‹ Lettres de PeirescChapitre 43 sur 48 · II. *8û · texte numérisé non relu

II. *8û

«Ui-ltlH£aiI MATIO^AU.

666 LETTRES DE PEIRESG [1633]

soit bien vérifié, attendu que ces contes sont si subjects à complications. C'est pourquoy je n'en croys encores rien moy mesmes que par bénéfice d'inventaire jusques à ce que j'aye veu la procédure, et ne vous conseille pas d'en croire plus que moy.

Ayant veu une relation venue de la part d'un serviteur de M' d'Espernon, qui a semblé fort judicieusement dressée, j'ay creu la vous debvoir envoyer ^

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

A PARIS

Avec la vostre du 9™* j'ay receu par l'ordinaire de Lyon le livre qu'il vous a pieu m'envoyer de la Statera d'Erycius Puteanus, et les vers du sieur de Porchères Arbault^, et beaucoup plus des auitr^ vers latins que m'aviez auparavant envoyez et qui s'estoient par mesgarde meslez entre les papiers de ma table à l'ouverture du pacquet, ce qui m'avoit faict obmettre de vous en rendre les trez humbles remerciments que je doibs, comme d'une trez belle pièce et que j'ay trouvée grandement à mon goust, ce qui me faict désirer d'en apprendre l'aultheur quelque jour s'il est loisible. J'ay par mesme moyen receu la lettre de M' Saulmaise que je vous renvoyé avec mille mercys ttez affectueux, ayant prins grand plaisir de la voir, bien que ce n ayt pas esté sans grande mortification de voir les incommoditez de sa santé, dont j'ay grande compassion aussy bien que de l'affliction que luy apporteroit la perte de sa femme, que vous dictes estre attainte d'une si dangeureuse maladie principalement en si mauvaise saison, que la piccotte e^t tenue beaucoup plus dangeureuse, surtout à des personnes de son aage. Mais si Dieu en avoit ainsin disposé, je ne sçay si

' Voi. 717, fol. 3i 1. — ' Paraphraxe des Psaumes Graduels, et Poésies suriwers t^eU (Paris,! 633, in^8*).

ce ne seroit poinct pour quelque plus grand bien. Car certainement je n estime pas qu'une femme d'humeur si difficile ^ ne soit d un grand embarraz et empeschement à un si grand homme de lettres^, reduict en de si grandes infirmitèz du corps. C'est pourquoy il fault estre résolu à tout et laisser faire à Dieu, en telles occurrances. Ce que Yous me mandez de lexemplaire du TertuDian en grand papier que M' Rigault a faict tenir, ce dictes vous, à l'Ëminentissime cardinal de Bagni, me fera retenir le mien, qui estoit tout prect à embidler demain avec celuy du cardinal Barberin, et pour l'envoyer par un amy qui s'embarque aprez demain à Marseille, l'advis m'en estant arrivé tout à temps, car si M' Rigault a envoyé le sien par aultre adresse que la mienne, comme il semble, le mien eust esté supernumeraire, en quoy j'apprends qu'il est bon de n'aller pas si viste, comme vosfre bon zelle vous vouldroit faire aller quelquefoys, pour observer ponctuellement les ordinaires à la mode d'Italie. Je suis bien aise qu'ayez trouvé moyen d'avoir un autre exemplaire du Panégyrique de Heinsius^ et le livre de Skikareus de Jure HebrsBorum^ que nous attendrons en son temps avec }es aultres de la Foire qu'il vous a pieu me retenir. Sur quoy il fault que je vous die que si vous vouliez vous resouldre à la proposition et prière trez humble que je vous avois si souvent faicte de ne pas tenir conterooUe, €[ue celuy des parties des libraires que vous endosseriez, en les acquittant, d'un seul mot de la somme accordée à chascun libraire, et pour ceux qu'on achepte en destail, ensemble pour toute aultre menue despence, tenir seulement un sac à part, pour y prendre de l'argent à mesure que vous feriez payer quelque chose pour moy, sans aultre conterooUe, je consentiroys facilement à vous laisser eontinâen ce soing de retenir des livres pour moy à mesure que vous

* On sait que le caractère acariâtre de la ^ Le panégyrique de Gustave- Adolphe, femme ^e Siinmaise était proverbial. * Cet ouvrajgfe avait parti déjà depuis

* RappdoQ» i]ue cette heiireuse jsi^pre»* plusieurs années. En voici le titre exact: sion, qui a été peut-être trouvée par Pei- /tte regium Hebrœorum e tenebris roiWresc,carje ne la rencontre pas dans les écrits nicis eruiutn (Strasbourg, i6â5, in-^**). «ntériéu^va été aussi appiiqiiée par lui «ux II y eut une réimpression k.Leipeick en frères Dupuy. . i674,in-4*, ».

en prendriez pour vous ou pour M' de Thou. Mais de vous laisser prendre la peine que vous y avez mise jusques à présent, oultre quil est impossible qu'il ne vous en eschappe une infinité d'articles, qui demeure aprez sur vos coffres, il est impossible que j'y puisse condescendre , d'aultant que pour rien du monde je ne vouldroys me charger d'une semblable coui^ée qui n'a point de fin, et qui seroit cappable de vous oster de trop bonnes heures une fois de l'an. Cela ne pouvant estre compatible qu'à des commis de marchands ou boutiquiers qui de cela font le capital de leurs occupations, et qui ne tirent de leur caisse aulcun argent qui ne soit incontinant mis en ligne de compte. J'en faicts (piasi aultant pour moy mesmes, afin de voir ce que me coustent mes petites curiositez une foys de l'an, prenant pour cet effect de l'argent dans une petite layette où je ne touche poinct pour aultre chose et où je ne marque si ce n'est ce que j'y mets, et auhant de i'dn, je recognoys, par ce qui y reste, ce qui s'y est despendu, sans aultre conteroUe qui me cousteroit quasi plus à mon humeur que l'argent. Pour l'honneur de Dieu essayez d'en user ainsin et me traictez à mon aulne et à ma mode si vous voulez que j'aye recours à vostre bonté pour cela, aultrement je vous supplie et conjure de tout mon cœur de ne pas avoir dezagreabie que je tasche de vous faire descharger sur quelque aultre. Aussy bien je pense que M' le Prieur de Roumoules ne tardera gueres de retourner à Paris s'il trouve commodité soit du carrosse de M"" de Bordeaux ^ de M'' d'Agen ^ ou d'aultre. Au reste il me tardera grandement d'apprendre de M' de Thou s'il aura jugé les pièces de M' de Montaigu^ véritablement antiques, sur les indices que je luy en avoys donnez, dont je luy seray grandement redevable, et d'avoir employé son crédit envers luy pour faire qu'il ies apporte quant et luy au voyage qu'il veult faire icy, lequel j'attendray en bonne dévotion pour en pouvoir faire l'examen sur les originaulx, aprez quoy il ne m'importera pas tant de les laisser à un homme qui tesmoigne en

' Henri 4f Sourdis. >- ' Gaspard de DailloD, qui si^^ea de i63i k i635. — * Le ma* gistrat d'Autan dont il a été déjà question dans la lettre CIL

estre si jaloux. Mais je suis bien en plus grande peine de ce que le sieur Gras ^ a escript icy à un sien parent qui s'en alloit vous trouver à Paris, et crains fort que vostre honnesteté ne vous fasse relascher à toute aultre chose que ce que je puis prétendre , soubs prétexte de sa parenté avec moy, laquelle je vous supplie trez humblement de ne pas vouloir considérer, puisque ce n est pas mon intention, au cas que je voys que les choses sont reduictes, la pièce n estant poinct incompa* 4ible en vostre persone. Voire quand elle le seroit, puis qu'elle n'est pourtant pas incompatible avec l'induit, non plus que le Prioré S^ Martin des Champs, quelque obligation qu'il y ayt au monachat^. Vous trouveriez assez de moynes quand il en fauldroit venir à cette condition, qui seroient bien aises de permuter cette pièce pour quelque aultre qui se pousse plus facilement mettre de commande. C'est pourquoy vous ne devez de façon quelconque prejudicier à vostre induit et au droict qui vous est irrévocablement acquis en ce bénéfice. Car quand ce seroit pour moy mesmes, ne pour de mes enfants, si j'en avoys, je ne le souffriroys pas, et beaucoup moings le doibs je faire pour des parents si esloignez pour lesquels je n'ay poinct entendu rien demander à M' de Thou ne à vous, au cas que vostre induit eust bien eu cette vacance. Cèz gents là n'ayant pas d'aultre bénéfice à vous bailler eu eschange qui puisse estre de la qualité et valeur requise pour entrer en permutation comme vous en trouveriez d'aultres, s'il en falloit venir là, mais je ne pense pas et tiens indubitablement que vous le ferez mettre en commande pour le tenir vous mesmes, et c'est ce que je vous conseille d'y faire en toute façon, vous remerciant trez humblement de voz nouvelles et demeurant, Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur,

DE PfiIRESG.

A Aix, ce 19 décembre i633.

^ Le concurrent déjà mentionne de Dupuy. -*» Me ne trouve le mot tnonachat ni dans les Dtetiamuttrfs de Richelet et de Trëvonx , ni dans le Ghstaire de La Gdme de Sainte- Palaye.

Mon frère n est pas encore de retour de Boysgehcy. Il verra Thon-* neur que vous iuy faictes de vous souvenir de luy et vous en sera bien redevable.

Je n ay point eu de Gazette par cet ordinaire dernier nom plus que par le précédant, et toutefoys non seulement M' le Mareschai et le petit imprimeur Roise^ lont eue comme de coustume, mais aussy les sieurs Moreaux qui ont le bureau des lettres de lordinaire, tdlement qu'elles sont bien tost respendues par toute la ville. Et semble que le sieur Renaudot faict bien le renchery en so& endroit soubs sa correction, car je ne pense plus qu'elles soient retenues à Lyon puis que tant de gents en reçoivent icy mesmes, règlement et sans faillir. Et de s'imaginer

' Je dois à an de mes meilleurs collaborateurs provençaux, M. Lëon de Berluc-Perussis, la note que Ton va lire sur cet imprimeur,'et nusai la note que Ton trouvera un peu plus loin sur le Panëgyriquede Louis XIII par le jeune fils du maréchal de Vitry :

ffLa ville d'Aix possédait, à cette date de i633, deux imprimeurs, Etienne David et Jean Roize. Une rivalité marquée r^nait entre les deux ateliers, depuis qu'en iSgS Jean Tholozan, beau-père de David, avait enlevé à Jean Goorran, prédécesseur de Roize, le titre envié d'imprimeur de la viBe. David était le protégé, ou plutôt le collaborateur et l'ami de Peiresc, témoin deux lettres, des 7 mars et 8 septembre 1 63 0 , qui figurent parmi les Lettres inédites de Peirese, publiées par le président de Saint-Vincens. C'est sans doute à cette prédilection pour David que nous devons attribuer le mot quelque peu dédaigneux de notre grand bibliophile à l'endroit de Jean Roize. Roize méritait mieux que cela. Il avait été d'abord libraire à Aix, avant d'acquérir, en i6â^, l'imprimerie de la veuve Coignat, fille de Jean Courran (Henricy, Notice sur l'origine de l'imprimerie en Provence, p. i4). Dès 1639, je le trouve qua-

lifié imprimeur ordinaire de PUniversité, dans une plaquette, sortie de ses presses, sur la prise de la Rochelle. Cette mtoe année il poblie le Pontijieiim Arelatense, en atten* dant d'imprimer, en i655, Y Histoire des comtes de Provence, de Rufli.

(rLa dynastie des Roize se continua, parallèlement à celle des David, jusqu'à la fin du x?u* siède : à Jeim succéda Jean-Baptiste, et à celui-ci Etienne. Leur nom s*est éteint de nos jours en la personne de H. Roize, ancien professeur de rhétorique au coll^ Bourbon d'Aix, qui a laissé un renom de science et d'originalité. Quant à leur ate^ lier, il avait passé, au siècle dernier, aux Adibert. Ceux-ci , après la Révolution , ont eu pour continuateurs successife M. Tavemier, M. Harius Illy, M. J. Brun, son neveu, et aujourd'hui MM. Garcin et Didier, fasprimeurs de l'Académie.

(r Notons, comme un rare exemple de stabilité industridie, que les successeurs de David et de Roize occupent encore , en 1 889 , les locaux primitifs de leurs devanciers, dans la me Thiers et dans la me Manuel. Le liom seul des rues est changé, n

Dt^-

que pour l'avoir je me doive obliger à luy escrire, et des nouvelles, il auroit tort, et me prendroit pour une ame bien lasche et bien foible. Vous aurez des nouvelles du Levant qui n iront plus soubs d aultres enveloppes que la vostre.

Je viens de recevoir un grand pacquet d'Âuspourg où il y a des lettres du sieur Ëhingerus que j'envoyeray par le prochain ordinaire à M' Valoys, où il verra les plaintes qu'il faict de n estre pas payé de 5o talleres^ quil attendoit du sieur Godefroy et de sa recompense pour la transcription des Dialogues de S* Cyrille que le sieur Lumaga de Paris luy a faict extraire pour M' Âubert, me demandant par charité de luy faire remettre Tune et Taultre partie, et que je playde sa cause envers M' Godefroy et envers M' Lumaga, se plaignant que la grande antiquité de l'exemplaire de Libanius luy a grandement usé la veûe. Tellement que je n avois pas tant de tort de dire qu'il ne falloit pas imputer à M' Godefroy ce qu'il y avoit de messeant en la demande de cez fraiz de transcription. On me promet pour la Foire d'Argentine ^ un nouveau catalogue fort exacte de la Bibliothèque Augustane *.

Nous avons icy gouverné tout le jour d'hier le sieur de S^ Amand^ dé retour de Rome avec un grand playsir d'ouyr le récit de sez poèmes^ et de ses pérégrinations jusques aux Indes, ensemble de celles d'un sien frère qui y est allé bien plus avant que luy^ et

^ On a reconaa Ik le thaler, monnaie d'Allemagoe, d'une valeur de près de quatre francs.

' G*eslrèi-dire la foire de Strasbouiy {Argentoratum).

' De la bibliothèque d'Augsbonrg (it^ gu9ta VmdeHeorum). Rappelons que Ehinger 6t paraître en 1689 le catalogue annoncé ici par Peiresc : CatalogUB BibUotkeeœ Avgus^ tanœ (Augsbourg, in-foL).

^ Marc-Antoine Gérard de Saint-Amant, mentionné dans le tome I, p. 81 a. Voir, sur le séjour chez Peiresc di| fotur académicien,

Gassendi, livre V, p. 397. Le récit du biographe semble calqué sur le propre récit de Peiresc, comme on le verra par les citations qui vont suivre.

' crDesinente anno suavissimum habuit detinere domi per aliquot dies celebrem poetam Santamantium, cum Duce Grequio Roma redeontem. Cum fuerit vero mirifice illios lepoi*e, ac venustissimorum poëmatum redtatione deiectatus. . . »

* irLœtitiam tamen pnecipue duxit ex recitatis pneclaris rébus, quas partim ipse, partimfrater in suis in Indiam aliasque re-

qu'A dîok avoir veu en k Idvè majMireS e» h piH)vinc6 d« firata»^ jrfusîmin de ces animaulk ipiî font «Atrcrisîesme |Mffe entre l^bomme «t ie sing^' iescpeld ne sont ptoinet tnaManaiito ^ servent dana iefi maisons à ballayer la chambre, allumer le feu 9i k aultres loînÂdteres ddmestiqueé dont ils s'kcqaittent U»i ponctiièU^QMnt et avec une ^ande mansuëinde, faietes vous en «itretenir. Il a ve« des forests d orangers et dittroniers aaulvages si gi^andds que c estôit à perte de Y^ûe^ vers le TAgris^ en \k caste oecidentalb d'Afrique, ce qtti nest

giones përëgrînaàonîbùs dbdei^alsent. « &Ur t^ tèfé d^ M«rc-^AtilDilié, voik* la iiotiiM4è M. €h.^ljL Uvet eà tôle des Œmtreè b^plètes Jle Samt^Àmant (t I, 1^55, p. vi)«

' L'Ile de Java, diuis la mer de la Sonde. hireAc rappelle mafeurë, pour ta dMltiguef dé hpeUté flé de JaftkOu Ik Bali, à Mpt kh loiiièt^es de l'autre.

* D après le NowoetM dictionnaire de géographie unioerselU, par Vivien Âe Saint- Martin, an mot BaUas, on daigne aujoord%ai mm ie imIh ée -Aiya det ^BàilÊS «m partie de ilie de Sumatra.

^ crRetulit, inter caetera, fuisse sibi visa in lava majore ànf lûàtia ^âsdam , (Juflk f6t^i nfeilttr«8 h^fniaés it4er et Simiaè Aaediœ. n Gassendi ajoute (p. 397-899) diverses jpiàYtiéùiaHtéë '<îUrieiUtes sUr les «in^e» de f Afrique d'apte lëà ^édts &fts % Peiftwè 'par le médédh }iM et {^ar d'Altos, (fari oublie de citer ce passage ditis TAtjèirtiâÈemnt deô Ultte^ IhidiUs ie iftôms d'Amoê i PiSifeec, Aigef, i8ft^.)

* Lés d^railft iburfiis paï* Pèiresc sur lél ïobtÀfi^s Voyages de ÎSaifit-A'ttfânl sont d'Mtaiit plus turieUx, ^e j^ellisson se eontêâté de dire que «rdans sa jèunesSfe il iitvàft Vâ TAflhiqtie et rAroérique». M. Livet ne mentioûlie même pas, dahs la notice spènéle

èftée, le peu tjtre rbistorien de PAba-*-

ddmiè frâbÇâise h<m ttvatt appris deâ avealilVeuM espMiliftts du ftitdr auisur du Jfé^M «MM^. Pui^ua le nom de Saint- Amant se pr^nte devant nous, j'avouerai, profitant de deux charitables et sîmnltanft àVertitfseitienCB, venus Tùn de Belgique, l'aoM de tl6nt^lliar« dooiësie pnaiicr par un «avant membre de |la Compagnie de Jésus, le R. P. Gbérot (communication ilianuscrite), te second par uii membre très distin^^ de notre nniversM, k. le pi^felsear Charles Re^Uect (artkle «br le premier tome des Lettres de Peèreee omx frères Dtipuy, dans la Revue des langues f^ifMh^, de HoVendïne-dëeembre 1886), ^oë je tte sois irotnpë (t. U p^ i^t et 819) en disant qu'il avait été question Aft pbèle pOUY rsfrchevMië de Toulouse, l'étafis ëitt^ eSUé dierdier bien loin une mauvaise explication, quand j*en atais tout près «me qtti âaft patfiiile. Le candidat de janvier 1697 était simplement Chartes de Môntdial, \â^ Vappéah M. de S-Anumd du 'u'OM de s(Ai âMMtye et qui wvhit araievSqnè de Toidotxse en isette même année

' Peiresc veut t>arhi' prtibabiéflienl du rbyaWme de Tigré, âëûs fMff^A^^ entre la Nulyie, l'Amhnti, le pays des Grfhs €l cteltli ^Aeë CfaangaBas.

AUX FRÈRES DUPDY.

pas esloigné des lieux où Schouten^ dict en avoir veu dans ces eaulx^.

On me demande un exemplaire delF Historia del concilio Tridentino di Pietro Soave * de la première édition de Londres in fol** * encores qu elle soit reliée et frippée, pourveu qu elle ne soit trop deschirée. Je vous prie de faire chercher s'il s'en trouveroit quelque exemplaire. On ne veult poinct les aultres subséquentes éditions.

M' de la Fayette escript à mon frère du 26 novembre qu il partiroit de Tours le 3o pour aller à Paris où je pense qu'il sera et que vous luy pourrez rendre ma lettre cy joincle, et s'il y est il se chargera volontiers, je m'asseure, du pacquet de ce bon P. Gilles de Losches Gappucin; si non, vous trouverez bien quelque bonne adresse d'amy à Tours pour le luy faire tenir s'il est possible franc de port.

J'oublioys de vous dire que vendredy dernier nous ouysmes dans l'Eglise des Jesuistes un grand et noble Panégyrique au Boy pour la prise et réduction de Nancy, prononcé trez dignement en latin durant une bonne heure par le petit Marquiz de Victry en trez bonne compagnie, où il monstra la grandeur de son courage, de sa mémoire et de sa gentilçsse nom pareille* On l'imprime^ et je ne manqueray pas

' Guillaume Cornelissen Schouteu, navigateur hollandais, monrut à Madagascar ea i6a5. Voir le Journal ou description du mer^ veilleux voyage fait par G. C. Schauten, natif deHom, dansles années t6i5, 1616, i6iy, comme il a découvert, au sud du détroit de Magellan, un nouveau passage jusque dans la grande mer du Sud, ensemble des aventures admirables ^i lui sont arrivées en découvrant plusieurs îles etpeuples sauvages {AmBierdûm , 1617, in-^"). Ce Schouten a été coofondu (p. 337, note 9 ) avec un de ses homonymes et compatriotes, voyagear comme lui, mais qui appartient à la seconde moitié du xvu' siècle. On est prie de remplacer, dans ladite note, le nom de Gautier Schouten par celui de Guillaume Schouten,

* Ici ane petite phrase incidente : S'il vous plaît de tourner,

^ iNons avons dëji vu que c est le pseudonyme de Pietro Sarpi, en religion /m Paolo (t. I, p. a8).

^ Cette édition est de Tannée 1 6ai.

^ L'impression du morceau oratoire du jeune François de Vitry faillit brouiller les puissances. On le craignit du moins; Rome s'en émut, et les Jésuites d*Aix, tancés par leur général, durent se retrancher derrière la crainte révérencielle que leur inspirait le père de leur élève. Voici en quds termes ce piquant épisode est raconté dans les Annales du Collège Royal-Bourbon d*Aix, manuscrit inédit appartenant au comte de Montrabon, et dont la publication, que Tabbé Edouard

lUPIIlItlIIK HATIO:i*U.

de le vous envoyer au prochain ordinaire, s'fl n est faict à temps pour ceiuycy^

GXLIX

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY, À PARIS

Monsieur,

Vous m'avez osté d'une grande peine par vostre despesche du 16

d'appréhension que vous ne vous tinsiez trop fortement aux termes

d'honnesteté de la précédante. Et ne voys pas que M' Gras mon cousin

puisse prétendre aùlcun subject de se plaindre de vous, nom phis que

Méchin nous prépare, sera un prédeux ser- autrement on l^eust offensé à ontrence. D'aii-

vice rendu h Thistoire de renseignement en Provence :

ffSur le commencement de cette année (i63/i) fut imprimé ie Panégyrique de Louis Treiziesme toiùchant ia prinse de Nancy, que Mons' ie marquis de Vitry, escolier de rhétorique, avoit recité en Véf^tise de céans, sur le mitan du mois de décembre de Pannée passée. Mons' le Gouverneur son père avoit ainsy voulu qu'il feut imprimé, quoyque céans on y eust quelque diflSculté pour di* verses raisons, et entre autres de peur que ceste impression n*offenceast la muison de Lorraine. Ledict panegiriqne, récité et imprimé en latin , feut traduict et imprimé eneor en françois ; et du despttis envoyé de tous cosiés par Mons' le Gouverneur. Le P. Recteur mesme en envoya à Rome, où Ton avoit faict de pleintes h nostre P. General touchant ladicte impression, comme ayant esté faicte sens le congé du R. P. Provincial. Mais re-* ponse feut test donnée, que la vdonté de Mkms' ie Gouverneur ayant esté t^e, on ne pouvait faire autrement que le laisser feire,

lieurs, il n'y avoit rien dans ledit panegirique qui peust oflEeuser la maison de Lorraine, ainsy que ie tesmoigoa mesme le R. P. Estienne Charles , lors assistant à Rome pour la France, par une lettre sur ce subject, qu'il en éscrtvit au P. Recteur.»

Les deux éditions du Pan^rique sont également rarissimes. Je ne connais à Aix aucun exemplaire de la traduction française. Quant à l'édition princeps, Texemplaire qu'en possède ia Méjanes est le seul que j'aie pu rencontrer. En voici le titre et la description , empruntés h une note du très obligeant biUiothécaire adjoint, M. F. Vidal :

ffBibi. Méjanes, sSSya; au iùs: Recueil dedivereeê p^ces (^B): LudavieiJusti, Régis Ckristiaiiiesim, Naneœi expugnatoris , Panegtfrieuê kohitiu a Francieco de VEoefiXal^ marekwnt de Vitry, Suadœ ahtmno , anno ittaUs duodeeimo, in œde CoUegii Régit Rwbom Aquensii Societatie Jesu, die 16 decemhris, anno 1 6SS. — Aquis Sextiiê, apid S. Daoid, i68â. (20 p. in-4').»

' Vol. 7i7,fol. 3i/i.

de droict sur la piesse, puis qu'elle vous est si bien acquise et à si juste tiltré, et que vous laviez méritée et aU èentuple si longtemps aupara^ vaut. Ne doubtant pas que vous ne soyez marry que le sort soit tombé sur luy plus tost que sur un aultre, puisqu'U vous jette en un si estrange païs. Mais aprez cela. il auroit tort de prétendre aultre chose de vous s'il ne se met en son debvoir et en estât de se pouvoir faire entendre et escoutter s!il a aulcun raisonable party à proposer. Pour ce qui est du litige, et des fidèles instructions de la valeur de la pièce, vous pourrez voir la lettre que je luy en eseripts, et la. luy faire rendre par M' Gailbard ou par quelqu'un des vostres s'il n'est desja party pour s'en revenir. Vous advoûant ingenuement que ce pais là est si eslogné de tout mon petit commerce, quoy que j'en aye eu quelque peu par delà du costé de Bordeaux, que je me trouveray bien empesché à vous en Tien promettre qui vaille, si ce pauvre homme ne se desabuse et ne se resoult de vous y servir comme U doibt de tout son pouvoir, et avec toute sorte de confiance et de fidélité. Nous avons bien icy quelques procez evocquez dupais de Rouergues, où M' l'Evesque de Rhodez^ et Mess" de son chappitre sont parties interveaantes avec beaucoup d'aultrés. Mais les parties ne sont poinct encor icy, et n'estime pas qu'ils se hastent^de venir qu'ils ne voyent r'approcher Monsieur nostre Premier Présidant, de sorte que le secours de ce costé là n'est pas besoigne si preste, quoy que j'estime que difficilement se pourra t'il faire que les uns ou les aultres ne puissent avoir des amys sur les lieux cappables d'en donner de bonnes instructions. Mais il y auroit trop de temps à attendre et à perdre, à mon gré. Et fauldra voir si du costé de Thoulouse il ne se pourroit poinct practiquer d'aultrés habitudes pluspresantes, au cas que M' Gras ne se range à son debvoir. A quoy je pense qu'il pensera; mais comme il est malaisé de penser un blessé ne de manier sa playe sans douleur, il ne fault pas trouver estrange s'il s'y trou voit quelque répugnance ou sentiment à l'abbord et fault en laisser faire une partie au temps, et

* Bernard de Gorneinan, dëjè mentionne pins haut.

le laisser dormir dessus et ronger son frain, car je n'estime pas qu'il n y revienne enfin corn' il doibt. Si vous jugez que je puisse ou doibve faire aultre chose, vous n'avee qu'à commander absolument et attendre de mon obéissance tout ce que pourra fournir ma foiblesse avec tout le supplément de bonne volonté qui y pourra escheoir. Cependant il me debvra bien estre permis de me conjouyr avec vous de ce que cette pièce debvant sortir des mains d'un mien parant ne pou voit tomber en meilleures que les vostres, ne plus compatibles à mes souhaicts et à mes interests. Vous suppliant trez humblement de croire, et sans cajoUerie, que les miens propres ne me sont poinct plus chers que les vostres, et que quand il sera question de travailler à Rome pour cette commande je m'y employeray de meilleur coeur (si m'y jugez cappable) que si c'estoit pour moy mesmes. Il ne fauldra que commander combien que je ne l'estime pas nécessaire si cez cardinaux tant de la Valette que Bischi^ s'en veuUent mesler, au moindre mot desquels vostre affaire passera sans contredict. Principalement si vous ne vous aheurtez pas tant au Gratis qui seul pourroit y apporter du retardement, et plus de façon que si c'estoit chose grandement impor* tante. Auquel cas je vous conseille d'y faire intervenir une petite lettre de cachet, de celles qu'on appelle de la main du Roy à Sa Sainteté et s'il est possible au cardinal Barberin comme vice chancellier, car cez petits honneurs font passer aulcunes foys ce monde là par des lieux qu'on ne s'oseroit promettre, et comm' on dict par le trou d'une esguille^. Principalement si M' de Nouailles, s'en allant de par delà^ avoit à mettre entre ses premières suppliques et demandes celle la bien qu'hors des termes de ses instructions et affaires d'Estat. Gela vous servira d'advis, si le trouvez bon, et je demeureray. Monsieur,

vostre trez humble et trez obeyssant serviteur,

DE Peiresc.

A Aix, ce â6 décembre i633.

* Peiresc a , par inadvertaiTce , écrit Biani. n'indique aucun ésîvain qui s'en soit servi.

* Littrë, qui dteTexpression proverbiale, ' Le comte François de Noailles allait

J'ay envoyé vostre lettre à M' le Sacristain ^ à temps pour vous respondre par cet ordinaire.

H s'est rencontré des navires à faire voille par ensemble ou par conserve, comme ils disent^, pour aller en divers ports et havres du Levant où il m'a fallu escrire, ce qui m'a consumé le temps que je pensoys employer à escrire à M' Rigault et à cez aultres Messieurs auxquels je vous supplie de faire mes excuses et particulièrement à M' L'Huillier. Cependant je vous doibs accuser la réception de deux fagots par Messieurs les Moreaulx, l'un du tome de M' de Thou, l'aultre des livres de la foire dont je vous envoyé le bordereau avec mille remerciments trez humbles, et à M' L'Huillier de celuy des Tables de Lansbergius qu'il y a voulu mettre sur son compte, ayant ja faict tenir ce matin à M' Gassendy les 3 pièces qu'il m'a ordonnées'.

prendre possession de son ambassade de trirèmes, de ramberges. . . yt Amyot, à son

Rome. tom*, a ainsi traduit une phrase dn Timoléon

^ Le sacristain de Valbeiie, déjà tant de de Piutarque : trallerent tons ensemble de

fois mentionne. conserve prendre terre ...»

* L'expression était dëjà usitée au * Vol. 717, fol. 3 16.

XVI* siècle. Rabelais a dit : «ren conserve de

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