À LYON
CHEZ H' DE REPAIRE, HiRGHAITT.
Monsieur, Je me resjouis infiniment d'apprendre pai' la lettre du xi*" de ce mois que ce soit tout de bon que nous pouvons nous promettre
je ne rapporte pas à un pelil bonheur d*avoir fait ceate observation de Mercure devant le Soleil; elle est très importante tant pour estre la première qui a esté faite de ceste façon, que pour devoii* servir ï ceux qui viendront après nous soit pour déterminer la grandeur et Testoignement, soit pom' régler les mouvemens de ce planète. C est [>our cella que j*ay consenty aux souhaits de quelques uns de mes principaux amis (Uicy, qui m ont presse de £adre imprimer la letti*e (jpe j*en escrivy à M' Schickard incontinent après que je vous eus fait part de c^ que j'avoy observe. J'atten avec grande impatience d'apprendre ce qui en aura çstë observé ailleurs pour remaiTjuer .et conferer mes rencontres , et lune des occasions qui m'ont porté à souffrir ladite impression avant la foire , a esté afm qu'il ne pajrast pas qu6 j*euftse voulju accommoder mon observation à celle des autres. U est vray que je vons eusse tousjours eu pour tesmoia avec tous les autres à qui je commuaiquay incontinent la mesme chose, oulire ce que ceux qui feront à Tadvenir de pareilles observations seront tousjours juges de ce qui m aura paru et; que je leur auray tnin^mis. Mons' le prieur de la Val-
lete avoit grande raison à& s'estonner de la petitesse apparente de ce planète , car rooymesme j'en fus si surpris que comme je Tay descrit , je l'en mescogneu durant quelque temps, et bien me servist de n'eslre pas tout h fait nouveau en ceste pratique. Pour ce qu'il deziroit scavoir s'il n'y avoit point de différence de son opacité d'avec celle des macules ordinaires, je vous donne advis qu'il n'y en avoit point, et je croyoy de l'avoir fait comprendre en disant que la seule différence du mouvement m'avoit fait premierem^ent douter, et pois recognoi^tre que ce n'estoit point là une macule , et pour ce que vous adjoustoE à sçavoir si Mercure estant proche du bord du Soleil ne se moBSlroit point autre qu'il avoit paru plus proche du centre, je vous sçay* à dire que non , si ce n'est qu'il se randist un peu plus visible, et sa bordure un peu plus daire k
cause que le ciel fusl aussi plus beau
Icy jieç PP. Petau et Denenne me disoini bien l'autre jour que le P. recteur de leur novitiat de ceste ville l'avoit observée [ la conjonction de Venus], mais qjgiand ils adjousterent que suivs^if sa description Venus couvroit los deujt tiei*s du Soleil, et n'en laissoit qu'un croissfoit comme quand il est éclipsé par la Lune,
d'avoir l'honneur de vous revoir. Je plains certainement M' Lhuillièr et cet aultres Mess" de par de là qui vous chérissent si tendrement,
je lie voulu pas rire pour le respect (|ue je leur devoy, maïs leur dy bien qu^ik pouvoint assez considérer qu'A tout le moins Venus ne pouvoit pas avoir paru plus [grande devant le Soleil qu'elle paroist en sa plus grande majesté hors de ce lieu là . < . . . Comme la nature est véritablement iaiala rerum en diversiGant merveilleusement tous ses effectz , ainsi cette apparition, cachement et reapparition pdmrroit bien estre un tour de son mestier, n'eslant pas grande merveille si pour avoir si peu observé que j*ay fait, je n'avoy point encore remarqué tous ses destours De vray ce seroit une chose bien
merveilleuse si ces macules faisoint ainsi les plongeons et [si] leur course avoit quelque chose de semblable aux fleuves qui se cachent dessous terre pour après reparoistre
à quelques espaces edoignez de là Si
vous avez aggreaUe que je vous die en peu de mots ma pensée , c'est que suivant Topinion de Copemicus je conçoy le Soieil Jogé AU centre du monde , et Ih tournant sur son propre escieu dans l'espace de quelques vint huit jours; je conçoy d'ailleurs ceste grande fournaise faisant des eontinuelles
éructations de vapeurs ou fumées Et
voyia bien , Monsieur, beaucoup de paroles. J'advoûe qu'elles sont superflues à un homme de vostre intelligence, mais il n'y a remède. Je suis fait d'une façon que quand je me mets h griffonner du papier, j'ay peine de retenir ou d'en retirer ma main. Bien me prend que vous estes d'une humeur assez excusante pour prendre tout mon babil en bonne paH. Comme j'escrivoy ces choses Mons* Moreau a pris la peine de m'apporter une lettre de M' Naudé
et Mons' Diodati des recommandations du s'Oalileidàns une lettre eserite à luy. Le premier continue à me parler de l'embrasement du Vésuve dont vous estes plus proche , et d'une lettre que le P. Sclieiner luy a donnée pour moy, mads que je n'ay encore point veue. Le second escrit h M' Diodati que le corps de son ouvrage est achevé d'imprimer et qu'il n'y a plus à faire que Tepistre et la table; mais quand nous le pourrons voir je ne sçay, si ra^es sont les commoditez qu'il y a d'avoir quelque chose de ce pais la. Ils parlent au reste l'un et l'autre aussi peu de Mercure et de Venus , comme si ces planètes n'estoint point au ciel. Cella me fait souvenir de ce que vous m'avez maitpié que l'admonition de Keppler pourroit bien n'avoir pas passé jusqu'en Itdie. De vray si ces personnages Si n'en ont pomt fait l'observation , il est aucunement à présumer que j'r.uray esté l'unique qui auray veu Mercure tant de la France que de l'Italie. Pour les autres lieux il faut attendre le boiteux : si la foire de Francfort tient, nous en apprendrons des nouvelles. Je ne vous dy rien de mon observation de Mars caché par la Lune. Vous la verrez à la 6n du susdit imprimé. Je l'estime assez importante et c'est poiu* cela aussy que j'ay
trouvé bon de ne la laisser pas perdre
Je ne vous dy rien de nostre voyage ny des grands remerciemeus que M' Luillier vous fait de tant de soin que vous avez pris pour l'asseurance de nostre viatique parce que les guerres d'Allemaigne que nous avions choisie pour nostre chemin nous en ont fait différer le dessein Monseigneiu* le cardinal de Lion tesmoigna beaucoup de tp»-
mais i\ estoil bien meshuy temps que voz serviteurs et bons amys de par de çà vous peussent gouverner à leur tour. M' Taxil, vostre bon hoste, s'est heureusement trouvé icy pour y recevoir la lettre qui luy estoit addressée dont vous aurez la responce cy jointe. Nous avons à ce matin beu ensemble à vostre sartté , et M' Valois s'est pareillement trouvé icy tout à propos pour y apprendre de voz nouvelles ayant bien regretté de ne se trouver à Grenoble lors de vostre passage, mais à quelque chose malheur sera bon, car vous aurez tant moins de subject de vous y arrester et pourrez tant plustost gaigner la Provence oii M"" le Prieur de la Valette et moy vous attendons en grande impatience, comme font tant d'aullres que vous y avez obligez, où il nous tardera bien de vous voir discourir sur cez belles observations des vicissitudes et constitutions de l'air d'Egypte qu'il vous a pieu me toucher en passant, et qui méritent une disquisition bien particulière. Mais en attendant je suis bien d'advis que si vous voyez à Lyon M' Peloc, l'un des plus intimes amis et serviteur de M«Me Cardinal de Lyon, que vous le fassiez un -peu parler sur ses observations d'Egypte où il a faict, si je ne me trompe, assez de sesjour pour en pouvoir parler aussy pertinemment que tout aultre, et si vous le trouvez en assez bonne humeur
sentiment quand je luy fis sçavoir ce qu'il y avoit pour luy dans vos letti*e8. Moy je ne scauroy voas dire celluy que je nourry pour tant de bienveillance qu'il vous plaist de me tesmoigner et vous asseure que la principale occasion qui me rappellera jamais en Provence sera pour avoir le bien d aller passei* quelques jours avec vous dans celte belle et philosophique relraitle. Je présente tousjonrs mes très humbles recommandations à M' le Baron vostre frère et h M' vostre nepveu , auquel je souhaitte de tout moQ oœur la succession de voz rares vertus aussi bien
que celle de vosti*e charge Je m'ad-
vise que s'il vous plaisoit de faire relier avec un des susdits exemplaires, un des parhelies que je m'y en vay joindre pour le
faire donner h Mons' le premier président, il n'y auroit peut estre point de danger. A une autre occasion je vous en envoyeray davantage. Il pourra estrc que je vous addressera y par ki poste un mot de lettre pour y joindre, m'estant maintenant advisë trop tard d'escrire, mais en cas que je i'ou< blie vous ferez bien, s'il vous plaist, vous mesme mes excuses et complimens. Je ne vous dy point comme quoy je me suis donné Thonneur de le voir quelquefois icy. Or enfin adieu. Commendez moy absolument et si mon barragouin ne vous ennuyé point n'appréhendez pas de me le pi*escrire.
Je suis tousjoui*s le tout vostre A Paris,
ce dcuxiesmejour de cai'esme iGSa.D Pciresc a écrit à la marge : 96 febvrier iG3d.
pour cela, je vous prie de ne pas négliger de vous faire monstrer les curiositez quil a rapportées de ce pais là, entre lesquelles il m'a parlé d'un certain vase antique avec]] son tenipon? figuré en forme* d'un meufle de Lyon, ce me semble, dont je desirerois bien que a^ous eussiez prius les vrayes dimensions principalement de la capacité du creux dudict vase, pour sçavoir à peu prez quelle quantité d'eau le peut remplir, et quand vous serez icy, je vous en monstreray un bmi nombre d'aultres, et vous diray à quel usage ceste curiosité me peut servir, mais que ce ne soit pas, s'il vous plaist, sans vous souvenir de luy faire mes trez humbles recommandations et l'assurer de ma persévérante dévotion à son service, et du desplaisir que j'ay de me voir despourveu comme je suis des occasions dé luy en donner des preuves à soubaict et qu'il ne me vueille point honorer de ses commandements.
Au reste je croy bien que vous ne verrez pas Monseigneur le Cardinal de Lyon sans le faire souvenir des serviteurs qu'il a en ce païs et me prometz que vous me rendrez auprez de Son Eminence les bons offices dont vous estes si libéral envers vos serviteurs, et que vous ^ ne manquerez pas d'embrasser toutes sortes d'occasions opportunes pour l'asseurer de la continuation de ma fidélité inviolable.
J oubliois de vous dire que je reputeray à grande faveur qu'il vous plaise donner des asseurances de mon humble service à M' Marchier, à M' son frère, à M'' de ^Estoille^ à M'I'Advocat, et à tous cez aultres Mess" de la €our de Son Eminence, et qu'il ne tiendra pas à moy que je ne les serve s'ils me veulent honorer de leurs commandemens.
Gepeadant «i les addresses que M' Taxil a données à un marchand de vos carti^rs pour rapporter voz bardes à Digne ne vous sont arrivées à temps opportun et que vous vueilliez les faire addresser icy, il y en a là des commoditez fort fréquentes, et si vous en voulez charger les sieurs Pierre et François le Roy, ils se chargeront volontiers de me les envoier icy par les mulleliers de ceste ville qui y sont toutes
* Tous ces personnages ont éié mentionnes dans le recueil Peîresc-Dupuy.
les sepmaiues, el d'icy nous les tous pourrons faire tenir fort facilement à Digne quand vous voudrez; sur quoy me recommandant à voz bonnes grâces, je demeureray.
Monsieur,
vostre, etc.
DB PmiESG.
A Aix, ce a5 octobre i639 ^
À MONSIEUR, MONSIEUR 6ASSENDY,
DOCTKUR BN S^ THEOLOGIE , CHAITOINB ET THEOLOGAL EN L'EGLISE CATHEDRALE DE DIGNE,
À DIÛNE, CBEI ii laXL
SE
(avec un livre marque comme ci-dessus» le cachet portant un lien et un iambel).
Monsieur, Je receuz par le dernier ordinaire de Lyon vostre despesche du 9* de ce mois, et rendis incontinant à M' le Prieur de la Valette celle qui luy estoit addressée, comme j'ay aujourdhuy envoie à Ronoe celle que vous escripviez à M' Holstenius, à l'obligation duquel je participe grandement pour raison de ce petit géographe Grec dont vous luy procurez la communication et dont je demeureray par mesme moyen trez redevable à M** de Mezeriac^, et seray bien ayse de le servir en tout ce qui me sera possible, et particulièrement en ce qui est de la cronique d'Ëusebe imprimée en grec par Scaliger, où il ne tronvera possible pas ce qu'il s'en promet, car je ne pense pas que ce texte se
' Bibliothèque nationale, fonds français, racontait à Péiresc la visite qu'il venait de
1 3773 , fol. 1 3. De la main d*un secrétaire. faire à rhellénisle Bachet de Meâriac, lettre
* J*ai vainement cherche la lettre où nientionnëe dans le recueil Peirese-Dupuy
Gassendi, èi la date du i5 novembre i639 , (t. II, p. 368).
soit tiré d'aulcun vieil manuscrit qui feusse demeuré soubz le nom d'Eusebe, ains que ledict Scaliger Ta voulu restituer par la force de son esprit, tant sur la version latine de S^ Hierosme que sur la conférence des vestiges ou fragmentz qu'il en pouvoit recongnoistre dans les croniques de Georgius Syncellus, de Theophanes et de Gedrenus ou auHre. Toutesfois je m'en rapporte à ce qu'il en aymera miealx juger. Le mal est que mon livre est fort barbouillé, et que j'auray bien de la honte que mes resveries paroissent devant un homme du calibre de M' de Mezeriae, et si vous venez bientost, je seray bien ayse que vous voyez en quel estât il est pour m'en donner vostre advis avant que nous l'eussions faict passer plus oultre.
Pour la vie d'Homère en grec par Plutarque , je ne Tay point encore veue, et si je sais bien asseuré qu'aultresfois j'en ay faict une assez exacte recherche, et suis bien marry que la presse que l'on m'a donnée ce jourd'huy pour l'expédition de l'ordinaire m'aye faict oublier d'en escripre à Rome, pour voir si elle s'y rencontreroit à ceste heure plus facilement qu'aultresfois. Au reste je ne sçay si je n'ay point oublié de vous advertir par mes précédentes lettres que j'ay envoie par M' le v^ Prieur de Roumoules une quaisse de manuscrits dont on m'a accusé l'arrivée à Paris dez le premier novembre, où sont mes trois divers Pentateuques samaritains avec le Dictionnaire des Samaritains en 3 langues et les lettres orîginaiies du prebstre et de la Sinagogue des dits Samaritains à feu M' délia Scala, dont je vous avois escript, avec mes deux Nouveaux Testamentz syriaques et aultres livres tant pour le P. Morin et M*" le Jay que pour aultres amis, mesmes on volume d'c^uscules de Galien traduicts en hébreu, où il y a plusieurs pièces dont le texte grec et la iiyersion latine esloient perdues, pour pouvoir servir à M' du Chat en l'édition qu'il entreprend die toutes les œuvres de cest autheur.
J'ay receu depuis deux jours quelques livres de Rome, entre lesquelz est ce gros vofume du P. Scheiner qu'il a intitulé jRo«a wr«iVm, sur les macules du soleil qu'il faict transformer en parties plus lumineuses en apparence que le reste du corps du Soleil, quand il
les veult faire esvanouir au> milieu de leur carrière, comme au contraire il faict paroistre par une extraordinaire lumière les macules qui doibvent naistre dans le disque solaire» dont nous avions bien recongneu quelque chose, lorsque nous vous escripvions sur ce subject, mais j'y donnois d'aultres inductions que luy; il le faudra examiner un peu plus à loisir. Cependant je vous remercie bien fort de la relation que vous m'avez faicte de ce vieux meuâe de Lyon de M' Pellot, dont j'oubliay de vous demander un peu de griffonnement , pour voir s'il n'est pas en sorte qu'il aye aultresfois servy de couvercle, de tampon ou de bouschon d'un vase; que si cela est comme je me l'imagine, je prieray encores ledict s' Pellot de me le faire portraire, car j'en ay trois auitres qui ont jservy à mesme usaige, et qui sont de différentes figures, representantz l'un une teste humaine, l'aultre une teste de loup ou de renard, et le troisiesme une teste de singe, et j'en ay aultresfois veu qui avoinl la teste d'aigle.
J'avois autreffois le livre de Prosper Alpinus des maladies et médecines d'iEgypte^ que j'ay faict chercher fort soigneusement partout céans pour voir ce qu'il pouvoit dire de la goutte du Solstice, dont il me semble l'avoir autreffois ouy discourir, mais il ne s'est trouvé que le seul volume des plantes d'^Ëgypte, et celluy du baulme a part. Il fault que celluy là m'ayt esté retenu par quelqu'un des médecins de ceste ville, comme pou voient estre feu M*" Fontaine et feu M"^ Merindol, ausquelz je suis bien asseuré de l'avoir auitreffois monstre. Avec ces livres de Rome nouvellement arrivez, j'ay un petit fagot de livres de la part de Dom du Puy, procureur de la Chartreuse de Rome, pour Mess" ses frères, lesquelz m'ayant^ escript- de Paris que je l'ouvrisse et j'en tirasse un Diogenes Laertius in-f°, qu'ils vous avoient promis pour le vous faire tenir à Digne, je n'ay pas voulu
' Prosper Alpini, mëdeciD et botaniele, sieurs de ses livres, notamment de celui
ne en i555 dans TÉtat de Venise, mou- qui est ici mentionne {Mediema j^ypUo-
rat professeur èi Tuniversitë de Padoue en mm). Voir ia liste des publications d*Alpini
1617. n avait rapporte d'un voyage en dans le Manuel du Ubraire (t. I, p. 199,
kgypte (i58o-i583) les matériaux de plu- 900).
manquer d'y satisfaire et le vous envoyé présentement à Tadvance par ceste bonne commodité du vénérable P. Maximilian qui s'en va prescher en vostre Eglise, affin que vous le trouviez là à voslre arrivée, pour le joindre au reste de voz livres et pour vous en pouvoir servir, au cas que vous y fassiez du sesjour. Mais si vous m'en croyez, vous ne vous y arresterez point plus d'un jour, et vous en viendrez inconlinant de par deçà, comme je vous en supplie et conjure trez instanimentz pour vous prevalloir de la plus belle occasion qui se pouvoit jamais présenter de rendre un notable service au public, et particulièrementz à ceste province, et possible pour vous mettre en créance telle qu'il fault auprez de Monseig' le Cardinal duc de Richelieu , et par conséquent auprez du Roy, pour vous faire donner d'aultres plus grandz emplois, et en suitte la recongnoissance deue à vostre vertu; c'est que le dict seigneur Cardinal veut avoir une carthe trez exacte de toute la Coste maritime de ceste province, où c'est que Mons' le Président Seguiran , mon beau-frere, a charge d'aller faire un voyage , pour y faire vacquer en sa présence par.gentz les plus intelligentz qu'il y pourra employer, et pour cest effect il doibt partir d'icy dans 8 ou lo jours, et sera infiniment ayse de vous y employer plustost que tout aultre, et de prendre avec vous telle personne que vous jugerez plus à propos pour travailler aux desseins des portz et havres plus importantz et pour exécuter ce que vous en ordonnerez aprez avoir prins les élévations polaires et aultres dimensions les plus exactes que faire ce pourra. J'ay creu que vous accepteriez volontiers cest employ pour l'aiïection que vous monstrez d'avoir à la patrie, puisque cela ce peut faire sans vous charger de despence, et avec bien moins d'incommodité que s'il vous y falloit aller tout seul , car la présence de M' Seguiran et i'authorité de sa charge de lieutenant gênerai en l'intendance de la Marine fera concourir partout à son secours et au vostre toute sorte de personnes dapables d'y contribuer ce qui pourroit y estre requis Haslez vous donc, je vous supplie, de vous en venir, pour rie point retarder le voyage de M*" le Président qui vous attend en bonne dévotion, aussi bien que M" de la Valette et voz aultres bons amis, entre
IVPKIHEttB RATIOIIALr.
iesquelz vous voulez bien que je maintienne le rang que vous m'avez
donné ,
Monsieur,
(le vostre, etc.
D£ Peiresc.
A Aix, ce 18 novnmbi*e lùSi '.