‹ Lettres de PeirescChapitre 27 sur 48 · ADVOCAT EN LA COUR DE PARLBKENT DE PARIS · texte numérisé non relu

ADVOCAT EN LA COUR DE PARLBKENT DE PARIS

BUB ]>B8 POICTBTIlfS PBBZ SADTT ▲NMi DB8 ARTZ, CHBZ H* DB THOD,

À PARIS

(Avec un libvre.)

Ce mot à la haste sera pour accompagner le livre du Diogenes Laertius grec et latin de l'édition de Rome, dont M' Billon^ a voulu se charger de sa grâce pour l'amour de vous. Les merveilles qu'il a rencontrées dans ces Anagrammes vous ont faict cognoistre de longue main jusques à quel point d'excellence il a reporté cette sorte d'ouvrages'.

' Vol. 717, fol. 189. cHlessufl indiqaëe, les 5oo anagrammes

* Sur le poète avocat Thomas de Biilon , offertes en 1 69a , à Louis XIII , par Th.. de

voir le tome I, p. &o&. Biilon, et d'antres anagrammes composées

' J'ai rappdë, dans nne note de la page ponr Peiresc.

arannut batiomau.

£t s'il «voit le biaa d'eelre cogneu familièrement de vous, ii vousferoit bien tost paroistre par sa modestie et par la douceur de sa conversatioii Testime que mérite sa vertu et le soing qu il prend de servir ses amis. Et je m aseeure qu'il trouvera chee vous le bon accueil que vous y faietes aux gens de lettres et que vous serez bien ayse de le recevoir au nombre de ceux que vous y obligez, à quoy j'ay deu joindre mes supplications à celles qu'il vous en fera et à Monsieur vostre frère, es* tant son ancien serviteur comme je suis de toute mon affeetiou.

vostre très humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce &* janvier i633 ^

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

A PARIS

Monsieur, J'ay receu vostre despesche du a&* avec le petit volume de la rellieure du Gascon et le petit pacquet à part, dans lequel j'ay en fin trouvé la Gazette de mesme datte que voz lettres que j'ay imputée à un remordz de conscience de vostre Gazettan, qui n'a pas vovdu durant les bonnes festes persister dans le tort qu'il nous avoit faiçt auparavant; pourveu qu'il continue dans ceste bonne disposition, tout le passé sera fort aysé à pardonner, et l'apparence qu'il y a en la vérité et iagenuité de la relation y contenue sur le subject de la bataille de Lutzen mérite de leur en sçavoir le meilleur gré que faire se peut eu une otccAsion de telle importance. Au reste la rellieure du Gascon m'a faict desrdber du temps que j'avois destiné à aultre chose, pour remployer à lire ce petit volume de Cunœus, que je n'avois pas

' Vol. 7i7,foLi85.

eoeore leu S car 1 aultre exemplaire que j'avois reeeu par M' Gassendi n avoit pas encor esté reilié. Et eomme la commodité de la reilieure et de la lecture avoit commaficé de m'y affriander, le plakir que j'ay eu de voir les belles obs^vations de cesl autheur ne me Ta pas lasehé de la main que je ne laye achevé de lêre; je serois bien ayse d'apprendre de vous s'il est encores vivant» de quel dàge et en quel employ, car J'estime que cest homme mérite bien qu'on en face caa^. Quant aux aultres volumes des respubliqiies d'Ëkevir, quand il y en manque^ roit quelqu'un, ne laissez pas de m'envoyer le recueil que vous en pourrez faire, principalement si vous pouvez avoir ceux des Ëstatz qui subsistent aujourd'huy, sauf de remplacer les auHres par aprez quand on les pourra avoir. Et certes ceste reilieure du Gascon mente un peu plus de despense que le commun, principalement pour les livres qui sont les plus notables, et qui méritent le mieux d'estre leus de bout à aultre. Quant aux globes, la chose ne presse pas tant que s'il y a moyen en attendant un peu d'avoir ceux de M*" d'Auxerre à prix honneste, l'advantage et la commodité de l'occasion ne vaillent la peine de se faire attendre, aussy bien que pour l'Alcoran que j'ay destiné en mesme endroict. Et cependant noz députez auront loisir d'arriver de par de là et de porter un peu danno? di costo. J'ay esté bien ayse que M'Moreau aye receu tous ses livres, mais je n'ay pas encores peu voir le catalogue des historiens françois de M' du Chesne ^. Ce sera Dieu aydant pour le prochain ordinaire. Car nous avons esté embarassez tous ces jours cy à la disputte d'une Régence de nostre université qui estoît vaccante depuis quelque temps, laquelle nous sommes aprez de faire bailler par preferanee à M' Fabrot qui la mérite bien mieux que ne

' PiOri Câmmi de BepMiett IMrmonm de langue latine à raaWersitë de cette der-

Ukri IIL EêMo- fieeîiimfift (Leyde, Eiae* mère viiie. Voir, sur oet ënidit, les Lettru

vier, 1679, ift-aA). L'éditioo pvâeédente aft (fa Jtan Chapeiam, t U, p« 106, Ghapelaiii

de Ymùé& 1617. Pappelle Cmiée.

* Pierre Conttiis (Van der Kan), m6 h ' BibUoMqw des anUmn qui <mi krit

Flesfiiagae «a 1&86, mourut à Leydé fhit^oibr€€thîdfognifhieiehFrance(Vdm

en i638. II (bt nomme ai 161a profeesemr i6»7, i&*8*); aeoonde édition augmentée.

iOà

sçauroient faire tous ses compétiteurs ^ Je ne vous sçauf ois point donner de nouvelles en revanche des vostres, car nous n avons rien icy maintenant si ce n'est que Madame la Mareschale de Victry est dans une grande appréhension pour la personne de M'' le Marquis de Narmoustier son filz', travaillé depuis une douzaine de jours dune fiejbvre ardente fort dangereuse, à quoy M** le Mareschal compatit grandement et non sans grande raison. Monsieur de la Fayette en est plus mort que vif. Je luy ay faict voz recommandations en absence de mon frère qui est à Rians, où je luy ay envoie vostre lettre. M' de la Fayette m'a dict qu'il avoit receu de M' vostre frère une lettre sur quelque affaire qu'il avoit à me recommander de vostre part, dont vous pouvez bien croyre que j'en auray tout le soing qu'il fault selon mes principaulx debvoirs, estant comme je suis de tout mon cœur à l'un et à l'aultre, Monsieur,

vostre trez humble et obéissant serviteur,

DE Pbuibsg.

A Aix , ce 3 janvier i633.

J'oubliois de vous dire qu'on attend de jour à aultre une gallere de Gènes, laquelle apporte un Ambassadeur extraordinaire de ceste Re-

* Ch. Giraud {Notice sur la vie de C.->4. Fabrot, p. 53-54) dit : trM. de Saint-Mare, eonseilier au parlement et profeneor à Tëcole de droit, laissait va<{uer, par sa mort, une chaire de droit canon. Fabrot désira l'obtenir en échange de la sienne qui était moins rétribuée. La chose paraissait juste; on voulut pourtant lui bire subir un concours, ce qui parut d'autant plus dur qu'il n'y avait point de règle à cet égard et que Fabrot avait la qualité i'émirùe {i6ii). Fabrot se résigna à concourir, mais il se plaignit avec une vive énergie de l'injure capricieuse que l'on faisait à son mérite et à ses vingt-cinq ans de professorats Le bic^raphe ajoute qu'un homme d'une telle valeur devait

écarter tous les concurrents, et qu'en effet il fnt nonuné euralorum Academiœ eonsengu eanspirtttUe, ainsi qu'il le témoigne au bas de sa thèse.

* Peiresc, comme plusieurs de ses contemporains, écrit NatTHOustier pour Noirmoustier, La maréchale de Vitri (Lacrèee- Marie Bouhier) avait épousé en premières noces Louis de la Trémoille, marquis de Noirmoustier, baron de ChAteauneuf et de Samblançai , mort le & septembre 1 6 1 3. HIe en avait eu deux fils, dont l'aîné, celui dont il est ici question, Louis de la Trémoffle, deuxième du nom, duc de Noirmoustier, était né le a 5 décembre i6if et mourut le 19 octobre 1 666.

publique di Casa Cenlurioni \ qui s'en va vers le Roy, pour remercier Sa Majesté de son entremise à l'accommodement de M' de Savoye.

On faict le procès au vicaire de Porrieres^ pardevant Monseigneur TArchevesque sur certains ombrages que Ton a euz de quelque supposition de sa part. Il dict pourtant qu il aura deux centz tesmoins d'un mouvement de la lampe de TEglise fort extraordinaire. On sçaura bien tost ce qui est du fonds de ceste affaire. Des marchands venuz de Piedmont disent qu'à Pignerol on avoit faict faire serment aux soldats d'obéir au Roy, et de ne point recognoistre M' de Toyras; si cela est, il y a bien à craindre que ses affaires n'aillent guieres bien et que son reffus d'aller à la cour ne luy serve d'accusation pour le rendre coulpable de quelque intelligence suspecte. Que s'il n'estoit véritablement coulpable, il seroit bien à plaindre^.

Vous ne me dictes rien de ceste cartbe imprimée à Amsterdam en Hébreu et en taille douce laquelle je vous supplie de me faire avoir le plus tost que vous pourrez. Car celiuy à qui je l'ay promise me faict espérer une revanche bien importante de l'extraict de certaines tables astronomiques composées 3oo ans y a, par un fort docte Rabin lors habitant à Tarascon^; sur la supputation on a veriffié le calcul des deux dernières eclypses si juste qu'il n'y a pas eu un quart d'heure de différence, à ce que l'on m'a voulu asseurer.

Monsieur le Premier Président m'a dict qu'il avoit receu une lettre de M' vostre frère, dont il se tient fort honoré; je luy faicts part quel-

' Augastin Centarione. C'est le même diplomate qai figure dans ce passage d'une lettre de Lionne à Mazarin, écrite de Rome en i6&a {Recueil Avenet, t. VII, p. 198): «Le s' Centurion est arrivé à Rome, pour résider de la part de la République de Gènes , et pour proposer au pape de faire une ligue pour la défense de Tltalie. . . »

^ Commune du département du Var, arrondissement deBrignoles, canton de Saint- Maxinun.

' Voir une lettre de Richelieu à Toiras,

du milieu de décembre lôSa {Recueil Avenel, t. IV, p. iii). Ne pas n^ger une note du judicieux éditeur (p. &i5) et deux autres notes bien importantes (p. &&6-

* Voir, sur ce rabbin (Rabbi Emmanuel) et sur les tables astronomiques dont il est ici question, le faAsicule IX des Carreepon" dants de Petresc : Salomon Azuhi, rabbin de Carpentrae, fascicule que j'ai publié avec la précieuse collaboration de M. Jules Dukas (Paris, 1885, p. 1 et suiv.).

quesfois des vostres auxquelles il prend fort grand plaisir, et bien souvent n'est pas moins curieux de voir les nouvelles des iivres que celles du monde. Je viens d'envoyer sçavoir des nouvelles de la santé de M' le Marquis de Narmoustier, laquelle est grâces à Dieu en fort bon estât au prix de ce qu'elle avmt esté ; on en a maintenant fort bonne espérance. Ce jeune seigneur se faisoit tant aymer à un chaseun que vous ne sçauriez croire combien le desplaisir de son md estoit universel. Il a achevé son iU^ assez paisiblement. Dieu le veuille bien assister.

L'on a faict voir icy un livre de la patrie de S^ Ambroise que j'ay envoyé quérir à Lyon, où c'est qu'un bon P. Theojifaîle Jésuite faict bien de l'honneur à nostre ville d'Aries de luy faire fM*oduire un si grand personage que celluy la K On m'a monstre le tiltre d'un livre de Pontificia Jurisdictione in-/i^ de Paris, chez Estienne Richer, sans aulcun nom d'autheur, dont la matière semble bien estre des plus curieuses du temps; on sçaura bien un jour à peu prez qui est cest autheur qui ne s'est pas voulu nommer^. Sur quoy je vous souhaitte la bonne année avec la plus heureuse suitte d'aultant d'aultres qui peut estre souhaittée à des gentz de tant de mérite comme vous estes dans vostre maison.

Je viens d'envoyer sçavoir des nouvelles de la santé de W le Marquis de Narmoustier, qui se porte beaucoup mieux qu'hier ayant sué toute la nuict et faict une grande crise en achevant son quattorziesme de sorte qu'il en pourra eschapper, Dieu aydant. Ce mardy, &* janvier aa matin \

^ Le P. Th. Raynaad et son livre ont été ravant un livre bot le même sujet avait étë

mentionnëson peu plus haut (lettre LXXXI). pid>lië par Roussel (Michel) : Historia pond-

' Cet auteur n'est pas indiqué dans les feiw jwùdietioms ex antique, medio et novo

Anonymee latms du Dictionnaire d'Ant.-Alex. ueu (Paris, J. Richer, 1 695 , in-&*).

Baritter. Rappelons que peu d'années aupa- ' Vol. 717, fol. 189.

AUX FBÈRES DOPUY.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

A PARIS

Monsieur, La desbauche de mes gents tout le jour d'hier et un peu de fluxion que j'avois sur les yeux ne me permirent pas de pouvoir employer leur main non plus que la mienne à la despesche que je vous pensois Eure, dont je vous supplie de me vouloir excuser et faire admettre mon excuse à ces aultres Messieurs. Je vous aecuseray neantmoins la réception tant de vostre despesche du dernier de Tan passé, venue par Tordinaire, que du petit fagot de livres dont le sieur Prieur de Rou moules avoit accompagné la boitte, qui sont venuz fort bien conditionnez, ensemble un petit pacquet de M' THuyllier qui y avoit esté joint à Lyon ; mais parce qu'il n'y avoit point de lettre ny de rooUe du contenu , je n'ay pas sceu bien recongnoistre tout ce qui y pouvoit estre appartenant à M' Gassendy, car par un^ lettre que m'escripvit ledict sieur l'Huillier quelque temps y a, il ne me faisoit mention que de deux exemplaires du livre de FludS et un exemplaire de l'Epistre de Skikardus^, que jay trouvé, sous une simple enveloppe non cachetée ad* dressée à moy. Et par disgrâce je n'ay sceu retrouver la lettre que vous m'aviez escripte sur le sobject desdicts livres que j'ay envoiée si je ne me trompe à mon frère. Mais j'ay envoie à M" Gassendy, avec son Skikardus et son exemplaire du Flud, un rooUe des livres contenus

' Robert Flndd, médecin anj^s, ne à Milgate (comté de Kent) en 167 i, mourut à Londres le 8 septembre 1 637. Voir sur ce philosophe, dont le nom figure dans tous les reeaeik biographiques, la Vie de Pierre Gaeemii, par Boia^rel (p* 35-37, 7^-^^* ii5*ii6). On sait que Gassendi écrivit contre sa philosophie : Exereiuuio m FbMor nom pUloeopkiain (Paris, S 690, in-13).

Le h'vre de Fludd mentionné par Peiresc serait-il Clavie philosophiœ et akhymiœ Fhtdr danœ qui parut à Francfort en i633 et où Fladd rép<»idit aux critiques de Gassendi et du P. Merseano?

* Nous avons déjà vu que cette épttre, écrite au sujet du Merewriu» in eoh vieue de Gassendi, avait paru à Tnbingue en i63a.

Â08 LETTRES DE PEIRESG [1633]

audict ballot, affin qu*il y choisisse ce qu'il y recognoistra estre à luy, que je ne manqueray point de luy Éaire tenir incontinant. Cependant je vous remercie trez humblement, non seulement des livres qu'il vous a pieu me faire achepter, mais aussy du soing que vous avez pris de me renvoyer ce registre delà chancellerie Romaine, avec ce cahier des traittez du Venaissin, qui n avoient point tant de haste de revenir, s'ils eussent peu servir à quelque aultre, comme aussy du Théophile de M' Fabrot, qui vous en est bien obligé de son chef quant et moy, et qui va mettre la main au supplément dont je vous avois parlé, afin de ne perdre plus de temps en l'édition, s'fl est possible. On luy a donné icy la seconde Régence Royalle de nostre université avec de grandz éloges de tous Messieurs du bureau qui y avoient voix deliberative, et particulièrement de M' nostre Premier Président qui prit grand plaisir de voir que ce pauvre chetif pais icy ne feusse pas tout à faict despourveu de gens de lettres, et capables de comparoistre en bon lieu, car certainement M' Fabrot fit des merveilles et un aultre nommé Saurin du lieu de Digne S bien qu'inférieur de beaucoup i M' Fabrot, ne laissa pas de donner trez bonne satisfaction à toute la compagnie, et de faict il fut subrogé en la place que souloit tenir M*^ Fabrot. Je ne trouvay avec vostre despesche dernière que les Estatz du Languqdoc, les lettres de mon firere, celle du filz de M' le Prince et les aultres advis qu'il vous pleut m'escripre, dont je vous rends mille trez humbles grâces* Je n'y trouvay, dis-je, si ce n'est que la relation du mois de décembre de vostre Gazetan, sans la gazette courant que d'aultres neantmoinz ont recefie par le mesme courrier, entre aultres M' le Mareschal, M' le Premier Président et encore ung aultre de ma cognoissance auquel troisiesme seulement je pourrois trouver à redire, car pour les deux premiers ils sont hors du pair, et ne seroit pas rai-

' Cétail Antoine Saorin, mort en 1668 ; duparbment de Prwence, ouExtraiU d'une

il fiit le père et le grand-père de deux jaris- ewrespimdttHee inédile éekangie, pendtaU k

oonsaltesrenomméB: Joseph-Ignace Saurin, peete de îjaoj entre Français Decormie ei

premierpréBidentdaeënatdeNioe ; et Pierre Pierre Sanrin, par Charles de Ribbe (Aix,

Saurin, avocat au parlement d'Aix. Voir, 1869, in-8% p. ai etsai?.). sur ces divers personnages, L'imçien barreoM

sonnable que je prétendisse le mesme privilège qu eulx en cela , aymanl beaucoup mieux n'avoir la gazette que plus vieille de 8 ou i5 jours, quand besoing seroit, plus tost que si cela debvoit fournir prétention à ce vénérable gazetan de se faire communiquer des pièces auparavant qu'elles puissent mériter d estre publiées, principalement de chez vous, où toutes choses de ceste nature doibvent estre tenues quasi comme sacrées, estant beaucoup plus à propos que certains advis se sçachent un peu tard que de les publier trop tost comme il est arrivé de ce faict de Porrieres, où il se trouve quelque imposture meslée que Ion est aprez de chastier et dont le chastiment eust esté meillieur à dire, s'il y escheoit, que ce qu'ilz en ont voulu divulguer. On m'a donné quelque espérance d'un Àlcoran de l'édition latine d'Allemagne, dont j'espère d'estre bien tost esclaircy et qu'il ne sera pas de besoing d'incommoder M'^ Aubery du sien. C'est pourquoy je vous supplie de ne me le point envoyer sans nouvel ordre, si ce n'est que l'ayez desjà faict, auquel cas nous trouverons quelque moyen de le vous renvoyer comme je vous renvoyay, ces jours passez, le Diogenes Laertius par le sieur Billon. Quant à l'Ëusebe de Scaliger, c'est M' Gassendy qui m'en a faict l'instance pour le sieur de Meziriac, mais puis que la pièce est devenue si rare, il fauldra faire comme Ton pourra. J'en ay aultresfois donné trois ou quatre exemplaires à de mes amis qui sont tous mortz. Il fauldra que j'escripve pour voir s'il s'en pourra recouvrer quelqu'un, car il est vray que quand je vois quelque homme de lettres qui n'est pas du commun et qui travaille pour ayder le public sur quelque matière qui le mérite, je ne sçaurois éviter de luy prester de bon cœur mes livres imprimez, puis que je n'y espargne pas les m[anu]8[crit[s qui sont un peu plus difficiles à recouvrer que les imprimez. Je vous remercie encore trez humblement du soing que vous avez eu non seulement de faire tenir ma lettre à M' Saulmaise, mais de vous rendre intercesseur pour sa responce; je n'avois pas creu que sa curiosité peusse descendre jusques à cez Penlateuques Samaritains et aultres livres en langues orientales dont vous me dictes luy avoir envoyé le catalogue. J'ay ^fin receu ce nouveau Pentateuque Samaritain, dont

Tescripture est la plus part en caractère Arabique, excepté les cornmancements des chapitres et principaulx versetz qui sont en caractère Samaritain, dont le langage ne semble que pur Hébraïque en beau* coup de lieux, mais il y a beaucoup de diverses leçons au texte pour ce peu que nous en avons veu, et plusieurs choses qui ne sont point dans le texle Hébraïque des Juifs, de sorte qu'il pourroit bien mériter la peine de le conférer comme les aultres, parce qu'il est fort entier et complet et ne semble point estre trop moderne, bien qu'il ne soit escript qu'en papier de Damas. L'aultre volume est imperfect au com* mancement, à la fin et en deux ou trois endroicts du mitan. Et, à ce que nous en avons peu comprendre, il est divisé en deux parties qui contiennent divers discours ou traictez tant de dévotion et de quelque traditifve, non seulement des usaiges des Samaritains, maisaussy de quelque chose d'externe, car nous y avons rencontré une généalogie de Mahomet, dont je veux conférer la suitte à ce qu'en ont escript les aultres, ayant pour cet effect envoyé requérir à Beaugentier le Tarich de Skikardus, qui y estoit demeuré depuis que vous me l'envoyastes, de sorte que je suis descheu pour ce coup cy de l'espérance que j'avois conceûe de quelques fragments des livres de Josué des Samaritains, mais puis que M' Saulmaise se trouve sur les lieux et que la grande bible de M' le Jay est tant advancée, il faudroit bien tenter de faire venir de Hollande l'exemplaire qu'avoit feu M*^ de la Scala des dicts livres de Josué continuez, ce disoit^il, jusques au temps d'Âdrian, pour en joindre ce qu'il seroit trouvé à propos par forme d'Appendice à l'édition de la dicte bible. J'ay eu par cest ordinaire dernier une lettre de M' le Jay en responce de celle que vous luy aviez faict rendre de ma part, estant bien marry de ne luy pouvoir escripre pour le présent, espérant que je ne tarderay pas, non plus que de respondre par mesme moyen au bon P. Morin (car pour le sieur Vitray, il ne m'a point faict de responce). Vous pourrez cependant asseurer M' le Jay, si vous le voyez, que je tascheray de le servir selon qu'il désire, et jusques où se pourra estendre mon petit crédit. Je seray bien ayse que vous recouvriez bien tost M' de Thou. Et le serois beaucoup davantage si je

pouvois rencontrer quelque digne moyen de le bien servir, ayant un peu de regret que mes lettres soient arrivées trop tard pour luy estre envoyées avant son départ du pais de Bourgongne ; mais Tinconveniant n en sera pas bien grand. S'il se trouve là quelques exemplaires de la République Hebraeorum Gunei, vous me ferez plaisir de m en envoyer deux ou trois, pour en faire part à quelqu'un de mes amis. Nous n'avons pas icy maintenant d'aultres nouvelles, si ce n'est que M' le Marquis de Narmoustier est hors de fiebvre, ce qui a redonné la vie au bon M' de la Fayette et, au contraire, M' nostre Archevesque ^ est party à ce matin en diligence pour Avignon sur l'advis qu'il a eu de la mort soudayne de M*" le président de Bouttereux, son oncle, lequel il attendoit icy pour faire les Roys, où il seroit possible venu laisser les os, sans que M*" le Duc de Villars l'arresta en Avignon, et luy fit si bonne chère quil s'en mist au lict, dont il n'est point relevé. Et dict on qu'il n'avoit pas encor sceu la mort de M' le président S^ Aubin que l'on luy avoit cachée avec grand artifice, sur quoy je finis demeurant, Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur,

9E Peiresg.

A Aix, ce 10 janvier i633.

J'ay faict chercher parmy tous les peintres de cette ville le sieur de Pesch, à qui M' de Bié escripvoit, sans en avoir peu apprendre non* velles quelconques, si ce n'est qu'il y avoit eu en ceste ville un M' du Pesche qui se mesloit de peindre lequel est maintenant à Grenoble où je luy feray tenir la lettre du dict sieur de Bié, si je puis avoir des nouvelles asseurées que ce soit celluy là, de quoy je double, parce qu'on dict qu'il y a bien trois ans qu'il est hors d'icy. Et tascheray aussy de voir de sa besongne, s'il en a laissé en ceste ville. Et au cas que je re-

* LotÛB de Bretei, nomme en i63o, sacre ie ii janvier i639, si^ea jusqu'au a6 mars i6&5. Voir GalUa Oimiiana, 1 1, eol. SSy-SSS. En cette dernière colonne, on trouve un coorC et vif âoge de Peireac

congnoisse qu'il puisse faire ce qu'il faull, je seray bien ayse de l'employer à ce que désire M' de Bié, à qui je vous supplie de le faire sçavoir, avec mes excuses du retardement de ma responce qui ne provient pas d'aulcun deffault de bonne volonté, car je seray tousjours trez ayse de le servir quand je le pourray. J'ay recouvré certaines relations tant de nostre cour que de celle de l'Empereur d'environ 60 ou 80 ans par un Michel Suriano, ambassadeur de Venise S et quelques aultres que je vous envoieray demain Dieu aydant par la commodité de M' de Thorenc, pour voir si vous y trouveriez rien qui valusse la peine d'estrc veu, ne les ayant peu voyr moy mesme à cause d'un peu de fluxion que j'ay eue sur les yeux et d'une infinité d'embaras dont j'ay esté accablé cez deux ou trois jours icy *.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY, A PARIS

Monsieur, Je vous escripvis hier par nostre ordinaire en responce de voz dernières et m'engageay de paroUe de vous envoier deu> cayers de relations d'Ambassadeurs de Venize, pour lesquelles accompagner je vous faicts maintenant ceste lettre que vous recevrez de la main de M' de Thorenc qui s'en va en poste à la cour député de noz Estatz, par qui je vous envoyay l'année passée, de Boysgency, un aultrebien plus gros pacquet venu de Rome de la part de M' vostre frère dom Xtofle (sic) du Puy. C'est un fort.brave gentilhomme et qui n'a guieres de semblables dans ceste Province. Et comme il nous faict l'honneur de nous aymer plus que nous ne vallons, en nous faisant sçavoir le dessein de son voyage, il nous fit

' Voir, dans les Relations des amhassa" taires sur le rinfoume de France, par Michel

deurs vénitiens, sur les affaires de France , Suriano, ambiuwadeureniSSi. an XVI' sikh, receailUes et traduites par ' Voi. 717, fol. 189.

M. N. Toœmaseo (t. I, i838), les Cmimen--

semondre de le charger de quelque chose pour vous; en suitte de quoy je faisois estât de vous envoyer le nouveau Pentateuque Samaritain, ensemble Taultre volume que j'avois receu conjointement avec celluy là, mais un bon P. Chartreux que nous avons en ceste ville pour Prieur de la nouvelle Chartreuse qu'on y a commancé d'establir, nommé le P. Denis de Sailly, qui a grande cognoissance de cez langues orientalles, ayant tesmoigné désirer de voir un peu ce Pentateuque, je n'ay pas honnestement peu l'en esconduire, estimant que le P. Morin ne trouvera pas mauvais ce retardement qui ne sera pas pour beaucoup de jours à mon advis. Cependant, pour ne laisser aller à vuide M*^ de Thorenc, à faulte de chose plus digne, j'ay creu vous debvoir envoyer les susdictes relations vénitiennes, pour, en cas que vous en ayez de semblables dans la bibliothèque de M' de Thou, essayer s'il y auroit moyen de faire suppléer ce qui manque à la fin de celle de l'an i Syo du clarissime Jean Correro S que j'eusse pris plaisir de voir entière, à cause des discours familiers qu'il y rapporte de la Royne Catherine de Medicis, mais les aultres deux du clarissime Michel Soriano, tant de la cour de France, au commancement du règne du roy Charles IX^, que de celle de Ferdinand Roy des Romains en l'année iSSy méritent bien, ce semble, de n'estre pas négligées, et si par hazard elles ne vous estoient passées par les mains, je crois bien que vous ne serez pas marry d'y jetter un coup d'œil, principalement à celle de la France, où il y a certaines petites particularitez que je n'ay pas rencontrées ailleurs, et si bien il y a quelques faultes du coppiste, elles ne sont pas difficiles à corriger, et puis que Quentin est tant affamé de bespngne, je seray bien ayse que- vous les luy fassiez transcripre pour mon compte, afin que j'en puisse retenir une coppie en renvoyant les originaulx à celluy qui me les a voulu prester, n'ayant pas maintenant icy de coppiste guieres propre à ceste besongne. Et ayant creu que vous ne seriez peut eslre pas marry de voir ces pièces, si vous ne les aviez desja, et possible que

^ Voir, dans le tome II du RecueU puUié par TommaBeo et cite en une note de la ktlre précédente, la relation de Jean Correro, ambassadear en France en 1 569 ,i 870 , etc.

M' de Lomenie les voudroit pareillement faire transcripre et que quand mesmes elles seroient inutiles et à vous et à luy, que vous excuseriez tousjours la liberté que j ay prinse de les vous envoyer pour fournir de la besongne au pauvre Quentin à faulte d'aultre meilleure. Je viens de recepvoir de la part de M' Gassendy une lettre pour M' Lhuillier qui estoit arrivée trop tard pour la commodité de l'ordinaire, laquelle il pourra recepvoir plus tost par ceste voye cy que s'il falloit attendre l'ordinaire de ]a sepmaine prochaine. La santé de M' le Marquis de Narmoustier va tousjours de bien en mieux grâces à Dieu et par conséquent les contentementz de M' de la Fayette et de Madame de la Fayette, laquelle a pris la peine de nous venir voir aujourd'huy céans, ce qui n'a pas esté sans parler de vous et de voz.honnestetez si célèbres par tout le royaulme. On me met en grande espérance de quelques livres in[anu]s[crit]8 tous puceaux \ où vous croyez bien que vostre bonne part vous sera réservée , mais je n'ose pas m'en vanter que je ne les tienne, vous suppliant de me continuer l'honneur de voz bonnes grâces comme, Monsieur, à

vostre trez humble et trez obéissant serviteur,

DE PsiRESG.

A Ail, ce 11 janvier i633.

Je vous prie de m'envoyer un exemplaire de ce petit livre de M' Grotius de la Religion chrestienne qu'il traduisit pour l'amour de M' Bignon du Flamand qu'il avoit addressé à ses enfans^. Ensemble ceste petite

^ Inédits. Rappdons qae nous avons déjà trouvé (t. I, p. 717) le moi pucelage, et que les deux mots ne choquaient alors personne.

' De veriUUe religwmn Christianw liber.

Le texte flamand avait paru en 1633 (in-^"*). Voir, sur les éditions et traductions de ce imh6yleManMeldulibrMre(LU,eol 1765).

L'auteur de Tarticle GroUne dans la Nim-

veUe biographie générale, M. Ernest Grégoire, n'est pas d'accord avec Peiresc en ce qui regarde les destinataires de l'opuscule, qui , sdon lui , aurait été adressé «r aux matelots hollandais pour les instruire de la manière dont ils pourraient convertir au christianisme les peuples qu'ils rencontreraient pendant leurs voyages».

Gonfessio theologica extraite de s^ Augustin d'Ëlzevir^ Ayant trouvé M"^ de Thorenc de bonne volonté, je lay chargé non seulement des cahiers des relations vénitiennes, mais aussy d'une vingtaine de pistolics que je vous prie de remettre dans la bourse que vous avez destinée aux fournitures journalières qu il vous fault faire pour 1 amour de moy, en attendant que je vous puisse envoyer quelque chose de plus sans passer par les mains de cez marchandz, les globes n ayant pas encor tant de haste qu'on ne puisse attendre quelque temps pour voir s'il se trouveroit quelque bon advantage tel que celluy qu'on faisoit espérer en attendant l'Inventaire de M' d'Auxerre^.

LXXXVUI A MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

A PARIS

Monsieur, J'ay receu vostre despesche du 6^ de ce mois par nostre dernier ordinaire, ensemble le petit volume de la relieure du relieur de Cramoisy, que j'ay trouvé assez proprement faict pour le pouvoir manier commodément et pour s'en contenter, et si je l'eusse veu assez à temps, je ne l'eusse guieres moins estimé que celluy du Gascon, la tranche madrée ou jaspée ayant quelque advantage sur la simple tranche rouge à mon gré, et si le Gascon pouvoit sans s'incommoder changer la tranche rouge en une tranche jaspée, je Taymerois beaucoup mieux ^ mais si cela debvoit de beaucoup enchérir la marchandise il vaudroit mieux le laisser. Je pense pourtant que ce soit chose assei ordinaire de par de là pour le présent, car aultrefois c'estoit chose fort rare et difficile à faire faire. Pour l'Ëusebé, puis qu'il se trouve entre les mains de Gamusat^ c est la vérité qu'il est bien cher à 4B livres en blanc*

^ Aucun onvni^d portant ce titre ou mémo * Vol. 7 1 7, fol. i g i .

an titre apjtfoefaant nW mentionné dans le ' Jean Camosat « qui àtlait être nomtoé»

Reatett de M» A. Wiliems. Tannée suivante, imprimeur-libraire de

mais encore aymerois-je mieux avoir perdu ÛB** que lexemplaire que j ay apostille de ma main, que l'on me vouloit faire envoyer à cent lieues d'icy, et je prendz si grand plaisir davoir la communication quand j'en ay affaire de quelques livres de mes amis, qu'il me semble d'estre obligé de les mezurer à mon aulne et à les traicter comme je prends plaisir d'estre traitté. C'est pour quoy, s'il ne se peut mieux faire, il faudra se rançonner à la moins mauvaise condition que faire se pourra; seulement voudrois je avoir tant soit peu de loisir pour avoir response d'un lieu où j'ay escript, où j'en avois donné un exemplaire à un de mes amis qui est decedé, lequel je pense recouvrer, s'il est encor en nature ^ aussy facilement comme je l'avois donné; nfiiis de peur de perdre le certain pour l'incertain, il faudroit, s'il vous plaist, vous saisir de cest exemplaire dez à présent de peur de ne le plus trouver quand nous en aurions à faire, à la charge de le pouvoir rendre dans le temps et terme d'un mois, ou tel aultre que vous y establirez en perdant plustost quelque teston pour la peine du desdit, si Gamusat ne veut passer ce pacte là gratuitement. Je ne trouve point estrange que le sieur Vitray soit si mauvois garend de sa parolle, pour ce Pentateuque d'Erpenius, et pour ceste histoire de Joseph, puis qu'il a si mal observé celle qu'il avoit donnée pour l'édition de M' Fabrot, tellement que je pense qu'il sera fort à propos de ne se point attendre à cela, s'il s'en peut recouvrer d'ailleurs. Quant à vostre Gazetan, nous avons eu avec vostre despesche celles qu'il n a dattées que du premier de janvier bien qu'il en fusse venu des exemplaires en ceste ville dez la sepmaine passée , par l'ordinaire party de Paris le jour précèdent dernier de décembre, et par le présent ordinaire M' le Mareschal en a receu une dattée du sabmedy 8^ de ce mois, bien que l'ordinaire soit party du jour précèdent qui n'estoit que le septiesme, où il m'a faict voir la rétractation de la fausse nouvelle de la mort de Yalestein, de sorte que si meshuy vostre Gazetan persiste à nier l'édition anticipée

rAcadémîe française (avril i63&). Voir ' S'il existe encore. La locution être en

V&oge que lui donne Pellisson {Histoire de tuUure n'a pas été indiquée dans le Dietioi^ l'Acadêmie/rançaiee, édition Livet, 1. 1, p. 1 8). noire de Littré.

de ses gazettes auparavant le despart du courrier de Lyon, je ne pense pas qu'il puisse maintenir créance parniy les gens d'honneur quelque changement qu'il aye affecté en la postériorité de la datte d'icelles, de laquelle il luy sera permis de payer envers le commun si bon luy semble, mais pour ceux qui ont des yeux, qu'il cherche s'il veut d'aultres excuses. Pour la personne que vous me recommandez, vous pouvez bien vous asseurer que non seulement je luy feray sçavoir ce qu'il vous a pieu m'en escripre, mais qu'il ne tiendra point à moy que je ne la serve en tout ce qu'il me pourra estre loysible, vous estant obligée! à M"" vostre frère comme aux meilleurs amis que j'aye au monde, mais ce personnage estoit neantmoins entré en quelque ombrage contre moy, s'estant imaginé que sa partie eusse de grandes habitudes avec mon frère de Valavez et avec moy mesmes, en quoy il a voit eu de fort mauvais advis, car au contraire ils estoient demeurez dans quelque degoust de ce que ayant moy rapporté un procez de son frère aisné en l'an 626 ^ ilz n'en avoient pas obtenu tout ce qu'ilz s'estoient promis par l'arrest, duquel neantmoins M' le procureur gênerai Fiobet, qui y avoit le mesme interest que luy, n'avoit pas laissé de se tenir pour content et d'advoûer que nous luy avions faict bonne justice, dont neantmoins cez aultres Messieurs n'avoient cessé de se plaindre toutes les fois que l'occasion s'en estoit présentée jusques à maintenant, de quoy j'ay creu vous debvoir advertir confidemment vous estant ce que je vous suis, parce que celluy pour qui vous m'escrivez s'estoit laissé entendre de me vouloir récuser, à quoy je luy fis dire que trez volontiers je luy presterois le collet, pour faciliter le succez du jugement de sa récusation à son contentement, afin de luy oster toute sorte d'ombrage et de regret, et si sa récusation ne pouvoit recevoir assez de 'fondement, je verrois de m'absenter pour guérir tout à faict son esprit. Je suis encor attendant de voir la resolution qu'il en aura prinse, mais bien plus impatiemment quelque digne moyen de vous servir en meilleure occasion , en recognoissance de tant de bons offices

' Peiresc, oomme on le iaisait souvent aalrefois, supprime le chiffre mille et écrit 6fiS pour 1695.

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