‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 6 sur 75 · XXXII · texte numérisé non relu

XXXII

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

PRIEUR DE SAIINT-SAULVEUR,

J’ay receu vostre lettre du avec ce qu’il vous avoit pieu d’y joindre, et l’aultre pacquet de M" de Saulmaise qui est venu en mesme temps soubs vostre enveloppe, dont je vous remercie trez liumblement. Et du soing que vous prenez de me faire part de tout ce qui peult estre ])lus digne d’estre sceu par succession de temps si regleement que je suis honteux de vostre peine et de ne la pouvoir mériter et encores moings la sollicitude que vous vous donnez de l’estât de ma santé, qui est grâces à Dieu beaucoiq) meilleure que je ne puis valloir et que je n’eusse pas esperé. Bien marry que le retardement de mon paccjuet vous ayt renouvelle quelque subject d’apprebension de ce costé là, cet inconveniant estant procédé, comme vous aurez veu tost aprez, de ce que ma despesebe qui alloit soubs l’enveloppe de M*' du Lieu, fut portée par mesgarde de Lyon à Dijon, d’où l’on la renvoya à Lyon au dict sieur du Lieu qui m’a depuis escript vous l’avoir faict tenir jiar son courrier du mardy. Et le mal vint originairement d’icy où l’on laissa prendre céans mon jiacquet, par le courrier mesmes, à qui j’avoys donné quelque petite doulceur, au lieu de le porter au commis de M" Moreau, qui l’eiist joinct aux despescbcs de M*" du Lieu. Car ce courrier, qui ne sçavoit jieult estre pas lisre, croyant qu’il allast à Paris, le jetta parmy ceulx de Paris que l’on adresse à Dijon. Mais mon homme ne fera plus cette faulte, et les ira tousjours consigner en main jiropre à gents qui puissent esviter de telles equivoijues.

J’ay aujourd’buy receu par un muletier de Lyon un fagot de M' Deodati où sont les exemplaires de vostre glossaire que j’ay trouvé fort bien imprimé et de papier un peu ])lus solide, ce semble, que celuy de Geneve, qui s’y employé communément, dont je vous doibs encore

LETTRES DE PEIUESC

(le nouvelles actions de grâces. J’en feray passer en Italie aux cardinaux lîarherin et Bagny, puisqu’il m’en a envoyé troys exemplaires de sa grâce et de la vostre. Et en envoyeray quérir encore à Lyon (|iielqii’ aultre pour d’aultres amys de deçà. Ne regrettant que la forme qui meritoil d’estre in fol° de pareille grandeur aux volumes de l’Ilistoire de M’’ de Tliou à celle lin qu’il se peusse joindre on loger tout joignant les aultres volumes, qui sans cela ne sont pas sans double de libre usage, ne si commode.

Nous attendrons en bonne dévotion M*' de la Fayette et Madame sa femme ^ dont la compagnie apportera une grande consolation à Madame la Marescbale, qui a bien encores de la peine à se resouldre de la perte qu’elle lit dernièrement de ces deux fdles de sa suitte qui se noyèrent si misérablement par l’imprudence des conducteurs de sa lilliere. Et nous tardera bien d’entendre de la bouche d’un si digne personage ce que vous nous faictes esperer de la communication des conferances de vostre cabinet où il a esté si assidu et de l’estât des choses du grand monde qui semblent maintenant reduictes à passer d’une si grande extrémité à aultre. L’on nous a voulu faire à croire que le Roy devoit estre à Paris le jour mesme de la datte de voz lettres pour aller le lendemain au Parlement faire une aultre déclaration sur le faict de

Monsieur^, en consequance de ce traicté secret que l’on dict devoir estre publié. L’on adjouste que sur l’appel que M*' d’Elboeuf avoit faict laire au sieur de Puylaurens, le M[arquis] d’Aytone luy avoit envoyé un billet que luy ne voulust pas lisre que la Uoyne mere ne fust re-

‘ Nous avons ddjà vu que Jean de la Fayette, seigneur d’Hautefeuille, avait (ipousé (19 avril 1 61 3) Marguerite de Bourbon-Busset. Ce lut la belle-fdle de Marguerite, Marie-Magdeleine Pioche de la Vergue, qui fut si célèbre à la cour sous le nom de comtesse de la Fayette, et si célèbre dans le monde littéraire comme auteur de Zntde et de Jm Princesse de Clèves.

Ou voit (jue ce n’étaient pas seulement des érudits qui fréquentaient le cabinet,

mais aussi des bommes du monde, des grands seigneurs.

® La première déclaration était celle-ci : Déclaration du Roi, poi'tant son inlenlion tant pour le retour de Monseigneur, frère de Sa Majesté, rabais des tailles, que pour la tenue des Grands Jours en toutes les provinces de ce roijaunie (iG janvier i634). Vérifiée en Parlement, Sa Majesté y séant, le surlendemain, 18.

veriiie chez elle, et que la Royne Tayaut ouvert a trouvé qiToii luv luandoit qu’il se retiras! eu certain lieu; la Royne responclit que M*" d’Elboeuf ne sortiroit poinct qu’elle ne sortit aussy, que le Roy d’Espagne son filz n’avoit pas eu cette intention, c[u’elle luy en escriroit. Mais possible ne sont ce que des contes que Ton nous faict icy à plaisir. [A ce matin, les chambres assemblées pour la troisiesme fois sur Tedicl de creüe de 8 conseillers en nostre compagnie. Ton a enfin résolu de donner les mains pour 3 ou h s’il ne se peult mieux faire, et de su])plier M*" nostre Premier Présidant d’en vouloir conclurre le traicté de par delà, s’il est possible^ et d’essayer cjue noz arrerages de gages nous soient payez et les anciennes assignations restablies. Mais cela s’il vous plaict. Monsieur, soit dict entre nous.]

M*" le Mareschal a mandé une assemblée à Apt pour le 4*“ du moys prochain à la réquisition des gents du Pais, pour adviser des moyens d’entrer en traicté avec le Roy sur une commission qui a esté decernée pour les francs fiefs.

Voila de bien chettives nouvelles en eschange des vostres; encores fus-je si malheureux que par le dernier ordinaire je pensoys vous envoyer une mémoire de Bordeaux qui demeura en arriéré par mesgarde, mais j’espere qu’elle ira ce coup cy.

Quant à AP de Sauhnaise, je pensois véritablement que vous luy eussiez envoyé les volumes Gophtes sur ce que m’aviez mandé Taultre jour que vous aviez faict tenir mes dernieres lettres avec les manuscrits des Gophtes. Et pense qu’il y ayt quelque charge de consciance de les luy faire tant attendre. Gar tant s’en fault que cela nuise à sa maladie qu’au contraire je croys que cela soit cappable de le resjouyr et recreer grandement. Estimant qu’il en tirera sans doubte de trez bonnes choses tost ou tard et que cela aydera possible à le guarir puis que sa prédilection est maintenant si forte ])Our ce genre d’estude par dessus les aultres. 11 m’a bien obligé de me communiquer si francliement les cahiers qu’il m’a envoyez que je tascheray de luy renvoyer au plus tost,

* Eli regard de ces ligues Peiresc a placé celte recommandation : trÀ vous, M'.’)

estants arrivez plus opportunément qu’en toute aultre saison de l’année, à cette heure que nous allons entrer en vacations, dont la proximité et la presse où nous sommes au degel de nostre Parlement qui finit vendredy, me feront différer à une aultre foys de luy rescrire et aux aultres amys envers lesquels je suis demeuré en arréragé, auxquels je vous supplie de vouloir faire mes excuses, si quelqu’un s’en vouloit plaindre venant à l’Academie. Cependant M"’ le Prévost Aguillenqui s’appreste à partir au 8'"^" du prochain, et vous portera les volumes de Gencius Gamerarius et d’OnupIirius avec tout ce dont je le pourray charger, mesmes du ])etit chat pour AP’ de Bellievre qui est reussy le plus familier animal et le plus aymable qu’il se puisse voir.

L’on me vient de dire qu’un commandeur venu de Malte a apporté un exenq)laire du lihvre de Bosius intitulé BOAiA SVBTEBBANEA dédié au grand maistreh Ge sera une i-are piece à mon advis. Le cardinal Barherin m’en avoit envoyé quehjues planclies à l’advance, et me disoit-on qu’il y en avoit deux j)arties, l’iiiie de la chrestienne et l’aultre de la payenne, croyant bien qu’elles ne seront pas achevées d’imprimer toutes deux ensemble, et que ce ne sera encore que la chrestienne. Nous verrons bien tosl Dieu aydant ce que ce sera, et je demeu reray,

Alonsieur,

vostre trez Inimble et trez obeyssant serviteur, DF, Peihesc.

A Aix, ce 26 juin iG3'i.

.1 oublioys de vous dii'c (pie AP' Diodati nous a envoyé son catalogue de la foire, ou j ay trouvé encores tout plein de meilleures choses que je ne jiensoys que 1 on eusse laict parmy tant de guerres. On y

* C’est l’adtnirahie ouvrage d’Ant. Bosio : Hoina sotlcrranea, opéra posluma , compila e disposta da Gioc. Severani da S. Scverino , iiella (juale si traita de’ sacri ciiniterii di Homa, dcl sito , forma cl uso antico , e!c. (Boine, 1682, grand in-folio). L’ouvrage,

dont ({uelques feuilles avaient été publiées en 1 682 , ne fut connu en France (jue dans l’été de i684. Voir sur Bosio et son conlinuateur, le P. Severani, le fascicule XIII des Correspondants de Peiresc, Lettres de Gabriel Naudé, 1887, P- 12.

[163'i] AUX FIÎÈIIKS DUPÜY.

promet de recliet ])oiir la prochaine foire, touts les mesmes ciii([ volumes de la coiitinualioii du Baronius par Bsovius (pii estoienl en l’aullre précédant catalogue, depuis le \x jusques au xxiv inclusivement, et depuis l’an i535 jusques en 1616, de Cologne chez Gonstanl Munich in fol” h On y promet encores un Andréas Helvigius de Æra Ghristiana et Paschate, Bostochij , des nouvelles Ephemerides de Laurentius Eichstadius Setini^, deux volumes de la lune de lan Georg. Sunalbacius, Spiræ, qui en présupposent un premier, (pii seront possible bien un jour à l’usage de M*' Gassend et pour ma particulière curiosité, Nordalbingia Lamperli Alarti Lipsiæ Vita S. Engelberti Goloniæ^ et hieroteca, et un Jiistus Buinartus de Mensuris salinarum etc. Francofurti ([ii’il fauldra attendre en son temps. Cependant il y a un Agapetus Diaconus de Basle qui sera trez bon s’il en arrive, Libertas Veneta de Tiieodore Graswinkely®, Gonielin et de Meursius Historia danica’ et Regnum Atticum®, un volume d’insectes de Londres Annales Episcoporum Slewicensium, Colon. Si mon homme a assez de temps avant le

' Cœsaris lleisterhacenm . . . Ubri III de vita et miraculis S. Engelberti (Cologne, i633). Sur C(tsaire d’Heislerbacli voir diverses indications dans mon Mémoire sur le sac de Béziers (Paris, iSG-z).

^ Agapeti Scheda regia Prœceptomm de ojjicio boni principis. Ex recensione Bernardi Dancl.e ( Bàle , t G33 , in-8° ).

° Libertas Venetorum , sive Venetorum in se ac suos iinperandi jus assertum ( Leyde , i G34 , in-4°). Théodore Graswinkel était iin jurisconsulte et publiciste hollandais , parent de Grotius; il naquit h Delft en 1 Goo et mourut à Malincs en iGGG. Voir l’article qui le concerne dans le Dictionnaire critique de Bayle.

’ Historia Danica usque ad annuin i5‘j3 (Copenhague, iG3o, in-4°).

* Begnum Atticum, sive de regibus Atlieniensium (Amsterdam, iG33, in-/i°).

® Thoincc Moujfétti , Londinensis , Theatrum Inscctorum (Londres, iG3/i, in-fol.). Voir

' Abrahami Bzovii continuatio Annalium /^aro/nV ( Cologne , 1 G 1 6-1 G3o, 8 vol. in-fol.).

^ I.aurent Eichstad, médecin et mathématicien , né en 1 SqG , mourut en 1 GGo. Voici le titre exact de l’ouvrage : Laurentii Eichstadii pars I Epheineridum novaruin quinquennalis (Stettin, i63A, in-V). Deux autres parties parurent encore.

* Lambert Alard, né en iGoa dans le Holstein, raorten mai 1 G72 , pasteur protestant, écrivit, sous le titre de Nordalbingia , l’histoire de sa patrie, depuis l’époque de Charlemagne. On a réimprimé cet ouvrage dans les Monumenta inedita reruin Germanicaruin (Leipzig, 1789, in-fj”). Des bibliographes prétendent que l’ouvrage parut pour la première fois à Leipzig en i638 et qu’il contient l’histoire du Ilolstein jusqu’en 1687. On voit par le texte de Peiresc ({u’il s’agirait, en ce cas, d’une seconde édition et que la première serait de 1 G34.

IMPRIMCnii: HATIO'IALe.

])artemeiit du courrier, je les luy feray extraire. Il y a encore une (quadrature du cercle de loan. Sturmius, Lovanij .lo. INarsii Gustavidos, Leydæ je ne sçay si ce sera rien qui vaille.

Je vous supplie de faire acliepter un exemplaire en grand papier s’il s’en peult avoir (sinon de l’aultre plus commun) du livre des eclogues de M’’ Valoys et de le faire proprement relier par le Gascon ou aultre galant homme, et le bailler au sieur Gaillard pour l’aller présenter de ma part à M'’ de Roissy et m’excuser de tant de courvees.

Nous avons icy le bon P. Théophile qui ne se peult lasser de se louer de voz honnestetez; si vous ne m’aviez renvoyé la derniere lettre que je vous adressoys pour luy, il n’y auroit pas de danger de l’ouvrir et de retenir, s’il vous plaict, un billet qu’il y avoit dedans, et puis envoyer la lettre ouverte, comme de l’ordre du dict P. Théophile, au bon P. Mercene, pour la faire voir s’il veult à ceux dont il m’ avoit escript^.

À MONSIEI R, MONSIEUR DU PUY

PRIEUR DE SAINT-SAÜLVEÜR

À PARIS

Monsieur,

J’ay receu vostre despesche du 28 du passé, avec de trez curieuses relations dont je vous rends trez humbles actions de grâces le plus aflectueusement que je puis. Vous aurez sceu par mes suvvantes le sub-

ject du retardement de la premieri

sur le naturalisle Mouffele, qui a été beaucoup loué par Cuvier, le tome XXIV des Mémoires de INiceron.

‘ Joannis Stiinnn Mechlmciisis, de accuratn Circuli dimensione et qumlratura (Louvain, i()3/i , in-A”).

^ Joan. Narssii, Dordraciensis , Uhn III (lUstamdos , seu de bcllo Austriaco (Haiii-

de mes lettres que vous avez receüe

bourg-, 16.32, in-A°). Né à Dordrecht, Narssius fut d’abord pasteur (i6o5), puis, ayant été déposé (1612) pour ses opinions arméniennes, il étudia la médecine, devint (i635) médecin de la Compagnie des Indes, et mourut aux Indes Orientales.

^ Vol. 718, fol. 61.

[163/1] AUX FRKKES DUPUY. 139

hors de temps, qui ne vint (jiie de ce que mon homme la laissa prendre céans au courrier mesmes, sans la porter et mettre ez mains des commis de la poste, pour la joindre à celles de M’' du Lieu, ;\ faulte de quoi le courrier la jetta entre celles qu’on adressoit à Dijon, d’où elle fut renvoyée à Lyon.

Je suis bien aise que M*' du Ghesne ayt receu les petits extraicts des chroniques et M’’ Aubert son livre de S‘ Cyrille, et qu’il ayt eu de quoy remplacer ce que l’on ne luy vouloit pas octroyer sur les lieux. J’ay prins grand plaisir de voir les lettres de AL de Saulmaise que je vous renvoyeray Dieu aydant avec la présente, et attendray en bonne dévotion son traicté ex professe de Re VestiariaL ne doubtant nullement qu’il ne s’y trouve à apprendre mille belles raretez jusques icy ])eu cogneües, et pour le faict des fibules des babillements, j’en ay un fort grand nombre, et de fort différantes façons, dont il se seroit possible bien servy, mais lors que nous aurons veu le traicté, si je trouve que la chose en vaille la peine, je les luy feray portraire, et en un besoing les feray graver en taille doulce pour les y joindre par appendice. J’ay un peu de regret que ne luy ayiez faict tenir les livres Gophtes puis qu’il en est si affamé, et vous conseille de le faire, afin qu’il ayt moyen de s’y exercer, et divertir de l’objet de ses indispositions. Je suis ravy^ de l’obstination du sieur Heinsius envers un tel personage, principalement parmy des maladies cappables d’exciter à compassion les gents les plus barbares et plus farouches. Je verray de faire venir le Casserius du costé de Venise, puis qu’il ne s’en trouve pas là. Et me garderay bien de faire passer les monts au libvre du Cardinal d’Ain-

' Peiresc ne devait jamais voir ce traité qui resta inédit. Voici ce (jiie rapporte Papillon [Bibliothèque des auteurs de Bourgogne), au n° 2 2 de la liste des ouvrages manuscrits de Saumaise : a De re vestiaria. Le ms. étoit chez iM. de La Mare, qui y a voit ajouté un autre ouvrage de Saumaise, de coloribus. Il parle de ce dernier traité dans une lettre à Peiresc [Sahnas. Epist., p. 109),

où il nous apprend que , dès 1 63 A , il en avoit composé un juste volume prêt à voir le jour. On croit qu’il est perdu. A l’égard du traité de re vestiaria dont l’auteur fait mention en [)iusieurs endroits de ses ouvrages, M' Dacier y renvoyé. Mais je n’ai pu découvrir où se trouve ce ms. Voyez le Menagiana, t. IV, p. 61 et la Vie de Peiresc, in-A“, p. 297. ’> “ Dans le sens de irtrès étonné".

LETTUKS DE PEIRESC

1/iO

boise de M*’ BaiKlier\ que je recevray à singulière laveur, et le mettray en lieu où il puisse honnorer ma petite estude, comme il appartient. La vie du cardinal de Ximenez sera tousjours Irez belle Je vous renvoyé la leltre de M*' de la Malemaison, bien marry de ne l’avoir peu voir et sei’vir en passant. Le venerable P. Dupuy ni’avoit bien escript qu’on l’avoit mandé en la Grande Chartreuse, et que s’il eust eu l’advis à temps il y seroit allé, mais qu’il le receut trop tard, de quoy j’ay esté bien fasché, car il m’escript que nous eussions eu le bien de le voir au retour s’il n’eut peu le faire en venant. Je luy escripts aujourd’buy par Lyon ])our le féliciter de la charge dont il ne m’avoit jamais rien dict, et dont je vous félicité aussy autant ([u’il vous peult toucher, ayant i’interest que vous avez en ses contentements, vous asseurant que cette bonne nouvelle m’a touché tout aultant que si c’estoit en la personne de quelqu’un de mes plus proches, estimant que c’est avec grande raison que vous tenez cet employ bien honorable puisqu’il est en lieu où il peult prendre tant que bon luy semblera de part en la conversation de tant de galants hommes qui suyvent tousjours la cour de Rome, et qu’il s’en pourra sevrer et attacher à la solitude quand il luy plairra, sans s’esloigner du monde et sans souffrir les austeritez de l’air qu’il y a en la Grande Chartreuse et en la plus part des aultres maisons de sou ordre. J’attends impatiemment le succez de l’expedition de voz bulles en Cour de Rome et n’attendoys que cela pour faire voir au sieur Gras (ju’il y doibt perdre toute esperance et songer à vous faire la restitution des papiers. Mais M*' le Sacristain, qui fut icy la semaine passée, et à ([ui j’ay envoyé bailler vostre derniere lettre en main propre, me dict (pi il avoit eu vent (pie les dicts papiers estaient non entre les mains du dict sieur Gras, mais d’une certaine lemme dont s’estoit servy le vieulx prieur, son oncle, à laquelle le pauvre bon homme les avoit remis, pour luy tenir lieu de recompance, à la charge de ne les remettre à son

Michel riaudiei', liisloriogcnplie de ■ Cet ouvrajre parut l’aiiiu^e suivante ;

France, ik; vers i58() en Languedoc, mort Ihstoire de Vadmnmtration dn cardinal Xien 1 645. publia, en 1 ()3/i , l7ù'.s7o?Ve de /W- menet {'m-k'").

mviistralion du cardinal d'Ainboise (in-4°).

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