AUX FKKKES I)UI>UY
à Deodali, qui est si honneste de sa grâce qu’il m’excuse comme je l’en supplie et conjure et vous de me tenir toujours,
Monsieur, pour
voslre trcz humble et trez obéissant serviteur, DE Peikesc.
A Aix, ce 23 déceinbïe iG30.
Si le Grégoire de Tours de Gloria Martyrum^se trouvoit par hazard chez quelque frippier ou en quelque inventaire, il m’a si souvent faict l'aulte que je l’achepteroys bien volontiers^.
A MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINÏ-SAULVEUR DU PUV,
J’avoys trop de sentiment de la peine que vous avez prinse à nostre uiïaire, pour pouvoir manquer de vous en rendre les trez humbles remerciments que je puis (si non ceux que je doibs)avec touts les services qui pourront jamais dépendre de nioy, en reconoisçance de si notables bienfaicls que les vostres. C’est la vérité que j’ay bien eu de la peine d’en desrober le temps parmy l’embarras de la procedure que nous faisons icy sur le subject d’une émotion populaire qu’il y a eu durant deux jours dont vous verrez quelques particularitez^ Mais c’eust esté un trop grand crime à moy si j’eusse laissé partir d’icy le courrier ordinaire sans vous rendre un compliment si légitimement cleub. Et vous
‘ L'Iltstoire littéraire de la France (t. lit , p. SgS et suiv.) cite plusieurs éditions du traité De Gloria marlyrum, la première en i6ii, Paris, Jean Marrliant, petit in-A°; la seconde en i563, Paris, Guillaume Maurel, in-8°; la troisième à Cologne, i.S83, ln-8°i
^ Vol. 718, fol. 33/1.
^ Les historiens de la ville d’Ais, et en particulier, le meilleur de tous, J. de Hailze, ne mentionnent aucune émotion populaire sons la date de décembre 1 ()3().
m’excuserez s’il vous plaict, Monsieur, si je ne m’en puis mieulx acquitter attendant vostre retour à Aix, où nous en aurons un peu plus de moyen. Seulement vous diray je que nous apprismes hier eu arrivant delà bouche du lieutenant du sénéchal de cette ville, qu’il avoit esté visiter un logis du faulxbourg, où il saisit 200 escus de menüe monoye de liards et de doubles bien mauvaise dans une chambre où logeoient ù marchands des Gevenes du Languedoc, en compagnie d’un honneste homme de Rouergue qui tient la ferme du Prioré de S‘ Leons, lequel s’estoit joinct par les chemins avec lesdits marchands, mais interrogé pourquoy il estoit venu en cette ville respondit fort pertinamment qu’il estoit venu porter à M"" de Valbelle (qui tient l’induit de M‘ de Thou) 1600 livres de sa ferme dont il exhiba le bordereau des especes dans lequel il ne se trouva poinct de mauvaise monnoye. Les ù marchands estoient fuitifs h Je n’ay pas encores peu voir M*" le sacristain pour en rendre compte à M*’ de S‘ Saulveur, mais nous ne partirons pas d’icy Dieu aydant sans le voir et luy en donner ou procurer des nouvelles. Cependant il excusera quant et vous la presse qui m’emj)esche de luy respondre à ses dernieres du 1 9“® comme de vous entretenir plus à souhaict, estant de tout mon coeur,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix. ce 3o décembre i636 L
' Litiré dit sous le mot fugiüf : «La forme usit^ jusque dans le xvi' siècle, et même ou française éiail fuitif; fugitif a été fait au le trouve dans Scarron travestie). r,
\iv‘ siècle sur le latin; pourtant /îu'd/’ resta ® Vol. 718, fol. 335.
AUX FUÈHES DUPUY.