II
UirKiaZIUB lATlOIAU.
de ce que celuy cy dict, pour recogooistre le vray nom de son aulheur. Il y en a des m[anu]s[crit]s, ce me semble, dans la bibliothèque du Roy, et dans celle de l'Oratoire de M' de S* Malo \ et d'aultres encores que le deffunct P. Fronton avoit tenus ^. Quaad on est dans un village despourveu de pain blanc, on ne laisse pas de se riier sur le bis et dy trouver de Taliment, quelquefoys aussy fructueux que Taultre. Au reste j ay enfin trouvé moyen de vous faire tenir par M' Farnoux, jadis consul des Françoys en -Egypte (qui est party sammedy pour Marseille, d'où il debvoit aujourdhuy prendre la routte de Paris), un pacquet lequel je vous avoit faict il y a plus de ti*oys moys, pensant en charger le sieur de Piensin de Toulon, quî passa sans se laisser revoir, dans lequel vous trouverez 3o pistoles d'Espagne pour subvenir aux fraiz de touts cez curieux libvres nouveaux dont il vous a pieu me faire part, auxquels je seroys bien aise d'adjouster l'Horace de Hcinsius de la dernière édition reveûe et augmentée^. Ensemble une grande Histoire de Rouan dont on me faict feste^ et un livre de M*" Grottius sur quelqu'un de cez poètes Grecs anciens^, et s'il estoit possible de faire venir d'Angleterre une coupple de copies du Seldenus de jure hereditario Hebrseorum \
^ Achille de Harlay, fils du célèbre sieur de Sancy ( Nicolas de Harley), naquit eu 1 5 8 1 , fat ambassadeur en Turquie, devint piètre de l'Oratoire, ëvéque de Saint-Malo (fëvrieri646). M. L. Delisle a rappelé {Le Cabinet des tnanusàrits, t II, p. 967) que les Oratoriens de la rue Saint-Honorë possédaient une belle ooilection de i|iaauscrits orientaux, qui venaient, pour la plupart, ' d'Achille de Harlay, baron de Sancy, mort évéque de Saint-Maio.
* Le P. Fronton du Duc Voir, sur ce savant rdigieux , L I^ p. Sa.
^ Il s'agit là de rédition de i699(Leyde, 'in-i6).LesElzevieravident publié, en 1698, les œuvres d'Horace sans commentaires et pour l'usage exclusif des écoles.
* À cet endroit, Dupuy a mis en marge de la lettre de Peiresc : tfHist. de N&rm.
foLv II suppose évidemment que Peiresc avait voulu parler de l'Histoire générale de Nortnan£e . . . , par Gabriel du Moulin, Rouen, i63i, in-fol. (Note de M. Léopold Delisle).
* Peut-être le volume publié qudques années auparavant : Exeerpta ex tragœdUs et comadiis Grœcis , emendata et Latinis versibus explicata ab Hvg. Grotio (Paris, Buon, 1696, in-4*).
* Ce fut dans sa prison que Jean Selden composa son traité : De successiouibus in bona defuncti ad Leges Hebrœonun, imprimé pour la première fois en 1 63 1 et râmprimé en 1 636.
[16â3] AUX FRÈRES DUPUY. 60S
Il s'est descoBvert une vieiile Histoire in[anu]8[crite] qui finit à Urbain II, et qui commance d'assez hauJt les choses de cette province, et particulièrement du costé d^Avignon, Orange, Gavaillon, Ambrun, oii il y a de grandes notices pour les origines et généalogies de noz princes, et y a mesmes un concile qui est eschappé au P. Sirmond ; mais cela est tombé entre les mains d'un très honneste homme , qui neantmoings en est si jaloux qu'il n'en veult rien laisser voir, se voulant donner l'honneur de le faire imprimer luy mesmes dans deux ans, ce dict il, en quoy il nous obligera bien fort, et le feroit bien davantage s'il pouvoit anticiper le temp», car il me tient en une merveilleuse impatiance d'en voir quelque chose. Il ftit bien malade cez moys passez, et ce seroit grand dommage si cela tomboit en mauvaises mains, cez siècles qui y sont traictez ex professo estant de ceux où l'on a plus de besoing de secours de livres, car on me dict qu'il s'estend beaucoup sur les deux ou troys cents ans devant Urbain II dont nous avons si peu d'autheurs curieux. Vous pouvez penser que je luy faicts l'amour, à bon essiant, c est à dire sans rien obmettre ne espargner de tout ce qui peut fleschîr les plus fieres et plus inexorables maistresses, non seulement pour l'amour de raoy, mais aussy pour l'amour du bon M'^ du Ghesne qui en sçauroit encores mieux faire son proffit que moy. Il fauldra que le temps nous y ayde si la chose est faisable, pour abbreger un peu la mortiBcation où j'en suys aprez avœr rendu d'assez dignes services, ce sembloit, à ce personage pour pouvoir prétendre sur luy un peu de communication d'une viande de si hault goust pour moy, mais je n'en ay peu apprendre aulcunes aultres particularitez que celles de cy dessus, encores avec prou peine; bien a t'il asseuré qu'il n'y a poinct de nom d'autheur, ce que je regrette grandement. Nous avons icy depuis deux jours Monsieur Petit de Nismes, qui me promet d'estre icy tout ce moys, dont je suis bien fier; je ne sçay si j'auray de quoy luy fournir de la pasteure proportionnée h son génie; sa conversation est merveilleusement doulce, et agréable, et digne d'un meilleur sesjour que celuy où il se tient. Il faict mettre au net ses loix attiques, lesquelles sont bien advancées^ et quasi prestes à mettre au jour, croyant bien quil
ne tardera pas^ On nous parle icy depuis quelques jours d'une version Françoyse des oeuvres de feu Monsieur de Thou preste à imprimer*. J'ay escript pour sçavoir en quel estât clF est, croyant que vous avez grand interest de sçavoir ce que c est. On parloit mesme de l'imprimer en un lieu où Ion vouloît establir une nouvelle impnmerie, mais j'entends que le marchand n est pas prest à trouver un fonds proportionné à un tel ouvraige; si j'en puis rien apprendre de particulier, je ne fauldray pas de vous en faire part, estant de tout mon coeur. Monsieur,
vostre très humble et trez obéissant serviteur,
DB Peibbsc.
A Aix, ce 19 septembre i633.
La maladie de mon homme fit demeurer mon pacquet l'ordinaire passé , tellement que vous en aurez deux à ce coup , dont je fus bien mortifié huict jours y a, ne s'estant depuis offert aulcune commodité extraordinaire pour le vous faire tenir de toute la semaine, bien qu'elles soient assez fréquentes lors qu'on n'en a que faire, par les courriers de Gènes ou de Rome '.
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY
À PARIS
Monsieur, J'ay receu, avec vostre despesche du 16 de ce mois, les petitz imprimez et pièces du temps, que j'ay bien pris plaisir de voir, ensemble
' Ommentarii m leges Atiicoê (Paris, tempsd'acheYer,ècetâge,uiietradnctiooqui
t635 , in-foL). du reste, à la façon dont il s'en tira, dut ira
^ Il ne faut pas penser à la version du eoAter in6ninu»nt peu de peine. Nous verfutur académicien Pierre du Ryer, laquelle rons plus loin (lettre C\XXVII) qu'il s'agît ne devait voir le jour qu'en 1689 (^ ^^'* ^'^^ précurseur de du Rjer, nommé Gain-fol ). 11 est vrai que du Ryer, en i633, briel Boulle. avait d<^à trente-sept ans et qu'il aurait eu le ^ ¥0]. 717, fol. 980.
[1633] AUX FRÈRES DUPÛY- 605
les nouvelies de la Cour du xi et du xii, que je n'ay point trouvé estranges après Tevasion de cette princesse S craignant fort que son mariage ne soit auitant peut eslre et plus funeste à sa maison que celiuy de la Princesse de Mantoûe avec le Duc de Retelois^, qui avoit neantmoins tant de droict et tant de voeux de son costé, ce qui ne sera pas peut eslre en celiuy cy. Le succez du siège de Nancy en fera bien tost paroistre des effectz, je masseure^, car j'ay bien de la peine à me persuader que cette grande villace *, vraysemblablement mal agguerrie et mal pourveûe des gens du mestier, puisse faire guieres de résistance aux armes du Roy. J'ay pris plaisir de voir la commission de Messieurs du Parlement de Metz, qui nous a servy à ne pas doubter du supplément d'un mot que M' Rigault avoit ôbmis par mesgarde en sa lettre ; le libvre dont il parle de cet evesque suffragant pourra enseigner de belles choses de cez pais là s'il a mis le nez dans les vieilles chartes^ comme je le pense. Les fagots que vous avez baillez au sieur Perrin du 2 0 et 27* d'aoust ne sont poinct encores arrivez à mon grand regret, mais les galleres du Pape ne le sont pas aussy, tellement que je ne suis poinct encores hors d'espérance de faire tenir à Rome par ceste voye là l'Histoire de M' de Thou, à propos de laquelle il fault que je vou^die qu'en recognoissant mes livres j'ay troavé de manque le premier volume que j'avois de la première édition , avant qu'elle eust esté chastrée* ; si par bazard il s'en trouvoit encores quelque exemplaire, je le payerois volontiers^ quand mesmes il seroit un peu frippé, pourveu qu'il y restast encores assez d« marge pour le pouvmr rellier proprement comme il le
^ Marguerite ^e Lorraine, sœur du duc Charles, qui avait été mariée à Nancy, le 3 janvier i63« , avec Gaston d'Orléans, frère de Louis XIIL
* Charles^ duc de Réthelois, fils de
Charles I*', duc de Mantoue, et de Caiherine
. de Lorraine, mourut ie 3o ao4t i&3i, ayant
épousé, le 95 décembre 1697, sa cousine
Marie de Goozague.
^ Au moment où Peiresc exprimait cet
espoir, Nancy avait ouvert depuis deux jours ses portes à Louis XIII en vertu du traité conclu eolre ce prince et le duc ChaHes de Lorraine (94 septembre i633).
^ Le Diehonnaire de Littré rappelle que Pasquier^en ses Recherches, a parié de «cette grande villasse de Romei) et que Voltaire, dans une de ses lettres, a parlé «de cette grande villace de Paris».
* Paris, 1604-1609, h vol. in-fol.
mérite , et n y espargneray pas quelque chose de plus de la valleur comuiune, me ressouvenant que celluy que j avois achepté de Febvrier m a voit cousté le double du prix commun. Au reste il fault que je vous die de plus sur ce subject qu ayant appris qu il se parloit dHmprimer une version Françoise de ceste belle histoire de M' de Thou en cez quartiers de deçà, que Ion disoit estre toute preste à mettre soubs la presse, et par où Ton pretendoit d acquérir de la réputation à une nouvelle imprimerie que Ion veut establir en la ville d'Orange \ soubz Tadveu et peut estre quelque contribution du Prince pour faire valoir sa ville, j'ay mis tant de gens en queste qu en6n j ay appris qui estoit celluy qui faisoit cette entreprise et qu'elle n'estoit pas si advancée comme Ton m'avoit dict, ayant veu neantmoins que vous aviez intherest d en sçavoir tous les tenantz et abboutissantz qui estoient venus à ma congnoissance, soit que vous en eussiez ouy parler auparavant ou non, et pour cet effect je vous envoyé la response que ma faicte sur cela un gentilhomme bien curieux à qui nous appartenons un peu, nommé le sieur de Beaucastel, qui se tient à Gourteson^, des dépendances de la principauté d'Orange, avec la lettre qu'il avoit eue de la part de ce traducteur, ensemble un libvre de cMitroverses du mesme autheur qu'il y avoit adjousté pour me faire voir son. style, dans les epistres liminaires; encoies que la despesclie soit vieille, je ne l'ay receûe que depuis hier pour estre passée par diverses mains et avoir faict quelque sesjour eu Arles. Mais je ne feray point de responce que je n'aye de voz nouvelles sur cela, et que je ne sache ce que vous trouverez bon que j'en die, soit qu'il faille l'exhorter à continuer ou le desmouvoir de ceste entreprise au cas que vous ayez quelque aultre en main qui s'en puisse plus dignement acquitter, comme je n'en doubte quasi point , voyant les demandes que vous m'avez faictes aulcunes foys pour les noms vulgaires
' L'imprimmeavaitëté pour la première bs écrits. reUdfi i l'hitloire de eeOe vilie
fois ëtaUie à Orange^n plein xyi* siède. Voir ( Valence , 1 877, in-8*). le Dictàmnaire de Detchampe , et MirtoQt ane ' Goarthesmi ( département de Vanelnse,
brochure spéciale du D' Martial Millet, Ne^ arrondissement d'Avignon, canton de Bé-
tiee sur les imprimeurs d'Orange et les livrée darrides, k B kilomètres de eetle vflie). sortis de leurs presses ,, avec tm appendice sur
de quelques lieux et de quelques personnes de pardeça qui y sont mentionnées qui semblent estre pour ayder quelqu'un qui eusse ce travail en main\ et au cas que cela soit, je ne pense pas que ce soit pour celluy cy que vous vous soyez donné ceste peine, puis que j'apprends par les lettres cy jointes qu'il n'estoit pas trop bien informé des intentions de feu M' de Thou pour ce regard, dont vous l'auriez peu esclaircir beaucoup mieux et plus certainement qu« celluy q<ui s'en est meslé; toutes foys je me pourrais encores tromper; tant est que les fagots du sieur Perrin ne pourront point arriver aussy tost comme je le désire, pour ne perdre une si belle commodité que celle de ces galleres pour faire tenir de la marchandise qui a si peu de commerce en ce païs là hors des mains des gallandz hommes, comme ceste histoire, et peut estre ce livre du milord Herbert^ pour le P. Gampanella, à qui je l'envoyeray et seray bien ayse d'escripre par mesme moyen en suitte d'une lettre que j ay de luy. Cependant je vous doibs bien remercier comme je faicts trez humblement du soing que vous avez eu de me procurer un exemplaire de ceste pièce de Milord Herbert, que je tiendray à singulière faveur et obligation envers M" Deodati aussy bien qu'envers vous. Je vous doibts bien encore des remerciements comme à M*^ Rigault de la participation de son Tertulian, mais je vous supplie de m'en faire achepter un exemplaire pour le cardinal Barberin qui me le demande avec grande instance, et s'il est possible que ce soit du plus beau papier tant pour l'un que pour l'aultre exemplaire, car pour moy j'ay gt*ande envie de relire encore une foys ce libvre sur ceste belle
^ Rappelons, h ce propos, que Jacques Dopay avait publie un index des noms propres qui se trouvent latinises dans V Histoire du président de Thou (Genève , 1 6 1 4 , in-4* ) , et qoe cet index fut réimprimé sous ce titre : Resoludo omnium diJieuUatum, etc., h Raîisbonne (1696, in-4**).
* Le De veritale dont il a été question plus haut (lettre GXXIX). A propos de renvoi par Diodati (qui était alors en An-
gleterre) d'un exemplaire du même ouvrage à Gassendi, Bougerel analyse (p. iSiiSy) les observations de son héros sur les idées soutenues par Tancien ambassadeur d'Angleterre en France , observations que Ton trouve in extenso dans Tédition des Œuvres complètes (Lyon, in-foL, i658 : Ad librum D, Eduardi Herbtrti Angli de veritate e/nrstola).
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édition là, et payeray volontiers au libraire la plus vailue du papier tant de Tun que de Taultre. Je ne me suis point dessaisi des petits livretz du P. Malapertius et Hortensius, jugeant bien quils auroient esté tous enlevez comme ceux de Skikard, mais j'ay une si grande mortiffication de ne leur pouvoir laisser passer les niontz que je n« le vous sçaurois exprimer, et s il estoit possible pour ces petites pièces là de peu de coustange, principalement de celle de mathématiques, de m'en retenir une couple d'exemplaires lorsqu'elles arrivent, vous m'obligeriez grandement, et m'osteriez d'une grande peine. Nous attendrons en bonne dévotion cet aultre fagot du douaiesme septembre qui ne pourra pas arriver de quelques jours, principalement à ceste heure que les pluyes et inondations ont si fort rompu les chemins, mays j'ay esté înGniment ayse de voir par vostre bordereau que vous y aviez mis le libvre de Seldenus, pour lequel je vous escripvis dernièrement, et seray trez ayse de voir ceste belle histoire nouvelle d'Angleterre dont vous ne nommez point l'autheur qui meriteroit bien d'estre sceu, puisque la pièce est si belle comme vous dictes, au cas qu'il n'aye mis son nom en ceste édition et qu'il se puisse apprendre; j'attendray aussy ceste relation de M^ Hulon ^ en bonne dévotion , et pour les deux traittez qu'il a pieu à M' Godeffroy de m'envoyer, puis que vous les aviez faict transcripre par Quentin, je ne laisray pas de m'en prevalloir et les envoyer possible au comte de Marche ville qui est grandement friand de ceste marchandise, tellement que tousjours en seray je bien redevable à M'' Godefltoy à qui je tascheray de procurer tout le contentement qui pourra dépendre de moy, espérant du coslé de Thoulouse tout ce qui se trouvera en estât sur les registres, mais pour Rome je n'ose pas luy promettre grand chose d'une marchandise si jalouse , les registres, estantz fort mal communiquables, car je n'ay jamais peu avoir extraict de deux ou trois bulles, cottées et dattées par le P. Bzovius en sa continuation du Baro-
' Prieur de Ca8san(en Languedoc ), des noie des Lettres de Jean Chapelain (t. 1, habitues du cabinet des frères Dupuy, demi- p. 194-195). On trouvera beaucoup de défrère de Jean -Jacques Bouchard. Voir les tails sur la relation de Hullon dans une des Confession» de ce dernier (p. 5 à 65), une lettres suivantes (n*" CXXXV).
niu8\ ^t particulièrement de celle en vertu de laquelle le Pape entra en possession du Comté Veuaiscin, qui a esté tousjours continuée jusques à présent, dont je faisois la recherche pour Tàmour de vous, et ce fut ce qui accirocha les mémoires que j avois commencé de dresser sur ce subject, qu il fauldra neantmoins vous envoyer un matin telles qu'elles sont, si nous n'y pouvons joindre ceste pièce et une aultre que l'on m'avoit faict espérer des Archives de Carpentras qui ne se sont jamais rouvertes depuis. Je vous escriptz^ au lict, m^estant faict tirer un peu de sang pour un peu de fiebvrotte^ que m'avoit causée un vent marin fort fraiz qui me surprit samedy matin l'audiance tenant, mais grâces à Dieu je suis sans Gebvre,et grandement soulagé; cela me servira neantmoins d'excuse que vous ferez, s'il vous plaist, envers cez MM" sy je diffère de leur escrire au prochain ordinaire et particulièrement à M' Godeffroy et à M' Rigault et à M' Lhuillier, ensemble à Monsieur du Puy, vostre frère, qui a droit de me commander plus absolument qu'il ne faict, principalement pour des personnes de mérite si relevé comme est M' Hérault', qui sera tousjours le Irez bienvenu et servy de la meilleure façon qu'il nous sera possible. Je vous envoyé un verbal du coup de tonnei^re de Masan exlraict des registres de l'Evesché ^, On nous dict que le tonnerre a bien faict du desordre à la Charité^, mais nous n'en sçavons pas les particularitez. J'y ay joint un aultre verbal d'un certain mal d'oreille bien extraordinaire. J'ay receu deux exemplaires du libvre de l'Altezza Reale du Duc de Savoye, l'un desquels est pour vous, et si ce n'est pas cet ordinaire à cause de la grosseur du pacquet, ce sera Dieu aydant par le prochain et parce qu'il ne se peult pas plyer en trop
* Abrahami Bzom conttnuatto Amialium Baranu (ab anno tigS, usque ad annum i566), Cologne, i6i6-i63o, 8 vol. infolio.
* Ce diminutif du mot ^/Uvre se retrouve dans une phrase de Molière {Le Malade imor ginaire) : «r Je dédaigne de m*amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires. . . à cesjEevroUéi. . ,n'
' Didier Hërauld, ne vers 167 5, mort k Paris en juin 1 649 , fut célèbre commç éru* dit et comme jurisconsulte. On a de lui de savantes observations sur Arnobe, Martial, Minulius Félix, TertuUien. Il fut un des plus ardents des nombreux adversaires de Saumaise.
* L'évèché de Carpentras.
* La Charité-sur-Loire ( Nièvipe). ' "
610 LETTRES DE PEIBESG [1633]
petit volume sans le gaeter; j'y feray insérer le deMein de la plante du papyrus que j'ay enfin tirée des mains du peintre qui ma hieo faict languir en lattente d'icelluy, tant ceste sorte de gents tient mal vdontiers paroile en matière de besongne qui n'est pas tant de leur goust. Sur quoy je finis demeurant, Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Pbibssc.
A Aix, ce 96 sqitembre i633.
S'il se trouve quelque plan de Pignerol, je vous prie de m'en £aire achepter un exemj^ire, pour assortir le recueil de semblables choses ^
À MONSneUR, MONSIEUR DE LOMÉNIE,