I. io
III iirioitLi.
semaines, en vos quartiers. Je vous prie de m'advertir de la réception de tous ces livres. Pour le Libanius en fin papier, il vous a aussy esté envoyé par Buon, mais il ne va sur mon conte. Voilà pour ce qui est de vos livres, et vous pouvez croire qu'en tout ce que me commanderez en ce sujet ou en un autre où je puisse quelque chose, je vous y serviray fidèlement et diligemment.
Pour les nouvelles de la Cour, l'Assemblée de nos Notables est finie dès mardi 28 de ce mois et le cahier signé de Monsieur, du cardinal de la Valette , mareschaux de Bassompierre et La Force, fut présenté au Roy le lendemain mercredv ai" après midy. Monsieur, assisté de quantité de notables, fit la harangue au Roy qui fut fort courte et, en parlant, s'estonna un peu^ En suite de cette harangue mon dict sieur présenta le cahier au Roy, lequel sa Majesté prenant de sa main dit aux députez qu'il les remercioit et se pouvoyent retirer en leurs Provinces, qu'il s'en alloit monter à cheval pour aller aux champs et qu'il porteroit leur cahier pour le voir à son aise et le considérer; et les députez en ayant demandé autant pour emporter en leurs provinces, on n'a point commandé au greffier de leur en délivrer. Parla vous jugerez qu'on veut qu'ils s'en aillent sans rien emporter. M' de la Ville aux Clercs ^ estoil présent qui croyoit selon la coustume que le Roy luy deubt mettre ce cahier entre les mains, et M' son père avoit retenu tous ses escrivains^ pour le faire transcrire en grande haste, mais il ne perd pas l'espérance de l'avoir bienlost parce que M' Lucas*, après le retour du Roy qui sera à la fin de cette semaine", l'aura entre ses mains qui le luy baillera. Un des Notables a promis de luy faire voir un procez verbal de l'Assemblée, ce qu'il eust desja fait n'estoit qu'ayant esté fait à la haste , il le veut revoir. Vous pouvez croire que quand le bon homme "^ l'aura, mon frère en aura la première veûe, comme aussy du cahier. Devant la signature dudit cahier. M'' le cardinal Spada , qui ne perd point de temps, fit grande instance auprès du Roy et de ses principaux ministres que l'article qui parle des ambassadeurs et dans lequel il est
' S'étonner ki signiûe se troubler. secrétaire de Louis XIII. Voir Recueil Avenel,
^ Henri -Auguste de Loménie, fils d'Antoine 1. 1, p. 9.
de Loméuie. ' Le roi, pour qui le château de Versailles
^ L'armée des copistes employés à transcrire était comme un nouveau favori, s'y tenait alors
les documents qui, à la Bibliothèque nationale, presque sans cesse.
devaient constituer le fonds Brienne. ' Ce ton homine, c'est-à-dire ce vieillard,
' Ce Lucas, après avoir été commis de Mar- comme je l'ai déjà expliqué, était presque septin Ruzé, seigneur de Beaulieu, était devenu tuagénaire.
compris fut réforme de façon qu'il ne parnst point que les nonces de N. S. Père fussent enveloppez daiis la dt5fense générale. Le Roy désirant luy complaire, ainsi conseillé, envoya M' de BuUion' vers M" le premier Président d'Osnabray '' et le Procureur général qui avoyent charge particulière de travailler au cahier pour leur faire instance de sa part, et réformer cet article devant la signature pour donner satisfaction à M' le Nonce. Ce que n'ayant voulu faire, ils furent mandez au Louvre, où le Roy leur fit les mesmes instances. Le premier ne faisant grande résistance, M' le Procureur général prit la parole et remontra au Roy de quelle importance estoit cette affaire, et que ce seroit une prévarication grande à ceux qui avoyent cette charge de la Compagnie, de changer un article résolu d'un commun consentement : ce qui fairoit dire à tout le monde que la liberté n'auroit esté en cette compagnie, et s'avança jusque là de dire au Roy qu'il s'estonnoit du grand pouvoir et autorité que Sa Majesté laissoit prendre au Nonce dans ses affaires, qu'en une compagnie composée des plus notables de son Estât, il eust crédit de faire changer un article arresté du commun consentement de tous. Le Roy trouva bonnes ces raisons, et leur remit d'en faire comme ils trou veroyent bon. Le Nonce, ayant manqué en cet endroit, se résolut, le jour de la signature du cahier et à la lecture de iceluy, de faire former opposition par les Prélats qui y estoyent députez, entre lesquels estoit IVP de Lion : de quoy le Procureur général ayant eu advis, ces M'" estant assemblez, il présenta à Monsieur le cahier pour le signer, luy disant qu'ayant esté leu à l'Assemblée jour par jour, il estoit inutile de le relire. Monsieur et M"^ le cardinal de La Valette , qui ne demandoyent que besogne faicte et avoyent d'autres occupations ce jour-là, trouvèrent cet advis fort bon et prenant le cahier de la main du Procureur général, le signèrent promptement, et après eux les deux mareschaux, encore que M' de Lion et autres Prélats qui avoyent le mot du guet, fissent mine d'en vouloir ouïr la lecture. Cela fait, M' de Lion prit M' le cardinal de La Valette à part et luy montra la grande faute qu'il avoit fait de signer le cahier sans en ouïr la lecture et le notable préjudice qu'y rece[)voit le S'-Siège : mais à chose faite il
' Claude de Bullion, sieur de Bonnelles, le p. i45-i6o) et qu'il est souvent question d.-
futur surintendant des finances (i63a), était lui dans les Lrtfre» de Guez de Balzac (collection
entré au Conseil en i6a4. Il mourut, président des Documents inédits) et dans celles de Jean
à mortier au parlement de Paris, dans la nuit Chapelain (mémo collection), du as au a3 décembre i64o. Voy. la Gazette * Nom qui a été défi{furé par le coiiiste et
du 29 du même mois. Rappelons que ïallemant qu'il faut changer en celui d'Ons-on-Bray, ma-
des Réaux lui a consacré une histoiiette (t. II, gistratqui fut un des correspondants de Pcii-esc.
io3.
n'y a point de remède. Tout ce que dessus a esté dit à mon frère par le Procureur général.
L'affaire de M" du grand Conseil sur la proposition qui leur a esté faite ii y a quatre mois de les faire tous maistres des Requestes moyennant huit cent mil escus, s'est renouée depuis peu fort chaudement, messieurs les maistres des Requestes en ayant fait leurs plaintes au Parlement, lequel, toutes les chambres' assemblées, a donné un arrest fort rude contre tous les partisans de cet affaire, et commission au procureur général d'en informer. Par ce nouvel eslablissement l'on leur veut attribuer la connoissance de tous les procès évoquez et de tous les bénéfices au dessus de quatre cent livres. H s'est dit en ces assemblées des maistres des Requestes et de la Cour force choses contre ceux qui gouvernent. On ne croit pas que cet advis puisse réussir. On a fait depuis peu création de douze nouveaux officiers que l'on qualifie intendans des armées et finances par les Provinces , avec ordre de visiter les magasins de guerre et garnisons avec six mil livres de gages. Ces offices sont à cent mil livres pièce. L'Edit est à la Chambre des Comptes et passera. Castille^ et Barantin^ des parties casuelles, ont esté faits intendans des finances, moyennant deux cent mil livres chacun. Il y a quantité d'Edits pour lesquels le Roy sera contraint venir au Parlement. L'Edit pour l'établissement nouveau de commissaire des saisies a esté vérifié en Parlement, mais avec tant de modification qu'il tournera à peu de profit. La déclaration dernière, vérifiée en Parlement, n'est encore imprimée, parce qu'on attend la publication à l'audience. Ce bruit de guerre contre la Rochelle commence à se dissiper, qui estoit causé sur quelques nouvelles levées. L'on m'a dit aujourd'huy que l'affaire de l'accommodement entre nous et l'Angleterre se traitle fort secrètement. C'est comme arresté et que le duc de Buckingan pourra bien venir icy, mais de tout cela il faut du temps pour nous en éclaircir. Il se parle de changer de gouvernement, mais il ne se dit rien de certain. C'est pourquoy je ne vous en manderay rien. M' le Cardinal est plus puissant que jamais ministre de Prince ait esté. Pour l'affaire de M"^ de Vendosme, son abolition scellée luy a esté présentée , laquelle il n'a voulu , ce dit-on , accepter. iVP de Beauclerc l'a
' Pierre de Castille avait épousé Cliarlotte la Cliambre aux deniers, qui figure dans la
Jeannin, fdie du président Jeannin; il avait été, Chaste aux LaiTons de Jean Bourgoinjj et dans
dès 161 a, ambassadeur en Suisse et mourut rhislorietle de Tallemant des Réaux sur le car-
en 1699. dinalde Richelieu?
' S'agit-il là d'Honoré Barentin, maître de
signée, mais n'en a peu relonir copie. iMadame de Vendosme csl icy dans les Capucines. Je vous envoyé copie d'une lettre qu'elle escrivil à Madame d'Elbœuf il Y a trois semaines. Ce n'est sans sujet qu'elle se delTie de son procède. Son frère le grand Prieur' a dit que si elle le venoit voir, il luy jetteroit une escabelle à la teste. Il porte sa prison fort constamment et gaiement et ne sçait-on comment l'aborder pour luy parler de son affaire. L'aisné est plus impatient et à quelque prix que ce soit veut la liberté.
Ce qui est de plus nouveau icy, est la prise du marquis de Rouillac qui fut faite samedy 97 février et a esté mis en la Bastille^. Il avoit eu ordre de se retirer il y a deux mois, et croit-on qu'il fust venu icy pour intrigues de Cour. La Bastille est si plène que ceux qui y viendront maintenant, seront on hasard d'estre mal logez. Le Roy est arrivé ce soir de la chasse. Il ne se parle point encores d'aller dehors. On n'a encore advis de ce qui s'est fait à la Valteline. Memin, secrétaire de M' de Cœuvre, demeurera ambassadeur aux Grisons^. M' Godefroy vous envoyé un exemplaire de sa généalogie de Bar imprimée à ses dépens''. Vous recepvrez aussy dans ce pacquet les vies de Messieurs de Chabannes que peut-estre n'avez-vous pas^. Gela csl assez curieux. M' Rubens vous escript. Je vous envoyé la lettre qu'il a escript à mon frère. Peut-estre y a-t-il de nouvelles qu'il ne vous mande. Mon frère vous baise les mains. Je croys qu'il vous envoyé quelques pièces. M' de Thou nous a escript. Je vous envoyé copie de sa lettre, mais ces nouvelles vous seront vieilles ef mieux connues qu'à luy. Mes humbles baisemains à M' vostre frère avec assurance de mes très humhlcs services. Je vous envoyé un advis fait par M' Diodati sur la Valteline, que vous renvoyerez si [ne] le jugez digne d'estre mis
' C'esl-à-dirc le frère cadet du duc César de dans la liste des ambassadeurs de France auprès
Vendôme , le grand prieur de France Alexandre , des Grisons, ou ligues grises (Annuaire pour
dit le chevalier de Vendôme. On sait que les l'année 1 8 i8 publié par la Société de l'hiêloire île
deux frères avaient été arrêtés à Blois le France, Paris, 1867, p. aa3-aa4). L'ambas-
i3 juin 1696 comme conspirateurs. Voir les sade do Mosmin durait encore en ifi3o, d'après
Mémoires de Baxmmpierre (t. III, p. aSg). le témoignage formel de Bassompicrre (t. IV,
^ Tallcraant des Réaux n'a rien dit de celte p. 79).
arrestation dans l'historiette du Marquii de ' Généalogie des comtet et ducs de Bar (Pana ,
Rouillac (t. VI , p. /i43 et suiv.). 1 637, in-i").
' Le maréchal de Bassompierre l'appelle ' C'est-à-dire de Jacques de Chabannes,
Mesmin (Mémoire», t. III, p. ai, t. IV, p. 79 et grand niailro de France, seigneur de la Palicc
suiv.). Il est appelé sieur de Mesmin dans une et de Curton, et tle son fiiie Antoine de Dam-
letlre de Louis XIII et dans une lettre de Marie martin. L'ouvr.nge est intitulé : Les vies de
de Médicis de juin et juillet i63i (Recueil Jacques et Antoine de Chabannes , par da Phssia ,
Avenel, t. VIII, p. 75). Mesmin a été oublié gentilhomme bourguignon (Paris, 1617, in-8°).
dans vos papiers. On nous promet quelques mémoires de cette affaire dont nous vous fairons part.
Je suis, Monsieur, vostre etc.
De Paris, ce i" mars 1C37 '.
LETTRE DE PIERRE DUPUY À PEIRESC
Monsieur, Ce mot est pour accompagner trois des papiers du Concile ^ que vous desirez voir et sont des originaux que vous me renvoyrez à vostre commodité. Vous y trouverez quelques bonnes remarques. Il y a l'escript du Chancelier de l'Hos- . pital, du Procureur général Bourdin^ et du Procureur général de la Guesle. Pour les autres, vous les aurez Dieu aydant. Je ne puis avoir raison de Tavernier; il s'est excusé sur la foire de S'-Germain qui a duré tout le mois passé et continue encore cette semaine. J'attends de vos nouvelles avec impatience. Je n'en sçaurois recevoir de personne qui me soit plus chère. Je finis avec excuses de n'en pouvoir faire davantage, me remettant à mon frère. Je baise les mains à M' de Valavez et à M' Marchier. A tant* je suis, Monsieur, vostre, etc.
DD Pdï.
De Paris, ce 1" mars 1637 '.
' Aix, vol. X, fol. 264. Copie.
' Du concile de Trente (1 545-1 563).
' Gilles Bourdin naquit à Paris en i5i5 et mourut en la même ville le a3 janvier 1670. M. Lud. Lalanne signale de ce savant jurisconsulte diverses lettres dans la collection Godefroy, à l;i bibliothèque do l'Institut, et des mémoires manuscrits sur les libertés de l'église gallicane, à la Bibliothèque nationale, dans la collection Dupuy. G. Bourdin était un grand bibliophile dont la bibliothèque a eu l'honneur d'être célébrée en vers latins par Dorât et en vers français par Ronsard.
* Les rédacteurs du Dictionnaire de Trévoux expliquent ainsi ce mot : ttAtant, vieux adverbe,
alorsn [mieux : là-dessus], et ils citent Ronsard et Marot d'après Borel. On aurait pu citer encore le cardinal d'Ossat qui, dans les formules d'adieu de ses lettres, emploie si souvent le mot atant, comme l'a rappelé Guez de Balzac disant (lettre iv du livre XVI) : mAtant, pour user des termes de M. le cardinal d'Ossat, je vous donne le bonsoir.!! Atant, d'après Litlré, mériterait d'être conservé. Voici comment l'éminent philologue plaide la cause du mot banni depuis si longtemps déjà : «Cette locution a >'ieilli, mais on pourrait très bien l'employer d'après La Fontaine et Balzac, n
^ Aix, vol. X, fol. 960. Copie.
LETTRE DE JACQUES DUPUY À PEIRESC
Monsieur, Les dernières lettres que j'ay receues de vous sont du x° février auxquelles j'ay respondu amplement par celles que je vous ay escriptes du a 3 du mois passé et le i" de celuy cy que je ne doute point que n'ayez receues avec les livres qui y estoyent joints. Depuis ce temps il est arrivé quelque nouveauté dont je vous fais maintenant part. Le marquis de Rouiliac, ensuite de sa prison à la Bastille, a esté visité par M"' le lieutenant civil pour l'interroger, auquel il n'a voulu respondre qu'en rodomontades gasconesqucs^ et rien sur le sujet pour lequel il l'alloit visiter. Seulement dit qu'il ne craignoit point qu'on luy fit de procez comme à un muet estant si assuré de son innocence qu'il ne se pouvoit rien trouver contre luy, et qu'il ne vouloit respondre qu'au Parlement. Depuis cette prise, en est survenue une autre du 7 de ce mois qui est de M"' de Soret Seguier, qui n'est pas que ne connoissiez ^. Il fut pris en sortant de la messe de S' Germain l'Auxerrois par le chevalier du Guet et conduit à la Bastille.
' Le mot gatconesque ne figure pas dans les dictionnaires île la langue française, même dans ie plus complet de tous, celui de Littré.
' Peiresc ie connaissait, en effet, comme on le voit dans sa réponse à la présente lettre, mais nos recueils biograpliiques ne le connaissent guère, sauf le Moriri. Tallemant des Réaux nous a donné quelques détails de plus dans VHistorietle de M. Luynes, sur Pierre Seguier, marquis de Soret. Il nous apprend (note de la page 4og du tome I) que (tCet liomme cstoit le plus indigne de vivre qui fut jamais, qu'il avoit esté conseiller au Parlement, que son père estoil mort président à mortiern. Il ajoute que Pierre Seguier «quitta la robe et prit l'espée, lui qui n'cstoit qu'un poltron, et qu'il cspousa la fille du procureur général de la Guesle [Marguerite de la Guesle]n. Tallemant accuse P. Seguier d'avoir tenté de faire assassiner le marquis d'O , (td'impatience d'avoir le bien de cet homme». Dans le texte même de VHiaturielle, nous
lisons (p. io8) : rM. le duc de Luynes [le fils du Coniiélable] fut marié de bonne beure avec la fille d'un Seguier [ Louise-Marie Seguier] , qui portoit le nom de Soret, d'une terre auprès d'Anet; et M"' de Rambouillet disoil, voyant la fille unique de cet liomme cspouser le duc de Luynes : Faut-il que h connestabte de Luynei n'ait fait tout ce qu'il a fait que pour la file deSoretfji Cette fille , je demande la permission de le constater en passant, fut presque une sainte, comme on peut s'en assurer en lisant la Vie inàlile de la duchesse de Luynes par l'abbé J.-J. Boileau (Paris et Bordeaux, 1880, grand in-8°). Pour revenir au marquis do Soret, qui mourut non en iGa8, comme une faute d'impression l'a fait dire au Moréri, mais en i638, comme l'indique son épitapbe ullra-louangeuse rapportée par P. Paris (t. I, p. il 9), je diiai que je crois bien qu'il s'agit de lui dans une lettre du cardinal de Richelieu, du a5 février i633 {Recueil Avenel, t. IV, p. Û28).
On ne dit point encore pour quel sujet, si non que le Roy dit l'après dinée que c 'estoit un faiseur de livres le plus meschant homme du monde et qu'il le fairoit accourcir. On le fait auteur de la Cordonnière ^ et là dessus je vous diray (ju'il se fait grande perquisition dé certains libelles diffamatoires et Pasquins que l'on dit courir parmi les premiers de la Cour, et d'un entr'autres intitulé : Les lion notables. Le comte de Rocheguion ayant dit à M' de Gordes- qu'il avoit veu ce livret, oii il y avoit plusieurs choses contre M'' le Cardinal et où ses veritez estoient tout au long bien déduites (ce sont ses mots), le Roy, les voyant ])artir ensemble, voulut sçavoir ce qu'ils disoient, auquel ayant esté respondu par M. de Gordes ce que c'estoit, le Roy pressa la Rocheguion de le luy montrer, ce que l'autre protesta ne pouvoir faire, ne l'ayant entre ses mains, l'ayant seulement veu entre celles de ses amis. Le Roy en mesme temps fut chez la Reyne sa mère où estoit M' le Cardinal , auquel il fist ce rapport sans en faire autrement grand estât. Mon dit sieur le Cardinal releva cela fort haut, disant que si Sa Majesté laissoit imprimées telles médisances, pas un de sesprincipaux ministres ne se trouveroyent exempts des traits de la calomnie. Le Roy tout esmeu retourna trouver la Rocheguion pour luy faire encore les mesmes instances et déclarer entre les mains de qui il avoit veu ce libelle. Le comte de la Rocheguion , pressé et ayant esté mesme conduit par le Roy dans la chambre de la Reyne, sa mère, après plusieurs refus dit que le général des Galères^ le luy avoit montré, lequel à l'instant fut envoyé chercher: et estant venu, soutint au comte de la Rocheguion que tout ce qu'il avoit dit estoit faux et le desavoua. Cela a fait grand bruit, et le comte de la Rocheguion, desjà mal voulu de M' le Cardinal pour estre assez bien auprès du Roy, et outre cela homme d'esprit, n'attend que l'heure de recevoir commandement de se retirer. Le com-
' La Cm-donnière de Loudtin, comme on appelle généralement un pamphlet qui en réalité est intitulé : Lettre de la Cnrdnnnihe , écrite à M. de Baradns. Sans lieu, 1637, in-8° de 99 pages. Guy Patin n'a pas hésité à déclarer (lellre à Spon du 16 novembre i643) que rr Urbain Grandier avait autrefois écrit [contre Richelieu] un libelle dilTamatoire , intitulé : La Cordonnière ,Ti et il a été suivi par beaucoup de bibliographes, mais, comme s'exprime Lehar {Calaloi;ue, l.ll, p. 999): rRien no prouve que ie curé de Loudun ait composé la satire qu'on lui attribuait dans le monde. « Xoiv {Recveit Avenel,
t. VII, p. gSG) l'analyse de divers documents conservés aux archives des Affaires étrangères (France, t. XLI), desquels ilrésulte que l'auteur de La Cordonnière serait un nommé Hondiu , qui fut, pour ce libelle, condamné à mort en mars 1697.
' Guillaume de Simiane, marquis de Gordes, capitaine des gardes du corps de la compagnie écossaise, mourut en i64a.
'' Le général des galères était alors (depuis 1616) Pierre de Gondi, duc de Retz, fils et successeur de Philippe -Emmanuel de Gondi, comte de Joigny.
mandeur de Souvray ', aussi sou])çonn6 d'avoir fait voir au Roy quelque livret contre le Cardinal, a esté à un doigt de sa ruine, et à la dernière chasse que le Roy fust, il eut ordre de ne s'y point trouver. Depuis M"' de Loménie a mandé qu'il avoit fait sa paix et partoit cejourd'huy pour aller avec le Roy à la campagne. Il s'est jette depuis huit jours quantité de billets dans le cabinet du Roy et autres lieux contenans ces mots : Voyez, oyez, agissez, ou quittez, entendant parler du Roy. Le Roy (dit-on) en trouva un dans son gant , qu'il mist en sa bouche et mangea. Toutes ces choses sont prognostiques de misères. La Bastille regorge de prisonniers. Quant est de M'' Soret, personne ne le plaint et y a longtemps qu'il mérite ce chastiment. Peut-eslre aura-t-il voulu faire quelque caballe pour Baradat, son allié. Le sieur de Saint-Simon est maintenant en grande faveur, toutefois telle qu'il plaît à la Reine mère. Il feit serment de la charge de i" écuyer le v° de ce mois, et Baradat a baillé la démission de toutes ses charges moyennant deux cents mil livres dont Lumague s'est rendu caution. M' le Cardinal est plus puissant que jamais et son pouvoir croît tous les jours. Vous pouvez assurer M'' vostre Archevesque qu'il est en très bonne disposition. Vendredy dernier v" de ce mois il joua au Palmail- de l'Arsenal avec M" de Schomberg et Marillac en chausses et pourpoint, et gens qui l'ont veu jouer ont dit qu'il frapoit de bonne grâce. Il y a une chose qui le tourmente qui sont ces libelles; il a mis si bon ordre du costé de Flandre qu'il n'en vient plus de ce costé là, l'Infante en ayant cmpesché le cours pour avoir mondit sieur le Cardinal favorable en ses affaires. Ce Rex purpuratus ne se voit point, et crois qu'il n'y a que le titre de fait. Quand M" les Notables de la Noblesse luy présentèrent leur cahier, le priant d'avoir leur ordre en recommandation comme ayant esté tiré de leur corps, il dit qu'il le foroit très volontiers encore que la Cordonnière eust dit que son grand père estoit notaire; cela tesmoigne son ressentiment. On ne croit pas que ces Pasquils en effet soyent faits, mais que le comte de la Rocheguion avoit pris ce sujet pour avoir occasion de dire mal du Cardinal au Roy et se cacher sous ce titre supposé. Je n'ay veu personne qui en aye veu : quelques-uns disent que ce sont vers; tout cela est grandement chatouilleux.
Un père George, Recolet, preschant à Bruxelles le caresme, breton de nation et connu par M' de Vendosme, a esté pris prisonnier à la réquisition
' JacquesdeSouviéiCommandeurderordrcde de Gilles de Souvré, marquis de Cuurtenvaux, Malle, puis grand prieur de France (1667), était maréchal de France, né en 1 600 et mourut en mai 1670. Il était Gis * Jeu de paume.
IHPKIHCXIC milOMALk
du Roy, et doit estre amené icy. On dit que c'est assurément l'échange pour le Père Barnes. Ce moine a esté autrefois en Canada et avoit quelque intendance sur ce trafic. Il se mesle de plusieurs affaires. Tous les papiers de Barnes ont esté envoyez, à ce qu'on escript de Bruxelles, à Rome par M' le Cardinal Spada, et le veulent traiter d'heretique.
Aux beaux jours qu'il a fait icy à ce commencement de mars, lesquels maintenant sont changez en froid meslé de neige et de grêle , la promenade du cours hors la porte S'-Antoine a recommencé en si grande force qu'il s'y est trouvé plus de six cent caresses. La Reine régnante et Monsieur n'y manquoient point. La grande multitude de laquais attendant leurs maistres a pensé exciter sédition contre les Huguenots revenant jeudy h" de Charenton pour un jeusne gênerai qui leur a esté commandé par leur Synode dernier. Un pauvre homme qui voulut se deffendre fust tué à coups de bastons par eux en un village nommé RuUi, proche le petit S'-Antoine', et le voulurent par force faire agenouiller devant une image de la Vierge. Il y avoit parmy des laquais de M' d'Elbœuf. On en a informé et pris quelques-uns, lesquels on tesmoigne vouloir chastier. Quand le bon temps commencera, on doibt mettre des archers aux avenues pour empescher l'insolence. On ne croit pas qu'on aye dessein de rien attenter cette année contre les Rochellois, pour le moins leurs députez généraux ont eu parole du Roy qui vouloit conserver ses Edits ; mais ils ne s'y fient pas trop. Madame de Vendosme a esté visitée icy des princes et princesses, ses alliés, et entre autres M' de Guise. La Reine mère l'a aussy envoyée visiter. Elle reçoit ses visites à la grille des Capucines. M' et Madame d'Elbœuf y ont enfin esté. M"^ de Vendosme a reçeu son abolition , mais corrigée comme il désiroit. On ne sçait ce qui en réussira. Pour le grand prieur on n'en parle point. M. le Prince esta Valéry^ qui y doibt passer le caresme; sa femme l'y doibt aller trouver^. Nostre Parlement a encore rais sur pié ses remontrances par escript, et ont député à la grande chambre pour y travailler M"^' Deslandes, Bouchet, Fortia et Pinon*; ceuz des Enquestes ont ordre de députer chacun de leur chambre, mais cela va lentement, qui fait croire que l'on ne passera pas oultre. Le chef de ce corps est tout malade*; il a esté soigné trois fois depuis
' Aujourd'hui dans Paris même. * De ces quatre magistrats ie plus connu est
' Sainl-Valery-en-Caux (Seine-Inférieure), ar- le premier, Pierre Payen, siew des Landes,
rondissement d'Yvetot, à 3o kilomètres de cette qui figure à plusieurs reprises dans les Hi»-
ville, à i5 kilomètres de Rouen. toriette» de Tallemant des Réaux (t. Il, III, VI
'Charlotte de Montmorency était mariée, depuis et VII).
1609, avec Henri de Bourbon, prince de Condé. ' Le premier président Nicolas de Verdun.
peu d'un catharre sur lu poulmon. Cet hoiiiuie maintenant est moins que rien. L'on croit que l'affaire du Grand Conseil a r(^veillé ces messieui-g encore que pourtant il ne s'en parle plus; et pense-t-on qu'on ne poursuyvra ce dessein plus avant veu les grandes oppositions et que M" du Grand Conseil ne sont d'accord entre eux. En l'assemblée de M" les maislres des Recjuestos il se dit que M' Defiat n'avoit que faire d'augmenter leur nombre et qu'il n'en falloit que la pour luy faire son procez. On ne croit pas que le Roy parte gueres devant Pasques, le vilain temps qu'il fait maintenant l'en destournanl. Il se parle de quantité d'Edits de créations d'offices. L'Ambassadeur de Danemark a pris congé du Roy et luy n-t-on baillé assignation de cent mil eseiiz sur l'Edit des Commissaires. L'affaire d'Angleterre demeure toujours là, encore que sous main plusieurs croyent qu'on travaille à l'accommoder. Les marchands intéressez sont icy qui font grand bruit au Conseil. Les catholiques en Angleterre ont contribué fort libéralement aux levées des deniers que le Roy fait faire par les Provinces, ce qui a fait que l'on a relasché beaucoup de la sévérité des loix contre eux. Le sieur Gillct, lieutenant de Verdun, ensuite de la consultation de nos docteurs de Sorbonne, de laquelle n'avons peu encore avoir copie, a esté receu dans les Eglises à la Communion ^ Ceux de Verdun, tant la noblesse qu'autres , ont fait depuis peu nouveau serment de fidélité au Roy, et les refusans ont commandement de se retirer. Mon frère doibt avoir le procez verbal de tout ce qui s'est fait en cette dernière affaire. M. de Loménie n'a encore le cahier ni le procez verbal des Notables, mais cela ne luy peut manquer. M' d'Herbault luy a baillé un traitté fait par le Cardinal Bentivoglio^ de la trêve des Pais bas en italien. Il peut contenir une main de papier. Je l'ay parcouru, mais il n'y a pas grande nouveauté pour ceux qui ont veu la négociation entière faite par M. le Président Jeannin^. Cela est élégamment escript, mais la copie au reste fort
' Ce Gillet ajrait été excommunié p»r l'évêque de Verdun.
• Gui Bentivoglio, né en 1679 à Ferrare, fut nonce en Flandre, de 1607 à i6i5, et nonce en France, de 1616 à 16» a. Nommé cardinal en i6ai, il mourut le 7 septemiu-e 166&. Ce fut un des correspondants de Peiresc : on conserve dans le sscond registre des Minulet de la bibliothèque de Carpentras une douzaine de lettres écrites d'Aix et de Belgentier au cardinal Bentivoglio, «comprolecleur de France», è Rome (du C février 1625 au /i juin 1687, fol. a58-3ai).
^ Pierre Jeaiuiin ,né à Autun en 1 54o , fut successivement conseiller au parlement de Dijon, président au mâme parlement, conseiller d'État, i utondant des fuionces , ambassadeur en Hollande , contrôleur général; il mourut, comme l'a établi M. H. de Fontenay, le aa mars i6a3 à Chaillot. La négociation mentionnée par Dupuy a été publiée avec les autres négociations du président Jeannin, par son petit-tils, l'abbé Nicolas île Casiille (i656, iii-fol.). On sait que le recueil de ces négociations a été souvent réimprimé, notamment dans le Panthéon Uuéraire.
loA.
fautive. Mon dit sieur de Loménie l'a fait transcrire, et en la rendant il aura le cahier des Estats.
M. de Chevreuse est en Lorraine oii ayant eu quelque information des déportements de sa femme, il désire la retirer de là et l'emmener en Auvergne, ce qu'elle ne gouste point et est résolue de ne quitter point Nancy que pour venir en Cour. Un nommé Brear, qui estoit fort employé par M'' de Schomberg, a esté fait prisonnier à Nancy, où il poursuivoit quelques affaires par commandement de M' de Vaudemont, et mis à Condé. On poursuit en Cour de Rome de faire ériger Nancy en Evesché au préjudice de nos trois Eveschés. M' le Cardinal, qui en a eu advis, se promet bien de l'empescher. Le Roy dimanche 7 fust aux Jésuites pour réparer la faute qu'il fit de n'y aller le premier jour de l'an; et crois que je vous manday ce qui l'en cmpescha.
Nous avons lettres de M' deThou du 10 février, où il n'y a aucune particularité sinon que Boyer de vos quartiers estoit à Rome et s'en alloit se mettre sur mer pour y exercer la piraterie. M. d'Aligre, qui est de ses intimes, l'avoit logé chez iuy sans en parler à M' de Thou qui est dans le mesme logis. C'est assez imprudemment fait à Iuy ; car M. l'Ambassadeur, qui n'avoit voulu voir le dit Boyer, ne manquera d'escripre cela icy. Il mande que M' le Cardinal Spada avoit donné parole au Roy de bailler les Bulles de M' de Toulon ^ et faire avoir une censure contre Santarellus. M' de Bonnaire^ escript aussy à mon frère avoir présenté à M' le Cardinal Barberin la lettre que mon frère Iuy avoit escripte, ensemble le livret de Resp[ubUca] Galliœ qu'il receut avec grand ressentiment de bienveillance, et parce qu'il estoit pressé, Iuy donna charge d'emmener M"' de Thou chez Iuy dans deux jours. Mondit sieur de Thou faisoit estât d'aller à Naples à ce caresme et voir mon frère à Capri, où M' de Bonnaire escript que cet air a faict un miracle en Iuy. Je vous envoyé une lettre originale qui a esté escripte de Venise à M. de Thou, où vous apprendrez ce qui s'est passé à la réception de M' le Comte '. Il y a aussy quelques autres particularitez que serez bien aise de voir; c'est un gentilhomme nommé M' de Recourt; vous renvoyerez la lettre, s'il vous plaît. Ce qu'il mande de ces deux Wallons subornez par un Jésuite nommé Canisius s'est bien dit icy; mais cela estant approfondi s'est trouvé que ce n'estoyent que fadaises et sans fondement: c'est pourquoy je pense ne vous en avoir rien mandé. M' de Chasteauneuf,
' Matthieu de Morgues, sieur de Saint-Germain. — * Le beau-frère de Jean Barclay. — ' Le comte de Soissons.
depuis peu retourne des Grisons et Suisses ', a promis à M' de Loménie quantité de papiers touchant la Vaiteline : il ne le laissera en repos.
Le livre de Emendalione temporum de Scaliger se réimprime augmenté à Genève; nous en avons une feuille fort bien faite. Si cela continue, l'impression de Leyden ne sera pas de grande réquisition ^.
Je vous envoyé par cet ordinaire la Descriptio Elephanti de Gillius de la bibliothèque de M' de Thou , que vous renvoycrez à vostre commodité l'ayant veûe. Vous aurez aussy les lettres de l'Archevesque de Lyon au Pape et les Brefs du Pape imprimez. Nous n'avons que cet exemplaire que vous renvoyerez aussy, s'il vous plaît. C'est l'Archevesque de Lyon qui les donne; c'est pourquoy malaisément s'en reconvre-t-ii. Vous consulterez M'' d'Orléans, sravoir s'il approuve cet endroit de vicariam operam à la lettre de M' le Cardinal Barberin ; au Concile de Trente, cet article fut bien débatu. Et la proposition des Espagnols de maintenir les Evesques de jure divino est bien contraire à cela. Ils sont bien aises à Rome de faire glisser cette clause; mon frère vous envoyé quelque addition à son inventaire des pièces du Concile et un nouveau chancelier.
Celle histoire de Montauban est assez remarquable, et serez bien aise de la voir ^. J'ay un colporteur qui me doibt fournir tout ce qui se fait de nouveau de plus remarquable; je vous en envoyé pour 9 sols; mandez moy si vous l'avez agréable.
M. de Lallouan(?), conseiller de la Grande Chambre, est mort, et M' Camus de Pontcarré monté à sa place. Ils ont fait dans le Parlement aux Enquestes des syndics généraux qu'ils nomment à chaque chambre ut videant ne quid Respubhca detrimetiti capiat. Scarron l'apostre * est député de sa chambre , qui est la cin-
' Charles de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf, né à Paris en i58o, tour à tour conseiller au parlement de Paris, ambassadeur, garde des sceaux, mourut le a 6 septembre iC53.
' Opus de emendalione (em|«)rura(Genève, 1699, in-fol.). L'auteur du Manuel du libraire juge ainsi ceUe édition (t. VI, col. 180): ir Bonne édition, corrigée et augmentée d'après les manuscrits de l'auteur. L'ouvrage, publié d'abord à Paris, chez Pâtisson, en i583, avait été déjà réimprimé et Francfort en iSgS, et à Leyde en iSgS, in-fol. t>
' Dupuy ne veut évidemment pas parler de la Fondation de la ville de Monlauban, par
Auguste Galland, notice imprimée avec le Traite du Franc- Alleu (Paris, 1629, in-i"). Je crois qu'il s'agit du petit volume de 80 pages intitulé : Histoire véritable de tout ce qui t'eut pat$é dans la ville de Montauban, durant et depuit le» dei-niers mouvements juiqn^à présent , etc. (1627, in-8°).
* Tallemant des Réaux, dans l'hislorielle intitulée le petit Scarron (t. VII, p. 36 et suiv.), nous fait ainsi connaître le père de l'auteur du Roman Comique : nPaul Scarron, conseiller à la Grand'Chambre, qu'on appelle Scarron l'Apostre, parce qu'il ciloit toujours Saint Paul. C'ostoit uu original que ce bon homme, comme on voit dans le factum burlesque que le petit Scarron a fait
quiesme. M' le Procureur général a creu que c'estoit contre luy en partie que cela se faisoit; ils ont respondu qu'ils ne se vouloyent mesler (l'autre chose que d'erapescher que la Grande Chambre n'erapiétast point sur les Enquestes et les Enquestes sur la Grande Chambre.
La foire S'-Germain est enfin finie de samedy 6" seulement, et dit-on que le sujet de sa prolongation a esté sur l'advis que Buckingan déguisé y debvoit venir pour quelque assignation amoureuse de haute entreprise ^ et qu'on le vouloit prendre. Vous prendrez cela pour une conjecture. Il est certain que le Roy luy mesœe l'a fait continuer et a-t-on fait grande perquisition par les hostelleries d'estrangers inconnus.
Il y avoit un marchand à la foire qui avoit des coquilles en quantité les plus belles que jamais on aye veu ; il en a pour plus de 2 o mil livres. C'est bien vendre ses coquilles.
Nous avons encore advis de l'arrivée en Broûage de M' de S'-Luc.
Voilà toutes mes nouvelles épuisées. Il ne me reste plus rien à vous dire si non que je suis e( seray toute ma vie, Monsieur, vostre, etc.
J. DU PCÏ.
De Paris, ce viii mars 1627 au soir.
Mes humbles baisemains à M' vostre frère. Mon frère vous salue et luy aussy -.
LETTRE DE PIERRE DUPUY À PEIRESC
Monsieur,
J'ayreceu vostre depesche du 2 4 du passé. Mon frère travaille pour vous
suyvant vos mémoires. Je vous asseure qu'il fait ce service gaiement et avec
tout le meilleur ménage qui luy est possible. Vous ne debvez rien espérer de
la feste de Pasques. A peine aurons-nous un catalogue, car aucun libraire de
contre sa belle-mère, qui est, peut-être, la mont, ie iWoré*i (t. IX, seconde partie, p. 337-
raeiileure pièce qu'il ayt fait en prose.» Paul aa8).
Scarron avait été reçu conseiller au parlement ' Tout le monde a deviné qu'il est question
en iSgS; il mourut en i6i3. Voir sur la fa- de la reine Anne d'Autriche.
raille Scarron, originaire de Moncalieri en Pié- ' Aix, vol. X, fol. 269. Copie.
celte ville n'a envoyé. Le pauvre Valières est malade d'une grande déiluxion sur les yeux. C'est de luy que j'attends secours pour vos transcriptions, m'ayant dit mesme qu'il connoissoit Quentin et qu'il me l'envoyeroit , mais depuis il n'a peu sortir. Je puis bailler le françois à d'autres dont je me sers. M' Godefroi se sert d'un homme qui est fort correct en françois et en latin, mais je le trouve un peu cher; il a de luy et de moy , quand je l'employé, six sols de la feuille de papier à cinq sols la main qui est grande. Si je puis, il ne vous en coustera rien. Je vous ay envoyé ce que j'avois de l'Hospital, Bourdin et la Guesle ; le reste suyvra , Dieu aydant. J'ai recouvré depuis peu une histoire composée par la Reyne Marguerite de ce qu'elle a veu à la Cour des Roys ses frères, qui est une gentille pièce et de grande considération. Mandez moy si vous l'avez'. J'ai aussy veu l'histoire de la trêve des Païs bas faite par le cardinal Bentivoglio en Italien. Je l'ay laissé passer sans en rien retenir. Je ne l'ay pas jugée vous debvoir servir après tant de mémoires et de bonnes histoires que nous avons sur ce sujet. J'ay grand regret aux papiers de M' Ranchin. Possible le médecin dira-t-il où en sont les parcelles. M' Rigault vous escript suyvant voslre intention. 11 a de si beaux commenccmens sur Pline ((ue c'est obliger le public de l'ayder. M' le cardinal Barberin a receu mes lettres et un livre que je luy avois envoyé. L'on me mande qu'il a eu le tout agréablement. Je luy debvois ce compliment. Nous sommes sur l'attente du nouveau premier président. Sitost que le Roy se sera déclaré, je vous le manderay^. Il y a tant de gens après, que je ne vous sçaurois rien mander de bien solide. La voix publique y appelle M"^ le Procureur général, mais d'ordinaire elle n'est pas suivie, nous l'avons veu en ce siècle^.
A tant, Monsieur, je prie Dieu qu'il vous conserve, estant de tout mon cœur, Monsieur, vostre, etc.
BU PuY.
De Paris, ee i5 mars 1637*.
' Ce sont les Mémoint de la reine Marguerite qui allaient être publiés, l'année suivante, par Auger de Moléon, seigneur de Granier (Paris, Charles Cbappelain , i6a8, petit in-8°) et qui devaient être si souvent réimprimés (1639, i648, 16*9, i658, 1659, etc.).
' Le successeur de Nicolas de Verdun fut Jérôme d'Hacqueville, soigneur d'Ons-on-Bray (département de l'Oise), qui mournt le 4 no-
vembre t6a8. C'est le personnage mentionné plus haut (p. 819).
^ Mathieu Mole, malgré son grand mérite ou peut-être à cause de son grand mérite, se vil encore préférer plusieurs de ses confrères du Pariement (Jean Bocharl de Champigny, Le Jay, elc); il ne devait être nommé pi-emiér président qu'en i64i.
' Aix, vol. X, fol. 399. Copie.
LETTRE DE JACQUES DUPUY À MONSIEUR DE VALAVÈS
Monsieur, J'ay receu ce matin par Saulnier ce que m'avez renvoyé par luy. Je vous remercie de ia lettre escripte à M"' de Séez' et en cela vous m'avez obligé. Hier, quelques heures après que vous fustes parly de céans - avec M' des Hayes' pour vous en retourner chez vous, le Roy estant au Conseil envoya quérir M"' de la VilIe-aux-Clercs, auquel il commanda d'envoyer chercher le président Chevalier'*, pour ce qu'il vouloit parler à luy, ce qu'il fit par un valet de chambre, lequel, ne l'ayant trouvé, dit aux gens dudil sieur Président que c'estoit M' de la Ville-aux-Clercs qui le demandoit, ce qui fust cause qu'à l'instant que le dit sieur Président fust retourné chez luy, il alla trouver le dit sieur de la Ville-aux-Clercs pour sravoir ce qu'il desiroit de hiy, et comme ils estoyent sur le compliment et les paroles, arriva le sieur Scnault, secrétaire de Monsieur le Garde des sceaux, qui luy apporta une lettre de la part du Roy, escripte de la main de M' de Beauclerc , par laquelle le Roy luy commandoit de dire de sa part au dit sieur Président qu'il s'en allast en sa maison de Videville, et qu'il n'enbougeast jusques à ce qu'il eust aultre commandement de Sa Majesté; à quoy il respondit qu'il obéyroit. C'est ce que pour cette heure vous aurez de moy qui vous donne le bonjour. Du 31 mars 1637 au malin de Paris,
En suite de cela le dit sieur Chevalier est parti ce matin 2 1 de cette ville pour se retirer en sa maison. L'on attribue cette disgrâce sur ce que le Prévost des marchands avec les officiers de la ville selon l'ordinaire estant allé faire la semonce à la Cour des Aides pour se trouver en la procession générale lundi 92 pour la réduction de la ville de Paris à l'obéissance du feu Roy, le dit sieur
' Jacques Camus fut évéque de Séez d'août la février 1638. Le savant voyageur était un
i6i4 à novembre i65o. des habitués du cabinet des frères Dupuy.
^ Sur le séjour de Valavès à Paris en i6a6- ' Sur Nicolas Chevalier, premier président de
1637, voir Gassendi, liv. IV, p. 807. ia Cour des aides, depuis l'année 1610, voir
^ Sur Des Hayes, baron de Cormenin, voir les Hittorieltei de Tallemant des Réaux, I. M,
plus haut la lettre de Peiresc, n° XCVI, du p. 5o8, oii il est signalé comme un avare fieffé.
Chevalier, [premier Président, prenant la parole, se mit sur les louanges du règne du feu Roy et la différence de cclui-cy et finit par ces paroles : Misérable peuple, misérable règne sous lequel nous sommes! Et comme il est bien disant, il prononça cette harangue avec véhémence et reconnut-on qu'il s'estoit préparé à cette response; ensuite de cela il a eu le commandement ci dessus que l'on ne peut attribuer à autre cause.
Ce matin, M' de Bonnieux' ayant appelle au Louvre M' le duc de Chaunes-, le Roy en ayant eu advis l'a aussytost envoyé à la Bastille.
Je suis. Monsieur, vostre, etc.
J. DU Puv.
Du 2 1 après Jisner'
LETTRE DE JACQUES DUPUY À PEIRESC
Monsieur,
Vos lettres du ai du passé nous ont esté rendues très à propos, car nous commencions d'estre en peine de vos nouvelles n'en ayant receu depuis le 5'. Vous faites mention par voslre dernière d'une depesche du 9° laquelle je vous puis assurer n'estre encore venue entre nos mains, dont je suis en peine., car peut estre y aurez-vous joint quelques pièces pour l'accompagner. IM"' de Lomenie, comme je vous ay desja escript, nous a fait voir une lettre de M' vostre frère du 1 5 de mars, mais il n'y avoit rien pour nous. Je vous mande cela afin qu'en fassiez faire perquisition, car jusques icy il ne s'est Dieu mercy encore rien égaré de nos lettres , ainsy que je voys par mon papier journal des depesches que je vous adresse.
Pour commencer à respondre à vostre lettre du 21, je vous remercie des relations des Carraques de Portugal et aultres papiers y joints. Vous n'aviez que faire de charger vostre pacquet de la feuille du livre de M' de l'Escale,
' Le nom de Bonnieux ne figure dans aucun Honoré d'Albert, né vers i58i, connu d'abord
des livres sur le règne de Louis XIII que j'ai sous le nom de Cadenel, lieutenant général en
pn consulter. Peut-èlrc ce nom a-t-il été défi- Picardie, maréchal de France eu 1619, duc do
guré par le copiste des lettres originales et faut- Cbaulnes et pair de France en 1631, mort à
il lire Bonnivet. Il s'agirait, en ce cas, du mar- Paris en octobre 16/19. quis de Bonnivet. ' Aix, voL X, fol. 378. Copie.
' C'était le frère du connétable de Luynes,
io5
mi-RlHIIIIK RATIOXAU,
83/i APPENDICE. [1627J
De emendatione temporum. Le livre s'imprime en beau papier et par le moyen de M'' Diodati qui a part, comme je croys, à cette impression, nous en pourrons recouvrer quelques exemplaires. Je n'ay pas ouï dire qu'il s'imprimast à Leyden, car ceux de Leyden l'ont vendu moyennant cinq cens escusà feu Rovière, de Genève, et cette somme est tournée au profit de M'' Heinsius', et c'est l'original , et les additions et corrections sont de la main propre de M'' Scaliger. On nous doit faire voir quelques feuilles où il y aura de l'arabe. L'Eusebius de M' Scaliger se réimprime bien à Leyden et augmenté; mais il y a si longtemps que cette impression traîne, que je ne sçay plus qu'en espérer.
Mon 'frère a receu depuis peu un pacquet de livres d'Elzevir, où il y avoit une Respiiblica Poloniœ in- 9/1^ comme les autres qu'avez desja et Ubbonis Emmii vêtus Grœcia en 9 volumes in-S" qui est un bel ouvrage et agréable à lire^. L'auteur fort vieil est mort devant qu'avoir peu avoir son livre fini*. Quand nos libraires en recevront, je ne manqueray d'en retenir pour vous. 11 escript aussy avoir achevé d'imprimer l'Aristarchus Heinsii'^, et que les Epistolœ Scalifferi^ tirent à la fin, desquels livres il doibt envoyer par la première commodité.
Il s'est imprimé à Lion quelques opuscules de Jul. Cœs. Bulengerus, maintenant jésuite : De convivio veterum'' , de hidis'^, de piclura, plaslice, statuarla'\ Ce dernier traitté, quoyque léger, peut servir^" et mon frère en a rétenu un exem-
' On sait que Daniel Heinsius fut le disciple lavori de Joseph Scaliger, qui le chargea, dans son teslaruent, de publier les commentaires de Jules-César Scaliger sur l'Histoire des animaux d'Aristote. Le disciple resta fidèle à la mémoire de l'éminent philologue qu'il célébra en vers comme en prose.
- Reipublica , sive status regni Poloniœ , Lkiianiœ, Prussice, Livoniœ, etc . diversorum auto rum (Leyde, 1637).
' Vêtus Grœcia, illuslrata studio et opéra Ubboni» Emmii Frisii, historiarum et grœcœ linguœ jn-ofessoris in Acadetnia Groningana senio fatiseentis, etc. (voir la suite du litre, qui est très long, dans fe« Etzevier de M. Alph. Willems, p. 68, article aSa). Li correspondant de Peiresf se trompe en ne donnant que deux volumes à l'ouvrage; il en a trois qui pararent en 1696.
' L'auteur étant décédé durant l'impression (9 décembre i6a5), l'épître dédicatoire entête
de Vêtus Gracia porte la signature de son fils, VVesselus Emmius. Ubbo Emmius, au moment de sa mort, était presque octogénaire, étant né en décembre tSiy.
' Nous avons déjà vu que VAristarchus sacer de Daniel Heinsius parut à Leyde en 1637.
' lUuslrissimi viri losephi Scaligeri lulii Cœs. a Burden F. epistolœ omîtes quœ reperiri pottierunt, nunc primum colleclœ ac edilw (Leyde, 1637, in-8°).
' De conviviis libri quatuor. . . auctwe Julio Cœsare Bulengero societatis Jesu presbytère (Lyon, if>27, in-8°). L'ouvrage est dédié au premier président Nicolas de Verdun.
' De ludis privatia ac domesticis Veterum liber unicus, etc (Lyon, 1637, in-8°).
' De pichtra, plastice, statuaria lAri duo (Lyon, 1637, in-8°).
'" Gronovius pensa lui aussi que ce traité pouvait avoir quelque utilité, car il l'inséra dans son The-
plaire pour M' Rubens, estant matière qui le touche. Je vous donne cet advis aflin qu'en fassiez venir de Lion, si le desirez. Je crois vous avoir desja escript comme je prends chez Buon ce que je puis des livres que desirez alFin de descharger d'aultanl voslre somme; mais cet homme est si mal fourni de livres de vostre goust et du nostre, que de tous ceul\ qui sont contenus en vostre grand mémoire, il n'en a peu fournir que trois ou quatre des moindres et vous assure que je ne prends chez les autres que ce qu'il ne peut bailler. Je pensois avoir le S'-Basile en grand papier par son moyen et le faire mettre sur son conte, mais il ne le peut faire, et si je me fusse adress(5 directement à Sonnius, je sçay bien qu'il m'eneust fait meilleur conte, car ces gens sont barbares les uns aux autres. J'ay recouvré depuis peu un Saxo gravimahms in-fol° de vieille reliure moyennant 3 livres 5 sols. 11 y a quelque peu d'escripture aux marges , mais de ces vieux livres on ne trouve à choisir. De tous les livres que j'ay pris en blanc, je n'en ay encore payé pas un, attendant vostre volonté là dessus; car encore que les aye au logis, cela ne m'oblige point. J'ay le Fasetculus rerum cxpclcndarum entre mes mains qu'on me laisse à la livres; mais j'attends response de vous là dessus,» car je trouve le prix excessif. Encore que le livre soit rare, il s'en pourroit trouver par rencontre quelqu'un à meilleur conte. Voilà pour ce qui est de vos livres, que j'ay estendu plus au long, n'ayant pas grandes nouvelles.
Monsieur de .Maussac a enfin renvoyé les livres de Jul. G. Scaliger par un libraire de Tolose, qui est icy. Il est en traitté de l'offre de premier Président des Aides à Montpellier, et si cet affaire réussit, il pourra bien venir icy. Il a des grands desseins de livres, mais il se réserve à les déclarer par autres lettres.
La consultation de Sorbonne touchant Verdun ne s'est peu recouvrer, M'Godefroi, qui l'avoit eue, n'en ayant retenu copie. Pour le cahier des Notables, je vous ay escript qu'il ne se peult avoir. Quant au procez verbal, il est au logis transcript pour vous avec d'autres pièces de l'Assemblée. M' de Ghateauneuf n'a encore rien baillé à M' de Lomenie quoy qu'il ne le laisse guères en repos. M' de Tolon n'a point encore ses Bulles ' et doute fort de l'événement de son affaire. On ne parle plus de l'affaire de Santarel. Je vous envoyé le mémoire d'un livre imprimé à Naples qui contient d'aussy meschantes maximes
tauru» antiquitatumromanarum (t. ÏX, p. Soç)).Le ' On sait qu'iis'agit du fameux pamphlétaire
même honneur a, du reste, été fait au traité de Mathieu de Morgues, déjà mentionné dans la Ludit{ t. VII , p. 90 1 ). Le traité de Conviviit a été lettre X de V Appendice. admis dans le Theiaunu deGraivius (t. XII, p. &5).
io5.
et a-t-on parlé icy de le faire brusler, maiseela n'a passé oultre. Il est de la mesme forme que celuy de Santarel. On nous en a voulu bailler un pour une pistole. Je n'ay voulu me tant bazarder pour si mauvaise marchandise. Vous le pouvez faire venir d'Italie et peut-estre de Lion.
Pour l'office qu'offrez de rendre à M' Grotius et M' Du Chesne auprès de .Vr Defiat par le moyen de vostre archevesque, je leur feray sçavoir vostre bonne volonté et vous diray que M' Godefroy a enfin esté payé de 800 escus contant. M' Du Chesne a une bonne assignation et M' Grotius espère bientost aussy en sortir. Il fauldra réserver vos bons offices pour l'année suyvante.
Le Roy n'est encore de retour de S'-Germain où il a fait la feste, mais il sera demain icy, et M' le Cardinal aussy. Un nommé Rondin, accusé d'avoir Fait la Cordonnière, a esté condamné au Chastelet à estre pendu, dont il a apellé à la Cour. Il a esté autrefois domestique de M' le Cardinal , et fust si impudent que de luy apporter luy mesme cette pièce, luy ayant esté baillée, disoit-il, par un homme inconnu. Le Cardinal, après estre sorti, le fit prendre. Nous verrons quelle en sera l'issue'. Le moine des Rillettes^, prévenu de l'assassinat contre un gentilhomme de vos «quartiers, n'est encore jugé. Nous n'avons encore de premier Président. On persiste tousjours à M' Le Jay et M' Despesse^ en sa place, et tout cela par, la faveur de M' Deffîal*. L'on croit que devant cette déclaration, on présentera force Edits au Parlement pendant que tous nos Présidons sont en halene. Pour avoir toute la compagnie favorable, on leur fait offrir sous main que le Roy leur remettra à tous ce qu'il tire d'eux pour la Paulette.
M' le marquis de Cœuvres est icy depuis quatre jours; on le nomme le mareschal d'Estrées. 11 faut qu'il digère que M' de S'-Luc passe devant luy. .le n'ay rien appris du dehors. M' Priandi a eu depuis peu tant d'affaires qu'il n'y a moyen de le gouverner. C'est pourquoy vous n'aurez aucuns advis estrangers. M"^ Rubens a escript , mais il n'y a rien de nouveau. Je suis marri de l'indisposition de M' vostre frère. Il court icy quantité de ces rheumes; l'intem-
' Voir à ce sujet la note 1 de la page 83S ^ Charles Faye, seigneur d'Espeisses, con-
(lettre XX de V Appendice) , sur la Cordonnière seillcr au parlement de Paris; il mourut le
de Loudun. 5 mai i638, ayant été conseiller d'État et
- Religieux ainsi nommés de la maison qu'ils ambassadeur en Hollande. U était fils de Jacques occupaient à Paris dans la rue des Billettes. On Faye, seigneur d'Espeisses, président au parleles nommait aussi les frères de la Charité de ment de Paris.
Notre-Dame; ils suivaient la règle de Saint- * Charles Faye avait épousé Marie de Fourci,
Augustin. sœur de la maréchale d'Effiat.
péric du lems en fst la cause, car ces jours icy et aujourd'huy la terre a esté couverte de neiges.
Nous avons eu lettres de mon frère le Chartreux du 3 février qui a trouvé l'hiver assez rude à Capri; il espère, à ce printcms, de reprendre ses forces. AP de Thou le verra qui nous en escripra à son retour plus particulièrement. Je vous baise les mains et à M' vostre frère do qui je suis très humble serviteur.
Vous renvoyerez les papiers que je vous envoyé hormis le factum de M' Rigault qui a depuis peu perdu son fils aine qui promeltoit beaucoup. Vous retiendrez, s'il vous plait, le livre de Prwcedenlia du jeune Godefroi'. Cela le mérite.
Je suis. Monsieur, voslre, etc.
J. BU PuY.
De Paris, ce 5" aviil 1637 à x heures du soir -.
LETTRE DE JACQUES DUPUY À PEIRESC
Nous avons receu vos lettres du dernier du mois passé l'unziesme du présent avec les livres et mémoires y joints fort bien conditionnez, dont je vous remercie très humblement en mon particulier. Je suis pourtant marri que vous soyez privé de ces deux livrets là. M"^ Aleandro nous ayant escrit avoir entre ses mains pour nous un exemplaire de ces Themistoclis epistolœ, nousiuy escrirons qu'il vous l'envoyé. Nos mess" de deçà (qui ont bon nez en ces matières) croyent ces épistres supposées. Pour le moins ne nous disent-elles rien de nouveau que nous n'ayons dans les anciens autheurs grecs, ce qui est une assez grande marque. Pour la version, elle est très impertinente, et s'entend mal aisément, et cet homme est ignorant en la langue latine. Nous en ferons voir à M' Grotius pour en avoir son jugement. M'deSponde, maintenant evesque de Pâmiez \
' Le jeunp Godefroy otail le second fils de ' Henri de Sponde avait élé sacré à Saint-
Donis Godefroy : il s'appelait Jacques. Nous Louis-dea-Français le 16 aoill 1696 et il avait
avons déjà rencontré son nom dans la lettre XVI prêté serment enirc les mains de Louis Mil à
de Pciresc, du ag janvier i6'i5. Le livre dont la fin de la même année. Mais Jacques Dupuy
parle Dupuy est celui-ci : Diatriba de jure jiriece- se trompait en le croyant installé à Paniiers au
ilentiw (Genève. 1637, in-4°). commencement d'avril i(>a7 : le nouveau pré-
' Mx. vol. X, fol. 980. Copie. lai ne lit son entrée solennelle en celte ville que
est à son evesché, tellement qu'en pourrez plustost scavoir nouvelles du costé du Languedoc. Je suis honteux des remerciments que me faites pour les papiers que j'ay transcrits pour vous. En ce faisant, je ne soustrais rien au public, me sentant du tout incapable d'y profiter en aucune façon, et suis honteux des termes dont usez en mon endroit, ne reconnoissant nullement en moy les louanges que me donnez. Tout le fruit que j'en tire, est que ce peu vous soit agréable. Quentin travaille maintenant pour vous et est après à escrire un voyage fait en Perse, où il y a quelques particularitez notables. Mon frère luy baillera puis après les mémoires de la reine Marguerite. Si M"^ vostre beaufrère estoit encore icy, il seroit bon que le priassiez de se charger, s'en retournant , de ces mémoires escrits à la main, car d'attendre commodité des balles de Buon, c'est trop languir. M' de Loménie a entre ses mains le cahier des notables, mais on luy a fait promettre qu'il n'en feroit sitost tirer copie. Le tems s'en va expirer. Si je peux recouvrer deux exemplaires du livre du P. Goulu', vous l'aurez au premier ordinaire. Il fust publié à Rome fort à propos ^ pour détromper beaucoup de gens qui lisoient YAdmonitio^, et l'auteur s'en cachoit. Il n'y a point de plus amples mémoires touchant les chevaliers de Malte, et cet escript n'a fait aucune impression sur l'esprit de ceux qui gouvernent, de sorte que cela n'a eu suite. On m'a dit que l'auteur est général. Je tascheray d'en avoir un exemplaire encore. Vous m'estonnez grandement de dire que les Opuscuh Bellarmini ayent esté rognez à la lettre, car c'est le Gascon qui les a
|p samedi a 3 mai , veille de la Pentecôte. D était à Toulouse à l'époque où le correspondaut de Peiresc le regardait comme ayant déjà pris possession de son palais épiscopal.
' Vindiciœ theologiœ ibei'opohticœ ad cathohcum regeni Hispaniarum, etc., Philippum IV, contra pseudotheologi admonitoris calumniai. Sans lieu, i6a6, in-8°. Voir Catalogue de la Bibliothèque nationale (Histoire de France), t. I, n°a43i. La plupart des bibliographes mettent la publication de Dom Goulu en i6a8. Voir notamment la Bibliothèque historique de la France (t. II, n» 38667), le Moréri (t. V, p. 3o4), la Biographie umverselle (article de Lécuy), la Nouvelle Biographie générale (article de M. V. Fournel), etc.
^ Le Moréri nous avait déjà appris que Goulu lit ce livret, «étant à Rome».
^ G. G. B. Theologi, ad Ludovicum decimum tertium... Admonilio (i6a5, in-4°). Voir les titres complets du texte latin et de la traduction française (1627, m-li°) dans la Bibliothèque historique de la France (t. Il, p. 858, n" aSô.'ii et a864a). On a attribué à divere écrivains, notamment au P. André Eudaemon-Joannes, ce libelle contre Louis XIII, libelle très violent et très injurieux; mais l'auteur reste incertain, comme le déclarent les PP. de Backer et Sommervogel ( Bibliothèque des écrivains de la compagnie de Jésus , t. I, in-foL, colonnes 1764-1765). On trouvera dans ces mêmes colonnes, ainsi que dans la Bibtiothèque historique de la France (n° 98645 et suiv.) et dans le Catalogue de la Bibliothèque nationale. Histoire de France (l.I,p.556 et suiv.), de nombreuses indications relatives à la polémique allumée par la publication de VAdmomtio.
maniez et cela de sa vie ne luy arriva'. Et crois que ne les avez considérez (|uand avez escript. Peut-cstre que les marques des rayes d'impression faites pour diriger les relieurs vous auront fait croire que c'estoient des lettres coupées. 11 vous en a reliez qui sont bien esloignez de cela 2. Il n'y avoit moyen de les envoyer que pliez ainsy, et ce qui est rogné est avec le couteau. L'Eratosthènes n'estoit plié qu'à la main pour ce qui est du travers, et la rogneure n'a fait aucun tort, et vostre relieur n'aura que faire de repasser sur la pierre des livres du Gascon, car il est assez scrupuleux. Si les livres qu'on envoyé en pacquets ne sont battus, ils seroient trop gros et seroient rebutez à la poste.
M' Holstenius n'a encore receu ce fœdm inter Magnesios et Smymeos. Il a escrit en Angleterre qu'on nous l'adresse en son absence, car il doibt s'en aller à Rome avec M' le cardinal Spada. Il y a apparence que M' le cardinal Barberin l'ayant mandé de luy mesme qu'il luy faira bonne condition. A la première veue je m'enquerray de luy touchant ces manuscrits du concile de Chalcédoine. Mon frère , ayant receu les livres de Historia animalium de M' Maussac, a escript à M' Heinsius et luy demande ce manuscript. Nous verrons ce qu'il respondra. Cet extrait que mon frère vous a envoyé touchant les monoyes du la juillet 1878 ne se trouve plus ample, et il n'en a rien de plus. Je m'eslois mépris parlant de l'histoire de M'' Catel, car nous avons chez nous celle de Tolose.
Les fleurs peinfes sur le marroquin réussissent fort bien et mesme en relieure, et le marroquin est assez riche sans qu'd soit besoin de dorure. M' de Chartres^ en a acheté une peau peinte par escaillcs qui est très belle, qui ne couste que neuf francs, et on peut en relier deux volumes in-folio.
Je crois qu'il sera bon de suivre vostre advis pour le payement des livres que j'ay pris chez Drouart et Cramoisy, et ne surcharger point la somme qu'avons entre nos mains. J'arresteray le prix au dernier mot avec eux et vous l'envoyeray, ensemble des livres que demandez par vostre dernière, si tant est
' Los bibliophiles remarqueront certainement cet hommage rendu à l'habile autant que mystérieux relieur, sur lequel nous savons si peu de chose et dont nous ignorons même le prénom, de même que nous ignorons la date et le lieu de sa naissance, la date et le lieu de son décès, elc.
' M. Paul Arbaud, dans sa brochure sur Peire»c bibliophile (Aix, 1871, in-8°), se contente de rappeler (p. 1 1) que les biographes de l'éminent amateur disent tous qu'il établit un relieur
chez lui, ajoutant que malheureusement sou nom n'a pu être retrouvé. li faudra désormais chercher A distinguer, parmi les volumes qui nous restent de Peirese, ceux qui proviennent de l'illustre relieur parisien et ceux qui sortent des moins des relieurs provençaux.
' Léonor d'Élampes-Valençay, déjà plusieurs fois nommé. La Bibliothèque nationale possède plusieurs des beaux livres qui ont appartenu à ce célèbre bibliophile.
8'i0 APPENDICE. |1627]
qu'ils se trouvent. Il n'y a rien qui presse à cela. Tous les livres que j'ay au logis pour vous sont collationnez par moy raesmc, car je ne m'en fie pas aux libraires. Pour les livres rares, entre autres ces Espagnols, il faut attendre quelque rencontre d'inventaire. Le Platina ne se trouve en blanc; je chercheray encore pour tascher à en recouvrer quelque frippé qui puisse se relier. Le Léon d'Afrique ne se trouve qu'in-S" latin; mandez si le voulez de cette forme.
Les Origines palatinœde Freherne se vendent séparément, et m'estonne que les ayez disjointes, les deux parties estant venues toutes deux ensemble. 11 y en avoit bien eu une impression in-/j°, mais elle manque. Le Simplicius n'a point esté fait qu'in-folio à Venise. Il y en a bien sur les cathegories d'impression d'Allemagne in-folio, mais aussy difficile à trouver que les autres pièces. Je vous assure que Drouart n'est point en son tort pour le Naibodus'; c'est l'impertinence de Sanclarus qui a fait perdre ce livre, lequel il bailla au baron de Chapelaine^, qui l'a perdu, dit-il. à la descente que fit M' de Soubize à l'Eguillon en Poitou^ avec tout son équipage qui fust pillé, et Drouart ne l'avoit baillé à Sanclarus que pour en avoir son advis, tellement que quelque condamnation que je y aye, cela ne faira pas restituer le livre, et Drouart est 1res fidelle marchand et homme de bien. Je vous ay desja escript comme j'avois trouvé un Saxo Grammaticus relié moyennant 3 livres. Je n'ay peu recouvrer de ce Symhola XII nationum pour voir au vray ce qu'il traitte. Jiis Justinianum ne se trouve. Je ne retiendray pour vous que ce qu'ih a fait sur les xii Tables^. Tous les livres de cet homme n'ont point de liaison l'un à l'autre et s'achètent séparément selon la fantaisie de ceux qui en prennent.
Je vous envoyé un mémoire des Berum germanicarum scriptores, tiré de nostre catalogue et de celuy de M. de Thou. Je n'ay mis que les principaux et qui font un corps, car cela eust esté infiny.
Enfin le livre du P. Petau *' intitulé Optis de doctrina lemporum est publié. Il
' Naiboda (Valentin), de Cologne, mentionné ' Le mot t7 s'applique à Conrad Riltershuys
dans la lettre XLV, du 3i mars 1627. (flt/(e)'s/i«»iu«), jurisconsulte dont il a été ques-
' C'était Henri l'Argentier, baron de Cliape- tion dans la lettre XXXIX de Peiresc, du ai fé-
laine (en Champagne), dont le frère puîné, vrier 1637.
Charles l'Argentier, vicomte de Neufchâtel , Ggure ° Dodecadeltos, sive in XII Tahularum leget
dans l'historiette de Tallemant des Idéaux sur la commentarius novus (Strasbourg, 1616, in-4°).
Marquise de Sy (t. V, p. 809 et suiv.). ' Nous avons déjà rencontré le nom du docle
^ Aiguillon-sur-mer, département de la Vendée, jésuite dans la lettre VI de Peiresc, du h février
aiTondissement de Fonlenav, canton de Luçon. i6a4.
contient deux gros tomes in-folio dédiez .m cardinal de Richelieu ^ Il est si nouveau qu'on ne sçait encore le jugement qu'en fairont les savants. A ce que l'on peut voir, à jetter la vue sur le sommaire des chapitres, il est remply d'une grande variété de matières très belles; il est effroyable le travail qu'a pris cet homme. Il y a quantité de tables de supputations. Le pauvre Joseph Scaliger y est malmené à toutes les pages. Je ne sçay s'il se rencontrera personne pour venger sa mémoire. Cette matière très abstruse est très difficile à manier et esl de peu de gens. Il y a des exemplaires en fin papier; je crois qu'il vous en faut un que j'arresteray chez Cramoisy. Cependant vous me fairezsçavoirvostre volonté. Buon ne pourroit pas en avoir de fin papier et craint qu'ils ne se vendent des premiers. Je sçauray de Buon à qui il a adressé vos balles de livres et quand elles sont parties et luy feray vos plaintes. Je prends tout ce que je puis chez luy, mais ce tout là se réduit à peu, car il n'a guères de livres de dehors.
Nous avons recouvré des poèmes latins et italiens de M' Bachet Méziriac ^, imprimez à Bourg en Bresse'. Il n'est pas que n'en ayez, mesmes luy estant des amis de M' Marchier. Cela est digne de vostre curiosité, estant bien fait et estimé des gens qui s'y entendent.
Le livre qui fait plus parler le monde icy, est l'Apologie de M' de Balzac*, ce célèbre escrivain des lettres, publiée sous le nom d'un nommé Augier*.
' L'ouvrage parut chez Sébastien Cramoisy et aux frais de cet imprimcut^libraire, tumpttbui Seb. Cramoiêy.
^ Claude -Gaspard Bachet, sieur de Méziriac ou mieux Meyseria , naquit à Bourg le g octobre ).58i et mourut le a6 féviior i638. A la fois poote, helléniste, malbématicien, il fut un des quarante fondateurs de l'Académie française. Voir une étude sur sa vie et ses œuvres par M. René Kerïiler (Paris, 1880, grand in-8°). M. Kerviler a reproduit (p. 48-69) une lettre de Méziriac à Peiresc publiée, dans la Revue du Lyonnait d'avril 1880 (p. 3o3), par l'éditeur de la présente correspondance, d'après l'autographe de la Bililiothoqiie nationale (fonds français, vol. 95/10, fol. )o5).
' Virginie deiparm ad Chriitum Jiliutn epittola
necnon alia quœdam pnemata {Bwgi Sebiisiano-
ruin, J. Tainlurier, 1626, in-8°. C'est la seconde
édition, la première ayant été donnée en 1616,
même ville, même format). — Rime Toscane di Claudio Gasparo Bacheto, signor di Méziriac {In Rurgo di Ilres$a, 1626, in-8°. C'est aussi la seconde édition, la première ayant été donnée, comme colle des poésies latines, en 1616, chez le même imprimeur-libraire, également in -8°). Voir sur les vers lalins, italiens et aussi sur les vers français de Bachet, ces derniers vraiment déplorables et entièrement dignes d'im mathématicien, le chapitre de la monographie d(! M. Kerviler intitulé : Bachet poète {p. la-ao).
' Apologie pour M. de Balzac (Paris, Cl. Morlot, 1637, in-/i°). Jean-Louis Guei de Balzac avait alors trente ans; né à Angoulémt^ à la fin de mai 1597, il mourut dans la même ville, le 8 février i655.
^ François Ogier, prédicateur du Roi, mouml le a8 juin 1670. On l'appelait communément le prieur Ogier. C'était le frère cadet de Charles Ogier, qui fut spirituellement surnommé Ogier
mrri*irriï «triotiff
S'il
encore que luy mesme en soit l'auteur ^ mais cette pièce contient des louanges de luy mesme si putides qu'il eust eu honte d'y mettre son nom. Elle est dëdiée à M' le cardinal de Richelieu. Il respond à l'escrit d'un feuillant nommé Père André ^ qui avoit fait quelques notes sur les lettres et marqué des passages qu'il dit n'estre de l'invention de Balzac, mais pris des anciens : l'escript du Moine est à la fin de l'Apologie. Ces livres ne sont guères de vostre goust; c'est pourquoy je n'ay vouleu vous en envoyer sans avoir vostre advis. Il est in-quarto. Cet homme a des sectateurs pour son style, et ces gens l'ont remply de telle vanité qu'il ne croit pas qu'il y ayt rien au monde pareil à ses ouvrages*. Il y a à la vérité de bonnes tirades, mais aussy bien des hyperboles et façons de parler extravagantes et, au bout du conte, toutes ses lettres ne sont que romancières, et y en a peu qui ayent esté envoyées*. Je crois que
le Danois à cause de son séjour en Danemark qu'il a raconté dans ses Epliémérides (i656, in-8°). Voir sur Fr. Ogier les Lettres de Giiez de Balzac (1878) et celles de Jean Chapelain (I. I et II).
' Talleraant des Réaux est d'accord avec J . Dupu y sur la question de la paternit attribuée à Balzac. Voici son récit (Historiettes , t. IV, p. 90) : tt Enfui, cela alla si avant qu' Ogier le prédicateur, son amy, entreprit de faire son Apologie. Il y en avoit desja cinq ou six feuilles d'imprimées; Gomberville m'a dit qu'il les avoit, quand Balzac, arrivant icy, ne trouva point cela à sa fantaisie : il refit tout le discours, et ne se servit que de la matière. Cela ii'avoit garde de ne pas réussir, car Ogier est fort capable de choisir bien ses matériaux, et Balzac de faire fort bien le discours; aussi est-ce une des plus belles pièces que nous ayons. Ogier a voulu soustenir qu'il avoit tout fait; mais il a esté assez bon pour imprimer d'autres ouvrages , et il ne faut que conférer, cl puis, pour peu qu'on s'y connoisse, on voit bien qu'autre que Balzac ne peut avoir fait cette apologie.»
', Père André est une abréviation. Le feuillant s'appelait André de Saint-Denis. C'est le nom que lui donne Balzac dans les lettres qu'il lui écrivit après leur réconciliation. Voir sur le religieux qui, suivant le bon mot de Voiture,
avait été V Hélène de la vive guerre de 1627, une piquante note do l'article Balzac du Dictionnaire critique de Bayle (édition Bouchot, t. III, p. 70). On ne possède pas do renseignements biographiques sur l'auteur de la Conformité de l'éloquence de M. de Balzac avec celle des plus grands personnages du temps passé et du présent.
' Tallemant des Beaux juge le vaniteux Balzac comme le jugeait J. Dupuy {Historiettes, t. IV, p. 89etsuiv.), mais le correspondant de Peiresc, on va le voir, est aussi sévère pour le style du grand épiitolier que Tallemant lui fut indulgent, en faisant de lui ce bel éloge (p. 88) : «Il est certain que nous n'avions rien veu d'approchant en France, et que tous ceux qui ont bien escrit en prose depuis, et qui escriront bien à l'avenir en nostre langue, luy en auront l'obligation. r> Moi qui goûte tant Balzac, j'aime à rapprocher de l'hommage que lui rend le satirique Tallemant cet hommage de Bayle (article déjà cité) qui l'appelle ttla plus belle plume de FranceJi.
' Tallemant (p. gS) dit à peu près la même chose : (tII feint d'avoir escrit des lettres qu'il n'a jamais escritles, tel qui n'en a jamais receu qu'une de luy en trouve trois ou quatre qui luy sont adressées. Il y en a une quantité à je ne sçay combien de révérends pères dont on n'a jamais ouy parler.»
M' vosire Archevesque verroit cela volontiers. M' son frère y est loué tout ce qui se peut'. Cela ne luy sera dësagrëable.
J'avois commencé à transcrire le Candidus et Marrus Victorinus dessus les mémoires [de la Bibliothèque] du Roy, mais nous avons trouvé que cela estoit imprimé à Balle i5/îo in-folio avec un commentaire de Jacobus Zieglerus sur la Genèse et l'Exode'-^. 11 suilira d'escrire à M' de Thou pour en advertir M' le cardinal Barberin.
M' Godefroi se tient fort vostre obligé des offres que luy faites de l'fissisler de vostre crédit auprès de M' le Surintendant'. Il a depuis peu veu par deux fois M' le Cardinal qui connoit ce qu'il vaut. Il entreprend pour luy un grand travail pour ce qui est des Traitiez faits avec les estrangers touchant le commerce''. Mondit sieur le cardinal a fort gousté son dessein et exhorté à le continuer. Cela luy pourra servir. Mondit sieur Godefroi m'a promis des exemplaires de ses deux derniers livres pour vous, je les mettray avec les autres que j'ay.
Mon frère vous envoyé deux copies de l'affranchissement que serez peut estre bien aise de voir. Vous luy renvoyerez, s'il vous plaist. Vous recepvrez par cet ordinaire la confession de M' de Vcndosme, laquelle renvoyerez aussy, et vous prie ne la communiquer qu'à vos intimes; car elle est secrète. Mon frère n'a pas encore recouvré l'abolition. Vous vous estonnerez de cette confession qui ne contient que des choses desquelles il ne pouvoit estre convaincu par personne. 11 y a bien de lascheté à ce fait. Il y a bien de choses là dessus que le papier ne peut souffrir. Madame d'Elbœuf a voulu en tirer autant d» grand Prieur, mais il n'est pas traitable. Le Roy a dit que sa sœur estoit bonne femme et qu'elle trahissoit ses frères, mais que c'estoit pour son service. Leur
' Ce qui ii'cmpéche pas Balzac , dans ses lettres ' Le marquis de Godcfroy-Ménilglaise {Let il Cimpclaia {Mélangei hUloriquen de 1873), de iavanlt Godefroy, p. 117) nous apprend que se déchaîner violemment contre la mémoire du Théodore Godcfioy n'avait trpresque aucune forcardinal. Citons encore Tallemant des Réaux tunen. Il ajoute (p. lao) que Théodore écrivail (p. 98-94) : irLe cardinal ne fnt pas plustost au garde des sceaux (1638-1699) : t ie n'ay mort, que, sans considérer qu'il luy avoit donné d'autres moyens en ce monde que ce que je reçois tant de louanges, il fit une grande pièce à la du roi.» H ajoute encore {ibid.): ttCe qui aggra- Reyne, où il disoit hien des choses contre luy.î» vait son honorable pauvreté, c'était l'irrégularité
' Voir dans le A/oréri de 1759 un aj ticle en du Trésor toujours en retard, toujours aux expé-
trois colonnes sur Jacques Ziegler, «fameux écri- dients. »
vain (lu \vi' siècle», né à Landau (Bavic're) * Le marquis de Godefroy-Ménilglaise a men-
ver» i48o, mort en août i549. L'ouvrage in- lionne ce grand travail dans son énumération
diqué par Dnpuy est intitulé ConcepUimum in (p. iï9) des travaux manuscrits de Théodore
Geneiim nmndi et Exodum commenlarii (Bile, Godefroy : tr Documents relatifs au commerce ex-
i5'i8, in-fol.). térieur, aux colonies, ù la navigation, etc.»
liberté est plus désespérée que jamais, M' le Cardinal ayant dit à M' de Nantes' qu'il ne la falioit aulcunement attendre. On a voulu despouiller le grand Prieur de son grand Prioré et a-t-on fait voir à Rome une fausse résignation au Pape en faveur d'un des fils de M' de Guise; le pape l'a refusée.
Je ne daignerois vous mander comme M' le Général des Galères s'est fait prestre de l'Oratoire 2, cette nouvelle sans doute ayant esté cscripte desja par d'autres en vos quartiers où il est connu. Cela se fit la dernière feste de Pasques à Saint-Magloire, au faubourg saint Jacques. Il porte à la maison dix mil livres de rente pour jouir seulement sa vie durant. On s'estonne et avec raison de ce changement. Le Roy perd là une bonne espée^, mais peut estre que ses prières en seront plus profitables. Ses domestiques disent qu'il y a long temps qu'il estoit tourné à la dévotion. Les uns quittent le cloistre pour venir au monde, et les autres le monde pour aller au cloistre. Cosi va il mmdo''.
Il court un livre intitulé le Ballet des politiques contre l'Assemblée des Notables. Il est imprimé^. Le fils de M' Bouteiller, prest d'estre receu conseiller de la Cour, est accordé avec la fille unique de M' Phelippcaux Villesavin à laquelle on donne 5o mil escus en mariage*'. La fille de M'' d'Herbault est aussy accordée au jeune Humière ^ Le fils aussy de M' de Valençay à Mademoiselle d'Elbène *. Le marquis de Cœuvres a fait le serment de mareschal de France. De Paris, ce xi* avril 1637.
' Philippe de Cospeau, évéque de Nantes (depuis 1622), après avoir été évéque d'Aire {1607). On sait qu'il fut plus tard évéque de Lisieux(i 636-1 64 6). Voir sur ce prélat les L«(t»es de Balzac {18'] S, p. d3o).
* Philippe- Emmanuel de Gondi, comte de Joigny, marquis des lies d'Or, etc., mourut, le ag juin 1669, à Joigny, uen réputation d'une giande piété» , comme s'expriment les auteurs du Moréri. Voir sur ce saint personnage Saint Vincent de Paul el les Gondi d'après de nouveaux documents, par M. R. Chantelauze (188a, in-8°).
' Ph.-Emm. de Gondi s'était surtout distingué à la bataille navale gagnée sur les Rochelois en lôaa.
* Ainsi va le monde.
' Le Dictionnaire des ouvrages anonymes par Barbier n'a pas d'article sur le Ballet des politiques. Ce pamphlet n'est pas mentionné dans les ouvrages et opuscules de l'année 1637 énumérés
dans le Catalogue de l'Histoire de France (Bibliothèque nationale).
° Léon le Bouthillier, comfe de Chavigni et de Busançois, épousa Anne Phelypeaux, fille unique de Jean Phelypeaux, seigneur de Villesavin, secrétaire des commandements de la reine Maiie de Médicis, laquelle Anne mourut âgée de 8t ans (3 janvier 1694), ayant eu six fils et sept filles.
' Louis de Crevant, seigneur d'Argi, plus lard marquis d'Huniières, premier gentilhomme de la chambre du roi, épousa en juillet 1627 Isabelle Phelypeaux, fille de Raymond, seigneur d'Herbault, et de Claude Gobelin.
' Je ne trouve mention do ce mariage ni dans la généalogie de la famille d'Elbène, ni dans la généalogie de la famille d'Estampes (branche d'Estampes-Valetiçay) , généalogies qui sont très détaillées l'une et l'autre dans le tome IV du Moréri.
[1627] APPENDICE. 8/i5
Monsieur, depuis ma grande lettre j'ay fait un tour à la me Saint Jacques pour vos livres. J'ay rencontré les deux volumes de Fabricius, Rognorum Aquiloiiarium, Historia de Cranizius, le collationis carthaginensis Masseni, le tout en blanc. Je vous envoyé le prix de tous les livres que j'ay pris pour vous. Mon frère a débattu les prix et réformé avec plus de rigueur qu'il n'eut fait pour luy. Des deux éléments Alexandrins imparfaits, il ne s'en [jeut faire un entier. Ils attendent bientost l'imperfectum. Buon m'a montré une lettre de Cardon de Lion du 6 avril, par laquelle on luy mande que la balle estoit arrivée. Lé ballot pour vous est adressé à M" de Sève; il m'a aussy dit que le volume des œuvres de Du Vair a esté certainement baillé à M' de Maussac par un Camuzat, libraire de Tolose. 11 faira, dit-il, une balle pour Lion la semaine qui vient. Je luy bailleray nos lettres. Je n'ay rien trouvé de Platina qui vaille. Il faudra attendre quelque rencontre. Le Ptolemei Almagestum graecum, cum commentario Theonis', se trouve relié, mais bien net; Biaise le classe à dix livres; c'est à vous à faire sçavoir si le voulez à ce prix. Le prix de Petau De Doclrina temporum est à i8 livres en blanc, et lo livres en petit papier qui est fort bien. Buon m'a promis d'avoir une apologie de Balzac et qu'elle n'iroit sur mon conte parcequ'il la fait payer argent contant. C'est un livre de /j5 sols. M' Bignon a fait ce jour d'huy la harangue à l'ouverture du Parlement, où il a fait merveilles et a esté ouï avec un applaudissement universel. Le Président d'Onsembrai^ a fait passablement; le sujet de M' Bignon estoit sur la parole.
Je suis. Monsieur, vostre, etc.
J. DD Pur.
De Paris, ce xii avril 1637'.
' Le commentaire de Tliéon d'Alexandrie a été inséré dans l'édition ftincepa (Claudii Ploltmcei magnœ conatruclionit lib. Xllf. Tlieonis Alexandrini in eotilem commentar. libri XI. Bàlo, i538) et a été très souvent réimprimé dans les éditions suivantes.
' Nous avons déjà vu qu'il s'agit là de Jérôme d'Hacqueville. Ajoutons qu« Ons-en-Rray est une coiiimnne du dé|)artenient de l'Oise, arrondissement de Beauvais, à i5 kilomètres de cette ville.
' Aix, vol. X, fol. a 86. Copie.
8/i() APPENDICE. [1627]
LETTRE DE PIERRE DUPUY À PEIRESC
Monsieur,
J'ai receu vostre pacquet du i de ce mois oii estoient les Epistres de Themistocles et le livre de M' Aleandro, dont je vous remercie. Ne vous travaillez poinl^ pour les papiers escripts de la main de mon frère. Il ne se peut quelquefois faire aultrement, tant pour les occasions pressées que pour l'importance d'iceux, comme celuy que vous recepvrez par cet ordinaire que vous jugez bien ne debvoir estre communiqué qu'à peu de personnes, moins copié-. N'usez plus, je vous supplie, de tant de retenue et croyez que nous n'avons rien fait jusques icy que nous n'en voulussions faire mille fois davantage, si nostre crédit s'estendoit si avant. Pour les copistes, Quentin travaille et s'il se présente de la besogne davantage, je sçay à qui je me doibs adresser. Je ne suis pas pressé des escripts de Messieurs de l'Hospital et non plus du livre qu'il vous plaist me faire descrire^, de quoy je suis moy mesme bonteux, et s'il y avoit là quelqu'un de qui je peusse sçavoir le prix qu'il faut bailler à l'escrivain, je le fairois tenir, n'estant pas juste à moy d'en user ainsi. L'on est après à descrire l'escrit sur le Concile que je vous envoyeray Dieu aydant. Pour ce registre ce sera du plomb pour de l'or, sinon mieux. Je baillerav à M' Rigault une lettre et faira sans doubte ce qu'il faut pour parvenir au but que vous desirez l'un et l'autre. Je bailleray à Quentin cette histoire de la Reyne Marguerite que vous trouverez gentille et de mérite. Je vous ay mandé que j'avois receu une lettre de M"^ le cardinal Barberin, en quoy il m'a plus fait d'honneur que je ne mérite. J'ay bien aulresfois ouï parler de cette histoire escrite en chiffre par M' Desportes, mais je ne l'ay peu jamais voir, ni n'ay veu personne qui l'aye veue.
J'ay trouvé, en feuilletant de vieux papiers, trois lettres d'affranchissements que je vous envoyé. Il me semble que celuy d'Orléans est dans les formules de Brisson ou dans Cujas; mais ceux de Blois ne sont pas si communs. M' Bignon sur Marculphe (page 619) parle de cette matière et en apporte quelque
' Ne vous tourmentez point. Voir dans le Dictionnaire de Lillré diverses citations réunies sous le mot travailler (p. 2826, paragraphe a 6). — * C'est-à-dire : encore moins copié. — ' Décrire est là pour transcrire.
titre |)lus ancien. J'ay creu que cela seroit de vostre fyoust. M' de Loménie m'a communiqué la lettre que vous luy avez escrit où j'ai pris plaisir de voir la satisfaction extraordinaire que le pais reçoit de M' vostre archevesque. Les personnes de cette qualité qui s'adonnent du tout à leur charge, qui est si grande et de grand emploi, sont à adorer, mais il y en a peu. Mon frère vous escril ce qu'il y a de nouvelles, et moy jesuis, après vous avoir baisé les mains , vous suppliant me tenir, Monsieur, vostre, etc.
DU Por.
De Paris, ce la* aviil 1637.
M' de Valavez trouvera icy, s'il vous plaist, mes très humbles baise-mains et M' Marchier'.
XWl LETTRE DE PIERRE DUPUY À PEIRESC.
Je responds à vostre lettre du viii' de ce mois et par mesme moyen je vous tesmoigneray les obligations que je vous ay de tant de faveurs que M' de Thou reçoit à Rome par vostre moyen; je le reconnois très plein de gratitude et très ardent à vostre service , mais je ne laisse pas de vous en estre très eslroitement obligé. J'ay communiqué à M' Rigault la lettre de M' le cardinal Barberin. Certes vous estes le non pareil , et tout homme qui se vouldra mesler de vous imiter en ce point n'en aj)prochera que de bien loin.
Je viens au fait des mariages clandestins, jugeant l'affaire de très grande importance. J'en ay communiqué à M"^ le Procureur général'-' qui la considère et qui s'estonne comment les Juges Royaux n'observent pas l'ordonnance, veu qu'elle est si claire, et que vostre mal ne vient que de là, car les Peuples et ensuite les Ecclésiastiques viendroient à acquiescera ce point de l'ordonnance, s'ils voyoicnt les Juges Royaux exacts et rigides observateurs d'icelle, veu qu'elle est conforme au concile de Trente. Tout ce que vous desirez de sçavoir est en quelle forme se pourroil faire un décret ecclésiastique sur ce point et par qui, pour estre valable. Je tiens l'Assemblée du clergé très incompétente. Vous
' Aiï, vol. X, foi. a85. Copie. — » Mathieu Mole.
spavez à quelles fins ils sont convoquez. Il y a plus d'apparence d'avoir recours au synode de la Province, qui pourroit recevoir le concile de Trente, comme ïl fust arresté en l'Assemblée du clergé de l'an 161 5, ce qui fust exécuté en quelques Evescliez, et j'ay veu l'acte de cette publication fait à Senlis par M' le cardinal de la Rochefoucauld ', mais à mon esgard ce nioven est abusif contre l'autorité du Roy, et néantmoins quand nos Evesques l'ont pratiqué, nos juges ont connivé. Mon dit sieur le Procureur général ne m'a conseillé de voir quelque Sorboniste, au contraire m'a dit qu'il ne se pouvoit en aucune sorte avoir d'advis de la Sorbonne là dessus, et qu'il s'en falloit bien garder, parce que c'est un point que ces gens trailtent aultrement que le commun, et que je ne pourrois tirer un advis sur une matière si importante, sans que le syndic en communiquast au magistrat principal : et c'est ainsi qu'on veut qu'ils vivent d'hors en avant, à cause des grands inconvénients qui sont survenus par une pratique contraire. Je luy ay dit qu'en cette perplexité je conseilleroîs la voie du Concile provincial, telle que je l'ay dit cy dessus. Luy en la place qu'il remplit ne la conseille pas, croyant que le Juge Roval, armé qu'il est de l'ordonnance, est assez fort contre qui que ce soit, mais il est très difficile de déraciner l'impression de l'esprit de vos juges qu'ils soyent incompetens et de n'avoir pas le pouvoir de prononcer par cette forme de non valablement contracter. Voilà, Monsieur, ce que je puis 'pour le présent. M"^ le Procureur général m'a promis de penser meurement à cette affaire, et pour moy je crois que le Concile provincial guériroit de tout le mal. 11 faut que vous vovez le dernier de Bordeaux qui a esté imprimé^, dont sans doubte vous avez copie et vous envoyeray, aydant Dieu , l'acte de l'Evesque de Senlis et vous envove celuy de l'Assemblée générale de l'an 161 5 contre lequel je fis le traité que je fais descrire pour vous.
Je viens au reste de vostre lettre. J'ay receu les trois pièces du Concile, et vous en envoyé d'autres, celle de M' Despesse et M"^ Pithou, cette petite chronologie. Je vous envoyeray quelque discours fait l'an i564 que vous demandez. Je le bailleray à Quentin. Mon frère vous escript les nouvelles. Je suis pressé de visitans, et puis je vous veux envoyer ie décret de l'Assemblée de l'an 161 5 qu'il faut que je descrive.
' François, cardinal de la Rochefoucauld, occupa le siège de Senlis depuis 1610 jusqu'eu iGs'j. — ^ Décréta synodi p-ovinciatis habilœ... anno i6aù (Paris, An(. Estienne, 1625, in-8°).
Rien autre pour le présent. Personne à qui je ie puisse bailler. A tant, Monsieur, je finis et suis voslre, etc.