‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 34 sur 75 · GI.XXVI · texte numérisé non relu

GI.XXVI

À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINÏ-SAUEVEUR DU l‘UV,

À PAHIS.

iMonsieur, *

Je ne pourray pas vous entieteiiir à ce couj) guières plus à souhaict que par le précédant ordinaire, ayant céans M" de la Ferriere, médecin de AD'' rEminentissime cardinal de Lyon, venu en poste de Lyon pour passer oultre à Tlioulouse, s’estant voulu destourner de son clieinin pour l’amour de AF’ Gassend et de nioy. Et la neige qui nous est venu visiter d’aujourd’huy nous a faict sentir plus de froid (pie de coustume. J’eusse bien volontiers r’escript à AF de Saumaise tant pour luy respoiidre que pour luy faire part d’un bas relief antique de li ez bonne main dont AF de la Ferriere m’a apporté l’empreinte, où sont gravez certains vers Grecs des labeurs d’Hcrcule, insérez au A" livre de l’Antbologie, mais un peu differents en quelques mots, et y a d’aultres choses bien curieuses et dont AF de Saumaise fera bien son proHit, comme je prétends bien y faire le mien sur le subject d’un trepied qui y est représenté, desdié par Amphilrion sur le subject de l’apotheose d’Hercule, qui y paroit porté en l’air sur une tente faicte de la peau de son lyon, accompagné de diverses deilez thimeliques. Il y a deux colonnes remplies de tout plein d’escritlure fort menue, aussy bien que la base du trepied, dont AI*' de la Ferriere a transcript la plupart et faict un cbef-d’œuvn; d’importance, car l’escriplure est menüe plus qu’aulcune aultre que j’aye jamais veu sur le marbre, et est remplie d’une matière noirasire, pour ayder la veüe et la lecture, ce qui est assez exti-aordiuaire aux antiques.

J’avoys escript un mot à AI* de Gordes sur une commission qu il m’avoit baillée envers AF nostre Premier Présidant; il nous faisoil leste d’un livre nouveau intitulé le parfaict cappitaine de Al' de Rohan ^ qtu'

‘ LVditiou priiiceps de i636 (in-4°) allait être iviiuprimêe par les Elz(Mer en i(‘).38, en 1689, en i64i et en i648. Voir l'ouvrage de M. A. Willems, p. 1 (G-i 17.

IMI'IIIIICRIE MATIO'fAil.

M’’ le Premier Présidant a bien envie de voir et M'’ de Lauson; il nous en fauldra une coupple s’il vous plaid, pour en despartir à M'' Naudé qui est bien exacte en ses advis des livres nouveaux. .le vous remercie bien bumblement de la participation d’iceulx et des aultres lettres de Home que je vous renvoyé. J’ay receu ce fagot des livres de M*" Deodati des insectes* dont je luy fcray les compliments par le premier Dieu aydant, ensemble à-M*' Luillier et à M" de Sarron Ghainpigny^. Cependant nous pourrions estre esclaircys, si nous le pourrons loger en lieu non trop incommode, dont il fault attendre la responce du dehors, de ceux à ([ui appartiennent les maisons qui ne peuvent estre guieres propres en ce pais, pour des persones de cette qualité. Au reste je vous suis bien redevable de la part que vous avez daigné prendre en la réconciliation de mon neveu avec son pere et ne vous en seau rois rendre d’assez dignes remerciments, et eiicores moings des services conformes à mes debvoirs envers vous et les’ vosti’es. Mais quant au pardon qu’il vous a pi'otesté me vouloir demander, il n’en sera pas de besoing, car je luy en faicts une ample quittance, puis que son pere luy a pardonné, il a eu droici de le faire tant pour nioy que pour luy, aussy bien que de passer les obligations qu’il a passées. Il ne me trouvera pas moings disposé à oublier tout le passé, que je Tavoys esté cy devant, cà ne [)as j’evoquer tà cœur les autres subjecls de desplaisir ([u’il m’avoit donnez; il peult venir quand il vouldra, bien asseuré de n’avoir de moy que le Iraictement qu’il peult desirer dans les termes de la satisfaction de son pere. La question sera ([u’il se sçaiclie conduire et contenir dans son debvoir. Dieu luy en

' C'est-à-dire des exempfaires de l'oiivnige publié par Moiiltet sui- les insectes ([lie Deodati s’était chargé de faire venir de Londres.

* François Bocliart,. dit de Champigny, seigneur de Saron, était le second fds de Jean Bocliart, cinipiièine du nom, premier pré-ident du parlement de Paris. Il fut conseiller au grand conseil, maître des re([uètes.

conseiller d’État, intendant de justice en Provence (iG.Sy), puis en Dauphiné, enfin à Lyon où il se noya en i665. Le Mot'éri lui décerne cet éloge : rr G’étoit un homme savant , aimant les gens de lettres, et dont le nom est célèbre dans les écrits de Gassendi." Fr. Bocliart avait épousé Marie Luillier, sœur de François. Voir le fascicule XVI des Correftpondaitls de Peircsc , 1889, p. 10.

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