‹ Lettres de PeirescChapitre 20 sur 48 · II · texte numérisé non relu

II

mPRIHKRIt IIATIOIIIU.

quelle estoit le Nonce de S[a] S[ainteté] s eschoiia contre un escueil aux isles dTeres, où le Nonce courut fortune de sa vie^ et se noya comme Ton croit plus de six vingts personnes, partie forçats, partie soldatz et les autres passagers. Si j'en puis apprendre le destail, je vous en feray envoier une relation exacte* Cependant je vous envoyé deux ou trois lettres qui m'ont esté escriptes sur ce subject , tant par M' le commandeur de Forbin qui y accourut au secours avec une des galleres du Roy, que du viguier d'Yeres et du sieur Aycard de Toullon qui est homme bien curieux. Je pensois y avoir perdu quelques curiosités que m apportoit de Rome un mien amy, mais je pense qu'il s'en sera recouvré la plus part et que le meilleur se sera sauvé comme de celles de M' de Thou malgré les ondes de la mer.

J'oubliay dernièrement de vous supplier de m'envoyer un Columella de la meilleure édition que vous le pourrez trouver ^ le mien s'estant trouvé gasté quand je l'ay voulu envoyer quérir.

Je vous entretenois dernièrement de certaines curiositez, ou plustost badineries, concernant les mezures des anciens, et vous avois prié d'en vouloir tirer un mot d'advis de M' de Saulmaize, s'il estoit encore de pardelà, auquel cas je vouldrois bien qu'il songeast.un peu sur une nouvelle pensée, qui m'est venue touchant ce mesme subject : si le mot de Pila que Tuzage a retenu pour signiffier l'assortiment des poidz de mark ne pourroit point avoir servy anciennement pour signifier le vase dans quoy s emboittoient les autres poidz et mezures faictz en forme de godetz, comme les poidz de mark, puisqu'un ancien grammairien disoit:

Ludum laudo Fil», plus laudo pocula Pilœ,

car il n'y auroit pas grand inconveniant que le mesme mot de Pilae eust esté approprié à un vase propre à mezurer ou à pezer, aussy bien qu'à un mortier, puis que les anciens se delectoient tant à diversiffier les

^ Ce nonce ëtait Alexandre Bichi, évéque dcole VIII des Corresp<mdants de Pentsc). de Garpentras. Je m'accuse de n'avoir rien * Voir, sar les principales éditions de Go-

dit de son naurrage dans VAveriisêement lvaneïie,Ve^e\eScHptore$reiruiticœàvLMa'

mis en tête des Lettres de ce cardinal (fas- nueldu libraire (t. Y, col. 9&6).

figures de toutes sortes de vases, et que sdon les divers siècles, il sembloit qu'ils affectassentde changer les dénominations, comme l'usage approppîoit à des figures particulières des noms qui souloient estre plus généraux, voire qui souloient signifier des choses grandement différentes, ainsy qu'il se peut voir par la comparaison des vieux glossaires, où il se trouve bien des changemoits et quelquefois de la confusion selon que la diversité des pais, des nations et des siècles, destournoit à aultre sens que le plus ancien la signification de plusieurs moU, ainsy qu'il arrive encores aujourdhuy aux langages vulgaires, ce qui meriteroit l'exactesse d'un examen de Monsieur Saulmaize ou aultre de tel calibre^ pour revoir et assembler tous ces glossaires anciens et les ranger à peu prez selon leur ancienneté plus ou moins grande et pour y corriger ce qui s'y peut trouver qui soit manifestement faultif. Ce qu'il pourroit mieux faire que tout aultre, ayant eu la patiance de voir comme il a faict toutes ces sortes de livi*es là, tant ceux qui ont esté imprimez que plusieurs manuscripts qu'il allègue, et qui meriteroient bien de voir le jour, y ayant une infinité de choses dont la mémoire est perdue en toute aultre sorte de livres qu'en ceux là, principalement des derniers siècles de l'Empire romain, et y en ayant aussy plusieurs qui se trouveroient faulx , si on les examinoit selon les règles et usaiges d'un »ecle ou d'un païs, qui n'auront pourtant rien d'incompatible, si on les considère soubs un aultre siècle et parmy d'aultres peuples , estant tousjours nécessaire quoy que ce soit qu'il y eusse des noms appropriez à ces assemblages de poidz et de mezures dez la meilleure antiquité, puis qu'il s'en trouve des reliques qui ressentent les meilleurs siècles, et puis qu'ils ne manquoient poinct d'invention et de facilité pour exprimer toutes sortes de conceptions et d'usage ou proprietez de tout ce qu'ils employèrent pour leur service, principalement les Grecz qui trouvoient quasi plus de commodité que les Latins à faire leur lixevodirfxrf , kyyodvocïï^ Èyyvdi/fHrf , XaXxod9^x>;, UoTtfpodiffXV là où les Latins avoient

^ Littrë a retroavë cette expression figurée dans deux auteurs du xvi* siècle, Vincent Carioix et Froumenteau.

prou peine de diversiflBer leur Vasarium par le Galiclarium et ia Pila, estantz contraiuctz daller emprunter des Grecs leur Incîtega. Mais je m'imagine que Texactesse de M' Saulmaize n'aura pas laissé eschapper d'aultres termes possible plus propres et plus convenables que tout cela, s'il a agréable de le dire, comme je masseure qu'il fera pour l'amour de vous, si vous l'en priez, ce que je vous supplie de vouloir faire, et excuser en cela ma fascheuse curiosité et importunité, sur quoy je finiray demeurant, Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Pbiresg.

A Boyageacy, ce 6 juillet i639.

Je vous supplie trez humblement de faire tenir seurement le petit pacquet adressé à M*" le Grand ; plustost vous pourrez envoyer quérir Quentin qui prendra le soing de l'aller rendre et d'en retirer un mot de responce s'il peut, pour le vous rapporter afin de le mettre dans vostre despesche quand il vous plairra de nous en faire.

Au reste le courrier ordinaire qu'on a restably en ce païs arrive ordinairement le vendredy au soir à Aix, partant de Lyon aprez que l'ordinaire de Paris du vendredy précèdent y est arrivé, tellement que si les advis imprimez se pouvoient recouvrer à temps pour estre envoyez par l'ordinaire qui part de Paris le vendredy, ils arriveroient touts plus fraiz d'une sepmaine. Mais il ne fauldroit pas que cela vous causast plus

d'incommodité ^

' Vol. 717, fol. i3o.

AUX FRERES DDPUY.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, Ce mot ne sera que pour vous advertir qu'entre les choses sauvées du naufrage de la gallere du Pape il s'est trouvé un petit fagot de livres addressé à vous de la part de M'Naudé , qui estoit parmy les hardes de M' Menestrier ^ qui me la envoyé ici fort opportunément, car il couroit grande fortune d'estre bien tost pourry pour peu qu'il y eust demeuré davantage dans sa mouilleure. Il avoit esté si proprement empacquêté qu encores que les enveloppes eussent esté la pluspart deschiréez par les crochets avec quoy on tiroit ces hardes de la mer, il estoit pourtant resté quelques fragmente de l'escripture de M*" Naudé, où paroissoit le nom de M' du Puy ; je le fis incontinant ouvrir par mon rellieur avec deux aultres de M' Suarez ^ qui avoient leur addressé en Avignon , et les fis rejetter dans l'eau fraische pour leur oster la puanteur qui les avoit desja gaiguez, et une grande quantité de petits vermisseaux blancs comme ceux du fourmage^ qui y fourmilloient presque

' Claude Menestrier fut un savant et zëlë antiquaire. H naquit, non à Dijon, comme la plupart des biographes Tout rëpëté d'après Papillon , mais , comme Ta établi Weiss dans la Biographie Miehaud, k Vanooncourt (Haute-Saône). Il fut chanoine du chapitre de Sainte-Madeleine de Besançon et bibliothécaire du cardinal Fr. Barberini. Il mourut ë Rome en 1639. Ce fut un des correspondants de Peiresc. Je publierai, dans an des volumes qui suivront cdai-ci , les lettres que Peiresc lui adressa et dont les originaux sont conservés à la Bibliothèque de TÉcole de médecine de Montpellier. Je publierai aussi (en appendice) un certam nombre

des lettres écrites à Peiresc par Menestrier.

* Le futur évéque de Vaison déjà phi* sieurs fois mentionné.

' La f orme fourmage se retrouve dans le Théâtre d'agriculture d'Olivier de Serres, dans les Joyeux devis de Bonaventure des Periers. Voir le Lexique de la langue de ce dernier auteur publié par MM. Faix Frank et Adolphe Chennevière ( Paris , 1 88.8 , in-8*, p. 90). On trouvera dans ce Lexique plusieurs autres expressions employées par Peiresc et rdevées dans mes notes, par exemple les mots : acertainer, antiquaille, eaver, per/umer, eepie, quant et quant, ramentevoir, etc.

partout, principalement entre ceux du dict sieur Suarez, dont je ne me serois pas doubté pour des livres en blanc, si je ne l'eusse veu. Le sieur Menestrier avoit faict scrupule de les ouvrir pour ne se dispenser de couper les fisselles et les cachets, et pensoit qu'ils se peussent seicher tous entiers. Mais ceste vermine les eusse tous gastez et la pourriture eusse achevé de gaster ce qui seroit eschappé de leur dent et s'il en fust eschappé quelque feuille ou cahier des bordz, ils seroient demeurez si maculez que je ne pense pas qu'ils eussent peu estre d'aulcun oeaige. C'est pourquoy j'estime que vous ne trouverez pas mauvaise la liberté que j'ay prise de le faire ouvrir, pour le pouvoir conserver et mettre en Testât que vous le trouverez. Il y a bon nombre d'exemplaires d'un petit traicté de M** Naudé an magnum homini a venenis periculum S tous Gottez de sa main et addressez la plus part à vos amis de pardelà. 11 y a un volume in 4** assez gros addressé à M' de la Motte ^intitulé Apologia pro christiana religione qua a Pbilippo Guadagnolo Arabîcœ linguie professore respondetur ad objectiones Ah Med filij Zin Alabedin Persae Aispbabensis contentas in libro inscripto Politor speculi'. H y a quelques aultres livretz addressez à divers amys et quatre petitz traictez sans aulcune addressé, l'un de origine Hebraeorum Pétri Philomusi^, l'aullre de ia riconciliazione di Henrico quarto ^, le troisiesme intitulé Polygraphia Roncilionensium , Papirii Serangelij , et le dernier Ristretto délia Provincia di Bomagna di Francesco Pera da Imola, lequel je ne vous envoyerai point pour ceste fois pour le faire transcripre. Et s'ils peuvent

^ QuœsUo iatrophilologica : on magmtm homini a venenis periculum (Rome, i63a, ÎD-S''). L'opuscule fut réimprimé k Genève (i65o).

• François de la Mothe-le-Vayer.

' Philippe Guadagnolo, né à Magliano, dans les Abruzzes, en 1696, fut prêtre, professa à la Sapience h Rome et mourut le 37 mars i6ô6. Un Espagnol avait écrit:

Verum Spéculum, Va Persan répondit par : Politor Speculi, Le pape chargea Guadagnolo

de répondre par son Apologia, qui fbt réimprimée en latin et en arabe. VAfohgia parât à Rome en 1 63 1 .

^ Pe^rt Philomuii de origine Hebrœorum eorumque regimine (Venise, i588, mr&*).

^ Relazione deUa RicondHazione , Aemhr zione el Benedizione di Henrieo IV, fàUa da Clémente VIII, aUi 17 ib' eepkmbre iô^S, deeeriua da Gio Paolo MueanÉe, Èlaesiro dette Cerimonie di Papa (Viterbe, 1697, in-4').

[16i2] AUX FRÈRES DUPUT. 311

estre bien secs à temps, je vous feray un pacquet soubz Tenveloppe de M' de Lomenie où j'en mettray une partie et le reste se mettra les sepmaines suyvantes si le commerce de Lyon se peut maintenir. Car on nous a fait courir icy de fascheux bruicts des volleries qui s'y sont commises depuis peu. Le pauvre M' Menestrier n'a pas encores peu re* couvrer sa malle, dont il est en grande peine à cause des curiosités qu'il avoit dedans \ Ce qui m'en faict bien estre en peine moy mesmes pour l'amour de luy et parce que toutes les lettres de mes amys y sont en* cores dedans avec quelques petits fagotz de livres que l'on m'envoyoit. Les marins ont enfin sauvé le canon de la gsdlere eschouée, ce qui a faict rellever le corps de la dicte gallere d'environ une coudée, et faict espérer de la pouvoir encores achever de relever. Il me tarde bien de le voir pour l'interest de tant de pauvres gents qui y peixloient leurs besongnes. On y pescha dezlecommancement deux caisses du dict sieur Menestrier que j'ay céans, avec lesquelles il m'envoya un petit vase d'aïbastre antique de la plus belle structure et invention que j'aye jamais veu en aulcun vase, monstrant d'avoir esté faict pour tenir quelque liqueur bien 'pretieuse et destinée à l'onction, et possible au sacre de quelque grand prince. Mais la mouillure de l'eau de la mer luy a rongé tout le lustre qu'il avoit et toute la dorure fort espoisse qui estoit aux principaux ornements et vestementz d'une figure qui luy sert d'ance et d'un feston qui lui sert de couronnement, à ce que m'en escript le dict sieur Menestrier, et qui pix est l'a rendu si fragile qu'il s'est cassé en deux ou trois endroictz à mon grand regret. Mais cela n'a pas em-

' WeiflB (article déjà cit^ sur MAiestrier) dit : ff Gomme il retournait à Rome en 1 63 a , rapportant un grand nombre de monuments et de tableaux précieux, le vaisseau qu'il montait fut assailli à quelque distance de Maneflle d'une tempête très violente; le patron déclara que, pour sauver le bâtiment d'un naufrage presque inévitable , il fallait jeter à la mer tous les objets appartenant aox passagers. Menestrier ne put sauver de

toutes ses richesses qu*uo petit tableau représentant la Sainte Vià^e, et, à son arrivée à Rome, il envoya ce tableau k Besançon, pour y être placé dans une église.» Weiss ajoute en note que ce tableau, objet d'une dévotion particulière des habitants de Besançon, fut transporté, lors de la suppression des maisons religieuses, dans une des chapelles de l'élise cathédrale de Saint-Jean.

pesché que je n'en aye faict bouscher les trous incontinant, pour en examiner la mezure, qui s'est trouvée justement esgalle à cette mezure dont je vous mandois dernièrement que je voudrois bien rencontrer le vray nom particulier, avec l'assistance et grande littérature de M' Saulmaize. Car il n'est pas de la contenance du Quartarius entier, ains seulement de deux Cyathes et deux Cyanes, ou de quatre fois le Mystrum, ou bien vingt quatre cuilliers comme la Situla de ma pille antique. Je tascheray d'en faire faire un dessein si tost que je pourray avoir un peintre à ma disposition pour vous faire voir la gentilesse de la conception du sculpteur, qui a voulu faire un vase de la forme d'un œuf, tel possible que celuy de Leda soustenu par une rondacbe portée par trois astragales, ayant à costé un bouton ou modillon qui sert de table ou de baze à une petite figure de la Victoire aislée, laquelle de sa main gaulche tient une palme et porte sa main droite en hault,. pour avec icelle et avec sa teste soustenir un plus grand bouclier qui sert d'entaiblement à tout l'ouvraige, et de lèvres au vase, lequel bouclier est percé au mitan pour servir d'orifice , et faire que la liqueur qui en dislilloit semblast sortir du centre d'un bouclier de guerre, et cette petite figure de la Victoire faict la fonction de Tance du vase, lequel estenceinct ou couronné par le mittan de son ventre d'un diadesme enrichy de deux filletz de pierreries, les unes de forme ronde qui sont par dessus, et les auitres de forme allongée et aiguisée comme des bulbes ou oignons renversez, qui pouvoient estre de ceux que les anciens appelloient Elenchus , si je ne me trompe , car quand Pline descript les perles de ceste forme allongée, semblables à un vase d'albastre, il ne dict pas qu'il fusse deffendu de les suspendre par le gros bout, aultrement il eust esté plus tost faict de les nommer et descripre de la figure d'une poire ou d'une larme, ou d'une goutte, comme celles qu'ils appelloient slalagmium aureum, qui servoient aux ornements des femmes comme celles icy. Or comme il ne seroit pas inconveniant <jue les anciens eussent faict des vases d'albastre en forme de bulbe ou de poire renversée comme il me semble d'en avoir veu quelques uns en un temps que je ne songeois pas d'en faire des remarques qui seroient maintenant ve-

[1632] AUX FRÈRES DUPUT- 313

nues à propos pour sauver l'authorité de Pline, il ne seroit pas inconveniant aussy qu ils eussent affecté de suspendre les pierreries de ceste forme par le gros boust plus tost que par laultre, pour faire allusion à Fetimologie du nom d'Ëlenchus, qui se prend quelques fois pour un Indice, dont la forme est plus compatible à cez sortes de pierreries tournées en ce sens que si elles estoient renversées en forme de poire, et de faict j ay souvent veu des figures antiques de femmes et filles parées de gros pendantz d'oreille de ceste forme, tantost uniques et tantost triples et quelquefois de carcans ou tours de col tout entiers de pierreries de ceste forme en fi liées et suspendues par le gros bout, sur quoy j'attendray si M"^ Saulmaize nous voudra dire son advis et s'il vous plairroit nous commander en chose où nous eussions moyen de vous tesmoigner le trez humble service et obéissance que vous a voué , Monsieur,

vostre trez humble et Irez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Boysgency, ce xi juillet i63a.

Depuis avoir escript. M' Menestrier est revenu de ToUon ayant abbandonné sa malle à la mercy des ondes, disant que les marins n'y peuvent plus travailler pour l'infection des corps mortz qui y sont demeurez non seulement aux environs, mais encore dans le corps mesme de la gallere. Et de faict le Nonce est party de ToUon depuis hier avec tout son train prenant le chemin d'Avignon, et la gallere eschappée se prépare à partir dans quatre jours pour s'en retourner à Rome ou à Givifa Veccbia, de sorte que toutes mes lettres sont perdues excepté deux qui se trouvèrent dans la pochette de M' Menestrier. Et se sont perdus par mesmes moyens divers petite fagotz de livres et de curiositez que l'on m'envoyoit de Rome. Mais je n'en sçaurois encores perdre entièrement l'espérance.

On me vient encore de mander d'Aix que les ordinaires de Lyon ont esté volez en chemin , ce qui me fera différer jusqu'à la sepmaine prochaine de vous envoyer les principaux livres de vostre fagot, m'imaginant

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