À BOUE
EN Li COUR PB L*BJiI!IEllT|SSIMB 8KIQNBDR CARDINAL BARB^RIN.
Monsieur, Je lï'ay pa^ manqué de rendre à la vertu de M^ Valerau et à s^ mérites touts les tesmoignages d'honneur et de vénération dont j'ay p^u m'acquitter «envers l'EminentiHiime seigneur cardinal de Lyoïo, et tputs les meilleurs offices dont je me suis peu âdviser, et vouldr oys bien Luy av(0if peu rendre aultant d'effecls de mon humble service, comme je luy en croyoys debvoir pour satisfaire non seulement k rhonneiM* 4^ voz commandements, mais à mes inclinations portées d'assez longue
' B'èlîotkëqae 4e rÉoole de mërlmne^e Mootpdiier, v^l. Urjtjol. 95.8. AvUogfmfbe.
main à son service par le renom de son honnestelé et de son zeelle envers la France. Mais je n'ay pas esté assez heureux pour cela. Ayant neantmoings trouvé M^ le cardinal de Lyon fort bien informé des rares parties et recommandables qualitez qui sont en sa personne, et tout plein de disposition de faire plus si les occasions s'en présentent opportunes avec le temps. Car pour le présent il a pourveu à toutes les charges de son train, et spécialement à celle dont vous m'aviez parlé, qui a esté remplie de la persone de M" le Commandeur de Videville, que M' Valeran aura peu voir en la cour de Rome plus de dix ans, persone de haulte extraction , et qui desja avoit esté dans de fort honnorables employs tant à Rome qu ailleurs, et jusques 'en la cour d'Espagne, pour les interests de son ordre^ ou du moings de ceulx de sa nation qui en sont, lequel avoit de longue main de grandes habitudes tant chez son Eminence que chez TEminentissime cardinal Duc son frère. De sorte que de luy rien faire partager ou roigner des fonctions de la charge qui luy a esté conférée il n y a apparence quelconque, si cela ne venoit de luy mesmes, qu'il l'eusse désiré pour s'en descharger sur aultruy de telle portion que bon luy sembleroit. Auquel cas il fauldroit s'approcher de luy, et prendre des habitudes avec luy assez grandes, pour y acquérir la confiance et liberté de luy en faire les ouvertures à luy mesmes, et en tenir de sa main ce qu'il trouveroit bon d'en despartir. Et je ne sçay si M' Valeran se vouldroit soubsmettre à cela, ne s'il seroit bien raisonable qu'il le fist. Nomplus que s'il pourroit s'accommoder à son humeur qui n'est pas des plus ployables du monde, à ce peu que j'en ay peu recognoistre dans les deux ou troys foys que j'ay eu le bien de le voir.
Au reste il fault que je vous dise encores une petite chosette qui demeurera, s'il vous plaict, entre nous, sçavoir est que le nom que porte M' Valeran quoyque trez honorable à mon advis pour la réputation qu'il a acquise soubs iceluy, faict neantmoins un peu de tort à la fiance, qu'on prendroit possible plus librement de luy, ou qui seroit defferée à sa persone, s'il avoit changé de nom pour faire cesser l'homonymie qu'il y peult avoir avec un autre de mesme nom qui s'estoit
rendu si célèbre sur les théâtres, quelques années y a^ et ne fauldra pas trouver si estrange ce petit scrupule , en la persone d'un homme de sa condition (qui peult si facilement se servir de quelque nom de terre, ou de beneBce , s'il y a de l'incompatibilité avec sa profession) , puis* que nous avons veu en noz jours que non seulement l'Eminentissime cardinal Duc fît scrupule, estant secrétaire d'Estat, de signer du nom de sa famille comme l'avoient prattiqué touts ses prédécesseurs, mais que l'Eminentissime cardinal son frère a mieux aymé retenir le nom de son Archévesché que de reprendre celuy de sa famille, à cause de l'homonymie qu'on y pouvoit trouver avec celuy d'un homme de différante religion, quoyque célèbre en sa profession^, nonobstant que le nom de la famille eust esté honoré de si haultes alliances, comme il a esté monstre par des livres faicts exprez à ce dessein. Encor ne scay-je s'il n'y a rien eu de stipulé pour ce regard, lors de l'octroy du bonnet.
Si vous luy en parlez, je vous prie que ce soit soubs toutes les précautions possibles et nécessaires, pour me faire excuser de la liberté de vous en parler. Car je ne vouldroys pour rien du monde luy avoir despieu, désirant qu'il me tienne pour son trez humble et fidèle serviteur comme je le suys du meilleur de mon cœur. Mais j'eusse creu faire un trop grand manquement, si je vous eusse dissimulé une chose si cappable de nuire, en plus grandes occurances, à un personnage de si rare mérite et dont le remède me semble si aisé, laissant à vostre
* A. Jal, qui, dans son Dictionnaire de biographie et d'histoire, s'est tant occupe des artistes dramatiques, n'a rien dit de Valeran. Tallemant des Rëaux l'a ainsi mentionne dans le chapitre sur Mondory ou ^Histoire des principaux comédiens franfois (t. VII, p. 170) : (r Agnan a esté le premier qui ayt eu de la réputation à Paris , • . Depuis, vint Valeran, qui estoit un grand homme de bonne mine; il estoit chef de la troupe; il ne sçavoit que donner à chascun de ses acteurs, et il reeevoit l'argent luy-mesme à la porte. Il avoit avec luy un nommé Vaotray,
que Mondory a veu encore, et dont il faisoit grand cas. . . « Paulin Paris (p. 179) nous apprend qu^avant t6o8, le comédien Valeran était déjà fameux à l'hôtel de Bourgogne, d'où il passa dans la troupe du Marais, ajoutant qu'on croit qu'il mourut vers 1 633. Le savant commentateur cite sur Valeran le Journal de Pieri^ de l'Estoile et les Mémoires de l'abbé de Marolies.
' Peiresc veut parier de Philippe de Momay, BàgùearDuPiessis, habituellement appelé Du Plessis et homonyme ainsi des Du Plessis, seigneurs de Richdieu.
iS
laruaiBU aAnoiAu.
138 LETTRES DE PEIRESG * [1635]
bonne discrétion et disposition de vous servir de ladvis en la manière que vous jugerei plus compatible, et vous suppliant de &ire estât de mon service, et de ma dévotion toute entière, puisque je veux estre toute ma vie, Monsieur,
vostre très humble et trez obéissant serviteur,
DR Pkirbsc.
A Aix, ce 8 mars i686 ^
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
À ROMB.
J'envoyay par le dernier ordinaire de Gènes à TEminentissime car^ dinal Patron deux tragédies de la façon de M' Grotins^, que je venois de recevoir par la poste de Paris sur le poinct mesmes que le courrier de Gènes estoit céans. Aussy les envoyay-je en blanc sans les pouvoir faire relier, et sans y avoir rien peu Hsre que le tiltre et manday à ces Mess" de Paris de m'en pourvoir d'un autre exemplaire pour remplacer celuy là que j'avoys faict passer les monts, comme ils ont faict, mais ils m'ont adverty qu'ayant dict à M' Grotius que j'avoys faict passer les monts à ce sien ouvrage, il tesmoigna beaucoup de regret que je n'eusse laissé aller les deux tragédies toutes seules, sans les autres poèmes qu'on y a reimprimez sans son adveu, et lesquels il vouldroit bien avoir retenus et corrigez en tout plein de choses qui ne le satisfont pas maintenant. Ce que je n'impute pas moings aux sentiments de religion (dont je luy ay ouy tenir des discours fort esloignez de l'opinias-
Bibiiothèqne de rÉcoie de mëdedae de et Ckriitus patiens, et eaeri ttrgmMMli tdm
Montpdlier, vol. H 371, fol. ^69. AntcH (Amsterdam, i635, in-A*). Les tragédie»
graphe. de Groticu sont plosîeurs fois mentioiiiiées
* Hvff. GraHi tragœdÛB Sophompanea» , iansleB UUree de Peireee tms frères Dmprnjf.
[1635] À J.-J. BOUCHARD. d89
treté huguenotte) \ qu'à ceux du style ou de la qualité de^ conceptions et de l'art. C'est pourquoy ayant receu un second exemplaire je l'ay faict relier, et me suis résolu de l'envoyer à Son Eminence, vous priant de retirer le premier (qui n'aura possible pas si tost esté relié, ne leu jusques à ce poinct là) et en faire part à l'Eminentissime cardinal de Bagni, si le trouve bon, et d'en retrancher toutes cez sylves qui sont joinctes aux tragédies pour ne paroistre.pas en ce païsià, s'il est possible, tandis que Tautheur tasche de les supprimer et possible de faire paroistre un jour qu'il a changé d'advis. Vous ferez œuvre trez meri-^ toire, et dont je me tiehdray paiiiculierement vostre obligé, estant tousjours, Monsieur,
vostre ires humble et trez obéissant serviteur,
DE Peiusg^.
[Sur un feuillet sëparë :]
Si ce volume est desjà relié et qu'on se soit aperceu de ces poèmes qui sont parmy les sylves subjects à censure, ne laissez pas de monstrw confidament la petite lettre que je vous escripts sur ce subject pour faire tousjours paroistre en quelque façon la bonne disposition de M' Grotius à desadvouer les propositions contenues, et possible d'en soabstenir d'autres plus conformes au debvoir, et si l'on veult retirer l'un et l'autre exemplaire pour avoir ces sylves, où il y a de bonnes pensées en beaucoup de lieux, je laisse le tout à vostre prudence et vous supplie de me donner advis de ce qu'y aurez peu négocier. Je n'escripts rien à l'Eminentissime cardinal Bagni de ce livre afin que vous le puissiez envoyer, ou ne l'envoyer pas s'il y escheoit'.
' Cette d(^claration(funtëmoîn auriculaire * Bibliothèque de TÉcoIe de médecine de
est bied importante. Peîresc avait vu Grotius k Montpdiîer, vol. H 971, foL 968. Auto*
k Haye, CD 1606, comme fe raconte Gassendi graphe, La letlre n^est pas datée, mais elle
(livre II, p. laS) et il Tavait revu à Paris, fut eavoyëe avec c^e du 3o aoAt i635 que
quand cet homme d'État s'y rëfugia , après Ton va lire sous le n* XXX.
s*étre échappé delà prison où Ta valent enfermé ' L. eu., fol. 969. Autographe.
(1 6 1 9) ses adversaires politiques et religieux. •
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
À ROME
BN LA COUB DB L'BMINBNTISSIHE SBIGBBUB GiBDINAL BABBBBCf.
Monsieur,
Je n'ay pas receu de lettres vostres depuis celles du 5*^ may, bien ay je eu advis de la part de M' de Bonnaire que par un marinier de Martigues nommé patron Guillem Gaultier, il m'avoit envoyé quelques petits fagots de libvres entre lesquels y en a voit un de vous, ce me semble, que j'ay creu estre la coppie des mémoires de Golotius, et vraysemblablement ce n'a pas esté sans y joindre quelque autre lettre vostre. Mais toutes ces allées et venues de l'armée navale n'ont pas laissé assez de liberté à patron Gaultier pour luy laisser continuer son voyage jusques en ce païs. Nous avions mesmes creu une Toys que l'on l'eusse prins et mis à la cbaine et que nos livres fussent perdus, mais depuis lefilz dudict Gaultier est venu par terre jusques à Tolion, où M*^ le théologal de Garnier l'a tenu dans sa maison malade une i5^ de jours, et par luy nom avons sceu que son père estoit demeuré à Livome ou à Gènes, et que ce n'estoit que luy seul qui ayant pensé faire plus de chemin que son père, et s'estant mis sur une autre barque, fut prins et menasse de la chaine, dont il fut garenty par un passeport qu'il avoit de l'Ambassadeur d'Espagne et un autre de l'Ëminentissime cardinal Barberin. Mais ce n'a pas esté sans peine, car il fallut envoyer exprez à Rome, et avoir de nouveaux ordres pour sa délivrance.
Je vous avoys donques accusé cy devant voz dernières lettres et commancé à vous remercier, comme je faicts encores trez humblement, de la peine que vous aviez prins à me cotter toutes les lettres numérales, tant des Fastes que de la colonne de Duillius, où j'ay trouvé un peu estrange que la note de 0 soit tousjours traversée d'une raye qui la traverse de droicte à gauche, et vouldroys bien vous supplier, si vous y retournez Une seconde foys, de vouloir regarder partout où vous
pourrez, et faire que Ton baille une eschelle à quelqu'un de voz gentz et une bougie , pour monter partout où il y en aura des fragments , et vérifier si règlement partout cette note est tousjours traversée de la sorte ou non.
L'on nous escript de Paris que M' de Saulmaise avoit eu tout con* tentement des nouveaux curateurs de lacademie de Leyden, nonobstant les brigues de sa partie, et qu'il avoit obtenu troys moys de congé pour s'en venir en France mettre ordre à ses affaires plus pressantes, de sorte que je crains bien que les lettres que je luy avoys escriptes pour avoir ses collations ou diverses leçons des passages du Syncelkis, ne l'ayent manqué par les chemins. Mais je feray une recharge pour l'attendre à Paris, et le prieray de vouloir conférer tout ce qu'il pourra de vostre coppie sur l'original. Je ne suis marry que de ce que maintenant touts les cahiers en doivent estre à Rome, et ne sçay si vous les nous vouldrez renvoyer, ce que je feroys pourtant si j'estois à vostre place, pour estre conservez sinon par M*^ de Saulmaise, au moings par M'' Valoys, qui s'esioit desja offert à moy pour quelque chose de pareil, et ne doubte pas qu'au deffauit de M*" de Saulmaise, il ne s'attache Irez volontiers à cet ouvrage quoyque pénible, et qu'il n'y trouve du fruict à tout le moings sur la fin, ou sur la continuation, pour son Âmmian , et de faict par une lettre que j'ay en dernier lieu receue de luy il s'offre en paroUes formellesde vous servir en la collalion du Syncellus et du Theophanes et qu'il la fera trez volontiers, ce que je ne manqueray pas d'accepter. Il se loue grandement de la peine que vous avez prinse de conférer pour l'amour de luy quelques passages de son Âmmian sur le Ms. du Vatican , dont il s'est si bien trouvé qu'il vouldroit bien qu'il vous pleust d'en conférer quelques autres, mais parceque le nombre en est un peu grand il n'osojt vous en donner une seconde courvée plus pénible que la première et s'est adressé à moy pour vous en supplier, comme je faicts de bon cœur, scaichant trez bien que vous ne le ferez pas mal volontiers, et tant plus vous y trouverez de besoigne, tant plus aurez vous de droict de l'employer à la collation du Syncellus, ne regrettant si ce n'est que cela n'a esté faict
avant que d'en envoyer, mais à quelque chose malleur aura esté bon, parceque vous aurea eu moyen de les lisre de bout à autre, et tandis que vous travaillerez à la version de la dernière partie, vous nous pouvez envoyer le volume entier par l'ordinaire de Gènes sons l'enveloppe de rEminentissime cardinal patron et l'adresse du sieur Gir. Spiuola, gênerai délie poste, qui me le fera tenir fort seurement, et moy à Paris par noz ordinaires, espérant que dans trois semaines ou environ il pourra faire ce voyage de Rome à Paris par icy fort souvent Et si de bonne fortune M^ de Saulmaise se rencontre à Paris en ce temps là, il est homme pour en faire la collation selon son offre, ou du moings pour en conférer quelques feuilles avecM^ Valoys pour luy faire mieux oognoistre la manière du caractère et des abréviations.
Que si lorsque vous aurez coUationné les passages de l'Ammian, vous m'en adressez les diverses leçons, je les feray pareillement tenir au sieur Valloys, et tasoheray de faire valloir voz peines selon leur mérite, pour l'engager tousjours de tant plus à vostre service au Syn* celius. Et seray bien aise de voir en passant la collation de tout ce qu'il y a de texte grec inséré dans le texte latin d'Ammian concernant les obélisques.
Au reste je vous remercie bien fort des caresses et bons oiBces que vous avez daigné rendre à M' l'abbé de la Ferté , et à touts cez autres galants hommes de la suitte de M^ le cardinal de Lyon. Et vous en suis infiniment redevable. Gomme aussy de la souvenance que vous avez de l'inscription de Gori , si vous y repassez quelque jour, et de ce qui restoit des fragments de Ponderibus au Vatican , sur vos premiers bordereaux, estimant que le sieur Léo Allatius vous en donneroit poa* sible plu^ d'adresses, s'il vouloit, que touts autres, ayant bouquiné comme il a voulu tout le Vatican à plaisir de fort longue main. Nous attendrons en bonne dévotion cez epistres socratiques dont vous nous donnez si bonne espérance S et désirerons que ce soit bientost et k
^ CêQs épiires {Socratis , Antisthenis, Arts- <ro/!{r)neparurentqtt'en 1637 (Paris, in-Â*). tippi. Simonie, Xenophontiê, AEichinis, Plor Voir ce qu*en avait écrit Bouchard à Peiresc, Umii, Pkœdri, et aUanm SoeraHeorum epi- le 94 jain i635 (badenle III, p. M).
[1635] A J.-J. BOUCHARD. lAS
80D contentement. Et vouldroys bien le pouvoir servir, le voyant si bien intentionné envers le public et les bonnes lettres dont il a tant mérité.
Il nous tardera bien aussy que M' Doni veuille mettre soubs la presse tant de belles cboses quil a desja bien advancées, concernant la musique des anciens dont vous me parlez ^ Vous aures là maintenant M*^ Dormaiius, chanoine de Liège, trez hopneste homme et trez bontif, qui a bien estudié au grec ^, lequel s'en va vers M*^ Holstenius en intention de seconder ses bonnes intentions pour ses estudes dans les anciens Grecs. Il a grand ascendant sur son esprit, et je vous conseille de Taccoster et servir en ce que vous pourrez , car je vouldroys bien qu'il eust peu vous bien r adjuster par ensemble ne vous pouvant exprimer combien je regrette que vous ne viviez en plaine intelligence selon mes premiers souhaicts. La grande vertu et rare érudition de ce par-» sonage méritant de ne pas considérer, quand il y auroit quelque huma* nité en luy à désirer. Pour moy quelque silence qu'il y ayt de sa part, je ne me sçauroys rebutler ne taisre ne empescher de le servir du meilleur de mon cœur, lassiduité de Testude rendant ce monde \k plun austère et plus saulvage qu il ne fauldroit certainement, mais il n'y a rien aussy de si pardonnable, que cette férocité qui est si naturelle, et qui ne se domte que par l'assiduité des offices d'aultruy, à quoy je ne plains jamais ne mon temps ne ma peine. Sur quoy je fmiray en voum advouant que si Ms' le cardinal de Lyon eust aussy bien passé en Italie sur l'hyver comme par l'esté, 'possible me seroys je laissé emmener, auquel cas ce n'eust pas esté sans embarquer M' Gassend , quant et moy, mais le froid fust bien-grand à son passage par icy, et oultre que j'en fus malade, je craignys l'incommodité du chauid à venir, mais j'pusse trop faict d'empeschement et d'importûnité à mes amys, qui en
* Le De ffœ$lmlU nmmem tfeUm ne des ComipoiidaMU d$ Pêirue (p. 3^), parât qu'en 16&9 (Floreoce, iii-6*). Hais, * Sur Henri Dormaiius, voir les Letiren
en i635, Doni publia un ouvrage en de Peirtêe aux frhre$ Dupuy, pa9$im. Con-
italien sor la imMÎqoe (Booie* in-i*). lérer ks Lettn$ i» Bmekairi à Peireur
SOT ce dernier aanwfp le fascicale 111 (f. 39).
i&à LETTRES DE PEIRESG [1635]
ont esté quittes daultant Conservez moy tousjours en Thonneur de voz
bonnes grâces comme,
Monsieur,
vostre , etc.
A Aîx, ce 3o aoust i635 \
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
À ROME
BIf UL COUB DE L'BMUfXNTlSUHB 6BI0NIDR CABDlHAt BABMRIN.
Monsieur,
Le dernier ordinaire de Gènes m apporta avec les lettres courantes du a mars plusieurs despesches antérieures entre lesquelles j'eus la vostre du 6 febvrier où je fus bien ayse d'apprendre ce que vous aviez opéré pour l'affaire de M' de Mondevergues dont je vous remercie trez humblement et de la continuation de tant de bons oflBces dont vous me comblez en la persone de mes amys , comme en la mienne , de quoy je vous seray toute ma vie redevable, aussy bien que de ce que vous promettez au bon M' Bouche, et des feuilles grecques du Libanius qu'il vous a pieu me faire transcrire, et que vous continuez en d'autres ouvrages, marry d'avoir si peu de moyen de vous en rendre aulcune digne revanche. Surtout vous m'avez infiniment obligé des bons advis contenus en vostre dernière dont je tascheray de faire mon proffit à l'advenir plus exactement que je ne l'avoys observé.
S. Em^ m'a escript de l'affaire du s' Naudé en termes que j'en conçois fort bonne espérance, car ces Mess" n'ont pas de coustume de respondre d'une affaire qui n'est pas à leur goust.
J'escriray à M' Saulmaise pour ses notes du Syncellus. Il travaille à la milice Romaine par commandement du prince Maurice ^ et Tescript
' Bibliothèque de rÉeole de inëdeeme de ' VoiràcesujetlefaseicideV des Carnet-
Montpdiier, H 971, (^'9 67-370. Autographe. pondaïUi de PetrMi! (Dijon, i88!i), p. Sa.
[1635] À J.-J. BOUCHAÏID. 145
en françoys poar lusage mesme de S. £x^. La coppie de rhomme du ^ Aubert s'advance fort à ce que j'en apprends, et fauldra faire conférer sur icelle ce que nous avons dudict s*" Saulmaise pour voir com* menl il s'en sera peu desmesler, et selon ce qui en reuscira, il fauldra agir, et coucher du reste de nostre petit crédit, plustost que de man* quer de vous rendre service à soubaict si nous le pouvons.
Il y a des années entières que je n ay poinct de lettre de la part de M' Holstenius, et n'ay garde de m'en plaindre sçaichant que ce luy seroit du temps trop mal employé, le desrobant à de si dignes entretiens que les siens ordinaires. Je ne doubte pas pourtant de la contiiiuation de rhonneur de sa bienveillance. *
Pour M' Valeran vous avez veu ce que je vous en ay escript par la voye de Lyon depuis le passage de TEm™' cardinal de Lyon. Le commandeur de Videville estoit à la suitle de S. Ëm^ bien résolu de poursuyvre jusques au bout son voyage et continuer l'exercice de sa charge, qui n'estoit pourtant pas trop au goust de ceux de la suitte et de la famille (cela entre nous). Mais le temps accommode beaucoup de choses pour difficiles qu'elles soient, et je demeureray,
Monsieur,
Yostre trez humble et bien obéissant serviteur,
DE Peibbsc.
A Aîx, ce 3o mars i635 '.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY ROUGHARD
À ROME
Monsieur, J'ay receu vostre lettre du 5°^ encor à temps pour vous en accuser la réception, mais non pas pour vous respondre si à loisir que si elle
^ Bibliothèque de TÉcole de niëdecine de tographe, du & avril i635 (fol. â65) dans
Montpellier, vol. H ayi, fol. â6i. Auto- lequel Peiresc annonce seulement è Bou-
graphe. Je laisse de côté un petit l»llet au- chard Tenvoi d*nn paquet.
iT. 19
(«PliaERII XATIOtAie.
1A6 LETTRES DE PËIRESC [1635]
fusse veniie par la voye de Gènes. Mais il Tenst fallu avoir escripte un jour plus tost, pour venir avec celle de M'^de Bonnaii'e quinze jours y a. C'est pourquoy ,vous m'excuserez si je ne puis respondre punctuelle* ment à touts les chefs. Seulement vous diray-je que j'envoye h autres cahiers du Syncellus et que j'escripray à M" de S^ Saulveur de faire trauiScrire le restant de lautbeur selon vostre desir, et demanderay à M^ de Saulmaise ses cahiers, estimant que M' Valoys prendra volontiers h peine de coUationner touts les passages que vous vouldrez, comme vous avez faict pour luy de ceux de son Marcellin, pour lequel il est en peine de trouver un imprimeur ^ Je vous remercie des notes numérales tant des Fastes que de l'inscription de Duillius, où il n'y a rien de la primitive antiquité, car elle avoit eaté restaurée, comme dict Pline.
J'escripts un mot à M^ Valeran, et vous rememe des advis en matière de livres, demeurant de tout mon cœur.
Monsieur,
OB PfiniESC.
A Aix en haste, ce derni?r may 1 635 '.
Jt*,.iiri'»tvi
xxxm
k MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD,
À ROME
m LA COVR DR L*ElimimT!SS»« CARDmAt BARBKtm.
Monsieur, Lorsque je n'attendois plus le patron Guill. Gaultier, il est enfin arrivé et m'a rendu vostre lettre du s /i juin, le 9 5 octobre. Le principal
* Noas avoQs vu que, soit faute d'impri* * BibUothèque de f École de médbcMe de
meur, soit pour uoe autre cauae, rAmmieu Montpellier, veL H a7t , foU a66. Autor- Mercellin devint uae publication posthume. graphe.
est que s'il y a eu quattre moys de temps perdu, à tout le moings vostre despesche est saulvee, vous remerciant trez humblement de la peine qu y avez daigné prendre. Je m'estois imaginé q^e j y trouveroys quelque chose du propre labeur d^Ângelus Colotius et de ses sentiments particuliers en cette matière, ou de son estude. Mais je n'y en ay pas trouvé un feuilleton deux tout au plus; ce ne sont qu'extraicts par luy tirez de divers Mss. qui ont depuis esté imprimez la pluspart. II y a en tout une trenteine de feuilles divisées en dix cahiei'S qui reviennent à vingt sols la feuille, dont le coppiste n'a pas subjet de se tenir mal sa* tisfaict, le grec ne côustant gueres davantage. Mais je pense que l'auto*graphe n'estant pas'si minutténionstroit plus grand volume. Et quoy qu'il en soit je ne plains pas cet argent et ne Vouldroys pas estre à voir ce que c'estoit, parceque je m'y fusse imaginé toute aatre chose, dont je suis bien satisfaictlle me voir esclaircy.
Pour les autres petits opuscules grecs de ponderibus et mensuris, avant que les faire transcrire, pour n'entreprendre un ouvraige sans nécessité et utilité, s'il estoit possible d'en voir un bordereau, possible s'y en trouveroit-il quelque pièce qui en vauldroit la peine. Ilpou^roit^ je m'asseure, plus facilement que tout autre dresser ledict bordereau, le tout luy ayant assez souvent passé par les mains* J'en ay mesmes desjaî reveu quelques pièces, que M' Holstenius m'avoit transcriptes de sa grâce. Mais je faicts scrupule de consciance, de faire perdre du temps à cez vétilles, par des persones de la qualité tant de M' Holstenius et dudict sieur Leo^ Aliatius, que de la vostre. Le bon M' Dormalius, s'il n'a des affaires à poursuyvre en cour, est si patiant que possible en prendroit il encores bien volontiers la courvée pour l'amour de moy.
Quant au Syncellus, j'ay grand regret que M' de Saulmaise soit revenu en France sans qu'il aye receu mes lettres, concernant les corrections qu'il avoit faictes de ce que feu M*" délia Scala en avoit inséré dans son Eusebe. Mais la faulte n'est pas de son costé, nomplus que du
* li, c est-à-dire le copiste dont il a été question un peu plus haut#
mien, car il ne luy manque pas de bonne volonté. C'est que vous m'avez quasi tousjours escript par des voyes si longues, que voz lettres me sont venues aussy peu fraisches bien souvent que cette dernière foys ou peu s'en fault. Et M^ l'Eminentissime cardinal patron qui avoit daigné m'en toucher un mot, ne le fist pas si tost aussy, de sorte que quand j'en ay escript à M' de Saulmaise , ii estoît desja prest à partir, et mes lettres n'y ont peu arriver à temps, ou se sont rencontrées entre celles d'un courrier ordinaire à qui toutes les despesches furent voilées, quelques jours avant le partement dudict sieur de Saulmaise. Vous verrez ce qu'il m'en escript, dont j'envoye Textraict à Son Ëminence et le regrel qu'il en a, et combien volontiers il s'offre à le coUationner sur l'original bout -à bout. Il ne tiendra qu'à vous de nous r envoyer les cahiers, à cette heure que les avez touts receus. Et nous vous aurons bien tost faict guarir tout le mal qtre le coppiste y peuit avoir faict. Je vous en avois desja dict mes sentiments quelque temps y a, et si m'avez creu, vous vous serez résolu de me l'envoyer par le prochain ordinaire qui doibt partir de Rome , cette semaine ou la suyvante. Sinon vous y penserez encores mieulx à cette heure que vous verrez les offres de M' de Saulmaise pour cet ouvraige qui sont encores plus dignes d'acceptation que celles du bon M' Valloys.
J'ay depuis peu servy M' de Saulmaise en une chose grandement de son goust, car à sa prière j'ay faict venir du Levant un exemplaire bien complet de tout TEbenhytar des plantes en arabe \ où est inséré tout le Dioscoride et tout le Theophraste, dont il a desja bien faict son proffit, ayant fort estudié en cez langues orientales où il descouvre des merveilles, et de quoy reparer toutes les faultes et les lacunes du texte grec, et luy ay rendu encores d'autres services et bons offices dont il me tesmoigne une gratitude bien grande, et un grand désir de me rendre quelque bonne correspondance, que je vouldroys bien mieux employer à vostre service qu'à mes propres interests. Il m'a depuis peu
^ Ibn-Beïthar, surnom d'Abdallah-ben-Ahmed, médecin et botaniste, mort à Damas, au milieu du xiii* siècle. Voir la lettre de Saumaise h Peiresc, du 7 novembre i635 dans le fascicule V, p. 87.
[1635] X J.-J. BOUCHABD. U9
faict transcrire un Erasmus Oricias de Tancienne musique pour Tusage de M' Doni, lequel il a apporté de Hollande en venant à Paris pour l'amour de moy, M' Golius ^ luy ayant libéralement fourny Toriginal à cet effect, et M"" de S^ Saulveur Va remis à mon frère de Vallavez pour me le faire tenir par la première commodité d'amy, espérant qu'il ne tardera gueres, y ayant afforce courriers en cour pretz à estre renvoyez en ce païs icy, de sorte que j'espère que M' Doni aura bientost de quoy en passer son envie, si je ne me trompe.
Reste l'affaire de S^ Leons de M*" de S^ Saulveur^, laquelle a eu plus de malheur que de manquement de justice, quelque differance qu'on aye voulu faire des priorez conventuels aux priorez simples ou aux abbayies, car comme aux abbayies le prioré claustral y est tousjours régulier, aussy le pratique t'on aux priorez conventuels, ce qui saulve tout le mysteje, et au bout du compte il y a*aultant à dire d'un costé que d'aultre, la differance n'estant qu'aulx simples noms. Il fault remettre le tout au bénéfice du temps. Cependant je finiray demeurant,
Monsieur,
A Aix, ce 3i octobre i635.
Je vouldroys bien avoir des cognoissançes en Bretaigne qui vous peussent estre bien utiles, mais je n'y en ay poinct du tout, l'eslognement estant si grand de nostre province à celle là. Et M' de S^ Saulveur m'a escript, ce me semble, que M*" Hiilloiï y avoit mis bon ordre long temps y a, durant le temps que voz lettres ont esté sur la mer de sorte qu'à cez heures mes offices vous y seroient en toute façon inutiles.
M^ l'Ëminentissime cardinal m'escript qu'il a receu le second exemplaire des Tragédies de M"^ Grotius relié, et qu'il avoit ordonné qu'on vous remit l'autre exemplaire que je luy avoys envoyé en blanc, de sorte
^ Sur rorientaliste Jacques Goiius (de la Lettres de Peiresç aux frères Dupuy, du
Haye) voir les Lettres de Peiresc auafrires prieure de Saiot-Lëons qu'il s'agissait de
Dupuy, XeèLettres deSamnaise à Peiresc, etc. faire obtenir à Jacques Dupuy, déjk prieur
' 1) est bien souvent question dans les de Saint-Sanvean-
que vous aurez eu moyen de le faire envoyer de ma part à M^TËminentissime cardinal de Bagni suivant la prière que je vous en avoys faicte.
Je vous supplie de vous faire rendre (si ja faict na esté, comme TËminentissime cardinal patron me Tescript) l'exemplaire non relié des Tragédies de M' Grotius , que j'envoyé (ne) le premier à Son Ëminence, puisqu'il en a receu un autre relié proprement, et d'en tirer touts les autres vieux recueils de vers, que l'auteur veult supprimer, pour en-^ voyer, s'il vous plaict , les Tragédies à l'Eminentissime cardinal de Bagni, et supprimer ou brusler les autres vers. Vous ne m'obligerez pas tout seul en ce faisant, car l'autheur le recevra à singulière faveur de vous.
Son Ëminence ne m'a jamais rien escript concernant le refus que le sieur Naudé 6t de la profession qu'on luy avoit procurée à la Sapiance. Bien m'avoit elle escript auparavant le désir qu'elle avoit de l'y faire grattiBer, et que l'estude'pubiic fust honoré des travaulx d'un si galant homme , en quoy il luy faisoit bien de l'honneur. Et bien que certainement on luy fisse un peu de tort de luy bailler la moindre, où il n'y a pas de quoy vivre, si est ce qu'il me semble qu'il eust bien du tort aussy de son costé de l'avoir faict demander sans en estre mieux informé de la modicité des appoinctements. Car puisqu'il avoit demandé l'alternative, il la de voit aprez accepter, ou il ne devoit demander que celle seulement où il trouvoit mieux son compte, comme je ne me sceus pas tenir de luy en dire un mot^
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
AROME
Monsieur, Je vous diray quoyque bien à la haste que le dernier ordinaire de Gènes m'apporta, la semaine passée, vôstre lettre du a"* novembre
* Bibliothèque de l'École de médeciiie de Montpellier, voL H 971 , fol. 373. Autographe.
[t635] À J.-J. BOUCHARD. 151
avec le gros volume entier du Syncellus fort bien conditionné, lequel vint. si à propos, que je le fis partir hier d'icy en poste pour Paris, où il arrivera du jourdbuy en huict jours pour le plus tard, soubs l'enveloppe d'un secrétaire d'Ëstat, de sorte que M' de Saulmaise se trouvera encores là pour en faire la collation sur celuy de la bibliothèque du Boy, avant son voyage de Bourgogne qu'il avoit remis à ces festes. Je luy eu escrivis et à M*" Valoys pour y observer ce que vous desiriez n'ayant peu y joindre pour lors mon exemplaire du Theophanes, parce que le volume est trop gros, car il contient aussy le Syncellus depuis Pompée jusques au commencement de Theophanes qui y est entier, mais non le supplément de Léon. Mais je l'envoyeray par la première commodité opportune. Cependant vous avez tousjours le principal de la main de M' Saulmaise, et M' Valoys fera par aprez le Theophanes, si M*" de Saulmaise estoit party. Et aprez je vous feray tenir le tout avec toultes les precaultions que j'y pourrois adjouster pour la seurté principalement de la voitture tant des uns que des autres. Vous en pouvez asseurer Son Eminence à laquelle j'ay prins occasion de donner ijn coup d'esperon^ pour haster l'édition do vostre ouvrage.
J'ay faict espérer à M' Valoys ce que vous me promettez de son Ammian Marcellin par le prochain ordinaire. Que si vous ne laviez faict, nionstrez l'exemple de la diligence que vous desirez eu aulfruy. Je n'ay pas receu une lettre que me dictes avoir escripte le 8 octobi*e par M' Aultain, qui aura vraysemblablement prins autre roulte, ou faict du sesjour en chemin. Je verroys volontiers la coppie dont vous me faictes feste d'une lettre interceptée du ^*6rottius au chancelier Oxensliern, et vous rememe trez humblement des oQices que vous luy avez charitablement prestez auprez de Son Ëm^sur le subject de ses Sylves et autres petits poèmes dont j'avoys creu que la chose eusse succédé un peu plus à souhaict. Car Son Eminence m'avoit escript en accusant la réception du â^ exemplaire relié des Tragédies qu'il avoit commandé qu'on vous remist le premier non relié. Mais à ce que je voys ce com-
' n y aurait Ik quelque irtéféresÈte pour un prince de YÉf^&se Irausformé en indolent coursier, mais il ne faut pas regarder de trop près aux métaphore?.
152 LETTRES DE PEIRESG [1635]
mandement ne fut pas exécuté sur le champ, puisqu'il trouva le loisir de le revoir et d'y recognoistre la differance du contenu de Tun à l'autre à quoy jay certainement un peu.de regret, mais puisqu'il s'en estoit recogneu, il ne falloit plus vous opiniastrer à le retirer, ains falloit suyvre les termes du billet que je vous en avoys faict à part, et luy en faire lecture ingénument pour luy faire voir la bonne foy et disposition de ce personage. Ce qui pouvoit suffire aulcunement pour sa descharge et pour la mienne, car au bout du compte, il n'y a qu'un poème principalement ou deux tout au plus, où il eusse du regret d'avoir laissé eschapper des libériez qui ne luy plaisent plus comme alors. C'est pourquoy Son Em^ désire cez petites pièces dans sa bibliothèque. Vous ne les luy scauriez refuser, attendu mesmes qu'il y en a de trez bonnes et bien dignes d'en faire cas, et qui seront mesme du goust de S. Ëm. et possible de S. S^^. La dernière entre autres pour M' de Thou est bien gentile. Vous pouvez donques les luy rendre, s'il vous plaict; et me tenir tousjours, , Monsieur,
pour, etc.
A Aix, oe 5 décembre i635.
La balle de livres de Son Eminence est en chemin. J'y suyvray voz ordres au mieulx que je pourray. Je pensois escrire à M' Bourdelot de qui j'ay faict rendre la lettre à M' le prieur Celloni, et en avois faict demander la responce, mais il est encor absent depuis un moys. Et le passage du pedon ^ ordinaire de Gènes anticipé d'un jour entier vient de me surprendre, de sorte que je ne le scauroys à mon grand regret, vous suppliant de luy en faire mes excuses trez humbles et au R. P. dom du Puy aussy de qui j'ay receu une lettre trez obligeante.
Ce 6 décembre en haste'.
^ Messager. — * Bibliothèque deTÉcole de médecine de Montpellier, vol. H 971, fol. 976. Autographe.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
AROME
EN LA COUR DE L*iMENBNTISSlllB SBfONBDR G4RDINAL BàRBERINI.
Monsieur, Le dernier ordinaire qui m'a apporté les despesches de Rome du 8^ décembre m'a apporté conjointement la vostre du 9^ octobre , accom* pagnée du petit libvre in-6^, de la seconde partie des Exercitations mathématiques du sieur Gamillo Glorioso ^ que vous m'aviez accusé par voz subséquentes, comme en ayant chargé le fils de M*" Haultin, lequel nous n'avons pas eu le bieu de voir icy, et le gênerai de la poste de Gènes m'escript avoir receu le tout par son courrier de Rome. Je vous ay bien de l'obligation de la participation de ce bel ouvrage d'un homme que je prise et estime grandement depuis l'observation qu'il nous a faict voir de la dernière ecclipse de lune tout aultant comme il le mérite et vous en remercie trez humblement, vous asseurant que son observation de l'ecclipse sera pour luy donner du nom quelque jour et servira bien à faire valloir ses autres ouvrages que j'envoyeray aux curieux et voudrois bien que vous luy eussiez persuadé ou bien au sieur de Senne, son grand amy et le vostre^, qu'il doibt estre en-
^ Sur le mathëinaticien-astrouome Jean- C^amiUe Glorioso (ne à Naples en t Sya , mort en la même viUele 8 janvier 16 A3), voir les fasdcuies III (Bouchard) et XIII {Gabriel Nattdé) des CarreêpondanU de Peirese. Bouchard (p. 17) donne une petite notice biographique sur Tancien professeur de mathématiques à Tuniveraité de Padoue, avec lequel il 8*ëtait lié k Naples où» Glorioso avait pris sa retraite. G.Naudé (p. 87) parle de l'observation de Tëclipse faite par G. Glorioso (lettre du 3o novembre i635).
* G est Pielro Lasena (Pierre de la Senne), homme de lettres, ne à Naples en iSgo d*une famille française, mort h Rome le 3 septembre i636, grand ami de Bouchard qui a écrit sa biographie {Pétri La Senœwta, aJoanneJacobo Bueardo canseripta , Rome, 1637, in -19). Voir divers curieux détails donnés sur cet écrivain par Bouchard dans une lettre à Peirese, du A avril i636 (p. Si). Il faut en rapprocher diverses particularités consignées dans une lettre au même de G. Naudé, do 3p novembre i635 (p. 38.39).
««rklMIMB lATIOIALB.
iU LETTRES DE PEIRESG • [1636}
core plus exacte Tannée prochaine à Tobservation des éclipses du «2 0 febvrîer et du 16 aoust et de W haulteur du soleil au solstice prochain, car il y aura bien des gentz aux aguelz en tous ces temps là en divers lieux du monde, comme il y en a eu lors de la dernière ecclipse du 37^aoust jusques dans Alep et dans le Caire d*iEgypte, tous lesquelz y procedderont à Tadvenir avec un peu plus d'exactesse que' par le passé. M' de Saulmaise est chez M'' son père à Dijon, et par disgrâce se trouva party de Paris lorsque vostre coppie du Syncellus y arriva par la poste dont on luy donna incontinant advts pour suyvre ses ordres^ de quoy je n'ay pas encorea appris la résolution. Cependant M' Rigault qui est revenu de Lorraine a pris la peine de revoir un peu cette coppte, le pauvre M' Valloia s'estant trouvé hors d'estat d'y travailler par une grande defluxion qui a failly de luy faire perdre les yeux au grand regret des honnestes gens. Le texte de son Âmmîan estoit achevé mais non les notes pour lesquelles il attendoit en bonne dévotion les diverses leçons des Mss. du Vatican que vous me faisiez espérer dez le précèdent ordinaire, mais les divertissemenz de la cour de Rome ne vous en ont pas laissé ressouvenir. J'espère que nous les aurons par le prochain et en cette bonne espérance , vous souhaittant la bonne année , je demeureray,
Monsieur,
vostre, etc.
A Aix» ce 3 janvier i636 *.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
ÀROMB, m LA eooA M L^niHkirrissns gabdiual iAiiBtHiN«
Monsieur, Ce mot vous servira, a*il voua plaist, d*advis que f envoyé présente^ ment à TËminentissime cardinal Barberin une balle de livres qui m*a
' Bibliothèque de TlM» de mëdecine de Mon^MlKer, vd. H §71, M. 9»i. LeUre non autographe et revêtue seulement de ki.ttgiiature de Peiresc.
esté addressée de Paris pour Son Eminence selon les ordres que vous en aviez, dict on, baillez de sa part. Les dicts livres sont distinguez en trois divers fagotz coltez du nom de Son Eminence et du vostre, lesquelzje n ay poinct faict destacher, m*estant contenté qu il nous aye apparu par les enveloppes de chascun d'icedx que grâce à Dieu jusques icy il n'y avoit rien eu de mouiHé, souhaittanl qu*ainsy soit du reste du voyage d'icy à Rome et que le tout y arrive aussy bien conditionné qu il est venu jusques icy. J y ay adjousté un autre petit fagot à part du livre dlnu'ocent III^ ^ pour Son Eminen.ee et encpres un autre fagpt de six exemplaires d'un livre du P. Àthanase Kircher que \qw ^urez, s'il vous plaist, le soing de luy £aire lem'r seurement^ J'ay grand regret de n'avoir pey mpiintenant trouver d'autrfis livres plus dignes de la curiosité de Son Eminence pour me prévaloir àe cette bonne commodité» L'on m'avoit envoyé cette balle de Paris dan^ une simple loille de filasse avec un pey de paille e\ laal conditionnée que c'est merveille que tput ne se ^it gasté par les chemins. C'est pourquoy, pour ne courir la mesme for^ tune, je ne l'ay pas voulu la^cher sans la faire couvrir de bonne toille cirée el la remballer le plus propromejit qu'il a esté possible, esperajut que Dieu la fera arriver k bon port, s'il luy plai$t, et je demeureray, Monsieur,
• vo^tre, etc.
W PjB»ESC.
* II s*agit là du célèbre recueil de François de Bosquet, le futar évèqae de Lodève «t de MQDt(MiKiar: Itfmctfitii JII ppiMohnm Kért/F, i635,iD-fQl.
* Ce devait élre le traite iolitulë: Primittœ gnomteœ eataptrica hoc est horoU^giografUm twfœ Mpeeukris , in qmty elc. (Avi<-
gaou, i635,iii-fd.) A^ lequel 00 peut vQÎr Tartide Kircher de la Bibliothèque dee écrivains de la compagnie de Jésus par les pères Backcr et Sommervogel. Le ProAromus Copîus aMait paraître à Ruiner }6i3fi avM uoe dé-
dicace au cardinal. Rappelons , à ce propos , d'apte les savants bibliographesqui viennent ^(Mre ^té», fae ie 4ictioaiiaif9 et Ja gram* Qiaire coptes apportées d'É^pte par Pietro délia Valle furent publia par le docte Kircber dans Fouvrage intitulé : Lingua Mgyplî«Qa f«tA)iil« , <|N«s lr^pflrft'iiM(fioa(ie , s 6A
in-**).
^ jBiUioth^ue.de TËcole de ^nëdecme de Montpellier, vol. H Q7i, fol. 977, original (opn ftutograirtie).
156 LETTRES DE PEERESG . [1636]
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY. BOUCHARD
AROME
EN LA CODR DB L'EMlNBHTIflSIMI CABIMNAL BARBBBIll.
Monsieur, J'ay receu la vostre du premier febvrier par l'ordinaire de Gènes fort bien conditionnée et accompagnée tant des diverses leçons de rAnimian (que j'envoyay incontinent à Paris à M' Valois, arec toutes les excuses qu'y peus adjouster de vostre retardement) que du sommaire du traicté du sieur Mascardi, le tout soubs une enveloppe recommandée da palazzo ail' illustrissimo s. Gir. Spinola di Genoa, qui s'^st rendu soigneux de me le faire seurement teair, cette voye estant trez bonne et trez asseurée, principalement quand c'est soubs le seau de l'Ëminentissime cardinal patron. De qui je n ay poinct receu de lettres par ledict ordinaire de Gènes dernier, ne de la part du sieur cavalier del Pozzo, nomplus que par la voye de Lyon. Jugeant bien que l'appareil de ces comédies magnifiques du carnaval ne permettoit pas de songer à d'autres divertissements moings cappables que ceulx la de capter l'attention. Je vous remercie donc trez humblement de ta peine que vous a donnée la collation de tant de passages de cet autheur et du compte particulier qu'il vous a pieu de me donner de tout ce qui s'y estoit passé, et de la patiance qu'il vous y a fallu exercer, vous en demeurant bien redevable en mon particulier, comme j'estime que sera M'' Ydois. M' Saumaise m'a depuis renouvelle sa parole qu'à ce moys de mars s'en retournant à Paris il collationnera luy mesme la coppie du Syncellus sur l'original de la bibliothèque du Roy, et que s'il sesjoumoit dayantage à Dijon, il feroit effort pour s'en acquitter là mesmes et y faire envoyer le Ms. ancien. L'on ne vous a pas bien adverty qu'il soit party de Hollande en intention de n'y pas retourner, car au contraire il y est fort engagé, et ne fault pas doubter qu'il ne le face, si ce n'estoit un commandement absolu du Roy qui le luy def-
fendist. Ce qu'il ne pourrait encores exécuter patiemiBent, sans avoir dés appointements convenables, à quoy les choses ne sont gueres bien disposées en ce temps. Et la proposition que vous me faictes d'une simple lecture ou chaire à Bologne, ou autre univei*sité, ne seroit gueres bien son faict, attendu qu'il n'a pas besoing d'autre occu* pation que celle que le cours de ses estudes luy peult permettre pour ne pas interrompre les ouvraiges qu'il a en main si cappables d'ayder le public et si préférables à toute sorte de lectures publiques, qui ne vont au bout du compte qu'à bien peu de fruict au prix du reste. Car vous sçavez que là où il est il a les mesmes conditions et descharges que le feu siéiir Scaliger, et les mesmes préséances sur toute l'université tant en corps qu'en particulier sur touts les professeurs d'icelle.
J'avoys escript à M^ le conseiller de Saumaise, son père, ancien conseiller au parlement de Dijon, pour m'ayder aux instances que j'ay faictes à M' de Grigny, son filz, de vouloir demeurer au pais chrestien et ne pas repasser la mer pour aller lutter contre le froid et la barbarie , mais avoir un party honneste pour la recognoissance de ses dignes estudes. Il est bien malaisé d'y rien gaigner.
Je vous remercie encores bien humblement de la souvenance que vous avez eue de faire prier le sieur Camille Glorioso pour l'observation de la dernière éclipse, laquelle nous attendrons en bonne dévotion. Et ay faict changer la feuille de ses décades que m'avez envoyée selon les intentions de l'autheur que je vouldroys bien pouvoir servir en digne occa^sion, et le marquis^ P[ietr]o Seina, son grand àmy-. Aussy bien que le sieur Mascardi, pour la débite de son beau libvre selon ses vœux, mais je ne sçay qu'en espérer en la mauvaise conjonture où nous sommes et n'ayant pas mesmes de grand crédit sur les libraires de Lyon. J'y feray pourtant ce que je pourray, et attendray de bonne dévotion ce que vous me voulez mander concernant vostre version
' Le M^ (Wc). Je ne crois pas pouvoir ironie dans te titre donne? Peiresc n^était
Iraduire autrement cette abréviation , mais guère un railleur et surtout il ne se serait
a-t-K)n jamais parlé ailleurs du marquisat pas permis une mauvaise plaisanterie dans
de Tavoeat La Sene? Y aurait-il quelque une lettre adressée à un ami de la victime.
sioii de son libvre délia congiura delli Fiesebi, dont vous ne maves poinct encores parlé , ce me semble , en vox précédantes lettres ^ Mais j ay tousjours faict grand cas de cet ouvraige, ce qui me ibict juger que le Traiçté qu'il a maintenant soubs la presse^ ne pourra estre que ires bieu receu et que Tacademie de l*Eminentissime cardinal de Savoye soubs sa direction ne pourra que réussir fort honorable et fort utile au public^.
Quant à laflaire de S^ Lebns, j'en suis si rebuttë^ que je ne vous en sçauroys exprimer le sentiment de mou desplaisir» et de ma honte et confusion , d'y avoir perdu ma peine et mes instantes remoustranoes , sçaicbant comme l'on a vesquu et comme l'on vid encores dans celte cour là. Et que les aflaires de cette nature n'y sont difficiks que quand on le veultainsin, ne manquant nomplus de raisons que d'exemples de ce qui s'y est practiqué depuis tant de siècles, et des occasions de s'y tenir si ce n'est qu'on voulust entrer en d'autres reformes plus gène* raies et plus nécessaires que celle-là.
Je vous sçay bon gré de vostre bonne volonté d'y favoriser voc amys et serviteurs, mais je crains qu'à le prendre de cet air là, vous n'empiriez Testât de l'affaire, laquelle passera sans doubte avec le temps et la patiance , quand on s'y sera hien exercé et battu sur la perche. Et quand on ne songera plus à toutes ces difficultés^ qui n'eussent pas seulement esté mises en avant, s'il ne se fust parié d'abord de graiifica* tion de la taxe, et si on l'eusse laissé aller dans le cours ordinaire en payant rie à rie. Sur quoy je finis et demeure.
Monsieur,
vostre, etc.
DE Psjuasc.
A Aix, oe 6 mare l636^
^ Sur AagOBtin Mascardi et son livre :
DM'atU hùtoriita (rotfalt F(Rome, t636,
in-&*'), voir divers passages des LeUret de
Jean Clu^»elain et des LetlAte de Peireêc aux
frères Dupuy.
* La traductioD de Bouchard parut à Paris chez Camusat en 1 689, ûirB*. L'original avait
ëtë publié ë Venise en 1 6 3 7, in-4*. Voir sur la traduction de Bouchard , qui obtint fart peu de succès, d'après Chapelain et Talleniant des Rëaux , le fisiscicule III des CorrtifQaiaHU de Peireec {AotrtieêemmU, p. n , note s ).
^ Bibliothèque de YÈocie de médecine de Montpdlier, H 971, fol. 978. Autographe.
k MONSIEUR ♦ MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD,
À ROMB.
Monsieur,
Encores que par le dernier ordinaire de Gènes je ne peusse vous escrire je ne laissay pourtant de vous obéir et servir, d*escrire à Paris pour Tedition de rostre Theophanes et pour la recherche des Mss. où est sa vie, et j'ay eu responce de M' de S^ Saulveur que pouf ces Mss. on estoit aprez d'en faire la perquisition pour rostre contentement; pour l'édition, qu'il en avoit parlé à M^'Cramoisy, lequel s'estoit enfin résolu de Tentreprendre pourvu que vous tuy donniez du temps jusqnes à l'année prochaine qu'il pourra estre quitte de t'entreprinse de quelques autres pièces qui occupent 9a presse, et qu'il pourra avoir faict provision de papier et d'une fonte neufve, pour s'en mieux acquitter, la nécessité présente ne souffrant pas que les pauvres libraires voire les plus aisez comme luy puissent se charger comme ils souloient autrefoyê de besoigne. Il m'escript mesmes de vous en avoir desja escript, de sorte que je ne vous en pourray pas dire davantage, ne contribuer grand chose à vostre service pour ce regard.
Quant à M^ Haultin je ne pense pas non plus qu'il vous y veoiHe nuire puisqu'il en a parlé si Orancbement à M" vostre frère, ne que M' Rigault le veuille flatter en cela S ou relarder vostre louable entreprinse. La ques • tion sera que le s** Gramoisy vous veuille tenir parole bien punctuellement, de quoy je doubteray jusques à ce que je voye Teffect, et que les presses commancent à rouller pour vous à bon essiant, n'y ayant guieres d asseurance à toutes ces promesses de libraires à cause des autres pièces de gentz plus pressants et importuns qui surviennent d'ordinaire et les empeschent de pouvoir s'acquitter des promesses plus envieillies.
Je vouldrois estre sur les lieux pour vous servir plus à souhaici,
* Rappehm» qm Nkdas Rigaak Mk le.bean-frèrt du eouieMhr
mars vous Vous contenterez de ma bonne volonté, s'il vous plaict,
Monsieur, laquelle vous sera tousjours entièrement desvouée, et me
pardonnerés si je ne puis vous entretenir plus à plein, estant pressé
fort extraordinairement et demeurant,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
Dï PeiBESC.
A Aix , ce 6 juin i636.
Sur le subject de ces prelatures je ne vous sçaurois donner d'autre meilleur conseil que celuy que je vous vois prendre pour y parvenir, le traicté de Mess" vos parents estant le plus prompt moyen de touts et le plus asseuré, sçaichant bien que le P. Des Landes ne se souciera guieres d'une crosse s'il trouve son contentement ailleurs. Pour M"" de Digne , il est encore en cour où Mess" vos parents le pourroient sonder ^ Mais entre vous et moy je ne pense pas qu'il songe à se desfaire de la sienne, si ce n'est que vous trouvassiez de quoy luy bailler des recompenses en autres bénéfices équivalents, qui vous cousteroient quasi de peine plus que la pièce et vaudroient consequamment davantage. La femme de M' de Saumaise estant tombée malade des fièvres lorsqu'il estoit prest à partir pour s'en retourner à Paris, il a esté constraint de différer. J'en suis mary pour le retardement du Syncellu9i, mais il ne tardera plus guieres, Dieu aydant^.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
À ROME
Monsieur, J'ay receu la vostre du 4 juillet, où j'ay esté bien ayse d'apprendre le bon estât de vostre santé et de voz affaires, et l'agréable divertissement
* J ai omis de dire que Raphaël de Bologoe sous le titre de le Pontife (p. 63, 64, 83); figure dans les Confessions de Rouchard — * Ribliothèque de TÉcole de mëdeciae de
(un bien mauvais.iieu pour un ëvèqùel)*^ Montpellier, H S171, fol. a84. Autographe.
•- fc • - •
que vous avez trouvé .pour cet esté dans cez epigrammes grecs non imprimez, ne doubtant poinct qui! ne s'en puisse tirer de trez bonnes notices. M'^ deSaumaise est à Paris, mais si pressé de son partement que je suis en appréhension qu il ne puisse pas achever entièrement la collation du Syncellus qu'il a pourtant entreprins à ce que j'entends, espérant qu'il se fera violance pour achever. J'escripray à M' de Saint Saulveur pour le secours que vous desirez de la vie du Theophanes, puisque vous le desirez, encores que ce soit inutilement puisque vous y avez tout pouvoir et authorité ahsolue.
Je n ay du tout poinct d'habitude avec le P. Deslandes, ne avec aulcun que je sçaiche estre bien de ses amys, et en matière de moynes là où est l'interest, c'est un passeport qui surpasse toute sorte d'amitié et de cognoissance. Il le faut gaigner par ce bout là, et quand vous me manderez les nouvelles de la négociation de Mess" vos parents, trez volontiers j'escriray à l'Ëminentissime cardinal patron, mais avant cela vous me pardonnerez, s'il vous plaict, si je m'en excuse, car il sembleroit que je demandasse vostre congé , et que vous fussiez desja las de le servir, ce qui est contre les règles de la Cour. Et ne pense pas nom plus que vous lui fassiez plaisir, si vous le mettez en peine d'en parler à M^' le cardinal de Lyon, si ce n'estoit en quelque occasion presante et pressante, les recommandations générales estant de fort peu de considération au monde en ce siècle , où l'on ne faict plus comme autresfoys que le premier venu emportoit les bénéfices demandez, on garde les eveschez vacants des 3 et & moys avant que les remplir. M'Godeau, qui a esté domestique de l'Em. c[ardinal] Duc S n'a eu que l'evesché de Grâce de 6,ooo libvres, et une pension sur
^ Les biographes ont-ik su qu* Antoine de Richelieu (p.aSa) : «rSes ouvrages plai-
Godeau avait été attache à ]a maisoo du soient si fortb Son Eminence , qu*on disoit
cardinal de Richelieu? Tallemant des Rëaux, chez luy, pour dire : voyla. qui est admi-
dans Thistoriette spéciale qu'il consacre au rable : Quand Godeau l'auroit fait , il ne se-
prâat-acadëmicien , se contente de noter rait pas mieux, n que Godeau était très bien vu du cardinal
jr. 91
IHraiMEIIB OATIOHALr. ^
162 LETTRES DE PEIRESG [1636]
Gahors de 9,000 iibvres, mais tout cela est bien au dessoubs de son mérite'. Il faut bien avoir de Thenr pour arriver à ces prelatures. Excusez ma liberté et ne laisser pas de me commander comme, Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Pembsc.
A Aix, ce 1*' aoust t636^
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
A ROME
Monsieur, A ce coup cy je vous donneray les bonnes nouvdles de vostre Syn* cellus que M' de Saumaise en a achevé la collation, et que sur des advis que Ton m'en a donné qui sont du i5 de ce moys, il y avoit desja quelques jours qu il en avoit remis fexemplaire à M' de Saint Sauveur pour le me Taire tenir, lequel m'escript qu il tenteroit la voye de M' le Nonce s'il avoit quelque commodité du courrier extraordinaire pour le faire tenir seurement à M^ TËminentissime cardinal Barberin , si non qu'il attendroit la commodité de quelqu'un de ma cognoissance , car les courriers de par delà sont un peu moins officieux que ceux de deçà, mais je luy ai mandé qu'il l'envoyé à Lyon soubs l'addresse d'un de mes amys par la voye du messager ordinaire qui ne demeure que 10 jours, et de là on me le fera tenir icy par la poste, car noz courriers ne le refuseront point pour l'amour de moy, et je le
' Citons encore ici Tallemant des Réaux quatre mille livres. Il y joignit Vence de six
(p. a39-a33) : (tUeveschë de Grasse, en mille tivres, dex qu'il le put, avec une pen-
Provence, ayant vaqué, il le demanda. Le sien de deux mille livres sur Gahors. n cardinal ne vouloit point trop qu'il le prist, * BiUiothèque de TÉcole de liiëdecine de
c'estoit trop peu de chose; il ne vaut que Montpellier, vol. H 971, fol. s87.Autographe.
vous envoyeray par noetre voye ordinaire de Gènes, espérant que cella ne pourra pas tarder beaucoup. Dieu aydant.
Je ne suis fasché que de ce que mon manuscrit du Theophanes s'est trouvé engagé dans des coffres d'un mien amy, à qui je l'avois recommandé, lequel n'ayant pas faict le voyage de la Cour et ses coffres n'ayant pas esté ouverts, ce livre ne pourra pas estre délivré à temps pour le faire conférer sur le mesme manuscrit du Syncellus de la mesme main de M'^de Saumaise tandis qu'il estoit sur les lieux. Il faudra voir de trouver quelqu'autre qui en puisse prendre la peine, combien que je veux croire que vous n'en aurez pas tant affaire comme de ta première partye du Syncellus, attendu qu'il s'en trouvoit assez d'exemplaires plus lisibles que ceux de la bibliothèque du Roy, et de faict vous ne vous estes gueres attendu à cella, puisque vous n'avez pas laissé de passer outre en vostre version latine tant du Theophante que du Léon.
M' de Saumaise m'escript qu'il a trouvé que le coppiste s'en estoit assez bien acquitté, que neantmoins il estoit nécessaire que sa copie fust reveue, et que vous le jugeriez bien ainsy quand vous la reverriez. Il me dict de plus qu'il y avoit recogneu des faultes du manuscrit mesme dont il ne s'estoit peu tenir d'en cotter aucunes à la marge de vostre coppie avec ses corrections, ayant faict scrupule de les cotter toutes , pour ne vous pas desrober à l'advance le plaisir de les descouvrir et corriger vous mesmes. Tant est que M'' de Saint Sauveur me mande qu'il se peult dire que cette coppie ne vault pas moins que l'original et que M^ de Saumaise s'est levé plus matin que de coustume durant i5 ou âo jours pour ne pas manquer de s'acquitter de la promesse qu'il nous en avoit faicte et neantmoins pouvoir vacquer aux autres affaires ordinaires dont il ne voulloit pas interrompre le cours dans l'appareil et la presse de son desparl. Voilla ce que j'avois à vous dire sur le principal chef de vostre lettre, qui s'est maintenant confondue par disgrâce entre mes papiers, vous suppliant de m'excuser si je laisse quelque chose en arrière involontairement, vous remerciant par un million de fois de la continuation de voz bons offices en
16i LETTRES DE PEIRESC [1636]
l'affaire de M' de Saint Sauveur qui ne dçauroient estre mieux employez, et sur ce je ftniray demeurant,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DK Peirbsg.
A Aix, ce 39 aoust i636\
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
À ROME
Monsieur, Ce mot à la desrobée, car je suis bien incomodé dune pierre destachée de mes rains puis sammedy au soir et passée deux jours après dans la vessie, oii je nen avois jamais tant gardé, sera pour ne laisser aller le Syncellus sans l'accompagner de mes compliments et justes excuses du retardement, M' de Saumaise s'estant résolu de le collationner, toutes choses laissées, avec tout le soing et Texactesse possible. Il me mande qu'il a trouvé que le coppiste s'en estoit bien mieux acquitté qu'il n'avoit pensé , mais que la collation en estoit pourtant nécessaire, et qu'il y a mesmes corrigé quelque chose du texte du vieil manuscrit que vous ne verrez pas, je m'asseure, moings volontiers que le reste. Il tesmoigne du regret de n'avoir veu le Theophanes pour le coUationer de mesmes, et n'est pas encore party, attendant un convoy asseuré. Quant à la vie dudict Theophanes, M' de Saint Saulveur du Puy a laissé esgarer le mémoire que je luy en avois envoyé, et moy vostre lettre sur ce subject, à mon trez grand regret, de sorte qu'il fauldra, s'il vous plaict, le refaire, et me l'envoyer en diligence ou bien à mondict s' du Puy, et spécialement en quel moys de l'an le Metaphraste fa inséré , pour ne donner la peine de le chercher dans une si grande confusion qu'il y a en ces volumes grecs manuscrits de cette nature. Au reste ,
' Bibliothèque de TÉcoie de médecine de Montpellier, vol. H ^71, fol. s 88. Original mais non autographe. -
je loue infiniment vostre modération sur le subject des prelatures, et vous avois ouy parler en ce sens là, ce me semble, dez lors que j'eus le bien de v<\]as voir à Boisgency, ne vous pouvant dissimuler que je trouvay un peuestrange quand vous ayant veu abandonner père et mère, et des employs d'importance comme seul masle de vostre maison avec l'espérance d'une notable succession, je vous ay veu changer d'advis et vous mettre en peine d'une autre sorte d'employ où il ne se trouve pas plus de quiétude d'esprit que dans le grand monde quoyqu'on s'en puisse imaginer au contraire. La douceur d'une vie dans les lettres est bien autrement friande quand on veut examiner ce qu'il y a de mal aux autres façons de vie \ car le plus ou le moings de moyens ne sont pas capables de nous contenter, si nous ne nous sçavons arrester à ce qui nous peult suffire, tout le reste n'estant que pour plus de tourment et d'inquiétude qnand il fault avoir plus de valets. Mais quand les fortunes viennent sans les aller chercher avec bien de la peine, je ne dis pas qu'il faille faire cez recherches. Voilà mon sentiment, avec lequel je seray tousjours.
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Pbirbsc.
A Aix, ce3 octobre i636'.
XUl
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
À ROME
BN LA CODR DB L«BMINB?ITISSIVB CARDIlf AL BARBBRIN.
Monsieur, Je n'ay poiuct eu de lettre vostre par le dernier ordinah*e bien que TEminentissime cardinal patron m'eust escript que vous aviez eu le
' Peiresc a bien heureasemeat montre dVioqoeace que de sagesse. Voir la réponse
en ces lignes combien la paisible vie de de Boachard k ces admirables exhortations
rhomme d'ëtnde est prëCfrabie à toute autre (lettre du 6 février 1687, p. 53).
vie, et les conseils qu'il donne à Tambi- * Bibliothèque de TÉcole de médecine de
tieux Bouchard ne sont pas moins empreints MontpeHier, H 971, fol. 389. Autographe.
Syn^ellus et que vous m'en escrîviez. Celle cy ne 6era que pour accom* pagner celle que j'escripts à vostre bon amy le sieur Franc, de Naya, qui me demandoit le Mercure françoys^ Par malheur javo^s envoyé le mien à Gènes à un galant homme qui escript l'histoire courante, et ne s'en trouve pas ici de parEaict. J'escrivis incontinant à Paris pour en avoir un, où il y a eu plus de difficulté de lavoir bien cornplect que je n'eusse creu. Mais on m'en promet un pourtant, que je tascheray de lu y faire tenir soubs les adresses qu'il fault. Cependant s'il en estoit si pressé, je m'asseure qu'on ne luy refuseroit pas la communication des volumes qui s'en trouveront dans la bibliothèque de rEm°^^ cardinal patron si besoing est, et possible que M*^ Barclay^ les pourra avoir et sera bien aise de luy en donner l'usage. J'eusse bien estimé la cognoissance de ce gentilhomme tandis qu'il pouvoit avoir un plus libre commerce en son pais, pour nous esclaircir de mille curiositez qui eussent possible esté aultant de songoust que du nostre, mais pourtant je ne cheriray pas moings l'honneur que vous m'avei procuré de sa cognoissance et le serviray de tout, mon cœur partout où je le pourray, demeurant,
Monsieur,
vostre, etc.
DE Peiresc.
A Aix, ce 5 décembre i636.
L'on travaille à la collation du Theophanes*.
* Au moment où Peiresc écrivail ceci, le Mercure français , suite de la Chronologie septénaire de Victor Palma Cayet (laquelle B*ëtend de 1898 à t6o&), venait de passer entre les mains d'Eusèbe Repaudot qui continua ce recueil de i635 à i643. Les frères Ridier avaient rédige tonte la partie comprise entre i6o5 et i635.
^ L'abbé Barclay, fils du grand ami de Peiresc, le romancier-poète Jean Barclay.
Voir sar le père et le fils les Lettres de Peirese aux frères Duputfy en attendant le volume où je publierai un assez grand nombre de leUres éerites i Tauteur de YArgems par edui qui donna cbea Boon la première édition de ce récit politico-allégorique.
' Bibliothèque de TÉcole de médecine de Montpdlier, vol. H 971, fol. 990. Autogrq>be.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONÏENAY BOUCHARD
À ROME
Monsieur,
Vous avez bieu plus de credict que inoy envers MessF* du Poy et Rîgault, et puisque vous leur escrivez du Tbeophanes et de Sainte Irène, vous pouviez bien vous en promettre tout ce qui peult estre à leur disposition. Mais puisque vous voulez absolument que je me joigne à voz requ estes, je ne sçaurois vous en esconduire et feray extraire de vostre lettre les instructions que vous m'en donnez pour les leur envoyer au premier jour. Estant bien marry que le TheophaDes n ayt peu passer par les mains de M** de Saumaise comme le Syncellus, mais le mien est transcript de la propre main d'Andréas Darmarius, Grec de nation, fort docte et fort versé aux bons libvres, dont les coppies sont fort correctes, comme le sieur Holstenius le vous pourra certifiera Et quelque reserv ementale que vous puissiez conserver, si fault-il faire paroistre vostre gratitude envers M' de Saumaise quand ce debvroit estre soubs autre nom que tourné (sic) ou autre indication propre à luy, afin de conserver crédit en autres rencontres plus importantes.
Pay respondu à vostre sieur Fr. de Noya par le dernier ordinaire, ne Tayaut peu faire plustost, comme je ne le sçaurois à présent faire au sieur Gio. Gamillo Giorioso à mon grand regret, et j'ay peur qu il ne me faille enfin laisser en arrière la plus part de mon commerce par lettres avec mes meilleurs amys, me sentant appesantir, et ma santé ne pouvant quasi plus comporter ce petit labeur \ dont il fauldra bieu
* Andrë Darmarias est planears fois Bouehord est de ses nombreux corres|K>n-
mentioaDë dans les Lettrea de Ptireêc au* danis un de ceux atec lesquels il a le piu8
frères Dupuy, prolonge ses dernières causeries. Il lui
^ Peiresc, cinq mois avant sa mort, res- écrivait encore le 5 juin, moins de vingt
sentait dëjà cette lassitude qui presque tou- jours avant sa mort, jours précède Thenre du suprême fepos.
qu'on m'^éxcuse et particulièrement ceulx qui me portent plus d*aflection comme vous, Monsieur, me tenant fort vostre obligé de la courtoisie avec quoy vous avez receu mes chettives pensées et vous conjurant de ne pas relascher de cette constance et de ce courage masle que vous aviez une foys proffessé. Autrement vous ne pourrez pas eslrc le martyr des Muses, comme vous faisiez estât nomplus que dans la quiétude et le contentement qu y trouvent ceux qui se mocquent de tout ce dont ils se peuvent passer. Sur quoy je finiray en haste demeurant.
Monsieur,
vostre, etc.
Ds Pkiresc.
A Au, ce 8 janvier 1687.
Tenvoye au R. P. D. du Puy les preuves de quattre commandes pour le prioré de Saint Leons, après quoy M' le Dataire ne debvroit avoir plus rien à dire^
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
À ROME
Monsieur, Nous avons eu le bien de voir icy M' TEvesque de Vaison à la suitte de M^ TEminentissime cardinal Bichi, lesquels s*en revont à Rome, et partirent hier de cette ville, M' de Vaison ayant désiré d'estre porteur d'un mot de lettre mienne à vous. Monsieur, pour gaige des asseurances qu'il m'a données de sa bonne volonté en vostre endroict, et du regret qu'il a eu de la mezintelligence qui s'y estoit autres foys glissée , par les mauvais offices d'un certain jeune homme italien qui s'estoit
^ Bibiioibèqae de ia Faculté de mëdeeine de Montpellier, voL H 971, fol. 998. Autographe.
mesié de faire de mauvais rapportz de part et d'autre contraires comme il croid non seulement à la vérité, mais à voz communs sentimens. Désirant à ladvenir, durant le sesjonr qu'il pourra faire à Rome des quattre moys de la dispence ordinaire de residance, ou autrement, de se comporter envers vous en sorte que vous ayez tout subject de vivre avec luy en pleine confiance f m*asseurant que de vostre costé la correspondance y sera toute entière aussy, comme je vous en prie aultanl que je le puys pour vostre commun bien.
Au reste,. j'ay receu par le dernier ordinaire de Gènes vostre lettre du 6"^ du moys passé. 11 faudra dez hormais quand vous y vouldrez adresser voz lettres hors des enveloppes de l'Ëminentissime cardinal patron, que vous les adressiez (non au sieur Gir^ Spinola, comme devant, car il n'estplus gênerai des postes)^ mais au sieur Barthoiomeo Fornari, gênerai dcUe poste de Genoa.
J ay bien à vous remercier de la compassion que vous prenez de mes infirmitez et foiblesses, et de la surcharge d'occupations qui m'accablent certainement la pluspart du temps et ne me permettent pas de m'acquitter le plus souvent de la centiesme de mon debvoir envers mes amys, et auroys bon besoing qu'ils me voulussent toutz excuser aussy franchement que vous me dictes le vouloir faire, mais leurs interests ne le leur permettent pas (quelque bonne volonté qu'ils en eussent) comme à vous mesmes à ce coup cy <]|ue je ne sçaurois pas bonnestemeot me descharger sur aulcun autre de ce que vous desirez de moy, non seulement pour le Theophanes, pour raison de quoy je n'ay rien obmis qui peust dépendre de moy envers Mess" Rigault, du Puy, et celluy qui avoit ja coppié le Syncellus, lequel en a achevé la collation sur le manuscrit ancien, avec grand fruict à ce que M' de Saint Saulveur me mande, que vous recognoistrez par les notes mai^ ginales, à qui j'ay mis ordre de faire payer ce que ledict sieur de Saint Saulveur avoit trouvé bon, jugeant de la grandeur du travail par le temps que M** de Saulmaise avoit employé en la collation dudict Syncellus.
Mais pour l'autre chef de vostre lettre vous m'avez mis en grande
If. ' îîa
tUPRIBCRIK lATioaiir.
peine pour n'avoir aulcuDes habitudes atee le R. P. Gordon ^ aaqtiei cas je ne feroys pas diflSculté de lui tesmoigner ce que je pais sçatoir de voetre vertu et de voz bonnes mœurs, comme an contraire ne croyant pas mesmes cstre eog^u de iny, et n estant pas de condition ne du rang de ceulx dont le caractère leur peult attribuer la prérogative de s'en faire acroire en telles occurrances, je me double qu'il auroit grand subject de trouver estrange que je m'en fusse osé ingérer. C'est aux seuls evesques sacrez que par la practiqu€ d'Italie, affectée entre ceux de la compagnie de celuy que vous dictes, appartient le droict de faire des certifications vallables et de pleine foy probatoire, principalement de bonne vie et moeurs. Et ceux qui veullent se faire pourvoir en forme gratieuseeu usent encores journellement en France, et s'adressent, à cet effeot, à l'evesque diocésain, ou au nonce du pape, ou au vice-légat, ou bien aux prdatz, aulmosniers du Roy, et qui servent actuellement prez de la personne sacrée de Sa Majesté. Que si vous voulez vous en servir en France, pour la nomination du Roy, il vous fault faire une sommaire apprinse et une profession de foy personnelle entre les mains du cardinal comprotecteur de France, et y faire ouyr en tesmoignage les prelatz et personnes qualifiées de vostre cognoissance qui se trouveront sur les lieux, où je vouidroys estre pour déposer la venté de ce que je puis sçavoir de vostre eniinante vertu, auquel cas ce seroit sans envie, et sans encourir auleon reproche de me faire plus de f«ste qu'il ne m'appartient. En un besoing M' TEvesque de Vaison se rendra volontiers un de voz tesmoings, je m'aeseure , et je luy esk eusse parlé si j'eusse creu que voua eussiez peu gouster cet expédiant de faire là vostre information en ceste manière, et si
^ Le P. Jacques Gordon, ne en Ecosse parle à Peiresc de ce protecteur dans sa (comte d*Aberdeen), fui recteur des col- lettre du 6 février i637 (p. 53) : il altenlègnes de. Toulouse et de Bordeaux, confes> dait de son influence un évéchë en ItaKe, sfur dtt roi Louis XIII; il mourut à Paris ne Mt-œ, selon aen ei^ressisa, trqoe le 17 novembre 16&1. Voir BitUothèque quelque petit, eveachë dés plus recales «. des icrivams de la Compagnie de Jésus, On aime à croire que le P. Gordon ne par les PP. de Backer et Sommervogel , 1. 1 , connaissait pas toute Tindignitë dn canin-fol., eoL 9208-3^09. Boucfannl avait didart.
vous en goustez la proposition et que luy veuillez nionstrer cette lettre , je m'asseure qu'il y contribuera de son faict tout ce qui en pourra dépendre d'aussy bon cœur que si je l'en avois supplié de vive voix ou par lettre expresse, luy apparoissant par la présente de naes vœux en cela. Vous y pourrés faire ouyr encores vostre P. confesseur et surtout quelques bons pères de voz amys non seulement comme le bon P.Dom Ghristofle du Puy, mais comme le boii P. Âthanase Kircher ou autres de sa Compagnie, masseurant que le bon P. Venot ne s y espargnera pas, s'il a l'honneur de voslre cognoissance que vous acquerrez bieu facilement, si ne l'avez desja. Il n'y fauldra pas négliger nom plus la déposition de quelques personnes de lettres, quoyque laïques, pour ce qui est de vostre érudition singulière, m'asseuraot que Mess^Naudé, Bourdelot et autres ne s'y espargneront pas, et que leur tesmoigoage en sera aussy bien receu, qu'il y sera bien séant, voire si M' Dony, M** Léo Allatius et autres du pais s'en donnent la peine, la chose pourroit reuscir de plus d'esclat. Enfin vous ferez la guerre à l'œuil, et en ce qui j>ourra dépendre de ma bassesse, je n'en seray jamais chiche en vostre endroict ' et n'espargneray jamais rien à vostre service qui puisse dépendre. Monsieur, de
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DB Prirksc.
A Aix, ce 6 mars iSSy. *
L'Eminentissime cai*dinal patron m'escript q«uie vous ne luy aviez pas eneor remis la note des Epistrea de Libaniu» sur laquelle il auroit faict expédier les ordres de la licence nécessaire pour les transcrire du Vatican. Je la V0U9 arois envoyée long temps y a, et fauldra qu'elle soit perdae.
M' Dormalius feroit volontiers cet office à M' Vaîoys ef à moy, et ne fera pas difficulté de transcrire tout le volume des i,5oo epistres, lequel il aura {^usioat faict, je m'asseure , que noua n'aurions faict refaire une seconde fois ledict mémoire ^
* Bibliothèque derÉooie de médecine de graphe. La veille, Vmoêc avait éGrii de m Mon^lKer, vol. H 371, fol* ^97. Auto* propre main h Bouehard uii bâlet amsi
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY BOUCHARD
ï LA GOOR DB L'BHIlfBNTISfilVB CàBMNAL BABBBlIff,
À ROME
Monsieur,
Je vous escripvis par M"" rillustrissime Evesque de Vaison , qui désira de vous rendre de mes lettres, en conséquence des tesmoignages qu'il vous rendoit dez icy, de l'estime qu'il faict de vostre vertu et de vostre mérite, m'asseurant que vous aurez voulu de vostre costé faire deux pas pour un, et le vaincre de courtoisie si vous pouvez. Nous n'avons pas veu icy W de Sponde^ mais s'il passe par icy je ne manquera y pas de luy dire ce que je pourray de vostre valeur non pareille. Puisque vous n'avez pas de souvenance du mémoire des Epistres de Libanius, je me doubte que ma lettre se puisse estre esgarée possible icy mesmes par la négligence et besveue de mon homme qui faict souvent du qui pro quo en fermant les despesches pressées , ou possible de par delà, quand elles y arrivent en temps qu'il fault desmesnager du Vatican ou de Montecauldo que les commiz de la Secretarie laissent aulcunes foys tout plein de petites choses en arrière. Avant que nous en eussions faict refaire un autre, M^ Dormalius avoit transcript le volume entier.
M' l'Evesque de Grâce vient dans le carrosse de M' l'Evesque de Digne et si la paix estoit, je pense que M' Gassend se laisroit facilement persuader du voyage de Rome. Il a achevé sa philosophie^, mais
conçu (fol. 999 ) : tr Vous reoevrei cçtte lettre des mains de M' Tevesque de Vaison Suarez , qui m'a tesmoignë tant de bonne volonté pour vous, que je m'en suis tenu grandement son oblige, et vous conjure d*en (aire de mesmes, estimant infiniment sa bonne ntelligence, principalement envers ceux que Ton cognoit desja , demeurant , Monsieur, etc. A Aix , ce 3 mars 1 687. v
^ Sur rëvéqne.de Pamiers, Henri de Sponde, ne à Maulëon (Basses- Pyrénées), le 6 janvier i5S8, mort à Toulouse le 18 mai 16&3, voir tes Lettres aux frères Dupuy oà divers renseignements sont donnés tant sur sa vieN.que sur ses relations avec Peiresc.
' G'est-è-dire son travail sur la philosophie d'Épieure.
pour la mettre au net, il y a bien encore du temps, car ii y supplée tousjours quelque gentilesse.
Je viens de recevoir présentement mon Th-^ophanes appostillé des diverses leçons du manuscrit du Roy où M' de Saumaise a prins celles du Syncellus. Il est escript de la main d'Andréa Darmario qui estoit des plus curieux Grecs de son temps , et cette collation n'a pas esté inutile, à ce que M** de Saint Saulveur m'en escript. C'est le coppiste du teite mesmes du Syncellus, que M*" de Saulmaise a reveu, qui a faict ce petit labeur, où il en a eu pour plus de â ou 3 moys, car il n'y pouvoit pas mettre tout son temps en un coup.
Je voudroys bien que vous y trouvassiez de quoy me livrer vostre labeur aussy, et quand vous aurez conféré le texte du Darmarius et les diversitez du Royal ^ sur vostre coppie, si vous trouvez bon de me renvoyer mon volume, vous me ferez plaisir, sinon vous pouvez disposer absolument de tout ce qui dépend de moy qui suis de bon cœur,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Pbiresg.
A Aix, ce 9 avril lôSy'.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE FONTENAY ROUGHARD
À ROME
BN LA COUR DB L*BMIHB1«TI8SIHB CARDINAL BARRBRIR.
Je n eus pas moyen par le précédant ordinaire de m*acquitter de
mon petit debvoir en vostre endroit et vous respondre à la vostre du
3 avril, dont je vous prie m'excuser, vous asseurant que je deviens
meshuy si pesant et si peu de chose m'embarrasse que je ne sçauroys
^ C'est-à-dire du maauscrit de la Bibliothèque da Roi. — * BibKothèque de TÉcole de médecine de Montpellier, vol. H 371, foi. 989. Autographe.
17Â LETTRES DE PEIRESG [1637]
plus guerre faire de ce que je desireroys lé plus. J ay depuis reeeu vostre autre despesche du i may et ay esté bien aWe qu ayey receu et prins plaisir t^a Theophaues, et que M^ de Vaison vous ayt rendu ma lettre et tesmoigné du gré de vostre visite, m'assenrant quil y trouvera et vous rendra toute la bonne correspondance qu il fauit.
M' Godeau n'est pas eneor venu nom plus que M' TËvesque de Digne et les chaleui*s sont mosbny trop advancéos pour les attendre avant l'automne. Vous aures seeu la mort du P. Gordon S et la subrogation du P. Gaussin^ avec qui je nay du tout poinct d'habitudes, nom plus que possible voua mesmes ou voz parents, de sorte qu'à nouveau faiet il &udra nouveau conseil.
Je feray enquérir du P. de Plassan^, mais nous n'avons gaeres de oommerce de ce costé là.
Nous avons veu M' Gassend et moy avec plaisir vostre vie du pauvre P. de Sena^, et vous en remercions \r^% humblement, et estioMOs que vostre dessein en cela d*en escrire plusieurs des hommes illustres du temps ne pourra estre que trea bon et très recommandable. Et surtout la vie de cet héros que vous me nommez, dont je tascheray de recouvrer toutz les mémoires que je pourray '. Vous aurez cependant les
' G*ëUdt une fausse nouvelle. Le P. Gordon n'était mort que comme confesseur du roi. Peiresc, ayant appris que le P. Gordon était remplacé, erut que c'était pour cause de décès. Nous avons vu qu'il vécut jusqu'à la 6n de l'année 16&1. On n'a pas su pourquoi le P. Gordon avait été renvoyé du confessionnal de Louis XIII.
* Le P. Gaussin, né à Troyes en i583, mort à Paris en i65i, victime de toute sorte d'intrigues^ n'inerça les fenctioas de confesseur du roi que peadant neuf mois. On sait que ce fut un des féconds écrivains de la Compagnie de Jésus. Aussi a-t-il obteau une Usge place (dix cor* lonnes) dans la Bibliotkèqw dresaée par
ses confrères (t I, in-folio, col. iià3ti53).
' Sur le (t prieuré de Piassan au Contât», voir une lettre de Tavid» Boudard à Palamède de Fabri , sieur de Valavez , du 3 septembre 1639 (fascicule III des CorreqN>jidmUs de Pèime, p. 70 ).
* Peiri Lasenœ viia^^ a Joéume Jaeobo Bueeardo eofueripta (Rome, 1637, in-ia).
* Ce héros était Jean de Saint-Bonnet, seigneur de Toiras, maféchal de Fmnot, qui avait été tué> l'année, précédente, assiège de Fontanette, en Milanab (i4 juin i636). L'amiral Jurien de la Gravière, daas un récent et r^marquaUs ouvrage sur h SiègM de h Soehelk (Paris, Finnin-Didot,
petits verz cy joinctz, croyant qae vous durez veu ce que le je^uîst^ de Tarin a faict de luy d'assess bonne grâce ^
J'avoys redemandé à M' VaHoys un second mémoire des Ëpîstres de Libanius qui iuy manquent, mais il me mande que s'il avoit depuif^ i*Epistre i" du 3"* libvre jusques à l'Epistre i8g, qui eôl intitulée CZAETKÎ2, c'est k dire depuis la page qsq jusques à la page ^63, il auroit toutz les trois premiers libvres des Epistres entiers dont cbascuu est composé de 3oo epistres, et il ne luy en manqueroit quasi plus que le quatlriesme libvre entier et le commencement du cinquiesme , mais il a oublié de nie mander ce qu'il a du cinquiesme. Cependant il travaille à bon essiant à la version des oraisons du mesme autheur que je luy ay renvoiées cy devant, et me promet de m'adviser du progrès qu'il y fera de temps à aultre.
M' larchevèque de Thoulouse' luy porte un volume manuscrit qu'il a du Libanius, de bofine note, et dont il espère se prévaloir pour la correction du texte de ces oraisons.
M** de Saumaise luy a offert sa coppie de l'Anthologie pour en faire la version. Voyez si vous voulez que je luy mande que vous l'avez desj« faicte preste à imprimer' ou bien si aymerez mieux vous en descharger
1891), a glorifié en plusieurs passages le guerrier qu admirait Peiresc et dont Bouchard voulait raconter h belle vie (voir notamment p. 9o3 ).
* Elogrium mareêcalii de Voiras, auetore Ludomco Juglari, societatis JesUy s. 1. ^ 1 636, in-&*. Peiresc appelle le P. Juglaris «rjésuite de Turin» parce que ce religieux fut professeur en cette ville , comme on le voit dans le recueil Backer-Sommervogel.
* Charles de Montchal, plusieurs fois mentionné dans les Lettres aux frères Dupwf.
* Avait-on entendu parler àfi celte traduction de TAnthologie dont le manuscrit est peut-être conservé à la bibliothèque Barberini et mériterait d'élre étudié par un
des jeunes critiques qui, sous la plus liabile et la plus paternelle des directions, font leur apprentissage J'érudits à l'Ecole française d'archéologie de Rome ? J'ai eu , dans les notes que l'on vient de lire , la fréquente occasion de flétrir en Bouchard l'homme cupide, ambitieux, vil esdave de ses passions, rhomme, en un mot, privé de tout sens moral. Mais, si Ton écarte ces souvenirs d'une honte ineffaçable, il faut reconnaître dans l'éditeur de Theophanes un travailleur de grand zèle et. de grand savoir., un helléniste consommé, non indigne de rivaliser avec les Allatius et les Holstenius. La mémoire de Bouchard , considéré comme érudit, est déjà prot^ée par l'estime de Peiresc. Un autre grand savant, M. J.-B. de
et luy laisser faire. Je suis un peu trop pressé inaioteuant pour vous entretenir davantage et vous prie me commander librement en ce qui me sera loisible pour vostre service, regrettant l)ien vostre indisposition et priant Dieu qu'il vous tienne en bonne santé et quiétude d'esprit et de corps qui est tout le souhaict que je puisse faire pour moy mesme, estant de tout mon cœur, Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DB Peirbsg.
A Aix, ce 5 juin 1 637 \
Rossi, dans une leitre qu'il mlëcrivail \e 93 février 1887, lui donnait ces reconnaissante âoges qui achèvent de le recommander: fr Parmi les correspondants de Peiresc dont vous vous êtes occupe, celui qui m'intëresse plus particulièrement est Jean- Jacques Bouchard , car il a ëtë un ëpigraphiste distingue et ses copies d'inscpptions m'ont beaucoup servi.» Cf. ce que M. de
Rossi avait dit des travaux ëpigraphiques de Bouchard dans son célèbre recueil : Inscr. Christ, urbis Romœ (t. I, p. xxiiV Une notice sur les manuscrits de Bouchard relatifs à Tépigraphie a été publiée dans le tome VI du Corpus Inscr. Lot. de Berlin (p. lix).
^ Bibliothèque de TÉcole de médecine de Montpellier, vol. H 971, fol. 999. Autographe.
ET DE GASSENDL
À MONSIEUR, MONSIEUR GASSENDI
CHANOINE THEOLOGAL EN L'EGLISE CATHEDRALE DE DIGNE
À DIGNE
(Avec un libvre.)
Monsieur, J ay esté si malheureux qu une lettre vostre me fut apportée par je ne sçay quel prebstre qui me la rendit assez longtemps y a en plaine rue, où j'estois assiégé et accablé d'une infinité de gents; je la mis dans mon sein soubs ma sottane, et par disgrâce en me deshabillant et tomba par terre dans ma chambre, et me fut de rechef rendue encores toute close par un des miens peu de jours avant la fin du Parlement où c'est qu'ayant veu le désir que vous aviez de voir le GleomedesS et ayant rencontré ce mesme prebstre en allant au Palais, je luy dis que j'avois un livre à vous envoyer; il me promit de le venir prendre et n'en fit rien. Cependant comme j'attendois qu'il revint, je pense qu'il s'en soit retourné sans plus s'en ressouvenir de sorte que trouvant la commodité de M' Ghaillan présent porteur qui s'en va à son prieuré, je l'en ay voulu charger, et le prie de le vous faire tenir
^ Mathématicien et astronome grec d^une Nouvelle biograpUe générale, dit que cet
époque incertaine, selon Th.-Uenri Martin rr ignorant compilateur» est probablement
(de rinstitut), dans un des excellents petits dn u* siècle de Tère chrétienne. Letronne
articles dont il a enrichi le Dictionnaire de {Journal dee êavaniê de Tannée i8ai) croit
biograiphie , géographie et histoire de Bachelet qu'il est moins ancien que Ptolémée. et Dezobry. Le docteur Hoefer, dans la
ir. a3
seurement à Digne, n ayant rien qui ne soit entièrement à vostre disposition.
Quant aux sallutaires exhortations que vous me faictes de soigner à ma santé, vous avez bien raison, mais je ne suis pas le maistre et tous mes amis nont pas la mesme discrétion que vous, et me viennent presser de travailler, qui pour Tun qui pour un autre, et M' de la Garde tout le premier S de sorte que si vous luy en faictes un jour du reproche, ce ne sera pas sans cause légitime, et toutefoys vous pensiez que son entremise deubt fortifier vos persuasions. Mais je feray ce que je pourray et Dieu fera le reste, et qnoy qu'il arrive de moy, je vous seray tousjours trez acquis, et ne tiendra qu à vous de m'employer, comme je vous prie de faire en toute liberté, estant de toute mon affection et sans reserve ,
Monsieur,
vostre bien humble et affectionné serviteur,
M PlURB8C«
D*Aix, ce 7 «vrii a6a6 \
i MONSIEUR, MONSIEUR DE PEYRESG,