AUX FHÙUKS DU PU Y
ia grâce. Et me donne les moyens de vous rendre un jour (juelqne digne revanche de tant de bienfaicls et de peines que j’avoys si mal mérité.
.le feray tenir la lettre de M‘‘ de Guibbeville pour Carpenlras par un mulletier à qui je faicts estât de bailler une lettre d’adresse pour y prendre sa malle et la porter à Lyon à Al*' de liossi, (pii la vous fera tenir à Paris.
.Pescrivis de Alarseille au K. P. doin du Puy pour accompagner l’extraict des bulles ou signatures de la derniere comuiande de s‘ béons, tiré des insinuations, sur qnoy je prins occasion de r’allraiscbir nn's instances au cardinal Barberini pour vostre expédition, c’estoit AP le sacristain qui me l’avoit livré, et nie dict le regret qu’il avoit d’employer trop d’argent de voz revenus à la rédemption de voz pajiiers, mais ayant apprins la qualité d’iceulx, et la faulte qu’ils vous faisoient, je luy dicts qu’il m’en avoit fallu racbepter de ceux de mon abbayie en plus de cinq ou six divers endroicts, et que je n’avois poinct faict de ])lus utile despence, et fus possible cause qu’il passa le guay, et conclud vostre traicté. Alais le lendemain il m’a[)porta l’original de quelques aultres précédantes signatures qu’il y avoit rencontrées, des impétrations, que je verray Dieu aydant avant le passage de l’ordinaire d’Avignon à Home, puis qu’il a esté retardé de cette semaine, et en envoyeray celles qui pourront servir à faciliter vostre expédition. Vous suppliant de m’excuser si j’ay donné courage à AP le sacristain de ne s’arrester pas à peu de chose, pour le danger (|u il y avoit de tomber de mal en pix, estant marry que l’alTaire ij’ayt esté j)lus tost arresiée, car vous auriez plus tost esté expédié si je ne me trompe. Ce qui vous auroit mis en grand repos.
.le ftniray donc en vous soubaictant le bon ari et demeiu-ant,
Alonsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur et à Monsieur Dupuy vostre digne lierc,
DK Pkihesc.
A Aix, ce G jaiivicM’ tGSy.
J'avovs tousjours oublié de vous dire que le Mare Glausum de Seldenus d’Elzevir s’est trouvé imparfect d’une feuille entière cottée V pag. ^5o dontj’ay bien esté mortifié, ne l’ayant peu faire relier qu’en simple coutture sur laquelle il a servy à M'' le Premier Présidant, à M* de Lauson et à moy. S’il s’en pouvoit avoir un aultre exemplaire, je l’achepteroys de bon cœurL
CLXXVn
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEÜR DU PUY
À PARIS
Monsieur,
L’ordinaire qui souloit venir le vendredy au soir n’arriva que dimanche au malin, et nous appoila voz despesches du 2“^ de cette année, avec voz favorables voeux pour nostre repos domestique, aprez V avoir contribué M*" du Puy et vous, tant de puissants efl’ects de voz charitables offices, desquels seuls nous pouvons en bonne foy dire et recognoistre que nous en tenons tout ce peu que nous en avons et pouvons quasi esperer le reste de noz jours. N’estimant pas que sans iceulx nous en fussions jamais venus à bout, au moings de bien longtemps, et Dieu sçait comment. Tellement que nous ne vous en sçaurions jamais rendre d’assez dignes actions de grâces à l’un et à l’aultre, ne d’assez dignes services, bien n’y espargnerons nous jamais rien de nostre foible crédit, et de nostre fidele obéissance à voz commandements, partout où il vous plairra nous en bonnorer ou que nous pourrons aller au devant des occasions de vous servir plus à souliaict que nous ne l’avons encores peu, lesquelles nous ne laisrons pas facilement eschapper si nous nous y trouvons tant soit peu de prise.
J’envoyay hier au recteur de Carpentras la lettre de M‘' de Guibbe-
Voi. 718, lot. 338.
AUX FRURKS DÜPUY.
ville et liiy escrivis en confortnilé des intentions (riceluy, ensemble à l'eminentissime cardinal Biclii, pour les seniondre de terminer cette affaire avant que Son Fbninence (piitte ce pais, comme elle s’y préparé à bon essiant.
■11 s’est présenté une occasion d’un procez du sieur de Sau\eur ([u’il affcctionnoit aultant et plus ([ue Madame de Boutteville le sien, et qui estoit sur une question bien approchante, pour raison de (|uoy je lu y cnvoyay des extraicts non seulement des arrests sur ce intervenus mais des escrittures conservées par les curieux, et oultre ce je luy envoyay des consultations des plus anciens advocats du barreau, et s’estant présenté sur le bureau une alfaire fort pareille à la sienne devant M'' le Premier Présidant, elle fut jugée par les mesmes réglés, et je luy en envoyay pareillement l’extraict de l’arrest sur ce rendu l’avant veille de Noël, ensemble des escrittures d»* part et d’aultre et des principales pièces, dont le secours luy vint si à poinct qu’il en a obtenu gain de cause au parlement d'Orange, et m’en a remercié comme de chose qui le touchoit au plus profond du coeur, en revanche de «{uoy je l’ay supplié de mettre la bonne main à l’aflaire de M"" de Guibbeville, et l’ay conjuré de ne j)oinct partir du [)aïs sans l’avoir finie, m’asseurant (ju’il le fera volontiers pour l’amour de vous et de luy, et qu’il ne sera pas mYni-y de néy comprendre à la mode de son païs, et que nous en aurons tost des nouvelles.
Pour celle de Borne, j’ay veu ce (|n’on vous en mande, et le prens encor à bon augure, tenant à cette heure l’alfaire laicte depuis les pièces que j’envoyay par le dernier ordinaire, (jui ne passa qm* sammedy par icy et sera à Borne de vendredy prochain en hiiicl jours Üieu aydant, par lesquelles il se justifie j)leinement ([ue vostre pi ioré a esté conféré en commande (|uatre foys, et mesme à un enfant de XI ans, tellement <|ue je ne pense pas qu’il puisse plus escheoir de dilliciilté et pense ([u’en un besoing cez gentz là achepteroient à deniers comptants cette occasion de vous faire graltillier, pour y trouver le pretexte et l’occasion doni ils |)arloient à M^*' le Mareschal d’Estrées non
seiilenieiil de vous recogiioistre de voz peines, mais de faire passer en cünse(|uance tout aullanl d’auitres commandes qu’il s’en Irouvera sur le ta])is. \ oiis m’en direz bien tost des nouvelles ou je seray le plus trompe liomme du monde. Je luy en ay escripl en termes aussy pressants que j’eusse jamais faict, et ça esté en une conjoncture aussy pi’aignente poui' le moings que celle du cardinal Bichi, car nous avions faict saisir une charge de nuillet de la monnoye d’Avignon sortant de la main des ouvriers, adressée aux commis de la Gabelle du Boy, pour esviter la visite, et confiscation qui y pouvoit esclieoir pour le billonage convaincu de pièces legeres d’un quart de leur juste libre, et quantité de doubles tournoys, dont la libvre estoit subdivisée en 28 sols, de sorte (ju’il y avoit bien de quoy sévir sur les maistresde ladicte monnoye marcljands de Lyon subjects du Boy, mais la conjoncture présente a faict prendre des expédiants de doulceur dont il fault qu’il advoüe d’avoir bien de l’obligation à ses amys, car cela [)ouvoit bien esclatter et descrier les ministres du Pape. Oullre ce les pioclamations faictes à Marseille et icy pour le cours desdictes especes est (sic) encore de plus d’esclat et plus obligeant, et nous n’avons pas esté sans juste pi-etexte d’en user ainsin pour arrester le cours des séditions pojiuiaires inesvilables sans cela, et le meilleur est que lesdictes proclamations n’ont pas sceu empesclier ([lie lesdictes especes ne soient en toute façon demeurées comme descriées d’elles mesmes, persone n’en voulant plus, et les pauvres gents n’eu estants plus si chargez. Et a t’on escript au vice légat d’en faire cesser la fabri(|ue et empesclier le transport icy, aultrement (ju’on fera esclatter l’affaire. Sur quoy je pense bien que tout ce monde là sera obligé non seulement à des compliments bien particuliers mais à des ellects de gratitude, pour raison de ({uoy vostre affaire leur viendra tout à poinct pour la faire valloir, et y employer leur routtine de l’acceptation de l’occasion attendue. J’ay faict retenir coppie de toutes cez jiieces pour au cas qu’elles ne revinssent de Borne vous pouvoir servir au besoing et suis aprez de faire signer la collation que j’en ay faict faire par main publique pour ce dessain. J’ay faict tenir voz lettres
[1637] AUX KRÈHKS DIJPUY.
tant à Marseille qu’eu celle ville, el suis de loul tiion coeur à M‘ du Pu y el à vous,
Monsieur,
voslre Irez liuinble, Irez obeissaiil el Irez ol)li{j[é servileiir,
DK Pkip.ksc.
A Aix, ce 12 janvier 1637.
J’oubliois de vous remercier comme je laids Irez bumblemeiil de ce libvret de Balzac^ <|ui avoil donné subjecl à celuy de Ileinsius auquel je l’ay laid joindre loul à lenqis, jiour voii“ les menlions de l’une el l’aullre des parlies ensemble.
• Voslre nouvelle a bien surprins du monde, M*’ noslre Arcbeves([ue l’avoil rcceüe avec addilion ([iie Ms‘‘ le Cardinal de Lyon alloil droicl à Cologne, sans passer par Paris, el <pie le Boy des Bomains esloil notnmé ipioy (jiie condilionnellemenl.
Je vous renvoyé avec mes bumbles remerciinenls encores voslre lellre de M"" de Saumaise où j’ay eslé bien joyeulx d’appi'endie son anlici])ée resjouyssance de son proebain embanjuemenl, lù l’ordre ipie vous avez prins avec le sieur Malburin du Puis pour luy Taire lenir mes lellres, où je vois ipi-e vous avez Irouvé un peu plus esirange ipie je n’eusse creu la nouvelle besoigne ipie je luy lailloys, sansaulcun dessein pourlanl de le divertir de ses meilleures el plus dignes occujiations, mais cez diverlissemenls leur servenl de relascbe comme à leu Mo*’ le garde des seaux du Vair le jeu des escbecs aprez une grande el pénible eslude ou contenlion d’espril le recrcoil incroyablemenl , quoy ([ue loul aullre trouve de (|uoy se donner la lorlnre de cervelle. Vous pouvez avoir veu en ([uels termes il m’en parloit luy mesmes et m’y avoil insensiblement engaigé. Lt tant s’en Taull (pie cela |)uisse nuire aux notices (pi’il a de la langue Ci'ecipie. Vu contraire* j’estime ipi’il v
‘ iJiscoKi s sur une hugédie de Monsieur Ucinsius, Inlilulée Herodes injnnltcidn . Drdio a M. le Cliaiirolier. Paris, P. lîocolel, ilJilO,
LETTRES DE PEIRESG
trouvera de nouveaux secrets et moyens d’y penetrer plus avant ainsin (pi’il l’a taict paroistre de ce peu qu’il a colligé de la langue Ægyptienne. Son genie est si fort que cez choses ne le sçauroient arrester que pour des trop petits moments quand l’envie luy en prendra. Ce qu’il a de si longue main apprins de la grammaire aux langues principales luy fournissant de quoy percer incontinant dans le plus prolîond de toutes les aultres et d’y faire en peu de jours ce que tout aultre ne sçauroit dans les années entières L
CLXXVIU
\ MONSIEUR, MONSIEUR DE SAIN Ï-SAUUVEUR DU PUY
À PARIS
.Monsieur,
Vostre despesche du 8'*'® nous est venue en niesrne temps que le sieur de Valerne s’est ad visé de me respondre à ma deiliiere de 3 moys, aux termes (jue vous pourrez voir. Je luy ay respondu selon mon petit sens, quoy que lors bien diverty et jiressé en termes aussy les plus afi'ectez que je peus, pour luy faire cognoistre qu’il debvoit composer cette affaire chez luy plus tost que plus loing, et plus tost que plus tard. Nous ven ons comment il les prendra et le cardinal Bicbi ensemble le Recteur auxquels j’en avois escript desja sur vostre précédante despesche. J’en espere tout ce que d’une si fascheuse affaire il se peult esperer Dieu aydanl, s’il y a moyen de la terminer avant le parlement de Son Eminence; si non je me deflieroys grandement de la foiblesse de mon pauvre credict. Mais en toute façon n’y espargneray je rien, puisque nous n’avons rien que nous ne vous debvions cà si juste tiltre, et à M® du Puy vostre frere lequel vous ne debvez pas laisser songer seulement à me r’escrire dans les serieuses occupations et infirrnitez qu’il a aussi bien que d’aultres mesmes y suppléant vous, Monsieur, avec
Vol. 718, fol. 3/.0.
[1637] AUX FRÈRES DüPUY.
tant de supererogalion comme vous le faicles. 11 me suliira tousjours qu’il sçaiclie la continuation de mes voeux à son service, et qu’il ne l’ayt pas désagréable. Le R. P. Seguiran est icy de l etour fie Rome plus gaillard et plus fraiz que jamais et part demain pour Paris, ayant demeuré justement uu moys de Rome icy. 11 n’est pas abordé à Genes, mais un qui s’est joinct à luy à Savone^ dict avoir veu faire à Genes les foeux de joye de l’election du Roy des Romains, et que le pauvre Duc de Parme estoit constraint de traicter avec l’Espagnol et leur remettre en liostage Plaisance, s’il n’estoit secouru dans troys moys, ce qui n’est gueres bien prest puis qu’il plaid à Dieu. Ce sont toutes noz nouvelles de deçà, mais de vostre costé l’on augmente bien les choses, car on faict desja Monsieur à Bellisle^, et le Roy prest à partir pour le suyvre, et qu’il demande pour places d’iiostage Nantes et Montpelier avec le retour de la Royne mere et son appanage ou son Doire* t|uoy qu’on luy faict offrir 9 millions par l’Espagnol, qui leur font trop de faulte ailleurs. Mais on ne sçauroit clorre la bouche aux discoureurs qui marient desja M"^ le cardinal de la Valette à Madame de Gombalet^; cependant ils disent queS‘ Leger^ avoit esté prins prez deCahors avec l’abbé de Marsillac, oncle de M*" S‘ Simon où il n’y auroit pas possible à rire de leur part.
‘ A 38 kilomètres sud-ouest de Gènes, sur le golfe de ce nom, à rembouchure de l’Egabond.
* Belle-lsle-en-Mer, sur la côte de Morbihan, h iü kilomètres sud-ouest de la presqu’île de Quiberon.
^ Doire pour douaire. Peiresc écrivait le mot comme il se prononçait. Litiré, sous ce mot douaire , rappelle que l’on a prononcé et que l’on prononçait encore au commencement de ce siècle dou-a-r\
“ Rappelons que le cardinal de la Valette ne reçut jamais les ordres sacrés. 11 avait, à cette époque , quarante-trois ans et la nièce du cardinal de Richelieu (Marie de Wignerod de Pontcourlay, née en Poitou , au château de
Glénay, près de Rressuire, en lüoâ) avait trente-deux ans. V oir La duchesse d' Aiguillon , par A. Bonneau- Avenant ( Paris , 1 87 9 , in-8'’).
* Le sieur de Saint-Léger avait rendu le Gatelet aux Espagnols le 2.0 juillet précédent. Il avait été condamné frà eslre tiré à quatre chevaux n.
^ Claude de Rouvroy, seigneur de Saint- Simon, puis (1 635) duc, mourut en 1693. On lit dans un Mémoire sur M. le duc de Saint- Simon, rédigé en octobre 1 636 ( Recueil Avenel, t. V, p. 639) : f^S. M. ayant tenu conseil à Gbaliot (Cbaillot), auquel il prit résolution de faire arrester le s' de S'-Leger, M' le Premier, qui estoit à Gbaliot, l’ayant descouvert,escrivitdeClialiot mesme et dépescba un
iMeaiMCftic MATionâLc.
LETTRES DE PEIRESG
IN’ayez poinct de regret de vostre gentilhomme de Rouergue M'^ Delboy ; il fut aussy tost quitte qu’en peine de l’affaire que sa mauvaise compagnie luy avoit attirée sur les bras, et c’est pourquoy M'‘ le sacristain Valbelle ne vous en a rien dict ne moy nom plus depuis le premier advis comme j’eusse faict s’il y eust eu rien qui l’eust mérité. Ges Messieurs de Valbelle ont maintenant une mauvaise affaire sur les bras à la suitte de quelques prinses du sieur de Baumelles, fdz de Gosme, leur cousin, qui gouverne si absolument dans Marseille L Gar hier, s’en retournant en poste de cette ville, il rencontra à une lieue de Marseille M* de Bendol Boyer ^ accompagné de 3 ou k qui s’escarterent, et luy ayant faict mettre pied à terre et l’espée à la main, ils furent blessez de part et d’aultre et s’entr’embrasserent et portèrent à terre, mais ils n’eu viiidrent pas à la derniere extrémité. 11 me tardera d’apprendre (jue vous ayez recouvré M'' de Thou en cette rigoureuse saison, et encores plus d’entendre qu’il se trouve quelque sorte d’acheminement à une bonne paix et dedans et dehors s’il est possible. Ne pouvant assez plaindre le bon M*’ Rigault dans ce traictement nom plus que le pauvre M‘’de Saumaise flans sa destresse et manquement de passage opportun^, mais comme je me suis accoustumé de prendre toutes choses pour le mieulx en toutes mes traverses pour me consoler, je m’imagine que Dieu, pour le saulver des rigueurs du froid de Hollande extraordinaires cet hyver, l’a retenu en France, pour y attendre encore les extraits d’Italie que je me promets bien tost et possible cette semaine par le prochain ordinaire de Rome, estant certain que lors il passera bien plus gayement la mer pourveu qu’il se donne patiance et qu’il puisse trouver quelque petit amusement là où il est. J’estime que à
Courier à son frere , pour adverlir son oncle (le se sauver, qui réussit sy bien qu’il receul l’aclvis deux heures devant que celuy qui estoit allé pour le prendre arrivas! à Ham.»
‘ Jean-Philippe de Valbelle , né vers 1 607, mourut en i645. 11 servit sur terre et sur mer; il avait épousé en iG3a Françoise de Savournin.
^ Jules Boyer, seigneur de Bandol, servit aussi sur terre et sur mer. 11 s’était marié en i634 avec Eléonore de Foresta.
* Voir dans le fascicule V des Correspondants de Pefresc deux letti’es à Jacques Dupuy écrites de Dieppe, l’une le 17 et l’autre le 22 décembre i636 (p. i42-]47 et 147i48).
[1637] AUX FRÈIIUS DÜPUY.
quelque chose malheur est bon et que s’il se trouvoit quelque ouverture à la paix, il seroil tout porté dans sa patrie s’il y avoit aulcun moyen de l’y arrester, oultre qu’il mesnage si mal ses forces quand il trouve de la matière digne de l’occuper qu’il n’y a pas de danger qu’il en jeusne un petit comme des viandes du corps, afin que son esprit conserve mieux son apetit et sa subsistance, ne dissipant que trop ses esprits par de si longs travaulx que les siens. Si j’eusse eu du temps de luy escrire, je m’en alloys le faire en ce sens là à peu prez, mais le temps m’eschappant, il fauldra remettre à la semaine prochaine dans laquelle il pourroit arriver d’Italie quelque chose de son goust et cappable de le mieux consoler que mes petites resveries et bassesses d’esprit. Si le Prince avoit un peu de sang aux ongles \ à cette heure qu’il est en faveur, il luy seroit bien aysé de tmuver son compte et lors nous pourrions bien dire qu’à quelque chose malleur eust esté bon. Vous m’avez faict plaisir de me retenir le Tamerlan^ aussy bien que le volume des animaulx de Nurembergius, encores qu’il y en ayt pour 20 livres que je tascheray de vous faire tenir et pour aultre chose, et m’estonne que ce volume symbollique d’Anvers du P. Sylvestre Pietra S‘® ne soit venu par la mesme voye, lequel je vous avoys demandé longtemps y a, à cause de la machine du P. Linus qui y est entrelassée, et iaquelle seule possible mérité d’avoir le libvre. 11 nous fault les Ephemerides d’Origanes^ de la derniere édition pour M'' Gassend à cette heure que celles de keplerus viennent de manquer. J’en avoys faict chercher à Lyon et à Geneve d’où j’en avoys aultres foys tiré divers exemplaires dont j’avoys pourveu divei's amys, mais tout est tary; encores que les volumes soient frippez il n’importera pas tant, pourveu
‘ On retrouve cette locution dans une lettre de M”' de Sévigné du 5 août 1676 (édition des Grands écrivains de la France,
* Il s’agit ici du livre intitulé ; Ahmedis Arabsiadœ vitœ et renm gestarum Timuri, qui vulgo Tamerlanes dicilur, hisloria, l^eyde,
EIzevier, i636, petit in-4°, avec préface de Golius.
’ David Origuan, natif de Goltz dans la Bohême, mathématicien célèbre, a publié divers ouvrages , et entre autres des éphémérides depuis l’an i548 jusqu’à l'an i554. {Dictionnaire de Moréri.)
qu’ils ne soient hors d’usaige tout à faict. Sur quoy je finiray demeurant,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, ce 2 0 janvier 1687’.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY
A PARIS
Monsieur,
Je vous félicité du bon du coeur et vous rends mes trez humbles grâces de la bonne nouvelle du retour de M*" de Thou en si bonne disposition, et sans aucun besoing ou nécessité de s’y plus engaiger, qui est le meilleur mot, priant Dieu qu’il luy face donner le grand employ qu’il mérité dans la cour mesmes du Roy, ou en lieux de moings d’inquietude que la suitte de ces armées. Je ne sçay comment le remercier dignement de l’honneur de son souvenir et de la part qu’il prend au bien et repos domestique lequel nous tenons de la main de M*" du l>uy et de vous. Monsieur, et ne luy en ose escrire de crainte qu’il n’en praigne occasion d’interrompre ses meilleures occupations pour respondre.
Mais j’admire l’excez de vostre bonté aussi bien que celle de M*' du Puy vostre frere qui a tant de peine à souffrir aulcun mien tesmoignage quoy qu’infructueux et sans effect de mes obligations immenses en vostre endroict et toute foys elle me faict des compliments nom pareils de mes inutiles requestes au cardinal Barberin, qui sont demeurées sans effect aulcun durant si longtemps. Je ne puis pourtant me desmouvoir de l’opinion cy devant conceüe que vous en viendrez <à
' Vol. 718, fol. 342.
bout et que les pièces ja envoyées frapperont le coup qu’il falloit Dieu aydant. J’ay envoyé à M" le sacristain Valbelle vostre lettre par les mains Je M*" Gastines, et croys qu’il vous responJra. N’ayez je vous supplie aulcun regret aux 5oo livres des papiers. Vous eu serez bien tost indainnizé si je ne me trompe. J’estime que l’expedition del’arrest de restablissement de mon neveu luy fera cesser touls prétextes de se plus amuser de par debà. Il n’y falloit pas une moings puissante main que celle de M*’ vostre frere, et c’estoit un coup de partie ^ pour bouclei''^ cette mauvaise affaire. Je vous remercie bien humblement du soing de me faire avoir le livre de VF de Rohan Si l’imperfection du Seldenus ne se peult avoir, il fauldroit faire transcrire le cahier comme on pourra; puis que le commandeur de Grignan est eslargy\ le pauvre Quentin pourroit bien suivre et travailler plus fidèlement à l’advenir, sans se charger de si mauvaise besoigne.
La relation de Bordeaux ne pouvoit pas mériter les excuses ([ut* vous nous faictes de cette brusleure, ell’ est bien heureuse de n’avoir esté bruslée tout à faict, et qu’il n’y ayt poinct eu de mauvaise suitle d’incendie chez vous. Monsieur, et dans vostre cabinet où il y a tant de riches trezors que l’antiquité vous avoit reservez. Je me conjouys encor avec vous du danger eschappé. L’ordinaire de Rome n’est poinct encore de retour de Genes, son terme passé depuis h ou 5 jours. Aussy n’avons nous aulcunes nouvelles qui vaillent, et je me trouve si pressé que je finis sans aultre ceremonie puis que me les deffendez, et demeure.
DE Reiresc.
A Aix, ce 97 janvier 16,37.
‘ Littré donne ta locution coup de partie sans citer aucun écrivain.
® Terminer, conclure. D’Aubigné, dans ses Mémoires , a aussi employé cette expression : ff Le marché estoit bouclé, n
^ Le parfait capitaine.
* C’était Jean-I^nis-Adliémar de Monleil , chevalier de Malte , commandeur de la Bastie en Quercy, ipiatrième fds de Louis- Adhémar de Monleil, comte de Grignan,
Je viens présentement de recevoir d’Avignon un vieil pacquet de Rome où y avoit un petit pacquet du cavalier del Pozzo pour M*’ Baudier, que je n’ay pas voulu différer de luy envoyer soubs vostre bonne adresse bien que je ne luy puisse escrire pour l’accompagner comme j’eusse désiré en qualité de son serviteur, et ayant enfin retiré afforce extraits pour luy envoyer pour son Bornée de Villeneufve; vous luy feiez s’il vous plaict mes excuses à la première veüe.
Mes excuses s’il vous plaict à de Guibbevilleb
À MOASIELIR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY
À PARIS
Monsieur,
J’ay receu par l’ordinaire la vostre du 3 o du passé, avec tout ce que vous y aviez daigné joindre dont je vous rends grâces trez humbles, mesmes de la lettre de M’’ de Thou qui me faict trop d’honneur et de bien, etnepeult que l’employer bien mal en un si cbetif subject. Si je ne luy pouvoys r’escrire de ce coup (qui luy seroit aultant de descharge d’inutile importunité), car je suis estrangement pressé, je vous supplie de luy dire que j’ay faict tenir seurement à M^*" le Mareschal^ celle qu’il m’avoit adressée pour luy, et que je suis son serviteur du meilleur du coeur. N’ayant pas à cette heure de chose digne de son entretien, et appréhendant de l’engager à exercer sur moy les bons offices de son honnestcté plus frequents que je ne le sçauroys mériter. Je crains bien de ne pouvoir pas escrire nom plus à M* de Guibbeville, mais je ne laisray pas de luy envoyer un dupplicata que j’ay faict retenir exprez
lieutenant général du roi en Provence. Sur l’emprisonnement à la Bastille du commandeur de Grignan, auteur d’un libelle diffamatoire contre le cardinal de Richelieu voir dans le Recueil Avenel (t. V, p. 627, en note) l’extraitd’un rapportdeBullion. Surson
élargissement voir Y Histoire de Louis XIII par Le Vassor, t. V, p. 268, 267.
* Vol. 718, fol. 344. Voir à Y Appendice une lettre de Jacques Dupuy à Peiresc, du 3o juin 1687.
® Le maréchal de Vitrv.
AUX FRERES DÜPÜY.
pour liiy de mes dernicres Icltres (pie je liiy envoyay dimanche et au Recteur et au sieur de Valerne, par un laquay de la maison, afin de ne perdi'e aulcun temps. Car il est plus court que l’on ne nous a dict, le courrier de Rome qui passa icy samrnedy pour Genes m’ayant asseuri* qu’il portoit les ordres du cardinal Rischi pour faire venir h felou(|ues de Genes à Antibe, et pour y estre d’aujourd’huy en huict jours si faire se peult, et il faisoit estât de s’y rendre en mesme temps ou deux jours aprez, mais je croys bien qu’il pourroit allonger un peu durant le carnaval; toutefoys la despence des felouques est pour luy servir d’esguillon. A ce coup il fauldra que le sieur de Valerne parle FrançoysC et si la chose ne se pouvoit aultrement, et que le temps continue en beau comme il est, je pourroys bien m’y en aller eu propre personne, ou y envoyer ou subroger quelque persone cappable d’agir, ayant pour cet efï'ect desja accaparré M*‘ Guyon mon cousin que vous avez veu en passant, n’attendaiit que le retour de mon laquay.
Vous m’avez faict peur et m’avez bien estonné de l’advis du refus de l’expedition de l’Abbayie de Jean d’Amiens^. Et certainement si le pape se veult dezhormais attacher à cette formalité, j’en diminueroys bien mes espérances. Mais je crains qu’il n’y ayt du mal entendu, car s’il debvoit faire du scrupule à mettre en commande des Abbayies tendes en tiltre, c’estoit à celle de Gisteaux qu’il debvoit faire paroistre sa religion, puiscjue c’estoit un chef d’ordre qui avoit toujours esté excepté par le concordat mesme, et puisqu’il s’est relasché de celuy là, je tiens (jue tout le reste suyvra à la fille tost ou tard^.
J’ay bien advis que mon neveu partit de Lyon le 5"’® et m’a fou
‘ G’est-à-dire s’oxpli<|ne nelleiiient, c<ilégoricjuement.
^ Voir h {'Appendice la lellro de Jacques Dupuy, du 3o janvier iGSy.
^ Le pape ne se relâcha pas aulaiil cpie le croyait Peiresc, car le Savril 1 687, Richelieu était obligé d’écrire au niarédial d’Eslrée, ambassadeur du Roi à Rome: tf Je vous rends grâce du soin que vous ave/ eu de l’all'aire
de Listeaux, et vous conjure de continuer; si le pape est bien informé, il sçaura, je m'asseure, (pie je ne prends pas les bénéfices [)our en profiter, mais bien pour les tirer de leur ruine, et les mettre en estât d’une bonne réforme.» Cf. Galha ('Jirtntiana (t. VI, col. 101/4) où l’on verra que Richelieu miumquam fuit ab apostolica sede confirrnalus».
voulu asseurer de son arrivée en Avignon, mais il avoit trouvé si longue l’absence de ses amours que je ne trouve pas estrange de ne le voir encores paroistre, l’occasion du carnaval pouvant bien encores ayder au retardement; tant est qu’il sera tousjours le bien venu quand bon luy semblera, puisque vous me le commandez, vous asseurant que je ne me souviens nom plus de tout le desplaisir que j’en ay peu recevoir, que s’il ne s’estoit jamais dispencé de son debvoir, et s’il arrivoit qu’il y survint d’autre mal entendu, que Dieu ne veuille, vous pourrez bien croire hardiment que ce ne sera pas de ma part, et que si quelqu’un de nous doibt tenir ire à coeur ^ et oublier difficilement les choses passées, ce ne sera jjas moy pour certain, et veux croire que si de sa ])art il y pouvoit rien esclieoir, ce seroit par l’induction d’aultruy, de laquelle il n’avoit peu se delTendre par cy devant. Cependant nous vous debvons estre éternellement redevables l’un et l’aultre des charitables soins que vous en avez daigné prendre. J’ay esté bien aise d’avoir la tragédie de Heinsius qui a donné subjecl à la contention du sieur de Balzac, pour rejoindre le tout ensernblement. Nous nous passerons aussy volontiers que facilement des Ephemerides d’Origan, puisque Laurens Eichstadius a continué celles de Kepler pour dix ans, vous remerciant trez humblement de l’advis et M'' Bouillaud qui nous a grandement obligez M*' Gassend et moy, et s’il en vient des exemplaires à Paris, vous m’obligerez encores plus de m’en retenir une coupple.
Le livre de M‘ Justel est attendu en bonne devotion^et la nouvelle de l’arrivée de AP de Saumaise en Hollande^. Et sur ce je demeure à jamais,
Alonsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteui', DE Peiresc.
A Aix, ce 10 febvrier 1687.
* Locution négligée dans nos dictionnaires , particulièrement dans celui de Littré.
■ Voir à ï Appendice , seconde partie, la lettre de Jacques Dupuy, du 3o janvier
1687. Le livre de Justel était un traité (in-4°) en faveur de la maison Palatine.
^ Le 16 février 1687, Saumaise écrivait à Jacques Dupuy (Co/rcspoHdaHts de Peiresc,
Le pac([uet de M‘' Gasseiid à M'' Luillier a es(é enfermé par mesgarde par mon relieur avec un livre de mon frere, pensant le mieinf conserver L
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SXINT-SAULVEUR DU PUY
À PARIS
Monsieur,
J’ay escript à ce matin à M" du Pny vostre frere nom jiareil, en responce de la sienne que mon neveu de Rians m’apj)orta hier an soir joincte à une de M^'' le Cliancellier, mais le courrier a esté arreslé pour ne ])artir ce dict il que demain du grand matin, et s’il ne trouve d’aultres l’emores^, il sera dans h ou 5 jours à Paris; c’est pourquoy je tasclieray de le charger d’nn duplicata de la despesche ([ue je faicts à M*‘ de Guibbeville vostre neveu, pour liiy faire voir à quel poiricl sont reduictes les choses qui le concernent, qu’on veult absolument que nous olfrions une somme et le temps est bien court pour attendre vostre responce, si l’extraordinaire commodité de ce courrier n’en doïine les moyens, avec ([uelque autre retardement de la part du Cardinal^ (|ui est fort ])ressé de partir, et si une foys il est hors du pais, il y aura grande peine de chevir de ce monde là norry en des cbiquanes immortelles. Vous verrez qu’on a obtenu quelque commission e?i voz quartiers pour informer sur les lieux, il y a de l’envie partout. Nous avons le temps le plus favorable du monde pour porter nostre petite armée navale en Sardaigne où il doibt descendre en terre 5,5 oo hommes sans ce qui
fascicule V, p. 167) : trll n’y a pas encore quinze jours que je suis arrivé en cette ville de Leyde et y suis arrivé malade ... »
* Vol. 718, fol. 345.
^ Le mot remore , qui , avant Peiresc , avait été employé par Du Bartras dans la Semaine,
a, depuis Peiresc, été employé par la Bochefoucauld, par Pellisson, etc.; sous le mot ré»Jor« , Littré cite Ambroise Paré, Regnard , Saint-Simon.
’ Bichi, évêque de Carpentras.
IVPIIIWCRIS KATIOVALC.
resle aux navires, où ils font conte de 8,000 hommes de faction en tout. 11 sappreste dix aultres navires pour suyvre dans 8 ou 1 0 jours les •2 7 ja partis puis sammedy des isles d’Ieres avec deux ou troys grosses barques chargées du plus gros attirail, et s’y en debvoit joindre d’aultres qui ont embarqué à Cannes le régiment de Victry de mille et un hommes pour estre asseuré qu’il n’y en manqnoit pas un du nombre.
Je suis constraint de clorre n’ayant peu escrire comme de coustume, ayant perdu l’aprez disnée à conduire mon neveu par la ville chez M*’ de Lauson et Messieurs les Présidants de nostre compagnie et quelques uns des plus anciens. Vous m’excuserez donques et me commanderez tant plus librement comme,
Monsieur,
vostre Irez humble et trez’ obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, ee 17 febvrier 1687.
La feuille que vous m’avez envoyée du Mare clausum est celle qu’il falloit, dont je vous remercie Irez humblement, et sei‘a\ bien aise d’avoir un aultre exemplaire ou deux du mesme libvre. V'Ion neveu a apporté de Lyon le fagot de M*’ Luillier où estoit la relation latine du traicté de Prague, et le Naturaliste d’Anvers bien conditionnez’.
ClAXXIl
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR
À PARIS
Monsieur,
Depuis celle que j’escrivis avant hier à M'' Guibbeville vostre neveu, par l’ordinaire et par un courrier extraordinaire qui ne partit
’ Vol. 718, fol. 368.
[1637] AUX FRÙRKS DUPUY. 6/i3
qu’hier 18“*" sur le disiier, mais qui y sera vraysemhlableinent avant l’ordinaire, j’ay escript au cardinal Bichi deux lettres, ensemble au sieur de Valleriie et au Recteur celles dont vous aurez icy la copj)ie en respoiice de leurs dernieres dont je vous ay envoyé les originaux pai' ledict ordinaire, où vous pourrez voir à quel estât est reduicte cette négociation, regrettant bien que la presse du partement de ce cardinal m’ait desrobé le loisir d’attendre vostre responcebien catbegorique sur les propositions qui m’ont esté faictes de ne pouvoir rien demandeique nous n’ayions comrnancé d’offrir. A quoy je me trouvoys bien empescbé, puisque je n’en ay pas d’ordre exprez de vostre part et ay prins pied sur un mot de la lettre du cardinal où il me dict que ce pere avoit à se délivrer le plus bonnorablernent qu’il pourroit de sa misérable fille : leur proposant de la loger en un monastère de la visitation d’Ambrun où il ne coustera pas plus de cinq à six cents escus de fonds pour la dotation de sa pension annuelle. Et parce que Son Eminence me ])arloit de somme notable pour satisfaire à la condition et au courage du pere, de peur de rompre ou perdre l’occasion de nous prévaloir de la presence de Son Eminence à faulte d’un peu plus de fonds, si la tille ou les parents ne goustoient le sesjours d’Ainbrun, aiujuel cas il luy fault mille escus, je me résolus d’y en adjouster l’alternative à tout bazard, et crains bien qu’on ne s’en veuille pas contenter. Mais de peur que Son Eminence ne se trouvast engagée de monstrer ma lettre, et conséquemment tout le fonds de mes offres, etesviter d’y laisser prendre des advantages qui peussent nuire à M*’ de Guibbeville, je me suis résolu de faire faire un duplicata de ma lettre à Son Eminence et d en taire cbastrer les mots concernant le second chef de cette alternative, afin <]ue s’il en falloit venir à icelluy, que ce fust comme si c’estoit de la seule autborité de Son Eminence ainsin que je le luy ay touclié par apostille par la mesme lettre de ma main pour gaigner autant de temps, et espargner la perte de celuy qu’il y fauldroit j)our attendre vostre responce plus précisé sur tout cela. Si j’ay lailly, imputez le je vous supplie à ma foiblesse et à vostre surabondante bonnesteté de me delferer plus qu’il ne me pouvoit appartenir ])lus tost qu’à aulcun mien
6/iâ
deffault de bonne volonté. Mais je vouldroys bien que vous en fussiez quittes pour cela et penseroys que vous n’y auriez point grand grief. Dieu en ordonnera selon son bon plaisir, et je deineureray,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiuesg.
A Aix, ce 9 0 febvrier 1687
GLXXXIII
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY
À PARIS
Monsieur,
.l’ay receu vostre despesche du 20“^'= fort bien conditionnée, et pensoys y trouver quelque resolution de M‘’ de Guibeville, mais je voys bien qu’il nous veult laisser faire; si nous pouvions avoir de voz nouvelles par le prochain ordinaire avant le départ du cardinal Bicbi, nous y aurions bien moings de regret aux offres auxquelles nous nous sommes relascbez dans cette nécessité de temps. Mais possible ne sera t’il pas inutile que les parents n’ayent pas eu tant de liberté d’y délibérer. Nous y avons usé de toutes les precaultions et addresses que nous avons peu, comme vous pourrez voir par les coppies cy joinctes des lettres que j’ay escriptes sur ce subject, et de celle que le sieur de Valerne m’avoit escripte en dernier lieu, où je me trouvay bien combattu, craignant d’un costé de m’ingerer trop avant et de l’aultre que l’occasion n’escliappast de terminer cette affaire. Enlin je tiray à ma cordelle Madame de la Roque, laquelle tient le premier rang dans Carpentras'^, et a un grand ascendant sur toute la maison de M*" de Valerne,
‘ Vol. 718, fol. 369.
^ Etait-ce Antoinette du Puy Montbrun, qui en 1696 avait e'té mariée h Jean de Raffelis-Tertuiie, seigneur de la Roque? ou
bien s’agi l-il de la belle-mère d’Antoinette, Françoise de Patrit , laquelle avait e'té mariée , en 1609, à François de Raffelis-Tertuiie, également seigneur de la Roque?
(i/iT)
estant partie d’icy en diligence ])our trouver encores là Son Eminence comme il sera advenu.
J’auroys tant de choses à vous dire, ([ue je seray constrainct de tout laisser pour cette foys, me remettant à ce peu que j’escripts à AP' de Lomenie pour les nouvelles et vous remerciant trez liumblemont des vostres ([ui sont bien d’aultre importance. Je ne puis lisre voz lettres de Rome nom plus que les pi’ecedantes pour vous en rendre conte par le menu. Ce sera Dieu aydant à la liuictaine et je demeureray,
Monsicu]’.
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peihesc.
A Aix, ce 2 mars 1687
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY
À PARIS
Monsieur,
Enfin l’afl'aire de AP de Guibbeville a esté conclue sur la proposition du party necessaire au logement de sa partie dans ung monastère de la Visitation où il fault 1,000 escus par toute la Province excepté dans Ambrun où l’austérité des montagnes rend les denrées moings encberies qu’ailleurs, mais il n’y avoit pas de moyen de taire consentir la mere nom plus que la fille à cette rclegation de sa fille. Et si bien elles font encores des rencberies de dire ([u’on la veult marier, et (]u il y a party sortable; j’ay pourtant apprins (jiie leur commune intention est de la voilier, mais non pas si loing. Tant est que l’aflaire est faicte, et ne tiendra plus qu’à M*" de Guibbeville ou aux siens den passer s il leur plaict à l’advis de fEminentissime cardinal Bicbi, de AP le Recteur,
‘ Vol. 718, fol. 3.5o.
de Madame de la Roque dont l’intervenlion y est encore venüe bien à temps, et de vostre serviteiii-. Je n’ay pas encores eu le bien de voir Son Eminence que nous attendons icy à ce soir, mais il m’a renvoyé mon laqnay à l’advance avec les lettres que je vous envoyé originellement, pour les faire voir à ceux que besoing sera, et attendant les ordres et procurations expresses que vous nous pourrez envoyer si le Irouvez bon, pour achever ce traicté et tirer M"" de Guibbeviüe de cette vexation et de tout le regret qui luy en pourroit demeurer en l’ame. J’envoye à Aix cette despesche et pense quelle y pourra arriver à temj)s, avant le parlement du courrier, afin que vous ne demeuriez pas en peine sur l’incertitude où je vous avoys laissé en celle d’hier au soir, et demeure.
Monsieur,
vostre trez humble et Irez obéissant serviteur, DE Peiresc.
ALambesc, ce q mars 1687.
ÎNous avons trouvé icy M*’ de Ghampigny, mais le troisiesme accez de sa liebvre l’avoit reprins et obligé à un peu de repos dans le lict. Madame’ ayant receu les compliments de la part de M"” nostre Arebevesque, mon neveu de Rians l’avoit accompagné depuis Orgon en deçà avec mon neveu de Meaux. Il avoit faict dessein d’aller coucher à Pertuys, pour aller demain visiter Ms*" le Mareschal et Madame la Mareschale à la Tour, mais comme son mal ne luy permettra pas de se remettre d’aujourd’buy en chemin, il fauldra attendre à demain. Son mal n’est pourtant pas que fort leger Dieu mercy.
Nous avions creu que M^’’ le Mareschal vinst salifier l’Eminentissime cardinal Richi en ce lieu cy ou à Aix, mais il est entre les mains de M*' Prisesi qui le drogue et ne le laissera pas escorter si loing de la Tour^.
‘ Nous avons déjà vu que la femme de l'intendant était une sœur de François Luillier.
^ La maladie du maréchal de Vitry u’élaitelle pas voulue? Et sa retraite à la tour d’Aygues n’était-elle pas une retraite/orcée.
Je ii’escripts pas à M’’ de Vallavez mon frere et ay bien eu de la peine à desrober ce temps pour vous faire la présente; il m’excusera, s’il luy plaict
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SÂINT-SÂULVEUR DU PI Y
À PARIS
Monsieur,
Voz despesclies du 27 du passé n’arriverent pas à temps pour faire voz compliments à l’Eminentissinie cardinal Bichi à son passage, le- ([uel nous estoit escliappé dez le mercredy 4“'^ de ce moys, et voz lettres n’arriverent que le sammedy suyvant, mais il luy fauldra escrire à Rome, et je ne doubte poinct que suyvant la promesse qu’il vous a faicte, il ne s’y employé volontiers pour l’exjjedition de vostre affaire qui se fera veuillent ils ou non, et je m’asseure qu’ils seront bien aises que la vostre fasse la planche^ et serve de pretexte aux aultres. Si touts cez grands deniers dont a parlé M*" le marescbal d’Estrée à M"" vostre frere debvoient entrer en la bourse de la Cdiambre ou du Pape ou des N[eveux], ce seroit un estrange chausse pied^ à faire liaster toutes cez expéditions, mais comme vous sçavez tout cela va au proffit des officiers de la chancellerie dont les esmoluments en sont aiiltant diminüez, et la moindre part est celle desdicts N[eveux]. Mais si cela est sceu par cez olïiciers, il n’y manquera pas des solliciteurs.
Le cardinal Bichi me tesmoigna une grande consolation d’avoir
à la suite de sa scandaleuse querelle avec l’archevêque de Bordeaux et en attendant une punition plus sévère, l’emprisonnement à la Bastille?
* Vol. 718 , fol. 354.
* La planche qui permet de franchir un
fossé, un ruisseau.Corneille a dit (la Suivante) :
Elle fait une planche à sa bonne fortune.
^ Saint-Simon devait enqiloyer la même locution dans cette phrase de ses Mémoires : (T Un chausse-pied pour faire Bouteville duc et pair.»
composé l’airaire^ de M'' de Guibbeville. Nous croyions à Lambesc qu’il y deubt couclier le mardy pour estre icy tout le mecredy, mais à soleil couchant il en voulut partir en poste, et le nous fallut suyvre comme nous peusmes, dans le carrosse de M*" l’Arcbevesque qui rompit à 5oo pas de Lambesc tout son train de devant; il estoit bien dix heures de nuict quand nous arrivasmes icy. Son Eminence voulut me venir voir à la minuict, et fut une petite heure dans mon eslude ou dans ma chambre, à me dire des particularitez de l’affaire de M* de Guibbeville ([ui me firent bien juger que nous n’en avions pas bien sceu le fonds ne vous ne moy et que nous estions bien plus heureux que nous ne ])ensions d’en estre sortis à si bon marché. 11 n’est |)as de besoing de vous en rom])re les oreilles davantage puis que la chose est faicte. Et je m’asseure que M"" de Guibbeville n’aura pas tant de subject de s’en plaindre et fauldra que vous travailliez à faire avaller la pilleulle'-^ de cez mille escuz au pere, à quoy j’ose vous asseurer qu’il ne doibt^ avoir aulcun regret. Son Eminence l’avoit taxé à xn cents escus, mais je tins fort à ne pas advancer au delà de ce part y que je vous avoys faict sçavoir. Estant bien marry de ne l’avoir peu réduire à la moitié, mais si vous sçavez un jour le destail, vous verrez bien que c est ung grand coup d’avoir assoupy tout cela si paisiblement.
.le pensoys vous avoir envoyé la lettre de Son Eminence concernant sa taxe de 1,200 escus et je la viens de retrouver par hazard entre mes papiers où mon homme l’avoit laissé confondre quand il la vous falloit envoyer. Elle sera cy joincte pour la faire voir encore au pere de M'' de Guibbeville afin (|ue cela serve à luy diminuer le regret des 1,000 escus. Mais je croys bien que le plus tostque vous pourrez mettre ordre à l’execution de ce traicté sera le meilleur, ayant alfaire à des gents d’un ])aïs bien porté à la chicane, et s’il venoit faulte de ce pere, (jui a esté malade bien griefvement depuis peu, nous ne viendrions
' Composer pour arranger. Les dictionnaires ne donnent que composer au sens neutre ou suivi de la préposition avec. — ^ Nous avons déjà trouvé plus haut celte familière locution.
[1637] AUX FRÈRES DUPÜY. (iVJ
jamais à bout de celle mere ne de la lille el aulti’es parenls (jui ne poiivoient passer le gay b el se faisoieni lenir à qiiattre.
Je vous ay bien de l’obligation de la part (ju’il vous plaid de prendre au retour de mon neveu (|ui s’est ti'ouvé icy en une conjoncture la plus advantageuse du monde, pour m’obliger à l’employer à des compliments de ma part aussy bien comme de la sienne, à Madame la Mareschale de Victry, à M‘' el Madame de Cliampigny, en (juoy il m’a certainement obligé, me descliargeanl de diverses courvées ([ue ma santé ne me permettoit pas, ce qui d’ailleurs l’a mis aussy dans un employ plus estimé qu’il n’avoit encor eu de sa vie, à concerter des petites affaires d’assez de consequance dont le succez jusques icy n’a [)as trop mal reuscy grâces à Dieu. Ma niepce est attendüe à ce soir icy, elle trouvera céans son logement ordinaire tout prest et ne liendra qu’à elle de s’y arrester, comme luy avoit faict, si bon luy semble. Madame la Première Présidante-^, la mesurant à son aulne, se veult persuader qu’elle y debvroit demeurer, quand mesmes elle vouldroit avoir son petit mesnage à part, mais je ne sçay si sa rbetorique sera assez puissante pour la disposer à cela. Tant est que nous vous avons toutes les obligations liumainement possibles, de ce que vous avez contribué de voz seings à nous tirer de ce mauvais affaire. Dieu vous en rendra le centuple s’il luy plaict.
Au reste Monsieur le premier president du Bernet, à qui j’ay monstré confidament deux ou troys de voz lettres, est amoureux de vostre vertu et de vostre candeur^ à un poinct que je ne le vous sçaurois dignement représenter et me dict qu’il veult vous escrire pour vous demander part en voz bonnes grâces et de M*" du Puy vostre l'rere.
‘ Nous avons déjà trouvé dans le tome précédent la locution passer le gué.
■ La piemière présidente du Bernet était Marguerite de Sevin, fille de Guillaume de Sevin, écuyer, seigneur de la Garde, et d’Antoinette de Rance. Elle avait épousé en première noces (1610) Jacob de Secondai, seigneur de Montesquieu , mort à Agen en
iGi(). Elle avait quarante-su ans quand elle se maria (lévrier i633) avec Joseph du Remet. Elle mourut âgée de quatre-vingtseize ans au mois de janvier 1 683.
* Descartes, dans le Discours de la méthode publié en la même année où celte lettre fut écrite, a dit ; n J’étais amoureux de la poésie. T
IHPRIMtRlB KATIOTtALr.
LETTRES DE PEIRESG
Et possibie l’aiiroit il faict dez aujourd’liuy, sans une surcharge extraordinaire d’affaires qu’il a eu ce jourd’liuy sur les bras, à l’occasion de cez ordres nouvellement apportez par le chevalier de Guron^ pour Taire donner aux isles et me vient on de dire que M*’ de Ghampigny est allé au Palais cette aprez disnée et je m’en estoys excusé, estant bien marry de ne m’y estre rencontré.
,Te me conjouys avec vous de l’arrivée de M*" de Saumaise auprez de ses livres aprez une si longue absance, et n’en attends pas si tost des nouvelles estant raisonnable de luy laisser faire ses compliments par preferance non seulement à ses amys vivants sur les lieux, mais à ses livres dont il estoit je m’asseure bien alîamé, et sur ce je demeureray. Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, ce 10 mars 1687*.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY
A PARIS
Monsieur,
J’ay receu la vostre du avec ce que vous y aviez joiifct dont je vous remercie trez humblement et vous renvoyé la lettre de M*' de Saumaise où j’ay esté bien touché des incommoditez qu’il a rencontrées quasi partout, et encore plus de son indisposition que j’apprehende grandement dans un air si froid' et si austere. Il m’oblige trop de se souvenir de moy parmy tout cela, et vous, Monsieur, de m’y faire prendre part, car bien qu’il y ayt à déplorer tant de malleur, encor y
‘ Un fils cadet de Jean de Rechignevoisin, seigneur de Guron , chevalier de l’ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, maréchal de ses camps et armées, etc., par
conséquent, un frère de Louis de Rechignevoisin de Guron, évêtjue de Tuile puis de Comminges.
^ Vol. 718. fol. 355.
a t’il à loiier Dieu de s’en eslre tiré, et voiddroys ])ien que AP du May [)eust proffitter le sesjour de M»'" le Prince à la Cour pour fi'apper le coup bien conforme aux souhaicts de ses fideles arnys et serviteurs, .le suis bien aise que mon procédé en l’aRaire de M*" de (luibbeville ne vous ayt pas tant despieu comme j’avoys subject de l’apprehender dans la liberté que je m’estois donnée de ’iningerer si avant sans mandement plus ex])rez, ce qne je n’eusse faict sans l’urgente nécessité du partement de ce cardinal dont l’intervention seule y estoit plus puissante que tout. J’en ay receu une lettre de Aladame de la Roijue à la([uelle j’ay respondii ce que vous verrez au billet qui y sera joinct, pour le monstrer si le trouvez à propos à M*' de Guilibeville ou à Messieurs ses parents, desquels nous attendons en bonne dévotion la responce et execution s’il y peult escheoir du traicté de Son Eminence.
Je suis bien honteux d’estre tousjours plus indigne de l’honneur des bonnes grâces de M’’ de Thou, et qu’il soit tousjours en si bonne disposition de chérir ses serviteurs plus qu’ils ne peuvent valloir et lors mesmes qu’ils ont le moings de moyen de le servir. Je luy félicité son heureux retour de tant de voyages grands et petits, quelque dillérance ([u’il y ayt eu de plus ou moings de commodité ou d’incommodité. Pour ce qui est de vostre commande, c’est la vérité que les termes de la lettre de l’Eininentissime cardinal Barberin sont un peu trop dans la généralité à qui traicteroit à la Françoise, mais parmy ces gents là, il fault deviner la plus part des choses et du moings en suppléer une bonne partie. Ils ne parlent pas guere plus clairement quehpie envie <|u’ils ayent de faire ce qu’on demande, et quelque résolution qu’ils en ayent faicte, pour estre tousjours sur pied d’en faire en concluant d’une seulle pierre plusieurs coups, en faisant agir diverses intercessions, poulies obliger tout d’un coup.
J’ai veu la lettre du Roy qu’il vous a pieu m’envoyer, et l’auroys trouvée plus estrange si je n’avoys veu que la vraye occasion de la rupture du cardinal de Savoye estoit venue de ce ([u’aprez avoir souvent faict plainte de n’avoir poinct de lettres de M»'’ le cardinal de Richelieu, enfin Son Eminence avoit prins la peine de luy escrire sans
luy donner de l’Allezze, comme vous l’avez sceu en son temps, et je sçay bien que sur ce dilFerant le Grand Duc avoit esté' en fort mauvais mesnage avec le Pape et les neveus à faulte de vouloir donner l’Altesse aux princes de sa maison. En elfect puisque le cardinal infant avoit de l’Altezze en commandant les armées d’Espagne aux Païs bas, il sembloit necessaire que le chef de l’armée qui luy estoit opposée eust de TAltezze aussy.
Je nie resjouys que voz epistres socratiques soient enfin achevées d’imprimer b
11 y aura dezborsmais plus de commodité de voicture que devant pour les petits fagots car l’on a estably des messagers ordinaires de Lyon icy (|ui partent de Lyon le jeudy, par lesquels j’ay desja receu des cassettes et fagots de libvres bien conditionnez, dont je suis bien aise, à cause (|ue noz maistres des courriers de deçà commançoient à gronder de ce que mon frere grossissoit trop librement ses pacquets à moy, et m’en firent rompre les envelopjies sanimedy, tellement que pour quelque temps il fauldra s’abstenir de les grossir sans nécessité, et prendre la voye du messager soubs l’adresse à AL' de Rossi à Lyon qui recevra volontiers ce que vous luy adresserez et me l’envoyera par le messager aussy jusques icy. J’en useray de mesmes quand l’occasion s’en présentera Dieu aydant. L’on nous veult asseurer la mort de l’Empereur le 1 5 febvrier d’une apoplexie cela nous pourroit encores donner quelque relasche et quelque occasion plus urgente pour la paix.
Le mauvais temps qui s’est mis sus puis sammedy nous tient en grand esmoy de voir escbappcr l’occasion de nous prévaloir du mauvais estât aiujuel sont les isles de Lerins, et je demeure,
Alonsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, ce 17 mars 1687
' Nous avons vu que Léo AUalius avait donné ses soins à cette édition.
■ L’empereur Ferdinand II mourut^ en elîet, le i5 février 1687, à Vienne, à l’àge
de cinquante-neuf ans et dans la 1 9' année de son règne. Voir ïArt de vérifier les dates, t. Vît, i8i8,in-8% p. 887.
’ Vol. 718, fol. 358.