CONSEILLER DU ROY EN SA COUR DE PARLEMENT
À AIX
Monsieur,
J'ay receu vostre despesche et leu vostre lettre du la" de ce mois avec une grande consolation , premièrement pour ce que j'ay appris
^ Bibliothèque nationale, fonds français, 13779, foL 18&. Autographe.
que V0U8 avez commencé de recouvrer la sauté et de sortir non seulement du lict, mais encore de la chambre et de la maison mesme et d'ailleurs de ce que je me suis imaginé la satisfaction avec laquelle vous avez eu aggreable de vous descharger comme dans mon sein d'une partie du desplaisir que ces Messieurs vous ont voulu donner ^ Us ont certainement tesmoigné qu'ils estoient jeunes et avoientpeu de cognoissance de vous et d'eux mesmes. Mais ce n'est pas là ce qui m'a estonné. C'a esté la disposition en laquelle se sont trouvé les plus vieux d'adhérer à leurs propositions, en ne considérant point ce qu'on dit communément hodie mihi cras tibi. Toutesfois en cella il n'y a rien que d'humain , et pour vostre particulier la chose n'en peut que réussir à vostre plus grande gloire. Ce n'est point que je considère la réparation que vous en pourriez obtenir. Il ne m'appartient point de vous rien dire la dessus, puis que vous prévoyez trop mieux les peines ausquelles ce soin vous peut engager, et le succès que peut avoir une entreprise de ceste importance. Je considère seulement qu'avec la réputation en laquelle vous estes l'on prendra ce traittement pour une. preuve infaillible de l'eminence de vostre vertu, comme n'estant rien qu'un ordinaire effect de l'envie, qui fait que les hommes ne peuvent souffrir les approches de ceux dont leur imperfection relevé le mérite oultre ce que tousjours on s'advisera bien mieux de ce que vous valez, quand on s'estonnera de quoy ces gens n'en auront point fait davantage d'estime, comme ce grand personnage là disoit autresfois qu'il aimoit bien mieux que la postérité demandast pourquoy il n'avoit point esté consul, que si elle demandoit pourquoy il l'avoit esté^. Pour moy je m'imagine que vous qui avez de si prez et si longuement approché de la personne et eu tant de cognoissance de la vertu de monsieur du Yair, vous deviez souvent proposer l'accident de sa disgrâce, et penser que de tout ce qu'il a dit, escrit et fait en sa vie dans ces grandes charges qu'il a possédées, il n'y a rien qui tourne plus à sa gloire, et qu'on
^ MM. deSamt-MartinetdeGordon, qui très mauvaise cause du neveu de Peiresc. soutenaieDt , ainsi que nous Tavons vu dans ' Le mot a été redit, de nos jours, à
la lettre précédente (p. 563 et 56&), la propos d^ûne décoration.
puisse moins oublier que cest esloignemenl des sceaulx , . dans les-* quels tout le monde sçait combien il usoit^ en homme de bien. C'est un grand point que de souffrir pour Tesclat de la vertu> pour ce que les raesmes moyens dont les envieux s'efforcent de la .ternir, sont les eschellons de la gloire , qui Taccompaigne , malgré eux , en telle sorte qu'il faut qu'avec le temps la malice mesme l'adore. Ce que je dy. Monsieur, non pas pour rien adjouster aux réflexions que vous faites bien mieux vous-mesme que je ne sçaurois penser, mais seulement pour vous tesmoigner comme quoy je vay par fois resvant, pour mè remettre du contre-coup que vostre desplaisir ma donné. Loué soit Dieu de quoy la chose estant arrivée, lorsque vous estiez desja daiis le lit, et aviez besoin de soulagement, vostre mal n'en a point empiré, et vous avez donné ceste preuve de vostre généreuse vertu , que ce qui eust esté capable d'allitter quelque autre, vous a remis vous sur pied. Vous m'avez d'ailleurs ravy en voyant que ceste secousse ne vous a point empesché de continuer de sens rassis ces spéculations naturelles dont il vous a pieu me faire part, et dont je vous suis tousjours plus redevable. Je suis regretteux que si vous prennez la peine de jetter les yeux sur ce cahier que vous avez retrouvé vous n'en receviez point la satisfaction que vous en pouvez attendre; pour le surplus, vous le garderez autant qu'il vous plairra, parce que je n'en ay point présentement à faire, et toute la peine en laquelle j'en estoy, c'estoit parce que s'il eust esté perdu je desesperois presque de me redonner la peine non pas de faire les mesmes raisonnemens, mais de refueilletter tous les autbeurs dont j'y ay recueilly les passages, après en avoir entièrement perdu tous les brouillons et mémoires. Ainsi il ne faut point douter que je n'aye esté extrêmement aise de quoy vous l'avez retrouvé après la curieuse recherche que nous en avions faite autresfois , et que ma joye nait esté plus que redoublée par cette grande exultation dans .laquelle vous avez esté et laquelle sans doute vous estoit divinement réservée en une saison en laquelle vous aviez besoin de quelque joye extraordi-
* Peiresc par inadvertance a ^crit vuioit
[t635] ET DE GASSENDI. 569
naire. Au reste je vous vay r envoyer, Monsieur, prenoierement voslre exemplaire de l'oraison d'Hortensius, laquelle sans doute vous prendrez plaisir de lire, bien qu'en toutes choses cest honneste homme ne soit point d'accord avec nous. Je tascheray de prendre l'occasion de luy faire un mot de responce entre icy et l'autre ordinaire, marry que sa lettre soit desja de vieille date, car elle est du 1 5* de juillet, et que je n'aye point receu son observation de l'eclipse de Lune qui arriva au mois de mars, comme il me marque qu'il me l'a envoyée. Il se plaint extrêmement du peu de soin qu'ont les gens de ce pais la des bonnes estudes, et il voudroit bien estre à Paris, mais il ne sçait pas combien sont rares ceux qui aiment, honorent et protègent la vertu aussi bien en France qu'^ailleurs, et combien de gens de lettres il y a eu à Paris mesme qui ont prisé les Holandois au desadvantage de nostre nation quand ils ont appelle chez eux M' de Saulmaise. Je vous r'envoye en second lieu la lettre de M'Naudé, du contenu de laquelle j'ay bien à la vérité un peu esté surpris, mais non pas au point que vous pourriez croire, car monsieur Diodali et monsieur Bouchard vous pourroint tesmoigner comme quoy m'ayant demandé avec candeur le sentiment que j'avoy du bon père * pour le peu de fréquentation que j'en avoys eue chez vous, je leur ay dit quelque chose d'approchant de la teneur de ceste lettre, mais avec de tels addoucissemens , que iuy mesme quand il auroit veu mes responces n'auroit point eu tout le sujet du monde de s'en offenser. En un mol je pense que monsieur Naudé escrit bien comme un homme qui est un peu oultré \ et dont le phlegme n'a point tout à fait tempéré la bile, mais après tout je crois qu'il y a plus de raison de son costé que de l'autre, et je le cognois d'ailleurs si naïf qu'il ne diroit point ces choses là si elles n estoint véritables. Je vous r'envoye encore les lettres de monsieur de la Ferriere, dans lesquelles je présume de n'avoir pas mal deviné la vraye cause de l'allittement', ou
* Gampanella, contre lequel Gabrid citée du 98 septembre i636 (p. 98-114).
Naudë avait écrit un violent acte d*accu- ' Non pas un peu ouiri, mais excessive-
sation. Voir dans le fascicule XIII des ment.
Correspondants de Peiresc la lettre dëjk ' Action de prendre le lit. Ce mot, dérive
mminâis iatiosu.!.
570 LETTRES DE PBIftESG [1635]
du r engregement du mal et en fin de ia mort du pauvre M' Rapbaelis. Il avoit autresfois trouvé mauvais de quoy j^avoys refusé d approcher de ces puissances S mais je m'asseure qu'il a bien recogneu avant que de mourir combien c'est une chose douce que de vivre maistre de soy^-mesme et hors de ces précieuses chaines^. Je vous r envoyé aussi les lettres de M' le cardinal Bagni et de monsieur le cavalier del Poszo avec la copie de la lettre Espagnole touchant la germination du prunellier avr Testomach de ce jeune homme» la pittura del germoglio, mais je retien la copie françoise que j ay trouvée avec , pour la mieux considérer, et encore la lettre de monsieur Menestrier dont je n ay point eu le loisir jusques icy de faire aucun extrait, comme aussi les copies de voE lettres et du père Gampanella lesquelles je m'imagine que vous avez en partie fait bire pour moy.
Tousjours,
Monsieur,
vostre très humble et très affectionné serviteur,
Gassbnd.
A Digne, ce 16 de novemlire au ioir t63&.
i'oubliois de vous dire, Monsieur, comme un de ces moines de S^ Vincent^ mwt tantost venu dire qu'il croyoit d'avoir veu à ce matin quelque espeee de comète. Je ne l'en croy pas, parce que le ciel ayant esté tout nuageux il se peut estre meaconté sur quelque rayonnement de nuée. Je l'ay neantmoîns chargé d'y prendre garde demain au matin attendu principalecnent que l'endroit où son prétendu phénomène a
de aliter, est écrit ùUetmnna par Robert E&tienoe (i5&g). Voir le LHctionnuire général de la langue française, par MM. Uatzfeld, Dsrmedteiet* et Tlietiias.
^ Les puissances de la cour romaine.
* Phrase k mpprocher «Ui réoit fliil par Bougerai (p» lai)^ d*après une eooiidence de Gassendi lui-même en une lettre à Gabriel Naudë, du refus opposa par le philo-
sophe à un grand personni^ de Pans qoi voulait l'avoir toujours sous son toit et h sa lable^ lui assurant, en outre, une pensioD de trois mflie livres. Gassendi an» mieui garder son indépendance.
^ La montagne sur laqadle s'élevait, à Digne, le couveat des Trinttaires* où Gas» seiidi avait (ait diverses observations astronomiques.
paru nous est caché icy à la ville par les montaignes voisines. Gepen^ dant Mercure qui doit reparoistre dans & ou 5 jours se recommande bien à M"^ Garrat^
À MONSIEUR, MONSIEUR GASSENDY,
DOCTEUR EN S^ THEOiOGlB ET PREVOST EN L'IÎGUSE CàTEDBALE DE DIGNE,
A DIGNE
Monsieur, Je receuz lauitre jour sur le point de l'ordinaire, ce me semble, vostre dernière despesche du 1 6® accompagnée d un pacquet pour Paris que je fis acheminer bientost aprez, et de toutes ces lettres et aultres papiers qu il vous avoit pieu me renvoyer, sans que j'aye depuis seeu prendre le temps de vous escripre à mon ayse en responce de tous les chefs contenuz en vostre lettre, comme c'eust esté de mon désir et de mon debvoir, parce que j ay esté occupé ces deux ou trois jours durant le peu de temps qtie je puis desrober aux visites (dont on m'accable tout le jour céans) à escripre en ce pais de Levant pour extorquer du P. Michel Ange cappucin les observations de l'ecclypse dernière qu'il y a faictes à ma prière et à ma considération sadis neantmoins sestre encore peu resouldre à les bailler au P. Gelestiu, ne de me les envoyer luy mesme, luy ayant mis tant de gentz sur les bras pour les luy arracher des mains, que je ne pense pas qu'il s'en puisse deffendre. Cependant vous verrez cy-joint l'extraict de ce peu que m'en ont escript sur le crédit de leur mémoire ledict P. Celestin et le s' Balthazar Glaret, qui faict profession d'apothiquaire, mais qui est neantmoings curieux des mathématiques, jusques à sçavoir fort bien faire des plans. Ce qui présuppose que facilement il pourroit faire des observations célestes, s'il vouloit s'y adonner comme je l'en ay prié. Vous verrez
' Bibliothèque nationale, fonds français, 9536, fd. 177. Aatographe.
qu'il s'accorde fort bien avec le P. Gelestin au commencement, mais qu'à la fin ii y a certaine petite différence du temps qu'ils cessèrent d'observer, car le P. Gelestin cessa de plus voir la Lune à travers les brouillardz et l'ombre de l'ecclypse, lorsqu'elle avoit encores cinq degrez et demy de haulteur sur l'orizon, et l'aultre continua jusques à ce qu'elle n'en avoit plus que quatre possible parce qu'il avoit la veûe meilleure et plus pénétrante pour la discerner ecclypsée derrière les brouillards et dans le plus grand jour. Aussi atteste-t-il de l'avoir veûe pins longuement toute ecclypsée que le P. Gelestin, à compter depuis les 5o minutes aprez Ix heures jusques à ceste dernière observation de 4 degrez de haulteur, de sorte qu'il n'y a peut estre pas tant d'incompatibilité de l'une à l'aultre, si on exclud le temps de ceste doubteuse lumière que le P. Gelestin présuppose avoir duré jusques à 5 heures précises. Le mal est qu'ilz n'ayent point marqué de cez haulteurs des estoilles fixes sur lesquelles se pouvoit asseoir le meilleur fondement de tout, et crois bien que tost ou tard nous les aurons quoyque possible ces P. capucins se fassent un peu tirer l'oreille; mais neantmoins vous ne laisrez pas d'avoir encore un peu de plaisir de voir qu'on aye marqué la haulteur de la Lune â ou 3 foys, laquelle joincte à la rencontre de 5 ou 6 horologes à roues pourra aulcunement suppléer à la deffectuosité des plus grandes certitudes, en attendant quon les puisse tirer de la dimension de cez estoilles fixes, et quand mesmes il y pourroit avoir quelque sorte d'erreur au calcul, la différence est neantmoins si grande du temps que l'ecclypse a commencé là ou icy pour une si notable distance des lieux que la comparaison en est merveilleusement agréable, espérant que nous ne tarderons pas d'avoir les observations d'-^gypte et m'estonne que l'ordinaire de Rt)me ne soit passé dez hier ou aujourdhuy, par lequel j'attendois les observations qui sont encores en arrière du costé dltalie, tant de Naples que de Padoûe et ailleurs. J'oubliois de vous dire que je me suis bien plaint à eulx de ce qu'ilz n'ont point marqué le point du Soleil levant, et. la haulteur du corps du Soleil à quelques heures suyvantes, pour voir comment leurs horologes estoient adjustées, et à l'heure méridienne,
principalement pour en juger la haulteur du pôle , et crois qu'iiz en seront p]us soigneux à ladvenir, Dieuaydant, pour vostre satisfaction et celle du public. Vous voyez qu'iiz me demandent quelques libvres qui leur puissent servir d'addresse, et je crois qu'une foys pour toutes, il fauldroit vous resouldré d'en faire un petit libvret exprez pour servir d'instruction à ceux qui voiddront observer en païs estrange, lequel je feray imprimer volontiers pour en envoyer par tous les coings du monde où je pourray trouver commerce.
Taurois bien d'aultres choses à vous disre en remerciement de voz charitables et fraternelles remonstrances et exhortations, et pour vous supplier de diminuer un peu la trop bonne mesure que vous me faictes de l'opinion que vous avez prise de moy, à laquelle je sçay bien de n'avoir pas de quoy respondre, mais ce seroit une matière de trop long discours, et trop capable de vous ennuyer aprez tout ce que dessus, oultre que la compagnie qui me vient surprendre me contraint de clorre sans pouvoir venir aux aultres chefz de vostre lettre, et sans mesmes vous pouvoir parler d'une despesche que je viens de recevoir de M" BouUiau concernant nos observations optiques, laquelle je n'ay pas encore peu voir non plus que vostre cahier à mon grand regret qui est encore plus grand pour raison des arreraiges des observations de l'eclypse ; mais je me suis tousjours flatté et consolé sur le retardement de la réception des aultres observations plus importantes avec lesquelles s'en pouvoit faire la plus digne comparaison ; mais je suis à la veille d'en avoir plus de commodité que devant, avec l'ayde de Dieu, et possible en mesme tems quelque bonne raison de l'oultrage qu'on m'avoit voulu faire, ce qui me servira, s'il vous plaist, d'excuse légitime de la prorogation du delay que je vous demande encores pour quelques jours. Cependant Garrat n'a pas laissé de chercher la cometle toutes les matinées et le retour de vostre Mercure les soirées. Et je demeureray,
Monsieur,
vostre , etc. , et plus cordial amy,
DE Peiresg,
Aix, ce 93 novembre i635.
hlà LETTRES DE PEIRESC [1635]
Vous aurez vostre pacquet de M' Luiilier par le frère de M' Besson qui sera, si je puis, porteur de la présente. Vous ne me dites rien de l'observation du P. Estienne Autoul, minime, sur Tapparition du Soleil levant à travei*s les ondes de la mer, ce qui meriteroit bien une par* ticuiiere disquisition.
Depuis avoir escript, ayant trouvé une demye-henre inesperement pour jetter un coup d'œil sur la de^esche de M' BouUiau et ses ar*raisonnements optiques, où il a joint son advis sur la dernière question du P. Mercenne, j'ay creu qu'il vauldroit mieux vous envoyer le tout dez à présent, et que nous aurions toutloysir d*en attendre vostre ad-* vis avant que je luy puisse faire responce. Mais je vous diray cependant que par mes expériences je ne puis pas demeurer d accord avec luy de tout plein de ses maximes, sur quoy il fauldra un plus long disconrs.
Je ne sçay si je vous ay dict que j'ay receu du Levant Thistoire des plantes en arabe d'Ëbenbitar que j ay envoyée à M' de Saulmaise, le*quel y trouve tout le Dioscoride et une partie du Theopbraste et de bien boimes corrections\ et maintenant il m'est arrivé à Marseille un gros volume de l'histoire des animaulx en arabe selon l'ordre de l'ai* phabet arabe dont ces peuples orientaux font grande estime, et dont on ne m'a pas nommé l'autheur. C'est pourquoy je voudrais bien sca* voir s'il n'est point exprimé dana le catalogue que vous feistes imprimer des livres arabes de M' Golius que je n ay pas sceu retrouver parmy mes papiers^ tenant le lict, comme je faictz la pluspart du temps. Si par hazard vous en aviez un exemplaire double de reste, vous me feriez plaisir de me l'envoyer. J'oubliois de vous dire que mercredy nous passasmes en conversation grandement agréable une bonne partie de l'apres disnée à voir l'anatomie des deux yeux d'un petit cheval que nous trbuvasmes bien grands, et dont tout le vitrée estoit quasi réduit
* Rappelons qa'il s'agit là du traite des caeil Peiresc-Dupuy, t. 111, pu &, 898.
simples par Ibo el-Beithar, dont la traduo- ' CaUJogus variorwn librorum quot ex
tion française remplit la première partie des Orienîi advenu {sic, peut-être attuUt) , et in
tomes XXIH et XXVI des Notices et extraits pubUca bihliotheca Leyiense déposait Jacobus
des manuscrits. Voir sur cet ouvrage le re- Golius (Parts, i63i).
[1635] ET DE GASSENDL 575
en eau , et le cristallin grandement large et de figure platte comme une lanlille un peu plus par devant neantmoins que par derrière, et attaché par un costé comme quasi celluy du thon par ses oreilles. L'Orizon y estoit fort apparent an droict du nerf optique, et le lustre métallique au dessus dudict Orizon avec une teinture de fort beau verd, et des petitz rameaux qui sembloient des veines vertes plus parfaictement peintes de verd que le reste. Hz n avoient point de targe ne de ressort comme le renard et le chevreuil entre les paupières et la Jbulbe de Toeuil, mais ils avoient une bordeure noire aux extrémités du blanc de Toeuil d'une façon extraordinaire à tous les aultres que nous avions veu. Enfin on apprend lousjours quelque chose de nouveau en cez opérations et expériences.
Le pauvre Caméléon est encores vivant, et mangea une quinzaine de vers de farine mardy dernier, mais il a jeuané depuis lors et nous donne bien de la peine à le garentir du grand froid. li couche la nuict dans le iict de mon homme en un petit panier, il ne semble pas souf-* frir oomme le jour que nous le mettons dans un vase enterré dans du fumier observant tousjours des choses bien remarquables qui seroient de trop long discours. Je pense que si nous le pouvions sauver l'hyver, nous y apprendrions des merveilles, tant est qu'il ne nous manque pas des diverttssements.
L'on ma envoyé de Guistres une vieille lettre du 39® aoust, portant que le dimanche â6 sur le soir il avoit faict un si grand vent qu'il a voit ahbattu la pointe du pigooin de mon Ë^ise et ruiné tous les toitz ne s'estent veu de mémoire d'homme rien de si impétueux. Si vous aviez marqué b constitution du temps en ce inesme jour là , il en faudroit faire la comparaison* Il me semble que le landemaio qui fut la veille de i'edypse, nous eusmes icy le temps couvert et le vent marin du costé de Labesche^, sy je ne me trompe K
^ Dq oAtë du sud-oaest. Voir sur le vent * Bibliothèque nationale, fonds français ,
appelé Labech en langue provençale le re- 1^773, fol. a 16. De la main d'un secrécueil Peiresc-Dupuy (t III, p. i3&). taire.
À MONSIEUR, MONSIEUR DE PEIRESC