‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 31 sur 75 · GIT · texte numérisé non relu

GIT

\ MONSIEUR, MONSIEUR DU PUV DE SAINT-SAULVEUR

À PARIS

Monsieur,

La vostre du 28"*" du passé nous a touts consolez, en nous diminua tit les appréhensions (jue nous avions de nouveaux mescontenternenls tesmoignez par la retraicte de eez princes si à contre temps. Je piâe à Dieu qu’il n’y ayt poinct de mauvaises suittes, et verray bien volontieiü la coppie de la lettre promise pour eu pouvoir mieux juger. Nostre attaque des Isles est mesliuy esclioüée selon les apparances humaines, puisqu’on dict qu’il y fault un temps fort calme pour pouvoir y faire aborder les Bettes* ou Pinaces chargées de milice, dont il s’en perdit l’aultre jour une quasi au port par un temps non trop orageux oultre (jue le mal entendu d’entre noz chefs n’est pas bien r’adjusté, ne s’estants pas reveus depuis leurs tlernieres prinses. Dieu n’a pas encore achevé de nous chastier. La derniere assignation pour l’attaque avoit esté prinse à samedy, mais le temps fut grandement contraire, et le dimanche n’estoit pas encores trop favorable, non plus qu’hier; à ce matin le temps sembloit estre à souhaict, mais il s’est encore gasté depuis midy; cependant la noblesse se consume et se desespere et a demandé plusieurs foys son congé qu’il luy fauldra eidin octioyer veuille t’on ou non tost ou tard. On nous avoit allarmez de l’arrivée de XIX galbons de l’ennemy cà nostre embouscheure du Rhosne nommée le Tampan, qui estoit le MERAPINVM des Anciens. Mais il s’est trouvé qu’il y en a eu équivoque sur ce que le Rhosne en Provençal a nom le ROSE et les navires sont actuellement encores en Catalogne en un ])oi“t nommé ROSE -.

‘ Mot provençal écrit belo dans les (/t’c- ^ Hosas ou Roses, anciennement Mbodu ,

tionnaires de Gabriel .Azaïs et de Frédéric ville forte d'Espagne, dans la Catalogne, au

Mistral. Les deux philologues traduisent le pied des Pyrénées, à 70 kilomètres de Gi-

mot par bateau, barque.

rone.

Page 1