IV
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voir, arrivèrent trop tard, et qui pix est le volume de vos Exercitations contre Flud, avec voz Parhelies que j'avois aultre foys faict relier ensemble en marroquin, et qui s^estoit confondu, en sorte que je ne l'avoys peu trouver en le cherchant, lequel je. rencontray par hazard, le jour mesme de son départ, et je seray bien empesché de le luy envoyer plus loing de vostre part comme je Tavoys faict à Marseille, d'où le tout m'a esté renvoyé, car pour les simples lettres il y aura prou moyen de les luy envoyer par la poste ordinaire à Rome. Tout cela ma grandement mortifié ces jours-cy ^
À MONSIEUR, MONSIEUR GASSEND,
DOCTEUR EN S^ THEOLOGIE ET THEOLOGAL EN L'EGLISE CATHEDRALE DE DIGNE
À DIGNE
Monsieur, Ce mot n'est que pour ne pas laysser perdre la commodité de vous envoyer le libvre du P. Sirmond que je plains grandement de s'estre engagé au combat mal à propos, et sans nécessité^; il a affaire à un estrange champion. Nous avons encore icy M' Petit qui a bien du regret de ne vous pouvoir embrasser ; il est bien vostre serviteur, comme l'est aussy.
Monsieur,
vostre, etc., DE Peirbsg.
A Aix, ce S9 septembre i633*.
' Bibliothèque nationale, fonds français, ' Bibliothèque nationale, fonds fran-
1 S779>, fol. 86. çais, 19779, fol. 87. De la main d*un se-
' Le combat contre Du Vergier de Hau- crétaire. ranne.
À MONSIEUR, MONSIEUR GASSEND,
DOCTEUR EIN S^^ THEOLOGIE ET THEOLOGAL EN L'iÎGLISE CATHEDRALE DE DIGNE,
À DIGNE
Monsieur,
Vous apprendrez par la despesche cy joincte de M' L'huillier ce que m'escript de sa part M' du Puy du 1 6 de ce moys que la nuict précédante le père dudict L'huillier estoit decedé, et avoit laisi^é à M' son filz son office de Maistre des Contes pour 3o mille escus soubs le bon plaisir de M'* ses beaux-freres, lesquels seront obligez par toutes voyes d'honneur et de raison de luy en laisser toute la disposition et contentement quil sçauroit désirera Dezhormais il pourra mettre un establissement plus certain en ses affaires. Je ne doubte pas que vous ne ressentiez cet événement de la mesme sorte que le sçauroit ressentir ledict s'. Je prie à Dieu qu'il luy préserve et à Vous, Monsieur, tout ce que vous aymez le plus Tun et laultre.
Le traicté de Lorraine qui avoit esté signé le iq^ par le Cardinal, fondé suffisamment de pouvoir du Duc son frère, n a pas sorty à effect par des ordres contraires de ce Duc, tellement que Ton passe oultre au siège de cette ville là, qui courra grande fortune d'une ruine inesvitable. Dieu aveugle souvent ceux qui ne vont pas comme il fault en besoigne ^, et je demeure ,
Monsieur,
voslre, etc., DE Peiresc.
A Aîx, ce 96 septembre! 633, en baste.
M' Petit vous salifie ti*ez affectueusement.
Je vous envoyé la lettre de M' de Marcheville'.
^ Sorlepèreetlesbeaux-frèresdeFr.Luil- » ' Qwê wiii ffràetn y ^Xr, lier, voir lefasc. XVI des Corrrfspoiubfiti it ' Bibliothèque nationale, fonds Trançais,
P(nre«c(Avertîs9einent,texteetnotei,/NUfMi). 1977a, fol. 89. Autographe.
36â LETTRES DE PEIRESC [1633]
À MONSIEUR, MONSIEUR GASSEND,
DOCTEUR KN s'° TnBOLOGIE ET THEOLOGAL EN L'EGLISE CATHEDRALE DE DIGNE,
À DIGNE
Monsieur,
J'ay ce jourd'huy par Tordinaire faict tenir à M' L'huiUier voslre pacquet, et i^ay accompagné d'une petite lettre de condoléance. Mon homme avoit oublié, Taultre jour, de mettre soubz vostre enveloppe ta lettre de M' le comte de Marcheville que je vous envoyé maintenant, et trouvant le porteur de bonne volonté, j'y ay faict adjouster un autre libvre que je n'avoys pas encore veu bien qu'il fust arrivé long temps y a. Je ne sçay si vous n'estiez point encore icy, lorsque je receuz un petit livre in-/i° imprimé à Pise contre le pauvre Galilée d'un Claudius Berigardus^ qui estoit demeuré confondu depuis son arrivée jusques à ceste heure. Si vous trouvez bon, je vous l'envoyeray m'imaginant tousjours que vous l'avez veu, car sans cela je vous l'envoyerois tout à ceste heure, bien que je ne pense pas que vous y trouviez grand goust, car je n'ay pas eu la patience d'en lisre grand chose.
Enfin M'' Petit s'en est retourné pour aller jusques à Montpellier pour suivre un petit procès ; c'est une merveilleusement douce conversation que la sienne, et grandement agréable. Je pense vous avoir mandé comme le P. Athanase passa soudainement sans se vouloir arrester, non plus à Marseille qu'icy, et sans vouloir attendre les galleres du Pape qu'on y attendoit en bonne dévotion. Je fus si malheureux que je ne sceus jamais trouver, tandis qu'il estoit icy, voz exercitations et observations et voz parélies, dont le volume s'estoit confondu par mon Ëstude. Je pensois estre bien heureux quand je le rencontray inesperement, et le luy envoyois à Marseille de voslre part, mais il se trouva embarqué et party par un temps qui se gasta sitost, qu'on jugea bien
' Sur Claude Guillermet, seigneur de Berigard, professeur à Tuoiversitë de Pise, puis de Padoue, voirie recueil Peireso-Dupuy, t. II, p. 468, 617.
que sa chaiouppe se seroit arrestée à Toulon , où je le luy renvoyay de
rechef incontinant, mais il y arriva encores trop tard, aussy bien que
les lettres d'addresse que j'avoys faictes pour luy à cez curieux de Rome,
tellement que par le dernier ordinaire de Rome, je luy envoyay les
dictes lettres, le volume s'estant trouvé un peu trop gros pour envoyer
par la poste, mais je le feray par la première commodité d'amy, et
peut estre par M' le chevallier de la Valette * qui dict s'en vouloir aller sur
ces galleres où le dict P. Âthanase avoit dict aussy vouloir s'embarquer.
Mais il changea de dessein du soir au lendemain, et me dict adieu par
une lettre, ce qui me fit incontinant escripre à mes amys de Rome
assez bon nombre de lettres ne pensant pas quil fist voyle sitost, mais
il se trouva party pour ma mortiffication que je plains davantage pour
Tamour de vous que pour Tamour de moy, pour ne luy avoir peu
donner ce livre de vostre part, sur quoy je finiray demeurant,
Monsieur,
vostre, etc.,
DE Peiresg.
A Âix, ce 37 septembre i633.
J'ay creu qu'il valloit mieux adjouster encor cet aultre libvre, en cas que vous ne l'ayez pas veu^.
À MONSIEUR, MONSIEUR GASSEND,
DOCTEUR EN S^^ THEOLOGIE ET THEOLOGAL EN L^^GLISE CATHEDRALE DE DIGNE
Je receus par les mains de Monsieur vostre brave Evesque la lettre dont vous l'aviez chargé le soir mesme de sa datte, dont j'admiray la
^ Sur le chevalier de la Valette , voir le re- fille qui devint sa femme , t. II , p. â3â-â36. cueil Peireso-Dupuy, où tant de détails sont . ' Bibliothèque nationale, fonds français, donnes sur Tenlèvement qu'il fit d'une jeune 1 3779 , fol. 91 . De la main d'un secrétaire.
diligence, et ne manquay pas de Tasseurer de toute la correspondance que je pouvoys contribuer tant aux tesmoignages d'affection qu'il me voulut faire de vostre part qu'à ceux qu'il y adjousta de son chef, et si j'avoys jamais des moyens d'en donner des preuves à l'un et à l'aultre conformes à mes vœux, vous les trouveriez bien, je m'asseure, aussy conformes à mon debvoir. Aujourd'huy par l'ordinaire j'ay receu le pacquet cy joinct de M' L'huillier avec une sienne lettre grandement honneste à son acouslumée, et avec celle que vous m'aviez escripte des le dernier aoust, laquelle vous aviez par mesgarde enfermée soubs vostre enveloppe adressée à luy, au lieu de celle que vous luy escriviez qui demeura dehors, et soubs mon enveloppe, à quoy j'ay eu un peu de regret, car si je l'eusse veue allors, il eust esté encor assez à temps pour envoyer à M' Swickard^ le mémoire des livres ou Ëpistres Samaritaines, conjoinctement avec sa lettre, mais il fauldra la faire suyvre à la première commodité, Dieu aydant. M"* L'huillier, qui n'y print pas garde en ouvrant son paquet, a creu que je la luy eusse envoyée pour la luy faire voir, et de faict, il y a voit une bien curieuse observation vostre, laquelle eust bien mérité d'aller à M'' Swickard, concernant le phénomène des Gemmeaulx quasi en mesme ligne avec la Lune, Mars et Venus. Mais elle ne sera pas moings bonne une aultre foys et tousjours y eust il fallu les cottes particulières des distances réciproques , et du temps de voz observations tant de ce jour là que du suyvant.
Le dict s' L'huillier me mande qu'il avoit bien trouvé des £aiultes aux aultres feuilles de la transcription précipitée de vostre Epistre audict s"" Skikard, ce qui me faict un peu regretter sa peine, et dict que par te prochain ordinaire il me la vouloit envoyer avec son exemplaire de sa philosophie sceptique dont il se veult priver pour l'amour de moy, eu quoy il me mettra en peine, car un tel libvre estoit bien mieux entre ses mains qu'aux miennes. J'ay receu de la part de M*" Diodati un second exemplaire du livre de Veritate de millord Herbert pour le P. Campa-
' C'est bien la forme que donne ici Peiresc, ainsi qu*im peu plus bas, i un nom quil <^erit d'habitude différemment (Slnhard).
nelia à qui je Tay envoyé par les galères du Pape soubs aultres envelopes des domestiques du Cardinal , et par mesme moyen j'en ay eu un tpoisiesrae exemplaire pour mon compte, qui doibt neantmoings estre sur le vostre, car ce n'est, je m'asseure, que pour Tamour de vous que M' Diodati m'en a voulu faire part, sçaichant combien je vous suis desvoué, ne lui ayant de mon chef rendu aulcun service qui peult mériter cette faveur.
J'ay receu encor le Guillaume de St Amour ' que je vous envoyeray, si le voulez voir, et attends un aultre fagot avec le livre de Seldenus*-^, De jure hereditario Hebrœorum^ qui est en chemin et encor un aultre qu'on y devoit mettre la mesme sen^gine du TertuUian de M** Rigault. M' L'huillier me charge de vous envoyer coppie d'une lettre du Cardinal Duc au Prévost de Paris sur la réduction de Nancy ^ que j ay
* PhSosophe et thëologien né au cornmencement du xiii' siècle, à Saint- Amour (Jura), mort le i3 septembre 1979. Ce chanoine écrivit contre les Dominicains, en 1956 , un traité intitulé Deperieulù novisnmontm letnporum qui fut publié à Constance (i639, in-4').
* Voir sur Selden le recueil Peiresc- Dupuy, où le nom du grand publiciste revient si souvent.
' Voici ce document que Peiresc avait fait transcrire à la suite de sa lettre et qui, dans le Recueil Avenel, ne figure pas plus aux analyses qu'aux textes :
Lettre de M. le Cardinal de RieheUeu àlll,k Lieutenant Civil, Preoostdes Marekands, Monsieur,
Estant Bourgeois de Paris comme je suis , aimé de mes concitoiens et passionné k leor contentement, je ne puis que je ne vous mande que le Roy sera demain dans Nancy, que Mons' de Lorraine a enfin mieux aymé luy remettre entre les mains que de luy laisser prendre. Cette place asseurera tdiement la
France du costé de Champaigne qu*il n y aura pas presse à la muguetter de ce costé là. Le travail qu*on fait d autre part dans la Picardie mettra cette frontière en estet que Tattaque en seroit difficile et ainsy je veux croire que quelque mauvaise volonté que puissent avoir à Tadvenir les ennemis de la France, ik ne luy feront pas grand mal, et je conlribueray tousjours trez volontiers ce qui dépendra de moy pour la guarentir, et pour vous tesmoigner en vostre particulier que je suis.
Monsieur,
vostre très affectionné
à vous rendre service.
Le cardinal oi Righbllibd.
Dn Camp devant Nancy, le 96 feptembre i633.
Et au dos estait eserit :
La nonvelle que vous apprendra le dessus de cette lettre vandra mieax que odle du dedans qui prometteit seulement Tentrée dans Nancy, au lieu que ces trois motz voua àsseureront queO'est Cûcte, et que le Roy en est le maistre.
monstrée à M"* TEvesque de Digne, lequel dict vouloir partir demain, sans que je luy aye peu donner aulcun tesmoignage de ma dévotion et cordiale affection à son service, non sans beaucoup de mortification mienne, tant parce que je cognoys luy debvoir de son chef, et comme neveu de touts cez Mess" de Boulogne, ses oncles, auxquels j estoys si redevable de longue main, et encores comme estant si estroictement lié d'amitié avec vous, à qui je doibs et à touts voz amys toute sorte de service possible, Monsieur,
vostre, etc.,
DE PeIRESG.
A Aix, ce 8 octobre i633 '.
À MONSIEUR, MONSIEUR GASSEND,
DOCTEUR EN S^^ THEOLOGIE ET THEOLOGAL ES L'EGLISE C\THEDRALLE DE DIGNE,
À DIGN£
Monsieur, Je receuz par le P. Provincial des Cordeliers vostre fagot de livres du 17"* un peu trop tard pour envoyer vostre lettre à M*" Gaffarel, à qui j'avoys escript mardy dernier par l'ordinaire de Lyon , d'où l'ordinaire de Venise doibt partir mardy prochain. Je voulus incontinant envoyer à M' le Prieur de La Valette sa lettre et son livre de Lansbergius, mais il estoit à sa nouvelle bastide d'où il n'est pas encore de retour, et ne laisse chez luy persone avec qui on se puisse arraisonner, tellement que le tout est encor icy, et je pense qu'il viendra à ce soir ou demain. Cependant l'ordinaire m'a apporté le pacquet cy joinct de M*" L'huillier à vous addressé, et accompagné d'une trez honneste lettre, ce qui luy est bien ordinaire, et d'un madrigal françoys du s' Chappe-
' Bibliothèque nationale, fonds fraoçfiiB, 19779, fol. 98. Autographe.
lain pour M*^ de Rambouillet^ que je vouS^ envoyeray avec sa lettre, aprez luy avoir respondu, mardy, s'il plaict à Dieu. J'ay receu par aultre voye dans une balle du s' Moreau un aultre pacquet dudict s'' L'huillier adressé à moy que j'ay ouvert sans achever de lisre la suscription, où ne trouvant que les Epistres de M"^ le Cardinal de Richelieu etc. pour les moines^, j*ay bien recogneu que j'avoys failly de n'achever de lisre la subscription de ma lettre. Je le vous envoyé donc avec mes excuses, bien asseuré que vous les admettrez, et vous envoyé aussy la lettre du cardinal Barberin concernant M^ de Boisseu , d'aultant qu'il ne me souvient plus des tiltres et qualitez de M** L'agneau , ne des adresses qu'il y fault tenir. Gela n'a pas tant de haste qu'on ne puisse attendre la lettre ou enveloppe que vous y vouldrez joindre. J'ay receu par mesme moyen le livre de Seldenus, de Jure hereditario Hebreorum , celuy de Rivius de re navali^y une Histoire d'Edoard VI et Marie d'Angleterre, et quelque aultre qu'il fauldra faire couldre pour en voir quelque chose. M' du Puy dict m'avoir envoyé le Tertullian avec quelque aultre chose , et m'envoye un extraict de quelques tiltres de livres de la foire, entre lesquels y a un nouveau atlas en 3 volumes f°, quelques suppléments de ces recueils de livres de l'Histoire des Indes tant orientales qu'occidentales, des continuations de ces petites Republiques, l'une de l'Arabia, l'autre de la Rhœtia, un Rivetus de origine Sabbathi, le Regnum Auicum dé Meursius, Gaspar Barlœus Contra Machiavellum y etc. Il fauldra voir s'il en demeurera rien aux libraires quand noz lettres seront à Paris, et je finiray pour estre un peu pressé, demeurant. Monsieur,
vostre, etc.
DE Pkibesc.
A Aix, ce 99 octobre i633.
* Ce madrigal, adresse k ia princesse * Au sujet des attaques dont fls avaient ëté
Julie, a ëtë souvent publie. C'est une des Tobjet de la part du fougueux ëvèque de
meilleures petites pièces de vers de Chape- Bellay.
lain qui enfin avait de fesprit, comme dit * Siur le livre de Rivius et sur tous les
un bon juge en la matière, le cardinal de autres livres énumërës à la suite de celui Ib ,
Retz. voir le recueil Peiresc-Dupuy.