I. il
IMrRIHKatX KATIO^IALB.
et l'histoire de Gènes ^ qui se trouvoient aultres foys assez communément à Paris; si elles y sont, vous m'obligerez de les adjouster à mes balles. Mais surtout si elles ne sont pas parties je vous prie d'adviser de les faire faire en sorte qu'elles ne pèsent jamais deux cents livres entières, aultrement un seul mullet n'en peult pas porter deux, ce qui est fort incommode de Lyon en ça, et il vault mieux y adjouster un simple ballot à part de ce qui surpasse les deux cents livres, parceque cela se loge sur quelque charge des plus foibles, et souvenez vous de faire advertir Tavernier s'il a rien à envoyer icy. J'oubliois qu'avec la Vida du C[ardinal] Ximenes je receus la Gampana de Vililla, qui est peu de chose^. Si vous la voulez voir je la vous envoyeray. Il me reste à vous dire que comme la maladie du Roy et cette présomptueuse descente des Anglois nous avoient allarmez, aussy l'advis que vous nous donnez de l'amendement et crise de cette fiebvre et du courage de M' de Toiraz nous ont fort consolé. Dieu y veuille bien mettre la main et sur ce je demeure, Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Peiresc.
D'Aix, ce 10 aoust 1627.
Je crains de ne pouvoir pas escrire à M"" du Puy de ce coup, ce sera par le premier, Dieu aydant; cependant je l'assureray de mon service trez^ humble.
' Probablement //wtom GenMe)isjMm , par ' Je n'ai pu trouver le moindre reiisei-
Foglietta Uberto (Gênes, i585, in-fol.). On gnement sur la Campana de Vililla. avait publié h Paris, au commencement du ^ Vol. 716, fol. 160. — Voir à YAppen-
xvi° siècle, une Chronique de Gennes (i5o7, dice, n° XXXII, une lettre de Dupuy du
in-8°). même jour, 10 août 1607.
À MONSIEUR, MONSIEUR DUPUY
ADVOCAT EN LA COUR, RUE DES POITEVINS, DERRIERE SAIKT ANDRÉ DES ARTZ, À PARIS.
Monsieur, Je fus hier si pressé du départ de M"" Napolon par qui j'escrivis à M"' vostre frère et envoyay d'autres lettres que j'avois faictes pour vous et pour luy dez la semaine passée, que je n'eus pas moyen de respondre à vostre tlerniere. Mais voicy une commodité extraordinaire d'un courrier de M"' le Beauclerc, par lequel ce pacquet ira bien aussy viste et possible plus viste que l'autre. Je vous remercie donc trez humblement du soing que vous avez eu de la consultation des Sorbonistes. L'advis desquels n'est pas pour trouver de répugnance du costé des ecclésiastiques. La question est du costé des officiers royaulx, à cause que les synodes provinciaux sont relatifs au concile de Trente. Sur quoy je scrois bien aise d'avoir vostre propre sentiment comme aussy sur la distinction des peines jusques auxquelles vous croyez que l'on peult souffrir aux ecclésiastiques de se porter en leurs comminations. Et quant à l'escripture de la consultation de cez docteurs, je pense que vostre relation nous pourra bien suffire pour nostre regard. Mais c'est bien la vérité que si on pressentoit en particulier ceux qu'on dict estre préposez aux communications des consultans et qu'on ne trouvast pas on eux (le répugnance à ce qui est le plus essentiel, on pourroit par aprez essayer s'il s'en pourroit tirer quelque chose par escript en bonne forme, auquel cas je ne plaindrois pas quelque cscu pour les salaires de ces messieurs qui y auroient esludié, si c'est l'usage, comme aux consultations de palais, affin qu'ils n'eussent regret d'y perdre leur peine. Nous nous trouverions un peu courts en ce que la province d'Arles n'a jamais tenu de concile provincial depuis le concile de Trente comme celles d'Aix et d'Ambrun, ce qui sembleroit esclurre Arles, Marseille
lit.
et TouHon, qui sont de trez bonnes villes. Mais on pourroit bien faire expédier des lettres du Roy pour faire convocquer un concile provincial de cette métropole là pour ce subject là tout exprez, et d'aultant qu'il y a Tarascon et quelques autres bourgs et villages qui dépendent des diocèses d'Avignon, Cavaillon, Carpentras et Orange ^ voire possible de S' Pol de Trois Ghasteaux ^, dont il me semble que dépendent quelques lieux escartez des terres adjacentes de ce pays icy ou ressort de nostre parlement, il y fauldroit trouver quelque expédiant afin que les publications des prosnes s'y fissent de l'authorité et mandement des supérieurs ecclésiastiques, et pour cet efl'ect il faultqueje m'enquiere de ce ([ui se sera faict dans la métropole d'Avignon, d'où dépendent Cavaillon et Carpentras. Que si ceux de Sorbonne trouvoient quelque moyen de souffrir la convocation d'un concile comme national de tout ce qui est du ressort de ce parlement de toutes cez métropoles d'Arles, d'Aix, Ambrun et Avignon, l'affaire seroit si solennelle, que ce seroit le vrai moyen de faire espérer une observance exacte de ce qui s'y resouldroit sur ce subject. Et en ce cas il y fauldroit des lettres patentes du roi pour le pouvoir convocquer comme on faisoit au temps de la primitive église, mesmes pour les conciles qui se deb voient tenir en Arles, VU provinciarum. Et en un besoing on pourroit traicter à Rome pour en avoir une permission limitée à ce subject ou bien de le faire soubs le bon plaisir du S. Siège. Cela mérite d'y penser et délibérer meurement. Cet exemple seroit pour estre imité par tout le reste du royaulme.
Pour la consultation de Du Moulin je sçavois bien qu'elle estoit imprimée, mais n'espérant pas d'en trouver à vendre un exeasplaire, j'aymois mieux en payer la coppie. C'est pourquoy puis que M'' vostre frère
' Les trois diocèses de Cavaillon, Car- de la Drôme) élail le siège d'un évê-
peiitras et Orange, représentés aujourd'hui ché suffragant d'Arles, lequel fut suppri-
par les trois arrondissements de ce nom (dé- mé en 1790. Voir sur cet évéché, comme
parlementdeVaucluse), font partie du dio- sur les trois dvêchés mentionnés dans h
cèse d'Avignon. note précédente, le tome I du Gallia chrk-
' Cette ville du Dauphiné (département tiana.
en a trouvé un, difficilement sera il plus cher que la transcription et tousjours sera au plus asseuré qu'il soit bien correct. Aussy serai-je (l'advis que M' vostre frère me l'acheptast s'il n'est si extraordinairement cher qu'ii excedoit les fraicts d'une transcription.
Ce qui est cotté sur le dos du cahier Dictorum Clementis Vill est bien remarquable, je n'en avois jamais ouy parler et les procédures sur ce subject seroient bien curieuses à voir. Quant aux recueils du feu S' Ranchiu, je n'ay pas jamais creu que les Jésuites^ y voulussent mettre de leur argent tant soit peu, mais ils trouvent assez de gents de leur férule^, auxquels ils en font faire les fraiz, en penitance ou œuvre compensatoire^ de quelque forfanterie*. Je leur ay veu faire de cez coups là.
Je n'ay poinct oublié le Pline. Je pense vous avoir escript ce que j'y avois négocié de vive voix avec M" le Con[seill]er Maran, neveu de feu M' Gatel, lequel doibt revenir au commancement d'octobre et m'en apporter toute resolution. Je vouldrois bien vous servir en meilleure occasion et M"^ Rigault aussy, puis mesmes que M"' Saulmaise y a encores si bonne part, lequel je tiens pour tel que M"' Grottius le vous a descript^ et plains infiniment son indisposition.
L'ouvrage qu'on l'a prié de faire contre l'Ailemanni'' ne pouvoit estre que trez excellent, parcequ'il sçait et a remarqué des choses en cette matière totalement incogneiies au reste des hommes plus doctes, car il a leu tout ce qu'il y a de meilleur et imprimé et ms. de touts les siècles voire a-t-il deschiffré des choses qu'aulcun autre que luy n'auroit jamais deschiffrées, tesmoings cez comtes de la maison des empe-
' Le mot est en chiflre. d'autres forfanteries et méchancetés d
' C'est-à-dire sous lem* férule , sous leur ' On voit dans la lettre de Dupuy du
autorité. 3 août 1627 {Appendice, n° XXVIII) que
^ Lilln' ne donne aucun exemple sous le Grotius avait déclaré que Saumaise , comme
mol compensatoire. érudit , était unique au monde.
' Forfanterie est pris ici dans le sens * Sur Niccolo Alemanni, voir les let-
de crime, comme dans cette phrase d'A- très XXIX et XLVII, du 3 décembre 1696
grippa d'Aubigné, citée par Littré : ftant et du 8 avril lôay.
reurs de Constantinople. Encouragez ie à ce dessein si losl que la santé le iuy permettra et surtout l'entretenez en cette humeur de n'y procéder qu'avec tout le respect et honnestes paroles qu'il pourra, afin que son livre aye le cours universel qu'il mérite en despit de ceux qui ne le voudroient pas.
On a par hazard apporté icy de la foire de Beaucaire un livre de M. Ant. Marcellus, noble vénitien de l'an 1627, h", imprimé en Allemagne, touciiant ce patrimoine de l'église S' Pierre et tous droicts séculiers, mais à ce peu que j'en ay veu en passant sur quelque chappitre, il s'en acquitte assez de léger' pour n'avoir pénétré là ou il lault; si toutefois il vous estoit escliappé entre ce peu de livi'es qui vous sont venus de la foire et qu'en eussiez affaire, je le vous offre et le vous envoyeray par le premier à vostre premier mandement. Le mesme marchand avoit un grand volume in f° de ce FI. L. Dexter, nouvellement imprimé à Lyon avec de gros commantaires d'un moyne de Gisteaux'^ Je pensois d'abbord que ce fust quelque ouvrage d'imporlaiice, mais je trouvay que ce n'estoit qu'une moinerie^ bien golfement" supposée pour donner crédit à la traditive^ du voyage de S' Jacques en Espagne, avec laquelle ils ont par mesme moyen voulu authoriser toutes les autres plus apocryphes traditives de la dernière antiquité. Les Jésuistes qui les premiers avoient eu ce livre en leur pouvoir, ne l'eussent pas lasché sans le publier, s'ils ne l'eussent recogneu insoubsteuable. Je ne pense pas qu'il ayt esté asseurement supposé en ce temps icy, mais
' Pour assez légèrement.
^ Chronkon omnimodœ historiœ , opéra et studio Fr. Bivarii commeniariis illustratum (Lyon, Landry, 1627, in-fol.).
'' Sous ce terme de mépris , Littré ne cite aucun écrivain antérieur h l'époque oîi Peiresc écrivait cette lettre.
* L'adverbe goffeinent n'est pas donné dans le Dictionnaire de Littré, oîi l'on trouve seulement l'adjectif gojfe, itmal fait, grossier; terme familier et vieilli». On lit dans le
Dictionnaire de Richelet : rtCet homme est * goffe, pour dire lourdaud, mal bâti. On dit aussi gojffement. Gela est goJJ'ement fait.i Même explication dans le Dictionnaire de Trévoux.
* Littré rappelle qu'on a dit iraditive au sens de tradition (xvi' siècle), et il cite une phrase tirée d'une traduction du Prince de Machiavel. On voit pai- la phrase de Peiresc que Iraditive s'employait encore dans le premier tiers du xni' siècle.
plustost depuis quelques centaines d'années du temps de la plus grosse simplicité ^
Il m'est tombé en main cez jours passez un ms. de plus de 5oo ans d'antique escriture, ou il y a une légende de S' Jean l'Evangeliste la plus ridicule ({ui se pourroit jamais imaginer, car elle luy faict faire la pierre philosophale et convertir des houssines en or, et puis rechanger l'or en houssines et mille autres badineries encore plus niaises ■■*.
M"' Fabrot est aprez de faire imprimer une autre petite pièce quasi de mesme matière que celle que je vous ay envoyée', à sçavoir de combien d'enfants peult naturellement estre le part d'une femme, ou il a rencontré aussy de jolies observations*. Il attend que cela soit faict pour vous envoyer les deux ensemble, qui feront un volume un peu mieux proportionné*. Cependant je vous envoyé encores uiui demy douzaine de la première.
' On regarde généralement la Chronique publiée pour la première fois par Calderon (Saragosse, 1619, in-4°) comme un ouvrage fabriqué par le jésuite Jérôme de Higuera. Voir la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus (t. II, in-fol., col. i55i56), oii l'on rappelle que le savant bibliographe Nicolas Antonio ( Bibliotheca hispana vêtus) n prouvé la supposition de la Chronique attribuée à Dexter et où l'on cite encore, h ce sujet, la Préface de Y Histoire d'Espagne par Ferreras et la réfutation par Pennotus de l'écrit dans lequel Tamayo de Vargas (Madrid, i6a4, in-4°) avait cru devoir défendre l'authenticité de la Chronique.
' C'est une amplification de ce récit de la Légende dorée, traduite par Gustave Brunet, (Paris, Gossehn, i843, première série, p. 5 1 ) : trDeux jeunes gens vendirent tout ce qu'ils possédaient, ils l'employèrent en aumônes et ils suivirent l'apôtre. Et ils virent
un jour ceux qui avaient été leurs servitem-s couverts de riches habits, et ils n'avaient pour se vêtir qu'un méchant manteau ; et ils commencèrent à être tristes; et comme ils étaient sur le rivage de la mer, saint Jean leur dit de ramasser quelques morceaux de bois [voilà les houssines] et quelques menus cailloux et il les changea en or et en pierres précieuses. »
' De tempore humant partus.
' De numéro puerperii.
' Les deux ouvrages réunis parurent h Aix en 1607 (Mceron dit à tort en 1698) sous ce titre : Caroli Annibalis Fabroli, aniecessoris Aquisextiensis , exercitationes duœ de tempore humani partus et de numéro puerperii. Le petit volume in-8° est dédié au premier président du parlement de Provence, le baron d'Oppède. Voir l'analyse des deux exercitations dans la Notice sur la vie de C.-A. Fabrot, par Ch. Giraud (Aix. i83.3, p. 49-59).
Cez jours passez la chambre des vacations fit arrest d'erijonction au greffier de M"' i'Evesque de Marseille d'exhiber ses registres et expédier extraict des ordonnances qu'il avoit faict publier en son synode d'aprez Pasques pour vérifier certaines choses dont il y a de grandes plaintes. 11 m'escrivit aussytost et je fis trouver bon à Messieurs de la Compagnie de superceder un peu l'exécution de cet arrest, en attendant que je visse si à l'amiable nous le pourrons disposer à changer et à modérer quelques choses qui ne sont pas tollerables, dont j'attends encoi^e sa responce. 11 avoit pi'omis d'envoyer icy son grand vicaire pour conférer de l'article des festes amiablement et a neantmoins négligé d'y satisfaire, quelques protestations que je luy en ay souvent faictes et réitérées, ce qui a donné subject à cet arrest; et luy ai mandé d'y satisfaire à présent sans aultre delay, que s'il ne le faict, je ne pense pas pouvoir empescher qu'il ne reçoive un grand coup, et qu'on ne luy casse toutes ses ordonnances comme abusives, dont il auroit du desplaisir indubitablement et nous aultant et plus que luy.
Sur ce je finiray, demeurant à jamais,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
D'Aix, ce SI août 1627.
J'oubliois à vous dire que sur ce catalogue des hoirs de Rouviere, que vous me fittes recouvrer de M' Deodati, ayant veu colté le livre Roma^ de Georgius Fabricius (dont le pareil de la bibliothèque de
' Roma, stve liber utilissimus de velerts Romœ situ , regionibus , viis , templis et altis œdificiis ( Bâle , 1 5 5 0 , in-8° ; 1 5 6 0 , in-8° ; 1 587, in-8°). L'ouvrage a été réimprimé dans la Roma illustrata Attt. Thysii (Amsterdam, 1 657 ) et dans le Thésaurus Antiquitatum Romanarum de Graevius (Ulrecht, lôgi). — La Bibl. Nat. , sous la cote J. a ia8 de la Réserve, possède un très bel exemplaire de la
Roma de Georges Fabricius (Bàle, 1687), relié en maroquin rouge, sous le titre duquel est la signature de L\G AVG THVANL 11 nous est arrivé, après avoir appartenu à P.-D. Huet. G'est évidemment l'exemplaire que Peiresc a fait relier et dont il sera de nouveau question dans une des lettres qui vont suivre. (Communication de M. Léopold Delisle. )
M"" de Thou s'estoit autresfoys esgaré chez moy à Paris par un grand malheur) et ayant envoyé un mémoire à M' J. Godefroy de ceux que je desirois avoir desdicts Uouviere, je mis cehiy là en teste tout le premier et le priay de me l'envoyer souhs l'adresse de M' Jacquet avec ses lettres, sans attendre les aultres livres, ce qui m'a reuscy tant à propos qu'il s'y en est trouvé encores de bonne fortune un exemplaire lors de la réception de mon mémoire, lequel M"" Godelroy m'a acheplé et me l'a envoyé fort bien conditionné. J'ay un relieur parisien qui est aprez à le relier en marroquin de levant. Je luy feray laisser la place pour y poulser les armoiries de M"^ de Thou, et du reste il veult que sa relieure puisse passer entre celles des aultres livres sinon aussy exacte' que celles du Gascon, pour le moings assez tollerahle pour venir de ce chetif pais icy ^. Je vous advoiie que ce m'a esté un contentement indicible, car j'avois escript trente lettres en divers endroicts pour recouvrer cette pièce et avoir moyen de faire rayer sur vostre inventaire le defficit qui y estoit demeuré par ma faulte. Je ne le vous envoyeray que quand il sera achevé de relier que par voye commode et dans une boitte exprez (comme vous fistes de vostre nouveau testament) afin de le bien conserver par les chemins et qu'il ne fasse poinct de honte aux autres auprez desquelz vous luy redonnerez son ancienne place.
En pensant clorre ce pacquet on m'a apporté le vostre du 3 de ce moys. J'ay prins vostre lettre toute la première, sur laquelle je vous diray à la haste que je déplore bien la concurrance de tant de fléaux en un coup sur ce pauvre estât. Et pour la colonne Antonine je pense que le pauvre M'' Gevartius ne sçavoit pas (pie les desseins en fussent parvenus ez mains de Swertius^, car il ne sçavoit pas mesmes que cela peult servir à sa vie de M[arc] Aurèle\ Ce fut moy qui luy
' Exacte , c'est-à-dire bien faite, achevée, venu de Paris et qui habitait dans la maison
lemotétantprisdanslesenspropred'exacftM, même du grand bibliophile, j'ai voulant
poussé jusqu'au point désirable , de ar , hors , dire /a» ici', j'ai chez. moi.
et actus, participe passé de a^ere, pousser. ' François Swertius, né à Anversen 1667,
' Ainsi donc, à cette époque, la collection mourut dans la même ville en 1 6a(). Voir la
de Peii'esc se composait de livres reliés par liste de ses œuvres dans le Moréri de 1769.
le Gascon et de livres reliés par un ouvrier ' Le Marc-Aurèle de Jean-Gaspar Gevar-
^mnilkll HlTtOKALK.
donnay l'advis d'y songer et en escrivis à Rome, d'où j'ay apprins que lesdicts desseins avoient esté emportez ez Païs Bas par Jo. à Wourem, soubs promesse de les y faire graver, dont j'advertis ledicl Gevartius pour s'enquérir des successeurs dudict Wourem, qu'il me mande avoir apprins estre ledict Scriverius, mais à cause de la guerre contre les Hollandois qu'il n'osoit espérer d'en avoir la veiie. Sur quoy il vint de raoy de vous faire cette prière pour l'amour du public qui y proffiteroit. Pour l'édition de Rome le caval[ier] del Pozzo qui s'en estoit autres foys vanté me mande que le courage luy en man(|ue et qu'ils font ce qu'ils peuvent pour induire M' le Légat d'en promovoir l'édition en faveur de la bataille contre les Sarmates, de sorte qu'il ne fault poinct que vous en imputiez aulcune affectation de circuit au pauvre M"' Gevartius. Je luy donneray pourtant l'advis que vous me donnez d'y employer de son chef le P. Scriverius. Pour les fragments de Procope j'en escrivis par le dernier ordinaire de Rome, et crois que nous trouverons quelque expédiant pour en venir à bout, s'il plaict à Dieu. Ce XIII aoust au soir 16-37 '.
À MONSIEUR, MONSIEUR DUPUY
A PARIS
Monsieur, Je ne pensois pas vous pouvoir escrire de ce coup, mais puisque le courrier de M" le Beauclerc n'est point encores venu quérir ma despesche connue il m'avoit dict qu'il feroit dez le grand matin, j'ay esté bien aise de vous pouvoir donner le bonjour et vous dire que devant hier par le s'' Napolon je respondis à voslre dernière despesclie du
tius n'a jamais pam. Selon l'auteur de l'ar- projets d« Gevartius , d'une Vie de Marc-
ticle Gevartius de la Biographie universelle, Aurèle, mais seulement d'un Commentaire
lequel est évidemment moins bien informé sur les Réflexions de cet enipereur. que l*eiresc, le correspondant et l'ami de ' Vol. 716, fol. 107.
l'érudit belge, il ne s'agissait pas, dans les
27"" soubs une enveloppe à M' de la Villeauxclers et vous envoyay par niesme moyen le livre du Foscarini que M"" Deodati vous avoit demandé, ensemble une coppie que j'en avois taict faire pour M' Rubens pour s'en servir s'il croid que cela luy ])uisse suffire pour son édition ^
Je suis marry que vous ayez estez privez des lettres de M' de Thou que vous attendiez par l'ordinaire du moys de juillet. J'ay esté plus heureux que vous, car j'en ay une de luy du 28 juillet par nostre dernier ordinaire d'Avignon, laquelle estla plus obligeante du monde. Mais j'ay esté fasché à l'extrémité d'apprendre par des lettres de quelques amys que j'ay à Rome ce que luy ne me disoit pas, sçavoir est qu'il s'est résolu de faire un voyage en Levant, dont je ne doubte nullement que vous aultres messieurs ne soyez aussy affligez que moy. Pour aller voir la Sicile et Malte, je l'eusse fort patiemment souffert, mais en Levant il y a tant de mauvais air, de maladie et de barbarie des peuples, que mes appréhensions sont sans remède pour son regard, estant de si peu de forces comme je pense qu'il soit encores à comparaison de son courage, et le mal est qu'on me mande qu'il s'en estoit desja ouvert à M' l'Ambassadeur ^ ce qui me faict craindre qu'il n'en veuille pas desmordre, et qu'il n'attendoit que des lettres de M' de Brèves qu'il avoit envoyé quérir en cour. Je me dispenseray de luy en escrire mon sentiment par le prochain ordinaire à tout hazard, si mes lettres le trouvent encores là. On m'escript encores que ma coppie des Relations du Card[in]al Bentivoglio s'en alloit achevée dans peu de jours et que le coppiste en avoit desja touché quattre pistoles. Il y en a d'autres que celles dont j'avois ouy parler, dont je ne seray pas marry et m'en faict on le desnombrement en cette sorte : una délie Provintie unité di 01landa, quelle di Fiandra, di Hugonotti et di Dannimarca, quella délia Tregua, quella délia fuga del Prencipe de Condé, quella de! movimento d'arme per Gleves , et le meilleur mot est que M'' le Gard[in]al
' C'esl-à-dire pour l'ëdifion de divers bassadeurà Constantinoplede 1691 à i6o5.
opuscules relatifs à Gaiilëe projetée par Voir, à Y Appendice, la lettre n' VI de Du-
Élie Diodati. puy, du 10 décembre 1696.
' François Savary, comte de Brèves, am-
a dit à celuy qui y faict travailler pour moy qu'aprez qu'elles seront achevées de copier il se veult donner la peine de les revoir luy mesmes pour l'amour de moy. On m"a faict transcrire d'autre part une relation et discours des affaires de la Valteline faict par le sieur Pamphilo Persico, que je seray bien aise de voir et que possible vous verrez bien volontiers.
Il y a à Rome un S' Louys d'Aubery, scripteur des bulles appostoliques, frère d'un advocat au consejP et qui est fort de mes amys^ depuis la connoisçance que nous fismes au passage du légat'. Il me mande qu'il a à Paris entre les mains de son frère quelques volumes MSS. dont il m'offre avec grande instance la communication, et prie de faire que quelque de mes amys dans Paris se donne la peine de les voir afin de me faire part de tout ce qu'il jugera à estre de mon goust. Si vous voulez prendre cette courvée comme tant d'autres, je luy escriray qu'il donne charge à M"' son frère de les vous remettre en main. Il y a ce dit-il quattre volumes, l'un est des plus beaux conclaves rédigé par escript depuis i oo ans en ça, l'autre des plus belles relations particulières de Venize et le troisiesme est un sommaire de la vie d'Alexandre Borgia qu'il estime bien curieux et que M"^ d'Aubray m'a dict avoir veu dans Rome, et le dernier des lettres de M'' d'Ossat tiré sur les propres originaulx fort fidèlement.
Vous verrez la gazette qui est venue tant de Rome que de Gènes, encores que possible en aurez vous apprins le contenu avant la réception de cette despesche. J'escripts à M' Rigault toucliant la copie du catalogue de la Bibliothèque du Roy, que s'il y faisoit de la difficulté, en un besoing je luy en ferois donner un commandement par lettre de cachet du Roy, soit de la part de M"" de Lomenie ou de M' le Beauclerc.
' On conserve, dans le i" volume des lion de Monseigneur le cardinal Barberin. «
minutes de Peiresc (Bibliothèque d'Inguim- ' Parmi les lettres ('crites à Louis d'Au-
bert), fol. 667 et suiv., plusieurs lettres bery, à Rome , on voit deux lettres adressées
écrites rà M' d'Aubery, à Rome» , à partir (fol. 46o) trà M' d'Aubry, advocat à Parisi.
du 3 octobre i6a5. Une de ces lettres ' Le passage à Aix du cardinal BarWin ,
(fol. 46o v°) porte cette adresse : «Mons' légat de son oncle le pape Urbain VIII
d'Aubry scripteur des bulles de la lega- (37 octobre 16a 5).
Je n'ay poinct eu de lettre de M' le Card[in]al Barberin par cet ordinaire ni de M' Soarez qui s'estoit chargé dell' Assise di Gierusaleme, lequel estoit malade lors du précédant ordinaire et aura depuis eu des nouvelles de la mort de son père en Avignon \ ni'imaginant que tout cela aura retardé l'expédition de ma coppie. M"' Aleandro m'escript, mais il ne dict rien de cela.
Entre les livres que j'avois apportez de Paris, il y avoit un Opus chronologicum d'Ubbo Emmius Frisius, i°, Groningue 1G19 et 1620 d'Elzevir^ et y voulant cez jours cy vérifier quelque epoche je me suis apperceu d'une chose qui me faict craindre qu'il ne soit imperfect et vous supplie de regarder pour l'amour de moy vostre exemplaire (ne doublant pas que vous ne l'ayiez) pour m'esclaircir s'il se trouve rien de plus que ce que j'ay, car je ferois tout ce qui me seroit possible pour le recouvrer, estimant le travail de cet autheur aultant et plus que guieres d'autres de cette matière. J'ay aussy de luy ce qu'il a faict Reruni Frisicarum^ et vouldi'ois bien sçavoir s'il a rien faict outre cez volumes là. Comme aussy je vous supplie de m'envoyer un mémoire de ce qui se trouve imprimé de Nicolas MuUerus que j'estime encores davantage. On me dict qu'il a faict une édition entière de Copernicus avec ses commentaires de luy que je serois bien aise d'avoir, si vous en trouvez là. Et sur ce je finiray mes importunitez pour ce coup, demeurant.
Monsieur,
vostre trez humble et trez obligé serviteur, DE Peiresc.
D'Aix, cexmaoust 1637.
Depuis avoir escript avant que le courrier vint prendre la despeche
' Joseph Suarès. Voir, sur la fa- Ubbone Emmio, elc. (Groningue, iGkj,
mille Suarès, le Dictionnaire historique,,. in-fol.).
de Vaucluse, par le D' Barjavel (t. II, ^ Rerum Frisicarum histon'a, aiiiore Ub-
p. 4a5). bone Emmio, Frisio; distincta in Décades
' Opus chronolofficumnovum,pluribus par- sex... Leyde, I^uis Elzevier, 1616,
tibus constans; elaboratum et conciniiatum ab a lonies en 1 vol. in-fol.
que je tenois preste à clorre, j'ay receu la vostre du 3 de ce nioys et par conséquent les epislres de Scaliger et edictz bien conditionnez, dont je vous ay bien de l'obligation. J'ay prestement jecté les yeux sur vos lettres et vous remercie pour M"" Aleaiidro du bon accueil que vous avez faict au S"" Amalthei, son parent, dont je luy donneray advis comme aussy du soin que vous avez eu de remettre le Candidus ez mains de M'' Rigault de qui je plaindray la peine et me serois bien contenté qu'un autre l'eusse prinse en payant pour l'en soulager. J'ay prins grand plaisir d'apprendre ce qu'il vous plaict me particularizer ' desdictes epistres de Scaliger et autres pièces, et ay veu avec grand goust la carthe du canal. Je croyois d'y trouver le reste du chemin pour la continuation d'iceluy jusques à l'Escault. Cela viendra en son temps. La négociation de M"" de Bassompierre est bien de mon plus hault goust. Vous m'obligerez de prendre le Mercure françois à a 8 11. ou a tel autre meilleur mesnage que vous pourrez, puisqu'il m'en fault un, comme aussy et encores plus ardement désire je le Mercurius Gallobelgicus complet; mais il fault s'enquérir si le deffault des figures des sept premiers volumes vient d'une imperfection de l'exemplaire ou bien que l'autheur ne se fust pas encore advisé d'y en mettre comme il a faict depuis, car autrement il seroit impossible d'avoir jamais le supplément de telle imperfection, et sur tout ne vous mettez plus en peine d'attendre de mes advis sur les prix de livres, car je m'en repose de fort bon coeur sur vostre exactezza. Je crains bien que si la balle ne vient tost la seurté des chemins ne se gaste. Je viens d'apprendre que M' Tavernier m'a envoyé un gros roulleau par la coche ^. J'eusse bien voulu qu'il le vous eust communiqué à l'advance et vous en eust au moins baillé le rooUe du contenu. J'envoye à M'' du Fuy vostre frère
' Le mot particulariser, que l'on pren- On le retrouve jusque dans le xv' siècle
drait à première vue pour un ne'ologisrae, (Juvénal des Ursins sur Charles VI).
est non seulement fre'quemment employé au ' Coche ëtait autrefois masculin et fé-
xvii" siècle (Bossuet, la Fontaine, Pascal, minin; A. Paré et Ronsard le font. féminin
Scarron, etc.), mais encore au xvi* (Amyot, comme Peiresc. Vincent Garloix , Montaigne , Ambroise Paré).
un petit Encomium oculoruni que je viens de recevoir de Padoue de la part de M' Pignoria' avec un sonnent (?) pour Venize du S' Sandelli qui est trez Jioiinesle lioniine, afin que vous voyiez que ces messieurs ne sendorment pas encores tout à faict^ et trouvant ce courrier de bonne volonté de porter le pacquet, bien qu'un peu gros, je me suis résolu d'y mettre le livret de M. Ant. Marcellus- et les deux du P. Scribanius' puis que vous ne me disiez poinct d'en avoir veu de semblables, vous asseurant que je serois bien glorieux si ce pais nous avoit donné moyen de vous fournir une foys en nostre vie quelque chose de vostre goust que vous n'eussiez pas d'ailleurs.
Un libraire de Lyon, qui avoit esté à la foire de Beaucaire, m'a vendu quelques livres, entre lesquels estle Veridicus Belgicus ^etl'Apocalypsis Batavica^deScribanius8"latin i6'j6.De juresaeculari Rom. Pontificum iM. Ant. Marcelii Veneti 4", Francfort 162- avec la version latine du franc et libre discours contre Santarel. De justo imperio Lusitanorum asiatico Fr. Serapliini de Freitas, Vallisoleti lôaô, 6"*'. Minas v Metalles de Espagna d'Alonzo Carillo. En Cordova 169^, (i°\ Elogia Gardinalium sanctitate, doctrina et armis illustrium Ant. Saiideri, Lovanii 1626, 4"*. Theatrum Principum Sanctorum etc. auctore Constantiuo
' Je suppose que c'était un extrait ou, comme nous disons aujourd'hui, un tirage à part du Recueil publié ])ar Lorenzo Pignoria sous ce litre : Miscella elogionim , etc. (Padoue, i6a6, in-'i°).
' Voir dans le paragraphe suivant l'indication du titre de ce livret du Vénitien Marco- Antonio Marcello.
' Charles Scribani, né à Bruxelles en 1061, entra dans la compagnie de Jésus en 1 58a , fut tour h tour professeur, recteur, provincial et mourut à Anvers en 1699.
' Veridicujt Belfficus , sive civilium apud Belgas bellorum initia, pmgressus, Jinis optatus, etc., Anvei-s, i6a6, in-8°.
' V Apocalypsin est imprimée à la suite
du Veridicus Belgicus avec celte indication : mtclior. Déjà les deux ouvrages avaient paru ensemble ( Anvers , 1 Ga A ) , et dans cette édition-lh VApocalypsis était présentée comnie aiicla et receiisiia.
" Cet ouvrage n'est indiqué ni dans la Bibliographie mùverseUe (Paris, Uoi-et, 1857), ni dans la Nouvelle biographie générale, ouvrages auxquels a tant collaboré un homme très versé dans la connaissance dos choses portugaises, M. Ferd. Denis.
' L'ouvrage de Carillo n'est pas assez littéraire pour avoir mérité d'être mentionné dans VHistoire de la littérature eupagnole de Tickner.
' Antoine Sanderus, né à .\nvers en
336 LETTRES DE PEIRESG [1627]
Peregrino, Bruxellis 16-27, ^°'' ^^ plusieurs autres; mais je me suis estonné du nom de l'autheur de ce dernier, attendu que ce sont touts les mesnies roys saincts dont Bellarmin a donné les vies que j'avois, imprimées à Rome in 8°, mais je l'ay laissé esgarer en quelque coing de mon estude, dont j'ay esté marry, parceque j'eusse volontiers conféré l'un à l'autre voir s'il n'y a rien à dire. Ayant dict à M"' Fabrot l'édition qu'on faisoit des Epistres de Casaubon et luy ayant demandé s'il n'en avoit pas, il m'en a apporté une couple qui seront cy joinctes-.
Vous verrez en un feuillet à part ce peu de nouvelles que nous avons, dont je vous supplie de faire part à M' de Lomenie , et aprez les vouloir, s'il vous plaict, joindre à la lettre que j'escripts à M"^ d'Andrault à Bordeaux', soubs une enveloppe, et la faire mettre à la poste pour Bordeaux. Je vous auray de l'obligation de cette faveur. Ce i4 aoust 1627*.
1 586 , chanoine d'Ypres, théologal de Tlie'rouanne, mourut en 166/i. Voir la longue liste de ses ouvrages dans le Dictionnaire de Moréri, où l'on donne à ses Eloges des cardinaux la date de 169 5.
' Constantinus Peregrinus est le pseudonyme de Juuius ou Baudouin de Jonghe. Cet écrivain naquit en Hollande, à Dordrecht; c'était le fils de Corneille de Jonghe , seigneur de Baardwyck; il fit ses éludes à Louvain; devint élève, et, plus tard, ami de Juste Lipse, qui correspondit avec lui. Il prit en 1601 l'habit de Récollet et moui'ut à Bruxelles le 19 avril i634. Son Theatrwn Principum Sanctorum reparut à Bruxelles en 1699.
' Dans la bibliographie qui suit l'article Casaubon [La France protestante , 2' édition.
t. III, col. 816-829), on ne signale aucun recueil de lettres du grand humaniste antérieur à celui de la Haye (1687, in-i°).
^ Ce conseiller au parlement de Bordeaux a été un des amis de Peiresc. Voir dans le registre III des minutes à Carpentras (fol. 197-133) 91 lettres de Peiresc à M. Dandrault, et une lettre de Valavez au même magistrat, cette dernière dui 7 octobre 1697. Les lettres de Peiresc sont comprises entre le 2 6 août 1627 et ^^ 17 janvier 1637. On trouvera divere détails sur d'Andrault dans le fascicule I des Cotrespondants de Peiresc, consacré à Dubernard qui fut le secrétaire du conseiller au parlement de Bordeaux.
* VoL7i6,fol. 16a.
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PU Y