IV
34 LETTRES DE PEIRESG [1631]
medâiliettes ^ de GoDstantinople , et un escargot de marbre d'Alexandrie dont je vous remercie bien humblement. M*" Peiadan^ estoit avec moy quand vofitre précédante lettre me fut rendue. Je n*eus de ]uy qu'une patere de cuivre, et Tune de ses médailles d'or d'Honorius qui avoit ia barbe et un petit sequin d'or, ensemble sa monnoye d'argent qui est de Louys XII comme Roy de Naples, et non de Saint Louys. Il me monstra ses deux camayeulx, dont je tiens l'un moderne et i'aultre est antique, mais il le tenoit à trop hault prix pour n'estre qu'une Méduse dont il vouloît cent francs^. Il avoit quelques graveures, mais le feu y estoit aussy^, de sorte que je n'en voulus poinct. Il ne me monstra pas son Gordian, car je l'eusse achepté, si je l'eusse trouvé légitime^; il promet de revenir aprez vendanges, mais je ne l'attends pas pourtant. Et vous remercie bien fort des ad vis dont il vous plaict me faire part, estant de tout mon cœur, Monsieur,
vostre trez humble et obligé serviteur,
DB Peirksg.
De Beaugentier [en abrégé], ce lo septembre i63i.
Il me tarde de voir venir M^' le Cardinal de Lyon pour l'amour de vous^ principalement ''.
* Diminutif que nous n'avions pas encore rencontre, ce me semble, dans la correspondance de Peiresc.
' Voir plus loin une note sur ce personnage appelé Paladon par F. de Saint-Vincens.
' F. de Saint-Vincens a ainsi arrange cette phrase ( p. i s ) : tr ... ses deux camayeux , dont celuy qui est antique ne représente qunne Méduse; il en vouloit cent francs, aussi m ie puis-je pas. n
* C'est-à-dire : le prix en était excessif. ^ Phrase ainsi raccourcie et dénaturée
par F. de Saint-Vincens (p. is) : ?r J'eusse achepté son Gordian s'il me Teusse montré.''
* Boniface Borrilly avait les meilleures relations avec le cardinal Alphonse de Richelieu, lequel fut un des bienfaiteurs de son cabinet. Voir à ce sujet les pages 71, 72 du fascicule XVIII des Correspondants de Peiresc,
^ Fonds français, i5ao5, fol. ^1. \ut0' graphe. — Cette lettre a été imprimée par F. de Saint-Vinoens (p. 1 9 ) , avec adjonction de divers fragments d'autres lettres, notamment du passage de ia lettre n** XVI du prirent recueil relatif au fmisson pétritié envoyé d'Italie à Peiresc par le protonolaire Borrilly.
[1631] À B. BORRILLY. S5
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY
A AIX
Monsieur,
Vous avez tout pouvoir sur raoy pour voz arays aussy bien que pour vous. J'ay baillé à M' Fabri, voslre parent et bon voisin ^ non seulement les deux lettres qu'il me demandoit, mais encores sept ou huict aullres que je crois ne luy debvoir pas estre du tout inutiles s'il s'en veult servir^. Et desirerois bien pouvoir davantage quand il s'agira do voslre contanlement ou de ceux qui vous appartieiînent et que vous aimez, commandez seulement en toute liberté et authorité.
J'ay receu les petites médailles dont vous l'aviez chargé et dont je vous remercie trez humblement, principalement de h petite monoye d'argent, qui m'avoit donné dans la visière' quand je la tenois par le réveils, mais lorsque je la tournay du costé de la teste, je n'y trouvay que le vùlto mnto^ de Luques, mais il est vray qire c'est la plus ancienne que j'aye veu de celte sorte là, et que je garderay volontiers pour l'amour de vous en attendant d'aller voir voslre vieux consul nouvellement remis au jour et tiré des ténèbres. Mais il en fauldroit savoir le nom. Il y a voit longtemps que je n'a vois eu de vM lettres dont je commençois d'estre en peine, et croyois que 6ssiez de si longs arrérages pour avoir plus à dire quand M' l'Ange vous ameneroit comm^ il m'en faisoit donner de grandes espérances. Mais je me double bien que le
' C'est le personnage dont il est question ' Lettres de recommandation à Toccasion
dans YAvertissemeiU da fiiscicule XVIIl des de quelque procès,
rjorrcspomiaiit* (fePeimc (p. 7): ir M. Fabry, * Voir sur cette expression, qui signifie
son nepTea et son héritier, le porte dans sédmre, tenter, à ia fin du lonie III des Lettres
ses armes (fameux baudrier de Louis XIII).» de Peirese aux frères Dupuy, la iiste des mots
Les descendants de ce neveu de Tanti- et loeuttùns dignes de remarque,
quaire ont porté jusqu'à notre temps le * Fofto, visage, face. Il s'agit de la
double nom de Fabri-BorriHy, sainte face.
froid aura rallenty la chaileur de sa bonne' volonté en cela, vray est que je ne seray pas moings son serviteur pour cela nom plus que le vostre trez humble et trez obligé,
DB Pbiresc.
A Beaugentier, ce lo novembre i63i \
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY
ÀAIX.
Monsieur; Vous aviez raison de vous plaindre de m*avoir escript, car j'ay receu aujourd'huy vostre lettre dattée du i*^' octobre, il est vray que j'estime qu'il y ayt de l'équivoque pour le i®" novembre, elle estoit demeurée embarrassée dans une boitte que je n'avois pas ouverte avec d'aultres, dont je vous prie m'excuser. Je suis marry de n'avoir veu M' le lieutenant criminel de Lyon^, vous lui deviez persuader de s'advancer jusques icy où je l'eusse receu le mieux qu'il m'eust esté possible et luy eusse monstre ma dent qu'on presupposoit estre de géant, mais je la tiens estre d'éléphant et pour m'en asseurer mieux je portay ma main dans la gueuUe de Telephant pour toucher et empoigner les siennes internes que je trouvay de forme toute pareille. On me l'a envoyée de Tunis, d'où j'estime qu'il peult avoir recouvré la sienne'. Au reste je vous félicite l'acquisition des habillements du Roy Charles III"* dont vous debvez faire gi'and cas, et vous remercie bien
^ Fonds français, 1 59o5 , fol. 43. Auto- viez persuader, jusqu^à : qu'il m'eust esté pos^
graphe. sible.
* Passage incorpore dans la lettre oom- ' Voir le fascicule XV des Correspondants posite publiée par F. de Saint-Vinoens sous de Peirese, Thomas d*Arcos, p. lo. On troula date du i" septembre (p. la). A partir vera d'autres détails sur ce sujet dans les des mots : Je suis marry, une phrase a ëtë lettres de Peirese à Thomas d*Arcos destilaissée de côté par cet éditeur : vous luy de- nées h un des volumes qui suivront celui-ci.
[1631] À B. BORRILLY. 37
humblement de voz offres, ne vous en ayant pas moings d'obligation que si je les avoys acceptées. Mais si j'avoys cela ou rien de semblable , je le vous donneroys incontinant, ne regrettant que l'excès de voz honnestetez et le peu de moyens que j'ay d'user de revanche. M' le prothonotaire est sorty de Gènes bien à poinct, car on dict que la peste y faict bien du progrez ^ possible pour avoir esté tenue cachée comme à Nice depuis longtemps; sur quoy je prie à Dieu qu'il vous tienne tous en sa sainte garde et me donne des moyens de vous tesmoigner à bonnes enseignes que je suis, Monsieur,
vostre trez humble et trez obligé serviteur,
DE PeIRESG.
A Beaugentier [en abrëgë], ce i & novembre i63i *.
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA GHAMRRE DU ROY
À AIX
Monsieur, Pendant mon voyage de Toulon, où je me suis trouvé surprins de ma suppression d'urine, plus importune que de coustume, laquelle m'y a retenu plus de huict ou neuf jours, je n'ay peu respondre et satisfaire à mon debvoir envers mes amys, et particulièrement à vous, Monsieur, dont je vous prie me vouloir excuser. Maintenant que je suis de retour en ce petit lieu de repos et que j'y ay retrouvé la disposition de ma santé aussy bonne qu'auparavant, ou assez bonne pour m'en contenter à ma mode, je n'ay pas voulu manquer de vous féliciter comme je faicts, de l'acquisition que vous avez nouvellement faicte de cez
* Peiresc a écrit à la marge cette phrase : * Ponds fraûçfds^ 1 5ao5 , fol. &/i. Auto-
ir Messieurs de TooUou ] uy ont ostë Tentrée. n graphe.
belles Bgures de Jean Bologne ^ qui ne pouvœent tomber en meilleures mains que les vosiïFes. Vous remerciant trez hnnableiiient de tant d'honnestee offres quil vous piaiet me (aire sans que je lesaye méritées, et surtout de ce que vous me promettez comme homme de parole de uous venir voir à cez festes. En qnoy vous nous obligerez infiniment, et nous ferez bien de Thonneur. Vous y serez tousjours le trez bien venu , et encores plus sî vous ammenez M*^ le prothonotaire vostre cher fiiz.
Je n'ay pas trouvé avec vostre dernière lettre les vers de M' Billon sur voz belles conquestes^. Il faull qu'on ayt oublié de les y joindre. Je n'ay rien trouvé de vostre gousl en mon voyage de Toullon et y ay veu M' le marquis de Narmouslier', mais je ne l'ay peu gouverner à souhaict dans mon mal qui à peine me donndit quelques heures de relasche à chasque jour pour aller faire un peu de cour tandis que M^ le Mareschal y a esté, ce qui m'a bien apporté de la mortification. Mais vous sçavez que je m'accoustume facilement à la souffrance de mes maulx. J'espère pourtant encores assez de santé pour vous pouvoir bien servir un jour et les vostres et vous tesmoigner combieii je me tiens obligé d'estre toute ma vie ,
Monsieur,
vostre trez hurnble et trez obligé serviteur,
DE Peiresc.
A Beaugency [en abrëgé], ce lo décembre i63i.
J'oubiiois de vous féliciter les deux médailles d'or; si vous venez à cez festes S nous les verrons entre voz mains s'il vous plaict^.
' Le8 belles fifure* de Jeao dit de Bo- i6a3, in-Zi'') et XOêtrewniyomachie (Aix,
logne, le grand sculpteur que Douai donna 1639, in-A").
à ritalie, ne sont pas mentionnées dans ^ Sur le marquis de Noirmoutier, beau-
Vlfuoeniaire du cabinet de BorriDy. i^ls du maréchal de Vitry, le gouverneur de
' l^e poète BiiloQ a mis souyent sa fa- la Provence, voir les Lettres de Peiresc aux
cile muse au service de Borrilly. Voir di- frères Dupuy (passim),
verses pièces de lui dans les deux recueils ^ Les fêtes de Noël,
publiés par ce dernier, k bastdner du sacre ^ Foods français, iBaoS, fol. 66. Auto-
de Louys le juste XIII de ce nom (Aix, graphe.
A B. BORRILLY.
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE OIT ROT
À A IX
Monsieur, J'ay receu la vostre ^ et vous remercie de tant de tesmoignages de bonne volonté, vous félicitant le beau coutelas que vous avez eu du marquis de Ganillac^ qui ne peut pas estre de quatre cents ans s'il ressemble celluy de la pucelle d'Orléans qui n'est pas de plus de deux cens ans'. Si Monsieur le marquis vous eust dict que c'estoit Tespée de Raymond de Tou raine il Teust bien mieux peu faire croire puisqu'il est de ses ancestres^ que toutes ces aultres philosophies^ sur ces petits pertuitz que vous dictes dont je n'avois jamais ouy parler^. Quant à ces deux statues, leur matière et l'escripture qu'elles portent, aussy bien que le lieu d'où elles viennent \ n'est point incompatible à une
' Voir cette lettre dans le fascicule XVIII des Correspondants de Peiresc (p. 95-a8); elle est datëe du 6 janvier 1689.
* Sur Jacques de Timolëon de Beaufori- Moniboîssier, marquis de Ganillac, voir une DOte de la page 96 du fascicule ooosacrë k Boniface Borrilly.
^ L'imprudent Borrilly n avait pas hësitë è croire anx quatre cents ans du coutelas «ioQt le marquis de Caniliac lai avait (ait présent.
* F. de Saint-Vincens (p. i^5)abrègf^ dune part, et augmente, d'autre part, ainsi cette phrase : r^ Je le crois plutôt l'ëpëe de Raymond de Tureane qui est des ancêtres du marquis, et qui fit bien du mil au pofs les dernières années du xif* et premières du xrf sièele.*
^ Raisonnements. I^ mot est employé
par Peiresc avec une nuance de dédain.
* Le marquis de CaniUac avait donné des huit trous de son coutelas cette singulière explication , que farme avait appartenu à un général qm, fraux entrées des villes la portoit et que à diaoun de ces trous y mettoit des devises de plusieurs couleurs en signe de victoire «. F. de Saint-Vincens (p. \k) ose attribuer h Peiresc celte opinion indigne d'un aussi judicieux archéologue : «ces petits pertuis qui sont sur ia lame sont singuliers , il aura voulu marquer les batailles où il s'est trouvé. » Quel démon poussait F. de Saint-Vincens è travestir aussi gravement la pensée de Peiresc?
^ Sur ces statues venues d'Alep, voiî^^ dans le fascicule XVIII des Correspondants de Peiresc, la première partie de la lettre à laqueik répond cdle-ci (p. aS-aô).
àO LETTRES DE PEIRESC [1632]
plus grande antiquité que l'ordinaire, mais le mal est que ce sont choses si difficilles à deschiffrer qu'il n'y a pas de plaisir à achepter de ces choses là qui soit comparable à celuy que Ton a d achepter des choses qui se puissent deschiffrer, c est pourquoy ces choses là dans Rome et dans Venise et partout où elles peuvent eslre en commerce ne sont pas en si grand prix que les aultres antiquitez, ce qui vous pourra servir d'advis en cas qu elles fussent trop chères, car sy elles estoient à prix tollerable, je ne serois pas d'advis de les laisser eschapper. Sur quoy je me recommande à voz bonnes grâces estant,
vostre trez humble et Irez obligé serviteur,
DE Peiresg.
A Beaugentier, ce 8 [janvier] au soir i63a *.
À MONSIEUR, MONSIEUR RORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY
A AIX
Monsieur, Ça esté avec beaucoup de regret que j'ay laissé couUer tant de temps sans vous escrire pour vous remercier de la continuation de voz bienfaicts aussy bien que de voz bonnes grâces, mais j'avois le second doigt de la main droicte si mal accommodé d*un pannaris que pour peu que je m'eiïorçasse de prendre la plume le mal se rengregeoit, et pensois en avoir jusques à Pasques, mais grâces à Dieu j'en ay esté quitte à meilleur marché, et bien que je le tienne encores bandé, je nay peu me tenir de vous escrire ce mot par la commodité de ce laquay, pour ne pas dilTerer davantage les remerciments que je vous doibs de tant de jolies curiositez et particulièrement de ce vieux seau de cire en quoy
* Fomls français. t5sio5, fol. 74. De la main d'un secrëtaire.
[1632] À B. BORRILLY. 41
certainement vous avez bien rencontré mon goust prédominant. Je vous renvoyé la boitte de M' de Monlcony ^ dont je n'ay retenu que ledict seau avec les plombs puisque ce n'est pas vostre goust, et y ay remis vostre escu de l'empire, ayant gardé une coupple de ces petites noixsettes des Indes, n'ayant encores eu gueres de loisir d'examiner les medaillettes et les graveures. Mais pour la pierre estoillée, si bien il s'en trouve où les estoilles sont plus apparantes et plus proportionnées, je ne laisse pas de faire cas de celle la et vous en remercie trez affectueusement. J'ay veu la lettre que vous escripl ledict sieur de Montcony et ce que vous me mandez de cette médaille du Prince et Princesse d'Orange, laquelle je n'ay poinct veue qu'il mo souvienne, et si ce n'est chose tant de vostre goust possible loucheroit elle un jour le mien, car j'ay une suilte d'une vingtaine de différentes espèces de monnoye des Princes d'Orange, mais si elle n'a pas de proportionable poids aux monnoyes du temps, possible ne seroit ce pas chose qui peusse appartenir à telle suille. 11 la fauldroit faire pezer contre des quarts d'escu ou aultres espèces courantes. L'escu de Gènes n est pas si grande chose ne si rare qu'il s'en faille tant mettre en peine. L'empreinte ne laisroit pas de nous servir si besoing estoitaussy bien que l'original. Celuy que vous dictes du Franc à pied seroit bien plus considérable, si les pièces en sont bien r'adjustées, car ceux que j'avoys me furent desrobez comme vous sçavez. J'avois tant de regret de ne pouvoir fournir à M"" le Prothonotaire vostre filz ou à M"" de Cavaillon, une coppie de la remonstrance aux Genevoys que l'ayant demandée à divers curieux, l'un me l'a envoyée et inconlinant je l'ay faict transcrire par M*" Magas, bien marry que la maladie de mon homme l'ayt empesché de l'escrire de sa main, parce qu'elle eust esté un peu mieux ^. Je croys qu'elle sera
^ S agit-il là du célèbre voyageur Bal- (piestion eu ce passage de son père ou d'un
liiazar de Montconys, ne à Lyon en i6i i, autre de ses parenls»
mort dans la même ville, le â8 avril i665? ' Peiresc n'avait donc qu'un seul secrë-
Peut-étre, si Ton considère Fâge qu'aurait taire? On lui a souvent attribue un trop
eu alors le voyageur, une vingtaine d'années grand Irain de maison, seulement, vauUil mieux croire qu'il est
42 LETTRES DE PEIUESC [1632]
achevée à temps pour la pouvoir joindre à la présente , et sur ce , je (i ni*
ray demeurant.
Monsieur,
vostre trez humble et obligé serviteur,
DE Peiresg.
De Beaugentier, ce i5 febvrier i63a.
Je vous remercie et vous sçay fort bon gré des caresses et de la bonne assistance que vous avez faicte au sieur Janon qui ne se peult assez louer de vostre bonne chère, non plus que M' le consul Gussin des belles heures que vous avez envoyées à Mademoiselle sa femme ^
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDI?iAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY,
À AÏX.
Monsieur, J'avois toujours oublié de vous dire que le sieur Peladau'^ mavoit
^ Fond» français, i5so5, fol. &8. Autographe.
* Je dois à M. Georges Maurin qui a été pour moi an si excellent collaborateur dans le fascicule des Correspondants de Peirese, consacre à Samuel Petit , la note suivante sur Pdadan, d'autanl plus précieuse que Tarchéologue a ëtë très në^igé par les biographes nlmois et qu*il n*a pas même trouvé place, quoique collectionneur distingué, dans le Dictionnaire des amateurs français du ivii' siècle, par Edmond Bonnaffé. rrisaac Peladan, fils de Virgile Peladan, négociant, appartenait à la religion réformée. La date de sa naissance est inconnue; on peut la placer approximativement aux alentours de Tannée 1679, où, à cause de la peste, les registres de IVtat civil protestant sont assez
mal tenus. Isaac Peladan fut d abord mai^ chand , puis , en 1 63o, il s^associa avec Tarchitecte Guichard Baudan pour les travaux de la reconstruction de la cathédrale de Ntmes. Les registres du chapitre nous le montrent demandant à tout moment des acomptes.
Il resta célibataire; par un codicille du s 8 mai 1 6âo , il lègue k ses neveux Antoine et Jacques Jaufret ot, à leur défaut, à Tantiquaire le conseiller Gaillard Guiran , tr toutes ^ret chascunes les médailles d'or et d'argent (r antiques et modernes luy appartenant*, au conseiller au présidial J. de Lagrange frtous les tableaux à huile qui sont dans la trmaison«. Isaac Peladan mourut en 16&8. Mes recherches dans les registres consistoriaux m'ont appris qu'il appartenait au parti modért^ dans Téglise de Nîmes. y> kla suite
[1632] A B. BORRILLY. 43
parié de i'envie qu'il avoit d'un Aurelius d'or que vous aviez. Si ce vous
de la communication du savant académicien de Ntmes, je croîs devoir reproduire une curieuse lettre de Peladan , écrite le 99 mars 1667, à J.-M. Snarez, dvèque de Vaison, où Ton trouvera ia mention de deux ouvrages manuscrits probablement perdus , un sur les antiquités de Nimes, Tautre sur les fleurs : rr Monseigneur, (T Quant à vostre despart d'Avignon, d vous a pieu me donner advis d'offrir à M' le cardinal François Barberiii la dédicace de mon livre des antiquités de Nismes, bien qu'estranger, puisque Nisnies est colonie Romaine, après vostre reffus, quesonÉminence refusa aussi pour estre ofiert par un huguenot, que si j'eusse esté catholique sou Eminence leusse receu à très-grand honneur, je fis à ce relfus diverses considération : (pour?) les hommes de sçavoir la religion ne doibt pas (estre) d'empêchement, par exemple, llulman estoit huguenot, il dédia à M. le Cardinal Bain [c'est-è-dire Bagni], nonce du feu pape, le plan de ses tBorres meslées; Bartas aussi estoit huguenot, il dédia à M' de Pibrac qui estoit chancellicr du Roy Henri (roy de Pologne et de France) , le Triomphe de la foy, et partie de sa Sepmaine, et pour n'aller pas si loing M** Petit ne dédia il pas sa dernière œuvre ti feu M' de Peyresc , conseiller au Parlement d'Aix, et abbéîCella ne luy debvoit pas faire reffuser cet offre , non plus l'aprehension de- la despense , car mon intention estoit de luy faire promesse de ne luy demander rien et feire à perfection tous les fraits (|ui estoient nécessaires, fjire graver au barin sar le cuivre toutes les planches au nombre de liuictante. faire imprimer le discours, et laisser à la discrétion de Son Eminencr ce peu qu'elle eust voulu me
donner, d'autant que chaque ouvrier est digne de son salaire , comme dit l'Ecriture. Il me semble que c'est un offre assez avantageux. Mais , Monseigneur, voici ce que je desirois qu'il pleust à son Eminence me donner de mon livre des flem*8 cent pistoles pour m'ayder à faire faire les planches , et les petits commancements , car pour tes autres grands sujects j'ay vendu une petite maison quo j'avoy dans Nismes deux cens pistoles. Si mon livre eust esté achevé lorsque feu M' de Fiat [d'Efiiat], intendant des finances, passa à Nismes, nccompagnant le feu Iloy, il m'en donnoit trois cens pistoles; les fermiers des Gabelles m'en ont offert deux cens pistoles, pour en faire présent h la Royue mère, qu'elle ayrae sur toutes cîioses, mais chaque chose a son temps , aujourd'huy cent pistoles me seront beaucoup plus favorables, et advantageux que lors trois cens, pour le grand besoiug que j 'a y d'argent, ot le grand désir de mettre en lumière mon laheur. Si , Monseigneur, vous pouviez opérer envers ce seigneuk* [le cardinal Fi Bafberini] de me donner cent pistoles du livre, je croiroy estre Roy des fortunes huinaines , et vous seroy si obligé que jamais je n'oblieroy ce bienfaict; on ni*a fait espérer de recouvrer Poldo [Jean Poido de Albenas, Discours hUtorial de Vanùque cité de Nimes, 1 56o , in-f* ]< sur les antiquités, et si l'occasioii ni'obligcoit de vous aller voir le porterais , avec le livre de Gothino (?) que je vous a^ donné de tout mon cœur pour me desobliger [c'est-è-dire être moins votre obligé ] dauttant , ce qu'atandant , frJe suis tousjours, Monseigneur, vostre très humble et très obligé serviteur.
ffDe Nismes, ce a 4 May 1647.7»
(Rome . fiiM. Barbenni, X , 4 1 t-i 53. )
àà LETTRES DE PEIRESC [1632]
estoit chose indifférante je vous prieroys volontiers de me le faire voir
à vostre commodité et me tenir tousjours,
Monsieur, pour
vostre trez humble serviteur,
DE Peirbsg.
A Beaugentier, ce 9 mars 1 63a ^
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA GHAIIRRE DU ROY
À AIX
Monsieur, Je me suis trouvé si pressé ces jours icy que je n ay peu vous respondre à mon grand regret, ne vous remercier comme je faict bien humblement et affectueusement de voz deux belles médailles tant de Marc Aurele que du Prince d'Orange auxquelles j'ay bien prins du plaisir. Il fauldra trouver des moyens de revanche en attendant voz commandements. Et puisqu'il vous plait je ne refuseray pas la veue d'une coupple de voz vieux registres où j'auray veu dans une heure tout ce que ce bon homme ne peult trouver depuis tant de temps. A quoy il ne fera que se morfondre inutilement à ce que je puis comprendre , et s'amusera à deschiffrer touts les actes l'un aprez l'aultre au lieu qu'il n'y a qu'une seule parole à voir en ceux qui peuvent servir des moys de septembre, octobre, janvier, mars, avril. Si la commodité se présente de voiture nous aurons incontinant vue de tout cela sans plus tourmenter ce pauvre homme à qui le temps est si cher, et je vous seray tousjours tant plus redevable comme ,
Monsieur,
vostre trez humble et Irez obligé serviteur,
DE Peiresc.
A Beaugentier, ce a 3 mars i639 \
^ Fonds français, iSaoS , fol. 5o. Autographe. — * Fonds français, i5âo5 , fol. Sa. Autographe.
A B. BORRILLY.
àb
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SEGBETAIBE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY
ÀAIX.
Monsieur,
Je vous remercie de voz graines de mellon que nous essayerons encores pour Tamour de vous. Je vous remercie aussy de l'advis que vous in'avez donné du livre du sieur Advocat de Meaux^ à qui j'escrips conformément à ce que vous avez trouvé bon. Il vaudra mieux qu'il reçoive ma lettre de vostre main que de toute aultre, puisqu'il s'estoit ouvert à vous de ses intentions. L'aultre livre de Boece contenu au mesme billet n'est pas grande chose qui vaille^; toutesfois s'il ne le tenoit pas en si grande estime il n'y auroit pas de danger de le prendre aussy en eschange. Le mal de mon bras m'a enfin laissé tout à faict, et sans que mes hémorroïdes m'ont un peu incommodé, maintenant j'estois tout à faict guery, sur quoy je vous baise les mains et demeure,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obligé serviteur,
DE Peiresg.
A Beaugeolier, ce âo avril lôSa.
Vous navez rien faict qui vaille d'avoir laissé ouvrir vostre mommie; ce que je ne vous eusse jamais conseillé aprez avoir veu comme il m'en avoit mal prins à moy '. Je vous félicite vostre nouveau tableau et vous
' Il s'^agit d'un livre uod pas composé par te sieur Advocat de Meaux , mais bien pos> sëdë par lui et qu*il voulait c(kler k quelque amateur.
* Probablement ce n'était qu'un de ces petits traites que le philosophe Boèce conH posa en si grand nombre. Voir le Manuel du iUfraire{U l,p. io3a-io^o).
' Voici comment ce passage a été imprimé par F. de Saint-Vincens (p. 9 , sous la date du 97 mai i6.3i) : irSi vous avés faict ouvrir vo8t]*c momie, je vous en blasme bien fort; vous sçaviez que je m'étois repenti de ce que j'avois laissé ouvrir une des miennes ces années passéeà.n Suivent ces dé\eloppements que Ton chercherait en vain dans
à6 LETTRES DE PEIKESC [1632]
remercie bien fort de voz olFres. Je voudrois qu'il fust encores plus beau au centuple pour vostre contentement *.
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU R0
À AIX
Monsieur, J'ay receu vostre lettre avec la balle de plomb dont je vous remercie ensemble de la continuation de voz bonnes grâces que je tascheray de mériter au mieux qu'il me sera possible , vous remerciant des bonnes nouvelles qu il vous a pieu me donner tant du bon accueil que vous a faict M' l'Archevesque d'Aix ^ que des tesmoignages qu'il vous a donnez du souvenir de Monseigneur le Cardinal de Lyon, dont vous nous pourrez faire sçavoir le destail quand il vous plairra, quelque répugnance que vostre modestie y puisse apporter. Au reste, je vou^ feli-' cite l'acquisition^ de tant de florins dor*. S'il y a de la différence entreulx, il s'y en pourroit rencontrer quelqu'un de curieux*. Au
le texte de Peiresc : irA présent que noas mentionne dans les Lettres de Peiresc aux
sçavons à quoi nous en tenir sur Tin teneur frères Dupity.
de ces sortes de corps embaulraés, nous ^ F. de Saint -Vincens, qui a supprime n'ignorons pas que les chairs internes et tout ie commencement de cette lettre jusexternes n y sont point conservées ni dessë- (ju'an présent paragraphe, a cru devoir chëes, mais enterrées, qu'il n'y reste que corriger comme vicieuse (p. i5) la locution quelques ossements en dedans , avec de la employée \mT Peiresc et qui était alors très poix ou de la terre noire propre à ces usitée, lui faisant écrire ceci : Je me félicite pays , n etc. Ici plus que partout ailleurs , de Tacquisition.
F. de Saint-Viiicens s amuse à faire parler ^ Addition de F. de Saint- Vinceus : que
Peiresc et j'ajouterais, si le mot n était pas vous aves faite (p. i5).
trop familier, à faire j}oser le lecteur. ^ Addition du même : dont je m'aceoino-
Bibliothèque nationale, fonds français, derai (p. 16). Après cl^s mots on trouve vuie
i5'io5, fol. 54. De la main d'un secrétaire. addition beaucoup plus considérable, sorte
C'était I^uis de Bretel qui siégea de de variation sur un thème banal : rrVqyés
i63o à 16&5. Ce prélat est plusieurs fois s'il vousplaist,àquel point de richesseetde
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reste, M' de Meaux de Marseille m'a faict responce et m'a envoyé les papiers qu'il avoit de la généalogie de Lascaris que je luy ay desjà rendus ayant prins grand plaisir de les voir, dont je vous ay de l'obligation aussy bien qu'à luy *. Je n'ay rion veu d'imprimé concernant la mort de Casault^ que ce que M*; de Nostradamus en a escript* et M' du Vair dans ses œuvres en la harangue funèbre de Libertat *; sy je savois à peu près à quel dessain M"" d'Ampus*^ désire d'en estre informé, je verrois sy dans mes mémoires je pourrois rien rencontrer qui servisse à son dessein et serois infinifuent ayse de luy rendre service^. Sur quoy je finiray àprez vous avoir dict que mon mal commence à prendre party. Dieu mercy, et que je suis et seray à jamais, Monsieur, .
vostre trez humble et obligé serviteur,
DE Peirbsc.
A Beaugeotier, ce 2 may l63^^
^oire le commerce avoit amené Florence , et combien peu le commerce y nuysoit au progrès des arts, puisque c^est par là qu'ils ont, pour ainsi parler, commencé à se reproduire et à s'ëpandre dans le reste de l*Ëurope. Les plus belles monnoyes d'or sont fabriquées , n etc.
' F. de Sàint-Vincens a supprimé la phra^ relative à la généalogie de Lascaris.
* F. de Saint-Vincens a ajouté le prénom et a imprimé : Charles de Canaux, Tout le monde sait que ce consul de Marseille, ardent ligueur, voulait livrer cette ville à TEspagne et qu*il (ut assassinépar un Corse, Pierre de Bayon de Liberlat, qui ouvrit ensuite les portes de la ville à Tarmée royale (17 février 1596).
' Dans Y Histoire et chronique de Provence (i6iA,in-f).
* On trouve celte harangue, toute remplie et animée d'un grand souffle patriotique, parmi les actions et traités oratoires
({ui occupent les cent premières pages de l'édition de 1619 des Œuvres complètes de Guillaume du Vair (Paris, Pierre Billaine, in-f*).
'" C'était le marquis Henri de Casteliane d'Ampus , qui avait épousé en 1 6 1 3 Mane de Brancas-Viilai*s, dame d'honneur de la reine de France.
* Phrase ainsi défigurée par F. de Saint- Vincens (p. 16) : rrCe n'est pas que je ne croie qu'il n'y eut bien des particularités à en dire que l'on apprendroit dans des mémoires manuscrits du temps, et si je savois à peu près à quel dessein M. d'Ampus desire en estre informé, je verrois w, etc. Suit (p. 17) une addition d'une vingtaine de lignes sur deux gobelets antiques, sur un trépied , sur les registres prêtés par Borrilly et que Peiresc s'excuse de garder si longtemps.
' Fonds français, iSaoS, fol. 56. De la main d'an secrétaire.
À MONSIEUR, MONSIEUR RORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY
À AIX
Monsieur, Il y a longtemps que je suis en arrérages envers vous, mais j'ay usé en cela de la liberté que vous m'en avez donnée par vostre dernière lettre par laquelle vous me dispensiez de vous respondre, jugeant bien la difficulté que j'aurois de m'acquitter de mon debvoir envers mes amys à l'issue de ceste maladie qui mavoit si longtemps empesché d'escripre, mais aprez avoir satisfaict aux compliments plus pressants si falloit-il tost ou tard revenir à nostre debvoir et vous remercier comme je faicts trez humblement de ce petit pot de bronze que vous m'envoyastes dernièrement qui n'est pas antique, mais il semble pouvoir servir à l'assortiment des aultres de pareille figure quoy que plus grosse que vous m'envoyastes l'année passée, mais je ne les ay pas encores peu retrouver pour m'en asseurer. Cependant sy ne fault il pas vous celler l'acquisition que j'ay faicte pendant ma maladie de deux gobeletz d'argent antiques qui s'emboittent l'un dans l'aultre, où il y a des petites moulleures et des lettres grecques qui marquent la mozure de leur' contenance, chose que je n'avois jamais veiie en tous mes voyages et qui est des plus curieuses qui me fussent encores tombées en main aussy bien que le Treppier («te) dont je suis aussy fier dans le goust que j'y trouve ^ comme quand vous avez recouvré quelque peinture d'excellente main, où vous trouvez plus de goust que vous ne feriez en cela, mais non pas plus que moy. Au reste je suis bien marry d'avoir tant gardé voz registres, mais je tombay malade deux
^ F. de Saint-^Vincens, cjui a reproduit fameux Irëpied trouvé à Fréjus, dont Pei-
ce paragraphe, à partir du mot cependant resc s*est occupé avec amour dans plu-
( p. 1 7, lettre du s mai 1 63â ) , a imprimé : meurs de ses lettres et dans une dissertation
dans le goût qui s'y trouve. Il s'agit là du spéciale.
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jours aprez leur arrivée, et depuis ma maladie je n'ai pas quasi peu me recognoistre \ n'y ayant pas plus de trois ou quatre jours que je suis bien quitte de fiebvre tant la nuict que le jour, encores avois je . esté contraint de quitter le vin cez jours cy, dont je me suis très bien trouvé, Dieu mercy, et espère vous pouvoir rendre encores d'assez bonnes preuves que je suis de tout mon coeur,
DE Peirbsg.
A Reaugentier, ce 3* juing i63q ^
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY
À AIX
Monsieur, J'ay receu vostre lettre d'hier par le laquay de mon frère en responce d'une des miennes dernières, ensemble les deux plomps que vous y aviez joincts dont je vous remercie trez affectueusement, ayant esté bien ayse que l'imposition du nom de cette vieille espée se soit trouvée tout à vostre goust' et à celui de Monsieur le marquis de Ganillac. Ostez vous de l'esprit qu'il ait jamais esté faict des figures antiques de pierre foudre, non plus que des coUonnes^, et crois que si les deux
' Phrase ainsi modiGëe par F. de Saint- Vinceos (p. 17) •* «rMab ma santé a ëtë si mauvaise depuis quelque tempe , et l'est tellement que je ne suis pas encore quitte de fièvre n, etc.
' Fonds français, iSaoG, fol. 58. Original. De la main d'an secrétaire.
^ F. de SaÎDt'Vincens fait commencer ainsi cette lettre (p* 1 7) : (^Je suis bien aise
que le nom de cette vielle ëpée dont vous me parliës se soit trouve tout h votre goftt. » Le nom imposé par Peii*esc h cette épée était, comme nous Pavons vu, celui d'épée de Raymond de Tui'enne.
* Borrilly se montre parfois un antiquaii*e bien crédule et Ton voit avec quelle autorité Peiresc redresse les fausses appréciations de son confrère.
ir.
(■rtiiicniK xiiiosAic.
50 LETTRES DE PEIRESG [1632]
figures dont on vous a parlé ont esté payées hoo escus comme ou vous a voulu dire, il ne faudra pas crier an larron aprez ce marchand^ iè qui pourroit bien n'en estre pas trop bon marchand pour les considérations que je vous ay touchées si devant, lesquelles diminuent grandement le prix de telles figures à comparaison des aultres qui viennent de meilleure main el d'aultres endroits moins esioignés de nosti*e commerce et plus susceptibles de noz interprétations^. Il se faudra contenter d'en avoir un grifibnnement s'il est loisible d'y prétendre. Au reste je vous félicite les habitudes ' que vous commancez de prendre avec Monsieur l'evesque de Grenoble que j'ay eu Thonneur de cognoistre de fort longue main^ et de recoguoistre qu'il est fort curieux principallement des plantes des jardinages ^, aussi bien que d avoir de cabinets bien enrichis, mais je ne sçay pas encores si sa curiosité passe plus avant et jusques aux antiquailles et aultres singuiaritez de la nature et de l'art. J'ay eu de ses lettres cez jours passez où il me donne barres sur le subject des fruits de son verger, mais j'espère pourtant bien d'avoir encore quelque chose de son goust à y joindre. La pièce
* Variante de F. de SaiaUVinceos ( p. 1 8 ) : fr Après lacheteur.»
' P. de Saint-Vincens a supprimé, dans cette phrase, les trois lignes comprises entre les mois eonqkitmêon et plu$ suêcep- Hbler
^ Variante du premier éditeur : des habitudes.
* Pierre Scarron siégeait depuis Tannée i6*3i. On a eu le tort de prolonger son épiscopat jusqu*en Tannée 1 670. Les auteurs du GalUa Ckristùma, qui n'ont pas connu la date précise du décès de Scarron, proposent celie du 8 février 1668 : oUà, utfe^ runt,8/ehruariî668 (U XVI, col. «56).
Mie. Cliorier fait mourir le prélat un an plus tôt, eu mars 16G7. On mentionne dans le beau Catalogue de la Ubliotkèque du baron James de Rothschild ( 1. 1 , p. 1 96 , art. 358 )
une oraison fimèbre de messire Pierre Scarron, evesque et prince de Grenoble, proncÊteée dans t église cathédrale de Notre-Dame de Grenoble le i&Jhrier 1 668, par le R. P. Nicolas de Dijon, capucin (Grenoble, 1668, in-^'*). Le savant rédacteur du CauUogue croit que la date indiquée par Chorier doit être fa bonne, car Tévèquo de Grenoble, ajoute-t-3 , était déjà enterré depuis longtemps quand son oraison funèbre fut prononcée.
'* Je publierai , dans les lettres de Peiresc h divers, une de ses lettres à Monsieur ^eve^ que et prince de Grenoble, conseiller du Rmf en ses conseils d'Estat, du 9 février i633, pour le remercier de lui avoir envoyé des chaiies et des plantes, deux des choses que le correspondant du prélat aimait le mieux au monde.
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que vous dictes avoir esté donnée à Monsieur le Mareschai ^ sera vraysemblablement quelque pièce de plaisir comme les gets plus tost que de monnoye publique ainsi que je m'asseure que vous l'aurez bien tost recogneu si vous la voyez. Je pensois vous avoir accusé la réception et par mesme moyen vous en avoir rendu les bien humbles remerciements que je vous debvois de ce beau papier de Florence qu il vous a pieu me despartir, encores ne sçay je si ne s'est «point perdu quelque lettre mienne à vous aussi bien qu'une de celles que j'escrivois à mon frère que celluy qui s*en estoit chargé a, je m'aaseure, laissé tomber par le chemin d'icy à Aix« Mais il n'y aura pas grand perte ponrveu que vous en acceptiez mes excuses comme je vous en prie et de me commander librement comme.
Monsieur,
vostre trez humble et obligé serviteur,
DE Pbirbsc.
A Beaugeaiier, ce i5 juia lôSa'.
À MONSIEUR, MONSIEUR BORRILLY,
SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY