LETTRE DE PEIRESC À CHRISTOPHE DDPDY
Monsieur mon R. P., La perte a este si grande en la personne de feu M' Aleandro et pour le public et pour ses amys, que je ne m'estonne nullement qu'elle ne vous ayt laissé du regret au cœur encores plus que vous ne dites, ayant la part que vous aviez en ses bonnes grâces, et cognoissant comme vous faisiez l'eminence de sa vertu, et rareté de son érudition, avec la bonté de son naturel et surabondance de son bonnesteté, iqui luy avoit acquis tant d'amys, d'bonneur et de réputation dans le mondée Et croys bien que l'une des plus grandes consolations que vous puissiez avoir en une telle occurrance, fut de pouvoir joindre vos premières larmes et condokances- avec celles de M' de Bonnaire, qui ne Taymoit pas moins tendrement qu« vous^. Car ce' sont de ces pertes qui ne sont pas réparables. N'y ayant personne de^ma cognoissance parmi ceux de cette nation, qui puisse faire ce qu'il eust faict, ne de qui on se puisse promettre ce qu'on pouvoii( hardiment promettre de luy et de sa franchise et sincérité. Les siècles n'en prodnisjsnt pas tant h la foys. Et Dieu sçait quand il en naistra un aultre, qui puisse estre comparable à luy au moings en quelque chose. Et tousjours pouvons-nous bien nous assurer que difficilement aurons-nous jamais le bien de le voir, au moings, d'en pouvoir jouyr, quand bien Dieu en auroit déjà faict naistre quelque aultre, aftendu que nous ne pouvons espérer d'y acquérir des
* De ce bel éloge <m poarra rapprôcfief' vdfamea tle la oorrespondance de Pcireflc.' un autre éloge d' Aleandro, consigné dans ' Le beau-frère, déjà souvent mentionné /du
une leUre écrite le même jour à Holstcnius, poète Barclay, lettre qui fera partie d'un dès procbains
habitudes telles que nous avions avec luy depuis une trentaine d'années ^ La plus grande consolation que je me puisse figurer est en ce que je recognois que pour mon regard, je n'estois pas digne de jouyr d'une telle amitié et correspondance que la sienne. Et possible que le siècle ne le meritoit gueres non plus, veu qu'il a si mal recogneu sa vertu et sa suffisance; c'est pourquoy ce n'est pas à tort que Dieu le nous a osté, eu esgard à nous; il fault vouloir ce qu'il luy plait veuillion$-nou8 ou non , et luy laisser disposer de nous et des nostres à son bon plaisir et volonté , sans en murmurer, afin que souffrant avec patience telles mortifications, nous appaisions son ire et la destournions de dessus nous, et de dessus les aultres amys qu'il nous laisse, et qu'il les nous conserve tant plus longuement. C'est à quoy aboutissent maintenant mes vœux, et particulièrement à ce que Dieu vous préserve et M' de Bonnaire, plus que moy-mesmes, ensemble M' Holstenius que J€ ne puis assez plaindre et déplorer en telle perte pour les intérêts particuliers qu'il y avoit. Et vous supplie et conjure de tout mon cœur de prévenir en son endroict toute sorte d'offices de charité Chrestienne sur cette occurrance, et tascher de vous rendre médiateur envers ces Mess" de vostre cognoissance en cette Cour là » pour luy procurer la subrogation de quelque fidèle amy au lieu du pauvre deffunct Et puisque M' Aubery^ se retire en France, moyenner un peu d'amitié plus etroicle que devant entre M^ de Bonnaire et luy, afin de trouver quelqu'un en qui il puisse se confier, aux occasions qui se peuvent présenter, et de qui il se puisse promettre quelque bonne adsistance. En quoy vous ferez, je m'assure, plaisir aud[ict] s[ieur] de Bonnaire, et obligerez grandement non seulement led. s"* Holstenius, qui le mérite assez, mais encores moy-mesmes, qui recevray comme si c'estoit en ma propre personne toutes les faveurs, caresses et bons offices qu'il recevra de vous et dud[ict] s[ieur] de Bonnaire.
Le s' Doni est certainement trez galant Gentilhomme, et qui respondra, je m'assure, en quelque chose à ce que nous desirons. Je suis bien aise qu'il ayt esté employé plus tost qu'un aultre de la nation en la charge du deffunct*^. Mais entre vous et moy, je crois bien que M' Holstenius y auroit bien autrement paru. Ces Mess" ont des considérations humaines, dont il n'est pas loisible de
' Gela fait remonter les relatioDS des deux nominare primum debiii, Hieronymo Âleandro
érudib jusqa^à Taniiée t6oo, époque du séjour juniore, vero Musarom delicio.7)
de PeiresG à Rome. Nous savions déjà par Gas- * Sur Louis d*Âubery, voir t. I, p. 339.
iiendi (livre I, p. A6) que, dès 1600, Aleandro ^ On sait qu' Aleandro était secrétaire du car-
ctait un des meilleurs amis du voyageur :<(... quem dinal Fr. Barberin.
discourir, tant a'en fault qa^on y puisse trouver h redire. Et pour ied[ict] s[ieur] Hoistenius, j'estime qu'il est beaucoup meilleur pour le public et pour son particulier contentement qu'il demeure en liberté de ce costé là, non que je pense que cette charge luy eust peu apporter de divertissement considérable, à ne considérer que la simple fonction d'icelle, qu'il auroit faicte en se jouant, mais à cause delà subjection, et perte de temps qu'elle traisne quasi inévitablement, ayant à respondre à des personnes de cette condition là.
Vostre lettre m'a grandement resjoui sur la fin , avec les bonnes nouvelles de M' de Thou, qui nous ont esté confirmées par les lettres d'Alexandrie du 9 5 feb[vrier], estimant qu'il ne soit pas meshuy loing de Bome, s'il n'y est desja. Nous l'attendrons en bonne dévotion avec M' Âubery. Et ce ne sera pas sans nous souvenir de vous Dieu aydant, et de nos aultres bons seigneurs et amys de par de là. Il me tardera d'avoir ce bien et d'avoir quelque bon moyen de vous servir un jour comme,
Monsieur,
vôstre ttez humble et trez obéissant serviteur, DE Pbibesg.
D'Aix, ce 97 avril lOtg.'
Je vous remercie trez humblement de l'inscription TRITVRIS que M^ le Gard*' m'a faict envoyer en mesme temps que le s' Suarez, à qui j'en escripts un peu plus au long mon sentiment. Et vouldrois croire que ce fust le nom ou le soubriquet sous lequel se faisoit designer le sculpteur qui pouvoit avoir travaillé à la statue mise sur cette base, si ce n'est que ce fust la patrie ou origine de ce Magistrat M. NVMMIVS , ce qui avoit de besoing d'un peu de disqùisition plus exacte que je n'en ay maintenant du loisir, et que M' Holstenius la voulust examiner luy-mesmes, ensemble lés autres pareilles dans Gruttérus, où se voyent non seulement de semblables noms gentils , PODULONII , PHOSPHORII, LEVCADII, PELACINII, AEGIPPI, ASTERII, DRACONTII, HONORII, mais aussi certaines répétitions de noms propres, de ceux mesmes à l'honneur desquels elles estoient faictes^
^ Copie tirée de la bibliothèque Barberioi et commanicpée par M. Eugène Muntz, ancien membre de rÉcole française de Rome, conflenrateur des archivée et de la bibliothèque de TÉcoie nationale des beaux-arts.
UyillHHII lATIOSALK.
682 AfP^EMDFCB. [1699]
SfiCON»E PARTIE.
LÉtTRÈS DtS ÏIRÈRte DtîWlY.
LËtfRÊ WE JAC(?«ES DWnJt
e(]i MONSIEUR, MONSIEUR DE PEIRBSG, CONSEILLER DU ROT EN SA COUR DE PARLEMENT BB PROVENCE, 1 lUiV.
Monsieur, Il me semble que nous tardons bien cette fois à recevoir de vos ietUres^ les denrieves eslMil 4u si <la passé» Je m'en «rtonne veu que vostre province sait produire maintenattt quantité de nouvelles et d'importance à cause de Tarmement qui se fait que l'on nous asseure estre pressé pour faire impresâîon dans ce Montferrat. Nous n^avons encore rien de certain du passage du Roi de là les monta, les demicfrs tfdvis est^ieot d'Ambron du a 7 du. passé \ dont il faîsoit estât de partir de là le lendemain -et estre le 3* 4lu courant dans ie Pîedmont, nyaat «u paravant envoie deuio 40qum9^ (il nomme ainsi dasiB sa lettre à la Reine Mère les Maresch«ut de Grequi ;et de Batsooi^ierre ') pour s'asseurer despassages. Le bruict le plus côostant est ^e nostre avant-rgarde €omp(M^ de dix mil bommes de f^ieds et de ({uioEe cens cbe^ttt est -maîntonabt passée^, mai^^eela n'eât ^é par conjecture. II. y a nainteûant ici mie affaire sur le tapis qui fera bien d^s intrigues ët-brouillera graindèment le cabinet^ et Dieu veuille que Mh n^taillfe plus avalit. h vous inandois par mesdentieres odmme Momieur estoit relMiissé totift biti$quiement vctrs^es qnc^rti^h» safts avoir veu leftoi, avec
* Louis XIU était arrivé A Embrun le lundi ' BaaBompierre ne mentionne pu Tûmablc et ^6 mars 1 699 ; ii y tint un conseil auquel assista fiunilière injure qui lui fut appliquée par le ro), le cardinal de Richelieu et où, dit Bassompierre en un moment de gaieté. Il nous apprend que, le {Mémoiret, t. IV, p. '($&), tr se résolut que M' de 87 février, «mardy jour de caresme prenant,» il Êrequy et moy nous irons saysir des passages du parfit cTEiribrun avec le cardinal et le maréchal Piémont}}. de Gréqui et que, le jour des cendres, a 8, 11
* G^est-ÂHËre deux vaillants, deux déterminés gravit le mont Genèvre. apitaines.
ktaiikn^ cHiWÎbKm^ diemptticliar^le'pavteMMÉ de la Piin<W80^ Mme ^ qui es-, teii assigné aa<^i a de ce moicr^ y:<ay«mt geottlhoimne^nxoiéreiiprà^ fnx^W de Miasie tMie poitt'ia'CODdiiifie; £a Roîse M^e^ cPMgoaiili qpa oian di^ mniR ne iafirt ^evfivparleaobenifis-, etqii'il ne f epanaa^t par force et eootre^le coos^nto^ ment d'elle qui: désire Fallianee de Flooeiicei» &it lenîjp saoïe^ ta un conseil a« Leavreioè estoieni M'* le Cardinal de.Best^le^la aurinteodaat, SfaôUac, le. maisftre de oamp, aÉ fut. reaofaii dienvoier queidr à Cofommiers^ (Mai^oa- de Madame de Loogttentte ladonarierai) la dite princesse et l!eoupen^r au Lonvise;. etuft^Booiflaé Quensaa^ fort détemioé eft qui estt employé: en la maeine pai> M^ le Gardinab^, eus! charge dé faire ceita conduite avec tontt œ queL'on. peut ramasser de cavaliers volontaires en cette vilk, qui pan voit monler à cent chon vaux, a* la Boyne Mené ]iraîUa ses carosses pour faire kb plus; grande diligence qu'il se ppuvMft. Tout cet equîppage partît à minuit, du samedi ^aià dimanche, etr estant amiEez ^ GûlemmierB anr les 8^' heures^ Quensao fait entendre à la^ ^'■eesse ces oidres^qu/il awit de la Bioyne> Mare qui estaient: quer sa MaJ0st< deskoit parler k elle auparavant soa pairtement et; pour ce istubje^t lui avoit hki préparer son logement au. Louvre; La: princesse respondit qu'elle estoit fcauie preste d'obéir et n'ietv^it aut» >5a}onté que. la-smnne, de sarte qu'elle partii inoartineat estre habilUe,:^i>viB et) eAvinonnâe de toutes oettei cavalerie qni ne/ trouva aucune< r^coiriare par le ohamin ; et eatant passés aif delà du boifs d^-r Vincennes environ un quart de lieûe, un exempt vint apporter un nouveau conunandement à Quensac qui est que pour certaines considérations la Roine Mère avoit changé d'advis et lui conamandoit de mener la dite Princesse aa Bnis de Vincenueer et la loger dane l^àppartement du Roi. Quensac feil entendre ce nouvel ordre à la Princesse qui lui fict response qu'elle obeiroit k tout ce que la Roy ne Meise. desirenât, et ainsi fut cond,uite au.diçt bois de Viacepnes oà Madame de Longueville sa tante l«i tient compgnfie^ et dîft^on que dans 3 ou à jours la Roihe Mère l'ira visiter et l'emmènera avec elle au Louvre. La dite pnn;8^^se> Quensac. prenant cong.é d'elle,, le pria de dire à la Roine Mère qu'elle lui fist entendre ce qu'elle désirait qu'^e escrivitason père, parcequ'elle avait ordre de lui de partir le i s et qu'elle ne voioit que lies choses se dtspo-
. ' Ihne4^uîflaf dei Gooiftgiierdaàveft^ fiUe da ^ Qoeniftc n*mi pas meatioiiniâ une seule fois
dac de Hàntoue» dans les- huit voiimes.'da Rtcaml ikmsL Je ne
* Godonmieray SeineHekfJiNnei» à àj h^ relrouve son neat deas ancm^ dei^.recueib rer
d» IliéiuB. ywie^réint d»rnn«?statieifcde» laftîis au rèfee de Looîsr XlU.que j'ei fiou9<la«
fopriiMcsse Ifuie^ene lée MéMÎna^fièsienK» piefTO(i.lV, p.a&).
sassent à exécuter ce commandement. M' de MariUac a fait un voiage vers Monsieur qui est k Montargis^ pour Fadvertir de ce procéder, et est, dit on, re* tourné et après avoir esté tenu conseil cbes la Royne Mère est encores reparti* Plusieurs jugent que M"* de Beliegarde et le Gogneux^ sont bien embarrassée et auront bien de ia peine à dévider cette fusée, et prtncipalemœt ce dernier auquel la Royne Mère ne veult pas de bien et qu'elle croit pouvoir pins que personne sur l'esprit de son fils. II y a commandement k la poste de ne bailler aucuns chevaux jusques k ce que la Royne Mère eust depesché son courrier vers le Roy. Voila laiFaire qui entretient maintenant nostre court et toutes les compagnies. Dieu veuille que tout reucisse au bien de FËstat et au contentement de ceux qui y ont le principal interest.
L'on parie maintenant avec incertitude de la surprise d'Orange quoy que plusieurs croient que le Gouverneur soit d'accord avec le Roy, mais qu'il ne se veult encore déclarer ^'^. Je vous envoie copie d'une lettre qui mérite d'estre gardée pour cette histoire et semble qu'il prépare des excuses pour prétexter la défection. J'y ai joint l'arrest donné par M' le Garde des Seaux ^ touchant l'ordre des Finances. Il s'est réimprimé ici depuis peu les arrests en Robe rouge coUigés par M' Bouguier conseiller, qui est une collection dont on fait cas; je vous en ay pris un exemplaire. Il y a au devant un poème de M' Borbonius^ fort beau , où il parle de la prise de la Rochelle et des An^ois \ C'est en la
^ Chef-lieu d^arrondissémeiit du Loiret, i 69 kilomètres d*OrléaBS.
* Grands amis, comme on sait, du firère de Louis XIIL
^ Voir, au sujet de cet incident de Thistoire d'Orange et au sujet du gouverneur de cette ville , le sieur de Valkembourg, une note du fiucicule VIII des Corre^<mdant$ dé Ptiarue {Le cardinal Bichi, Mqw de Carpentrae, i885, p. 38). Conférez le tome I des Lettrée de Peireec aux frèree Jhtpwfy p. Sgo. Tajoute à ces indications cette citation de VArt de vérifier lee datée ( Chronologie hietorique dee eomtee dé Hollande, t. XIV, 1819, p. Â73) : «Maurice de Nassau, successeur de Phil^pe-GuiHaume, son frère, dans ses droits sur la principauté d*Orange, avait donné, Fan 1619, le gouvernement de ce pays au prince Emmanuel de Portugal, avec charge d'y établir, pour comman*
dant des troupes, Jean de Hertoge, sieur de Valkemboui|^. Emmanuel ayant été ra]^lé Tan i6a3, ce capitaine prit le gouvernement d'Orange. Mais bientôt ses ennemis le rendirent suspect. On l'accusa de traiter avec Richelieu de la souveraineté, h condition de rendre sa place héréditaire. Sur cette accusation, le prince rappela Valkembourg. Celui-ci, refusant de donner sa démission, se fil tuer en se défendant contre ceux qui avaient l'ordre de l'arrêter, j)
« Michel de Mariiiac.
* Nicolas Bourbon, déjà mentionné.
^ Le fort beau poème" du futur académiaên n'est mentionné ni dans les recueils bibliogniphiques (Lelong^Fontette, Momê^ du lAnùre, Catalogue de la Bibhotkèquê nalMmalê, Eeeai de hihUogmphie oraiorietme, du P. Ingold, Bibliographie BochMee, de Léopold Délayant), ni
façon des Sermones de M' de THospital ^ Je suis bien marri que cette pièce n'est en meilleur endroit. Je tascherai d'en avoir copie destachée du livre , car vous seriez bien aise de la faire passer de là les monts. Un de nos poètes modernes dont on fait grand cas en court, nommé S* Amand^, a fait imprimer ses vers in-b? où il y a un cahier de railleries où sont force bons mots, et un peu de sales, que l'on ne donne pourtant qu'aux amis'. J'en ay pris un. Le 1 9 tome du Mercure est aussi publié où il y a plusieurs bonnes pièces insérées. Je suis marri qu'il ne se présente occasion de vous faire tenir toutes ces pièces dont je vous envoie le catalogue affin qu'au moins vous voiez en quoi s'emploie vostre argent et me mandiez librement en quoi j'excède mon pouvoir, ne voulant rien faire que ce que me prescrirez. Les finances me manquent, y a desja quelque temps, mais j'espère qu'aurez donné ordre au recouvrement. J'ai parlé à M' Lussou touchant le Registre (entre deux ais) ; il s'estonne de vostre curiosité qu'il n'a point eue, encore qu'il soit du mestier. D dit que ce livre est tenu fort chèrement et ne se conununique. D croit en avoir quelques extraits et m'a promis de bailler ce qu'il en aura. M' Haultin aussi fera le mesme, mais il est lent et nostre Quentin nous échappe au premier jour. Je vous baise les mains et suis.
Monsieur,
vostre très humble et affectionné serviteur, J. DU Pur.
De Paris, ce 1 9 man lOag.
Les Bonvisi ont fait banqueroute k Lion de grandes sommes^.
dans les recueils biographiques (Moréri, Mi- ' chaud, Didot, etc.), ni dans une étude spéciale de M. R. Kenriler {La Champagne à V Académie françaUe, Nieolu Bourbon, étude twr 9atiê9t9e$ trtnoaux, Paris, 1878).
' Mtc^. Hoêpitalii «piêtohnim et tirmonum 'Tibri VI {editi a Guido Fahro, J, Aug, Thuano se Sew. Sammartano). Paris, chei Mamert Pâtisson, t585, petit in-fol.
* Mare-Aoloiiie de Gérard, sieur de Saint- Amand.
^ Cette première partie des Œuvres de Sainl- Amand parut à Paris, de Timprimerie de'Rob. Estiei]iie,poorFr.Pomeray et Toussaint Quinet, 1619, uk-U^ de U feuillets préliminaires et je i55 pages.
* Bibliothèque nationale, fonds français, vol. 95Â& , fol. 86. Autografht.
$86 AJMTBNDIGB. [lAM]
^M^.. a^ifi uni n I jmij ui LiLiiiiiii un m mi iMiiniiiiui mn iiiini
LETTRE BE Ai€QGE& WHilt
^i MONSIEUB , MONSIEUR BE PETEBSG, CONSEILLER hV ROT EN SA GOCR DE PARLEMENT DE PROVENCE, ï AU».
Monsieur^ Comm^ j'estois sur le poin) de vo^ e^c^^^t im plai£idfs^.4u.p8q) de nwh» velji^s q^ue recevons ^e vosjtri^ pact> vostre despei^cl^ da sfM^Qnd d^ os moi3 lo^^ esté rendue fprt bi^p. coAditioQjxée avec tou3 les piRc^ta et auU^ivp]^niQ4A qui y estoient joints, de soirte. (|ue; m^ voiU payé #t «v/ec 114111^, voq&a^seiifiiiiiik qji^ le teiQps le loieu;!^. passé et avec pjujs d«i coi^wt^iaat efib Qiki ({pi». Qoiit e/QpjioÎQns à U lecture de vos^lettreado^nt 1^ pIllaliOll^ufif^soatks.l»€âll^urâ9• Mv dq la. Motte s'est trouva, à Touverturq du pi^çqu^ti et liiy ay^ deUveé cal^y d^. M' Gassendi don|.i^ m'a, ipon^ré à(^ It^tres d'^ la GfaapeUe a$$m if9mkm^ ok ii y s|voit djds i^eppmmandatipni^ pouf vQua^.Jfi sms U^tji aî«e>(pi€t^i«lies«p#cr quets vous ayent esté délivrez, en estant en peine et de sçavoir d'où pouvojtipro? veoir un si grand retardement. Ii y a si peu de temps entre la poeaj^tioD de vostre dittei despesche et le partemept^de l'ordinaire que je ne pourrai pas satisfaire à la plus part. des choses que desirez, me reservant de le faire par le prochain, auquel je ne manquerai de vous envoier UB6i partie deftiivces que me demandez. Si vous n'avez fait renouveler les ordres du costé de Marseille à Mad"" Lignage, je vou^ prie. d,e le faire > cai; il, y a. de pJw de troîa s^ptaipes que l'argent manque, Quentin ne laissant pour celad'escrire» et M' Haultin doit meiireson registre dea^DBKMime&ratre les mains de Sf^Rigault, de sorte que ce lui sera encore de l'emploi et craignons bien que son maistre ne parte auparavant. Devant que de venir ^u^.nouyellQ^.djui mon4(^, jçi respondcai à vostre. despescbe* ei cammAOoarai par let rem^Dciaieni des vers du sieur Remmius^ que je n'ay encore eu Ivnsir de veoir ni dte faire veoir aux amis. Mon frère fera ce qu'il pourra auprès de M' de Lpn^ènie.pour l'expediUpn qpe deaîrez.dis luy po.tt;r ce sieur Nostradalqwft'. IL noHs. a communiqué cdle que }uy< escrms de» doq-
' Gassendi faisait alors, en compagnie de * Abraliam Ravaad, dit Remy, déjà aouvent
Luillier, ce voyage dans les Pays-Bas sur lequel mentionné. Bougerel a donné tant de détaib ( Vie ék Gom- ' César de Noatredame.
iendi, p. 37-6/1).
[i«89] APPCHMGS. «87
velles de ycOire prOvviiee doitt m<èA iâ dni «fomtë» «edîsmii ftedeinefut êfn Ifenerd qm M' ée Guîse ait «Miré 'dans nlePioànoM ^ffllg tro«hr^ teaistanee. L'ofeHidimance de M'ie'Gahlè^d«8<Stean^ eMtéiXÈlptitAée, ttrMs sdns bbangeiDMls de ia >ft)retÉiere editibn que ine «lâtfrqiiec [^] %'oïà point eMé publia. Ces Mesneurs du Parienént'SeMnt asaei&blëfe deUï ùti ti^is fois 8«r èe subjet etin'ant eiamin^ que quatre ou cînq«ani(A€%,<&^éèttle qttè Viis c6ntiiiueM de h foçoD, As en auront pour dix obs meffre.i*^y toujo^uf^ doubté de là Vérité de k nouvelle d'Orange 'sur ce ^e vam iïe hèùsMeli niendiëe riéb. Mon freine ia ce ikiemoire ^qu'en mez a^Itres Sois f«it ^^\o)u6 m lô^a f^ès 'V'oloJQi^ë faire une cèpie^. Nou^ avions tdesja ssom ce q«e ^rte J[^el[fi1Blict dé lettres toucbanft M' de Thou et pense ^ous rcrvoir ni0iidé,«iai8 letetetftres* iJf' Aiîbri *i 8 février revoqueiît ^ doute cet advis, ce qui a 'aussi )e9lé icor^fmé'p?» d'atrtr^s letlrés de mèsme datte, de sorte que ceta nous >tiè»t en Suspens et Ttè 9çavons qnV^ eroire. Potir mojr je Ipoûve le temps biencowt, eëtânt parti de Sayette le i Novembre i*»8 pour riler ctti Jem^lem et de là m Egypte, d'estre de retour an commeneenient de janvier à Bhgfise^ d'oii l'avis en esloit tenu à Rome, et M' Lomague, dost iV^ulistillonest gendre,>a <^t ài<m de nos amis que )e dit sieur Pocddllon estoit à Venise 'et y avoit plus de ttdis mois qu^ n'avoit esté à Raguse. Je ne sçai comment accorder lout cela. JFe elbois laeiiefcnentla mort du valet, Monsieur de Tbou par ses lettres de SayeUie ^malndomt le piteux estât auquel il efstoit ImguissaDt de^ficft^vre il y avoit plus de^tNris mois. Le sieur Léger (?) , compagnon de voyage de M'4e Tanneur, s^est tmarié à ce èa^^naVal defmièr à la fflle d*un procureur notomé Mangeot qui a cinquante Hhîi livras de bi'en. Je ne l'ai veu qu'une fois en lout. Si par renoontere je 4è p^iè vè^, je lui parierai de ce que me mander tovchant le Hoi de Pe^rse d'aujourd^hui. le isero^is bièti aise de j^ouvreh* ce fivre imprimé k Veliise de Pieifo d^a Vàlle dont ïne parlez. Ce Tarich Regum Persiae est fort estimé ^ est traduit ^ tt^ Kvi^ en langue Ara- Uqueiort authentique. Il se peut envoVÊflr pat pacqaëts^et à èëuxibis pour ne trbp «obai^er Tok^inaire. Ge livre tntilulé Lingua SaâftirtVÀ^a ne se trottve plu^ et croy qu'il n'y en avoit que b «ou 5 exemplaires, il tie Contient que deux fcufflé^ et vous le pourrez avoir dans ce pacquet. M' €rotius fera ce qu'il pourra pour ptomouv^r l'édition à^ inBcyiptions,'mais on n'a dessein 'que de FAûctuanum.
^ Ce laétaMiire se retrouve, conmie.je Tai d^jà de jpièees rdàtîves i la tprîncipmité d^OfM^.
constaté, dans un des registres de la coHec- * En Dalmatie, sur la rive orientale de TAdria-
tion Peiresc, à la bibliothèque de Garpen- tique, à 3 5o kilomètres de Zara. iras, portant le nottiéro LXXVIH, et reatç^
Je luy lirai ce que m'en escrivez, et si M' Doni tient paroile, je croi que cela réussira. Je vous exhorte de tenir prestes vos inscriptions et seroit facile de vous les faire imprimer séparément des autres. Pour M' de Toulouse \ il partit d'ici le l'^de ce mois, et Texemplaire .de son factum donné à M' Marchier estoit pour vous estre délivré, croiant cette voie plus seure et prompte, et nous en donnant un pour nous , prevoiant bien la demande que je lui allois faire pour vous, il me dit qu'il vous en avoit envoie un exemplaire par mon dit sieur Marchier qui s'en sera voulu approprier. Il l'a tenu secret, craignant que ces Messieurs des Parlements s'en formalisassent, encore qu'il soit fort dans la retenue et ne s extravague point de son fait. Il est fort bian imprimé et mente d'estre gardé. Je m'informerai touchant ce qui se pratique ici par nos prescheurs en présence de l'Archevesque de leurs sermons. J'ai oui dire et assearer que l'Archevesque estant présent et ne se trouvant point plus grande puissance comme du Roi ou des Roines, et de Monsieur, l'on adresse la parole à l'Archevesque. Je vous remercie de la perquisition qu'avez faitte pour le faict de ce moine qui ne pouvoit parestre plus exacte. Je ferai voir vostre lettre à celuy qui m'en a parlé et vous en ferai sçavoir la response. Voila pour response à vostre lettre, me reservant de vous envoier par le premier ordinaire les livrets que desirez. Devant que de venir au public, j'ai à vous faire souvenir d'une prière que vous a fait autres fois M. Rergeron et dont il vous a escrit sans avoir receu, dit il, au* cune responce ; c'est pour les voiages d'un nommé Le Blanc de vos quartiers^ sur lequel il croit qu'ayez grand pouvoir, et M' le président Lussou, qui affectionne fort ce dessein, m'a dict en riant qu'il avoit l'extrait du registre des monoies entre deux aix, mais qu'il ne s'en desaisiroit point que vous ne lui eussiez fait raison de ces voiages de Le Blanc. Je vous supplie de mander par le premier à quoy cette affaire tient, car je ne doute nullement que de vostre costé vous n'y ayez apporté toute la diligence requise.
Pour ce qui est des nouvelles de l'armée , encore qu'en soiez plus proche que nous, je crois neantmoins que les courriers en sont plus tost despeschez de deçà; c'est pourquoy je vous envoie copie de deux lettres dont la première est de M' Lucas, et l'autre d'un Gentilhomme dont je ne sçai le nom. Il y a eu quelque advis du depuis, que M' de Sennetaire, estant allé trouver le Duc de la part du Roi, estoit entré en quelque conférence et traicté d'accommodement et depuis retourné devers le Roi, mais je n'en ai rien veu par escript de bien au-
^ Charles de Montchal. — * Nous avons vu que Vincent Leblanc était ne à Manâlle.
tbeniique.Oo adjousle que le Roi doit estre bien tost de retour à Grenoble, ce que j*ay peine à croire. Pour ce qui est de ht Princesse Marie , elle est toujours au Bois de Vincennes au logement du Roi oti les Princesses ses parentes la visitent, maisfault avoir des billets de la Roine Mère, et fait on démasquer les femmes de leur suitte creinte que quelqu'un y entre déguisé. Monsieur a supporté cet arrest fort iînpatiQmment et a dit tout ce qu'un homme en colère et amoureux peut, dire : il a mandé tous ses domestiques pour l'aller trouver à Orieans et faisoit estât d'aller à Gbampigny\ maison de sa feue femme en Touraine. 11 a dit qu'il ne verroit la Roine sa mère qu'en peinture. Messieurs de Bellegarde et le président le Gogneux sont auprès de lui pour l'adoucir. Il avoit envoie visiter sa maistresse par un nommé Briançon^, frère du comte de Lude^, mais Loustelnau^ qui commande au Bois de Vincennes, lui a refusé de parler à la Princesse. Madame la comtesse de Soissons a eu de rudes propos avec le cardinal de Berulie, que l'on tient avoir esté un des principaux autheurs de ce conseil^; l'on fait mettre des barreaux à plusieurs fenestres du logement de la Princesse, crainte de quelque enlèvement. On n'a pas encore eu advis de la cour comme cette action aura esté receùe; je ne doubte point que la Roine Mère ne soit bien advouée , car s'agissant de son filz , c'est elle qui y a le principal interest. Je vous avois envoie coppie de la Jussion envoiée au Parlement sur U fait de M' de Vandosme; mais le Procureur gênerai, prevoiant le reffûs qu'elle trouveroit de la compagnie, né l'a présentée, et a fait en sorte que sans faire mention de cette diiBculté sur la nomination des commissaires, ces Messieurs nommés tant par le Roi que par la court se sont transportés au Bois de Vincennes, où Loustelnau les receulavec toute la garnison en ordre et les feit monter en la chambre du Duc qu'ils trouvèrent d'une façon fort posée et sérieuse; ils s'asseireht à l'entour de la table, dedans des chaises, et lui se mit au bout et se tenant nûe teste et debout ; ils le feirent asseoir et, le Greffier
* Aajourd^hui commane d*f ndre-el-Loire , arrondissemenl de 6biAoii, canton de Richefieu, à 55 kilomètres de Tours.
* Érasme, comte de Briançon , mort sans postérité de Marguerite Hurault, fille de Henri, comte de Ghiverni, gouverneur du pays Chartrain , était le troisième fils de François de Diiillon , comte de Lude, marquis dUiliers, seigneur de Pontgibaud et de Briançon, sénéchal d* Anjou, gouverneur de Gaston de Fronce, duc d^Oriéans, et de Françoise de Schomherg, fille de Gaspard,
comte de Nanteiiil, et de Jeanne de Ghasteigner de la Rocheposay.
' Timoléon de Daillon, comte de Lude, était le fils aîné de François de Daillon.
* Gonnaissait-on la querelle de la comtesse de SoissQOS et du cardiod de Béroilel Les anecdotiques récits de Jacques Dupuy, dans cette lettre et dans la précédente, sont péut-étta ce qui a été écrit de plus intéressant sur Tarrestalion de Marie de Goosague et sur les suites de cette 4rrestati<HPU
nrPBIHItU aATIOVALB.
690 * APPENDICE. [i629]
ayant faict lecture tant de Tabolîtbn que de sa confeaaîoa y attachée, ils lui demandèrent si cette pièce estoit de lui et ^il nWoît rien à y adjouster davantage. 11 leur fit response que non et qu'il avoit accuse jusqoes à ses pensées. Cela fait y ils se retirèrent sans parler d'autre choses L'on croit qu'il sera bientost mis en liberté, la Roine Mère en ayant dit opielque cbose, et c'est die mesme qu'a fait solliciter ces Messieurs de se tfansportor au Bois de Vincennes sans plus user de remises. Nous avons perdu un des anciens conseillers d'Estat qui est le bonhomme M' de Chateauneuf^ M'I'Evesque d'Orléans son fils est id auquel je ferai bailler vostre lettre. Mon frère vous baise les mains comme je fais de mon costé, vous priant do^croire que je s^rai à jamais, Monsieur,
vostre très humble et affectionné serviteur, J. DU Put
A Paris, ce ao ma» 1619.
M' le Grand , maistre des Reqiiestes, et M' d'Aubrai partent ce jounfiiui pour aller servir leur quartier. Le premier fera ce qu'il pourra pour donner jusques en vostre province. Il est de mes intimes amis et fort cogneu de M' vostre frère.
Le sieur Vris^ m'a mis entre les mains un pacquet que je crois estre la Gène
' LETTRE DE PIERRE DUPUY À PEIRESC
Monsieur, J'ay respondu à vos deux depesches du a 8 avril et 5"^ may arrivées à trois jours l'une de l'autre fort bien conditionnées avec tous les.pacquets et lettres qui y estoient jointes qui ont esté envoiées à leur addrésse. Je vous rends grâces
^ Girilkuiiie de rAubespine, baroa de Ghâ- Gbéteauneaf, garde des sceanx de France.
tetHieuf, né en ibi*j, avait été anbeasadear * Sur le peintre Adrien de Vries, Yoîr t I,
en Angleterre et chaneelier des ordres da roi. p. 5i, 738-786.
n aMdt «n de sa femme, Marie de la Ghastre, * Ici one ligne penke dans la reiinre, —
neof enfimto dont les pios célébrée ftnrant Vel. 717, fol. 89. Autographe. Tévéque d'Oriéans et Gharies, marqms de
[1629] APPENDICE. 69ï
des curiositez et livres qui les actampagnoient. Cette relation espagnole touchant la prise de la Rochelle est bien remarquable; un Gentilhomme Alleman qui nous bailla ce meoMiire de livres Espagnols que je vous ai envoyé nous dit en «voir uae qu'il achepta sur iea lieux et s*estonnoit des louanges qu'on donnoit à nostre roi et en un temps que rînieHigenee n'estoit pas tant grande entre les deux courones à cause des affaires d'Italie ; mais je crains que vostre courtoisie ordinaire vous faœ priver de cette pièce pour nous en faire part si libéralement conune avez desja faict de la relation de Perse qui est grandement estimée de par jdeça. Ce seigneur Pietro deUa Valle^ fait mention de deux relations, l'une de ses vêlages et l'autre de la Géorgie* Si avez quelque accez auprès de lui, il seroit bon de pénétrer en quel dessein il est touchant la publication de ces deux pièces qui seroient grandement bien reçues. M' le Card. Barberin y pourroit beaucoup, car cet imprimé lui est dédié.
Avant que de venir à ce qu'il y a de public, je respendrai à vos dites despesches : je me doubtois bien que le s' Rémi s'excuseroit sur la liberté que quelques uns se sont voulu donner de faire brefves ou longues les syllabes des noms propres. Ces.Mess^ me feirent bien des lois cette response, mais qu'elle n'estoit suffisante, et qu'il falloit en ces choses là suivre les anciens qu'en avoient usé de la façon, et que le long usage doit prévaloir à tout ce qu'on pourroit alléguer au contraire et duquel on ne peut rendre raison^ comme par exemple pourquoi la première de amo est brefve et celle de hamus longue^ et ainsi tous les autres* A la première rencontre je communiquerai à M' Grotius ce que m'escrivez de ces origines des noms propres et de diverses façons auxquelles ils ont esté changez, et ne manquerai de vous escrire ce que j'en pourrai retenir^ et. vostre disgression est très à propos et pleine d'érudition et grande recherche, et pleust à Dieu que toutes celles de M'Saulmaise sur son Solin n'eussent point esté tirées jàus loing'. Il travaille maintenant sur un ti*oisieme volume qui est purement sur Pline et dont il fait phis de cas que des deax autres. Il veut racheyér devant que d'aller en Bourgogne où il fait estât de s'acheminer dans^six semaines avec toute sa famille et ne sçait quel temps il y sqournera. Je l'ai enfin mené chez nostre peintre; il est fort bien commencé et il n'y a persone qui ne le recogneust. M' Grotius est tout à fait achevé et fort ressemblant. M" le Beauclerc etla Ville aux Clercs se transporteront bien-
* Voir t. I, p. 545. > Trop jost» critique des confectaraies éty-
* Qui temel Mf lasug falkâ pi$ci$ «6 kamo moiogies d'un phiJobgiie dont TéruditiOQ ^tait (Ovide). pliM vaste que lûre.
tost chez lui pour se faire tirer. Mon frère les a vous depuis deux jours et les en a sollicitez en vostre nom pour vous donner cette satisfaction. Maintenant que la Roine !\I[ere] est à Luxembourg ^ ce leur sera pourmenade de sWrester chez lui. Pendant le peu de séjour que fait ici M' Rubens, je rendis un petit service h M' Vris qui lui fut assez agréable, car Tayant adverti de son arri^ vée, nous nous trouvasmes chez lui et le recommandois fort à mon dits' Ra« bens et le priai de faire de bons o8ices pour lui auprès de M' deS-Ambrotse, ce qu'il me promit de faire par lettre, ayant deaja prins congé de lui. Le dit s' Rubens voulut voir ses derniers ouvrages que le s' Vris apporta et feurent grandement estimez. M" TAmbassadeur de Flandres, au logis duquel il demeuroit, les veit aussi, qui en ayant fait récit à celui d'Espagne, il l'est venu visiter chez lui. Je voi qu'il commence à estre fort connu et n'a que fanre de chercher des protecteurs , car ses ouvrages le recommandent assez. Je veux mal à M' Monstier ^ qui continue tousjours à lui faire de mauvais offices ; c'est un inarault indigne de la cognoissance de gens d'honneur. Noos ne lairrons pas cela sans reproche à la première rencontre. Le dit s' Rubens veit le palais de la Roine M[ere] avec tout son ameublement et me dit n'avoir rien veu de si magnifique en la Court d'Espagne. La chambre où est son lict qui est renfermée dans un grand pavillon ressemble à cez lieux enchantez descrits dans les Amadis; il n'y a que M' de Balzac avec ses hyperboles capable d'en faire la description.
Pour ce qui est de la Bible Hébraïque , il n'y en a qu'une in 1 6"* de Rob. Steph. ^, et Tannée qui est de 1 56 5 est seulement marquée à la fin des Pseaumes. Je ne vous conseille point de faire cet achapt. Vostre ami se pourra bien passer de l'exemplaire qu'il a. M' Rigault vous doit remercier des lettres de recommandation qu'il a receues de vous par ce dernier ordinaire. Le nom de son Rapporteur est Chômas, qui est en assez mauvaise réputation comme d'homme corrompu. Toutesfois c'est le hazard qui le leur a donné et non la faveur de leurs parties. Il n'y a encore eu moyen de faire faire un espreuve du Théophile de M' Fabrot et ai esté moi mesme trouver Vitré qui le doit imprimer pour l'en solliciter, mais outre qu'il est syndic aussi bien que Cramoisy, c'est lui qui a entrepris l'édition de la Grande Bible ^, de sorte qu'il ne manque pas d'occu-
■ Cest-i-dire au paliis du Luxembourg. iement Tëdition de Robert EsUenne de i5&6-
* Le peintre Daniel du Monstier dont le ca- 1 546, in- 1 6.
ractère., s'il faut en croire les U^es qui vont * La BibU pohfglotu deLe Jay (i 698-1 6&5),
suivre, était loin de valoir le talent. en 10 vol. in-fol.
^ Dans le Manuel du Ubrân on indique seu-
pation ; mais je crois que la longueur sera récompensée par la beauté de Timpression, car il entend assez bien son mestier. Toutesfois je ne me fie point à ces gens là, sachant leur ivrognerie, ce que n'ignorez non plus, ayant passé par leurs mains.
Nostre ami, qui entreprend les CEuvres de M' de Malherbe, s'appelle Granie^^ qui a Thonneur d'eslre cogneu de vous et de M' vostre frère , vous prend au mot pour les lettres de M' de Malherbe, qui serviront de grand ornement à son édition; que si n'avez le loisir d'en faire le choix et retrancher ce qui seroit inutile, il vous donne sa parole que les envoiant ici, il les renverra trez exactement et suivra Tordre que vous luy prescrirez. Je ifous prie, s'il- y a moyen, de le favoriser en cela ; la mémoire de M' de Malherbe semble vous y convier et puisqu'il les avoit voulu examiner pour les polir, cela fait croire qu'il les jugeoit dignes de voir le jour. Mon dit s' Grahier m'avoit il y a quelque temps fait cette prière que j'avois esconduitte crainte de vous faire une requeste incivile. Mais puisque de vous mesme vous vous y.estes comme engagé, je n'ai fait aucune difficulté de faire cet office. Vous en userez neantmoins comme le trouverez plus à propos^.
M' Rigault se resoult bien, quand M' le Nonce ^ sera de retour ici, de lui faire présent de son Tertullien entier, ce qui sera plus à propos tjue d'envoier la préface: détachée. Mon dit s' Rigarult a vu ce qu'escrivez à mon frère touchant ces inscriptions antiques et ce mot TRITVRRII et croy qu'il vous en touchera quelque mot. J'en parlerai aussi à M'^Grotius et Saulmaîse. Ce dernier a maintenant entre les mains les Mârmora Arundeliâna et à l'ouverture du livre il me marqua quelque faute assez grossière faute d'avoir bien leu le marbre! Cela fait croire qu'il en trouvera beaucoup d'autres. Il a plusieurs anciennes Inscriptions Grecques qu'il voudroit fere imprimer et illustrer de notes et y joindroit volontiers celles ci. Je tascherai à l'y faire resouldre. Le sçavoir de cet homme en ce genre de lettres est prodigieux, et M' Grotius, qui -a leu son dernier ouvrage ^, ne se peut lasser de l'admirer et priser. Il trouvera peu de lecteurs de cette sorte.
Pour ce qui est du registre de Lauthier, je vous ay mandé comme Quentin l'a transcrit. Mon frère en a fait faire une copie pour lui et avoit dessein d'y
^ Aager de Mauléoo , sieur de Graniei*. Voir hibUographique dn tome I des Œwre$ complétée