‹ Lettres de Peiresc (volume 4)Chapitre 2 sur 19 · EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

EN HOLLANDE

Monsieur, Avant la réception de vostre lettre du y"*" j'avois aprins par celles de M'' du Maurier^ que vous ni'escriviez en laveur de M"' Bertius ^ et avois desja faict pour luy ce que j'avois peu, comme je feray en toute occasions à moy possibles, n'espérant pas d'en pouvoir rencontrer de suffisantes pour vous tesmoigner le service que je vous ay voiié, sans cérémonie. Je crois qu'il ne s'en retournera poinct sans quelque honorable recognoisçance du Roy\ Il a désiré que M^'le G[arde] d[es] s[ceaux]^

' On lit dans l'article Puy {Pierre du) de Moréri (je citerai toujours l'édition de 1769): ffll renouvella dans ses voyages l'amitié que son ])ère avoit entretenue si longtemps avec les savants des Pays-Bas , et principalement avec ceux de Hollande, oîi il accompagna M. Thuniery de Boissise, que le roi y envoyoil.n

■ Benjamin Aubery naquit dans la maison de Maurier, près la Flèche, en août i566; il mourut dans la même maison en 1 636. 11 fut ambassadeur de France auprès des Provinces-Unies depuis le mois de juin i6i3 jusqu'au mois d'avril 162^. Voir l'excellent article qui lui a été consacré dans la seconde édition de la France protestante (t. 1, 187/i , col. /i/j5-i53). On y rappelle (col. hSi) que rrde Thou, Peiresc, les frères Dupuy, Grotius, étaient au nombre de ses coi'respondants». On trouve à la Bibliothèque nationale(fonds français, vol. gSlih ,dufolio23i nu folio 2 4o), diverses lettres autographes de B. Aubery à Peiresc, signées Dumaurier, écrites de la Haye et comprises entre ces dates: 19 avril 1618-1" avril 1 Ci 9.

' Pierre Bertius , né à Beveren ( Flandre) ,

le lit novembre i565, mourut à Paris, le 3 octobre 1629. Fils d'un ministre protestant, il embrassa la religion catholique, le 25 juin 1620, entre les mains de Henri de Gondy, cardinal de Betz, évêque de Paris. Deux ans plus tard , il devint professeur au Collège royal où fut créé en sa faveur trune chaire surnuméraire pour enseigner les mathématiques», comme s'exprime l'abbé Goujel [Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France, t. Il, 1758, p. i32). La notice de l'abbé Goujet complète celle du P. Niceron {Mémoires, t. XXXI) et est complétée par l'article du baron Walckenaer dans la Biographie universelle. Ajoutons que, dans les lettres italiennes à Pignoria mentionnées ci-dessus (lettre I, note 12), Peiresc s'occupe de la conversion de Bertius et du dessein qu'avait cet érudit de traduire en latin les ouvrages du cardinal du Perron.

* Bertius obtint , en 1 6 1 8 , le titre de cosmographe du roi.

' Ce garde des sceaux était Guillaume du Vair, né à Paris le 7 mars 1 556 , mort le 3 août i6ai à Tonneins (aujourd'hui chef-

le presentast à S. M. Il le fera, et luy procurera toute la satisfaction qu'il sera possible. Pleut à Dieu que je vous peusse mieux servir. Nous avons trouvé des merveilles dans l'Histoire de Mury- et que le père du bisayeul de re«i[pereur] Rodolpli[e]^ n'estoit que filz d'une fille d'Habspurg^. C'est un eschecq et mat*. M' Godefroy^ en est hors de luy, tant il eu

lieu de canton du département de Lot-et- Garonne). On sait que G. du Vair, premier président du parlement de Provence, de 1600 à 1616, s'était étroitement lié à Aix avec Peiresc, qui avait vingt-quatre ans de moins que lui. Voir sur les intimes relations des deux magistrats l'ouvrage de Gassendi (p. 81, iG3, 16A, 203), les Lettres inédites de Guillaumedu Vair, publiées par celui qui écrit ces lignes (Marseille, 1878, in-8°,p. 2 2,25). ' Origines Mureiisis monasterii (i6t8).

Mûri est un village de Suisse (Argovie), non loin d'Aarau, village qui possédait une célèbre abbaye de l'ordre de Saint-Benoit , fondée en 1026. Voir sur les documents tirés des archives de Mûri , et réunis , avec une fouie d'autres pièces imprimées ou manuscrites, dans le registre XIII de la collection Peiresc, à Carpentras, le Catalogue descriptif et raisonné des manuscrits de la bibliothèque de cette ville, par M. Lambert (t. II, grand in-8°, 1862, p. 57-61). Gassendi a donné de minutieux détails sur les soins que prit Peiresc pour élucider la question de l'origine de la maison d'Autriche, que l'on voulait faire remonter jusqu'à Pharamond par les comtes de Habsbourg (p. 23^-289). M. G. Ruelens , conservateur des manuscrits de la Bibliothèque royale de Bruxelles et secrétaire de la commission directrice du Bulletin Rubens, a publié (t. II de ce bulletin, seconde livraison, i883) une note, ou plutôt une notice très curieuse (p. 107-1 13) sur toute cette question et principalement sur le fameux recueil de Thierry Piesport {Sere-

ntssiinorum potentissunorumque pnnctpum Habsburgi Austriacorum slemma, origo, res geslœ, etc., 1616, in -fol.). Le savant critique s'est servi, pour rédiger cette notice, des renseignements fournis par le livre de Gassendi , par le recueil in-folio classé sous le numéro XUI dans la collection Peiresc delà bibliothèque d'Inguimbert, enfin par l'ouvrage même de Piesport et par les autres ouvrages du même genre qu'inspira ce dernier.

' Rodolphe de Habsbourg, dit le Clément, landgrave d'Alsace, (ils d'Albert le Sage, comte de Habsbourg, et de Hedwige de Kibourg, naquit le 1" mai 1218, fut élu empereur h Francfort le 1" octobre 1378 et mourut en lagi à Germersheim. Voir YArt do vérifier les dates (édition de i8i8, in-8°, t. VH, p. 351-354).

' Voir, dans XArt de vérifier les dates , la Chronologie historique des landgraves de la Haute-Alsace (t. XIV, p. 8, 9, etc.).

'' Voir, dans le Dictionnaire de la langue française , de Littré, au sujet de cette expression proverbiale, les citations empruntées à Mathurin Régnier, à M"" de Sévigné, à La Bruyère et à Voltaire.

' Théodore Godefroy, fils de Denis Godefroy, naquit, le 17 juillet 1080, à Genève, et mourut, le 5 octobre iCig , à Munster. Voir sur ce vaillant collaborateur de Pierre Dupuy, sur ce correspondant et ami de Peiresc . le livre du marquis de Godefroy-Ménilglaisc intitulé : Les savants Godefroy. Mémoires d'une famille pendant les xvi', xru' et xriii' siècles (Paris, 1878, in-8°, p. 111-189).

ressent de contentement pour l'advantajje de nostre maison de France '. J'ay receu d'Anjjleterre une lettre de M' Camdenus que je vous envoyé, elle estoit accompagnée d'un beau livre des seaux et monoyes des roys d'Angleterre, mais il est de trop de volume pour le vous envoyer la^. Je le bailleray icy à M' vostre frère ^ avec le reste que j'a vois à vous, demeurant, Monsieur

vostre trez humble serviteur,

Peiresc.

Ue Paris, ce aS Aousl 1618 ".

J'ay renvoyé à M' d'Aviron^ tout ce que j'a vois de luy''. N'oubliez pas les relations nouvelles des Indes mss"^''.

' Historiograplie de France depuis 1 6 1 3 , Godel'roy s'occupa beaucoup de ia gdne'alogie des diverses maisons princières de TEnrope. Son traité : De la véritable origine de la maison d'Autriche (1 62/1 , in-4°) , eut surtout un grand retentissement.

' Malgré de longues recherches dans lesquelles j'ai été aidé par plusieurs savants de Paris et de Londres, je n'ai pu réussir h retrouver le beau livre mentionné par Peiresc.

' Jacques Dupuy occupa toujours à Paris le même logis que son frère Pierre.

' Peiresc passa sept années à Paris (de 1617 à iGaS); il revint à Aix en octobre de cette dernière année.

' " — ' Suivant M. A. Bénet, archiviste du département de Saône-et-Loire [Notes sur l'historiographie normande : Le Batelier, Maçon, 188a , in-8°), il ne s'agirait pas ici de Jacques Le Batelier, sieur d'Aviron , avocat auprésidial d'Lvreux et commentateur de la Coutume de Normandie, lequel serait mort en 1590, mais bien d'un membre du chapitre de l'église cathédrale d'Évreux , à qui cet érudit attribue le Mémorial historique des évêques, ville et comté d'Evreux , et qui vivait

encore en 167a. D'autre part, M. l'abbë Lebeurier se prononce pour un Jaccjues Le Batelier, alors avocat, qui occupa de 1 G.38 à 1G61 un office de conseiller au bailliage et présidial d'Evreux. J'emprunte ces indications à une excellente note de M. E. Cailleraer, correspondant de l'Institut et doyen de la faculté de droit de Lyon [Lettres adressées par l'abbé Nicaise à divers savants, Lyon, i884, grand in-8°, p. 180). On conserve à la bibliothèque de Carpentras (collection Peiresc, registre XLI, 1. 1) une longue lettre de Le Batelier à Claude de Saumaise, écrite d'Evreux le 19 juin 1618. J'y trouve (fol. 19 v°) ce passage sur Peiresc : n Au voyage que le Boy lit l'an passé à Rouen , M' le Garde des Sceaux ayant esté voir son évesché [Lisieux], et repassant par cette ville , M' Peyresc , con.seilier au parlement d'Aix, me fist cet honneur de prendre la peine de me venir voir en la compagnie deM''Marescot,maislre des llequestes, y ayant esté, à ce qu'il me dit, convié do quelques discours que luy aviez tenus de moy. Je luy baillé (sic) lors quelquesunes de mes médailles gothiques et la plus-

LETTRES DE PEIRESG

MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

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