminence on députa des gentilsbommes pour l’aller supplier de n’avoir jias dezagreable que le pais fist cette instance à Sa Majesté.

Cette aprez disnée les mesmes troys ordres se sont rassemblez pour faire publier et signer les deliberations du jour précédant qui se sont trouvées conformes partout, comme les députations, à sijavoir pour le Clergé l’Evesque de Glandeves^et le Grand Vicaire de l’Arcbevesque d’Aix, pour la Noblesse le sieur de S‘ Juers et Bendol Boyer, pour le tiers Estât, M*' Dumuy, premier consul de cette ville d’Aix, et le sieur

' Itoux-.VIpheran dit dans Les rues d’Aix (l. II, p. ^8i) : trLe cours de la Trinité dale de la tin du xvn' siècle. Il a pris son nom du couvent des RII. PP. Trinitaires aïKjuel il servait d’avenue. Ces relijpeu.v l'urent introduits à .Vix en lOai et .s’établirent d’abord à une denii-lieuo de la ville, dans le vallon des Pincbiiiats oii leur première cbapelle se voyait encore au commencement de

la Révolution. Ils n’élaient alors (jue mitig'és et prirent la décbausse trois ans après. Les décbaussés se traiisiérèrent au nord-est de la ville et dans le voisinage de la |)ort'' Relle- {jarde en lü.'Ui, et construisirent là un couvent et une église détruits à la Révolution.’'

L’évèipio de (Jlandèves était alors René Le Clerc, <pii sTgea de 1C27 à iü5i. \oir Gallia christiaiKi y t. 111, col. 12^7.

Abeille de Tliarascon. Voilà un exemple des plus notables du lemps et avec lequel je finiray, demeurant,

Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant sei'viteur,

DK Peidesc.

A Aix, ce 9.3 janvier i635 *.

Lxvin

À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAUL VEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur,

.Pay receu avec vostre despescbe du 12“® la lettre de M’’ Valeran que j’ay prins plaisir de voir, et la vous renvoyé avec mes bumbles actions de grâces. M*’ de Bonnaire m’a envoyé de Rome une petite cassette cottée de mon nom, et a cotte que c’est du papier, en m’ayant cy devant escript que c’est du papier lin que M*' Valeran envoyé à Paris, je ne sçay encor à qui car il n’y a ])as de lettre d’adresse, et possible est ce pour vous. L’ordinaire de Rome, qui devoit estre arrivé dez vendredy, ne l’est point encores, et possible apportera t’il les lettres necessaires ])our cela. Aussy bien n’avons nous pour le présent aulcune commodité de si grosse voitture pour Paris. J’ay veu en quel estât le dict sieur Valeran vous escript que vostre commande est reduicte, dont j ay bien eu du regret et de l’indignation contre ce monde là, qui distingue si mal le mérité de vostre persone d’avec toute aultre sorte d interest et de subject de vengeance , de choses dont vous ne sçauriez estre responsable. Et suis bien aise d’en avoir sceu le dettail avant que taire la recharge que je vous avois promis d’en faii'e par le ])rocbain ordinaire, car je suis tout résolu de ne le poinct flatter et de luy en parler avec la liberté competante. J’ay esté infiniment aise

Vol. 718, loi. 19/1.-

que lescrivaiii de AI’’ Aubert soit si iiilelligeiit, si raisonnable, ou cappable de se contenter à prix modéré et si clairvoyant en la lecture de lettres si dilTiciles, et qu’il ayl si bonne volonté de faire diligence. Estimant que ce sera une bonne occasion d’obliger ce cardinal (jui a bonne envie d avoir cette piece bien assortye, et qu’il la fera sans double mettre soubs la presse. Si j’eusse estimé (]ue AP' llaultin fiist en volonté de la donner luy mesmes au public, j’eusse tascbé d’en dissuader AP Bouchard et tout aultre, j)our l’amour de luy, mais AP Bigault m’a aullres foys assuré que quelle mine (|u’il linsl il n’en teroit rien, et qu’il ne songeroit rien moins ([u’à cela.

Vu reste j’ay admiré de voii‘ l’ardeur avec <{uoy vous dictes avoir escript à AP Bouchard^ vos sentiments et la revanche du mauvais traictement qu’on vous faicl et ne vous auroys pas estimé si sensible. Eroyant qu’on vous donnera tout contentement et qu’il n’en fauldra pas venir Dieu aydanl à de telles extremitez.

Il me tardera d’apprendre que AP' Petit soit de retour chez luy sain et saulve et de voir ses loix Attiques (|ui seront sans doubte fort bien receiies et l’eussent esté beaucoiq) mieux s’il eusl adjouslé la version des allégations Grecques, dont je luy avoys bien formé la ddliculté dez son passage par icy, quand il nous monstra son autographe. Possible (pie cet escrivaiu de Al'' Aubert feroil bien la collation de cez autbeurs de Ponderibus puis ([ue luy nous mancjue. En un besoing, pour ce petit passage que je vous a vois cotté, AP' Aubert en feroil jiossible volontiers la charité pour l’amour de moy et jiour vostre descharge et soulagement de cette recherche. L’on m’avoit desjà jiarlé d’une relation de AP du Chastellet <|ue nous attendions en bonne dévotion, mais ce cpie j’apprends de vous, ce ne doibt estre ipie la première jiiece d’un jilus grand recueil^ qu’il fauldra attendre en son temps, .le vouldroys bien

‘ Bouchard et Jac(jues Uupuy eiilrclenaieiit une assez active correspondance. On conserve à la Bibliothèque nationale, dans un des volumes de la collection qui porte le nom des deux frères, plusieurs lettres

adressées à Jac(pies par Bouchard. Ce commerce littèiaire n’empèchait pas les Itères Dupuy de tenir en médiocre estime leur correspondant de Borne.

^ C’était la Préface du Piecaeil do diverses

sçavoir si l’on ii’y aura pas peu iiiserer uu Iraicté du duc Charles de Ijorraiue avec le Cardinal iiil’aut antérieur de troys ou quaUre iiioys il la pi iuse de Nancy par lequel ce jiauvre duc promettoit à cet iidaiit de luy baillei' Nancy pour sa place d’aruies, qui estoit bien obliger la France de le prévenir comuie ell’ a faicl.

Cez loi\ academiques vérifiées eu Parlement seront bien de recliercbe ^ et je croys bien que vous ne vouldrez pas que nous soyons des derniers de les voir quand elles paroistront. Car l’advis met bien du monde en impatience, principalement aux Provinces on l’on ne peut (juasi pas sçavoir le vray language mieux receu, et le plus espnré des corruptions que cbasque pais y forme insensiblement, en traduisant sans y penser les locutions locales^.

Quant à iVP de Thou, je suis bien honteux de ce que vous me mandez de l’excez de son honnesteté en mon endroit, et qu’il veuille songer à m’obliger davantage, puisque je le suis desjà au dernier |)oinct en son endroict et que je suis si indigne de l’honneur de son souvenir, non moins que de la continuation de ses bienfaicts. Mais je vois bien qu’il veult dire qu’il soulfrira patiemment les advis que je luy poiirray suggérer pour faire desteiTer les trésors cachez en ce Levant en matière de livres et anlLres monuments de l’antiquité cappables de bien ayder le public, à quoy je ne m’espargneray pas Dieu aydant. Fstant bien aise du choix qu’il a faict de Mt Board vostre neveu, puis qu’il est desjà si rom])u aux affaires estrangeres. Tout maintenant l’Auditeur du cardinal Biquy vient de sortir de céans, où il m’est venu taire des recommandations de son maistre et de M"" de Guibeville vostre neveu (jue nous attendons à ce carneval, commencé depuis Dimanche an logis de M‘' de Chaumont, car on m’a dict qu’il veult

pièces pour servir à l’histoire (Paris, i635, in-fol.).

' t*eiresc veut parler de l’e'dit du roi l.ouisXIV eu vertu duquel fut étal)lie l’Académie française tout au commencement de l'année iG35. Cet édit si mémoralde a été reproduit parmi les |)ièces justificatives de

l’édition donnée par M. Livet de l’ouvrage de Pellisson et de l'abbé d’Olivet(t. I, p. 30-34).

■ Peiresc indique très bien en peu de mots l’importance du rote que devait jouer l’Académie française en maintenant et protégeant la pureté de la langue au milieu des fautes provinciales.

[1635] AUX FHKRKS DUP U Y. 265

venir un soir Faire un masque eu cesle ville |)our donner le bal à des dames d’Avignon qui sont en cette ville. 11 me tardera d’avoir le bien de l’embrasser et servir ])our l’amour de vous et de sou j)roj)re mérité. Et d’avoir des meilleurs moyens de vous tesmoigner combien cordialement je suis,

vostre trez humble et trez obeyssaiit serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce 9 3 janvier iG35.

Le bonhomme M*" Pacius est décédé à Valance le mecredy i o janvier à /i heures aj)rez midy^ dans une grande vieillesse -.

À MONSIEUR, MONSIEUR UE SAINT-SAULVEUR DU PUY

À PAins.

Monsieur,

Avec vosire despescbe du 19“® j’ay recen tout plein de beaux vers et aultres lettres des amys dont je vous remercie trez humblement, mais nous ne l’eusmes que le lundv matin au lieu que nous la soûlions avoir le vendredy, tant pour le retardement de la partance dont vous m’aviez parlé, que pour le mauvais temps, et crains bien que dezhormais nous ne les aurons guieres plus tost. Mais ce qu’il y a d’inconvenient oultre le retardement commun est que vos lettres venanls

' Je ne connaissais pas encore cette lettre (jnand jVcrivais dans Jules Pacius de Beriga. Compte rendu du mémoire de M. Charles Rei'illout avec addition de documents inédits (Paris, 1873, p. i5) : rrOn ijjnore la date précise du décès de Pacius. n

® .M. Charles llevilloiit a rappelé (à la page 9 0 de son mémoire sur le jurisconsulte Jules Pacius de lieriga) qu'il mourut rren i()35, à l'âge de quatre-vingts ans», f.e professeur de Pciresc était né h Vicence en avril i55o. — Vol. 718, fol. 11 5.

IMPRIMKKifc NATIO'IAtK.

])ar la Boiirgoigiie ne passent par les mains de M‘‘ du Lieu rpie soubs une enveloppe generale aux sieurs Moreaux cacliettée dans Paris, lafpielle ne s’ouvre icy qu’aprez avoir faict rendre les lettres du Boy el du public qui viennent soubs l’enveloppe particulière du sieur du Lieu, et lesquelles se distribuent le soir mesme de l’ari-ivée du courrier. L’est pourquoy M*’ du Lieu m’a escript que vous debvriez luy faire ad resse particulière de mes lettres et les faire bailler à la poste pour aller par la grande l'outte comme si elles alloient à Rome ou à Venise, afin qu’elles aillent par le Nivernoys, car elles arriveront à Lyon deux jours ou Iroys plus tost que celle de Bourgogne, et M*’ du Lieu aura loisir de les joindre aux pacquets du Roy et aultres du public qui sont les premiers dislribnez. Je regretteray cette courvée pour vous de faire une envelop])e à M*’ du Lieu touts les vendredys, mais quand vous ne luy escrirez pas pour la première foys, il n’y aura pas de danger, puisque luy mesme m’a suggéré cet advis.

J’escripts à M*’ de Tbou sur ce (^u’il vous a pieu m’escrire de riionneur de son souvenir et auray soing du fagot de M. de Bonneval j)our Rome et vouldroys bien qu’il arrivast avant le passage de l’Eminentissinie cardinal de Lyon, vous suppliant de le sallüer cependant de ma pai-t le plus humblement que vous jugerez qu’il y puisse ecbeoir. J’ay receu une lettre du R. P. Dom du Puy de bien vieille datte, avant son ])artement d’Italie. Estant marry de n’avoir eu le bien de le voir, mais la mer a esté si fascbeuse depuis l’automne que j’auroys eu un trez grand regret (pi’il se fusse engagé de s’y commettre, pour vous venir taire cet acte de charité qu’il desiroit. La galere du Roy (pii a mené à Genes l’ambassadeur SaluzzoL ayant laily à se jierdre diverses toys, et celle aussy du Duc de Savoye qui fit le mesme chemin (piasi en mesme temps pour aller reporter quelques canons et ramener l’aultre galere de S. A. prinse sur le M[arquis] d’Lrfé.

Jean-Baptiste Saluzzo allait être accrédité, comme ambassadeur de ta Républifjue de Gênes auprès de la Cour de France, en septembre iGSy. Voir Recueil Aveael , t. VI, p. 5ü3.

AUX FHi:UKS DUl’ÜY.

Je pense bien ([ii’il poiii roit sunire de lairc Iransci ire snr le volume du Syncellns toiil le coininenceinent jiis(|iies an temps de Pompée où conirnencenl les aulires, et qne pour espargner la desj)ense si elle esloit bien ^qrande, l’on pourroit le conférer snr un exeinj)laire de ceux <(iii sont plus coininuns, à ([uoy j’oiïi-iroys volontiers celuy (|ue j’ay escript de la main de Darinarius il y a une centaine d’années. Mais Dieu sçait ([ui vouldroit prendre la j)eine de cette collation avec l’exactesse requise. C’est j)our([uoy, si la despeiice n’est excessive, il sera meilleur de faire passer oultre et transcrire le tout conformement à l’ordre littéral de AD Fontenay Bouchard.

Bien y auroit-il possible moyen de l’obliger davantage si on luy envoyoit la coppie de tout ce commencement aussy tost (pi’il sera achevé de transcrire sans attendre le reste (jui pourra tirer plus long traict, afin qu’il eusse moyen de travailler à la traduction de cela, et d’attendre plus patiemment le surplus pour le pouvoir lisre ((juand il en fera la version) conjoinctement avec ses aultres coppies.

Pour cezautlieurs de Ponderibus, j’ay grande honte de voir la peine que je vous en ay donné, et seroys bien marry que vous eussiez laid cette courvée pendant une si grande rigueur de froid que celle qui a régné et qui régné encores, n’y ayant rien qui presse tant Dieu mercy, car tandis que je suis en arréragé de responce à Ab’ de Saulmaise il est soulagé d’aultant, de l’importunité qu’il se donneroit ])Ossible de me répliquer ])lus tost. Ne regrettant si ce n’est que ne vous en soyez desebargé sur Ab Petit, avant son partement; je me ])asseray bien du livre de Gamerarius sur S. Alathieu j)uis (ju’il n’a rien de plus que ce que AI. délia Scala nous avoit donné du texte d’ Africanus. Alais je ne laisroys pas de sçavoii’ volontiers de quelle forme, de quel prix et de quelle qualité est à peu prez cet ouvraige et de (piel tem])s.

Je me doubtoys bien que la Sylva Sylvarum de Bacon ne devoit |)as estre publiée en latin, à faulte dmpiel, s’il s’en trouvoit en angloys à vendre, je ne l’acbepteroys pas moings volontiers. J’ay veu le mémoire des livres baillés à Ab Gailliard, (|ue j’impute à singulière laveur, et [)uis que Ab’ de Bonneval envoyé à Borne la préfacé de Ab du Gliastelet,

je ii’ay garde d’y en envoyer pour mon compte. L’on y attend im|)atieniment les mémoires de M’’ de Fresnes Cannaye ^ et le Tertnllian de M*’ le Garde des Seaux ^ dont on leur a faict feste. Sui'quoy je finis un peu pressé, demeurant,

Monsieur,

vostre trez humble et irez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce 3o janvier i635 \

À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAUL VEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur,

J’ay receu voz despesches du sG, et tout ce que vous y aviez joinct, dont je vous remercie, comme je doibs, trez humblement, et des nouvelles dont il vous a pieu nous faire part, où je n’ay pas trouvé si estrange le laict de la lettre non registrée, non plus que d’un homme (ju’on tient prisonnier, et qui par la mesme facilité qu’il a contracté, peult laiie aultant de lettres qu’on vouldra, n’estimant pas que cela seul puisse empescher de passer oultre,non plus que les contracts publiques, s’il n’y a d’aultres obstacles, et répugnances véritables. 11 me lardera d’apprendre l’arrivée de M^’ Grottius à la coui'L et qu’il y puisse

' Sans doute le recueil de docuiuents (jui allait paraître quelques années plus tard sous le titre de Lettres et ambassades 3 vol. in-fol.). Philippe Canaye, sieur de Fresne, était mort le ü5 février iGio.

■ (tuelcpie manuscrit de T( rlnllien [)ossi'dé par PieiTO Séguier, qui (hait un si fervent hihiioplhie et d-ont la collection de livres

et de manuscrits était si riche et si belle.

^ Vol. 718, fol. 126.

Hugo Grotius, nommé ambassadeur de la reine de Suède auprès de la Cour de France, lit son entrée solennelle à Paris, le 2 mars iG35, entrée qui avait été retai-dée par des diHicultés relatives au cérémonial à observer. Grotius était arrivé à Saint-Denis depuis le ih février.

[1635 J AUX FIIKUKS DUP U Y. 1)G9

laire du sesjour en la qualité qu’il y vicnidra, aussy lougueiueul et lieureuseineiit qu’il le peull mériter, et (|ue vous, Monsieur, et tant <1 aultres bons ainys et serviteurs qu’il a le luy ])euvent souliaicter. Pour M’’ de Thon, bien ([u’il me tarde grandement d’avoir le bien de le revoir, je n’ose presque pas souliaicter que ce soit si tost, parce <|ue je vouldroys bien ouyr dire que quelque vicissitude des choses du monde luy eusse applany et appresté les chemins en sorte ((u’il n’y eusse pas tant à appréhender comm’ il y en a pour encores. J’ay eu une relation de Sayde que je vous prie luy bailler encores ijue j’estime qu’il l’aura desja veiie, si je ne me trompe, auquel cas je vouldroys bien la faire envoyer au bon P. Gilles de Loches à Orléans où il est presa t, et surtlroit de la bailler à M*" du Mesnil Aubery ijui la luv fera tenir. Je suis bien aise que M'^ Petit aye emporté le volume des Eclogues pour son contentement, et vous remercie du soing qu’avez daigné prendre de le luy procurer, mais vous ne me dictes rien des manuscrits du Josephe tant de la Bibliothèque du Roy que de celle de M'' de Tbou, voire s’il a eu moyen de les avoir à commodité pour son édition. Je vous remercie aussy du soing qu’avez eu d’envoyer ma lettre des cueillers à M'" de Saulmaise, ne doubtant pas que telles requestes ne rimportunent grandement et ne luy fassent consumer, voire perdre beaucoup de temps, mais souvent aussy on luy faict faire des choses dont le public se pourra prévaloir quasi aultant à proportion, (|ue des aultres plus grands ouvraiges, qui sont de plus d’esclat, et dont l’utilité n’est pas si grande tousjours qu’elle doive exclure les aultres. C’est un des plus grands griefs que j’aye qu’il ne me reste (piasi poinct de temps à moy, aprez avoir employé celuy (pie je doibs au Palais, et à mes amys. Mais j’en ay ipiasi faict liabitude, et souvent me prend des verves de tout quitter, mais puis tout bien considéré, ipiaud on laid plaisir et service aux bonnestes gents, je n’estime pas que le temps se doive tenir pour perdu.

J’ay eu responce de M"’ Rubens, mais un peu à la baste à cause de la jiresse où il estoit de l’entrée du cardinal Inlant (pion luy avoit endossée toute entière, où je m’asseuie ipi’il aura mis eu avant des

iiivenlioits digues de rexeellance de son geiiie. Il me dict pour lanl (ju’il a eiieores par devers Iiiy la cueiller et une petite escuelle d’argent anli({ue toute figurée, (jui n’est pas un petit advanlage. Et me laict esperei-, aprez qu’il sera deschargé de ce fardeau, tout plein de bonnes iiistruclions sur cez matières antiques des poids et mesures, dont je me ])romets de grandes satisfactions. Mais il me ])rie de l’assister en mi procez (pi’il a en la deuxiesme chambi-e des en(|uestes au rapport de M'' Saulniei-, et de faire recommander sa cause à tout le moings au Présidant de ladicte cbandjre et à son rapporteur, à quoy je me trouve bien empescbé, n’y ayant aulcune cognoisçance que je sçaicbe pour ne sçavoir les noms de Messieurs les juges. Et le pis est que la chose presse tellement à ce qu’il me mande, qu’il crainct que le secours vienne bien tard et aprez la deflaicte si l’on ne se haste bien fort. C’est ponrquoy je vous supplie d’en parler à Monsieur du Piiy vostre frere afin que s’il voit Monsieur le Procureur general, il luy en dise im mot de sa grâce, si l’affaire jiasse par ses mains, s’agissant de l’entretien de son privilège. Et s’il a quelques habitudes auprez de celuy qui présidé en cette chambre, ou du Rapporteur, ou de quelques aultres des principaulx de la chambre, qu’il tascbe de leur dire un mot à la recommandation d’une persone si recommandable que M*’ Rubens. Lequel m’escript qu’il y a troys ans touts entiers (jii’il ne se inesle plus d’aultres affaires que de son pinceau, ayant supplié l’Inlante lort opportunément de luy rendre sa liberté et tranquillité d’esprit, et le descbarger des inquiétudes ([ue luy donnoient les allaires on elle l’avoit employé. Attendu mesnies (ju’il ne se pourroit inesler qu’à contre cœur des affaires publiques, depuis qu’il y avoit veu embarrasser les interets de la France qui luy vont encores au cœur, je masseure, beaucoup ])lus ([u’il n’ose dire. Il ne vous fauldra pas, je masseure, de grandes persuasions pour vous dis])oser et Monsieur du Puy, voire en un besoing M'' de Tbou , de luy rendre bon office envers quelques uns de ses juges de vostre cognoisçance, car vous sçavez touts le rare mente de ce personage qui est si digne de toute sorte de bons offices. Et je vous en demeureray infiniment redevable

[1635] AUX FRÙllES DUPUY.

par dessus le marché, et beaucoup plus (pie si l’all’aire me touclioil en mon propre. Sur (pioy je (îniray, demeurant,

Monsieur,

vostre Irez humble et Irez obéissant serviteur, DE Peihesg.

A Aix, cc -2 febvrier i()35.

Nous avons veii passer icy incognito le cardinal Trivulsio \ grandement curieux, cpii a voulu visiter la S“= Pauline et autres lieux saints de la Province, et s’en va attendre Ms^'' le Cardinal de Lyon à Mourgues^ chez le Prince son beau-frere. 11 voulut s’entretenir troys ou (piatre grandes heures à voii’ des libvres. L’ Vsellius inventeur des veines lactées estoit son domestique^, il avoit pour camerier l’abbé Bonmoi’o Paverna, le plus intime amy qu’eust le delTunct sieur Girol. Aleandro, et qui luy lerma les ieulx, et (|ui a esté légataire des escripts de Cige qui a faict cez h gros volumes de la langue Arabique; ils gouvernent touts cez docteurs de la Bibliothèque Ambrosienne et promectent des merveilles de ce costé là.

Mon bomme a eu plus de loisii- ipi’il ne pensoit de faire une cojijiie de la relation de Seyde pour le P. Gilles, de sorte ([u’il ne vous en fauldra pas mettre en peine

* Jean-Jacques-Tliéodore Trivuice, iié en i5()7, à Milan, cardinal en 1629, viceroi d’Aragon, de Sicile et de Sardaigne, gouverneur gdnéral du Milanais, ambassadeur extraordinaire d’Espagne à Rome, moiu’ut à Milan, le 3 août 1657. Ce fils de Catherine de Gonzague avait épouse' la fille aînée du prince de Monaco.

■ Mourgues est le nom (|ue portait chez les Provençaux la capitale de la principauté de Monaco. On lit dans le Moréri : frLes Provençaux appellent la ville de Monaco Mor-

gues, à cause de l’allusion qu’il y a du nom de cette ville avec le nom de Morgues, qui signifie moine en leur langue, n

^ Gaspard Aselli, médecin, né à Crémone, professeur d’anatonue à Pavie, mourut, croit-on, en 1626, à Milan. Ce fut dans sa dissertation De vents lacleis, imprimée à Milan, en 1627, in- 4°, puis à Bàle, en 1628, qu’il exposa son importante découverte.

' Vol. 718, fol. 1 3o.

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