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Je vous recommande le pacquet pour jVU Petit, qui part veodredy j)our aller à l’assemblée d’Alençon^ et passera par Paris non sans vous voir je m’asseure,
AP de Sabran nous escript du i 7 avril do Genes que AP de lloideaux luy avoit renvoyé touts les calyces, cyboires et aultres choses pillées dans les églises d’Orislan, qu’il avoit redimées avec grande peyue des mains des soldats, pour en faire la restitution aux dictes églises qui les reclaineroient, dont il a esté merveilleusemenl loiié, les Espagnols n’en ayant pas usé de inesmes de leurs ])illeries dans les églises du Parmesan^.
À AIONSIEUR, AlONSIEUR DE SAIÎVT-SAULVEUR DU PUY,
À PARIS
Alonsieur,
J’ay receu vostre despesche du 2/1“*' en temps que nous estions en de merveilleuses impatiances d’apprendre des nouvelles certaines de la venue de AI^^ le Prince, dont le bruict s’estoit espendu 3 jours avant l’arivée de l’ordinaire par le passage d’un courrier de AP le comte d’Harcour, car il ne manquoit pas des gents qui soubstenoient que cela ne pouvoit estre, jusques à vouloir en faire informer, s’ils eussent peu, comme de chose tendante à soubslevement des peuples contre le Gouverneur et aultres ministres du Roy dans le pais. Alais vostre lettre nous mit in claris. La question est que sa venüe ne soit poinct pour quelque nature d’aftaires approchantes de celles qui ont faict interdire le Parlement de Dijon, en quoy nous luy aurons bien de l’obligation s’il peult destourner cet orage de dessus noz testes, en cette conjoncture. Nous croyons qu’il viendra quelque courrier à l’advance quand M’’ le Prince vouldra partir. Vous aurez sceu l’entrevüe de AP le conte
' Samuel Petit allait sans doute assister à quelque synode. — ’ Vol. 718, fol 87'^.
d’Harcour avec M‘’ le Mareschal, lesquels se firent de grands compliments, et pour le fort de Ragon vous aurez sceu pareillement qn’i! ne fui pas forcé, ains rendu par composition honorable acceptée pour choyer nostre monde.
Quant aux passeports des ambassadeurs, vous verrez dans les advis d’Italie que l’infant cardinal s’excusoit de celuy des Estats, pour n’en avoir la faculté du Roy d’Espagne sonfrere, ce qui tesmoigne aultant de jalousie entre les freres , de ne luy pas laisser le pouvoir de traicter avec eux à son advantage particulier, que d’envie de brouiller ou allonger la conclusion ou négociation de la paix. Vous y verrez aussy que le Prince Thomas ^ va viceroy en Sicile avec un pouvoir de généralissime à la mer comme feu son frere Philibert et d’aultres petites particularitez assez considérables, tant pour la Valteline que pour Sabbionetta ^ et les terres du comte de S. Seconde, qui avoient servy de pierre d’achoppement pour cabrer le Duc de Parme contre l’Espagne, Il y en a mesme de Rome et des querelles particulières du Prince de Rozzuolo, l’un des prétendants à Sabionetta, qui est ambassadeur de l’Empereur, qui ne sont pas moings notables, pour n’estre que pour une courtisanne à laquelle on a donné le foet. En elîect cez advis viennent de bon lieu, et contiennent à ce qu’on me voudroit faire à croire, des articles en termes plus libres que ceux qui se débitent communément pour estre d’un correspondant à qui l’on a plus de confiance , mais j’ay bien du regret qu’il y en manque d’une semaine, où il y avoit sans double quelque chose qu’on a affecté de nous cacher pour les dispositions de l’Empereur, encore y a t’ il quelque chosette que nous n’avions pas sceu icy, comme vous l’aurez je m’asseure apprins là d’ailleurs. Nous avons veu icy non seulement les articles sans datte du traicté de
de Rohan, mais son verbal ou sa relation qui est une espece de
* Le Prince Thomas dont Peiresc parle ici est Thomas-François de Savoie, prince de Garignan, cinquième fils du duc Charles- Emmanuel.
’ Emmanuel-Philibert de Savoie, grand
amiral d’Espagne, mort sans postérité à Palerme, en 1 62 4.
® Ville de l’ancienne Lombardie, entre Crémone et Mantoue, 327 kilomètres de cette dernière ville.
iiiaiiilesle Lien necessaire à sçavoir pour sa deschar{);e en une si grande allaire et s’il y trouve moyen de la r’abiller, il sera bien heureux; nous en aurions bon besoing.
Nous attendons en bonne dévotion les nouvelles d’à ce soir pour voir si nostre batterie de dix canons quasi sur le bord du fossé de
Marguerite aura produict l’elfect qu’on se promettoit que les assiégez seroient constraincts de cappituler. Je vous en tiendra y adverty, si j’en ay l’advis à temps.
J’ay receu le Florus \ et le livre du sac de Rome avec un peu de papier réglé de M*’ du Ghesne dont je vous remercie trez bumblement; j’avoys, ce me sembloit, dict que c’estoit bien le moings que pouvoit avoir l’homme de M*" Aubert que dix ou douze escus pour sa peine en la collation du Theopbanes. J’escripts à mon frere de les vous faire bailler, et par la première commodité d’amy vous envoyeray quelques pistoles pour le supplément du petit fonds ordinaire. J’eusse bien volontiers veu le Justin de Bernegger; je l’envoyeray chercher à Geneve. Pour les epistres socratiques je vous confesse que j’ay grand tort de n’avoir envoyé à M*" Maussac son exemplaire; nous n’escrivons plus en ce pais là que par la poste ordinaire establie comme celle de Paris et aux mesmes jours, par laquelle voye le pacquet seroit trop gros. Un courrier extraordinaire l’aultre jour m’avoit promis de s’en charger, mais il l’oublia. Voicy venir le temps du commerce plus fréquent en Languedoc où il ne manquera plus de commoditez d’amys ordinaires. Mais il y avoit deux aultres exemplaires des mesmes epistres, dont je n’ay pas oublié que vous m’en laissiez l’un pour mon compte, mais j’ay esté si malheureux de n’avoir sceu retrouver vostre lettre pour voir voz ordres sur cela, sçavoir si le troisiesme se doibt envoyer à Rome ou bien si c’est pour Monsieur Gassend, à faulle (|ue vous n’avez pas cotté au bas à qui il les falloit envoyer comme vous avez laict de cehiy de M'' Maussac, vous suppliant de me pardonner cette faulte, et si le prochain ordinaire de Rome s’en veult charger de l’un, je pourray bien
Le Florus de Freinslieiin.
l’envoyer à tout hazarcl à M’’ le R. P. Dom du Puy. Quant à l’affaire de de Guibbeville, il ne tient pas à moy qu’elle ne soit finie, mais il y a souvent plus de peine aux clauses des contracts en matières si jalouses, qu’en la substance du fonds des conventions des parties. Je ne faisois pas de difficulté pour moy de prester mon nom et mon intervention avec toute la mesme confiance que les uns et les auîtres monstroient de prendre en moy quoy qu’indigne de tant de bonne opinion, mais la qualité de la prévention capitale et mon cbaractere, où il pouvoit escheoir irrégularité, me retint, et il se pourroit bien concerter d’y employer un aultre nom que le mien, mais cette sorte de formule a esté trouvée aussy estrange que nouvelle des plus huppez de nostre barreau qu’estiment qu’une renonciation seroit moings appa- .remment affectée, et consequamment plus seure et plus innocente; toutefoys je m’en rapporte, etseray tousjours prest à faire tout ce que vostre conseil trouvera bon pour cette affaire et toutes aultres qui regarderont vostre service et des vostres. Et je demeureray.
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, CO 5 may 16.37.
Je viens de recevoir une lettre de Dom du Puy par la voye de la mer du 1®'' avril, arrivée à Marseille avec des caisses pour moy que j’auray dans un jour ou deux, en l’une desquelles il me mande avoir mis un fagot de livres pour vous sans aultre adresse qu’à moy, pour m’obliger de voir en passant tout le contenu , comme il est trez courtoys et obligeant comme vous L
Vol. 718, foi. 373.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR DU PUY
À PARIS
Monsieur,
Je pense que vous aurez sceu de longue main ce qui est du mérité et de l’eminante vertu de Monsieur du Remet nostre premier présidant, qu’il a faict paroistre dans la charge d’advocat general au grand Conseil (que M*' Bignon eut par sa desmission) et dans celle de présidant au Parlement de Bordeaux aussy bien qu’en celle cy, mais principalement aux employs extraordinaires qu’il a eus en des occasions de trez grande importance lorsque feu M*' du Mayne se voulut destaclier de l’obeissance du Boy dans le Gouvernement de Guienne;lors de l’esineutte d’Agen 2 ou 3 ans y a et cez jours passez, quand l’armée navale du Boy fit sa descente aux Isles, ses soings et son exemple ayants frappé un trez grand coup à faire subsister les forces de l’armée, et rendu un trez notable service au Roy, au grand advantage de cette pauvre province et honneur particulier de nostre compagnie, à laquelle il a faict prendre la meilleure part du mérite envers le Boy, et noz seigneurs ses ministres, dont nous sommes à la veille de recueillir le fruict, et de voir les ennemysde la France cliassez de nos costes contre l’ojiinion de la plupart de la cbrestienté. Je sçay d’ailleurs les inclinations particulières que vous avez tesmoignées à son service, aussy bien que les siennes en vostre endroict, comme les lettres de M‘’ de Saulveur en peuvent faire bonne loy. Et d’aultant que la part (|ue Madame la Première Présidante avoit voullu prendre à ses soings pour faire secourir les pauvres soldats de l’armée blessez ou malades, de linge et de toutes aultres nécessitez (dont ils se sont grandement prévalus et ont bien rapporté du soulagement), la fit tomber malade des fiebvres courantes qui l’ont debtenüe dix ou douze jours en danger, pendant lesquels il en a esté atteint luy mesmes, et travaillé bien plus longuement, sans avoii’ encore peu se tirer du lict bien qu il soit au
LETTRES DE PEIRESG
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18“*" de son mal, et qui pix est sans avoir peu se descharger de la pesanteur ou douleur de teste qui monstre qu’il n’est pas bien net de sa liebvre quelque diminution qp’il y ayt, je suis constrairit de vous déclarer la grande compassion que j’en ay eu, et que j’ay bien encores plus sensible depuis l’arrivée du dernier ordinaire, par lequel ils ont apprins des nouvelles de Bordeaux qui les ont affligez jusques au dernier poinct, de voir le mauvais traictemenl qu’on y vouldroit faire à \b' de Montesquieu, lilz de Madame la Première Présidante^ et gendre de M*" le Premier Présidant^, lequel avoit supporté bien paiiamment d'attendre la commodité de deux enfants de conseillers pourveus et presantez aprez luy pour les faire recevoir et acquérir la préséance sur luy. Mais aprez six mois d’attente, c’est une grande cruaulté de voir maintenant que cinq aultres se veuillent presanter et le reculer d’aultant en sa réception en une charge de conseiller et en son rang, tandis que ses beau pere et mere se saci ilient icy pour le service du lloy, en des soings et peines incroyables, si utilement, lesquels n’ont abandonné leur maison (pie pour le zele du bien public, et ne pas manquer d’obeyr aux commandements de Sa Majesté et de ses principaux Ministres. Estant bien certain que s’ils se fussent trouvez à cette heure chez eux, ils eussent trouvé les moyens de prévenir touts cez inconveniants et de vaincre par leur presance toute sorte de diffîcultez, et leui‘ plus grande appréhension est (jue M"^ de Montesquieu ne se rebutle en sorte qu’il abandonne la profession de longue robbe, à laquelle on avoit bien eu de la peine de le faire résoudre
C’est pourquoy s’il y avoit moyen de disposer Monseigneur le Ghanceilier d’y faire intervenir son authorité, et celle mesme du Boy, par
‘ Jean-Baptistp-Gaston (le Secondât, baron de Montesquieu, seigneur de Castelnouvel , Taience , etc. , né à Agen vers 1613, mourut le 12 août lô^S, à Bordeaux, étant président à mortier au parlement de cette ville. Ce fut le grand-père de l’illustre auteur de Y Esprit des lois.
^ J.-B.-G. de Secondât avait épousé, le
•26 février ]G3/i, Anne-Jeanne du Bernet, tille de Joseph du Bernet et de Catherine Benoît. Elle mourut, âg(ie de soixantecinq ans. le 97 (hicombre lôyS , après avoir donné à son mari neuf enfants.
^ Le baron de Montesquieu avait d’abord . comme ses aïeux, suivi la carrière des armes.
\('X FR|':UES ÜUPL'Y.
«jnel({iie re.jjleiiient d’un privilège (|ü1 |)cult eidiii tourner à trop grands al)bus; les services du beau-j)ere en nieriteroient bien (|iiel(|ue rnodilicalion et que le Roy en son conseil declarast par arrest sa volonté de taire procéder à la réception du dict sieur de Montesquieu, aprez les deux qui se sont presantez durant le temps de son information (pour laisser le privilège en son entier) mais avant les cinq aultres (pii ne sont venus que longtemps aprez, et quasi avec apparente atfectation de le reculer et rebutter. Je me suis ingéré de leur dire (pie j’estimoys cet expédiant trop équitable et faisalile, et (pie si vous l’entrepreniez vous aviez assez d’ascendant sur l’esprit de Monseigneur le Cliancellier poui' le portera cela. Ne doubtant nullement que vous n’y agissiez bien volontiers et que vous ne pensiez faire œuvre trez meiitoire envers le public, quand vous obligerez des persones de cette (pialitéet condition, principalement en l’estât (ju’elles se trouvent si dignes de compassion extraordinaire et en la conjoncture presante que les elfects et les fruicts de leur service sont si notoires et si presants. Je vous supplie seulement, Monsieur, de le vouloir enti'eju’endre au plus tos tpour ne laisser prendre troj) d’advantage à cez Messieurs lesquels allectent de les choquer en lapersonede ce gentilhomme qui poursuit depuis si longtenqis son expédition, leipiel d’ailleurs est d’un naturel si doulx, d’un si grand genie et d’une si rare probité, qu’avec la noblesse de son extraction * et l’estiide <pi’il a faict non ordinaire, il ne peult (pie reuscir grandement en cette vocation, et aux plus dignes einploys aux(|uels elle le pourroit faire appeller. Nous sommes tonls obligez de prendre part à ses interets pour le bénéfice (jui nous en peult revenir quebjue jour en ce pais, où il [lourroit bien en son temps digniMuent remplir la place de M. le Premier Présidant, ou de toute façon rendre' des bons ollices à cette provimœ pour l’amour des habitudes «]ue M" le Premier Présidant y aura contractées. Ce (pii me pouira servir d excuse en vostre endroict , oultre les aultres considérations susdictes, de la
■ \oir dons le NoOiltatre de Gineinie et de (itiscoffue |>ai’ ()t?ilV\ (L 11, ft. it)-
la gcr)éol''gie de la laiiitlle de Secovdnl de Monlenifiiicii.
liberté que je prends de vous en parler de la sorte et de vouloir participer à son obligation envers vous, vous me cognoissez de plus loing et me faictes l’honneur de n’avoir pas dezagreable mon procédé, quelque rudesse que le vice de nostre nation y fasse paroistre, dont je vous demande pardon et qu’il vous plaise m’advoüer tousjours,
Monsieur, poui’
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, ce 9 raay 1687
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À MONSIEUR, MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR
À PARIS
Monsieur,
Je commance bien tard à vous respondre à la derniere du 1 de ce moys à mon grand regret, le passage de M‘’ le duc d’Halliiin^ qui vint hier icy et n’en est party que cette aprez disnée pour les Isles m’ayant consumé un grand temps, et mille aultres rencontres inopinées, le reste. Ce ne fut qu’à regret que je grossis mon paquet du S! 1 du passé voyant ce qu’on faisoit de par deçà, mais je me llattay de croire qu’il n’y seroil pas touché, mais cela ne sera plus si je puis Dieu aydant, bien marry du subject de desplaisir que vous en avez eu.
Je confesse d’avoir failli et encores plus de n’avoir renvoyé le vase de verre. Il vint icy un nommé La Fagoue qui disoit avoir charge de le recevoir, à qui je le voulus bailler, mais il me dict qu’il le viendroit prendre quand il auroit commodité d’amy à qui il se peusse lier d’en
^ Vol. 718. fol. 376.
^ Gharles de Scliomberg , duc de Hallvyn, lils de Henry de Scliomberg, maréchal de France, et de Françoise d’Epinay, mourut le
6 juin i656, à l’age de cinquante-cinq ans. Il devint lui aussi maréchal de France après avoir remporté sur les Espagnols la brillante victoire de Leucate (28 septembre 1687).
avoir le soiiig qu’il fault, sur quoy je me suis enclormy, mais je veilleray moy mesmes aux occasions pour ii’en pas laisser escliapper sans le vous renvoyer, et s’ils veullent que je le hazarde par le messager d’icy à Lyon soubs l’adresse de M‘’ de Rossy, et luy à mon frere par le messager aussy, je le feray bien volontiers, mais j’eusse désiré commodité d’homme de pied qui le portast à son dos, de crainte des cheuttes et bronchades^ des mullets ou chevaux, et des cahottages du charroy. Je vous ay envoyé par des mulletiers qui ne sont partys que depuis jeudy un fagot de livres de Rome du R. P. Dom Ghristofle dont mon libraire rompit l’enveloppe adressée à moy sous laquelle il ne trouva que des feuilles confuses d’un volume du cardinal Rentivoglio (pi’il "jugea n’estre que maculatures, parce que dans la caisse que j’avois receu il y avoit des fagots ployez dans des feuilles du mesme libvre, et n’eut pas le soing de les rejoindre à vostre fagot, adressé à vous, dont je ne voulus pas rompre l’enveloppe, la trouvant si bien ajustée. Mais quand je receus le lendemain vostre despesche du i'*’ avec la lettre de M*' vostre frere où il parle de cez imperfections, j’eus grand regret de ne les avoir envoyées, et crains qu’il ne s’en soit esgaré quelque feuille bien que mon libraire me soubstienne que non. Vous aurez par mesme moyen un aultre gros fagot de libvres de M*' Naudé pour AP' Moreau, et un volume de la part du dict sieur Naudé qui avoit attendu quasi depuis un an dans Rome la commodité de venir par mer. J’eus aussy 3 gros paquets de lettres de luy où je pensoys trouver les extraicts des tactiques de l’Ainbrosienne pour AP Saumaise, mais il n’y en eut rien à mon grand regret; bien ay je eu par gents de la part de AP Holstenius des indices de ce qu’il y a en cette matière dans la Vaticane, la Palatine et la Barberine où c’est qu’il y aura possible quelque chose de bon. Je le faicts transcrire pour l’envoyer à AP de Saumaise avec mon \ egece manuscrit que j’ay faict conférer et par mesme moyen verray d’envoyer ce vase. Je regrette bien le retardement de cez extraicts de l’Ambrosienne, mais
' Sous te mot bronchade, Lillrd n’a cité de Jean Cliapelain [I.cttres, t. Il, |). 338) :
qu’une phrase du Roman comique de Scarron r . . . pour une bronchade on ne coupe pas
(i65i). Rappelons à notre tour une phrase les jarrels à un coursier ti. -
LKTTRES DE PEIRESC
possible y en aura-t-il d’aultres, car j’en ay desja demandé par le dernier ordinaire tant de la Vaticane que de la Barberine. Vous remerciant du soing qu’avez eu de cbarger M'' Godelroy de ma despescbe, mais je suis grandement fascbé qu’il ayt perdu l’occasion de M'' d’Avaux, el encores plus de ce que vous me mandez de l’bonneur du personage avec qui il avoit à traicter\ ne pouvant assez loüer Dieu d’en voir desgaigé AB du Puy, car à son humeur franche et candide, ce luy eust esté un merveilleux supplice. Du Moustier eut bon temps de baptiser ainsin à boulle veüe ce pauvre animal, luy qui est si punctuel en aultres matières , et m’estonne <pi’il s’y soit porté.
\u reste Dieu sçaict bien mieux que nous ce qui nous fauit, et pense (jue nous ne |)erdrons rien à la ruptuiedu vovage de AB le Prince en <-e pais, car nous avions belle peur qu’il ne nous ap[)ürtast des poires d’angoisse à avallcr'^ comrne'à Alessieurs de Dijon, qui nous font grand j)itié. estant certain qu’il y a quebpies années qu’il se parloit d’envover AP’ le Prince faire le tour des Parlements du Boyaulme pour des visites dont ils se sont bien passez et se ])asseroienl bien volontiers de cet honneur, .le viens d’appi’endre que AP de Lauzon est airivé ce jourd’huy icv sur ses chevaux, AB le Alarescbal estant aussv party de Fréjus pai- la routte de Draguignan, de sorte qu’ils ne se rencontreront pas avec AB’ le duc d’Alluin (|ui est ce jourd’buy allé à S‘ Aîaximin par le droict chemin de Fréjus. L’on avoit dict icy l’aultrc jour que AI*’ le Alarescbal v venoit, et d’aultres à la suitte de AP’ d’Halluin disoient (ju’il n’attendoit que le prochain ordinaire pour s’en allei“ faire un voyage <à la cour.
.l’ay eu une lettre de Al’’ de Guibeville^ hors de vostre enveloppe par Lyon, ses gents l’ayant portée à la poste au lieu d’aller chez vous, mais il n’y a pas de danger. J’attendray la resolution de AB vostre beau- Irere sur la dilliculté de ma persone que je ne vouldroys pas espargner
‘ Ai)\ conf’prences de Eoiogiie déjti ineiilionnéon.
Geüe e.\|)ressioii peut être rapprochée de ia phrase de .Molière dans ta CoiiHcsse
ri’ Hucarhdgiias (i 6711 : r . . . poires d’angoisse cjue vos cruautés nie font avaler t.ous les jours Tî.
‘ M. de Guibeviiie père.
AUX FRÈRES DCRUÏ.