‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 29 sur 75 · AUX FUKRKS DU PUT · texte numérisé non relu

AUX FUKRKS DU PUT

contre moy. Ce qui scandalizoil bien icy prou de monde, ou les desineriles de ce compagnon ne sont ])as incogneus, nom plus que ceux de son pere qui n’avoit quasi rien au monde quand il entreprit ses sollicitations contre nous et a aquis toul son bien à ce seul employ là. 11 fault avoir l’ame bien basse, pour recourir à de telles gents, et cela monstre que nostre bomme se desfie tellement de son droicl, (pi’il n’a recours qu’aux ennemys jurez de la maison (jui seuls sont cappables de flatter et d’applaudir à ses dezobeissances. Tellement que toute la bonne mine qu’il va tenir devant vous. Monsieur, et devant M‘‘d’Aubray n’est que ])our descouvrir pai’ vostre moyen noz inclinations et en tirer s’il peult quelque petit advantage, par surprinse selon la coustume de ceux de son conseil. Mais en eiïect il se trouvera qu’il n’a jamais rien moings désiré que l’amitié de ses pere et oncle et qu’il ne croid pas avoir d’aultre pere et oncle que ceux de ce misérable conseil, qui le précipitera com’ ils ont précipité nostre pauvre ville dans les desordres et séditions où ell’ a failly de se ruiner de fond en comble, .l attends mon frere de jour à aultre, et aussitost que l’armée navale aura faict voiile du Goulf Jeanb je luy communi({ueray vostre lettre et celle de M"' d’Aubray où je ne pense pas qu’il trouve de subject d’estre gueres mieux édifié ([ue moy de son pauvre tilz. Mais il fauldra que ce soit de la main de Dieu que vienne la paix et la concorde de nostre maison si sa divine majesté l’a permis. Laquelle attendant je demeureray. Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce â6 aoiisl l63G^

Golfe Juan (commune de Vallauris, Alpes-Mqntimes). — ^ Vol. 718, loi. 281.

À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur,

J’attendois en bonne dévotion avant que vous escrire si j’auroys la responce de mon frere sur celles que je luy ay faict tenir de vostre part venües par le dernier ordinaire. Mais enfin, voyant qu’il estoit nuict et craignant que l’ordinaire ne veuille partir soudain qu’il aura la despesche de Ms*' le Mareschal, je me suis mis à vous rendre ce petit debvoir, et à vous remercier comme je faicts trez humblement de la continuation de voz charitables ofiices envers nostre pauvre desvoyé et envers nous encores qui vous en serons et debvrons estre éternellement redevables. Estimant qu’à cez heures icy vous avez la responce que vous attendiez de mon frere et de moy sur ce subject, et que M'’ du Puy y trouvera de quoy mettre ce jeune homme dans son tort aultant et plus que jamais s’il ne se vouloit recognoisire tout à bon essiant. Ne le ])ouvant assez dignement remercier de la peine qu’il a cy devant prinse et qu’il ne cesse de prendre si souvent à nostre occasion. Et sur tout pour la présentation de mes lettres en lieu qui luy couste tousjours bien du temps perdu à mon trez grand regret, mais passée que soit cette occasion de l’alfaire de mon neveu, je pense qu’il s’en pourroit descharger sur quelqu’un des domestiques de M^*" le Chancellier à qui j’en ferois l’adresse à cachet volant neantmoings soubs vostre enveloppe, afin que vous en preniez une veüe si bon vous semble, avant que la clorre et envoyer.

M'' Gassend est party à ce matin pour accourir au secours d’un de ses amys de Digne malade à l’extremité, et m’a laissé les 3 lettres de M*" Holsttniius que je vous envoyé avec une venüe par le dernier ordinaire. Il seroit bon de faire voir par occasion dans la Bibliothèque si cette histoire d’Anna Gomnena s’y trouveroit plus entière au moings du premier livre qui leur deifault. Et si cet opuscule de Satyrus se

trouve, j’en prenclrois volontiers une coiipple d’exemplaires pour luy en envoyer l’un et retenir l’aultre. Vous ne ferez pas voir s’il vous plaict cez lettres pour bons respects. Et excuserez mes infirmitez à coller et plumelter trop précipitamment ce que je veux revoir d’un seul clain d’oeuil quand je luy responds.

J’escripts à M"’ de Saumaise et à M'' L’Huillier et vous supplie de leur faire tenir mes lettres au plustost que vous pourrez. Je n’escrirav poincl à Ms’’ le Ghancellier de l’édition des livres de Léo Allatius puisque la proposition ne se trouve pas avoir de fondement bien recevable. Et ay quelque refjret de luy avoir escript de l’affaire de M*' de S[aumaise] mais je l’avoys pourtant laissé en feuille volante à vostre disposition de la mettre ou oster.

L’édition de la Roma Solterranea seroit plus facile dezbormais en latin, pour pouvoir passer hors d’Italie, parce que les planches ne cousteront rien au libraire, et pour peu qu’on y fasse d’augmentation la réputation de l’édition en augmentera bien aussy, principalement s’il y avoit tant soit peu de notes du P. Sirmond dont il avoit esté recherché et possible est ce pour cela qu’il faict tant le rcncbery, ou qu’il s’est picqué s’il a sceu que d’aultres ayent veu l’exemplaire que je luy envoyoys, auparavant que luy. Si fauldra t’il le faire parler tost ou tard plus catliegoriquernent. J’avoys appresté pour un honneste homme de mes amys l’exemplaire de M'' de Thou que M*" Doni luy envoyé de sa Musique })Our en descbarger le pacquet de la poste, mais j)ar disgrâce il partit sans le venir prendre corn’ il avoit promis. Estant tout résolu de m’abstenir d’envoyer plus de gros livres par la poste, pour n’exciter le murmure de cez commis.

M‘’ de Lomenie vous fera voir ce que je luy en escripts et des nouvelles de deçà. J’en attendoys de Toullon, et de mon frere qui n’arrivent poinct à mon grand regret et je suis desja pressé de clorre. M'^le Marescbal a esté à Toullon dimanche exprez pour voir cette armée navalle qui passa oultre à l’embouchure de nostre riviere de Gaspeau prez leres ^ pour faire aygade. C’est celle qui passe dans nostre jardin de

* [jC Gapeau , dont le cours est de 5 A kilomètres, se perd dans la rade d flyères.

IMPMVCniC NATION A tt.

Boysgency L Un honneste homme qui est des tesmoings de visu dicl avoir compté jusques à 69 voilles dans l’estendue de plus de deux ou troys grandes lieües dans la mer sammedy passé qui rendoient une trez belle veüe, mais comme cella venoit à petites esquadres, à la file, d’aultres disent en avoir compté 8/i.

M’’ de Nantes est aujourd’huy venu à Marseille pour haster la sortie d’une douzaine de navires qu’on a armez dont il en estoit hier sorty troys ou /i hors la chaîne du port. Dieu veuille qu’ils fassent quelque notable entreprinse et avec l’eflect sortable aux voeux des gents de bien pour acquérir une bonne paix, demeurant,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce 5 aoust i636 ^

À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SÂULVEUR DU PU Y

À PARIS

Monsieur,

J’ay receu la vostre du 1 où je m’attendois bien de trouver de la mortification non seulement de la grosseur du pacquet où j’avoys mis l’Histoire du cardinal Bentivoglio^ et cez aultres livres du sieur Doni, mais aussy des compliments auxquels la surabondante courtoisie de M"" de Guibbeville vous auroit engaigé, sans nécessité et sans légitimé occasion, car nous avions plus debesoing de pardons ou d’excuses de n’avoir faict nostre debvoir que de remerciments. Mais vous ne sçauriez vous empescher d’obliger voz serviteurs en toutes les façons où vous en trouvez tant soit peu d’ouverture, et de tesmoigner de la

* Avant Belgenlier, le Gapeaii baigne ^ Vol. 718, fol. 288.

Méounes, et, après, Solliès-Toucaset Solliès- ^ L’histoire de la guerre de Flandre dont Pont, il a été question un peu plus haut.

AUX FRÈRES DUPUV.

gratitude là où elle vous est deüe à vous mesme de vostre beiielicence et de vostre patiance en l’oinission ou deffectuosité de ce qui vous seroit bien deub. Tellement que c’estoit à nous à vous rendre grâces Irez humbles de l’honneur que nous avions receu en la visite de M* de Guibbeville (à qui j’ay faict tenir vostre lettre) et de sa patiance dans une maison quasi deserte coin’ il a voit trouvé la nostre où j’eusse bien désiré qu’il eust trouvé de quoy s’entretenir encor un peu, pour voir cette belle armée navale qui est depuis venüe en noz costes, laquelle l'aict trembler toute l’Italie, où il ne s’en estoit pas veu de semblable de longues années. Il auroit eu moings de subject de regretter le temps qu’il est venu perdre en ce chétif pais, et plus de matière d’entretien digne de son mérité, car cette flotte est merveilleusement belle à voir.

J’ay receu par mesme moyen l’arrest d’évocation queM*’ Vinot a faict expedier tout de nouveau, dont je vous ay bien de l’obligation du soing qu’il vous a pieu d’en prendre et vous en remercie le plus humblement et affectueusement que je puis, comme de la part que vous daignez prendre à noz contentements au retour de mon frere chez luy, et de mon neveu dans la cognoisçance de son debvoir. 11 lauldra voir s’il aura assez de courage de s’y tenir, ce que je n’estime [)as trop asseuré tandis qu’il a par delà des gents qui l’ont toujours flatté et consequamment trahy, qui auront bien de la peine à chanter la palinodie S et à q:)orter d’aultres advis que les primitifs qui ont embar(|ué ce jeune homme à ce qu’il n’eust osé entreprendre sans leur assistance

Je ne vous envoyeray plus de livres de volume par la poste, et avoys bien du regret d’y avoir mis ceux là, quand je vis la iourbe qui nous avoit esté faicte, d’arracher l’enveloppe de M‘'de Lonienie. Je m en estois plaint à M*" du Lieu à Lyon, qui me mande avoir tenu conteroulle de touts mes pacquets adressez à M'' de Lomenie ou a AI* de la Ville aux Clercs et spécialement de celuy dont estoit question, dont il m’avoit accusé en son temps la réception et envoy à Paris. Pour d aultres

* An sujet (le celle locution, Litlrë ne cite que d’Aubigne^ DesmaresI {Les Vüioiinatrcs) et M™' de Se'vigné.

LETTRES DE PEIRESG

lettres je iTen prendray que par force. Et ayant un exemplaire de la musique du sieur Doni pour la Bibliothèque de de Thou, j’en ay chargé depuis hier un des médecins de cette ville nommé Broilla, bien galant homme qui s’en va de par delà, à la poursuitte d’une regence conférée par le Boy au neveu du sieur Merindol L Ils sont louts deux de mes amys. C’est pourquoy je n’ay pas voulu escrire pour les uns ne pour les aultres. Mais je m’asseure que vous ne regretterez pas le bon accueil que vous leur ferez s’ils vous vont voir touts deux, principalement à celuy cy qui a bien plus de houtte hors- et de gentiilezze «jue l’aultre.

Je n’envoyeray poinct à Ms*" le Chancelier le livre du cardinal Benlivoglio, estant bien plus raisonnable qu’il le reçoive comme les précédants, de la main de son homme d’affaire de par de là. Je suis bien aise que vous ajez supprimé le feuillet de ma despesche qui concernoit M*" de Saumaise, dont je ne me serois pas ingéré, si j’eusse lors sceu ce que j’apprins par voz suivantes lettres qui me firent juger que vous en useriez de la sorte. La présente conjoncture estant trop dezadvantageuse jiour entreprendre de telles négociations tout de nouveau. Mais je ne vous sçaurois dissimuler que j’ay un extreme regi’et de le voir repasser la mer, estant beaucoup plus difficile d’obtenir qu’il soit r’appellé que de le retenir tandis qu’il est encore entre nous. Mais c’est le malleur de la France et de ses particuliers amys et serviteurs qui leur envie ce bonheur et honneur que Dieu a voulu transférer à une auitre nation.

11 est grandement charitable de se vouloir charger de la besoigne du Syncellus en une si mauvaise conjoncture, mais comme cela n’estoit guieres honnestement evitable aprez tant de paroles données et d’attente, il falloit passer par là tost ou tard. A quelque chose malleur sera bon possible lorsque nous y penserons le moings. Sur quoy je vouldrois bien l’avoir peu entretenir de vive voix. Quant à vostre affaire, j’ay bien tousjours creu qu’une seule parole de ce C[ardinal] eust peu

' Voir surfe docteur Mérindol fe tome II, ^ A rapprocher du mot de Michel de

p. 553. Monlaigiie : avoir le boute-hors aisé.

[1636] AUX FRÈRES DUPUY. S'il

sulFire à la conclurre, et qu’il n’avoit pas assez d’alTectlon pour cela; mais j’ay creu aussi que voullust il ou non, il luy fauidroit passer par là, et le croys encores avec vostre permission. Et quoy que vous ne veuilliez pas aussy par modestie advoüer que vostre intervention au Syncellus puisse entrer en considération , je croys encores que ce sera le prelexte qu’on prendra pour la finir, car je ne sçaurois perdre cette opinion qu’elle se fera, quelques difTicultez qu’il y ait eu jusques à cette heure, et qu’il y puisse avoir de plus, et quelque mauvaise opinion que vous et voz amis en ayez conceu.

Monsieur le conseiller de Valbelle est en Avignon avec Madame sa femme. Mon frere est encore auprez de M®" le Mareschal, l’assemblée n’estant finie que de fort peu, et luy n’ayant peu avoir son congé de revenir icy, jusques à tant que Ms‘’ le comte d’Harcourt^ et M^*" le Mareschal se soient entrevcus pour tenir un conseil de guerre, où il fault que M*" de Nantes se trouve, lequel n’a peu quitter sa besoigne à Marseille pour accélérer l’armement de xii galbons et quelques aultres barques, pour raison de quoy, depuis l’arrivée de l’année de Ponant, il a passé à Marseille 5oo contracts de nolizernenls à la mode du pais; devant liier il y avoit vu navires desja hors du port; il faict aujourd’huy un vent qui cust esté bien opportun pour porter cette flotte dans 2Ù heures en Vay, où elle eust trouvé de grands advantages sur i8 galères chettives qui y restent. Je crains que l’enlreveüe ne se fasse à Boisgency, où le lieu est pourtant bien petit et mal logeable pour tout ce grand monde, et seroit bien mieux ii Toulon. Cependant je ne puis chevir^ de mon frere qui me faict grande faulte. 11 m’a mandé qu’il vous avoit respondu par aultre voye à droicture soubs l’enveloppe de M*^ le Mareschal.

Ce nous sera bien un grand beur si M^de Lauson accepte l’intendance en cette Province, et particulièrement à moy qui suis son ancien ser-

* Henri de Lorraine, eonile d'Harcourt, * Nous avons déjà trouve' dans les \o-

né en 1601, mort en 166G, al'ait reprendre lûmes précédents ce vieux synonyme du mot aux Espagnols, l'année suivante, les îles disposer.

Sainte-Marguerite.

viteur, principalement s’il a rien conservé de la curiosité qu’il avoit aultresfoys pour les livres et les Antiques L

Sur quoy je vous advoüe ingenuement que j’ay grand tort d’avoir tant différé de satisfaire à ce que M*’ de S‘ Amand Tristan desire de moy, vous asseurant que je n’ay rien qui ne soit à sa disposition et surtout aprez voz commandements, qui sont si absolus sur moy. Mais je vous puis jurer en saine consciance que depuis une bonne année je ne sçay que c’est d’une heure de repos d’esprit, et depuis les desordres des Cascaveaux^, je n’ay sceu prendre le temps de rien remettre en ordre de ce qui avoit esté peslemeslé, imn seulement dans mes antiques mais dans mes livres rnesmes, qui sont encores touts en confusion. Je suis aprez de tascber d’y mettre quelque ordre pour remanier cez petites curiositez, et contribueray de fort bon coeur tout ce que je pourray aux loüables et charitables curiositez de M*" de S‘ Amand pour l’amour de sa grande vertu et modestie charmante et pour l’amour de vous. Monsieur, oultre mes anciennes obligations à son endroit.

Au reste les observations que M*" Gassend alla faire à Marseille dernièrement^ et les instructions qu’il y print des mariniers plus expérimentez, au faict de la navigalion dans la Mediterranée, joinct aux observations que je fis faire de l’eclipse du moys d’aoust de l’année passée, tant en Alep et au Gayre qu’à Tbunis, Naples, Rome et ailleurs, luy a donné de quoy faire apparoir par bonnes et valables démonstrations d’une erreur en toutes noz cartes marines de plus de 2 ou 3 00 lieües d’entre Naples et la Palestine qu’il y a de trop dans les cartes, à quoy la routtine des mariniers avoit trouvé un remede dont ils n’avoient jamais sceu comprendre la cause et la raison : c’est que de Malte en Candie, ils soiiloient donner un quart de vent à la gauche en leurs boussoles, et de Candie en Gypre deux quarts de vent, et au retour ils en faisoient aultant, et tousjours à la gauche, ce qui faisoit la difficulté moings facile à dissoudre. Mais en retranchant l’espace il

* Sur le pr«^sident de Lauson voir t. II, p. 65, note 2. — ^ Voir t. II, p. 267, note 2. — ^ Voir Vie de Gassendi, par Bougerel, p. 166.

[1636] AUX FRÈRES DUPÜY.

n’y a rien de si facile à comprendre, comme vous le verrez quand nous vous envoyerons le résultat de son observation, et de la comparaison d’icelle avec toutes les aultres^ Sur quoy nous avons eu besoing d’un libvre de la navigation d’un certain Espagnol qui ne s’est pas trouvé de par deçà nulle part. S’il y avoit moyen d’en avoir un exemplaire soit en achept ou en troc, ou en prest, vous nous obligeriez de le nous procurer, et par mesme moyen me faire avoir, s’il vous plaict, les suittes d’un premier et second volume, ou de la première et seconde partie du Flambeau de la navigation imprimé en Hollande l’an 1690 en forme bislongue, car l’on nous asseure qu’il y en a d’aultres entre lesquelles sont toutes les costes de la mer Mediterranée, que nous voudrions bien avoir en cette conjoncture, rn’asseurant qu’il s’en trouvera assez dans Paris de ceux là, et possible encores de l’aultre Espagnol dont j’ay oublié le nom.

J’ay veu dans la lettre de M*’ de Thou que je vous renvoyé avec mille trez humbles actions de grâces, que le sieur Bernegger'^ veult mettre en vente les livres de mathématiques dont le catbalogue seroit tousjoui’s trez bon à voir, et si M*’ de Thou en prenoit quelques uns, et qu’il y eust moyen d’y faire joindre la bonne édition de l’Almageste de Ptolemee in fol. que je vous avois souvent demandée, ce seroit une grande charité de le nous procurer, si dans le danger des convoys, il s’en tire aulcune chose.

Pardonnez, je vous supplie. Monsieur, à la maladie incurable de mon esprit et me commandez on revanche comme,

Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce XII aoust i63t).

‘ V oir Gassendi , de vita Peireskii U'ji.

^ Malhias Bernegger, né en 1682 à Hailsladt (Autriche), fut à Strasbourg professeur d’histoire, recteur du collège, et

mourut eu i64o, laissant un grand nombre d’ouvrages divers écrits en latin et dont on peut voir la liste dans les Mémoires de Niceron (t. XXVII).

^ Parmi les éditions in-foi. de l’Alinageste,

Je viens de recevoir une lettre du sieur Boule avec un cahier que je n’ay sceu lisre présentement, et que j’ay creu vous debvoir envoyer avec la mesme confidance que j’avoys faict cy devant tout le reste qui m’estoit venu de sa main, sur quoy vous m’ordonnerez, s’il vous plaict, s’il y aura rien à faire. Et excuserez de vostre grâce la rusticité du ])aïs et de la profession de l’homme qui ne manque pourtant pas de bonne volonté, ce semble. Et suyvra fort punctuellement touts les commandements qu’il y aura à luy faire sur ce subject et touts aultres qui en peuvent dépendre.

de Guibbeville me dict sans y penser, en me demandant des nouvelles du sieur Gravier b que c’estoit luy qui avoit voulu entreprendre cette version. Et fut bien estonné d’entendre qu’il se fust oublié comme il a faict. 11 y a eu du malleur que ceux qui ont voulu entreprendre cet ouvraige ii’ayent eu d’aultres parties que ceux qui s’en sont meslez.

Je vous supplie de faire tenir la lettre cy joincte au sieur Camusat^, et si le voyez luy dire que le difl’erant où l’on employé son nom ii’aui oit pas de besoing des poursuittes qu’on en faict, car celuy dont il se sert 011 abuse bien jilus que je ne vous jmis bonnestement dire. C’est un fol à marotte qui ne met péril à rien. Excusez moy je vous supplie.

J’ay enfin receu un billet de mon frere d’bier à Guers, ne portant aultres nouvelles que de la goutte de Ab*' le Marescbal qui le retenoit au lict depuis 3 jours. IN’ayant peu m’escrire aultre chose, mais vous verrez une aultre lettre que je vous prie de ne monstrer à persone qui interprète un peu les escrittures.

Je vous recommande ma lettre de félicitation à M'' de Lauzon sur son

intendance; si vous n’y avez aulcune habitude, en un besoing il la

tes plus connues sont celles de Bâle (i538, i55i). Les autres éditions anciennes sont in4° et in-8\

‘ Ce doit être par inadvertance que Peiresc a écrit Gravier pour Granier. Gravier est inconnu. Granier de Mauléon, au contraire, a été déjà souvent mentionné dans

notre recueil. Voir notamment t. I, p. 355, t. II, p. 1 26.

“ Jean Gamusat, rimprimeur-libi'aire de l’Académie française, mort en lôdq. Voir sur lui les Lettres de Jean Chapelain , t. 1 , p. h et suiv.

lauldroit envoyer par un des vallets de pied de M‘' de I.omenie, s’il ne vous est incommode’.

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