‹ Lettres de PeirescChapitre 24 sur 48 · II. Â · texte numérisé non relu

II. Â

lUrtlMCaïC RATIOtALI.

À MONSJEUB, MONSIEUR DU WJY,

À PARIS

Mofosieur, ^ J a vois e^ré de faine uoe grande despewfae pai* oest^rdiiiaire et de me pnevaloir pour œsi effect de la commodité de trois on quatre £eriatz poyr pouvoir escripre au R. P. Morin, à M' le Jay, à W Yictray, à M^ du Gheme et à M^ SauloMixe sur le «uhject des liyres que je voua ay addreseec pour eulx et ^aeore à d'âultras , mais 1 exercice trop grand que j avois esté contraiot de faire poiur ies eompUoieata loeoesaures à la receptîoo de meu nepvett , me fir(Uit(»c) descendre quelques pierres des reins qui m'o<A bien travaillé de la colique roBbale depuis & ou 5 jours. Enfin je me sihs accouché à ce matia d une pierre de la grosseur d'an demy pigo^in ^ et sî Dieu vo4il4Mt que oetle la feust seulle« je serais inen heureux. C'a esté assez à temps pour pouvoir idler faire un tour à r£g|ise, ua à bon jour que celluy cy, mais an retour j'ay eu des me* naces qui ne m'«oiit pas laissé en esteut de pouvoir travailler d'aujour* d'huy à mon grand regret» de sorte qu'il budra différer de nécessité au prochain ordinaire l'aequittement de cez petitz deli^voirs» Cependant je vous accuseray la réception de vostre despescbe du 1 8 octobre avec ces deux pièces que j'ay grandement estimées, dont l'une estcût venue jusques à nous par grand hasard, mais tronquée de plusieurs articles bien importants comme vow pourrez voir par la coppie que je vous envoyé, où vous trouverez de plus qu'en la vostre une fetfce et l'expression de certaines signatures qui n'y sont pas inutiles. Vous aurez par mesme moyen quelques petits extraictz que j'ay faict tirer du Parlement, qui ne seront possible pas esloignez de ia curiosité et des recherches tairt de M' vostre frère que de M» de Lomenie, si tant est que les précédentes ne leur ayent pas desagréé.

^ G'e8t-<ë-dire da fruit da pin , fruit contenu dans ce que Ton appdie jiommtf de pm.

N<>ù8 ii'aYona riea icy de nouveau pour le présent, si ce nest que M' le Maresehai^ est ienakitenant à Taraseon^ ayant achevé la eammission du Langaedoe pour certains Ëdictz addressez à la €our des aydes et Ghaaibfe des comptes à Montpellier; on l'attend ky dans denx ou trois jours, pour aller {aire son entrée à Marseille en qualité de Gouverneur, et puis tenir les Estats, sur quoy je finiray demeurant selon mes plus anciens voeui> Monsieur,

vostre trez humble et trei obéissant serviteur, DE Pbibesc.

A Aix, ee i" ooveiabre i63si.

Je vous supplie de faire rendre en main propre le pacquet de M^ le Procureur du Soûl pour ce qu'il nous importe et ediuy de M' Robin ^.

Lxxni

À MONSIEUJl, MONSIEUR DU PUY,

k PARIS.

Monsieur, Nous eusmes avant hier vostre despesche avec la relation de Tresfes^, que j'ay esté bien ayse de voir avec cez anltres galanteries dont je vous remercie trez humblement et sur tout de la bonne part qu il vous a pieu nous faire des nouvelles de M' de Thou et de sa favorable réception, tant auprez de M" le Prince^ que de Messieurs du Parlement de Dijon qui sont bien plus capables de luy rendre ce qui luy appartient que noz rudes esprits de Provence, où je le regretterois

' Le marëduit d« Vitry. * Sur le séjour à Dijoii «le Heavi de

' Vol. 717, Ibl i59r. Bourbon, prinee de GoacÛ, pendant k ae»^

' La relatkto dé ia capituialioa de la ville sioa des États, voir ïHiitoire des frimecÊ cfe

de Trêves (du 9o aoAt sCSa), capitalation Cafid(^parMJedtted*Auiinde,t.ni,p.â55'

déjk meutionnëe un peu plus haut. 960.

36& LETTRES DE PEIRESG [1632]

bien aultant pour lamour de luy comme nous aurions de sabject de nous tenir bien heureux s'il se vouloit daigner d'y venir faire quelque residançe, n'estimant pas que ce qu'il vous en peult avoir mandé puisse provenir d'aulcun subject qu'il aye eu de le désirer, après avoir recogneu les vices et inBrmitez de ]a nation, ains plus tost de l'eminente bonté de son naturel et de sa surabondante courtoisie et honnesteté, qui nous veult obliger par ce tesmoignage au delà de tout ce que nous pouvions espérer.

Nostre homme de Rome n'est point encores arrivé et n'avons point encores d'advis qu'il en soit party, ouy bien qu'il faisoit estât de partir au commancement d'octobre, mais je crains qu'il ne veuille attendre la commodité du retour des tartanes de Martigue S lesquelles vont porter à Rome du vin de la saison présente, et lesquelles par conséquent ne peuvent partir de ce pais pour entreprendre ce voyage là, que les vins ne soient en estât d'estre transportez, mais je crois bien que pour le plus tard il pourroit maintenant partir de Rome, et faire son passage dans peu de jours avec les favorables Levantz qui régnent; si tost qu'il sera arrivé, je feray prendre le Laertius in fol®* pour l'envoyer à M*^ Gassendy selon vostre ordre , lequel m'escript de Lyon son arrivée là du 27 du passé, et qu'il pensoit estre bien tost à Digne. J'ay prins plaisir de voir ce qu'il vous plaist me mander de M'^Saulmaise et du TertuUian de M' Rigault comme aussy de la bonne volonté de M' Duval et du sieur Bié, ausquelz je suis bien empesché de donner la satisfaction de si loing, mais je vous suis grandement redevable des faveurs qu'il vous a pieu de faire à M*" Menestrier qui tesmoigne vous avoir des infinies obligations et d'estre grandement honteux de la peine que vous voulustes prendre de le mener à S* Denis dans vostre carosse et avec tant de caresses. Je crois que le sieur Prieur de Rou moules debvra estre arrivé

^ Les Martigoe8« cheMieii de canton de dognuUibu9êti^H)phtkeffttiali$eanmqminphi'

l'arrondisflemeDt d'Aîx, à ào kilomètres de hmpkia elaruermU libri X, 7A. ÀidohranJSnù

cette ville. mUrjn^te,cimann»Lefn9dem.y oie le Mamiel

* Ce Dioghe de LaêrtB in-fol. était Véài- dn libraire, t. II, col 719. tion de Rome (A. Zanetti, 1 SqA) : De vitîs,

longtemps y a avec 01a caisse de livres, sur lesquels le P. Morin » M' le Jay et le sieur Victray auront eu de quoy se désabuser» s'ilz en avoient conceu de trop bonne espérance. Je leur ay en6n escript ce jourd'huy inesperement aprez estre allé reconduire hors de la ville la mère et la tante de ma niepce de Rians qui s*estoient donné la peine de la nous amener icy et de luy tenir bonne compagnie durant ses couches d'une fille S pour laquelle vous nous faictes des félicitations plus obligeantes que nous ne vidions. J'eusse bien désiré d'escripre à M*^ Aubery et d'auUres , mais le despart de ces dames nous a tenus embarassés tous ces jours icy et la plus part du jourd'huy , tellement que je ne pensois pas pouvoir seulement escripre au dict père Morin » de qui vous pourrez voir la lettre si vous le trouvez à propos aussy bien que celles des sieurs le Jay et Victray, les ayant Caict laisser exprez à cachet volant pour n'user de redites, afin que vous y puissiez voir tout ce que j'eusse deub vous escripre concernant les Pentateuques et aultres libvres Samaritains que je confieray bien de bon coeur à cez Messieurs ; mais pour les deux Syriaques, s'ils doibvent passer par les mains du sieur Gabriel Sionita, je n'ay pas de subject de m'y fier si librement à cause qu'il m'a retenu avec une asseurance fort estrange et inespérée pour ne dire impudence un petit livre m[anu]s[cnt] en Tune de ces langues orientales, que feu M'^ le garde des sceaux du Vair ro'avoit donné en mesme temps qu'il luy avoit esté présenté par un Gordelier de ma cognoissance fraischement revenu de Levant, lequel livre j'avois depuis remis ez mains du dict Gabriel Sionita en présence mesme de M' du Vair, affin qu'il Texaminast avec son compagnon, et quand M' du Vair fut mort, il eut le courage de me dire que Monsieur du Vair le luy avpit donné à luy, ce que son compagnon n'auroit pas jamais faict comme luy, car il estoit de trop bonne foy et de trop bonne conscience; c'est pourquoy mes livres Syriaques se pourront bailler à M*^ le Jay, afin que s'il les veut faire voir

^ Maiigiierite des Alrics donna deux Glles Gahrielle, à Scipion du Périer, conseilier au

an baron de Rians : Tone, Suzanne, fut pariement de Provence, Gis de François du

mariée à François- Paul de ValbeUe, aei* Përier et petit-fils de Tillustre jurisconsulte

gneur de Mërai^ues et de Cadaracbe ; Paaire, Sdpîon du Përier.

U^ LETTEHa DB PEIRESG [1623]

an dkt GiJ^ritfC, qu^it en retire les aseeurMcw; Mqimei* Veas vetra â«my dans la lettre de Victray ee qae je iuy mande concemaoït le Théophile de M' FarbrotS lecfoei àesin Bien ie retirer ssb eiej»plaîre puis que aes ^ts n'ont daigné le mettre soubs la presse oomme ils avoient pramis ; cependant à quelque efaose malheur a esté bon dans ce retardement, car je luy fis avoir des iii[«nii]d[€rit]g Grecs au il a troavé de si bonnes choses pour cela, qu'il sara bien ayse d'y toacber en passant, si tous non» faicies renvoyer la cc^ie comeie je vous en supplie, bien marry de ne pouvoir eseripre seulement au Prieur de Rmtmanlee eomme il fsdloit que je fisse, tant l'heure «st desja tarde. J'avoi« faict apprester encores pour vous quelques arretz, mais oft ne ka a pa& peu fiaire signer, si ce n'est un concernant Madame de Gre^y lequd sera cy joint en attendant si je pourroîs recouvrer les aultres précèdent! et ces deux transactions dattées au veu d'iceUuy. La nouvelle de l'exécution du Due de Montmoraney a mis une estrauge terreur au monde de pardeça^. Lé sieur de Luzarches, qui passa hier matin à Marseille pour s'en aller à Rome, disait l'avoir veu exécuter dans la basse cour de l'bostd de ville dé Thoulouse^. Il porte à M' de Brassae, Ambassadeurs le congé du Roy qu'il avoit demandé pour le mois de mars prochain. Et [annonce] que le Roy avoit déclaré pour son sncceaseur en Ambassade le sieur de Noûailies '. Enfin les bruiets avant oou-

^ Voir dans ia Notice sur k vie de C.-i. F«brot, par Ch. Giraad, ]a leUre dont il est ici question et qui porte ia date du 8 novembre i63a (p. Qo3). Cette lettre, publiée d'après les copies de la bibliotfaà^e Mtfjânes, est précédée d'une lettre de Vitré à Peirese, du sa juillet i63o, également publiée d'après les manuscrits d*Aix.

' 'Montmorency avait été décapité le samedi 3o octobre.

: ^ Les récits de Feiécution sont iimonH braUes» Deux des plus détaillés sont ceosi qui eoBi indiqués dans le Catahgite de U BMiaAique nationale {Hieteirâ de- France,

1. 1, art. 3907 et 9908). Ce denûerrëcii a'a pas eu moins de sept éditions.

* Jean de Galard de Béarn, comte de Brassae, né en 1879 en Saintonge, mourut à Pairis le i4 mars i645. Voir âne bîogra* phie détaillée de ce diplomate dfs» les Dor cuments historiques sur ia nuUêon Je Galard, publiés par M. Jules Nouions (t. IV, m-h\ Paris, 1876, p. 1 197-1 iâ3).

* Francis de Noailles, comte d'Ayeil, né en i&Sil, snort en i6&5« foi ambasnideur du roî 4le France aoprès du pape Urboia Vlli (avril i6SA^joiiiet t636)« Confères uae lettre de Jean Chapelaiu ( 1. 1 , p. 90) où l'on

[1685] AUX FRÈBES DUPUY. 367

reiirs de la marescibausoée de M' le Marquis de Rresé 9e smi verilfieK test (m tard «ussy iHen ^ue oeiix du gouvernemeiil de Langa^doc pour

M' de Sehomberg, à q»oy Ytm adjouete ie gouvernement de la citadelle |

de Montpetiier -et la lieutenanee générale pour son filz, Monaîeur de I

Ventadour ayant eu le Lymaein , maïs vous dd)vrez sçavoir le tout beau* coup plus tofiM;«t pl«8 oertaineiixent que nous et je demeureray, . Monsieur,

vostre très hutnible et trez obebsant serviteur, DB PgmcsG.

A Au, œ 8 novembre i63s \

À MiQNSDSUR, MONSIEUR DU PUY,

A PAB{&

I ay receu vostre deepeseh^ du premier de loe mois is%ap>miemmt avec Délie 'de M^ Aubery du 5^ accompavgnée d'oÈine aulire du Ptieur de RoumouleB oà j'ay esté bien ayse d apprendne son arrivée en bonne santé et qu'eivfin les in[anu]s[crit]s vous avoient esté remia, espérant que ne ne sera point si tard qu'il n'y aye encore qudqiUie moyen de s'en servir si on veuit. Nous n'avions point encore veu de par deçà l'arrest du président Le€ogneux^, dont nous debvion«^stre un peu plus curieux qu'ailleurs à cause de celuy qui a esté donné à Toulouze par Messieurs les Maistres des Requestes au Jiombre de sept contre le Pré-

voit, cooome dans œll^^î, que le futur pro- Coigneux, président à la chambre des

tecteor de GampaueHa et de Galilée était comptes et chancelier de Gaston d'Orléans,

d^*À désigné, dès la fin de Tannée i63a, an;ét par lequel les biens de ce complice dn

pour les fonctions d ambassadeur auprès du prince révolté forent déclarés conBsqués et

Saint-Sî^. réunis au domaine du roi. Voir VhigtoHeUe

^ VoL 717, fol. 160. de Tallemant des Réanx. intitulée Lepriêi-

' G*est**à-dire rarrèt contre Jacques Le dmU Le Omgneux et .90»Jib (t. IV, p. i-aa).

sident Gamolis de ce parlement en datte du 39^ du passé S dont nous n'avions point encores veu la coppie. La séance des Ëstats de Beziei^ estoit fort notable pour le rang du Parlement, et Monsieur nostre Premier Président print grand plaisir de voir Tune et l'autre pièce, comme aussy le rooUe des livres de la foire, entre lesquels la responce de Schiquardus à M' Gassendy sur son Mercurius in sole ^ nous tiendra en grande impatience, jusques à ce que nous ayons veu ce que c'est. Jay bien de l'obligation à M** de Valois et rechercheray tout moyen de me revancher de tant de bonne volonté qu'il monstre avoir pour moy, laquelle je ne dois imputer qu'à l'excedz de courtoisie avec quoy vous aultres Messieurs luy pourriez avoir parlé de moy, plus tost selon ce que vous souhaittiez que je fusse que selon ce que je pourrois estre de ma vie, de quoy par conséquent je vous ay la principalle obligation. Et serois bien ayse d'entendre que son Ammian Marcelin fusse en estât de voir le jour ', mais pour la dédicace des eglogues de Constantin Porphyrogenete je suis bien d'advis que vous luy en fassiez faire l'addresse à quelqu'un qui aye moien de luy faire toucher quelque chose des bienfaictz du Roy. Pour moy je luy suis trop redevable de sa bonne volonté. Monsieur Gassendy m'escript de Lyon du 9* de ce mois qu'il avoit esté voir à Bourg en Bresse le sieur de Mezeriac* lequel il avoit trouvé bien avant sur le Plutarque* et qu'il avoit son ApoUodore tout prest à mettre soubz la presse^, qu'il avoit chez luy

* Voir, sur le président de Coriolis et sur sa condamnation, t. I, p. a86, note 1.

* Le titre complet de Touvrage de Gassendi est celui-ci : Mercurius in Sole visus, et Venus moisa, Parisits, an, î63i pro voto et admonitions Joannis Kepkri (Paris, in-4*, 1633). L'ouvrage est adressé à Gnillaume Schickard , dont la réponse est intitulëe : Pars responsi ad epistolas Pétri Gassendi de Mercurio sub sole viso et aliîs novitatibus uranicis (Tubingue , 1 689 , in-â").

' VAmmien Mareellin de Valois ne devait paraître que cinq ans après la mort

de cet ërudit (Paris, i684, in-fbl.).

* Voir sur Claude-Gaspard Bachet,. sieur de Mëziriac ou Meyseria , le tome I , Appendice, p. 8/ii.

' Ce Plutarque, déjà si avancé en i639, ne parut jamais. On sait qu'une partie du travail du docte helléniste (les remarques sur Numa, sur Thésée, etc.) a été publiée dans le Plutarque de Dacier (Paris, 17211, in-d*}.

* V ApoUodore de Baehet ne devait pas voir le jour. Tanneguy Lefèvre donna de cet auteur, quelques années plus tard, une bonne édition (Saumnr, 1661, in-8*).

un petit Géographe Grec non encor veu intitulé Agathemere * dont il faict. offre à M' Holetenius. U nous faict espérer d'estre à Digne dans la fin de ceste sepmaine. Au reste nous avons advis que le sieur d'Arène que nous attendons du costé de Rome est abbordé à S* Troppez ^. Nous luy avons envoyé nos chevaux au devant et noz mulletz et l'attendons icy dans un jour ou deux avec les caisses qu'il nous apporte de Rome '. Si en ouvrant voslre fagot pour en tirer le Laertius, nous y trouvons quelque chose qui mérite d'aller par l'ordinaire, vous le recepvrez un peu plus tost que par les voictures de Lyon.

Monsieur le Mareschal de Victry et Madame la Mareschale sa femme *, qui sont arrivés aujourdhuy du costé d'Arles, ne m'ont pas laissé le loisir que je pensois avoir à ce soir de vous entretenir, mais si faultil que je vous die encores sur le subject de vostre Gazetan ^ qu'il vous a un peu desguisé la vérité quand il vous a voulu faire accroire que sa Gazette n'estoit preste le vendredy plus tost que le sabmedy, car nostre dernier ordinaire apporta à Monsieur nostre Premier Président la relation de tout le mois d'octobre avec la Gazette et Nouvelles du vendredy 5^ novembre. Que si il persistoità ceste sorte là de retardement,

^ L'opuscule du géographe Agathémère fut publié, une quarantaiae d'années plus tard, d'après un manuscrit qui appartenait à J>J. Chifflet : AgaAemeri compendiarÛB geographiœ expositionum Ubri duo, cura et interpr. Sam. TenhulU (Amsterdam, 1671, in-8*).

* Chef-lieu de canton du déparlement du Vàf, arrondissement de Draguignan, à 5 kilomètres de celte ville.

^ D'Arène, qui fut un des hôtes de Peiresc, n'est point au nombre de ses correspondants. Je ne trouve aucun renseignement sur ce personni^e. M*, le marquis dé Boisgelin, par moi consulté, se demande s'il ne s'agirait pas là de Paùl-Émile Arène, fils d'Antoine et de Catherine de Valbelle. Ce Paul-Émile fut docteur es droits, avocat au

parlement de Provence, conseiller du Roi, son avocat et procureur en la sénéchaussée, premier consul de Marseille, etc.

* Nicolas de l'Hôpital avait épousé, en 1617, Lucrèce-Marie Bouhier, veuve de Louis de la Trémouille, marquis de Noirmoustier, fille de Vincent Bouhier, seigneur de Beaumarchais , trésorier de l'Épargne , et de Marie Hotman. La maréchale de Vitri mourut le 1 9 février 1 666 , à TAge de soixante-six ans.

^ Littré, qui n'indique pas la forme gazetan, cite sous la forme gazetier plusieui*s écrivains du xviii* siècle ( Bay le , Voltaire , etc.) et deux écrivains seulement du xvu* ( Boileau , Richelet). On ne trouve gazetan ni dans le Dietûmnaire de Trévoux ni dans nos autres dictionnaires. Le gazetan n'est autre que Th. Renaudot déjà mentionné plus haut.

370 LETTRES DE PEIBESG [1632]

il vaudroit mieux faire changer nostre ordinaire du mardy, qu'il part d'icy, au vendredy afin que voz lettres du mardy puissent arriver icy le mardy ensuyvant, sans £aire aulcun sesjour comme elles font dans Lyon durant & ou 5 jours, sur quoy attendant si vous pourn» tirer aultre raison depardeià,je finiray demeurant, Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur,

DE PtllBSG*

A Aix, ce i5 novembre i639.

J oubliois de vous dire que j'ay receu de Gonstantinoble le livre en hébreu dont on mavoit accusé l'expédition, et avons trouvé que ce n'estoit qu'un Pentateuqne des Juife en forme de Tetraple, contenant le texte hébraïque assemblé par colonnes avec la paraphrase caldaîque de Onkelos^ et la version en langue persienne faicte par Rabi Jaeob Tanos ^, ensemble la version arabique de Rabi Saadia Gueou ' mise en teste de la page et l'explication du texte hébraïque par Rabi Salomon Jarki mise an fondz^ de la page, le tout imprimé Tan 33o6 [m) eu la maison de Eliezer de Soncin qui estoit en Gonstantinoble bien que

^ lia paraphrase, ou, pourmieox dire, la traduction presque mot à mot d'hébreu en chaid<te du Pentateuque, attribuée à Onkeloe, est la pbs répandue de toutes. C'était, d'après k tradition, un de ces étrangers vivant parmi les Juifs sous le nom de prosélytes y mais on ne sait rien de précis sur son compte. Voir Wolff , BibUoAeca ht* hrmiy II, 11&9. Le Téttapie décrit par Peiresc existe à la BiUiothèipie nationale à Paris, en la réserve. (Note fournie, ainsi que ks trois notes suivisites, par M. Jdes Dnkas.)

' Wolff («Mi., I, io5s) rappdleRabbi Jaeob, fils de Joseph Taros; m»i il ne connaît auoutte particuiarité le concernant; il rapparie sedement qve, selon Huet, sa tra-

duction en langue persane eeC aussi fidèle que possible.

' HaUiiSaadia.filsde Joseph Gaôn.c'està-dire l'un des grands docteurs juib de l'ordre appelé les Gahm 00 GMêànim, naquit à Fayoum , en Egypte, en 899 , et mourut en 9&9. il fiit en quelque sorte le pire de la grammaire hébraïque. Wolff (n* t-j&S) donne la liste raisonnée de ses nonrimui ouvrages tant imprimés que manuscrits épars danf diverees grandes collections.

* SabaMNi, fila d'feaac, dit RacU, naquit dans la viHe d« Troyes^ oA il mourut an commencement du »i* siècle. Voir ésns fHUtùk^UttérairêiehFr(mei{iA\,'p.iiS) la mention du «céMbre Salomon JarcU, fib du rubbin Isaac».

[1632] AUX FRÈBES DUPUY. 371

ceste ville n y soit pas nommée. Je crois bien que la bibliothèque de M' de Sancy ^ n est pas sans ceste pièce là, mais si on en a affaire je ne laisray pas de la bailler.

On avoit imprimé à Amsterdam une carte de la Terre Sainte en quatre feuilles de taille douce escriptes toutes en lettres Hébraïques, dont on promettoit un Index ou aultres notes relatifves à certains nombres cottez en chascun des lieux de la dicte carthe. C'estoit environ Tan i6âi quelle fut imprimée. Je voudrois bien avoir cest Index ou cez nottes pour accompagner ma. carthe et avoir un second exemplaire tant de la mesme caiihe que de son Index pour en faire part à un de mes amis. Et quant ce Solom (de) de Mursius {sic) sera en vante, je le verray encores bien volontiers^.

Cependant, à faulte d'auitre chose, je vous envoie deux petits arrests de nostre parlement, dont l'un, passé du consentement des parties, n esl pas bien dans les formes ordinaires de la prononciation par inadver^ tance des gens du Roy qui furent surprins en le signant^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DUPUY

À PARIS

Monsieur, Nous avons receu par le dernier ordinaire vostre despesche du ven* dredy 1 2^ de ce mois, avec la relation d'octobre et la Gazette du pre* cèdent vendredy 5^ que Monsieur le Premier Président avoit receu par Tordinaire de la précédente s^onaine, ce que je vous marque exprez pour vous faire voir que vostre Gazetan en peut distribuer quand il veut quelques coppies un jour devant la distribution generalle, mais si rien ne l'arreste que la commodité des ordinaires de Bruxelles , je

' Achifle de Harlay, sieur de Saocy. Nous avons dëjà reacontrë daus le tome I

' Solon, sive de ejus vita, kgibuê, Mctis le nom de Meursius (Jean de Meurs). atque scriftis (Gopeoluigiie, tôSa, in-&*). ^ Vol. 717,10!. 16^.

me double bien que cest empescbement ne sera pas de longue durée, si les personnes dont est question passent ia mer comme je le tiens quasi pour indubitable. Les relations qu'il vous a pieu nous envoyer concernant le jugement et exécution de M' de Montmorancy nous ont appris une infinité de choses que ne nous avoient pas sceu dire plusieurs personnes qui lors estoient à Thoulouze; c'est pourquoy nous vous en avons bien de l'obligation comme aussy de tant d'aultres particularitez et curieuses pièces, dont il vous a pieu nous faire si bonne part. M*^ d'Agut nous a faict voir une belle inscription sur la prinse de Maestric ; nous croyons bien qu'un si digne siège ne manquera pas d'estre descript de bonne main, soit que M' Heinsins en prenne la peine ou quelque aultre de ces grandz hommes qui habitent maintenant dans ces païs septentrionaux. Et si vous en apprenez des nouvelles à l'avance, ce nous sera tousjours bien du plaisir qu'il vous plaise de les nous faire entendre à vostre commodité. Je suis bien ayse que la caisse de m[anu]8[crit]s aye peu fournir quelque entretien agréable sinon à Monsieur vostre frère et à vous, au moins à quelques aultres de voz amis, ayant esté bien marry de n'avoir peu fournir chose plus digne de vostre curiosité, et que mes infirmitez et foiblesses m'ayent faict tant différer de satisfaire à voz commandenientz, mais si faudra-t-il s'en acquitter quelque jour tost ou tard.

L'homme que nous attendions de Rome * est en fin arrivé sain et sauve avec tout ce qu'il apportoit, et par conséquent le fagot du vénérable P. dom du Puy, vostre frerë, qui en avoit faict l'addresse directement à moy seul, pour me donner plus d'occasion de l'ouvrir, comme j'ay faict, pour satisfaire principalement à voz ordres et pour en tirer vostre Diogenes Laertius que j'ay desja envoyé à Digne pour y attendre M*^ Gassendy, s'il n'y estoit desja arrivé à l'advance, et crois que tout le reste du dict fagot pourra librement aller par la poste en une ou deux fois tout au plus. J'ay receu dans le mesme coffre trois petitz pac-

^ G?t homme était le sieard* Arène, mentionne dans la lettre précédente.

quetz du sieur Suarez addressëz tant ait P. Sirmond et au sieur du Ghesne qu'au sieur Cramoisy, lesquels je n ay peu envoyer sans escripre comme j'ay peu audict P. Sirmond et au dict sieur du Ghesne; je dis comme j*ay peu car je ne me trouve guieres bien depuis deux jours. J'ay receu par cette voye un petit fagot de M' Naudé pour M*" Moreau, qui nestoit point cachette, et qui estoit pareillement addressé à nioy, ce qui me l'a faict ouvrir pour me prévaloir de l'occasion de M'^ le Prieur de Moustiers *, l'un des agentz généraux du clergé , qui est party ce jourdhuy pour retourner à la fonction de sa charge, et qui de sa grâce s'en est chargé fort volontiers, et a faict mettre dans sa malle un pacquet assez grosset contenant cinq ou six volumes in-/i^ ou in-S"" que j'avois tirez du fagot appartenant au dict sieur Moreau, dont je vous ay faict l'adresse à vous à ceste fin que l'on s'en chargeast plus volontiers, croyant bien que M' Moreau ne le trouvera pas mauvais et qu'il sera bien ayse d'avoir cez petitz livres là à l'advance, en attendant que nous luy puissions envoyer le reste qui ne consiste qu'au Perceforet, divisé eh cinq ou six parties et rellié eu deux gros tomes trop pesans pour une malle ^, et que nous ne saurions envoier que par la commodité de quelque balle ou de quelque coffre que je feray chercher. Je n'ay rien eu de plus curieux dans le coffreque j'ay receu que le petit volume in /i** des epistres du cardinal Bentivoglio,avec un autre de mesme forme ^ et du mesme autheur sur les guerres du Païs bas*. J'y ay trouvé ce gros volume in fol*' du P. Scheiner, qu'il a intitulé Rosa ursina, con-

V S'agit -il là du prieur de Moustiers- Sainte-Marie, chef-lieu de canton du dëpartement des Basses -Alpes, arrondffisement 4e ÎUgnc^ à ^8 kilomètres de cette ville?

' La très ekgëmte, délicieuse, mellifiue et très plaisante hystmre èattes noble et victorieux et excellentiêsme roy Percëfinntt, roy (b /(d Gnijufe-fireto^^ ( Paris , 1 5 1 8 , 6 tooNS en 3 vol.; petit in-fol. goth. en six parties). Voir la description de cette édition dans le Manuel du libraire (t. IV, col. A86487). Brunet signale une autre édition de Paris

(i53i-i53a), qui comprend également 6 tomes en 3 vol. pet. in-fol. goth.

* Cesltrk'-^re format. Je ne trouve point dans nos dictionnaires l'indication de l'emploi Ae forme fOur format,

* Délia guerra di Fiandra [dal i55g al 1607] (Cologne, in- 4% i63a). Première partie, qui fut réimprimée en i63â avec tfugmentation de deux livres, le IX' et le X*. La secofide partie parut en i636 et la troi^ sième en 1689.

37& LETTRES DE PEIBESG [1632]

cernant les macules solaires^ qu'il faict commancer et finir par des lueurs ou corps lumineux plus éclatante que le corps du soleil, dont j avois apperceu et escript quelque chose à M' Gassendy quelque temps y a, mais j'en faisois des inductions bien différentes aux siennes, que je n ay pas eu loisir d'examiner à ma mode comme je desirerois. Mais je suis tellement assassiné, non seulement des affaires du Pallais et des compliments, mais encore des affaires de mes amis qui me forcent de m'entremettre de leurs accommodementz, que j'ay de la peine de pou* voir desrober en toute une sepmaine une heure ou deux pour vous escripre à vous et à quelque aultre sur les occurrences plus pressantes. C'est pourquoy j'ay bon besoing d'estre excusé envers ceux que je suis constrainct de laisser en arrière dont je regrette bien sur tons M' Rigault , mais je ne sçaurois m'acquilter de ce qu'il luyfault escripre sans revoir quelque livre que je ne poarrois seulement trouver dans mon estude qu'il ne m'en couste pour le moins une couple d'heures, pour la confusion qui s'y trouve depuis le transport de mes livres qu'il fallut faire deux ou trois fois de lieu à aultre^ durant les desordres et mutineries de ce peuple cy ; c'est pourquoy vous m'obligerez beaucoup de le disposer à admettre mes légitimes excuses comme je vous en supplie, oultre que je désire y joindre quelques desseins tirez de l'antique pour faire mieux comprendre mes conceptions, et recognoistre si je me suis esloigné de ce qu'ont voulu dire les anciens, quand ils ont parlé des Ëlenques^ et ce qu'ils en ont praticqué. J'ay eu une grande mortification de ne point recepvoir de lettres de la part de M"* Holstenius par une commodité si opportune, mais j'ay receu tout plain de desseins tirez d'aprez l'antique assez curieux, entr'aultres d'un bas relief, dont m'avoit aultresfois parlé le sieur Âleandre, où est représenté un homme dans son lict faisant son testament, et un aultre tiré de la graveure d'un

^ Nous avoDstrouvë plus IttQi(lettreLlV) signifie d'une manière géoéraie «r parure

mention du livre intitule Roia ursina me soi précieuse » , et particnlièrenient «rpendant

ex admirando faaUarmn et mêctUarum sua' d'oreille» , comme on ie voit par oe vers de

rum phœnomeno varius, etc. Jovënal :

* Peiresc traduit ici le mot elenehus, qui Aaribas eztoins magnot eoMiûiH «boebos.

[1632] AUX FRERES DUPUÏ. 375

bassin de verre antique où eert représentée une espèce de nopces et une grande balance pour y peser la dot de la mariée, si les premières conjectures ne me trompent, sur quoy il fanldra resver un peu plus à loisir. Cependant j ay advis de l'arrivée d'un exemplaire du livre du Galilée^ auprez de Tolion sur une barque de Ligourne qui doibt achever sa quarantaine au 37° de ce mois. Et si tost que je Tauray re* ceu, je le vous envoyeray par la poste, en attendant d'aultres exemplaires par deux ou trois aultres voyes , où je pourray trouver de quoy m'en fournir. Nostre homme qui est venu de Rome m'a asseuré qu il ne s'y en trouvoit point, et le cardinal Barberin, qui avoit eu quelqu/e vent de la recherche que j'en faisois &ire, m'escripi du 36^ septembre qu'il n'en avoit encores peu avoir et qu'il m'en feroit envoyer dez qu'il en auroit. Ce que j'impute à quelque affectation de ne point laisser paroistre ce livre dans Rome, phis tost qu'à la deffiance de la maladie de la Toscane qui y sert de prétexte. Au reste un de mes amis, qui s'emploie journellement pour moy en la recherche de ces m[dnu]s[crit]s ez langues orientales ^ me faict si grande instance pour avoir quel-* qu'une des versions de l'Alcoran, soit en Latin ou en Italien^, dont il se veuit servir en certain livre qu'il a composé pour la deffense de la foy chrestienne contre le Mahoœetisme, lequel il ne veult pas laisser sortir de ses mains, sans avoir parcouru cette version comme il en a examiné curieusement le texte Arabe, que je suis contraint de vous supplier de m'en faire «voir un en toute façon , s'il est possible d'en avoir pour de l'argent. Au deffault de quoy il faudroit chercher s'il s'en trouveroit un à emprunter entre les mains de quelqu'un, qui n'en fuase pas plus jaloux qu'il ne luy voulusse laisser faire le voyage d'oui tre mer d'où l'on ne laisra pas de nous le renvoyer le plus asseurement que l'on

^ Dialàgo gopra i duo siêtetni del mando i3io). Je n y prendrai que ces deux in-

ptakmaieo e copemicano (Florence, i633, dications: rr Alcarano » . , trad, daW arabo

iA-&*)> m Kngwt itaL (Venetia, And. ArriTal>ene,

* G'eat Thomas d'Arcoe dont il a été 1547, pet. in- 4*). G^te traduction ne

qveelton plus haut (lettre LII). peat pas être exacte, ayant été Aiite sur la

' Voir, dans le Mat^tei du Khrmre, Tar- mauvaise version latine de Robertus Rete-

tide consacre i Mahomet (t. III, col. i3o6- nensis.»

pourra. Car on n'en aura que faire aprez celte collation. A faulte d aultre il fauldra recourir à la courtoisie de M** Aubery qui en avoit un, lequel il ne fera pas difficulté de le donnera mon advis, s'il ne Ta donné à quelque aultre; mais avant que de luy en parier, je voudrois bien qu'on eusse tenté d'en trouver un à vendre, s'il estoit possible, pour nous descharger de toutes ces obligations du retour d'un pais si loingtain; celluy qui en a affaire est homme de mérite extraordinaire qui a esté aultresfois secrétaire du cardinal de Joyeuse, et depuis esclave des Turcs j 8 ou lo ans, d'où il a eu mille peines à s'en pouvoir faire mettre à rançon. Et enfin ça esté à condition d'y sesjourner libre comme il faict encores durant quelque temps, pendant lequel il travaille à un ouvrage qui sera grandement bien receu lequel il me promet par la première barque, contenant une relation fort exacte de la plus part tant de l'iEgypte que de tout le reste de l'Affrique, oi!l il a faict des observations nobles et dignes d'un homme de cour et d'Ëstat aultant que d'un curieux, ayant observé des diversitez de relligion et de poUices parmy ces barbares fort peu congneues à ce que l'on dict. Il me demande encores deux globes , un céleste et un terrestre, sinon des plus grosses formes, au moins de la seconde grandeur, à la charge qu'ils soient des recentz , tant pour les observations des Estoilles de l'antartique que pour les terres nouvellement descouvertes, vous suppliant vous y vouloir employer. Et je moyenneray que M** de Gastines remplace incontinant le fondz que vous y aurez faict employer; mais surtout il faudra prendre garde que cela soit emballé le plus proprement que faire se pourra, à celle fin qu'il ne se gaste par un si long chemin. U me demande encores le livre de Léon d'Affrique de la meilleure édition, c'est à dire que s'il y a moyen d'avoir celle d'Elzevir qui est la plus portative et la dernière, elle sera la meilleure ^ Et pour cet effect

^ loannis Leonis AJrieani AJrieœ descrip- fendants de Peiretc, Lettres inédites de Tho-

tio IX Hb, ahsohoa (Leyde, i63*i, a tomes mas d'Areos (sous presse), une importante

en 1 vol. in-a&). Voir A. Willems (Les El- note de M. H.-D. de Gramroont, président

zevier, f, 98, art. 87 1). Voir encore et de la Société historique algérienne. ^ surtout dans le XV' fascicule des. Carres^

[t632] AUX FRÈRES DDPUY. 377

il fauldroit me Tenvoyer par la poste tout rellié, et cotter sur le pacquet que ce n'est qu'un livre à cette fin qu'on y aye esgard à la taxe de pardeça. Que s'il ne s'en trouve de reliiez, il le fauldra faire ployer et battre, mais je vous supplie que ce soit le plus tost que vous pourrez, parce qu'il pourroit arriver encores à temps pour aller sur une barque qui s'appreste à faire ce voyage d'oultre mer sur laquelle il y a des gentz de sa cognoissance. J'avois oublié de vous dire lors de l'arrivée des livres que nous avons receus de vostre part en dernier lieu qu'il se trouva une imperfection d'une feuille cottée par lettre V dans les exemplaires du i^ volume Miscelaneorum de M' Petit lorsqu'on le pensoit rellier pour luy faire passer les monts. Et ceste feuille pourra venir avec ledict livre de Léon d'Affrique. J'ay honte de tant d'importunité que vous recevez de nous, dont je vous demande pardon, vous suppliant de ne vous lasser pas pour cela de nous continuer vos bienfaicts et de me tenir tousjours, Monsieur, pour

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peirbsc.

A Aix, ce aa novembre iGSa.

Si M^le Prieur de Roumoules est encore là, je vous prie de luy faire bailler le pacquet du P. Sirmond, pour l'aller rendre luy mesmes, afin de retirer de luy ce que je luy demande s'il peult^

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, Je vous escripvis par le dernier ordinaire si précipitamment que je n'euz pas moyen de reprendre à la main la lettre qu'il vous pleut ^ VoL7i7,foLi66.

mrRiuenic «atiorale.

378 LETTRES DE PEIRBSC [i632]

m'escripre du 1 9^ avant que clorre ma despescbey Cfui^fut la cause cpie j'oubliay de vous remercier comme je feîcte trez huiliMeoieAt dis V^ffire qu il vous a pieu me faire de ce traittéde fra Paold to«obant Tinquisition , qui méritera bien d'estre transcript par Quentin puis que voue ne l'avez point désagréable, quelque editîoii qui s'en puisse ensuivre, mais je verrois encores plus volontiers ceste vie de Fra Paolo par le Fulgentio dont on vous a faict (este, pour laquelle il fault&ire agir toute sorte de puissances qui se pourront eraiiravoir. Cependant il n'y aura point de danger ^de voir cest abrégé de deux feuilles que je vous sup* plie de faire transcripre par le mesme Quentin ;'si j'estois là, ce gentil^ bomme anglois ne m'aoroTt jamais eschapp^, car il est malaysé qu'il ne soit curieux de quelque aultre cbose soit en matière d'esoriptuf es ou d'aultres gentilesses dont on peut faire offre en telles occasions, et aurois attaqué l'Ambassadeur mesme d'Angleterre sy j'eusse veu qu'il eusse eu du crédit sur luy, n'estant pas malaysé de faire agir un Ambassadeur par l'entremise de quelqu'un de Messieurs les Ministres ou Secrétaires d'estat. Je vous faicts ce suj^lement cy aux despeches ordinaires par une commodité extraordinaire de l'un des courriers de Gènes à Lyon qui passe maintenant, tandis que M' le Mareâcfhal luy faict attendre une lettre; c'est pourquoy je ne m'amuseray pas à vous faire de bien longs discours, de pfeur de perdre l'occasion d'envoyer une lettre pour M'^ Aubery qui fut oubliée l'aultre jour par mesgarde; depuis lequel temps il fut ordonné sur la requeste du sieur de Paule, qu'il seroit receu en la charge de président du sieur Garriolis en donnant préalablement caution par devers le greffe de la cour de paierie prix de l'office ou telle autre somme qui seroit adjugée au resignataire, en vuidant l'instance d'opposition pour laquelle les parties sont renvoyées au Roy, ce qui ne fut pas sans grande difficulté ; on a depuis travaillé à la desmolition de la maison dudict présidant Garriolis. Et le sieur de Paule, ayant satisfaict à l'arrest de la cour et faict recepvôif sa caultion, sera receu comme je pense dez demain et installé en la fonction de la dicte chai*ge. Depuis quelques jours il est advenu qu'un certain esprit comme l'on croit a faict de fort grandes extravagances au lieu de Ppr-

[1082] AUli FRÈRES DUPUY. 879

i*iere8 qui est à trous lieues de ce8te ville , à k suitte de la mort d'une feiome, dont run des en£aA8 se trouve suivy et persécuté par ce prétendu e^rit^ ensemble le vicaire du lieu qui esloit son beau frère. Je vous envoie la eappie de deux lettres escriptes sur ce subject où sont contenues les dernières nouvelles que Ion en a eiies, mais j'espère de vous en envoyer une relation plus exacte avec tous les tenantz et abboutissantz qui secourront avoir, étendant la venue de M' nostre ar- ^hevesque qui est en visite, lequel en fera dresser des verbaulx en dette forme. . G'estoit en ce lieu là que feu Messire Loub Gaufridi disoit avoir apprins la magie d'un sien oncle qui en avoit esté vicaire. Sur quoy je finis demeurant, MiNBsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur,

DE PfiIBBSG.

FAix en haste» ce jeudy 97' novembre lOSa.

. A MONSIEUR, MODtSIEUR DU CTY,

Monsieur, J ay receu vostre despesche du 19® de ce mois, où. j'ay trouvé bon nombre de pièces des plus curieuses que j'eusse peu souhaètt^, dont je vous renvoyé larresi que vous redemandiez, ne pouvant vous p^fidre que de bien foibles remerciementz de tant de belles singularitez, attendant si nous pourrions estre un jour assez heureux pour vous en rendre quelque revanche. Il a faict de si grandes pluyes en cez quartiers de deçà, que je ne trouve pas estrange que l'ordinaire aye nwiqué au jour qu'il debvoit à Ly<m, pour faire passer oultpe les lettres de ce pais par l'ordinaire de Paris, attendu mesmes qu'on néus en avoit desja menacé et qu op avoit faict anticiper d'un jour le despart accoustumé, ce qui n'a pas esté depuis Qojatinué* Au contraire Monsieur

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