‹ Lettres de PeirescChapitre 45 sur 48 · p. Â 17. de MaUmhe (p. xcir · texte numérisé non relu

p. Â 17. de MaUmhe (p. xcir

* Ce paragraphe, depuis les mots: iVofttvamt^ ^ Le «ardioal Bagni.

a été inséra par M. Lud. Lalanne dans la Nc^iee * 1HmianœexereiUKlionn{ï%^^^ a Yol.in-fo).).

faire coller les monoies que nous avons de M' Haultin, mais il y a rencontré tant de difficulté à en faire le rapport qu'il a tout laissé là et s'est contenté du simple discours, aussi que le registre de Lautbier contient plusieurs monaoies estrangeres qui ne sont dans les planches de M' Haultin, et fault qu'il les ait eues d'autre part pour les appliquer à son livre. Le registre entre deux ais a bien des figures de mpnoies en marge, mais elles sont comme imprimée^ sur le papier mesme et non collées. Il sera bientost transcrit par Quentin. Je m'enquerrai chez nos libraires si ce livre de figures ne se trouveroit point, et quand il se rencontreroit il faudroit qu'une personne intelligente les coUast crainte de besveûe.

Avant que de venir à ce peu de nouvelles, il faut que je vous remercie du pacquet de M' de Thou du Caire, joint à vostre depesche du a8 avril, ensemUe de la communication de vostre lettre que je vous renvoie. Je ne vous fais part de celles qu'il nous escrit pour ce qu'elles ne contiennent que les mesmes choses et non du tout si particulières. Vos advis de Suze sont assez notables pour ce qui regarde la trefve de Savoie. Au reste ib sont remplis de putides flatteries. Il n'est pas vrai que M' le Mareschal de S-Luc^ ait esté à Venise , il n'a pas passé Nancy, où il tomba malade d'uae maladie que les medisans boptieent du nom de verolle ; et de fait k «son arrivée ici il s'est retiré avec sa femme ^ à Rue! où tous deux s'en font penser, car on prétend qu'elle lui a faict ce beau don de nopce '. Noi^is avons eu quelques advis de Valknce que je vous envoie ; ils sont de M' Ferrant M' le Cardioal doit avoir maintenant joint le Roy avec l'armée : les députez des ileux Ducs n'ont peu convenir pour l'appretiation des terres et le Roi y doit envoier des commi8saires..<Ceux de Gènes aussi n'ont peu demeurer d'accord avec M' de Savoie, pour leurs différents, sont partis neantmoins fort satisfaits du Roi. On asseure que M' le Cardinal est parti de Suse assez content du Duc et croit-on que tout se terminera à l'amiable. Mais vous devez mieux sçavoir ces nouvelles que nous, en estant plus proches.

* Timoiéon d^Espinay, chevalier des ordres du roi, gouverneur de Brouage, lieutenant général au gouvernement de Guyenne, vice-amiral de France, maréchal de France en i6a8, mort à Bordeaux le ts septembre i64â.

* Le maréchal de Saint-Luc, qui avait épousé en premières noces Henriette de Bassompierre, sœur du maréckel, se remaria, le is juin

1637, avec Gabrielle de la Guiche, veuve de Gabriel, seigneur de Ghazeron, et fille ainée de Jean-François, seigneur de Saini-Géran, maréchal de France, mort à Paris le 19 janvier i63a.

' Voir à ce sujet dans Tallemant des Réaux rbâatoriette intilnl^ : Le maMud de StûtU-bue etk eomtê ^EOm, son jUs (t. IV, p. «46 ).

Pour ce qui est de deçà, la Princesse Marie a salué la Reine Mereqoî lai a fait assez maigre accueil ; elle se baissa pour baiser la RoU>e , la Reine la retira et Tembrassa sans la baiser, et puis se tournant tint quelques propos légers à Madame de LongueviUe sa tante. Il n'y a rien de bien résolu pour son partement. Monsieur ne vient point, comme il s'estoit dit. Il est toujours à Orléans : la paix d'Angleterre est conclue et le commerce restabli; M' de Ghasteauneuf est attendu ici pour y aller Ambassadeur extraordinaire ^ Us doivent envoyer de leur costé pour extraordinaire un comte de Dembi , non pas celui qui est beau-frere de feu le Duc de Buckingbam, mais un antre, pour ordinaire un nommé Wacbi emploie autresfois par le Duc vers les Suisses. On ne dit point qui y résidera de nostre costé, non plus qu'en Espagne et en Bruxelles. Le siège de Bos le Duc^ continue tousjours. Je n'ai peu voir les- derniers advis. Si ceux qu'on m'a dit sont véritables', les Hollandois en seront bientost les maistres, car ils asseurent que le prince est desja logé dans le mares, duquel costé la ville est moins fortifiéç et qu'il se dessèche par quantité de moulins à eaûe faits pour cet effet. Il faut savoir ce que nous mandera M' Rubens qui désire fort que le commerce de nos lettres se restablisse. Le Marquis de Spinola est tousjours en Espagne et bien à propos pour sa réputation. M' le Garde des Sceaux a eu d'assez rudes parolles à Valence avec M^ le SuTintendant sur le subject de quelques Arrêts qu'on luy veult faire sceller encore qu'il n'y ait point esté oui. Et ce ilifféreat se termina de la sorte que cbacun dit qu'il en feroit sa plainte au Roi. On dit pourtant que le dit s' Garde des Sceaux a esté fort caressé du Roi à son arrivée. Pour la charge de M' d'Hèrbault^ on ne sçait point qui en sera pourveu. M' de l'Avrilliere y a de grandes pretensions et la voix commune l'y appelle.

Je suis et serai toute ma vie. Monsieur, vostre très humble et affectionné serviteur,

P. DU Pur.

Je vous envoie un Ovide qui, je croi, vous agréera grandement pour la

^ Ce fut deux jours oprès la date de cette lo juillet 1699. La dernière est du 11 avril

lettre que furent si^piées à Pnras les in- 16B0.

stnUctioBs donoées k Ghariet de rAubespine, * Voir sur le siège de Bois^le-Doc une note

marquis de Ghâteaunenf, le futur garde des de la page 169.

sceaux. La première dépéclie de Pambassadeur * Par-dessus ces mots, du Puy a écrit : Si les

an cardinal de Richeiien est datée de Londres, adns qui sont ^

beauté de reditîon et Telegance^. Vous aurez l'Horace' Tordinaire prochain. Je ne vous conseille pas de vous en desaisir qu'il n'y en ait d'autres de deçà. J'y ay joint deux plans du combat de Suse et les petites heures Grecques.

La petite lettre au s' Berger a esté receue et vous en remercie.

Mes recommandations à M ' vostre (rere. Mon frère vous salue. . De Paris, ce 18 may 16*9'.

LETTRE DE CHRISTOPHE DUPUY À PEIRESC

Je suis en peine par quel discours commencer pour m'excuser d'avoir esté si longtemps sans vous escrire. Je pourrois bien alléguer les incommoditez que j'ay eues pendant cet esté à cause des maladies que nous avons ressenti en cette maison, desquelles j'ay ma part aussy bien que les autres; mais j'ayme mieux reconnoistre ingenûement ma faute et vous prier de me pardonner, que d'entrer en toutes ces excuses. Nous avons esté trez fort en peine de sçavoir de vos nouvdies , ce qui n'a point esté sans appréhension pour mon particulier à cause des divers advis que nous avons receus en divers tems, que la peste avoit pénétré en plusieurs lieux de vos quartiers. J'ay opinion que vous avez maintenant par delà M' de Thou, s'il n'est passé plus outre. M' de Meslay*, son frère, arriva icy trois jours aprez qu'il en'fust party, ce qui me faict porter plus patiemment son absence.

Vous avez sçeu comment M' Holstenius a esté despesché en Pologne pour porter le bonnet à Monseigneur le cardinal S. Croix; il s'est mis en quelque équipage parce qu'il est allé avec le titre de Camérier d'honneur de Sa Sainteté. Devant son partement, il me mit entre les mains un pacquet de livres lequel je n'ay voulu ouvrir, encore qu'il m'ayt donné la permission, affin que je le luy gardasse pendant son absence. C'est ce qu'il avoit de plus exquiç entre les choses qu'il avoit acquises depuis qu'il est en ce paîs, et au

^ Ceei Tëdition elxévirienae de Daniel Hein- ' Bibliothè(|ae d'Ingoimbert, collection Pei-

flius en 3 volumes in-j6,que M. A. Willemfl dé- reac, registre XLI, tome II, fol. 99. ilufo-

signe ainsi ( L«< Ekevier, p. 8 3 ) : fr édition jolie et graphe. assez rare.n * Jacques-Aaguste de Tbou , baron de Meriay,

* VHorace de Daniel Heinsios en i vol. in-i6. déjà mentionné plus haut (p. 966).

cas que Dieu disposast de lay, il entend et désire que je Tenvoye à Paris, à mon frère, pour en faire ainsy que bon luy semblera, estimant que 8*il a quelque diose qui soit digne d'estre mis au jour, on ne détiendra par delà ensevely comme on fait icy ce quil a de bon. H se plaignit S moy sur ce propos qu'il n*y avoit eu moyen de voir aucune chose de ce que le signer Aleandro avoit bissë, et qui estoyent tombées entre les mains de quelques personnes qui ne leur laissèrent voir le soleil ; que pour ce sujet il me consignoit ce peu de livres , afiin qu'ils ne courussent pareille fortune. Tay Inen voulu vous donner advis de tout ce que dessus affin que vous fussiez témoin de ce depost, ce que pourtant je n'ay voulu déclarer à personne , n'eatimant pas qu'il en soit besoin ; seulement en ay donné advis à mon frèrd et non à autre, car H n'est pas expédient que par deçà on en soit adverti.

Je pensois qu'il me laisseroit les auteurs de Venatione, mais ne se trouvant du tout achevez, il me dit qu'il les portoit avec luy, et par le chemin il leur donneroit la (jlerniere main, pour les laisser en Alleniiagne, s'il y trouvoit en passant quelqu'un qui les voulut imprimer. Je vous envoyé une lettre qu'il vous escrit et vous rend conte de son voyage. Je n'ay encore osé ouvrir le pacquet, qui n'est nullement cacheté, pour le luy restituer à son retour en la mesme façon qu'il me l'a consigné. Si toutefois vous desirez avoir mémoire de ce qu'il contient, je le feray pour l'amour de vous. Je sçay qu'entre autres, les quatre livres de S^ Cyrille sur S^ Jean y sont ainsi qu'il m'a dit, et peut estre tout son travail sur le Stephanus de Urbibus S où il y a de belles choses.

Je n'ay autre chose pour le présent. C'est pourquoy^.aprez vous avoir baisé trez humblement les mains et à M' vostre frère, finiray par vous assurer que je suis et seray toute ma vie,

Monsieur,

fostre, etc.

Fr. Christophe du Put.

. De Rome , ce i jenvier 1 6do»

M' Rigault m'a adressé une fort longue lettre latine pour Monseigneur le Cardinal sur le fait du différent qu'il a avec M' l'Evesque d'Oriéans^.

* ÉtleDoe de Bynnce, le géographe du n* nède, auteur de Utpï WAeonr. — * Bibliothèque Méjanea, à Aix. Collection Peiresc, vol. X, fol. 371. Copie.

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