AS
le Mareschai a faict retarder le partement des deax derniers jusques au inardy aprez disner bien tard, ce qui me faict appréhender que cela n'aye reculé l'arrivée de toutes nos despesches subséquentes en voz quartiers d'un ordinaire à l'aultre. Je veux dire du mercredy au samedy. Et possible d'une huictaine entière. Si j'eusse peu voir Monsieur le Mareschai avant son partement, je luy en eusse dict un mot, mais il anticipa sou despart pour aller coucher dez hier à my chemin de Mar^ seille où il aura aujourd'huy faict son entrée avec un temps fort favorable. Madame la Marescballe le suyvit dez hier et debvoit aujourd'huy prévenir son arrivée à Marseille de quelques heures pour voir passer la pompe de la cavalcade. Et aprez s'aller rendre en l'Eglise maieure ^ où il s'en debvoit aller descendre. Monsieur de Paule fat hier receu et installé en l'oflBce de Président^ aux charges et conditions portées par l'arrest du âS"" de ce mois à l'exécution duquel il a baillé caution par devers le greffe de payer le prix de l'oflBce et tout ce qui seroit adjugé en vuidant l'opposition du sieur de Courbieres. Ensuitte de quoy il a pris séance dans la grande chambre au rang des Presidentz à mortier. L'on a continué la démolition de la maison du Président Garriolis, mais cela va un peu lentement, pour l'interest de ceux qui veuUent conserver les attraictz en vertu du don qu ilz en ont obtenu du Roy. Nos Estatz sont mandez au a^ de ce mois, àBrignoIle, où tous les ordres ont esté convoquez. Nous n'avons pas d'aultres nouvelles en ce pais, pour le présent. L'advis de la sortie de Monsieur n'a pas touché bien avant les espritz de pardeça, qui ne peuvent meshuy respirer que l'obéissance toute entière, quelque commisération qu'on aye eue du
^ C'est-à-dire la Major, la caUiëdrate. Voir sèment des Elus. Gea fat assez pour que
Monographies marêeillaiseê : la Major, catké- ses eoDemis ameutassent la populace contre
drak de Marseilfe, par C. Bousquet, 1867, lui en i63o. La maison de Paule iut sac-
in-8'. cagée et pillée le 37 octobre. . . Il en fut dë-
' Roux-'Alpheran dit dans Les rues d'Aix dommage deux ans plus tard par la don
(t. I, p. A6) : crLouis de Paule, reçu pro- que lui fit le roi de la charge de pr&ident,
cureur général au parlement d'Aix en 161 1, qui venait d'être confisquée sur Laurent de
puis conseiller en la même cour en 161*6, Goriolis.» était soupçonné d'être favorable à l'établis-
rigoureux traîctement quoy que trez juste du feu due de Monlmorancy, et ne fault pas qu'on aye de lapprehension qu'un chascun ne demeure dans le debvoîr en ce paîs. Je suis neantmoins grandement fasché de voir esloigner l'occasion de bien radjuster tout ce mal entendu, tant avec Monsieur qu'avec la Royne mère que je pensois voir revenir bien tost, lassée du mauvais traictement des Espagnolz avec lesquelz il faudra en fin rompre ouvertement. Si cette relation du P, Arnoux^ se peut voir, elle méritera bien destre recueillie*, mais je desirerois grandement qu'il vous pleust d'envoyer quérir Quentin pour escripre ces pièces, au lieu de vous en donner tant de peine. Je ne sçay s'il y voudra faire mention de ce qui fust bruslé, que je trouve grandement important et capable d'excuser l'exclusion de toute sorte de grâces dont la providence divine ne l'a pas voulu laisser jouir bien meritoirement supposé que cela soit vray comme je pense qu'il se peult croire. Au reste M' Gassendy arriva à Digne le 2 3® de ce mois, et m'a escript du 3 5"^ pour m'accuser la réception de vostre Diogenes Laerlius; nous pensions avoir le bien de le voir dez à ceste heure, mais puis qu'il s'est desja mis aprez son travail, je ne pense pas que nous le puissions avoir avant Pasques, tant je le vois regretteux* des deux mois de temps que luy a cousté son voyage. Nous n'avons pas encore veu icy M. Menestriér, mais je crois bien qu'il ne soit guieres loing d'icy, car par le dernier ordinaire j'ay receu un pacquet que je crois avoir esté par luy mis à la poste de Lyon, bien qu'il n'y eusse aulcune lettre pour moy, ains seulement deux ou trois lettres pour M' Gassendy, parce qu'avec icelles il y avoit une coppie escripte à la main de la harengue
^ Le père Jean Araonx , ne à Riom , entré dons la Compagnie de Jésus en 1 699 , devint confesseur de Louis XIII en 1 6 1 7, et mourut à Toulouse en 16 36.
^ La relation l'esta sans doute inédite , car il n'en est fait nulle mention dans l'article Atwmx de la Bibliothèque des écrivame de la Compagnie de Jésus.
* BegreUeux, qui n*est ni dans le Dtc-
lionnaire de Ricbelet, ni dans le Dictionnaire de Trévoux, a été employé par Gassendi, dans une lettre à Luillier, du 19 septembre i63^. Voir Impressions de voyage de Pierre Gassendi dans la Provence alpestre (Digne, 1887, in-8% p. 3i). Peiresc et son ami ont emprunté le mot au provençal re« gretous.
de M^ le Prince aux Ë8ta(z de BourgoDgne ^ que je pense estre celle qu'on vousmandoit m avoir envoyée par luy. Jay veu la version que le P. Morin a faiMe des Ëpistres des Samaritains à feu M' délia Scala et y ay trouvé quelque différence d ufie aaltre version qui en avoit esté faicle à Beaugentier, mais ce n est pas en chose de bien grande importance et qui ne soit aussy bonne à prendre d'une façon que daultre, le remerciant bien humblement de la coninranicalion de la sienne, et par mesme moyen vous» Monsieur, qui avez daigné prendre la peine de la transcripre, dont je vous suis bien redevable, ne luy ayant pas envoyé la nûenne non plus que nos petites observations su^ tous ces livres orientaulx, estimant que ce luy eust esté chose trop inutile, en ayant une si grande cognoissance comme il en a, et que c eust esté quasi luy faire tort et se rendre coulpable d'une espèce de crime que de présumer que tout cela luy pousse servir de rien. Je pense que vous aurez depuis recouvré la despesche de l'ordinaire demeurée en arrière, où vous aurez trouvé de mes lettres tant pour luy et pour M' le Jay que pour le sieur Victrai. Ce m'eust esté une grande mortification qu'il m'eusse encore prévenu par ses lettres à ce coup icy comme une aultre fois. On m'escripl du Levant qu'on m'a recouvré encore un aultre Pentateuque fort entier qui est escript en caractère Arabique, mais que tous les tiltres et commancements des chapitres sont neantmoins en caractères Samaritains. Ce qui me faict espérer que ce pourroit estre le texte ou la version Arabique des Samaritains. Auquel cas il pourroit fournir de quoy suppléer les deffectuositez de la version Arabique de mes Tritaples que j'avots tant d'envie de voir en sa perfection, et m'escript-on qu'on le debvoit embarquer sur un navire qu'on tient à Marseille estre en chemin et debvoîr arriver dans fort peu de jours ou de sepmaines, si le vent du Nord qui a gagné le dessus depuis 3 ou 6 jours ne l'arreste quelque part. L'importance est que Ton me mande d'avoir joint audict Pentateucque Arabique des Samaritains
^ Harangue faite par Monseigneur le Prince à VawmtiÊre des États généraux de la Baurgogne, assemblés à Dijon, k quatriesme jour de novembre mit six cent trenk deux (Paris, J. Martin,! 63a, in-8').
ung aultre voiEme d'un peu moiodro grosseur tout medlé d'escriptures tautost Samarkames et tantast Arabiques, lequel il me tardera bien de voir pour tascher de cognoistre si ce ne seroit point le livre de Jostté'des Samaritains semblable à celluy de M'' délia Scala, que jay appris estre plus Arabique que Samaritain» car eucores que Ion me mande qu'il est imperfeet tant au cemmancement qu'à la &n , les fragments ne laisroient pa9 den estre grandement bons, comme en cez matières là il ne fault rien négliger, se pouvant tirer beaucoup de fruict dea moindres petites choses. Je ne manqueray point de vous tenir ad* verty de ce qui vous en reviendra, si tost que j'auray l'un et l'aultre volume en mon-'pouvoir, Dieu aydant; cependant il fault que je vous die que l'on me faîct feôte de ce pais la de quelque aultre livre qui vaudrait bien la peine de le faire venir, pour lequel on me demande diverses petite» galanteries dont je pense pouvoir fournir une bonne partie de deçà san» en emprunter de plus loing, mais on me demande une biUe imprimée en Arabique, en quoy je me trouve bien empesché, ne leur pouvant envoyer si ce n'est le Pentateuque et le Nouveau Testament imprimez en Arabique par Erpcnius^ in-4^ ez années 162a et 161 6. C'est pourquoy je vous prieray de m'en recouvrer ung aultre exemplaire pour moy tant de Fun que de l'aultre pour les remplacer danè mon estude, car j'envoyeray les miens par la première barque, ensemble l'histoire du Patriarche Joseph tirée de l'Arabe de l'Alcoran, imprimée par le mesme Erpenius l'an 1617 in-4^*. Et s'il se pouvoit recoinfer'de par delà quelque aultre pièce de la Bible en Arabique, s'il en a esté imprimé par le dict &penius ou aultre, je vous prie de
' Siv l'orientaliste Thomas vbd Erpen,.
voir L I, p. 63. Le Manuel du Khraire, qui indique plusieurs des ouvrages de ce philologue, M mentionne pas ses éditions du Peotaleaque et du Nouveau Testament. Mi^ chel Nioolas (arliele Erpen de la N&u»eHe UùgrofUe générole) n*a pas signale, à cAtë de randeiiBe traductioii . arabe du Pmta^ teuque donnée par le savant orientaliste^ la
traduction du Nouveau. Testament .publiée d'après un manuscrit de la bibliothèque de Leyde {Natmm D. N. J. C, Testamentim, «mM^^Leyde, 1606, in-4*).
' Hiêtmia Jtêepkt Pattiarekm ex Ahh raiSo, cum iriplici vermne latma et schoKie Th, Erpenu, eujv$ prœmtttitur tUphabetian arMeum (Leyde, 1617, in-A*).
m'ayder à les leur faire avoir. Et s'il s'en trouve des exemplaires doubles, j'en reliendrois volontiers un pour moy. Il me semble avoir veu quelque pièce de la bible imprimée en Espagne ou à Gènes en langue Arabique, mais en caractère Hébraïque et je me doubte que ce soit ce que Ton demande plus tost que toute aultre chose, car ils ne veulent pas l'édition de Gonslantinople du Pentateuque en U langues dont je vous parlois dernièrement. Si cez éditions Arabiques, soit ou de Gènes ou d'Espagne ou de Venise, se pouvoient trouver à Paris à prix toilerable, je les achepterois volontiers pour leur faire passer la mer en une si bonne occasion, et quand bien les livres seroient frippez il n'importeroit de guier.es pourveu qu'ils se poussent rellier, quand mesmes ils auroient servy à l'édition que faict faire M' le Jay, pourveu que les fueilles se poussent rassembler, à faulte d'auitre exemplaire on pourroit se servir de ceux là. Et je les ferois payer volontiers selon que vous le trouveriez raisonnable. En unbesoing, puis que la version Arabique de l'édition présente de M*^ le Jay se faict en volume à part et séparé du reste de la grande bible, s'il jugeoit d'en pouvoir séparer un exemplaire des cahiers qui se trouvent desja tirez, au cas qu'il y en aye quel* que exemplaire de supemumeraire ^ en ceste langue là comme je m'en doubte, sans que pour cela il soit besoing de dezassortir un exemplaire de toute l'édition de sa grande bible , ceia pourroit bien arracher de cez Levantins, ou pour le moins de ce bonhomme qui nous peut fournir de si belles curiositez, quelque pièce qui valeust la peine d'y employer ce volume que je ne laisrois pas de faire payer à peu prez selon son prix bien qu'il ne fusse pas accomply. Je pourrois bien leur envoyer encore le nouveau testament in-fol** de l'édition de Rome, mais je crois qu'il est fort commun parmi eulx; bien pourrois je leur envoyer les pseaulmes de David de l'édition de M' de Brèves in-i^^ si
^ Sous le mot supemufnéraire , on lit dans in-A''). C'est ainsi que i*on cite ordinaire-
le DicUannaire de Tréwmx : rfSunwméraire ment lonvrage, mais ce titre a éiè arrangé,
est plus eu usage.» et voici le titre réel d'après un exemplaire
' Psalmi, arabiee et latine, a Gabr. Sio- que j ai eu sous les yem : Liber pgabnwrum
nita et Vietorio Scialae, tnarmitie (Rome, ex Dmndie, régie et frophetœ, ex orMeo Mk-
typogr, Savariana [ Savary de Brèves] , 1 6 1 & , fMte in latinum tranehtus , etc.
j en trouve un exemplaire double. En fin il fault que ce soit vous qui m'aidiez à contenter ces bonnes gentz , mais si vous recognoissiez tant soit peu de répugnance ou de difficulté en Tesprit de M*^ le Jay ou du sieur Victrai, pour la communication de ce qu'ils ont imprimé de l'Arabe, ne leur en faictes point d'aultre instance , je vous supplie , car je sçay comme l'on est jaloux de ces choses là , et qu'on appréhende bien souvent que des éditions imperfectes ne soient contrefaictes ailleurs, dont je ne voudrois pas qu'ils eussent occasion d'entrer en ombrage contre moy et par conséquent contre vous. Il me reste à vous dire que je plaindrois infiniment le bon M' du Val s'fl en venoit faulte , et prie à Dieu du plus profond de mon cœur de le vouloir préserver de la griefve maladie dont vous me parlez, luy souhaittant aussy longue et heureuse vie que je sçaurois faire à moy mesme, pour le bon zèle qu'il a au bien public et pour la bonne affection qu'il luy plaist me porter. Je suis tOusjours plus empesché au choix que me demande le bonhomme le sieur de Bié. Que s'il feust venu, et qu'il n'eusse voulu qu'une simple suitte des portraicts des Roys, il eusse peu trouver dans la salle de nostre Palais la plus part de ceux qu'il eusse peu désirer à commancer par Pépin et Gharlemagne, depuis lequel temps inclusivement m'estant lors trouvé icy je les avois faict portraire sur des originaulx légitimes jusques au feu Roy, mais pour ceux de la première race, je n'y estois pas arrivé à temps, et les avoit on desja faict tous à plaisir, de sorte qu'on ne voulut pas en refaire la besongne et fsdlut qu'elle demeurasse comme elle esloit, tellement que s'il m'envoye un roolle de ce que luy manque il s'en pourroitcoppier quelqu'un là dessus; mais s'il mecroyoit, il vaudroit bien mieux entreprendre l'ouvrage comme il faiult et imprimer tout ce qui y peut estre nécessaire pour représenter tous cez grandz princes en toutes les meilleures façons en quoy leurs portraicts se sont conservez jusques à ceste heure avec la fidélité requise. £t sur ce je finiray en vous suppliant de m'excuser et de me commander, Monsieur, comme
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DB Pbirbsc.
A Aix, 66 98* novembre i63s.
dlPinUUB lATIOlAU.
M' de LeoD, qui a esté ceste sepmaine en ceste ville doù il partit hier pour aller à Marseille et de là aux Estatz, bailla, ces jours passez, à un Président de ce Parlement la proposition par luy faicte de la part du Roy aux Princes de TEmpire convoquez en la diette de Ratisbonne, dont je vous envoyé la coppie cy jointe; si j'eusse peu parier à luy depuis^ je luy en eusse demandé la datte et la responce, mais je crois bien que nous le reverrons aprez les Ëstatz, car il a charge de parler à nostre compagnie de certains Ëdictz. M' le Premier Président se promet bien que M' de Thou ne vous reffusera pas sa harengue aux Estatz de Bourgongne. Je luy ay dict que s'il ne tenoit qu'à cela que nous peussions obtenir de luy son ouverture de Parlement que j'oserois me promettre que nous l'aurions, ce qui ne m'a pas jette si loing comme je craignois, tellement qu'il y seroit aulcunement engagé ai nous luy faisions voir celle de M' de Thou. Je vous envoiay, la sepmaine passée, le plus gros volume de nostre fagot de Rome; à ce coup cy je vous envoyé le restant; mon frère m'a dict ce matin, en allant à Marseille, que s'il peut desrober une heure de temps pour vous escripre par cet ordinaire, il vous fera. un peu de relation de l'entrée de M' le Mareschalà Marseille.
Da 39 novembre.
Depuis avoir escript, ayant receu l'exemplaire que j'attendoie du livre du Galilei, j'ay veu qu'il vaudroit mieux le vous envoyer présentement et retarder à la sepmaine prochaine ce qui me restoit de vostre fagot de Rome, et ce pendant j'y passeray le temps entre cy et le pro- CÎiain ordinaire , ce que je n'avois pas peu faire depuis l'arrivée de vostre fagot; s'il y a de ma fauite, vous me la pardonnerez, je m'asseure, comme je vous supplie de pardonner tant de temps qui s'est perdu en l'attente de ce libvre durant la peste de Florence et de Ligourne, croyant bien que désormais nous en aurons d'aultre» exemplaires tant que nous voudrons. Ce pendant vous accepterez en celluy cy la bonne volonté de vostre serviteur, qui est bien marry que l'on l'ayt envoyé si mal rellié, mais il ne s'en est pas trouvé de meilleur à Ligourne d'où
il est venu, et il semble encores avoir assez de marge pour souffrir une seconde relieure plus propre, au cas que vous jugiez que le livre la mérite comme je pretendz faire faire du mien^
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY, À PARIS
Monsieur, Vous avez bien deviné que je payerois volontiers le port du livre de Skikardus sur le Mercurius in sole de M' Gassendi qui m'a donné un entretien bien agréable durant quelques heures; je Tenvôye demain à M*" Gassendy pour luy en faire anticiper la veûe en cas qu'il n'en eusse pas si tost receu de la part de l'autheur, et aprez qu'il me l'aura r envoyé, je luy feray passer les monts, Dieu aydant. C'est pourquoy je vous supplie trez humblement de m'en vouloir procurer, s'il est possible, quelque aultre exemplaire pour moy, et s'il s'en pouvoit avoir deux ou trois, je les payerois volontiers pour en accommoder mes amis. J avois desja conceu une grande opinion de ce Skikardus , sur la relation que m'en avoit faicte M' Holstenius^ et sur une généalogie que j'avois veûe de luy*; niais à cetfle heure je l'eslime et chéris au centuple et voudrois bien pouVwf contribuer quelque chose à ses vertueuses curiositez et recouvrer tout ce qui sepourroit trouver de luy faict ou à faire*. Vous
' Vol. 717, fcl 168.
' Voir, dans le Becueil de BoissOBade, la lettre écrite par Holstenius à Peiresc le 2 1 juin i63o, p. 187.
' Cette généalogie est celle dont Hoklenios 'parle ainsi (p. 187) : frSchickardum, professorem Tubingensem... cajus librum de Jure regni apud flebrœos, et Genealo* gism Regum Paniie te vidiase non dobito.n Cette généalogie, intitulée : Tarich, hoe ut
séries regum Peniœ (Tubingue, 1698, in-&*), est' la traduction , avec un ample commentaire, d'un ancien manuscrit arabe, en forme de rouleau (d'une longueur de quinze mètres), qui appartenait h la bibliotbèquede Wolfenbiittel. Nous avons trouvé, dans une des premières lettres de ce volume (n* VII), mention du Tarich de Perse.
* La liste des ouvrages déjà publiés par SdîidJuird était assez longue. De 161 il à
aurez veu par mes précédentes que pensant mieui faire, j'avois envoyé le Laertius à M' Gassendi, mais je luy escripray demain de me le renvoyer pour le vous faire tenir. Je vous remercie trez humblement des bons offices que vous avez daigné rendre à M' Fabrot pour ledition de son Théophile qui sera bientost expédié de par deçà si une fois nous le tenons, et je crois bien qu'il ne fera pas de difficulté de le laisser imprimer à Paris plus tost qu ailleurs, s'il peut^avoir asseurance qu^il soit effectuellement mis soubs la presse, sans aullre delay. Je plains bien le pauvre bonhomme du Val et la faulte qu'il fera à M' de Bié, pour qui je vous escripvis dernièrement ce que je pouvois faire, la plus part de ce qui peut le plus servir à ce dessein estant en des pièces où il auroit grande peine de rien comprendre qui vaille hors de ma présence. Je suis bien marry que M^ Holstenius ayt esté si longuement destourné de mieux faire, par un divertissement si ennuieux et si ingrat que celluy de la correction de ces carthes, mais nous n'y aurions guieres de regret si cela pouvoit avoir mis en goust le Pape et le cardinal Barberin de contribuer et faire travailler à l'édition de ce qu'il a de la Géographie. Je félicite de bon coeur M' Bignon en vostre personne aussy bien qu eo la sienne de la continuation de ses belles actions, comme M' de Thou de l'applaudissement et bon succez des siennes, vous remerciant trez humblement de tant de curieuses pièces dont il vous plaist nous faire part, en revanche de quoy je ne vous sçaurois envoyer que des bagatelles à mon grand regret. Nos Ëstatz furent commancez sabmedy matin à BrignoUe, où M' de Léon harangua et fit des merveilles, ayant ravy toute la compagnie de son éloquence à ce qu'on m'a dict, mais la demande qu'il y fict en fin de douze cens cinquante mil escus estourdit tellement les assistants, qu'on ne fut jamais si surpris. Il est aujourd'huy passé un courrier qui s'en alloit vers luy de la part du Boy sans qu'on aye encores peu sçavoir le subject particulier de ce voyage. Je voudrois bien pour un de mes amis recouvrer un assortiment de tous ces petitz volumes
i63a, on n'en compte pas moins d^une Tailide déjà dté de Labouderie (fittyropite vingtaine dont on trouvera Tindication dans ynkenelh).
des Républiques impriniez par Ëlzevir et relliés le plus proprement que l'on pourroit en veau; je vous supplie de les faire prendre et me les envoyer par la première commodité qui se présentera. Je faisois estât de vous envoier par cet ordinaire ce qui me restoit du fagot de M' vostre frère Dom du Puy, mais je ne sçay si j'auray loisir d'y joindre ce que je [pensois], ayant esté grandement destourné tout ce soir par des compagnies inesvitables ; je desirois mesmes de vous supplier comme je faictz de vous faire chercher quelque m[anu]s[crit] du livre de Medicamentis de Marcellus V. L, ex magistro officiorum Theodosi senioris \ au commancement duquel livre il a inséré un dénombrement des' poidz et mezures antiques, tant en Grec qu'en Latin ^, où j'ay trouvé de quoy satisfaire à la plus part de ce que je demandois à M' Saulmaise, mais comme il y a quelque équivoque aux nombres en quelques endroitz , je voudrois bien pouvoir avoir la collation de quelque m[anu]s[crit] sur ce subject, dont il ne faudroit pas transcrire plus de deux pages en tout, et je vous en aurois une fort particulière obligation. J'en escripray si je puis à M' Saulmaise par le prochain ordinaire. Ce pendant je vous donne le bon soir et demeure tousjours, Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Pbirbsg.
A Ail « ce 6' novembre 1 63a \
* Voir, dans le Manuel du Ubratre (t. III, col. iSg^-i 395), le titre complet domië au livre par rëditem'dei 536, J.Comaro (Bàle, in-fol. )• Voici les premiers mots de ce titre : MwreeUi viri iUnutris de medieamentis emptrieis, phyeieis ae rtUlonaUlnu liber. . . » Sur Marcellus Empiricus^ voir YHiatmre Uttiraire delaFrance, par les Bénédictins, t. II, p. 48-63.
' Les auteurs de rfiïftotre/tO^ativ disent (p. 5i) : (rll eut soin de mettre à la tête de son recueil les différents poids et mesures , avec les caractères qui servent à les exprimer selon Tusage de la Grèce et des anciens médecins. On les y retrouve encore en latin, comme il témoigne les y avoir mis ...»
' Vol. 717, fol. 173.
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY
ADVOGAT EN LA COUR DE PARLEMENT DE PARIS, RÔE DES POICTKIlIfS DEEKiiRE SAINT AHDRlî DBS AftTZ, CBBS U' DI THOO,
À PARIS
Monsieur, ' Ce mot ne sera point pour vous faire de plus grand entretien que pour vous dire à tout haEard, au cas que le sieur Biolés, fermier du cardinal de la Vallette en l'abbaye S^ Victor, fasse plus de diligence que le prochain ordinaire, que nous venons de voir une lettre de Gènes du 3« de ce mois portant qu'il y estoit passé un courier de Millan avec nouvelles d'une grande bataille du Roy de Suéde contre le Valstein * et Papenhein où le dict Papenhein a voit esté tué^, et puis on adjoustoit que le dict Roy de Suéde et le dict Valstein y avoient esté pareillement tuez' et que le prince Vladislas avoit esté esleu Roy de Pologne dez le 8^ de novembre^, mais que en mesme temps il estoit entré dans la Pologne avec une armée de soixante et dix mil hommes cosacques qui avoient mis ce royaulme en grande bredouille *. Si tout cela est ou non, je m'en rapporte à ce que vous nous en manderez par le prochain ordinaire. Ce pendant j'ay esté bien ayse de trouver le présent porteur en bonne disposition de vous porter le Perceforet de M' Aforeau, à qui je vous supplie de le faire tenir de la part de
^ Bataille de Lutsen (iG novembre ' OasaitqueWaldstemfutideuxaoBfJos
i63s). tard,.as«isainé à Egra.
' Le général Papenheim, qui ëtait arrivé * Vladislas VU fiit élu coi de Pdogiie le
de Hall avec des troupes firatches, (ut tué en i3 novembre lôSa, et fiit cooroonié ie
combattaDt contre le duc Bernard de Saxe- 1 8 février suivant.
Weimar, qui avait pris ie commandement des ' C'est-à-dire en grand désordre. Ce sens
troupes suédoises après la mort de Gustave- du mot bredouUk n*a pas été indiqué dans
Adolphe. le Dietiannaire de Lattre.
[1632] AUX FRÈRES DUPUT. 391
M' Naudé avec mes très humbles recommandations et me vouloir tousjouw tenir,
Monsieur^ pour #
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Pbiresg.
A Aix, ee 9 décembre iGSa ^
Depuis avoir escript, j'ay apprins que M"^ le Premier Président avoit eu lettre de M' de Sabran du 6* de ce mois, qui ne dict rien de cette bataille, ce qui me faict croire que ce soit une invention des Ëspagnolz; mais j ay apprias par mesme moyen une nouvelle bien importante, que le Roy a acquis en propriété la ville de Pignerol, par un traicté particidier avec M' de Savoye, qui rend le Boy plus intéressé que devant-^i la paix d'Italie, et sa protection beaucoup plus considérable delà les montz, ce qui fera crever de rage l'ambition espagnole.
Sy le présent porteur avoit besoing de recourir à vostre courtoisie, je me prometz que vous ne serez pas marry de l'obliger; et à son retour, si vous aviez quelques livres à envoyer, il les fera commodément apporter.
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY, k PARIS.
Monsieur,
Vous m'excuserez si je ne vous entretiens ce coup cy à cause de la
presse que me donne M' Menestrier, qui ne se laisse voir qu'à la des-
robée, et lequel je ne puis laisser passer sans escripre à son maistre^
et aultres de ses patrons, et sans leur envoyer quelque galanterie, dont
* Vol. 717, fol. 17/i. — * Le cardinal Fr. Barberim.
la recherche m'a tenu grandement occupé, durant tout ce peu de temps que le dict sieur Menestrier s'est voulu laisser gouverner icy. Cependant je vous ay bien deub accuser la réception de vostre despesche du 3® de ce mois avec celles tant du P. Morin que du sieur de Bié et aultres, comme sont Messieurs de Roissy de Mesmes, d'Aubery et GaultS à tous lesquelz je ne sçaurois respondre pour ce coup cy, et feray beaucoup si je puis desrober assez de temps pour faire un mot au dict sieur Gault, seulement pour luy accuser la réception de plus de cent belles graveures antiques, dont il m'a voulu donner la communication avec une trez rare confiance et courtoisie. S'il se pouvoit introduire de tel commerce entre les curieux, on ne seroit pas forcé de faire beaucoup de voyages dont on se sçauroit passer, quand il est question de satisfaire à sa curiosité. Je vous rendz mille trez humbles grâces de ce dont il vous a pieu me faire part, bien marry de ne vous pouvoir rendre aulcune revanche à ceste fois, et d'estre contrainct de finir en vous baisant trez humblement les mains et demeurant. Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Peibbsg.
A Aix, ce i3 décembre iGSs *.
Monsieur, Je n'ay pas voulu laisser eschapper la commodité qui s'est inesperement présentée par ce courrier extraordinaire qui est fort de mes amis
^ Noos avons déjà rencontre, soit dans quefois & ce confrère en coriosité, notam-
ce volume, soit dans le volume précédent, ment le aS décembre i635 , le 98 janvier
tous les personnages cpii viennent d*ètre et le 8 avril i636. Voir le registre IV des
énumérés, h Texception du dernier, qui pa- Minutes de Tlnguimbertine, fol. 718 , 719,
rait avoir été un amateur distingué, un 791. fervent collectionneur. Peiresc écrivit quel- * Vol. 717, fol. 177.
de vous accuser la réception de vostre despesche du x® arrivée seulement à ce soir bien tard par les difficultez des desbordementz des rivières et ruisseaux^ qui n'ont pas mesmes laissé venir l'ordinaire de Rome qui ddbvoit eis*re passé trois jours y a. J'^y receu par mesme moyen les deux volumes de TAfrica de Leon^ qui sont venuz tout à point pour passer en Affrique^ par le premier bon vent. Je n'ay pas encore peu lire vos despesches auxquelles je tascheray de satisfaire par le prochain ordinaire de mardy; cependant je vous remercie trez humblement des belles partieukritez dont il nrous a pieu me faire part, sur ceste grande bataille qu'il vaudroit bien mienx n'avoir pas gaignée que de l'avoir payée si chèrement par la perle d'un si grand câppitaine^ et qui avoit de si bonnes intentions pour la France, aux interetz de laquelle Dieu ne l'a voit pnesté que pour aultant de temps comme il a voulu nous le laisser, estant nécessaire de le croire ainsy pour nostre consolation, et que sa .divine providence pourvoira de quelque autre façon à ce qui resr toit encores à faire par luy pour le bien de la France. Vous me ferez grand plaisir, si voufi pouvez avoir bon marché des globes de M' d'Auxerre', de me les retenir, puis qu'il vous plaist d'en vouloir prendre le soing, comme aussy de son Alcoran, encores qu'il deusse couster quelque chose de plus que le prix ordinaire. Que si vous pouviez avoir le dict Alcoran et qu'il se rencontrast commodité de me l'envoier, vous m'obligeriez bien de le faire sans atteindre la veneiie des dicts globes. Et s'il se réncontroit entre voz mains lorsque le sieur Dupuy présent porteur s'en reviendra en poste, comme il espère de faire bien tost, il sera bien ayse de s'en charger pour l'amour de moy, voire d'aultre chose de plus grand volume, et possible de tous cez petitz volumes des Republiques d'Ëlzevir, s'ils se trouvoient tout prez et proprement empacquetez pour les mettre dans une malle de poste. Je receuz hier de la part de M^ Gassendy le fagot de livres en blanc, dont vous l'aviez chargé, où je trouvay tout
^ NoQB avons vu plos haut que cet ou- ^ Gilles de Sonvrë, ëvéque d'Auxerre de-
vrage ëUdt destine à Thomas d^Areos. puis \e 95 septembre .1696, était mort le
* Cet hommage h Gustave-Adolphe n'est- 1 7 septembre 1 63 1 . it pas bien éloquent dans sa simplidtë?