‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 42 sur 75 · À AIX · texte numérisé non relu

À AIX

-Monsieur,

J’ay receu vostre lettre du G février, et vous diray pour response que je feray parler au P. Mersenne pour sçavoir s’il a retenu copie de la sent<3nce contre le Galilei, et ne vous sçaurois dire si c’est de ce lieu ([ue l’a tirée le sieur Renaiidot, avec lequel j’ay peu de communication; neantraoiiis il faut que je le visite pour le confirmer en la resolution qu’il a prise de vous envoyer ses gazettes, et offriray une pistole à ses commis pour les recompenser de leur peine. Vous recevrez par cet ordinaire la Liturgie traduite de l’arabe que l’on ne m’a pas voulu laisser à moins de trois quarts d’escu. J’ay baillé vostre lettre à M. de Toulouse, mais il estoit si occupé qu’il n’y a eu moien de l’entretenir sur ce subjet; quand il sera debarrassé de ces assemblées de Prélats, je le visiteray et mettray sur le discours du m[anu]s[crit] des Astronomes. Je n’ay [)oint trouvé Vitray ^ chez luy pour luy parler du Pentateuque des Samaritains du seigneur Pietro délia Valle; le P. Morin est à Rouen et ne nous a point fait présent de son livre quoy qu’il ayt tiré de chez nous les principales pièces dont il est composé. M"" le sacristain ^ m’a envolé la signihcation faitte au père du Religieux Gras qui ne nous peut rien servir, le père n’ayant pas accepté pour son fils. Le traittement que nous recevons de cet homme ne nous oblige pas à le favoriser en la preference du bénéfice et M"" de Thou est fort indigné contre luy. Il ne faut pas qu’il espere aucune courtoisie s’il ne se despart premièrement de l’opposition qu’il a faitte à nostre prise de possession. Nous avons

‘ L*' célèbre imprimeur si souvent mentionné * M. de Valbeile, dont le nom se trouve si

en toute cette correspondance. souvent mélé à l’affaire des prieurés de Jaccjues

- Exercitationes bibticœ, Dupuy.

APPENDICE

eu les lettres de recommandation pour Rome des cardinaux Ricin et de la Vallette. L’evenement de cette affaire^ ne me tourmente point, estant asseuré d’aultre part et en meilleur pays, et tout ce que je fais en cette affaire est pour faire plaisir à M"" de Thou, car pour mon particulier je n’y veux rien prétendre. Je vous envoie un extrait de la harangue de AP le Cardinal ^ fait par le fds du president de Lamonion aagé de i6 à 17 ans^ seulement. Il ne faut pas que vous jugiez de la piece entière par cet eschantillon; toutesfois vous y trouverez quelques conceptions assez bonnes; c’est tout jusques ici ce qui en a esté rédigé par escrit.

Pour nos nouvelles, le bruict de l’accomodement avec la Reine mere continue toujours, ce qui n’est pas sans fondement, le sauf conduit du Roy pour le pere Suffren ayant esté envoié à Rruxelles , qui est tout ce que je vous peux dire de certain là dessus. L’on tient aussi pour certain que l’electeur de Treves a envoié à AP le Cardinal sa démission pour l’evesché de Spire, qui est un moyen pour avoir Pbilipsbourg. On adjouste que le dit électeur a fait pourvoir AI'' le Cardinal d’une Prevosté de son eglise de Treves avec dessein de le faire eslire Archevesque, et luy se retirer à Rome avec tout son argent et que le Roy le fera cardinal et luy donnera de grands bénéfices en France. Alais je ne vous garantis pas tous ces advis. Je crois pourtant le premier de Spire. AP de Bouillon s’est marié avec Alad''® de Bergb, fort belle fille, catholique, niepce du comte Henry de Bergb, qui ne luy apporte que sa beauté et bonne maison. Le Roy a approuvé le mariage Je suis, Alonsieur.

vostre très humble et très obéissant serviteur, DU PüY.

A Paris, ce 17 fcbvrier i63/i

‘ Evénement pour issue.

^ C’esl-à-dire pour le cardinal ( de Richelieu).

11 s’ajjil là du fils de Chrétien de Lamoignon , seigneur de Baville et autres lieux, président au parlement de Paris. Ce fils, Guillaume de Lamoignon, marquis de Baville, comte de Launai- Courson, haron de S'-Yon, etc., fut le célèbre premier président du parlement de Paris. Il était né le ag octobre 1617 et avait par conséquent, en février i63A, l’âge indiqué par Jacques Dupuy, un peu plus de seize ans.

^ Ce fut le 1“^ février i634 que, par contrat passé au château de Roxmer, Frédéric Maurice de la Tour, duc de Bouillon et prince de Sedan, vicomte de Turenne, etc., épousa Éléonore-Catherine-Fébronie de Bergb, fdle de Frédéric de Bergb, gouverneur de Frise, et de Françoise Ravenel.

® Bibliothèque nationale, fonds français, volume 9544, fol. 1. La lettre est de la main de Jacques Dupuy.

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