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pas s^arrester plus de 8 ou lo jours. Et cela m'a £ûct dispenser d'envoyer mon exemplaire qui voue estoil destiné àa oMSme libvre au bon M' Robert , parce que c est praprement de sa vacation » et pour cet effect j'en chargeray M^ de la Fayette ou un aultrelgeoitiihomaie qui va avec hiy, lesquels doivent partir dans deux ou troys jours, car M' de la Fayette ira en Touraine avant que prendre ia^ routte de Paris. Et j'en attendray d'aultres exemplaires que j'ay envoyé quérir à Rome pour moy et mes amys. Cependant si le mien arrive plus to^t à Paris, je mettray ordre qua M' Gaillard l'aille prendre chez le sieur RidbiD pour le vous faire voir des premiers .en attendant le vostre, qui ne peult meshuy gueres tarder de venir, et les Moreau^ me promettent de faire partir bien tost des balles pour Paris, ouitre que le retour du Roy fera mettre en chemin efforce monde comme je pense de jour à aultre.
L'aultre mortificaticm que j*eus, et dont je ne sçauroys parler sans que mon poulx en soit agité quasi aultant que si j'avoys la fiebvre bien forte (tant j'ây de honte d'avoir esté cause que vous ayez prins tant de peine pour chose si mal digne de vous , et des sérieuses occupations qui vous debliennent d'or&naire) , fut de voir la patiance que vou&aviez prinse d^escrire de vostre main jusques à dix ou douze feuillets de minu tte à doubles colonùe» éii chasque page, et que vous eussiez voulu tenir compterrolle de tant de menues et importunes fournitures contre l'expresse supplication que je vous avoys si solennellement faicte et si souvent réitérée , de vouloir seulement tenir en un coing de vostre cabinet un petit sac de mon argent, pour y prendre journellement ce qu'il fanidroit payer pour moy sans aultre compteirrolle que de taiir mémoire de ce que vous auriez mis. Encores n'estoit il pas nécessaire que de sçavoir quand le sac comaenceroit à s'alléger, afin d'y remplacer des fonds pour les pièces courantes. Estant du tout impossible que vous n'en ayiez oublié une inGnité d'articles, car U fanidroit un homme qifl n'eust aultre chose à faire que de se tenir au contoir avec son libvre devant soy, comme les commis des banquiers, pour y escrire à toutes heures tant de menue despence, qui me faict rougir et trezsuer sang
et eau* quand j'y songe, et que je considère mon indiscrétion de vous avoir fourny de la matière d'une si importune et onéreuse occupation, où il se trouveroit toufijours à perdre pour vous 80 ou 100 pour cent^ ouiti*e le temps qui vous est si précieux et si utile au public et à voz amys, aussy bien qu'à vous et aux vostres. Ce qui me constraindra, puis que vous ne voulez user avec moy de la liberté que je vous de* mandois en cela, de chercher quelque aultre adresse à quelqu'un à qui le temps ne soit pas si cher, et si M' Gailhard faict du sesjour de pardelà, je luy endosseray cette courvée et de porter, toutes les foyis qu^il ira à l'Académie, une petite bourse de mon argent à part pour payer en passant ce que vous luy direz de prendre pour moy en matière de livres «u aultre , vous suppliant trez humblement de Tagreer ain&ôn , et de luy donner les advis aux occurrances de ce que vous trouverez à propos de me faire achepter ou transcrire, m'asseurant que quand je l'en auray une foys prié, il ne fera pas de difficulté de practiqaer ce que vous n'avez pas voulu faire, et de se contenter de tenir mémoire seulement du prix de quelques livres plus rares et plus considérables, et pour le surplus prendre de l'argeiyt dans mon sac quand il en fauldra, et m'advertir quand il commencera à faillir. Car sans mentir, hors de laisser ce seing à quelque facteur ou commis de libraire , je ne sçauroys souffrir cette peine au moindre de mes amys, et à plus forte raison à vous. Monsieur, de qui les moment^ me doivent estre si chers que le regret et desplaisir ne fast cappabie de me donner la fiebvre à bon essiant, aprez les inquiestiides d'esprit que j'en ay desrja espifouvées plusieurs foys, et principalement à ce coup, rien n'ayant peu y apporter du tempérament que l'errance et l'occasion de vous en des^ charger présentement sur le dîct sieur Gailhard en af^tendant le retotir du sieur Prieur de Roumoules.
La troisiesme mortification a esté de me. trouver trop pressé maintenant, à mon grand regret, pouî- revoir et considérer les passages de
' Uttfrf, au sojet de la ioentioa mer smg ef ea» ^ ne cite qiie la Plaidman ée Racme et xm roman de Lesage.
Pline sur le papyrus ^ et ce que tant de grands hommes y ont voulu discourir \ afin de vous pouvoir parler plus particulièrement, en vous faisant la relation de ce que j'ay esprouvé sur ma plante , dont j ay essayé de séparer la substance de la tige à peu prez comme veult dire le Pline, et ay trouvé qu'elle se divise assez facilement tout de son long et retient assez de fermette, par le moyen de certaine espèce de menus filaments qui y régnent de hault en bas, pour faire quasi le mesme effect que Ion void en la tisseure ou fabrique du papier de vostre Âvitus, et neantmoings retenir une faculté naturelle d'adherance les uns aux aultres, quasi comme s'il y avoit je ne sçay quoy de glutineux^ en Thumidité de la plante, quand elle a esté cueillye quelques jours. Car quand elle est fraische, Thumidité y est trop abondante pour cela. Il fauldra y mieux penser à loisir. Dieu aydant, et y appliquer Texperiance qui s en pourra tirer. Cependant, pour la forme de la plante, je suis marry que je ne la fis portraire dans le temps quelle se commançoit à espanouyr, car vous l'eussiez veue avec ses filaments bien adjustez et bien roides en hault, ainsin que des vergettes, mais cela ne dure quun jour ou deux, car à mesure quelle s'espanouyt, cez filaments commancent à s'abbattre çà et là, jusques à tant qu'ils sont en la forme que vous les avez veus, où ils demeurent aprez jusques à ce qu'ils seichent et perdent leur naturelle couleur verte. Je tascheray de vous en envoyer des houppes entières que j'ay faict coupper exprez pour cet effect pour vostre satisfaction et de M' Hullon, à qui je vous supplie de faire mes excuses en attendant un peu plus de commodité, pour une plus exacte disquisition. Et possible auray je le moyen d'en envoyer quelque filleule vivante au printemps prochain, ayant cependant envoyé à Boysgency mon vase pour y passer l'hyver avec moings de regret qu'icy.
* Livre XIII , ehap. xxi, xiu et xxiu. m tria C, PUmi de Papyro capita Khi XIII) ^
* Je suppose cpie parmi ces grands dans ies Opuseula varia (Francfort, tôt 9, hommes Peiresc n^oubliait pas son ancien i-66).
correspondant Joseph Scaliger, qui a ëcrit * Glutineux est déjà dans les œuvres
de si savantes pages à ce sujet {Anmadver- d'Ambroise Paré, ainsi qaeglulùiotiti. mnes in Mekkiori» Gwlandini Commentarium
Mais j'ay une aultre relation à vous faire concernant des caméléons vivants que j'ay recouvrez depuis peu, sur lesquels j ay observé de bien jolies particularitez que les autheurs anciens et modernes n ont pas touchées. Il y en avoit quatre, et en est mort deux par les chemins, dont Tun fust esventré en débarquant à TouUon , et y furent trouvez 1 5 oeufs gros comme des noyeaulx d*ollive. Des deux qui me sont de* meurez vivants Tun est de naturelle couleur gris pasle parsemé de petites tasches noires, Taultre naturellement de couleur verte tachette de plus grosses plaques jaulnes; mais quand on les expose au grand air, à Taspect du ciel et principalement au soleil, ils deviennent noirs lun et Taultre, et leur void on commancer par le costé du corps qui regarde le ciel, Taultre costé retenant encores sa couleur naturelle. Le verd a le ventre plus enflé que laultreet je juge que ce soit une femelle pleine d'oeufs comme l'aultre. Us font de la fiante noire et jaulne, en forme de crottes comme des noyeaulx d'ollive, et la verde prend souvent des mouches, à mesure qu'elles voilent à l'entour d'elle, avec une vitesse comparable à celle d'un esclàir en dardant sa langue de la longueur de 3 ou & doigts, bien que leur desmarche soit plus tardive que celle des tortues. Mais leur forme de dormir est admirable, car ils grimpent et s'agraffent contre les montants des branches de la cage, avec leurs quattre pattes et leur queue , de sorte qu'ils sont comme pendus en l'air; et ne se destournent pas de leur repos et de leur posture pour peu de bruict. Si je les eusse eusidevant l'esté, je pense que nous aurions faict de bien curieuses remarques, mais à ceste heure que l'hyver approche, je crains fort de ne les pouvoir saulver jusques au bon temps, attendu que les mouches manqueront au premier froid, et je ne sçay où les tenir en lieu qui leur soit propice, car ils viennent d'Affrique où il faict bien chauld et où ils se cachent, dict-on, l'hyver dans les cavernes, où c'est que je veux bien croire qu'ils ne mangent pas beaucoup nom plus que les tortues et aultres animaulx qui jeûnent et vivent l'hyver de leurs chairs, comme l'on dict. Mais Dieu sçait si dans la terre ils ne trouvent pas quelque aliment qui nous est incogneu, et quand ce ne seroit que l'air soubsterrain avec son humidité et challeur naturelle en
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ce temps ià, c est chose que je ne luy sçauroy s fournir que bien difficilement, craignant que d'auitres animauk ne. les ¥Însgent persécuter dans les caves si nous les y tenions, et que l'odeurdu vin ne fust cappable de leur nuyre. J ay envoyé demainder à Marseille si quelqu'un de ceux qui ont faict du sesjour en Âffriqne talauroit point observé comment on les entretient durant i'byver, car pour Testé je n!en seroys pas en peine. Je ne pensois pas vous en dire tant, mais cela •m'est eschappé insensiblement. Vous excuserez ce desordre et lanufveté avec laquelle je vous entretiens possiUe trop librement de mes ^>ccopatîons chettives d'un cogne-festù^ sur la confiance que j'ay en vostre bonté, et de cez Messieurs de chez vous qui me pardonnent de si bon coeur et de si bonne grâce mes petites infirmitez et maladies d eeprit et sur tout mes lentitudes^ à vous obeyr et servir, spécialement en oez mémoires du Yenaisdin, pour rassortiment desquels il me Jhikit raager mes papiers où je suis bien adseuré de trouver de bon secours, de quoy je n'ay encores sceu prendre le temps. Maia â fault q«e ije m'ahstienae du Palais qudques jours pour en venir S bout et me deslivrer de cette promesse envers M*" du Puy, vostrë frère, <et de tout plain daudtres dont j'espère avoir moy^en de m'acquiter envers diveroiunya.par cette recherche. Au reste j'ay ijoiisjours de mmvelles obligations k Monsiew de Thou du souvenir qu'U veuit avoir d'Autan, et à vom^ .Monsiev, du seing que vous prenez de i'eirtretemr en c^bte bonne disposition; Si son ch^oain s'adonnoit de ce codtélà, sa venue noua .esckardroit dé toutes choaes. Pour le P. Bayn«ud^»}e peMeiquttn vain ^n.a'y atleftdroit, âpre? avoir esprouvé combien aa m^flioire eit courte, de iCè. qu'il se charge de faire.
^ La Gurne de Sainte-Pabye, dans son fntfesiu, qp se lue ea ne feiisaDt neo.* Glossaire, mentionne, au sujet de cette * Nous avons déjà trouvé ce mol employé expression prov^bialè, led CàmmmUairei iBiufflfiguIiep'(t I, p. Syi). de Montre et les Qtrfqmtéz Jrmfoiêei ' Ge P. Ràyotnil, qui était Miaiaie , ae d'Oudin. Voir encore Le Roux de Uncy, doit pas être confondu avec le P. Théoci tant, dans Le livre des proverbet françttU phile Rayoand, Jésuite, qui figure dans (t. H, p. 3â), cette plirasè de la Comédie le tome I (p. ^^i) et dans le présent tome des proverbes : tr Aussi chanceux que eo- (p*39&).
Lee imperfections» de mes livres ont esté fort lûen suppléées par les deux feuilles qui! vous a pieu tai'envoyeh Si leTertullian arrivoit bientost, il se présente dans i5 jours une trez bonne commodité d'en envoyer Vnn à Bom^^et j'espère d'en recevoir au moings l'un et puis l'aultre viendra tout k son aise. Pour le Théophile de M' Fabrot, il fauldroit voir de mettre en queue au sieur Gramoisy^ quelqu'un de cez Messieurs qui vont souvent en sa bouttique, pour le faire presser souvent, tsat; ces jg^ts^ là ne' fopt jamais rien qu'à vive force de presse; aulUrémeaat il fSora^ awsay. eslc^gné d'y mettre la m^in ejd çaresme qu'à cette Jieare<^ ^atteodyF qu'il se priesente tousjours d'aultres pièces plus preasiéeaé
QuantÀ^^ Petite jayanjourd'huyreceu une sienne lettre sur la réception d'une lis^^ que je luy ay envoyée de libvres Arabes, entr' autres ces .4 voluDiisS'de Tiiemurus d,e Milan et quelques m[anu]s[crit]s en cette langue où il e^tudie présentement. Je luy escriray pour ce volume de litur^es Gophtes et ne doupte pas qu'il ne le renvoyé incon* tioant combien que je nei pense pas qu'il y eust faict tout ce qu'il eust désiré, "aom plus quà troys ^uttres qpil a à moy depuis plus d'un au. Et à vous dire le vray, quand H fust icy, je luy avoys dict de les garder jusque» à la fin de cette année pour 9 y bien instruire, et lors je faisoys estât de les joindre avec ceux qu'on me promet du Levant dans ce temps là, pour envoyer le tout à M' de Saulmaise, estimant qu'ils en ont affaire là, pour la traduction que l'on faict de certains libvres d'Histoire et d'Astronomye de ce païs d'iEgypte , qui sont en langue Arabique, mais vraysembtablement entremeslez de paroles et locutions ^Egyptiennes, comme estoit le Barachias du P. Athanase, et qui ne se peuvent facilement deschiffrer sans Tayde de la langue des Gophtes: dont on me faict espérer un dictionnaire, comme celuy de Rome, duquel je ne perds pas encores l'espérance, et ce que faict maintenant M*" Petit y servira comme fît au P. Morin l'eschantillon du Pentat^u4pie Samaritain pour obtenir la communication de cet exem-
' L'expression, qui est des plus pittoresques, n'a pas ëtë recueillie par dos lexicographes.
plaire in[anu]s[crit] du sieiir Pietro délia Valle dont on estoit si jaloux. Sur quoy je finiray demeurant, Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Psnussc.
A Aix; ce 3& octobre i633.
Je viens de recevoir d'Avignon un vieil pacquet de M' Hérault du U octobre, quil avoit laissé en si mauvaises mains, que je ne Tay eu qu'aujourdhuy 35°^, où il s excuse sur le desbordement de la Durance qui lavoit arresté deux jours dans Avignon, et qu'il estoit constraint de passer oultre en Languedoc, dont j'ay esté merveilleusement desplaisant, car il ne me donne aulcune espérance de retour de par deçà. Je suis trop malheureux puis que les rivières s*enflent pour empescher les honnestjss gens qui vouldroient venir en ce chetif pais pour y exercer leurs actes de charité. De sorte que me voila frustré de Tesperance que j'avois conceûe de servir en sa persone quant et luy M' du Puy vostre frère suyvant les commandements qu'il m'en avoit faicts par la lettre dont il m'avoit honnoré pour ce subject. U m'a envoyé une bien obligeante lettre de Monsieur l'advocat gênerai Bignon du i^*" septembre ^
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY, À PARIS
Monsieur, Vostre despesche et provisions adressées à M' de Valbelle furent portées sammedy par un de noz laquays, lequel ne trouva pas là M' le sacristain, mais il l'a cejourd'huy rencontré à my chemin d'icy à Marseille, regrettant bien que je n'aye sceu qu'il fust en cette ville. Il
' Vol. 717, fol. 999.
trouvera encores à ce soir voz lettres chez luy à temps pour vous en accuser la réception par lordinaire, et mon frère qui est à Marseille ne manquera pas d'y tenir la main comme il fault, ayant escript un mot à Monsieur de Thou qui sera cy joinct, où c'est que possible luy rendra t'il compte de vostre affaire. Ne voyant l'heure que la responce de mes lettres de Rome soit venue, et que le dict sieur sacristain soit allé faire faire vostre mise de possession sur les lieux puis qu'il s'en est voulu charger, pour voir s'il y apprendra rien de plus sur les actes possessoires des impetrans.
Quant à vostre commande, vous pouvez penser si j'en escriray et si j'y feray summum de potentia, ne doublant nullement que vous n'en ayez toute sorte de contentement, sinon du Gratis, à quoy l'on ne s'y cognoit guîeres, au moings pour la favorable expédition. C'est pourquoy j'estime qu'il sera bon de ne pas presser l'affaire que l'on n'ayt quelque asseurance du refus ou retardement de la dispence de ce jeune garçon, à cause que les fraicz sont grands de ces sortes de grâces. Pour le surplus, j'ay escript à M'Holstenius touchant cez deux livres de S* Cyrille sur S^ Jean, pour M' Aubert^ que je seroys trez aise de poû^ voir servir, et pour son mérite et pour l'amour de vous. Monsieur, et de M' Rigault. Je n'en ay poinct eneores de responce et suis en quelque espérance de l'avoir par un de mes amys nommé Chartres, party de Rome dez le 19"^ septembre, qui seroit arrivé longtemps y a, mais je ne sçay sur quoy Messieurs de Gènes luy font faire quarantaine à ce
' Jean Aubert, docteur en tbëoiogie de là facilite de Paris, principal du collège d'Harconrt, dianoine de Laon, succéda en 16A8 Â Pierre de Montmaor dans la chaire de grec du Collège royal de France. Il ne la posséda que depuis le ao février de cette année jusqu'au 1*' novembre, qui fut le jour de sa mprt C'était, dit Goujet (Mémoire hist, et bibl. sur le Collège royal de France, 1. 1, p. 569) ffun homme très savant dans les langues, dans les humanités et même dans la théologie. Guy-Michel Le Jay avoue.
dans la Pré/ace de la Bible polyglotte, qu'il lui était redevable des soins qu'il avait bien voulu se donner pour revoir le texte grec de cette polyglotte. Tout le monde connaît aussi son édition grecque et latine des OEuvres de saint Cyrille, patriarche d'Alexan* drie, la seule que nous ayons en grec et en latin (i638, Paris, 6 vol. in-fol.). Voir sur cette édition ï Histoire des auteurs sacrés et ecclésiastiques, de Dom Rémi Cellier, t. XIII, p. A06, A07. . .»
lUI'RIMCRIK RATIOIlIt.
eSA LETTRES DE PEIRESC [1633]
qu'on ma escript de Marseille. Bien vous diray-je que M''Aubert auroit bien peu me confier un peu plus franchement, puisque M' l'Archevesque de Thoulouse en estoit demeuré d'accord, ce m[anu]s[crit] des Astronomes Grecs qui m'a voit esté offert et promis pour le dict sieur Holstenius, et qui a voit deub estre transcript depuis le temps qu'on est aprez, plus d'une foys si l'on en avoit envie. Craignant que M' Holstenius ne se soit un peu picqué de ce retardement et qu'on veuille qu'il se fie de la parole d'aultruy sans qu'on se veuiHe fier de la sienne. Possible n'y songe t'il pas, et vous pouvez croire que je n'y nuiray pas, mais voyant que je n'ay poinct de ses nouvelles, je crains qu'il ne me sçaiche une partie du mauvais gré, pour m'en estre entremis sans avoir bien mesuré la foiblesse de mon crédit. Je ne manqueray pas de luy en faire une recharge la plus instante que je pourray. Cependant je vous félicite à l'advance le retour inespéré tant de M' d'Aubray que de M"^ Rigault, et vous supplie de me conserver en l'honneur de leurs bonnes grâces. Estant grandement obligé à M' Valois du soing qu'il prend de eez eclogues de Constantin Porphyrogenete et ne tiendra pas à moy que je ne le serve comme il fault partout où j'en trouveray des moyens. J'attends la responce de M' Ja[cques] Godefroy pour les harangues non imprimées de Libanius et de Rome pour les Ëpistres du mesme autheur. Et vouldroys bien l'avoir engagé à l'édition de son Ammian. Nous avons eu icy cez jours passez le sieur deiVfuinemauer HoUandoys
que M' P ^ m'avoit adressé, qui est un trez galant gentilhomme;
il est à Marseille et nous avoit promis de repasser içy. Je suis bien redevable à M' du Chesne de la communication qu'il luy plaict m'octroyer de cez ëpistres de Louis VII, dont je tascheray de luy rendre un jour quelque revanche si je puis. Nous n'avons poinct eu de gazette par cet ordinaire, ce qui me faict croire que si le sieur Renaudot n'a changé dadvis, on m'a retenu son pacquet à la poster, pour estre clos d'un cachet trop cogneu par les commis soit de Lyon ou d'icy. Il fauldra le desguiser à l'advenir s'il veult que je l'aye asseurement ou bien qu'il le
* Déchirure da papier.
vous veuille confier pour l'envoyer soubs vostre enveloppe. L'on m'a faict feste d'un livre de^Gunœus intitulé Satyra Menippœa^; s'il s'en rencontroit, je ne seroys pas marry de le voir, favoys aultre foys veu chez M'Cramoisy un livre in-fo^ de l'Histoire de Gènes imprimé à Anvers, dont j'ay oublié le nom; je pense pourtant que ce soit le Foglietta^, Si vous en rencontrez un exemplaire complet, je le payeray volontiers et seray à jamais, Monsieur, .
vostre trez humble et trez obeyssant serviteur, DR Pbibesc.
A Aix, ce dernier octobre i6S3,
J'escripts à M' Hullon sur le Papyrus et vous faicts la mesme prière qu'à luy de vouloir pardonner mes faultes et ignorances inexcusables.
J'ay veu une lettre escritte d'auprez de Bar dans ce moys d octobre, par laquelle on mandoit que la Duchesse de Lorraine estoit attendue à Bar aussy tost qu'elle se porteroit bien, pour y rendre les Foy et Bornage deubs au Roy pour le Barroys, et qu'aprez cela on debvoit rendre le Barroys au Duc de Lorraine, par le moyen de quoy on s'y promettoit plus de repos que devant. Nous n'avions pas sceu cet article du traicté de Charnies^.
On escript de Bordeaux du i & de ce moys que M' Le Camus, procur reur gênerai de la Cour des aydes de Paris ^, estoit en ce pais là, pour
^ C'était une réimpression d'un opuscule que Pierre Cunasus avait publié, en 1619 (Leyde, in-16) contre des pédants dont il avait eu à se plamdre. Voici le titre complet de Topuscule : Sardi vmaks : StUyra Menippea in hujuê seeuK hamines pkroëque ifiêpte éruditos. Pethu Ctmœu* seront , . . addita est, ex efusdem interpretaiume, D.JulianUmpera" tùHs satyra in principes ronumos,
* Hubert Pog^ietta naquit à Gènes en i5i8, passa une partie de sa vie à Rome et mourut en 1 58i , laissant inachevée This^
toire de tfa ville natale que Paul, son frère, publia en i585 {Historiœ Genuensium libri XII, ab origine gentis ad annum 1 5ù8. Gènes, chez Jérftme Bartoli, in-fol.). Ni Ginguené {Biographie universeUe), ni Tauteur du Manuel du libraire fau mot FoUeta) n'indiquent une édition d'Anvers.
' Charmes est aujourd'hui un chef-lieu de canton du département des Vosges, arrondissement de Mireconrt, à i5 kilomètres de cette ville, à 95 kilomètres d'Épinal.
^.Nicolas Le Camus, fils atné de Nicolas
636 LETTRES DE PEIRESG [1633]
affaires particulières de Monseigneur le Cardinal Duc de Richelieu et qu'il y avoit porté une procuration de Son Eminence à M^ TArchevesque de Bordeaux ^ pour en son nom prendre possession de la Duché de Fronsac ^ et que pour cet effect [ils s'estoient] ^ acheminez sur les lieux pour y procéder *.
Monsieur,
J'ay receu avec vostre despesche du ùS^ cei mémoires de M' de Cordes^, dont je vous remercie et vous supplie luy faire mes humbles remerciments à la première veiie, ayant prins plaisir d'apprendre par son moyen des particularitez que je n eusse possible jamais sceûes, à fauite de temps d'en aliet* chercher des instructions dans de si gros volumes. Puis que vous me donnez la disposition de ce cahier de la version Françoise du latin de feu M*^ dé Thou, je Tenvoyeray à ce gentilhomme qui est amy de l'autre traducteur, afin de rompre le coup de Tentreprinse de cet ouvraige qui n'eusse jamais peu reuscir à vostre souhaict et satisfaction.
J'ay esté bien aise d'apprendre Texcuse de M*^ Gaulmin qui est bonne à sçavoir, et ne manqueray pas de renvoyer à M' du Ghesne la coppie d'epistres^ inconlinant que je l'auray peu parcourir, car puisqu'elle
Le Camus et de Marie Golbert, mourat ea de CMiru, p. 1 1 1, 1 1 4. D a été dëjii qoes-
i66i. Ce fut on des correspondants de Pei- tion de Fronsac et de Richdieu dans notre
resc. Voir deux des lettres qu'ils échangèrent tome I , p. 9&.
dans Texcellente monographie : Peirese abhi ' Déchirure du papier.
de GuHreSffBT Ant.deLantenay (Bordeaux, * Vol. 717, fol. 996.
1 888 , grand in-8% p. 1 1 1 et 1 1 9). * Le chanome bibliophile Jean de Cordes ,
' Henry de Sourdis. déjà plusieurs fois mentionné.
* Voir sur le cardinal de Richelieu, pro- * Les épitres du roi Louis VU dont il a
priébire de la terre de Fronsac, Peime obbé été déjà question p. i65.
doibt si tost estre soubs la presse je ne m'amuseray pas à en rien faire transcrire, bien prieray je M"^ du Chesne de m'en faire avoir un exemplaire de l'espreuve, s'il est possible, à Tadvance, et plus tost payeray le decbeq de l'imperfection que cela pourroit faire à un volume car je seray bien aise d'y barbouiller mes conjectures à la marge de quelques unes, pour noter les temps et qualitez des persones qui peuvent loucher noz contrées de deçà. Cependant je suis grandement obligé au dict sieur du Chesne de la courtoise communication qu'il m'en faict dez à cette heure, dont je n'abuseray pas, et plus tost ne le retiendray qu'un jour, de peur de faillir au terme qu'il vous a donné. Que si j'eusse sceu qu'il se deubst si tost mettre soubs la presse, je l'eusse attendu volontiers, comme je le luy avoys escript. Mias il m'a voulu donner ce tesmoignage de l'excez de son affection en mon endroict. C'a esté à mon grand regret que j'ay tant différé d'envoyer à Monsieur du Puy vostre frère les mémoires du Venaiscin, mais j'attendoys le moyen de remanier mes papiers, où je suis asseuré de trouver de bonnes pièces sans lesquelles ils seront deffectueux, car je sçay qu'il veult quelque chose de plus précis que le commun. J'ay veu le catalogue de la foire où j'ay veu promettre un libvre qui sera bien de mon goust en son temps, d'un canon Paschal escript par un Victorius Aquitanus l'an 45 7 S avec des commentaires d'un yEgidius Bucherius, Jésuite, à Anvers fo^^, et un
^ Ymdèj^Y Histoire Kuéraire de la France (t II, p. Aaâ-&98) nn article sur Victorius, auteur d'un cycle pascal. On dit dans cet artide que Victorios, appelé Victor par Frëdégaire, était d' Aquitaine et qne Paal de Middelbourg, qai écrivait an commencement du tYi* siècle, est le prenne qni Tait fait nattre à Limoges.
* On lit dans Tartide qui vient d'être cité (p. Aay) : «rLe P. Gilles Boucher, Jésuite, est le premier qui a mis au jour le cyde pascal de Victorius. Après avoir fait un fort long commentaire sur le texte , il fit imprimer Tun et Tantre avec diverses autres pièces sur
le même sujet en nn volume in-fol. , ii Anvers , chez Balthazar More! , qui tenoit la boutique de nantm, Tan i634 on ifr93, comme porte la date qui est ii la fin du livre, et que le marque Aubert le Myre.» Voir dans la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus (t, 1, 1869, col. 799-800) un article sur le P. Gilles Boucher, Bouchier, Bueherius, né en Artois Fan 1677, mort à Tonmay le 8 mars i665, artide où Ton donne la date de i636 au recueil ainsi intitulé : Mgidii Bueherii Atrelatis e Societate Jesu de doctrina Temporum Commentarius in Vietorium Aquitanum, etc. (in-foi.).
ThaumaturgusMathematicus avecdes figures entaille doulce , à Cologne \ qui pourroit bien estre curieux et bon à donner s'il n est trop cher. Vous m'avez cy devant envoyé cez deux pièces de Fromundus in h^ tant de Fimmobilité de la terre que de son labyrinthe \ de sorte que cela osté, tout le contenu de vostre mémoire est trez bon à retenir. Gomme du précédant mémoire, le Barlœus contre Machiavel, le Bivetus de origine Sabbathi in i â ^, cez Monumenta Hollandiœ Egmondana Scriverii^ 4°, le Winsenius Rerum Frisicarum /i**^, Belgar. Annales Reydani f* S Meursii Regnum Atticum "^ /i*». Et quant à cez suppléments des volumes in fol° Rerum Indicarum ^, il fault que j'examine un peu les
^ Cet ouvrage, qui parut eo 1 6a8 el qui reparut eu i636, en i65i, en i658, en 1706, avait éié compose par Gaspard Eqs, fécond polygraphe qui , né à Goreh , travailla pendant vingtr-cinq ans pour les libnires de Cologne.
' Fromundus est Libert Froidmont ou Froimont , docteur en Ihëologie de Tuniversitë deLouvain, né en iSSy, mort en i653 à Louvain , où il avait longtemps professe et où il était doyen de Saint-Pierre. Les deux ouvrages mentionnés par Peiresc sont : Anti^ Aristarchus , sive de orbe terrœ immohili, air versus Phtlippum Lansbergium (Anvers, 1 63 1 , in-A'') et Labyrinihus , sive de eompoitUane con/tnta (Anvers, i63i, in-A"),
' Dissertatio de origine sabbaU (Leyde, i633, m-iâ). L'auteur est le théologien protestant André Rivet, né à Saint-Maixent en 1573, mort à Breda en i65i. Voir la liste complète de ses œuvres dans la France protestante,
* Monumenta antiqua et inscr^tiones ontiquis tabulis et libris mss, R^alis Abbaiiœ Egmondanœ (Leyde, i633, in-A''). La première édition est de 1609 (Leyde, in-4''). Voir, 8i}r P, Schriver, t. I, p, 856.
* Pierre Winsenius , né en 1 586 , nommé
historiographe de la Frise en 1 6 1 6 » fut professeur d'éloquence et d'histoire h Franecker, et mourut le 1 1 novembre 1 6^& ; son Historia rerum Frisicarum, en six livres, parut h Leuwarden (I^eoYardi») en 1696, 1699, i6â6, i656.
' Reidanus ( Everbard ) ^ né à Deventer en i5i9, iîit bourgmestre à Arnheim, dépoté aux États généraux des Pays-Bas; il mourut le 9 5 février i6oa. Il composa en hollandais une histoire des choses faites en Belgique de Tannée 1 566 à Tannée 1601, dont Denis Vossius donna une traduction latine h Leyde en i633, in*fol.; il y eut une édition flamande de la même année dans la mâme ville.
^ Regnum Attieum, sive de R^ibus Atheniensium (Amsterdam, i633, in-&*). Jean de Meurs avait publié , depuis Tannée 1616, un grand nombre d'ouvrages rolaUfa k la Grèce, parmi lesquels on remarquait Athenœ attieœ, sive de prœe^^ Athenten" iium antiqmtalibus fiM /// (Leyde, tâsA, in-A*).
' S'agit*il là du recueil d'un érodit suisse , Louis Gottfried : Historia Indiw OrienUdisf Le tome XII de ce recueil (in«fol.) avait paru à Francfort en 1698,
[1633] AUX FRÈRES DUPIIT. 639
miens pour vérifier ce qu'il m'en peult manquer et tascher de les rendre complets. J ay veu sur le catalogue mesmes de la foire la Statera de Puteanus li^ de Leyden que je verray volontiers, et la satyre Menippée de Gunœus que je vous demaudoys Taultre jour, mais il fauldroit par mesme moyen vérifier si cette édition cy n'a pas esté chastrée, car j'entends qu'en la première il y avoit d'estranges libertez de langue. J'ay aussi veu un Christofori Hurteri AlamanidB seu Superioris Sueviae Ghorographia nova Ulmse apud Jo. Gerlerum f*, que je prendroys volontiers S si c'est rien qui vaille, car de ce pais là il nous fault prendre des instructions partout où nous pouvons.
L'on a aultres foys imprimé à Paris dez l'an 1 5/17^ et de rechef Tan 1B75 in 8^ des Homélies soubs le nom d'Eusebius Emissenus^ qui auront sans double esté refaictes plus proprement, avec la restitution des noms des vrays autheurs. Si vous en rencontrez quelque bonne édition, soit frippée ou en blanc, me ferez plaisir de m'en retenir, et en deffault d'aultres je prendray volontiers la première de l'an 15/17 V^^^^ q^^ 1® charactère m'en agrée davantage que de la suy vante de Tan 1578. Parce qu'il y a des choses de nostre Lyrins*, nous avons interest de voir ce que l'on en a tenu en divers temps, quoy que l'on ayt lors donné à cet Eusebius ce qui estoit de nostre Faustus * et d'aultres.
* Je ne trouve rien sur Christophe Hurter. Je vois seaiement que VAliemama , tive Suevia superior parut aussi h Amsterdam chez Jean Blaeu et Jean Jansson.
* Eusèbe, surnomme £m««^ on d^Émèse (£iiitfa),naquitàlafin du m' siècle et mourut à Antioche vers 36o. On a sous son nom plusieurs homëlies, mais on les regarde gë* nâralement comme supposées. L'ëdition de i5&7 (Paris, in-8*, chez Nicolas Le Biche) a été faite par Jean de Gaigny. Celle de 1 5 78 parut (iih-8" ) chez le libraire Michd Sonnios ; quelques eiemplaires portent les noms des libraires léràme de Marnes et Guillaume Ga-
vellat. Peiresc n'a pas connu Tëdition de Claude Fremy (Paris i56â), ni Tédition d'Anvers (i558, in-8'), et, ce qui est plus étonnant, il semble ignorer que les homélies auxquelles il s'intéressait tant avaient été réimprimées, en 1618, par André Schot dans sa collection des Pères.
' C'est-à-dire l'archipel de Lérins.
* Peiresc dit nostre Faustus, parce que ce théologien, né en Bretagne, appartient k la Provence, d'abord comme abbé de Lérins (&33 ou A3&), et ensuite (^73) comme évéqne de Biez. Plusieurs de ses homélies, notamment Y Humilia de S, Maxim Laudibus ,
610 LETTRES DE PEIRESG [1633]
Il me fauldra encor un exemplaire de ce voyage des Hurons in 8°, m'ayant fallu donner encores celuy que vous m'en aviez envoyé la seconde foys. Mais pour Thonneur de Dieu laissez le soing à M^ Gaillard de faire ia recherche et tenir le mémoire de cez petites choses, si ce n est que le sieur Gramoisy le veuille faire sur son libvre pour vous descharger de cette importunité, et moy du desplaisir; aultrement n'attendez plus que je vous donne de cez courvées, que je ne puis supporter en vostre persone, ayant esté bien aise que le prieur de Roumouies ayt faict acquitter les lio pistoles, mais je m'estonne que le consul Farnoux ne soit encores comparu, car il y a plus dun moys et demy ce me semble qu'il s'en chargea , et commance à craindre qu'il ne soit tombé malade quelque part par les chemins. Je n'ay poinct eu de gazette par cet ordinaire non plus que par le précédant, et avoys creu qu'elles me {eussent retenues à Lyon par les commis de la poste, sur la cognoisçance du cachet, mais je ne sçay plus ce que j'en doibs croire. Bien est il vray que l'on n'a pas retenu un aultre pacquet venant du bureau d'adresse à un certain qui a baillé les gazettes à un chetif imprimeur, à condition toutefoys de ne les imprimer que 8 jours aprez leur datte, mais il n'a pas laissé de faire voir qu'il avoit les gazettes fraisches, comme nous les avions cy devant, ce qui me faict conjecturer que ce soit quelque nouveau style qu'aye voulu tenir le Gazetier, car M*^ du Lieu m'a aussy escript de Lyon que le Gazetier ne leur vouloit plus envoyer la Gazette qu'aprez le sammedy. Je seray bien aise de sçavoir au vray si cez deux ou troys dernières foys que je n'en ay poinct eu le deffault est procédé du bureau mesmes ou non, et aprez s'il se faict tant tenir, nous nous en sommes tant passez aultresfoys, nous nous en sçaurons bien passer encores. Et je suis bien asseuré que persone ne l'aura de deçà qui ne soit bien aise de me l'envoyer incontinant sans que nous ayons plus la peine de tant solliciter des gents qui font tant les renchéris de peu de chose. Vous verrez maintenant un estrange embra-
oDt ëtë attribuées à Eusèbe Emesène. Voir sur par les Bénédictins à Fauste dans Y Histoire ce point la notice très considérable consacrée littéraire de la France, t. II, p. 6o5.
sèment advenu en Constantinople si les advîs sont véritables au calcul comme j> les tiens au demeurant, où je ne plains que les livres m[anu]s[crit]s qui seront periz avec tant d aultres richesses.
Reste à vous respondre sur le faict de vostre prise de possession pour raison de quoy je differoys attendant de revoir M' le sacristain Valbelle, qui me dict hier que le Prieur de SeillansS l'un des plus intelligents de son monastère, entreprenoit le voyage à cause que luy se trouve Grand Vicaire de M^ le Cardinal de la Valette, et daultant qu il craignoit de l'obstacle de la part du sieur d'Aspres, père du Resignataire, qui est voisin de Romettes, et a une compagnie sur pied; je luy conseillay de prendre des lettres de M' le Mareschal et un de ses gardes pour le faire plus respecter, et luy ay faict préparer des lettres pour l'Evesque de Gap^; mais ne l'ayant pas reveu ne trouvé tantost chez lui où je l'alloys chercher pour cet effect, je ne sçay s'il n'aura poinct changé d'advis, ou du moings faict différer le partement de ce moyne, dont je tascheray de vous pouvoir esclaircir demain Dieu aydant avant le partement de l'ordinaire, combien que je ne doubte poinct que de son costé il ne vous en escrive et à M' de Thou, à qui je souhaicte bon voyage en Bourgoigne, et heureuse issue de ses négociations publiques comme par cy devant, avec toute la satisfaction qu'il y peult désirer.
M' le Baillif m'escript du jourdhuy qu'il eut hier seulement le commandement du Roy de tenir prestes deux galères pour M' le comte de Nouailles à la fin de ce moys. Ce sera un beau passage pour ceux qui vouldront aller en Italie.
Sur quoy je finis demeurant.
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DB Peiresg.
A Aix, ce 7 novembre i633.
* Seillans est une commune du départe- * L'ëvéque de Gap était alors Charles-
ment duVar, arrondissement de Draguignan, Sidomon Doserre, qui si^fea de iSgS à
canton de Fayenee, è 5 kil. de cette ville. iGSy.