De mente, seu animo, ejusque sede et actione
8. De Âppetitu, motu, vigilia, soinno, insomniis ac praesensio-
nibus animalium.
9. De sanitate, morbo, statu, senio, vita et morte animalium. 10. De animorum immortalitate.
Je laisse la partie morale pour une autre fois^
' Bibliothèque nationale, fonds français, 6986, fol. 217. Autographe.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE PEIRESC
ABBÉ ET SEIGNEUR DE CUISTRES, CONSEILLER DU ROY AU PARLEMENT DE PROVENCE,
À AIX
Monsieur, H y a desja asses longtemps que je doy responce à vostre belle et longue lettre \ et toutesfois non pas mesme à ceste heure je ne la feray point grande. C'est parce que Mons' Moreau a encore vostre lettre sur le sujet de ceste plante croissante à l'antipodique dont il vous a pieu ïne faire la relation. Il a esté fort occupé après ces (sic) malades despuis longtemps et particulièrement auprès de nostre bon amy le s*" de la Mothe^ qui a failly de mourir, et après a aussi esté malade luy mesme; aussitost que je Toseray presser, je vous feray part de ce qu'il m'aura enseigné. Cependant je n'ay peu deu [sic pour pas deu\ différer davantage de vous donner de mes nouvelles, et après vous avoir dit que par la grâce du bon Dieu je suis tousjours fort gaillard vous esclaircir de l'affaire des conjonctions de 5 et 9 avec le O dans ceste année, puisque l'admonition de Keppler n'est point tombée entre voz mains. On n'en a poinct apporté d'autres à ceste dernière foire, n'y estant point allé des libraires d'icy. Nous avons bien veu le Catalogue, mais il m'a particulièrement esté impossible de voir le livre qui y est intitulé Rob. Fluddi doctoris medici, armigeri ad epistolicam Pétri Gassendi exercitationem responsum. Si bien que si je ne dy rien à Flud de ceste foire prochaine (si toutesfois je dois rien avoir à luy dire) il m'en pourra bien tenir pour excusé. Mais pour revenir à noz conjonctions vous avez fort bien deviné que celles dont il est ques-
' Cette (T belle et longue lettre» doit mal- mentionnëes par Gassendi dans le présent
heureusement être rangée parmi les trop document. . nombreuses lettres perdues. On a aussi * François de la Mothe-le-Vayer.
perdu les frdeux belles et curieuses lettres?)
tion n'ont point peu estre les deux passées et particulièrement pour ce qui regarde Venus. Geste belle estoile venant de se lever le soir a nécessairement passé derrière le soleil et vostre argument tiré de sa plénitude ne souffre point de réplique. Elle ne paroist en croissant qu'en son coucher du soir ou en son lever du matin lorsqu'elle doit passer ou vient de passer dessous le soleil, puisque c'est alors que la plus grande partie de sa lumière visant en haut la moindre en est renvoyée vers la terre. Ainsi donc la conjonction en laquelle Venus nous doit passer devant le disque du soleil n'arrivera qu'au mois de décembre. Ce sera le sixiesme sur les dix heures du soir suivant le calcul, lequel estant vray nous autres Européens n'aurions que faire de nous en mettre en peine. Mais parce qu'il peut bien arriver que le calcul ne soit pas si juste, ce sera suivant les veux mesmes de Keppler que ceux qui seront curieux d'observer ne se lassent point d'avoir la lunette à la main et les yeux sur le papier ou carton de la façon que vous sçavez que j'observe les éclipses du soleil durant tous les deux jours sixiesme et septiesme tandis que le [deux mots enlevés par une déchirure]. Pour la conjonction de Mercure en laquelle ce planète nous couvrira aussi quelque partie du disque du soleil, ce ne sera point ny celle du xvu de ce mois ny celle du penultiesme du mois prochain , mais celle qui doit arriver par le calcul auseptiesme jour de novembre d'une à deux heures après midy. Si le calcul est bon, il ne tiendra qu'à la beauté du temps de nous randre ce phénomène visible, mais Keppler mesme ne s'y fiant point absolument, a desdré qu'on fust après ceste observation non seulement tout ledit jour, mais encore celuy de devant et celluy d'après. Ces conjonctions arriveront en une saison qui n'est ordinairement guère favorable à Caire des observations en cest horizon de Paris. J'y feray neantmoins si j'y suis tout ce que je pourray. Et parce que les jours d'hyver sont communément plus beaux parmy vous je ne doute poioct que vous et Mons' de la Vallete ne faciez de vostre costé tout ce qui sera possible sur ce sujet. Certainement quiconque aura le bien de faire cette observation donrra grand sujet à la postérité de parler de luy. Il n escherra point plustost que d'icy à six vingts ans d'en faire de pareille. Or entre
icy et ce temps là on aura bien eu le loisir de se débattre sur la perche du diamètre de ces planètes par rapport à celluy du soleil, et il n'y a que les observations de cesie nature qui nous en puissent esclaircir. En faisant bien ramplir aux rayons du soleil le cercle qu'on luy destinera, ii sera asses aisé de prendre avec deux pointes de compas le diamètre de l'ombre ronde que les corps de ces planètes causeront dans ledit cercle, et le comparer après tout à loisir aux parties du diamètre d'icelluy. Si l'on peut encore remarquer l'endroit où ces ombres couperont le diamètre du mesroe cercle, pour pouvoir déterminer leur latitude septentrionnale et meridionnalle, ce sera encore un grand point, et en tout il faudra avoir en mesme temps une personne qui suive la hauteur du soleil avec un quart de cercle ou grand astrolabe, pour avoir les momens du temps ausquels on verra entrer ou sortir, passer au milieu , ou passer sur des autres points les susdites ombres. Si par bonne fortune il y a alors au soleil quelque tache, ce sera une grande satisfaction d'en remarquer le lieu et en prendre la distance d'avec ces ombres ou macules planétaires en leur entrée, issue, etc. Tousjours si le temps est beau et l'observation se fait en plusieurs lieux, il y aura du contentement d'avoir au moins remarqué lesdites taches en mesme temps, pour nous asseurer qu'elles ne font point de parallaxe, pour les divers lieux de la terre. Je pense que si le bon Keppler eust vescu encore quelque temps il eust tesmoigné un grand contentement de certaine observation qu'il avoit receuc de moy pour le diamètre de Jupiter par rapport à celluy de la Lune. C'est que j'observay le seiziesme d'aoust de l'année passée une petite estoile du genouil d'Ophinchus autant distante du limbe inférieur de la Lune que sont distantes entre elles les deux estoiles qui (sans lunette) paroissent contiguës aux cornes du capricorne, et que festoient alors le corps de Jupiter et un de ses petits satellites ^ Or dans ceste distance là je faisoy mon compte que le diamètre de Jupiter fust peu entrer
' Au sujet des observatioos de Gassendi sar Jupiter, voir Bougerel, p. iâ8. Au sujet de ia découverte de cinq satellites de cette planète , voir encore Bougerel , p. â 1 5.
2o6 LETTRES DE PEIRESC [1631]
cinq fois, et que la mesnie distance pouvoit entrer six fois un peu plus au diamètre de la Lune. Je colligeay donc que, le diamètre de la lune estant de trente deux ou tant de minutes, le diamètre de Jupiter ne pouvoit guère eslre par la lunette que d'une minute, au lieu que sans lunettes il paroissoit bien d'environ trois, comme ne faisant guère que de venir de son opposition. Le bon Kcppler qui avoit fondé ses harmoniques sur les distances des corps planétaires et tiré leurs distances de leurs grandeurs ou diamètres visibles se trouvoit desja tout esbranlé, et ayant esté en peine de trouver quelque moyen d'esclaircissement, en avoit escrit au s*" Galilei qui ne luy avoit rien respondu et moy sans y penser luy avois fait ouverture d'un, dont s'il eust vescu il eust peut estre fait quelque cas. C'est de vray une chose admirable comme quoy ces lunettes qui nous grossissent les autres objets nous diminuent neantmoins de beaucoup à proportion de cela, les corps des estoiles soit vagues, soit fixes. Il faut toutesfois advoûer que cella ne se faisant que par delersion ou retranchement des rayons excurrens, à tout le moins aux planètes, leur grandeur en paroist plus juste à noz yeux que quand nous les considérons de la simple veûe, et par conséquent que les raisons qui ont meu les anciens à approcher ces beaux corps de nous à proportion de leur grandeur apparente, nous servent pour les csloigner autant de nous qu'il faut de distance pour rappetisser l'apparence de leur grandeur au point que nous la voyons. Je disoy, Monsieur, que je ne feroy pas grande responce et cependant voicy presque trois pages pleines. Quoy que ce soit, vous Taggreerez s'il vous plaisl et m'obligerez s'il vous plaist, si Mons"^ de la Vallele est en disposition dé le voir, de luy en faire part. J'avoy faict dessein de luy marquer à peu près les mesmes choses touchant Venus et ^. Mais je m'advise que ce sera autant de temps espargné pour le donner à quelque autre chose. Je luy escriray neantnioins un mot, après avoir finy la présente par la prière que je vous fais de permettre que Mons*^ le Baron vostre frère et Mons*" voslre nepvcu scachcnt que je leur baise très humblement les mains. Mons"" Luillier mon camerade vous remercie de tout son cœur de l'honneur de vostre souvenir et il y a long-
temps qu il ma chargé en vous escrivani de vous faire ses recommandations très humbles. S'il vous plaist nous obliger de nous donner advis du passage de M' de Marcheville, et s'il vous a veu et combien de temps, etc., ce sera chose digne de vostre courtoisie^ Je n'ay point encore eu nouvelles de la reddition de ma lettre au P. Scheiner de Rome; s'il me r'escrit quelque chose de considérable, je ne manqueray point de vous en faire part. Le P. Pelau me dit avant hier que le Père Malapert estant allé en Espagne y estoit mort presque dez son arrivée. Je pense vous avoir autresfois escrit que je l'avoy veu recteur à Arras, et qu'il m'avoit fait voir ses observations et un ouvrage ensuite prest à estre imprimé touchant les macules solaires aussitost que celluy du P. Scheiner le seroit. Par adventure ne souffrira on poinct que cesle pièce se perde. Mais adieu. Je suis tousjours, Monsieur,
vostre [les derniers mots et la signature ont été emportés par une déchirure].
A Paris, ce u juillet i63i '.
' Bibliothèque natioaale, fonds français, nouvelles acquisitions, 5 178, fol. 16. Autographe. Je donnerai seulement des extraits d'une autre lettre autographe {ibidem , fol. 18), qui est presque entièrement remplie de détails astronomiques :
(r Monsieur,
trje doy encore responce à voz deux belles et curieuses lettres du mois de décembre. Il est vray que jusqu'au trentiesme du mois de janvier la faute n'en est pas à moy. Monsieur du Puy vous aura peu asseurer de ne me les avoir point plus tost données. Despuis ce temps la c'est moy seul qui doy estre chargé de tout le manquement , n'ayant point d'autre excuse à vous donner, sinon que Mons' de Cramoisy traînant de jour h autre l'achèvement de l'impression qu'il avoit fait commencer de mon
observation, et moy attendant de jour à autre de vous en envoyer quelques exemplaires avec ma responce , il est arrivé que comme ladite impression n'est achevée, ainsi je ne vous escry que de ce jourd^huy. J'ay à tout le moins esté bien heureux de rencontrer Mons' Olivier sur son despart pour le charger de mon pacquet. J'y clorray avec ceste lettre trois exemplaires de ladite observation, dont l'un sera pour vous , et les autres pour qu'il vous plairra. S'il vous plaist d'en envoyer un à Monseigneur le cardinal Barberin, il y verra quelques illustrations qui n'estoint point au manuscrit qu'il vous a pieu de iuy envoyer cy devant. Vous veirez aussi vous mesme tout ce que c'est, sans qu'il soit besoin que je vous en die autre chose. Je vien à voz lettres, et vous advoûe en premier lieu que
sarRiMBiuk SATiomtc.
\ MONSIEUR, MONSIEUR G4SSENDY,
DOCTEUR EN S*® THEOLQGIE ET THEOLOGAL EN L'EGLISE CATHEDRALE DE DIGNE