‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 8 sur 75 · LI-TTlîES DK PKIHESC · texte numérisé non relu

LI-TTlîES DK PKIHESC

traiiicle de subir le joug, non sans l)eancoup de mortification aprez des bruicts si advantageux au contraire. Mais la prinse de la Motte est un moyen de consolation nompareille en cette occurrance. L’on nous mande de Lyon (pi’on y attendoit le Prince, et croyons que ce soit pour aller en Bourgogne puisque M"" de Tbou s’y achemine en mesme temps. Estimant que leur sesjour en ce pais la pourra bien retarder M*" de Montaigu, jusques à ce que M‘' de Tbou soit retourné à la cour, vous asseurant que s’il laict le voyage de Provence, il y sera receu avec aultant d’applaudissement com’ il y est attendu en bonne dévotion et que nous tiendrons à grande faveur la veüe de sa cueiller antique. L’on m’a envoyé cez jours passez de Venise des desseins de neuf ou dix grands vases d’agate et aultres pierres précieuses du tbresor de Venise dont j’attends les modèles du mesurage par la voye de la mei’L vous asseurant que ce n’est pas avec plus d’impatiance que la veüe de cette venerable cueiller, bien ([u’il y aye de trez rares et excellentes pièces et dont il se tirera, je m’asseure, aultant de bonne utilité pour les curieux comme elles sont precieuxses au lieu où elles sont conservées.

Je vous remercie trez bumblement du soing que vous avez eu de [)orter vous mesmes à M*" le Nonce le pacquet à luy adressé, et sçay lort bon gré à l’Erninentissime Barberin de luy avoir escript en vostre laveur, ne me pouvant imaginer que vous ne veniez à bout de vostre commande si l’on y laict les diligences et poursuittes requises.

Vous m avez donné une bien agréable nouvelle de l’arrivée des livres kopbtes ez mains de VP de Saulmaise, et de l’amendement de sa santé, dont vous ne serez pas, je masseui’e, marry que je félicité le public et 1 academie en vosti'e persone, puis ([u’on y prend tant d’interest. M Naudé m esci ipt de Padoüe du qo juillet^ que le sieur Hhodius^

On pourra consuiler là-dessus, dans un des fuliirs volumes de noire recueil, la correspoïKlance avec Jacques Oall'arol, (pii roule pres(jue entièrement sur les recherclies »pie Peiresc le cliar,qeail de faire à Venise.

Voir celle lelire dans le fascicule \11I

des Correspondants de Peiresc (Paris, L. Tecliener, 1887, p. 27-84).

Voir, sur Jean Rliode, les Lettres de (tahriel Naudé à Peiresc, citées en la note précédenle (page 36, lettre du 3o novembre iG35). J’ajoute aux renseignements

[163/4] AUX KUÈUKS DUUUY.

escript et a faict mettre soiil)s la presse iin fort beau livre contre ccluy de Chifllet de ACIA , de sorte que M'' Maureau auia grand advantage de le voir aussy bien que celuy de M'' de Saulmaise s’il s’en donne la patiance avant que de se déclarer d’un advis contraire ^ Je n’ay peu venir à bout de cez peintres pour la coppie des dessins des fibules et infibulations antiques, tant ils sont peu jaloux de tenir leur parole, de sorte qu’il fauldra encores différer au procbain ordinaire, à mon grand regret. Au reste n’ayez pas de regret à ce que m’a dict M'' de la Fayette des petites reproches et indignations de M*" Guiet, que je ne prends nullement en mauvaise part, comme ce n’estoit qu’à bonnes fins que AI'' de la Fayette m’en parlait. Au contraire j’en feray mon proflit autant que je pourray pour m’accommoder au goust de mes bons seigneurs et amys, et ])our les induire le plus doulcement que je pourray à souIVrir et pardonner mes infirmitez et faiblesses. Nous avons ces jours pa.ssez eu des plaisirs touts nouveaulx et nompareils à l’anatomie des ieulx d’un chat où nous fismes faire l’effect de la réverbération de lumière ([ui y paroit la nuict dans l’obscurité ineslée en un lieu esclairé d’une chandelle. Et des ieulx du chat huant où nous vismes peindre au fonds de son tniroir concave tout un paisage avec toutes ses couleurs tant du ciel que des bastiments, tourelles et pavillons de tout le palais- comme dans un vray miroir concave. Nous vismes en passant dans le corps de ce chat quoyqu’aprez sa mort les venes lactées les plus apparantes que nous en eussions encores veües, dont AF Gassend demeura fort

qui se trouvent à ladite page le passage suivant deGassendi (livre V, p. iSy) : r . . .alius quotpie Peireskii ainicus ex Dania, Joannes Rhodius niedicus, (jui sede Patavii delecta, non minus literis ingenuis, quam artis præslanlia clarescil.5)

‘ Gassendi, en la page qui vient d’ôtre citée, donne en ((uelque sorte une bibliographie du sujet, ra])pelant à la fois les travaux sur l'Acia des célèbres médecim Alphonse Nunnès, Jacques Chilllet, d’une part, et de François Rioya, lui aussi médecin célèbre.

^ Le palais des anciens comtes de Provence où siégeaient le Parlement, la Cour des comptes, etc. Voir une description de ce monument par Roux-Alpheran dans Les mes d’Aic{l. 1, p. 10-17). L'auteur ne man(|ue |)as de signaler, dans le palais si misérablement démoli eu 1786, au mépris des souvenirs des Romains , ses premiers couslructeurs,et du roi René, un de ses plus diligents restaurateurs, la présence de trois tours, dites l’ime du Trésor, l’autre du Chaperon, la troisième de l’Horloge.

satisfaict, et peu s’en fallut que M'' de la Fayette ne nous surprint sur le faict, dont je n’eusse pas esté marry pour ayder à le guérir des mauvaises impressions de ma trop grande curiosité à laquelle malaisément eussions nous peu satisfaire pleinement par procureur comme eust voulu M*" Guiet, quelque exacte relation qu’un aultre nous eust sceu faire de tout ce que nous y observasmes de nos propres ieulx avec nostre goust que par aultruy. Nous beusmes ensemble dimanche dernier à vostre santé et de toute l’academie, en tastant d’assez bons mêlions. Je vous envoyé le libvre de bello Suecico de Burgus que j’ay receu de Genes, avec quelque soubçon qu’il y soit imprimée Et suis marry que ce soit si peu de chose en revanche de tant de bienfaicts que nous avons à toutes heures de vostre main, demeurant.

Monsieur,

vostre trez humble et trez obeyssant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, en haste, ce 22 aoust i63û^

À MONSIEUR DE SAINT-SAULVEUR

À PARIS

Monsieur,

Vostre despesche du h de ce moys est venüe accompagnée d’une infinité de trez belles curiositez dont je vous remercie trez humblement, et des bons advis que vous y avez joincts, ne pouvant vous rien dire qui vaille en revanche à mon grand regret. Je suis bien aise qu’enfin les petites chattes soient arrivées saines et saulves, et pense que M^’de Bellievre fera beaucoup mieux de les garder toutes deux, s’il ne luy est trop a charge, que de les séparer, afin de garentir la plus grossette

Ainsi, d apres Peiresc, au lieu d impression indiqué sur le titre de l’ouvrage (^Liège) il faudrait substituer le nom de la ville natale de l’auteur. — ^ Vol. 718, fol. 77.

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