AUX FIIÈUKS DU PU Y
([lie ce (jiii est en un cimetiere à \rles’. Esliniant qu’en beancoiq) d’anltres lieux de la France, connue en jilnsieurs vieilles EfTÜses de celle Pi’ovince, il se trouvera encores de Irez belles choses h joindre à ce digne recueil. Le libvre est fort grand et fort esjioix, en tenille Ionie ouvei-te et bien incommode à relier si je ne me tromjie; il y avoit nu aiiltre fagot de niesme proportion de grandem*, que le Caidinal me charge de faire tenir à M'' Mazzarini, comme je feray j)ar la jireiniere commodité et y joindray voslre cassette de AE Valeran. AL Alenestrier, qui a faict les fagots, me mande (jue c’est un aullre exemplaire du mesme livre, et qu’il croid que ce soit pour le IL P. Sirmond qui y trouvera bien de l’exercice, soit que ce soit ([u’il Paye en [irest ou en propriété. Le volume ne sera guere moings grand (juc celuy de l’Hortus Heistetensis à ce que j’en puis juger à peu près , mais il sera encores plus gros et ])lus dilTicile à manier, non seulement au relieur mais au lecteur, si je ne me trompe, .le ne l’ay pas encore peu voir qu’en courant, mais encor y ay je rencontré d’assez jolies petites gentilesses. Et sur ce je finis demeurant,
Alonsieur,
voslre Irez humble et Irez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, CO aü fel)vriei’ iG35^
‘ C’esl ce qu’a magislraleineiit fait un de nos premiers arclidologuos, M. Edmond Le Itlaiit, (ians son lùude sur les sarcophages chrcliens anti'jues do la ville d’Arles
(Paris, collection des documents inédits sur l’histoire de France, 1878, iii-fol.). \ol. 718, fol. i35.
IKpriUCRIC RATIORAI*
LETTRES DE PEIRESG
\ MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY
À PARIS
Alousieur,
Nous avons eu icy le bon AD de la Ferriere^ qui nous a apporté afforce lettres de noz amys, et particulièrement de Al*’ Bourdelot^, (juoyque la datte en fust un peu envieillie puis le mois d’octobre, car il est venu par la Guienne et le Languedoc. C’est une des plus doulces et plus agréables conversations (jue nous ayons eu de longtttm])s. 11 a suyvy d’assez ])rès AI^*’ le Cardinal de Lyon, mais il a mieux aynié s’en aller à son aise que d’ayder à faire la presse sur lez galleres. AD Gassend a prins grand plaisii' d’entendre les curieuses observations de ce personage et est party à regret ce matin (pour aller à Digne servir son Eglise et sa Prevosté à cez bonnes testes) parce qu’il eusse bien désiré de jouyr encor icy de la presence du dict sieur de la Ferriere encor un jour ou deux qu’il nous y promet de sesjour, avant que passer plus oultre. Gela avec mille aultres petites affaires pressantes qui m’ont desrobé le temps que j’eusse désiré em])loyer à escrire
‘ Jac([ues de la Femère était uii docteur en médecine, qui fut attaché à la maison du cardinal Alphonse de Richelieu et (jui accompagna ce prélat à Rome. R était natif de FAgenais, comme nous l'apprend Gassendi (livre V, à l’année iliSy, ]). 47G) : et Cura jucundissimum hahnit excipere fovereqne egregium virum Jacohum Ferrerium Aginnensem medicnm, qui ex Lugdunensi cardinalis Gomitatu, Roinaque, et Lugduno rediens, expetila altuiit multa, etc. « J. de la Ferrière ne fut pas seulement riiote de Peiresc, mais encoi’e son correspondant. On conserve dans les Minutes de l’Ingiiirnhertine (registre 11, fol. /1Ü2-483) seize lettres écrites à La ferrière, de mai i635 à mai
1G37. Malheureusement je n’ai pu retrouver que deux des lettres du nuMecin de l’archevêque do Lyon à Peiresc. On pourra les lire dans un petit recueil, que je publierai prochainement, de leltres inédites de quelques écrivains célébrés de l’Agenais.
^ Les deux docteurs en médecine étaient très liés et Peiresc n’écrit j)resque jamais à un des deux amis sans que la lettre soit aussi, en quelque sorte, destinée à l’autre. Aussi, dans le registre des minutes qui vient d’être cité, les lettres ii Bourdelot et h La Ferrière sont-elles entremêlées, comme si elles étaient adressées à un seul et même personnage.
[1635] AUX FRÈRP.S DIJPUY.
à mes bons seigneurs et amys me servira s’il vous [)laict d’excuse envers vous et eux. Et particulièrement au bon Ib Campanella de (jui vous m’adressiez une lettre par le dernier ordinaire et à Xb Deodati, Je vous recommande les lettres cy jointes pour M*" de Thon, à (pii j’escrivis hier par un bon religieux Bénédictin nommé Dom Majiiieide ce païs, qui ne laissa pas d’aller en poste. Et par occasion d’une lettre qu’il desira pour M*’ du Mesnil Aubery, je luy lis addresse de troys jictits volumes manuscrits pour M*’ du Gbesne sans pouvoir escrire au dict sieur du Gbesne ne h vous, car il me siirjirint, mais M‘’ du Cliesne les pourra retirer du dict sieur du Mesnil et s’en servir 5 ce qu’il trouvera à propos. 11 y a une barangue au cardinal d’Armagnac assez libre 5 son advenementà l’archevescbé de Tours ^ sur le subject des Huguenots qui commençoient à paroistre, et un pouillier bien ample du diocese de Bhodez. Et une Vie de Cliarlernagne ou plus tost des annales de son temps que le bon M'' du Gbesne estime estre d’Eginard mesmes^, ce que j’ay de la peine à me persuader, m’estant apperceu de quebpie endroit où il parle des Grecs avec quelque prérogative de ])reseance sur les Françoys, ce qui me faict juger qu’il tusse des païs d’autour de Naples ou de Sicile qui obeissoient encores allors aux Grecs, ou bien de leurs partisants plus tost qu’un naturel Françoys. Tant est qu’il est purgé de tout plein d’interpolations ({ui se trouvent en diverses éditions, lesquelles avoient desguisé et faict mescognoistre cet autheur ou sa condition et party. (’^e qui me faisoit dire qu’il pourroit bien mériter d’estre imprimé tel ([u’il est entre les autbeurs oltramontaiiis des choses francoises. Je ne sçay encores si j’en [)ourray escrire à presant à M’’ du Gbesne, car on me vient de dire que le courrier veult anticiper son despart, au quel cas vous luy ferez mes excuses et celle cy pourra servir s’il vous plaict pour luy.
Ge que vous me mandez concernant vostre appréhension pour le livre de la Borna Sotteranea me fera prendre un pretexte de lair-e oii-
' C’est-à-dire en i5à7 {Gallia chris- |)ul)lia ces annales dans le second volume tiana, t. XIV, col. 1 33). d" f^ecueil des historiens de France ( 1 636 ,
^ L’année suivante, André du Cliesne in-l’ol.).
viir renveîojipe ])our faire redamer un bout qui s’esloit un peu mouillé SU]’ la mer et de vous adresser la caisse pour vous donner moven de le voir, à la charge que ce ne soit qu’avec peu de gents afin ([ii’il ne s’en fasse pas de bruicl, et puis vous le ferez tenir à M*” Mazzarini qui en fera ce que bon luy semblera attendant qu’il en puisse venir d’aultres, J’ay niesmes escript pour en avoir un aultre exemplaire; l’on me mande qu’ils se vendent en blanc dix escus.
Si M’’ Galfarel se laisse voir, je luy feray un peu de reproche de ne ])i‘ocnrer des relieures à cez beaux libvres manuscrits dignes des ouvraiges de celuy à qui ils appartiennent b Je n’ay pas veu le catalogue d’iceulx et le verray tousjours bien volontiers. Mon frere n’a rien faict |)our M'' de Guibeville qu’il n’en deubst au centuple, et si nous avons le bien de le voir, nous le luy tesmoignerons de vive voix un peu mieux (pie nous n’avons peu faire par lettre. Si M*' Godefroy faict son Gode tlieodosian. ce seroit une belle et digne piece‘^. L’on m’escript de Valance c[u’il s’estoit parlé de le faire subroger à feu M'' Pacius^; il y a mille bons escus d’appointements, etj’aymeroys bien mieux qu’il y fust (pie dans la tyrannie des ministres de Geneve, qui ne laissent guieres plus de liberté au monde ([ue l’Inquisition d’Espagne quoy (|u’en sens contraire. Je vous remercie trez bumblement de la bonne volonté que \ous avez pour M'' Rubens et vous supplie et conjure de ne pas attendre d’aultres nouvelles de sa part, car je croys que son fils soit en Italie long temps y a et pense que quand vous parlerez pour luy à
' Le cardinal Armand de Riclielieii.
I.e Codex Theodosianus de Jac(]ncs Godefroy parut plusieurs années après la mort (29 juin i652) de ce jurisconsulte (t.yon, h tomes en 6 vol. in-fol. , 1 0üô ) , par les soins d’Antoine Merville. Peiresc avait eu raison de saluer d'avance de ses éloges la r belle et digne pièce 51. L’auteur du livre intitulé Les s(iv(t)its Godcfroij parle ainsi de la publication du grand jui'isconsultc (p. 101) : t:(/est une œuvre classique, son principal titre de gloire, et en même tenij s le guide
le plus sûr pour la i)ériode des premiers empereurs clirétiens. Gibbon s’en aide à cbacpie [)age de son célèbre ouvrage sur rinstoire de la décadence et de la chute de l’empire Romain, ne se lassant point d'admirer la richesse de la mine où il puise à pleines mains pour la composition de ses meilleurs chapitres, n
® t.e marquis de Godefroy -Méniglaise n indicjue pas cette particularité dans les pages qu’il consacre au professorat de Jac- (pies à (îenève ( p. 71--.')).
M"" Saulinier ou à quelqu’ aultre do ses ju^es, vous l’obligerez au centuple et uioy (|uant el luy, (|ue si (|uelqu’uu vous en faisoit là d’aultres instances. Pardonnez inoy cette liberté puis(|ue vous in’en avez pardonné tant d’aultres. Et en vous remerciant trez buinbleinent de voz nouvelles du monde, je finis demeurant,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obligé serviteur, [)E Peiresc.
A Aix en liasie, ce ao mars iG35.
Le bon P. Mercene me mande avoir faict traduire mon libvre manuscrit Arabe de la Musique pour le l’aire imprimer derrière son volume de l’Harmonie in fol°, mais qu’il y a certaines paroles demeurées en blanc pour n’estre pas des appartenances de la langue purement Arabe, ains pour estre du Persan ou aultres langues orientales, dont il vouloit s’esclaircir avec le sieur Gabriel Sionita, mais il est bien empescbé à sa Bible pour se donner ce loisir là. Et avoit esté recherché par le sieur Gaulmin qui disoit le vouloir traduire eu troys jours, mais je le priay de s’en garder bien fort, ayant esprouvé qu’il ne faict gueres de scrupule de se mocquer de ceux qui luy procurent des livresL Je me suis advisé de luy dire que le B. P. Gilles de Loscbes, cappucin, qui prescbe maintenant à Orléans, peult faire cela mieux que tout aultre, car il a une grande cognoisçance des principales langues orientales et s’aquittera mieux de cela que tout aultre. Je leur en ay escrij)t à touts deux pour accélérer l’expedition de ce manuscrit à celle fin que vous le j)uissiez envoyer à AP de Saulmaise. Le pauvre P. Mercene l’avoit mesprisé tant qu’il l’avoit eu jusques à ce que je luy manday de le vous remettre auquel temps l’envie luy print de le faire imprimer, et crains bien qu’il ne s’y trouve bien empescbé. Si par bazard il le vous avoit ja remis, je vous ])i’ie de le bailler à AP du Alesnil Aubery (|ui scait les
‘ Coiinaissait-on ce grand dGl’aul de rorieiiUdislo Gilbert (îaidniin, un des dc^lanls (|ue Reiresc pardonnait le moins?
lieux et les moyens de le faire tenir au dict P. Gilles et de le retirer de ses mains pour le vous remettre