II
IMPII1IHII RiTieMAlt.
besoigae pour^disposer toutes choses comme elles doivent demeurer dans la maison. Ce qui mempeschera de vous pouvoir entretenir comme j'eusse désiré et de respondre comme il fanldroit punctuellement à voz lettres, seulement vous remerciray je trez humblement des curiositez qu il vous a pieu m'escrire et des livres et papiers courants qui y estoient joincts, et que j emporteray pour les voir plus à loisir, mesmes les factons de M' Rigault^à qui je m'advisay d'escrire un mot lundy parce que j avois oublié lautre jour de luy demander son porlraict. Je suis bien aise qu'ayez renvoyé à Rome les pacquets de M' de Thou; je luy en ay donné advis ce jour d'huy par l'ordinaire d'Avignon, et ay faict tenir le^ivre de M' Rigault adressé à Dom du Puy. Je ne 1 attendois plus, croyant bien que le bruict du mal de cette ville estoit allé jusques là assez à temps, mais ilscreurent que ce fust une fourbe controuvée pour s'opposer aux edicts, encores que le mai ne soit que trop vray, quoy qu'on en aye nettoyé la ville et r'envoyé au dehors le plus tost qu'on a peu toutes les familles qui en avoient esté attaintes. Si cette commodité m'eust manqué, il m'estoit bien malaisé de faire tenir ledict livre si ce n'est par mer, au cas que les villes de la coste puissent conserver le commerx» avec l'Italie, ce que je ne crois pas. Le pix est qu'on a advis à Marseille, que la santé n'est poinct trop bonne en Italie et qu'on se meurt à Ligoume et autres lieux de la coste de fièvres chaudes qui expédient^ le monde dans Irois jours, et met on en quarantaine à Marseille les barques qui en viennent, en estant arrivé une depuis sept ou 8 jours de Patron Varendo, venu de Rome, sur laquelle sont morts deux passagers en chemin faisant, ce que j'ay apprins à cause de quelques miennes petites curiositeK dont il s'estoit chargé à Rome. On attend d'heure à autre les galères qui ont porté M' de Rohan^, et sont passées à Messine, d'où elles me doivent apporter le livre
^ Sou8 le mot expédier pris dans le sens «rOn donna cent mille escus au duc de Rode tuer Je /)tcaonnair0 de Littré ne cite que han, qui en devoit plus de quatre-vingts des <ëcrivaiB8 postérieurs à Peiresc, tels que mille : mais le roi déclara qu'il ne vouloit La Fontaine, Molière, Pascal, etc. pas le'voirt et Ton convint qu'il sortiroit du
* On lit dans VHùtoire du rhgne de royaume, et qu'il iroit demeurer à Venise
Louis XIII, par le P. Griffet (t. I, p. 676) : jusques à ce qu'il plût è Sa Majesté de le
[1629] AUX FRÈRES DDPUY. 147
des inscriptions de Sicile, dont votus estes en peine à tort. Au surplus il ne £ault pas que' je ferme cette lettre sans vous dire que. si bien la mer a fort endaumagé les. livres de M"" de Thou, il y en a pourtant plusieurs qui ne seront poinct ,hors d'usage. Les cophtites seulement sont les plus gastez, et sont ceux neantmt)ings dont j'eusse esté quasi plus jaloux. Gar le papier où ils sont escripts estoit trop ooUé, et la coHe d'un feuillet s'est attachée si fort contre Tautre, quil semble que ce soit tout un seul carton, qui ne se peult quasi diviser^ sans emporter la pièce. Il y fauldra chercher quelque remède. Il y a des médailles à ce que j'ai peu reeognoistre en courant, qui seront hien bonnes à garder, et en ay i^encontré de bien curieuses, et bien de mon goust. Il n'y a qu'un mal, c'est que l'eau de la mer leur a donné un certain verd, et faulx lustre, si desadvantageux, que ceux qui ne sont bien asseurez à reeognoistre l'antique, les jugeroient toutes modernes, mais je veux essayer si quelque laveure ne pourroit poinct oster ce faulx lustre. Il y a quattre graveures antiques , dont l'une est une onyce bien gentile quoy que la graveure soit de goffe main. Il y a une Victoire et cette inscription VTERE PEUX, j'estime qu'il veult direVTERE FELIX victoiriâ partâ, et qu'à la mode de l'oriant il employé et prononce leP comme l'Fou le PH, si ce n'est que ce fut comme le PHOENICIEN converty en PVNIQ. Mais il y a une grande ametbiste où se void une figure de Mercure, ce semble^ toute escripte* quasi comme celle que le Baronius ^ a donnée au u Tome pour un des dieux de Basi*lides^. Mais icy les inscriptions sont toutes différantes, et j'en ay desja deschiffré de prim'abbord plus de la moitié. Il fault l'esprit plus
rappder. Le roi lui donna monsieur de la Valette pour le conduire en suretë jusques à Marseille , et de là une galère pour le mener à livoume.»
^ Sur le caidioal Cësar Baromus , voir le tome I, p. 70A. J'ajoute que Ton peut consulter, aa sujet des relations de Peirese avec Baronius à Rome en 1 600 , Gassendi , liv. I , p. 37.
* Trèsjeune encore, Peirese s'étaitoccupë de rhistoire de Basilide et du gnosticisme en étudiant diverses médailles et pierres gravées. D avait ainsi , avant sa vingtième année, pu jeter beaucoup de jour sur ies pages du tome II du Recueil de Baronius rdatives è Baâlide et i Técole dont cet hérétique Aille dbef à Alexandrie. Voir Gassendi, liv. I,p, 37-38.
U8 LETTRES DE PEIRESG [1629]
quiet ^ pour essayer d'enlever le demeurant. Il y a de THebreu, du Grec, et du Latin, et peult estre de TiEgyptien antique à quoy il fault une disquisition un peu exacte, et le Gophtite y viendroit, je m'asseure, bien à propos. Il y a encores deux ou trois médailles d'or du bas empire bien jolies. Et hors du coffre une grande peau de crocodyle, mais la mouiileure de l'eau de mer l'a faict corrompre et remplir de vermine, de façon qu'il y aura bien de la peine de la conserver; on y fera ce qui sera possible. Et sur ce je finiray demeurant, Monsieur,
vostre trez humble et trez obligé serviteur et à M' du Puy vostre frère.
DE Peirbsc.
A Aix, ce vendredy au soir 3 aoust 1639.
Si vous ne m'avez renvoyé une coppie de lettre que je vous envoyay dernièrement concernant la tenue de noz derniers estats, je vous prie de la bailler à M' le Pelletier, pour la faire voir à M' le Beauclerc qui vous la rendra par aprez, car je seray bien aise de la retirer et brusler, si elle peult revenir jusques à nous. Je dicts si elle peult revenir, et de faict, dezhorsmais les despesches courront beaucoup plus de fortune que de coustume, tant que la cour sera encor icy, car si elle en sort, les despesches l'iront chercher la part où elle se retirera, auquel cas il me sera plus aisé de les retirer. Il ne fauldra plus bazarder de pièces uniques ne dont on peult appréhender la perte jusques à ce que nous voyions quel sera le succez de ce malheureux fléau que Dieu veuille destourner de sur nous.
Depuis avoir escript, la despesche ayant esté retardée par M' le Premier Présidant jusques à ce jour d'huy, 7 aoust, je vous diray que l'on me vient d'advertir que le pacquet de Lyon de cette semaine est arrivé, et que l'on a mandé les intendants de la santé, pour l'aller faire
^ Sons ce mot, qui figure encore dans vieuœ), Littrë cite seulement une phrase de la dernière édition du Dictionnaire de VAcor Montaigne et une phrase de saint François demie française (il est vrai avec ia note: de Sales.
passer par le vinaigre, de sorte que nous voila hors de peine pour celuy là Dieu mercy. Mais j'ay bien une meilleure nouvelle à vous dire, c'est que voicy au jour d'huy le cinquiesme jour qui s'est passé, sans qu il se soit descouvert aulcun nouveau mal dans la ville ne dehors, grâces à Dieu, et que de ceux mesmes qui avoient esté envoyez à la maladerie, il n'en est poinct mort depuis les trois premiers jours durant lesquels se descouvrirent tous les inçonveniants et accez qui firent tant d'al* larme.
Vous aurez icy l'un des livres du coffre de M' de Thou que j'ay hazardé afin que vous en ayez quelque eschantillon , attendant que le commerce nous soit restably. Je l'ay faict relaver et recouldre par mon relieur, pour remédier aux macules de l'eau marine qui s'en sont bien allées.
Pour les lettres de Malerbe, j'en dois avoir diverses liasses, je n'en ay trouvé qu'une bien vieille, je chercheray plus exactement et en tout cas vous envoyeray celle là par la première commodité ^
À MONSIEUR, MONSffiUR DU PU Y,
À PARIS
. Monsieur, J'ay receu vostrepacquet du 2 4°** avec le libvre de vita et morte Mosis du sieur Gaulmin^ fort bien conditionné nonobstant le vinaigre, dont je vous remercie trez humblement ensemble des autres pièces et papiers qui y estoient joincts. J'ay veu et admiré comme vous l'espitre liminaire à M' le cardinal de Berule, et ne pense pas qu'il la puisse ne doibve souffrir en façon du monde, ne doubtant poinct qu'il n'y ayt de grandes resveries dans cez traditives rhabinesques', mais j'estime
' Vol. 717, foi. 69. ci : Liber raHmicw de vita et marte M^sis
' Voir sur Gilbert Gaulmin le tome I, cumnotis (Paris, 1699, in-8*). p. 36. Le véritable titre du livre est celui- ' Ce mot n'est ni dans Richekt ni dans
pourtant qu il y aura quelque chose à proffiter dans les observations de l'intei^rete. Il est vray qu'il y £auidra du loisir. Je suis fort aise que Tadvis soit arrivé à temps de la part de M*^ de la Hoguette, pour empcscher M' Granier de mettre souba la presse cez œuvres postjumes du chancellier Baceon, car comme je vous ay depuis escript, je descouvris que le dict sieur de la Hoguelte avoit quelque dessein d'y travailler h son loisir, s'il en pouvoit trouver la coouuodité^ C'est un personage certainement, dont le mérite et recommandables parties surpassent tout ce qui s'en pourroit jamais dire; il n'y aûroit quune seule chose à désirer en luy, pour mon humeur, qu'il fust un peu moings excessif en cez cérémonies, car il ne vous auroit pas donné la peine que vous avez, prinse à me redonner de cette eau benitte ^ si abondamment comme vous avez faict, tant de son chef que du vostre, comme si je ne debvois pas aux uns et aux autres au centuple de tout ce que j'ay jamais faict et que je sçaurois faire de ma vie. Je ne vous en ose pas dire davantage pour n'encourir les mesmes reproches, sçaichant le plaisir que vous prenez d'obliger voz serviteurs, et le desplaisir que vous recevez d'en ouyr parler, parce que vous vouldriez tousjours faire davantage que ' vous n'en faictes. Vous aurez veu par mes dernières le desastre qui a rompu nostre partie , et nous a empesché de vous faire tenir la cassette avec les bardes de M' d'Aubray, dont je suis bien mortifié. Mais au bout du compte il me fault resouldre à la patiance pour ce regard, aussy bien que pour celuy des bardes de M' de Thou qui ne me tiennent pas moings en peine que le reste.
.Tout ce qui me console le plus, est que grâces à Dieu, la cessation
Trévoux, On trouve daos ce dernier recueil ^ C'est ici l'occasion de citer une ob-
le mot rabbmique au sujet duquel Littré cite servation de Littrë : ffLes grammairiens
Bossuet et Voltaire. modernes ont décide que davantage ne pou-
* La Hoguétte n*a rien publié des œuvres vait être suivi de que. Toutefois cette déci-
posthumes du chancelier Baeon. sion est en contradiction avec l'usage des
" Nos dictionnaires mentionnent Teau bé- meilleurs écrivains. » Littré cite, à ce su-
mïeie<Hwr, mais. aucun ne semble connaître jet, Descartes, Malherbe, Molière, Pascal,
l'expression 6gttée plus simple employée Bossuet, La Bruyène, Massiilon, J.-J. Rous-
par Peiresc. seau.
[1629] AUX FRÈRES DUPDÏ. 151
du mal qui nous avoit donné lallarme si chaulde continue tousjours. Et la santé ne (ut de longtemps meilleure qu elle est en cette ville , où nous comptons au jour d'huy le xi^ jour qui! n'y a eu mal quelquonque, tant soit peu subject à soubçon; voire on commance à revocquer en doubte si les 9 ou i o persones qui moururent dans les 3 premiers jours sont mortes attaintes de la vraye maladie contagieuse, attendu que la pluspart estoient gens gastez et pourris de veroUe et de desbausehe» qui pouvoit bien avoir dégénéré en espèce de peste, mais non pas tant communicable ^ que la vraye peste, et pour les autres la frayeur en a certainement tiié quelques uns, comme il s'est trez bien vérifié, dont les corps navoient aulcune vraye marque de peste, bien que la mort y eust esté fort soubdaine. Mais pourtant on ne laisse pas d'y apporter toutes les précautions qui se peuvent humainement, et tout de mesmes comme si le mal avoit esté le pire qu'on eust peu appréhender, afin d'en exclurre la suite et communication. Si Dieu vouloit permettre que nous en fussions quittes pour ce que nous en avons eu, ce seroit un grand heur. Cependant M' le Gouverneur n'a pas laissé de faire diverses ordonnances pour exclurre tout commerce de cette ville icy, non seulement avec Marseille, et puis avec toutes les villes de la coste, mais aussy en faveur d'Aubagne*, disant qu'il le veult reserver pour sa retraicte, en faveur de Lambesc' et Orgon dont il es^t propriétaire, et en faveur de Berre* où sont les greniers à sel^, dont la dostare. met en desarroy toute la Province et partout il envoyé des quasaques de ses gardes pour s'opposer et éluder toute sorte d'arrests du parlement. Il avoit une foys demandé conferance; on luy a député M' de Boyer, conseiller^, pour cet effect, mais ils n'ont rien conclu et tout est en la mesme mésintelligence que devant, ce qui produira un
' Le Dictionnaire de Littrë cite sous le * Chef-lieu de canton de Tarrondissement
mot eommunkahk une letti*e de Guez de d'Aix, à 96 kilomètres de cette ville.
Balzac et les Mémoires de Saint-^imon. * Chacun a entendu parler des immenses
* Voir sur Anbagne le tome I, p. 109. salines exploitées sur les bords de Tëtang de
' Chef-lieu de canton du département des Berre.
BoUches-du-Rhône, arrondissement d'Aix , à * Jean-Baptiste de Boyer, seigneur d'É-
31 kilomètres de cette ville. guilles, plus haut mentionné (lettre XVI).
jour de pernicieux effets. On a esté constraint de resouldre une deputatîon vers le Roy, pour en aller porter les plaintes à Sa Majesté. La retractation de M' de Rouen ^ est bien estrange et mérite d'estre veûe en son temps. Jay de l'obligation à M'I'Huillier^ du beau libvre qu'il luy a pieu me despartir. J'en verrois volontiers les premières feuilles si l'imprimeur en veult despartir, pour ne desassortir mon exemplaire, et pour voir à peu prez ce que c'est en attandant que le commerce puisse estre r estably, qui n'est pas besoigne preste. Mais j'ay bien plus d'impatiance de ce beau siège de Grosle de M"" Grottius, et d'entendre que le succez de Rosleduc ^ l'oblige à le descrire comme l'autre. Je suis fort aise que le sieur Noël médecin soit en la bonne ville de Paris, mais puis qu'il a tant différé je luy conseillerois de temporiser encor un peu, pour voir que deviendra tout ce mal, car encores que nous soyons en trez bonne espérance pour cette ville îcy, le mal est neantmoings desja bien grand en la ville d'Arles, et s'il faict du progrez ailleurs, il n'auroit pas de contentement en ce païs icy, où les villes sont desja toutes désertes, non seulement pour cette ville icy et Arles, mais pour celle mesmes de Marseille, où la terreur n'a esté guieres moindre qu'icy, y ayant eu, quoy qu'on le nye, des accidents aussy suspects que ceux d'icy. Que si le dict sieur Noël faisoit estât de se venir offrir à servir pendant la maladie, en ce cas ce seroit la vraye saison de venir, car il sera le trez bien veneu, etreceu avec toute sorte d'applaudissement, attendu les difficultez que faisoient noz médecins
' L'archevêque de Rouen était alors ioDgtemps il [Frédéric -Henri de Nassau]
François II deHaiiay, lequel siégea delà fin méditait le siège de Bois-le-Duc, Tune des
de 161 5 à la fin de 1 65t. plus fortes places du Brabant. L*archi-
* François Luillier, le grand ami de Gas- duchesse gouvernante , apprenant le des-
sendi. sein du prince, n'oublia rien pour le faire
^ Hugtmis Grotii obsidto Grollœ, cum an- échouer. Elle leva une armée considérable.
nexis anno i6aj (Francfort, 1639, in-foL; Mais Thabileté de ses généraux et la va-
Amsterdam, 1639, in-fol.). Dans VArt de leur de leurs troupes ne purent empêcher
vérifier ks dates, on n'est pas mentionné Bois-le-Duc de capituler le 16 septembre
le beau siige célébré dans les vers la- [i6a8].w Voir sur Bois-le-Duc et le siège
tins de Grotius, on raconte ainsi (t. XIV, de 1639 une note du recueil Avenel, t. IV,
p. 178), le siège de Bois-le-Duc ; Depuis p. k\k.
ordinaires qui ont bien aydé à augmenter 1 allarme pour rançonner incontinant la ville. On en a arresté quattre à cinquante pistoles par moys, dont on leur faict ladvance de cent pistoles de deux moys en deux moys, et ils s'obligent de servir la ville durant tout le mal, s'il y en a, à cette condition. Les cyrurgiens se faisoient fort tirer l'oreille, et navoient pas de honte de demander des dix mille francs, mais on en a faict venir de dehors, qui leur ont passé la plume par le bec\ et se sont contentez de la raison et du debvoir.
J ay receu un gros fagot de Rome de la part du cardinal où est ce libvre délia congiura del Fiescho in U^^ dont parloit Dom du Puy, ensemble la vie de Sylvestre II de Bzovius in-f^ ' ; la vie de saint Adalbertus* escripte par le dict Sylvestre II ^ adjoustée par appendice à la précédante, et les suffrages des cardinaulx et evesques adsistants au consistoire lors de la canonisation de saint André Gorsini, evesque de Fiesoli , prez de Florence *, in 8**. Je n'ay pas encores veu ce que c'est
* Voir Texplication que le Dictwnmire de Littrë (au mot Bec) donne de cette locution qui a é\é employée par Molière et par le duc de Saint-Simon.
* La congiura del eonie Lwgi de' Fieschi, descr. da Agost, Mageardi {Venise, 1699, in-iî*). Voir sur Augustin Mascardi une note dans ie tome I des Lettres de Jean Chapelain (p.aav).
' Syhester II paniifex maximus (Rome, 1699). Abraham Bzovius, dominicain polonais, naquit en 1667 et mourut le 3 1 janvier 1637. Ce fat un des continuateurs des Atmales de Baronius (tomes XIII à XXI, imprimes à Cologne de 1616 à i63o).
* Saint Adalbeii , ne à Lobnik en 9 5 0 , fut le second évèque de Prague (1 9 février 983 ) ; il mourut le s 3 avril 997. Voir Répertoire de$ sources historiques du moyen âge , par Fabbé Ulysse Chevalier (fascicule i, col. 17).
" Le savant bibliographe cité dans la note précédente mentionne, au sujet de saint
Adalbert, un grand nombre d'auteurs, mais il ne signale ni Bzovius, ni Silvestre II. Du reste, ce serait à toK que Ton aurait mis sous le nom de ce pape la Vie que lui attribue Peiresc, si Ton en croit un des plus doctes de tous les Bollandistes, Henschenius [Acta Sanctorum, Aprilis, t. III, p. 176), lequel rappelle que Baronius, en ses Annales, cite sous le nom de Silvestre II la Vie de saint Adalbert, d'après un manuscrit de la bibliothèque du Mont Cassin. Il rappelle aussi que Bzovius a publié cette Vie en 1699. Lui-même la reproduit parmi les documents relatifs à saint Adalbert
^ Saint André- Corsini , né à Florence le 3o novembre i3oa, carme en i3i9, évéque de Fiesole en i36â, mort en 1873 le 6 janvier, fut canonisé par le pape Urbain VIII en 1699. Voir A^^toire de Tabbé U. Chevalier (fasc. i, col. ii/»).
et ne sçay s'il y aura rien qui vaille, ne qui meritast de vous estre envoyé, si ce n'est possible cette vie de s* Âdalbert pour estre pièce du temps, et d'un siècle assez stérile. Je la parcourray mais que je sois aux champs Dieu aydant, et puis je pourrois bien la vous envoyer et celle de Sylvestre, en un ou deux pacquets, car quand bien en les ployant ils se gasteroient il n'y auroit pas grande perte. Si les libvres arabes m[anujs[critjs de M' de Thou n'estoient si gros, je les hazarderois volontiers par la poste les uns aprez les autres, attendu que je sçay qu'il y a une bible, et que le sieur le Jay m'escrivit dernièrement qu'il en desiroit avoir une de Rome en quelque façon qui fust bien entière. Et encores ne sçay je si la grosseur un peu trop disproportionnée ne pourroit empescher de les bazarder, car tousjours ne sont ils qu'in U^ et plus tost il y auroit moyen de les envoyer en deux foys chascun des deux plus gros volumes. Mais j'appréhende avec cez nouveaux bruicts de peste de ce costé cy, que Mess" de Lyon ne se veuillent vanger des rigueurs que nous avons exercées suc eux et sur leurs pacquets maintenant qu'ils penseront avoir représailles sur nous, et qu'ils ne veuillent faire passer comme nous par le vinaigre tout ce qui viendra de pardeça. C'est pourquoy j'attendray ce que M' de Fetan me mandera depuis l'advis de nostre allarme, touchant l'ordre qu'ils auront prins pour cela.
L'une des choses qui me feroit haster de vous envoyer lesdicts libvres seroit pour vous donner moyen d'y employer voz excellants relieurs, à tascher d'en séparer les feuilletz qui se tiennent la plus part les uns contre les autres, n'y ayant osé employer le mien comme inexpérimenté en cez besoignes si difficiles. Or cez petits libvres ^Egyptiens ou Gophtites sont si mal accommodez qu'à peine se peuvent ils ouvrir en cinq ou six endroicts du volume, et je plaindrois grandement s'il ne se trou voit quelque remède à cela. Il y avoit cinq petits feuillets de vellin, de ceux que M*" de Thou disoit, ce me semble, avoir faict venir de la mosquée du vieil Cayre et dont j'eusse bien faict grand cas, comme luy, s'ils se feussent peu conserver en leur entier, mais comme cela estoit destaché et n' estoit pas en libvre ne soubs aulcune couverture, je ne
sçay si la mer y a plus exercé de tyrannie, ou si ceux qui les ont maniez au sortir de l'eau ne les ont pas bien gouvernez; tant y a qu il y en a de louts gastez et perdus ; il y en avoit un seulement qui estoit plus conservé que les autres, lequel je fis mettre entre deux ais un peu chauffez où il s'est fort bien remis, et par où j'ay jugé que Tescritture est arabique, la plus part enrichi de fleurettes d'or ou de miniature, avec des gloses interlineaires, et semble estre arraché de quelque libvre en forme bislongue comme ceux de musique, possible pour plus de commodité à chanter dessus dans la dicte mosquée, si ce n'estoit pour les chrétiens arabes. Or j'estime que cela soit bien vieil, et le juge de ce que aulcuns autres des dicts feuillets sont percez, ce semble, à Tendroict où avoit esté l'ancre corrosive , comme cette vieille Genèse m[anu]s[crite] d'Angleterre que vous avez veîie autres foys, dont les lettres estoient quasi à jour, et à pièce emportée. Si nous avions la liberté du commerce de Marseille, j'eusse envoyé quérir l'interprète du Roy, pour voir s'en seroit rien deschiffré. Mais cdane se pouvant, si je ne trouve à TouHon quelque Turc qui m'y puisse servir, je le vous envoyeray là, pour les mettre ez mains de cez Maronites^, qui de leur grâce me gardent encores sans jamais m'avoir voulu rendre un petit libvret escript en caractères cophtites, qu'un cordelier de ce pais icy m'avoit donné, lequel je leur avois mis en main pour voir s'ils en sçauroient rien deschiffrer, et parce que je ne m'advisay pas de le leur redemander qu'aprez le decez de feu Monseigneur le Garde des sceaux du Vair, ils me voulurent faire à croire que le dict seigneur le leur avoit donné, qui estoit une imposture Arabesque à la mode de leur païs, n'ayant pas moy de quoy vérifier là le contraire ni beaucoup de volonté de me tourmenter de si peu de chose, mais leur mauvaise foy me blessa grandement, et m'a depuis empesché de les employer jamais, au moins celuy qui est encores là, car pour l'autre qui s'en retourna en Levant, je ne pense pas qu'il eust esté perfide pour si peu de chose. Au reste , comme j'avois escript jusques icy. M' Valois ^ m'est venu voir,
* Le Irësoriep de Grenoble.
revenant de Suse et de Turin, envoyé en ce pais par M' le Marescbal de Crequy. II m'a conté afforce nouvelles de libvres bien curieux, mesmes du Glossarium arcbaiologicum Spelmanni, qu'il a veu ez mains de l'ambassadeur d'Angleterre à Turin, qui est sans doubte chose excellante, et dont l'autheur^ m'a envoyé les so premiers cabiers plus de dix ans y a, où j'ay apprins des merveilles de cez langues septentrionales et origines de mots anciens qui en sont descendus. II fauldra bien lascher d'en avoir un exemplaire complet. H m'a dict avoir veu aussy un autre livre d'un Herveus anglois'^, imprimé à Francfort in 4** de motu cordis et sanguinis', qui est chose trez exquise au rapport qu'il m'en a faict et qui sera bien du goust de M' de la Hoguette comme celuy des veines lactées, car il veult prouver une circulation perpétuelle du sang par le cœur, des artères aux veines, et des veines de rechef aux artères, etc. II y a encores d'Angleterre une Historia navalis qui sera sans doubte curieuse dans la suitte plus qu'en ses commaucements '^^ II parle d'un Italien qui faict de Gravibus qui s'imprime à Turin , qui est trez curieux ^, d'un autre qui se faisoit à Padoûe de quadratura circuli promota ^, dont les figures de boys se tailloient aux
* Henri Spelman. Voir sur cet érudit, le Du Gange de F Angleterre, ie tome I , p. so et SI. Voici le titre complet de son célèbre recueil : Qhssarium archaioiogimm : continens iatnuhbarbara , peregrina, obsoleta et novaUe significatùmis vœabula. Ce fut la première partie du Glossaire (jusqu'à la lettre L) qui parut en 1699. L^ouvrage complet ne fut publie que vingt-trois ans après la mort de Tautear, en 166& (in-fol.)
* Il s'agit là de Tillustre médecin Guillaume Hai*vey, né à Folkstone en avril 1 678 , mort en juin i658. Voir sur Harvey, outre le livre mânorable 3e Flourens {Hkunre de la découverte de la eireulatian du sang, Paris , i85& , in-i a), on article du docteur A. Labouibène dans la Reme scientifique du s 6 novembre 1 887 : Harveyetladrculatimdusanff.
^ Ëxercitatio amtotnica de motu cordis et sanguinis in animalibtts (Francfort, 1638, in-Zi").
* Peîresc veut sans doute parier des pi^eraiers chapitres d'un ouvrage ainsi indiqué dans le Nouveau manuel de bibliographie universelle de Ferdinand Denis, Pinçon et de Martonne : Th. Rivio, Historia navalis anti^ qua , libri quatuor ( Londini , 1 63 3 )•
' Des recherches faites pour moi en Italie par d'obligeants et savants amis n'ont pu me procurer le moindre renseignement sur l'auteur et le livre dont il est ici question.
• G'ëtait l'ouvra^ intitulé : Curvi ae reeti proportio a Bartholomœo Sovero Friburgenti m Gymnasio Patavino Matheseos pro/essore promota, libri sex (Patavi, i63o, in-4*). Voir, sur l'auteur de ce livre, né à Fribourg
despens du cardinal de Savoy e '. Mais laatheur est mort sans que l'édition fust achevée. Finalement il me parloit de Tautheur de lanti- Tycho ^ qui a faict un lihvre ex professo de tribus novis steliis contre Tycho, Keplerus et tous les modernes, qu'il fauldra tascher d'avoir en son temps \
Mais pour les nouvelles il dict que l'empereur occupe et fortifie non seulement la Valteline, mais tous les Grisons, excepté fort peu de chose, que la paix d'Italie est nieshuy achevée d'exécuter, mais il y a là un gros os à ronger^ dans cez Grisons. Que Monseigneur le Cardinal a mandé à M' le Mareschal de Grequy qu'au moindre advis qu'il aura de luy, il luy envoyera sur le champ 3o mille hommes pour s'en faire à croire. Que le Duc de Savoye s'est entremis fort avant par son ambas* sadeur, pour commancer un traicté de paix entre l'Angleterre et l'Es* pagne; qu'un ecclésiastique envoyé pour cet effect vers la Royne d'Angleterre par l'Infante, avec afforce reliques, ayant sallué le Roy
veiiB 1077, mort le q3 juillet 1639, et sur ses ouvrages, deux études de iML le professeur Antonio Favaro publiées dans le Bul" ktttHO di bibUogrt^ deile scienze maiem, de 1 889 et 1 886 , et dont il a été fait uu tin^ «^ part (Rome, in-&% 5o et 18 pages). — Gommanicalion de M. le baron Maono, membre de FAcadémie des sciences de Turin et secrétaire de la royale députatiou pour rhistoire de la patrie.
' Le cardinal Maurice (voirl. I, p. 8o3) se piquait de faire le Mécène et avait une cour de savants.
* L'auteur de VAnti-Tycho est Scipion Ghiaramonti, né k Césène le 99 juin i565, mort le 3 octobre i65q. Voir, sur les nombreux ouvrages de ce mathématicien, le tome XXX des Mémùires de NieeroD. Ghiaramonti est plusieurs fois mentionné dans les Lettres de Gabriel Naudé ( fascicule Xli des Correspondants de Peiresc)^ 1887, p. 3o- 3i, 76. Adrien Baillet {Des satifres person-
nelles, à la suite du Jugement des Savants, t. VII, in- 4% 1733, p. 394 - 998) a donné d'abondants détails sur la querelle soulevée par la publication à Venise (i6âi, in-/i*) de YAnti - Tycho Seipùmu Claratnontii, in quo adversus Tychonem Brahe et nowiullos alios, rationibus eorum ex opUcis et geometricis prificipiis solutis, demonstratur eomelas esse sublunares , non cœlestes.
^ De tribus novis steliis quœ annis loja, î6oo et i6oi comparuere, in quibus defnonstratur rationibus ex parallaxi prœsertim ductis stellas fuisse sublunares et non cœlestes adversus Tychonem y Getnfnam, Mcsstlinum Diggesseum, Hageeium, Samueium, Kepplerum aUosque plures quorum rationes in contrarium adduetœsolvuntur{Cé8èiùe,'i 638 , in.4*).
* Liltré a retrouvé cette locution dans les lettres de M"^ de Sévigné et dans les lettres de Voltaire.
d'Angleterre, estant dans un batteau pour aller salluer ]a Royne d'An* gleterre, accompagné du dict Ambassadeur de Savoye et d'un seigneur Anglois, le batteau se renversa soubs le pont de Londres, et ce pauvre prebstre se noya, les autres estant esckappez conune ils peurent. Mais que M*" Rubens y est allé à mesmes fins, et y est tous lés jours mené en carrosse par le conte de Carlile S et qu on en est venu si avant que le premier jour de ce moys il debvoit partir d'Espagne un ambassadeur et d'Angleterre un autre pour aller sur les lieux vérifier si les propositions faictes sans charge seront advouées, mais que le dict Ambassadeur d'Angleterre en Savoye disoit que si le Roy vouloit, il romproit bien tost tout ce Iraicté en sa naisçance. Voila des nouvelles de bien loingtaih païs pour venir d'un lieu assiégé comme celuy cy, et interdict comme M' nostre Gouverneur vouidroit faire de tout secours et raffraischissemens. Vous en devez bien sçavoir là de meilleures et plus seures nouvelles, et particulièrement de celles des livres, mais vous me pardonnerez si je me suis ainsin donné carrière, à ce coup, sans consequance, puis que nous avons si peu de moyen de vous rendre la pareille de tant de bonnes et curieuses recherches dont il vous plaict nous faire part, et que vous m'excuserez tousjours comme je vous en supplie trez humblement, faisant la profession que je faicls d'estre toute ma vie, Monsieur,
vostre trez humble et trez obligé serviteur, DE Peiresg.
A Aix, ce sammedy au soir xi aoust 1609, ix°" de la cessation de tout mai soubçonneux * en cette ville, qui est un roirade , aprez trois jours entiers de progrez. Du dimanche matin, il n'y avoit rien d'altéré non plus.
Jay retrouvé quelque autre liasse des lettres de feu M' de Malerbe, que je feray porter aux champs quant et moy, pour en faire choix de quelques unes, car il y en auroit qui ne meriteroient pas d'estre e»-
^ Sur le comte de Garlisle, voir t. I, réunis par Littré sous le taot soupçotm^uc Appendice, p. 908. sont tous empruntés à des auteurs du xui*
" C'est-à-dire suspect. Les exemples et du xiv* siècle.
yoyées d'icy à Paris, nonplus que d'estre imprimées, et le fagot seroit trop gros pour la poste.
Mais je me suis enfiD résolu de bazarder les àeu^ petits volumes en langue cophtite, sur la proposition que mon relieur m'a faicte de les couvrir proprement avec de la toilie cirée; ils sont si petits qu'ils eschapperont plus facilement, et si nous trouvons que cela reuscysse, nous tascherons de nous descharger peu à peu de tout ce que nous pourrons pour ne tant languir en l'attenle du coffre entier ^
À MONSIEUR, MONSIEUR DUPUY
À PARIS
Monteur, Vostre despesche du dernier du passé est venue un peu plus tard qnedecoustume, mais s'est fort bien conservée, nonobstant la rigueur du vinaigre, ensemble le livre et epistre de M'' de Rouan ^ à causé des maculatures qui l'enveloppoient, lesquelles ont porté toute la mouilleure, dont je vous remercie trez humblement. J'ay veu cette epistre et suis bien de vostre advis, ne pouvant quasi me persuader que l'autheur ayt bien songé à ce qu'il faisoit aussy peu dans la dicte epistre qu'en son livre ^, au moings à ce que j'en ay peu voir jusques à cette heure, car il ne m'a pas manqué de divertissemens, oultre que le labeur n'est guieres attrayant. Je ne sçay s'il ne penseroit point qu'en se faisant tenir on hiy pourroit offrir ce que le cardinal Aleandro^
^ Voi. 717, foL 79. sëvère. Tous ks critiques ont blAmë fincoa-
^ François de Harlay, mécontent de venance deTëcrivain, et Tabaraud, dans la
s'être vu préférer, pour ie cardinalat, un Biofft*aphie wUverselkj s'est élevé contre ia
simple prêtre, dans la personne du P. de dureté et Yen^ifortement avec lesquels Tambi-
Bérulle, publia en 1639 une sorte de tieux prélat fit, au lieu d'une bistoire de
pamphlet contre ia cour de Rome sous le TÉglise, une satire de la papauté, tifare de Eedenastieœ histmœ liber primus. * Jérême Aléandre, né ai février 1 A80,
^ L'appréciation de Peiresc n'est pas trop fut nonce de Léon X en Allemagne (i5i9),
offroit autres foys à Luther pour le faire taisre^ Il y a des esprits cappables de toutes les extravagantes pensées qui se puissent imaginer. Je suis trez aise que le fagot de M" Gassendi soit arrivé sain et saulve, et de la resolution qu'avez faicte de le luy garder jusques à son retour, puis qu'il est si prest à revenir à Paris. Monsieur le Pelletier flatte le day ^ el ne dict pas tout ce qu'il pense et tout ce qu'il a veu et souffert d'incommodité quand il vous veult persuader tant de bonne chère, qui ne gisoit principalement qu'en bonne volonté. Des lettres de feu M*^ de Malerbe, je vous escrivis la semaine passée ce que j'en avois trouvé. Je suis bien aise que vous ayez eu des nouvelles du recueil que feu M' de Malerbe avoit faict d'aulcunes de ses lettres plus considérables et autres pièces dont il m'avoit autres foys parlé et m'avoit mesmes demandé mes liasses des lettres qu'il m'avoit escrittes pour y en insérer quelques unes. Je craignois que cela fust perdu, car M' le conseiller de Boyer, qui est héritier ou père de l'héritier' du dict feu M"" de Malerbe, ne l'ayant pas trouvé entre ses papiers, estoit bien en peine où il pouvoit avoir recours. Je m'estonne fort que le sieur Icard* luy ayt voulu celer cela, puis qu'il estoit dépositaire et comme (ideicommissaire de tous les livres et papiers du deffunct pour remettre le tout au dict sieur de
bibliothëcaire du Vatican (iSso). Clément VII lui donna Tarchevéchë de Blindes, ]e nomma nonce en France , puis en Allemagne (i53i). Paul III le revêtit de la pourpre en i536. Aléandre mourut à Rome le i" février i5â2.
* Peiresc avait deviné juste. Fr. de Harlay, dans la lettre de soumission qu'il écrivit h Urbain VIH, déclara qu'il garderait désormais le silence jusqu'à ce qu'il plat au jKipe de lui (mvrir la bouche, indiquant par ces mots, selon la remarque de Tabaraud, qu'il aspirait toujours h la dignité de cardinal.
' Sous cette expression , qui signifie adoucir, déguiser quelque chose , Littré ne donne aucune citation.
^ Nous avons déjà vu (lettre XVI) que le conseiller J.-B. de Boyer était le père de l'héritier de Malherbe, Vincent de Boyer, futur conseiller.
* M. Lud. Lalanne, qui a reproduit une partie de cette lettre dans la Notice bihiiographique [Œuvres complètes de Malherbe, 1. 1, p. xciv), dit au sujet d' Icard : cr C'était l'homme d'affaires de Malherbe, autant du moins que je puis le conjecturer d'après la correspondance du poète avec Peiresc, on il en est parlé plusieurs fois.» Une lettre dlcard , écrite de Bordeaux le 1 3 juillet 1 63 o, est transcrite dans le registre I des minutes de la correspondance de Peiresc, Inguimbertinede Carpentras (fol. ao).
Boyer, à qui il a en effect rendu les livres et quelques papiers, mais à ce que je voids, il avoit soubstraict le meilleur. Il n'y avoit que deux jours que M' de Boyer estoit party de cette ville pour aller du costé de Tollon, quand je receus vostre advis, mais à son retour je luy cornmuniqueray Fadvis et feray que luy en escrira comme il fault au dict sieur Icard , auquel je feray mesnies escrire par M' le Premier Présidant et par le Marquis d'Oraison ^ qui sont ses meilleurs patrons et amys et qui aymoient bien le pauvre Malerbe. Je n'y ay pas du credict pour mon particulier, pour certaines petites galanteries qui m'avoient esté faictes de sa main en affaire bien importante. Mais je le feray prendre de tant de costez qu'il aura bien de la peine à se parer de' ce coup où je sera y bien aise d'agir, pour l'amour du pauvre M' de Malerbe que j'ay aymé comme mon propre père ^, et pour l'amour aussy de M^ Granier à qui j'ay de l'obligation sans l'avoir jamais servy, dont je serois bien aise de me pouvoir revancher, mais principalement pour l'amour de vous. Monsieur, puis que vous vous en meslez si charitablement. Je verray aussy par mesme moyen s'il y auroit moyen d'arracher de mon dict sieur le Premier Présidant et de M' le Marquis d'Oraison quelques unes des lettres que le dict sieur de Malerbe leur escripvoit', dont j'en ay autres foys yeues de trez bonnes. M' de Boyer m'avoit dict, ce me semble, tost aprez le decez du sieur de Malerbe, que le deffunct avoit laissé quelques siens, escripts en depos ez mains d'un sieur de Porchères son parent* (autre que le célèbre courti-
* François d'Oraison, d'abord vicomte de Gadenet, pois marquis d^Oraison (mars i588), est mentionne dans cette phrase d'une lettre de Malherbe k Peiresc, du 19 février i6io (t. ill, p. i&o): «rVous m'avez vu, ce me semble, quelques couplets d'une méchante chanson que j'avois commence à faire sur un air que m'avoit baîllë M. le Marquis d'Oraison ...» Le premier président (baron d'Oppède) avait épousé Marguerite d'Oraison. Malherbe parie très gdamment d'dle dans une lettre h Peiresc
des a3-s5 mars i6io {Md,, p. aSo).
* Témoignage bien remarquable et au sujet duquel il est bon de rappeler que Malherbe, de son c6té, eut toujours pour Peiresc une affection dans laquelle il entrait quelque chose de respectueux.
' On n'a conservé aucune des letCres adressées par Malherbe au baron d'Oppède et au marquis d'Oraison.
* Malherbe l'appelle «rM. de Porchères Arbaut» dans une lettre à Peiresc du 3 avril 1 638 (t. m , p. 578 ). C'était son parait par
SI
tU.p.lHrilll WATlOilALC,
san ^) pour prendre le soing de les faire revoir et imprimer; je croy ois que cefust luy qui eust remis à M' Granier ce qu'il «o avoit et qui luy eusl aussy remis le privilège dont j'avois autres foys ouy parler. Il sera bon de s en esclaircir et m'en eserire, s'il vous plaict, au plustost que vous pourrez, pour sasseurer si c'est autre chose que le recueil que le dict sieur Icard se trouve aujourd'huy saisy. Voila tout ce que je puis voui^ dire en responce de vostre lettre, si ce n'ert pour vous remercier comme je (aicts trez humblement des relations de Bosleduc, de la prétendue généalogie de Gogneux, que je n'admire pas moings que celle de Brèves \ En revanche de quoy, je n ay rien à vous envoyer, n'osant bazarder ia ibible arabique de M' de Tbou , sans avoir des nouvelles de M' de Fetan depuis l'advis qu'ils auront eu de nostre allarme. Encores que le mal, Dieu ooercy, n'ayt pas eu de suitte dans la vilie, ains seulement sur ceux qu'on avoit mis dehors, pour avoir eu communication avec les pruniers touchez de maladie suspecte. Tout est en la main de Dieu.
Au reste à faulte d'autres aouvelles du monde Je vous diray qu'il s'est dasterré en ce pais depuis peu un petit larmoir^ de plomb sur lequel est escrîpt GLAVDI WYOOIS, un mot se lisant h droict sens sur un costé du lannoir, et l'autre à contresens de l'autre costé, sur quoy
dKanoe; car François d'Arbaud et M** de Maibarbe (M^' de Coriolis) étaient eonr sina, la mère de Tune et la grand'niàre de Paotre appartenant à la même famille, la famUl^ d'Esoalis. Eraoçoia ll'Arbaud, trop flOBvent^aiibRda avec aon daûbomonyme , son compatriote >etiMn oantrère.à^rAcadénaie<Langier de Porokéres, naqoit à Brignoisa en 'i-B^o > et mMinit dans la Ghaii>pagne en i648. Voir' une 4rè8>iiii)ëF«B8énte élude.de M. Léaii>jdb Berhu^Perawis : Langier de PofMreset ArkM de Patekireg, deux des quarante premms défAcaiiimmfoaf^ çmee (Eorcdquier, iâ8o., in-S"*).
* Honoré Langiar de Povckàras, né à Forcai^wer Je 8 ijuin 1 5^ , fut gentilhomme
de la chambre et intendant des ffttes de la com*. Il moanit, comme nous Tapprend la Mu$e kktorifue de Loret, en octobre i653. Voir son historiette dans Tallemant des Réoux (t. IV, p. Sai), mais en tenant compte 46a observations'MotifiQativeB du savant critiqae cité dans la noie précédente.
^ Dëohirure du papier.
^ Ce mot ne se trouve ni dans le Dieiim' fiameiie Trio9tus,t ni dans Jes divers antares raaueilaJeiioogciyhi^pieaiqu'il m!a étédanaé de pouvoir aonaaiter, la forme hetymamiwe ayant préualo. Larmmr était le nom d'un petit vaaet d^une soiiedt fiale.^e las pleiareofftovpleuoenaaadepfotMaionenapioyiiient dans 'les funérailles.
il y a bien à resver à mon avis, ne me pouvant persuader que c'est que veuU dire * ce mot de SICCAM, si ce n'est une espèce de surnom ou de patrie de ce Giaudius, car elle eust deub plus tost estre moitte de larmes que seichée; toutefoys cez Mess" de Rigault, Saulmaise et Grottius en pourroient bien dire possible quelque chose de bien relevant avec les notices qu'ils ont de cez anciennes coustumes sepulchrales que je n'ay pas observées ou retenues comme eux, n'ayant mémoire quelquonque de cez choses que je n'ay veties de si long temps oultre que je n'en ay gueres veues de celles qu'il fauldroit, principalement dans les poètes Grecs que je n'ay guieres maniez. Je vous prie de les en enquérir et me tenir tousjours , Monsieur,
vostre trez humble et Irez obligé serviteur,
DIS Pinil^SG.
A Aix, ee 18 aoQSt iSftf.'
On vient de m'advertir du passage d^un courrier de M' de Mantoue, qui va vers le Roy, et dict avoir rencontré h nuict dtsmiere sii gaieres d'Espagne qui tenoienl la routte d'Italie, lesquelles portent le Marquis Spinola, et que, le ya)stein^ se trouvant hors d'employ par la .paix de Danemarc, passe en Italie ' avec grande armée centre M' de Mantoûé.
Je vous adresse le paequet cy joinct pour le siettr Guiltard, pour le luy garder jusqàes à ce qu'il soit arrivé' à Paris, car il; est aUé passer par l'Aui^rgne avec M' le Grand Prieur de Franqe. Et ay laissé l'enveloppe à caobept voiaht, afin que vous pinssies jetter les yeux, si vous voulez, sur les papiers qu'on m'a envoyez de Marseille pour luy faire tenir, et en retenir -copie ou meinoire de oe que vous vouldrez, mais je
^ Geqae vent dire. Comme ï^rfresc, Rassompierre met l'article
* QnareoonoaAlbertWeDoeBlasBiMèbe, devraHeiiomide Wd&tein, qa'ëëoritWii-
comte de Waldstein, duc de MecUembourg, lestein (t. IV, p. 1&7 ).
de Frieâlaad, de S^fan, ne aa ckAtèao ' Le célèbre capitaine n» p^ua* point en
dUermanic, en Bohême, le f5 septembre Itdie/
1 583, assassine à Egra le 9 5 fëvrier f^34.
vous prie de ne les pa$ laisser voir à i autres ^ et recaehepter le pacquet avant que le luy envoyer ^
À MONSIEUR, MONSIEUR DUPUY
À PARIS
Monsieur, J'ay aujourd'huy seulement reeeu voetre despescbe du 7"^ fort bien conditionnée, nonobstant quelle ayt passé bien avant dans le vinaigre, parce que vous luy aviez faict la caresse ^ d'une bien forte enveloppe, et ay trouvé trez beaux cez petits livrets de dévotion d'Amsterdam, dont je vous rends mille trez humbles grâces. Ils viendront bien à poinct au mauvais temps où nous so^nimes à présent, puis qu'il plaict à Dieu. Durant lequel je n'oserois en avoir envoyé à Rome, pour le soubçon de maladie, comme j'eusse faict sans cela. Hier nous recontions le h^ jour de cessation du mal pour la seconde foys tant dedans que dehors la ville, mais cette nuict il y a eu quelque nouvel accez en la personne de la femjne d'unhonneste bourgeoia, qui renouvelle bien les allarmes (bien qu'il n'y ayt pas encores de certitude que ce soit contagion), parce qu'on ne sçait pas quelle dépendance peult avoir cet accidant avec les précédants , auquel cas on seroit sans regret. Au terroir de Marseille, à une lieue de la ville du costé d^Aubagne, à un certain petit hameau ou assemblage de Bastides nommé des GaiUaux', il y est mort un homme de la maladie, qui fit une telle terreur dans cette pauvre ville là, qu'encores que plus d'un tiers des habitants eussent prins retraicte aux champs dez le commancement de ce moys, par précaution, il en sortit hier une infinité d'aultres familles, et une in6nité de charges de meubles. Ils faisoient fort les renchéris à nous souf-
^ Vol 717, foi. 7S. ^ Aajoiird*hai lesCaillolB, localité de près
* Cartffte est pris ici dans le sens de &- de 5ao habitants, dans la commune de venr. Marseille.
[1629] AUX FRÈRES DUPUY. IftS
frir aulcone sorte de communication , mais ils sont pour avoir aultant et beaucoup plus de besoing du secours de cette ville icy, que celle cy d eux. Car Tordre qu on y a mis a esté si ponctuel , que grâces à Dieu, de tous les msdades qui ont esté portez à la maladerie, il n'en est mort que cinq en tout, et hier à la visite qu'on y envoya faire, touts les malades sortirent sur le pied en estât de garison toute apparente, exceptée une seule femme qui estoit la dernière venue. Le cirurgien avoit été prins avec son vallet^ le vallet mourut incontinant et fut un des cinq. Mais le maistre est bors de danger, et sera tant plus bardy à penser et secourir les aultres dez hors mais. Voila toutes les plus importantes nouvelles que nous vous pouvons dire à présent, et crains bien, comme vous, que nous n'ayons plus de moyen durant quelque temps d'entretenir nostre commerce de lettres, car M' Jacquet m'escript du 1 a™* qu'il n'a voit poinct encores eu la despescbe qui partit d'icy dez le âg"^ du passé, qui estoit i5 jours entiers, et qui pix est, le maistre de la poste vient de m'apporter deux lettres qu'on luy escript du S^ Esprit et d'Avignon, portant que les despesehes ne peuvent plus passer sur le cbemin de Lyon parce que tout y est desja infecté de la maladie, et que tous les maistres de poste sont retirez aux champs, de sorte qu'à grande peine* les pacquets du Roy pourront aller et venir. Je ne seray pas en repos d'esprit que je n'aye advis de M'' de Fetan de la réception de cette despescbe là, avec laquelle j'avois joinct le 6"* libvre du Théophile de M' Fabrot, et de trois aultres despesehes que j'ay mises à la poste durant ce moys du 6°^, 12™ et 19"" de ce moys, ou bien qu'on les nous aye renvoyées icy. Car avec icelles je vous ay envoyé de bonnes curiositez, et à bonne foy, voyant venir les lettres de Lyon icy, et pensant que le réciproque deubt réussir, pavois bazardé entr'aultres choses, par celle du la™*, deux petits m[anu]8[crit]s en langue cophtite tirés du coffre de M' de Tbou, pour essayer avec voz relieurs {rfus expers de remédier au daumage qu'ils avoient receu dans la mer, car je n'avois pas eu le courage d'y faire toucher par le mien et regrettois infiniment que cela ftist bors d'usage. Par la précédante despescbe je vous envoyois un libvre in-4^ de quelques opuscules grecs
166 LETTRES DE PËIRESC [t629]
imprimez en Gonstantiiiople soubs les armes du Roy d'Angleterre et dans la dernière y avoit des papiers importants que je plaindrois grande^ ment. Peu s en fallut que je ne hazarday la BibleÂrabique m[anu]s[crit]e. Mais un bon génie me retint, jpour attendre le conseil de M' Jacquet sur cela , dans cette conjoncture de nouvelle nécessité qui me met en tel estât, que je crains que pour faire tenir le coffre de M' de Thou, il ne faille prendre la voye de la mer par Rouen, auquel cas il fauldra laisser passer la quarantaine aux champs, dans laquelle je vouldrois bien avoir sur cela vostt^e résolution; autrement, je ne sçay s'il ne fauldra pas attendre des années, pour laisser repurger lés chemins d'icy à Lyon et restablir le commerce qui est si descousu et si ruiné.
Pour mes livres de delà, ne vous en mettes poinct en peine, car ils sont mieux là qu'icy asseurement, où il me fault abandonner tous les miens à la mercy et discrétion d'un peuple, qui pourra faire de grands desordres si la maladie y faict du progrez, auquel cas malaisément les gents de qualité vouldront ils tenir pied. De sorte que si je les retrouve à nostre retour, et que Dieu nous fasse la grâce de pouvoir revenir, il me semblera qu'on me les aura donnez. Et ce sera assez à temps si nous avons lors les vostres qui ne courront pas la mesme fortuné chez vous. Si cependant le temps nousfaisoit voir que la santé se peult conserver à Tollon, avec quelque commerce de Roiien, comme il y en a souvent, possible tenterions nous cette voye là sans tant d'apprehen^ sion , maintenant qu'on ne craint rien du costé des Anglois, et que la crainte n'est pas si grande aussy du costé d'Algers. Mais pour la voye de Lyon je pense qu'il ne fault plus rien bazarder, dont on puisse regretter la perte, je veux dire des pièces originelles^ âins seulement des coppies, ou des imprimez qui se puissent remplacer, et dont la perte ne soit pas considérable, afin que si quelque chose eschappe, o& ayt encores quelque consolation en cez exils où nous courons fortune de nous aller confiner pour longtemps. Mesmes qui mettroît les lettrés à part des livres, il ne seroit possible que bon, afin que si la grosseur dés livres faisoit difficulté au passage , les lettres puissent venir plus facilement.
Or pour respondre à la vostre, j'ay encores des rémerciments à vous faire du soing que vous avez eu de me faire transcrire le verbal de Tordinaire, et de me faire part des bonnes nouvelles de l'entrevue du Roy avec la Roy ne régnante (d'où tous les gents de bien attendent un Daulphin dans Tan comme vous^), et de la retenue ou continance ^ de Monsieur, de n'estre poinct sorty hors du Royaulme , dont on estoit un peu en peine. Quant aux ouvrages de Cardan ^ m[anu]s[crit]s, c estoit le pauvre M' Aleandre deffunct qui m'en avoit envoyé l'indice et qui avoit entreprîus de les m'achepter, mais il ne tarda guieres aprez cela de mourir et je suis bien empesché par qui je pourrois faire reprendre ce traicté. M' de Thou eust mieux faict cela que persone, si on eust sceu son dessein d'y retourner, et si je me fusse advisé de luy en escrire dernièrement par le dernier ordinaire d'Avignon qui passa, lequel n'est poinct revenu en son temps, et je me doubte qu'on luy fasse faire quarantaine quelque part, et que nous n'en ayons plus par cette province.
J a vois escript à Rome deux jours aprez son passage, par la voye de Lyon, du septiesme de ce moys, sous l'enveloppe de M"" de Fetan, mais je crains fort que cette despesche ne soit demeurée en chemin entre cy et Lyon, comme je vous disois tantost, et que nous ne soyons dei^ hors mais exclus de tout commerce de ce costé là. £n un besoing vous en pourriez escrire un mot à M' de Thou, qu il s'en enquist du cavalier del Pozzo et de M' de Bonaire. Pour le bon M^ Samuel Petit, nous n'aurons pas, jem'asseure, guieres plus de moyens d'entretenir aulcune correspondance avec luy de quelque temps, attendu qu'on nous asseure de Tarascon que la peste est à Nismes bien forte , et que tout commerce est rigoureusement exclus de ce costé là de la rivière, aiusin que nous
* On sait qne Tespërance de tant kê gens propre de se tenir au milieu, s'y tnaùuenir.
de hien fat trompée et qae le daaphin tant Nos dictionnaires n'ont pas indiqaë ce sens
attendu ne naquit que près de dix ans plus du mot continence. tard (5 octobre 1 638). ' Voir sur Jérôme Cardan le tome i;
' ' Le mot eontinenee est pris ici dans un Appendice, p. 893. sens bien rarement employé, dans le sens
t68 LETTRES DE PEIRESC [1629]
a asseuré un député de Tarascon, venu pour implorer secours (sans resource neantmoings) sur ce que M*^ le Surintendant a taxé leur ville à 6000 escus pour les desmolitions des fortifications de Nismes, sans aultre formalité. Mais s'ils sont quittes de la maladie de leurs voisins de Beaucaire et d'Arles (où eUe faict de grands progrez), ils seront bien heureux de n'avoir pas de plus grand daumage. Et vauldra mieux pour eux de payer les 6000 escus, que d'y envoyer des hommes qui eussent peu apporter la peste dans leur ville à leur retour. Nous pensions que tout commerce fust desja bouclé sur cez bruicts, mais il passa, Taultre jour, un gentilhomme Breton, quidisoit venir attendre le Chevah'er d'Âllincotfrt ^ pour passer en Italie quant et luy, lequel estoit venu de Hollande depuis peu , où il disoit qu'un Professeur en langue Arabique estoit revenu depuis peu du Levant où les Ëstats l'avoient envoyé avec si gros fonds de credict, qu'il en avoit rapporté 3 ou & 00 volumes Arabes entre lesquels il y avoit d'excellentes pièces non encores veûes, d'Archimede, Euclyde, Ptolemée, Appollonius Pe^gasus^ et aultres, mesmes de Platon et d'Arisiote, et qu'il y avoit des Tables astronomiques d'un Roy du Gatay ', et des observations continuées en cez pais là durant plusieurs siècles, qui doivent eslre de grands thresors. Il le nommoit M"^ Joly, et je pense que ce soit celuy dont M' Camerarius * m'avoit aultres foys escript, par vostre entremise. Je serois bien marry si M' Gassendi estoit passé si viste en cez pais là qu'il n'eust pas eu le moyen d'en voir quelque chose. Cez peuples septentrionaux
' Le chevalier d'AUincoart (et mieux * G^est ApolloDias de Perga, géomètre,
d*Haiinooart) était un des fils de Charles de qai vivait à Alexandrie soos Ptolemée IV.
NeufviUe, marquis d'Halincourt, seigneur de ' Nom que Ton donnait autrefois à la
Vilieroy , gouverneur de la ville de Lyon , etc. , Chine.
et de sa seconde femme Jacqueline de * Le registre III des minutes de la cor-
Harlay. Il portait le prénom de François, respondance de Peiresc (à Carpentras) ne
ëtait chevalier de Malte; il fut tuë à la contient que deux lettres à Camerarios,
tête du riment de Lyonnois, au siège une écrite d'Aix le 3o novembre 1697,
de Turin, en 16&0. Voir Le dernier des l'autre écrite de Toulon le 19 juin i63i.
Villeray et m famiUe, par Aimé Vingtri- Voici la suscription des deux lettre^ :
nier (Paris, 1888, brochure grand in-8% rrM. Gamerarius, chez son père, ambassa*
p. 35 ). deur de Suède, n
ont des génies mei^veîlleuselnent nobles et généreux d'envoyer chercher si loing, et à si grands fraiz, de si belles et dignes recherches comme sont celles là, et celles d'Ah^eterre. Il fàuldroit que M' Holstenius eust les rains aussy forts que ceux là, pour y proffitter aussy bien queuix. S'il y a moyen de luy escrire, il luy fauldra donner cet advis là, pour le tenir en bonne haleine. J oubliois que ce gentilhomme nous dict que ce M' Joly avoit faict un voyage où il ne fit que marquer les choses, et puis s'en revint quérir lettres de crédit, avec lesquelles il alla raffler ^ tout ce thresor là en fort peu de lieux. Ce que j'y trouve de bon est que ces Messieurs n'en frustreront pas le public et seront bien aises de faire sortir cez pièces si 'précieuses de leurs imprimeries. M' Scaliger manquera bien maintenant, qui y eust faict un merveil-* ieux proffit. Mais quelque aultre sortira de quelque coing pour sup pléer son deffault. Sur quoy je finis demeurant. Monsieur,
vostre trez humble et trez obligé serviteur;
DE PiniBSC.
A Aix, ce 93 aoust t(
M'estant trouvé un peu de loisir hier au soir, je vous avois faict cette lettre à l'advance, pensant l'envoyer dimanche prochain par la stâffette au hazard. Mais il vient de se présenter une commodité extraordinaire d'un honneste homme qui veult partir en poste dans demy heure , à quij'ay mieux aymé la donner, et en un besoîngj'en feray brocher un duplicata à mon homme, s'il peult estre faict à temps, pour l'envoyer dimanche, et pour servir au cas que ce courrier ne trouVast pas le moyen de passer, qui ne sera pas sans peine. Je l'ay fort prié de se charger, eh passant, s'il peult, de pacquêts demeurez aux bureaux des postes sur son chemin cottez de cette ville, ce qu il m'a promis faire s'il le peult, qdi seroit un grand secours. Le mal est qu'on me persécute d'un aùllré çosté, et qu'on ne me laisse pas escrire comme j'eusse
^ Sons le mot <n^br oo ne trouve dans le Dieiiomutire de Littrë que des citations emprontëes à des aateors du xviu* siède, Lesage et Voltaire.