‹ Lettres de PeirescChapitre 8 sur 48 · II · texte numérisé non relu

II

IUPAIHEIUE BATIORiLt.

90 LETTRES DE PEIRESG [1629]

souvent des gousts eitrawdinaires, et que je suis bien aise que mes amys me les sou£frent, je pense estre obligé den faire de mesme envers ceux qui ont d autres gousts que les miens, et cest comme cela queii recherchant pour lamour de mes amys des choses que je sçavois estro de leur goust et qui nestoient nullement du mien, je m'y suis laissé neantmoings prendre quelques foys sans y penser, comme à la moustarde, et m'y suis enfin trouvé affriandé voulusse je ou non, dont je ne me suis pas tant repenty. Mais je ne pense pas pourtant que cela m advienne, pour ce chef là, à mon advis.

Je me suis un peu lassé à escrire à Rome de façon que je finiray un peu plus tost pour le coup, remettant le reste h ce que j'ay mandé à M' du Puy vostre frère et vous suppliant de me tenir tousjours,

Monsieur, pour

vostre trez humbio et trez obligé serviteur, DE Peibbsc.

A A», ce h mai 1639.

J'ay eu une relation d'Espagne sur la reduclion de la Rochelle, où il n y a rien à apprendre pour le regard que nous ne sceussions desja mieux d'ailleurs, mais neantmoings il y a certaines chosettes tant à l'advantage de la France que j'ay creu qu'elle meritoit de n'estre pas négligée, et pour cet eiïect je la vous mvoye originellement^ pour la garder, et faire induire deshorsmais à ceux qui escriront de la prérogative de la France sur l'Espagne, comme une pièce qui vient de leur main, tout de mesmes comme ils afiectéut tant d'alléguer noz autheui*s François sur tout ce qui leur peult estre éschappé à leur advantage. Vous la pourrez faire voir à M' l'advocat gênerai Bignon et à M' Godefroy, qui n'en seront possible pas marrys, non plus que d'apprendre de vostre part que je suis tousjours leur serviteur trez humble, bien fasché de le leur tesmoigner si mal.

11 y a un libvret in S"" d'observations de médecine imprimé à Paris

' C est-4iHlire à Tëlai d'original.

AUX FRÈRES DUPDY.

en l'an 1613 de Gbiffletius père et du filz.aussy ', que je recouvrerois volontiers, s'il vous toQilxMt en main ^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PU Y

 PÂBIS.

Monsieur, Je ne pourray pas avoir le bien de vous entretenir à ce coup cy comme j'eusse désiré, à cause du decez d'un nostre parent, qui nous oblige à des compliments qui ne se peuvent remettre. Seulement je vous accuseray la réception de vostre lettre du 1 8 mars par le sieur Pierre Harwik de Hambourg, qui est party à ce jourd'huy pour aller à Marseille, et delà prendre la rontte de Suse et du Piémont, pour s'em* barquer sur le. Pô et s'aller rendre à Padoiie, où je lui ay baillé des lettres qu'il a désirées pour le sieur Lorenzo Pignoria', comme aussy pour divers amys en divers lieux de cette province, par lesquels il a prins son destour pour la curiosité. C'est un trezbonneste jeune bomme et dont j'estime bien la cognoisçance qu'il vous a pieu me procurer, et vous en remercie de tout mon coeur. Vostre lettre luy vint bien à propos à Monpelier, où l'on l'avoitarresté comme spie*; elle fîit ouvwte, et fut le seul fondement de sa délivrance. Je receus depuis voétre despescbe du 2/1 avril par la staffette, avec cette généalogie ridicule, une querimonie^ des Minimes et des poèmes d'Auberoche^ dont je vous remercie,

^ Jeao Chifflet, doctear en médecine, mort vers 1610 à Besançon, sa viHe natale, avait laissé un ouvrage inédil intitule : Singuiares ex curatéotàhus et eada»erum seeliomhut obêertationes , qni fat publié par son fits atné, Jean-Jacqnes, doetem* en médecine, sur lequel on peut voir le tomel, p. 591.

* Vol. 717, fol. 4i. Voira T Appendice,

seconde partie, n*" III, une lettre de Pierre Dapiiy écrite à Peiresc le 18 mai 1699.

' Voir snr cet éruditie tome 1, p. 3.

^ Poar espion, littré rappdle qae Fancienne langue disak ^pie.

^ Sous le mot querimome Littré cite un écrivain du xvi* siècle, Calvin, et deux du XVII*, Scarron et Saint-Simon.

" Ce doit être Pierre d'Aulberodie, de la

mais bien plus des Poemata ^arlaei, que j envoyay inconlinant à Rome, s'estant preseoté un gentilhomme qui s*y eu alloit; c est pour quoy vous m'obligerez bien de m'en procurer quelque autre exemplaire s'il s'en peult avoir, pour moy et pour quelques amys, car cet homme est fort à mon goust. Je ne plains que le mauvais caractère qui a esté employé à cette édition. J'altendray le TertuUiah^ que vous me promettez par la prochaine staffette qui viendra tout à propos pour le présenter à M*^ nostre Archevesque^, à qui je feray lisre l'epistre liminaire en ma présence si je puis*, et puis je prendray de ses lettres pour Dijon. Les vers de ce Gruceius ne semblent pas devoir estre négligez*. C'est pour quoy je leur ay faict passer les monts, en ayant retenu coppie, au cas qu'il ne s'en peusse recouvrer d'autre exemplaire, comme je ferois bien volontiers, pour en avoir mon assortiment des choses de cette matière plus complect. J'oubliois de vous remercier du libvre du comte de Cramail^, que M" nostre Archevesque a voulu voir;

compagnie de Jésus, professeur de rhétorique au collège de Bordeaux, auteur de diverses odes la dues publiées en 169& dans le rare et curieux recueil intitulé : La eotironne dejleurs tissée dans le parterre de Thémis et des muses du Parnasse de Guyenne, dédiée au Roy (Bordeaux , Jacques MîHanges , iGq/i, plaquette in-&*). Le poète d'Aulberoche a été oublié dans la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus (dernière édition). Son nom est imprimé sans a postrophe dans le Catalogue de la Bibliothique nationale (t. I, p. Sa 5), où Ton mentionne ainsi uu de ses poèmes : Urbano oeiavo , ponù- Jici maximo ,primogeniti Eeclesiœjilii Ludovici Justi, ckristianissimi régis , expeditiones Reana et Rupellana, ad sutmnam Ecelesiœ et regni dignitatem susceptœ peifectœque , kerokoversu ■ descriptœ a P. Daulberoche (1639).

' Le Tertullien de Rigault.

' L'nrchevèque Alphonse de Richelieu.

' L'épîlre dédiée au fi*ère de Tarchevêque

d'Aix, au grand cardinal Armand de Richelieu.

^ Les vers de La Croix , comme on le voit dans la lettre suivante, étaient consacrés à la prise de la Rochelle. Voici le titre du poème conservé sous le n"* 918 b la bibliothèque de la Rochelle {Bibliographie rochei^oistf^ par Léopold Délayant, 1889, p. a63): Iselasticon seu triumphus rupellanus Ludoviei Justi (Paris, Jean Libert, lôag, in-8'). I^e catalogue de la Bibliothèque nationale n'indique de La Croix qu*un poème sur Casai : EmericiCruceisoteria Casalœa, sive expediûo italiea Ludovici Justi (Paris, 1629, in-8'). Ëmeric de la Croix, né à Paris vers 1690, est connu pour avoir donné une édition de Stace( Paris, 1618, in-A').

^ Le comte do Cramail ou de Carmaiu était Adrien de Monluc, seigneur de Montesquieu, prince de Ghabauais, petit-fils du maréchal Biaise de Monluc. Il naquit en i568 et mourut en i6â6 (aa janvier). Il fut ca-

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c'est pourquoy je ne i'ay pas encore veu, et je vous en suis tant plus redevable. Je dicts M*^ nostre Archevesque, parce qu'il faict encores la fonction de premier procureur du pais aux assemblées publiques, en ayant mandé une solemnelle au 1 6 du présent. Nous croyons qu'il sera icy plus longtemps que n'avions pensé. Je suis doublement aise de ce qu'avez trouvé le moyen de m'assortir du volume des vu traictez de Mariana, et de ce qu'avez rencontré le propre exemplaire du pauvre feu M*^ Poulain qui me l'avoit autres foys voulu donner, dont je m'cstois depuis repenty, voyant que je n'en avois peu avoir d'ailleurs. Encores fauldroit il s'enquérir que sont devenus les mémoires et papiei^ curieux dont il avoit fort bon nombre. Je les aurois fort volontiers acheptez , si je me fusse trouvé là, et n'eusse pas laissé de conserver au pauvre (leffunt l'honneur tout entier de ce qui s'y seroit trouvé digne de voir le jour. On me surprend et me constraint on de Gnir. Vous verrez aux papiers cy joincts le peu que nous avons de nouveau, n'y pouvant adjouster si ce n'est que jeudy M*^ de Guise passa par icy et alla descendre chez M' l'Archevesque et aprez estre venu disner chez luy, passa oultre vers Avignon, estant allé voir le Roy à la Voutte^ où l'on dict qu'il a prinsson quartier. Et sur ce je finis demeurant, Monsieur,

vostre Irez humble et trez obligé serviteur, DE Peiresg.

A Aix.ce 19 may 1609. .

Mon frère s'est tant incommodé en ses voyages qu'enfin il est. tombé malade, mais grâces à Dieu il est maintenant sans fiebvre, et debout, mais grandement affoibly.

pitaine de ceot hommes d'armes , maréchal mais dont quelques exemplaires auraient été

de camp des armëes du roi^et gouveruenr mis ea circulation dès le milieu de 1699?

du pays de Foix. Le livre dont veut parler ^ La Voul te, chef-lieu de canton du dëpar-

Peiresc serait-il le recueil intitule : Les jeux tement de TArdèche, arrondissement de

de l'mcùtmu , qui parut à Paris, Tannée sui- Privas, à 91 kilomètres de cette ville, snr la

vante, sous le pseudonyme de De Vaux, rive droite du Rh^ne.

Je vous supplie de m'envoyer par la voye de la poste, s'il s'en peut avoir, un exemplaire de cez petites heures du concile d'Elzevir soubs le nom de Cologne \ soit en blanc ou reliées, pour un amy^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PU Y

À PARIS

Monsieur, J eus hier vostre despesche du h may, avec le livret de M' Ribier ^ les rabas et les vers de Gruceius sur la Rochelle que je trouvay trez bons à mon petit goust. Et s'il y a moyen d'en avoir quelque autre exemplaire, me ferez faveur singulière comme aussy du livre du dict sieur Ribier. J'avois eu lundy la précédante despesche du 27 avril avec le ïertullian fort bien conditionné et le factum deM'^Grotius que j'ay admiré, et qui meriteroit encores d'en avoir quelque autre coppie, s'il s'en trou voit, pour esviter qu'une si bonne pièce ne se perde; voire si l'arrest sur ce intervenu se recouvroit, bien que contraire, il seroit tousjours

' N'ayanl trouvé aacone mention de ces petites heures, pas même dans Touvrage le meilleur qui ait été consacré aux Elievier, celui de M. A. WiUems, je me sois adresse & réminent bibliographeet voici ce qn'ilm'a fait rhonneur de me répondre: irll m'est impossible de vous procurer le moindre renseignement au sujet des petites heures du Concile dont il est question dans la leltre de Peiresc. Non seulement je n'ai jamais rencontré ce volume, mais je puis affirmer qui! n'en est demeuré trace dans aucun ea(«k>gue du temps. Ce qui est plus significatif encore , c'est que le titre en question , ni aucun autre titre analogue, ne figure dans les catalogues officinaux des Elzevier parus en i6s8

et 1 638. La lettre étant de 1 699 , vous pouvez tenir pour à peu près certain qu'un livre quelconque imprimé vers cette époque par les EIxevier aurait été porté dans l'un au moins de ces deux inventaires. Je regrette beaucoup de n'avoir pu résoudre ce petit problème biUiographique. . . »

• Vol. 717, fol. /i3.

* Probablement : Discours sur le gouvernement des numarchies et des principautés souveraines, par Hessire Jacques Ribier, conseiller d'État (Paris, Cramoisy, i63o). Comme pour les Jeuœ de Vincùtmu men* tionnés en une note de la lettre précédente, quelques exemplaires du livret de Ribier purent être distribués en 1699.

bon, et encores meilleur si le factum contraire se trouvoit. La lettre à la Royne estoit bonne à voir, et tout le surplus, mesmes^ la lettre de M' Besly dont je vous remercie trez humblement, honteux de me voir tousjours plus reculé des moyens de vous rendre aulcune revanche de tant de bienfaicts pour lesquels nous ne vous sçaurions rendre que de bien chetives paroles, si Dieu ne nous en ouvre de meilleurs moyens que n'en avons peu avoir.

Vous verrez dans les lettres de Rome cy joinctes les nouvelles (|ue nous avons de M' de Thou; il me tarde bien fort de le voir icy, pour estre en repos d'esprit de tant de dangers et naufrages dont il est eschappé qui luy presagentsans doubte quelque grand et digne employ, auquel Dieu le reserve.

Cependant je vous remercie trez humblement du soing qu avez prins pour ce que je desirois du registre de M' Autin qui m'a infiniment obligé, et M' Rigault quant et luy, comme aussy de l'instance qu'il vous plaict de faire à M'' de Lusson pour me faire participer à quelque chose de ses recueils de la chambre des nionuoyes, dont je luy seray infiniment redevable et chercheray tous moyens de m'en revancher. Le sieur Vincent Bkinc a un grand procez sur le bureau contre le Grand Maistre de Malte; il ïne dict hier que s'il eu a bonne issue comme il espère , il ira donner on coup d*esperon à Paris pour aller satisfaire aux commandements de cez Messieurs la.

Si j'eusse soen le commerce de M"* Lumaga^, il y a long temps que je les eusse employez pour me faire avoir cez MARMORA ARUNDEL- LIANA ^, car ils sont de mes amys, principalement celuy qui est fraischement retiré de Gènes à Paris, de sorte que si l'affaire n'estoit encores faicte, il suppléera fort volontiers, si vous luy en faictes dire un mot de ma part. Je -vous ay néantmoings toujours une trez grande obligation de ee soing qu'il vous a pieu d'en prendre, et de me toucher les par-

^ N'oublions pas que mesmes voulait alors blis à Géoes qui furent an nombre des cordire turt&ut. respondants de Peîresc.

* Bi^^peloBsqiiefesfrèeeaLumiiga (&hrco- ' C'est la némorable puUiccition de Jean

Antonio etOttavio) étaient des banquiers ëta- Selden (1699, in-/i'*).

ticularilez qu'il vous a pieu m'en escrire qui m'ont bien esmeu la curiosité plus ardante de les voir que devant.

Je m'estonne fort que n'ayez pas trouvé la figure du phoenomene du soleil du âo mars dernier dans mon pacquet, car j'eusse juré delà vous avoir envoyée, l'ayant faict copier exprez pour vous, et ne sçay comme elle se peult estre esgarée; j'en fis faire en mesme temps une autre pour M'' Gassendi, et je crains que mon homme par inadvertance les aye mises toutes deux dans son enveloppe, car elle n'est pas demeurée sur ma table. Le peintre qui l'avoit coppiée n'est pas à la ville; je l'attends ce soir, et la luy feray refaire pour la vous faire tenir par le premier. Un homme qui se picque de prédictions a mandé que ce signe pronostiquoit de grands changements à l'église Romaine dans cinq ans du jourd'huy ; si je puis vivre assez pour le voir, je le croiray mieux qu'à cette heure.

Pour le panégyrique du P. Petiot S il ne me souvenoit pas que [vous rjeussiez envoyé de Paris, ce qui me faisoit penser que ne l'eussiez pas eu. G estoitpour cela que j'avois mandé qu'on vous en fist tenir de Bordeaux. Et puis que dictes m'en avoir envoyé un exemplaire, il fault qu'il se soit esgaré d'un paquet qui avoit esté fort gasté du vinaigre , et qui fut remis à mon relieur la plus part pour le rdaver, et que s'il la deschiré il ayt eu regret de me le remettre devant les yeux, ou bien que mon neveu s'en soit saisy ^. Je veux pourtant en sçavoir la vérité et tousjours vous ay-je bien de l'obligation de la faveur que m'en aviez faicte. Et de celle que m'avez procurée envers M' de la Hoguette. On nous disoit que son camarade estoit passé à Mantoûe ou Venize, mais je ne vous en oserois rien asseurer; j'attends si ntfus serions assez heureux pour les voir icy.

J'ay veu ce qu'il vous plaict me mander de la Bible des païs bas, dont je vous remercie, et puis que ne l'avez prinse il n'en sera pas de besoing pour à cette heure, estant assez assorty pour mon petit besoing de ce costé là.

' Voir plus haut, lettre XIV. — * Le baron de Rians, déjà plusieurs fois mentionné. Voir notamment 1. 1, p. i33.

Je remercie trez humblement les dames de chez vous et leur crie mercy d'avoir oublié de leur mander le nombre des colletz dont j'avois affaire; il suffira d'une douzaine encores, puis qu'il leur plaict, oultre ceux qui sont venus, qui ont esté trouvez parfaictement beaux par les femmes de céans, ne se faisant rien de si propre de pardeça, es- . tant bien marry de la peine que je leur donne, sans leur avoir rendu aulcun service. J'ay esté trez aise que l'ouvrage de M' de Vris ayt peu contenter M' de la Baroderie ^ et crois qu'on s'en contentera tousjours de mieux en mieux.

Vous verrez les nouvelles que nous avpns à l'imprimé cy joinct*; on dict de plus qu'il y a bien Aoo hommes de morts de nostre costé^, et qu'aprez la retraicte des ennemys, les nostres entrèrent dans Galvisson^ et mirent tout à feu et à sang, comme n'ayant poinct capitulé avec eux en haine de ceux qui y avoienl esté tuez le jour précédant.

Le Roy presse desja ceux de Privas^ qui se sont laissé prendre les logements contre leurs pièces de dehors*. On croid que la ville ne tien-

* Adrien de Vries avait fait le portrait de H. de la Baroderie.

' Cet imprime devait être la Relation envojfie au roi de la honteuse Jitite de M. de Rokan, avec la défaite entière de ses troupes par l'armée de Sa Majesté, commandée par M. le maréchal d'Estrees , en Languedoc (îa mai). 1 699 , in-S*. Goofërez les Mémoires du duc de Rohan (édition de 1766, t. I, p. 917-91 9). Voici comment se termine son récit : «r Ainsi se passa cette affaire où peu s*ett fallut que le duc de Rohan ne reçût un échec qui entratnoit sa ruine et celle de son parti 1»

^ C'est ce qu'aflirme le duc de Kohan (p. 919) : «n y eut de morts du côté des Reforma cinquante ou soixante et le double de Uessés; du cAté des Catholiques Komains il y en eut pins de 4oo de morts et 800 de

^ Chef-lieu de commune du département

du Gard, canton de Sommières, arrondissement de Nîmes, à 1 7 kilomètres de cette ville. Dans rédition qui vient d'être citée des Jlfémoires du duc de Rohan, on a imprimé Canisson (p. 916, 919).

' Louis XIII était arrivé le i4 mai au camp devant Privas. Le cardinal de Richelieu vint rejoindre le roi le 19 mai.

* Voir sur le siège de Privas les Mémoires de Rassompierre (t. IV, p. 39-/13 ). Conférez diverses plaquettes énumérées dans le Catalofuede la BiUiothique nationale{t I , p. 879) : Lettre envoyée à la reine, mère du roi, contenant ce qui s'est passé en la prise de Privas (So mai). Paris, Vitray, 1699, in-foL; Lettre du roi à la cour de parlement de Provence, contenant les particularités de tout ce qui s'est passé au siège , prise et embrasement de la ville de Privas (3i mai). Aix, E. David, 1699, in-8*; Lettre du roi à monseigneur le due de Guise, gouverneur et lieutenant

tWPklHSMK lATLOIAll.

flra guieres et pour la cittadelte quelle sera tost reduicte en pouldre.

J'ay employé plus de temps que je ne pensois à escrire à M" Rigault, et seray bien aise que voyez ma lettre et m'en disiez vostre advis librement; cela m'excusera si je ne vous entretiens davantage. M"" nostre ar- . chevesque alla hier à Marseille voir Madame de Guise ^ et emmena mon frère tout malade avec un peu de violance. Il a tenu son assemblée des Prélats, Nobles et communautez, du nombre {sic) des procureurs joincts et refusa la deputation au Roy, bien dict qu'il serviroit le païs et de tout son pouvoir. On le nous faict espérer.

M''de Guise est en Avignon, et presse la sortie de la gendarmerie venue de Suse pour se rendre aujourd'huy à Marseille.

M' de la Trimouille ^ passa hier icy revenant de la S** Baulme^ et print la poste sans s'arrester que fort peu.

Madame de Guise doibt aller àson tour en pellerinage à la S**" Baulme et dict que dans le moys de juillet ellje veult partir pour Nostre Dame de Lorette* avec deux galleres, pressant de mettre en estât celle que M' de Guise a faict construire de nouveau.

Et sur ce je finis demeurant,

Monsieur,

vostre trez humble et obligé serviteur,

DE Peibesc.

A Aix, ce 19 inay 1639.

général pour le roi en Provence, contenant les patiieularitée , etc. (3i mai). Aîx, E. Devid>, 1699, JQ-8*.

* Nous avons déjà vu que c'était Henriette- Catherine, fille du marëchal-dnc Henri de Joyeuse.

' Henri, seigoeordeiaTrëinoille^ducde Tbouars, prince de Tarente et deTalmond, ne en 1 598 , mourut en 1 ôyii. « Ayant abjure la religion réformée au siège de la Rochello entre les mains du cardinal de Ricbelieo, litrondansL«cWfner(fe ThotuareyDoewmenU hieioriques et ffénAUogiquee (Pms, 1877, infol., p. i35), il fat investi par Louis XHI

de la charge de mestre de camp de la cavalerie légère de France, t» J*ai vu une plaquette très rare intitulée : La conversion de M, de la Trimouitte duc et pair de France, faitte en l'armée du Roy devant la Roekelle le 18' jour de juiBet mil six cens vingt-huict ( Paris , Toussainct du Bray , 1 6a 8 , petit in-8* dei3 pages).

' La grotte de la Sainte-Baume, dans la montagne de ce nom , appartient an d^rtement du Var, arrondissement deBrignoies, canton de Saint-Maiimia.

* En Italie, à ai kilomètres d'Ancône, à a kilomètres de TAdriatique.

roubliois de vous remercier comme je faicts trez humblement du soing de me retenir le nouveau recueil de Miraeus^ donationum Belgicarum^, ayant desja deux volumes de luy de choses approchantes qui sont bien curieuses*. Je vous recommande un pacquet des bons Pères Chartreux de cette ville et de M' Marchier, ensemble celuy de Bordeaux et celuy de M' Gassendy et surtout celuy du sieur du Sùul procureur, y ayant urte fistule dedans'^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Vous aurez icy une lettre que M' de Thou ma daigné escrire de Malthe du 5 avril où vous verrez combien heureusement il estoit passé d'Alexandrie en Sicile dans dix jours , et qu'il luy avoit fallu attendre plus de vingt jours la commodité de passer à Malte, doù il faisoit estât de s'en venir sur les galères de la religion. Je ne crains que le retardement, attendu que le premier rendez vous pour le voyage de l'Infante estoit au moys de mars, et nous sommes desja si advancez en la saison, que vraysemblabiement on remettra ce passage à l'automne, pour ne hazarder cette princesse aux grandes chaleurs. Oultre que s'il est vray que le Roy d'Espagne se veuille déclarer contre la France, comme on dict, il n'y a pas d'apparance qu'on expose cette princesse aux dangers oil elle pourroit estre engagée par un mauvais temps, qui la constraignist d'abborder en lieu qu'elle eust voulu esviter, principalement cette année qui a esté si desreglée, surtout dans la mer, où il est plus arrivé de naufrages, l'hyver dernier, qu'il n'y en avoit eu de <2o ans. La bonne

* Sur le chaDoine Aubert Le Mire, voir ^ Peiresc veut parler du Ccxfej: (fofMftonum 1.1, p. 870 et 871, piarum, prœsertim Belgicarum (Bruxelles,

* Donatione» Beigicœ. Libri II (Anvers, i6â/î, in-^"").

1659, in-4*). * Vol. 717, fol. /i 4,

100 LETTRES DE PEIRESG [1629]

fortune de Monsieur de Thou ayant esté si grande, que le lendemain de son débarquement à Saragousse de Sicile » ou le jour suyvant^, le navire du cappitaine Roubault, sur lequel il estoit venu d'Alexandrie d'OEgypte jusques à Saragousse, fit naufrage au destroict de Messine, avec telle perte que les marchands intéressez croyent qu'ils seront bien heureux si du saulvé ils peuvent recouvrer jusques à â5 pour cent, au lieu que s'il fust venu à bon port, ils n'eussent pas laissé leut* bonne fortune à moiugs de doubler leur sort, et d'avoir cent pour cent, en quoy Monsieur de Thou et tous ses serviteurs ont bien de quoy louer Dieu qu'il fust sorty si opportunément de ce navire, tout ce que je regrette présentement n'est que la perte des lettres qu'il y avoit, je m'asseure, de sa part pour vous et pour moy. Car M' le lieutenant de l'admiraulté de Marseille ^ m'a dict avoir apprins qu'il y avoit un pacquet de lettres du dict sieur de Thou adressé à luy, qui s'est perdu, ce qui me faict juger qu'il n'y pouvoit avoir pour luy que la lettre d'adresse, et que le reste debvoit estre à vous Mess" et à moy, encores qu'il ne les accuse poinct dans sa lettre de Malte, s'estant vraysemblablement fié que nous deussions avoir receu cette despesche longtemps devant la datte de cette lettre du 5 avril. J'ay envoyé faire la plus exacte recherche qui sera possible à Marseille, chez le dict cappitaine Roubault et son escrivain, pour sçavoir au vray s'il n'y avoit point de bardes de M"" de Thou, et quelle sorte de pacquet estoit celuy que M' de Thou avoit adressé au dict sieur lieutenant de l'admiraulté.

Je n'ay pas à ce coup icy de responce à vous faire, d'aultant que la dernière staffette qui vient de Lyon ayant anticipé son arrivée de 3 jours, je receus voz dernières lettres du k may assez à temps pour y respondre conjoinctement avec celles du 27 avril. Seulement vous diray je que maintenant que les pluyes et inondations ne sont plus cappables d'arrester les ordinaires et empescher que ceux du mardy n'arrivent à Lyon le sammedy, puis que vous dictes vous estre indifférant d'escrire le mardy ou le vendredy, elles viendront plus fraisches du

^ C'était M. de Valbelie, dëjà mentionne dans le tome I, p. ioo.

mardy, car M' de Fetan faict iousjours sa despesche de Provence le dimanche.

Nous avons icy M' TEvesque de Constances S incognito ce dict-il, qui arriva hier au soir, venant de Rome, accompagné du sieur Orsel, que feu M' d'Herhault^ avoit despesche au pape de la part du Roy, lors du traicté de Suse. Lundy passé, M*" de la Trimouille y vint de Marseille et 8*en alla voir M' TArchevesque, et aprez tira vers Tarascon à son rendez vous. Les trouppes de cavalierie sont encores en cez quartiers là, au grand regret de tout le pais qui y reçoit une hien grande foulle, sur quoy il y a bien du discours, pour le mal entendu d'entre ceux qui avoient creu le pouvoir empescher, mais cela seroit trop long et ennuyeux. Vous verrez ce qu on escript de Marseille touchant Tinterdiction prétendue du commerce de France faicte en Espagne le 1 6 de ce moys ou environ. Jay receu une lettre du P. Jean François, Provincial des Minimes de ce païs*, qui est allé au chappittre gênerai à Barcellone, d'où il m'escript de la mesme datte du 1 6 may, touchant certaines particularitez de livres dont je Ta vois chargé, et ne dict rien de telle interdiction, et quand on a envoyé approfondir la nouvelle et qu'on a interrogé touts les patrons, matelots et autres qui en estoient venus sur plusieurs barques, il ne s'est trouvé personne qui ayt peu dire : j'ay ouy faire la publication des deffences du commerce. Mais plusieurs estoient d'accord en cela de l'avoir ouy dire à d'autres qui les avoient asseurez d'avoir ouy publier l'interdiction. J'ay pêne de le croire, parce qu'on ne commance pas coustumierement par là, quand on veult déclarer la guerre en ce temps icy. On en sçaura bien tost la vérité.

J ay veu citté cez jours passez un Goronides Dorotheus* in synopsi

* Lëonor Goyon de Matignon , qui siégea fol. 876 , uneleitre de Peiresc an R. P. Jean*

du mois de juillet i6a5 au mois d'avril François, écrite d'Aix le a6 février 1699. i646, devint ensuite évAque de Lisieux et * Voir le Manuel du libraire , au mot

mourut le 9& février 1680. Josephus Gorianides seu Jomffim, et, si Ton

* Voir, sur ce secrétaire d'État, t. I, veut beaucoup de détails sur cet historien,

p. 8 1 3. la Bibliotheca Hebrœa de J .-Christophe Wolff

' On conserve dans le rostre VI des mi- (Hambourg, 1718, h vol. in-&*, t. I,

Dates, à la bibliothèque de Carpentras, p. 6o8-5 3 3, et t. III, p. 387-389). Joseph

chronic. apud Serrariuin\ dont je ne me suis pas encores desjuné^. Si c'est chose qui se trouve, je vous supplie de m'en faire avoir un exemplaire et un bon Apulée ^ pour donner à un amy qui me la envoyé demander de bien loing. Ensemble un Julius Obsequens et un Festus Avieuus, si vous en rencontrez et s'ils peuvent commodément venir par la poste, il seroit encore meilleur.

Vous aurez sceu la mort de ce grand Roy de Perse qui avoit tant faict parler de luy*. Si tout ce qu'on en dict est véritable, il a voulu couronner sa vie d'une action bien estrange et bien mémorable, car on dict que quattre jours avant que mourir, estant en pleine santé, au moins sans mal apparent, il convoqua tous les grands de son royaulme, et en leur présence déclara son successeur un Glz de son filz puisné , jeune prince, mais fort valeureux, et lequel il avoit desjà veu bien faire dans les armées^. Puis se desmit de l'empire, [en rejvestit ce jeune prince, et s'estant levé de son siège, y fit asseoir son petit filz et se prosterna luy mesmes devant luy, et luy embrassant les jambes luy fit hommage comme si ce ueust esté que le premier de ses subjects, et s'estant levé se mit au dessoubs de luy, et dict aux autres de venir recognoistre leur Roy, ce qu'ils firent à l'envy, bien ravis de cette action. Au partir de là, ce vieillard s'alla mettre au lict disant qu'il se sentoit mourir, et quattre jours aprez rendit l'ame®. Je vous prie.

Gononides est un rabbin qai écrivit en hébreu une histoire (}es Juifs comme supplément à celle de Flavius Josèphe.

^ Nicolas Serarius, né à Rambervillers (Alsace) en 1 555, entra dans la compagnie de Jésus en iSyâ, fut pendant vingt ans professeur à Wnrtzbourg et à Mayence, et mourut dans cette dernière ville en 1609. Voir dans la Bibliothèque des ierivaina de la compagnie de Jésus (t. III, col. 761-766) la liste des ouvrages de ce religieux que Barbnius (Annales) appelle la lumière de rÉgUse d'Allemagne.

' Nous avons déjà trouvé Teipression se

déjeuner, fonr s' aceomtnoder, se délecter, dans le tome I, p. SSg.

^ Un bon Apulée avait été publié quelques années auparavant : Apuleii Opéra omnia, eum Ph, Beroaldi, SteweehH et aliorum notis; ex edilione /. Casauboni (Lyon, A. de Harsi, 161 4, 2 voLin-8*).

* Nous avons vu plus haut ( lettre VII ) que Scbah Abbas était mort en décembre 1698.

^ Ce petit-fils de Schah-Abbas prit, en montant sur le tr6ne, le nom de Schah-Séfi. Il régna jusqu en 1 64 1 .

* Ces curieuses circonstances ne sont point indiquées dans La Perse de Louis Dubein.

si les advis n en estoient desja de pardelà , d'en faire ad ver tir M*^ de la Motte S aGn que s'il escript à M"^ Gassendi, il luy en touche quelque mot) car il faisoit grand cas de la générosité et franchise de ce Prince là.

Aujourd'huy Ton a assemblé les chambres pour diverses occurrances, entr autres pour voir l'edict du 1 5 janvier à Texamen duquel on tra-r vaille par commissaires quelque temps y a. Et si Messieurs du Parlement de Paris font quelques modifications qui se puissent voir, nous les verrions bien volontiers.

11 s'est par mesme moyen parlé d'une grande entreprinse de la chambre des comptes, laquelle s est laissé porter à faire un arrest portant deffances au Thresorier (qui est payeur des gages) de payer les gages des présidants et conseillers de la Grand Chambre du Parlement, à cause que la cour pour travailler à un procez criminel contre des officiers de l'armée qui avoient contrevenu aux ordonnances, pour faire exemple, avoit quitté son audiance du jeudy et l'a voit remise au lendemain qui estoit le jour ordinaire de l'audiance de Messieurs des comptes et aydes, à sçavoir le vendredy de la semaine dernière, et par mesme moyen les avoit empeschez de tenir la leur, attendu que les mesmes advocats servent à l'un et à l'autre tribunal.

On a délibéré que le procureur gênerai du Roy poursuyvroit la cassation de leur arrest etc. et que soubs le bon plaisir de Sa Majesté il seroit enjoinct au dict thresorier de payer les gages des présidants et conseillers de la cour aux termes et manières accoustumés; autrement qu'il y seroit constrainct par corps ensemble ses cautions. Le voisinage du Roy nous a retenus dans la modération. '

Plusieurs eussent désiré de passer plus oultre, et procéder par cassation de leur arrest, et par lacération d'iceluy, pour reparer l'affront et l'injure, voire par constrainte et saisie des biens de ceux qui y avoient opiné.

Mais la plus doulee et la plus discrète opinion l'a emporté, afin de

* François de la Mothe-ie-Vayer*

lOâ LETTRES DE PEIRESC [!629]

les laisser dans leur tort, et qu'ils ne soient pas en peine de poursuyvre la cassation de uostre arrest.

Cependant on leur a frappé un coup bien cuysant ; ils avoient un ancien droict de petits seaux qu'ils avoient conservé depuis le temps des comtes de Provence, qui leur valoit de bons émoluments. On a donc faict arrest, portant que conformément aux ordonnances qui abolissent touts cez petits seaux, on se pourvoiroit [auprez de] la chancellerie du Roy, avec deOences à touts ofiBciers [qui resideroient] en la province, d'exploicter aulcunes commissions venants de leur part soubs les dicts petits seaux, et si elle n estoit seellée en la petite chancellerie du Roy, à peine de suspension de leurs charges, et à tous autres d'y déférer soubs grosses peines. Ce qui augmentera le revenu de la chancellerie de plus de 6 ou 5oo [livres] pour le moings; c'est pour quoy difficilement pareront ils à ce coup là et auront subject de se repentir d'avoir de gayetté de choeur, à si peu de subject, attaqué le parlement si mal à propos.

Il me reste à vous dire que n'ayant rien de quoy grossir mon pacquet à ce coup j'ay envoyé prendre chez M' Fabrot un autre libvre de son Théophile et à la première commodité nous envoyerons le surplus, car le pacquet eust esté trop gros. Il attend en bonne dévotion i'espreuve que luy promettoit le sieur Cramoisy, et encores plus impatiemment d'entendre qu'on y ayt mis la main à bon essiant, comme je vous supplie de l'en faire solliciter un peu. Et sur ce je finis, n'estant pas bien gaillard , et demeurant,

Monsieur,

vostre trez humble et trez obligé serviteur, DE Peirbsc.

A Aix, ce 35 may 1699.

Vous aurez une petite boitte de Rome venue par mer de la part de Dom du Puy. Geluy qui l'a apportée dict qu'il a demeuré un moys en chemin à cause des vents contraires, et qu'on luy a dict qu'elle est pleine de grenes, de sorte que la saison sera passée de les

semer, à mon grand regret. Cez Messieurs la pouvoient bien avoir en-^ voyée par lordinaire d'Avignon, «ar elle seroit à Paris long temps y a. Vous aurez une autre coppie des Parelies de Rome ^

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

ÂDVOGAT EN LA GOOR DE PARLEMENT, BUB DBS P0ICTBVI1I8 PBBS SAINT AROB^ DBS ÂRTZ ,

Comme je prenois la plume pour vous escrire par la staffette de cette semaine, il passa un extraordinaire de Gènes, qui m apporta afforce lettres de Rome , et me dict qu'il s'en retoumoit dans deux heures , et que l'ordinaire d'Avignon estoit arresté là pour 1 5 jours , de sorte que de trois semaines nous ne pourrions espérer autre commodité d'escrire à Rome, et d'y faire tenir le Tertullian de M' Rigault, puis que j'en avois maintenant la permission et que mon homme y avoit fourré l'une de cez preffaces que vous m'aviez envoyées dernièrement, en sorte qu'il n'y à rien d'indécent. Je quittay donc vostre despesche, pour ne perdre l'occasion de celle là, et employay tout le temps à escrire à Rome, tant à mon dict seigneur le cardinal Rarberin et au R. P. Dom du Puy à qui j'adressay le livre suyvant l'ordre de l'autheur, qu'à aulcuns autres amys, n'ayant pas encores peu lire toutes mes lettres de Rome, ains seulement celle de M' Holstenius que j'ay creu vous devoir communiquer, et celle du sieur de Ronnaire qui m'escript du xi mars une bien affligeante nouvelle du decez du pauvre sieur Aleandro advenu le 9°^^,

^ Vol. 717, fol. 47. mort d' Aleandro une autre lettre de Peiresc

^ D'après ce formel témoignage, Aleandro adressée à Christophe Dupuy, le 37 avril

fierait décédé deux jours plutAt que ne Fin- 1639, lettre (jue Ton trouvera à la fin du pré-

diquent les biographes, lesquels mettent gé- sent volume, dans la première partie de

néraiement sa mort au 1 1 mars. Voir sur la YAppenHee.

iHramcaiK ratiorals.

106 LETTRES DE PEIRESG [1629]

n'ayant esté malade que :xi .jours. Javoi» trouvé, une siennedettre dans cette deapesoke du a 3. fd)Yner, avec un roolle des oeuvres m[anu]« s[crite]s trouvées à Rome^ dont il avoit arresté le prix pour moy à une 5o°^ d'escus, mais cela fut traversé, en sorte qu'on Tavoit mis à plus de 100 escus, et le fou s'estoit sur cette conçu rrance persuadé quil en debvoit avoir 3oo, de sorte qu'il na.fauldra pas de long temps penser à cela. Le traicté de Fato n'y est pas, mais il y en a bon nombre de bien curieux non imprimez et un dont le subject n'est pas bien esloigné de celuy là. Je n'ay pas eu lé temps de le bien connsiderer ne faire transcrire; ce sera pour le prochain Dieu aydant. Cependant pour ne perdre du tout l'occasion de vous sallûer, je vous ay voulu faire seulement ce mot pour vous dire que le sieur Aubray m'escript que la nouvelle de Raguse concernant l'arrivée de M' de Thon s'estoib trouvée faulse, et que par la dernière staffette, je reeeus voi despesches du â mars, et ensemble le fagot des deux exemplaires ^uTertuUian petit papier de^ meurex de l'autre foys. Mais il n'y avoit poinct d'epistre liminaire ni de ce carton cotté Q dont je n'ay receu qu'un seul evemplaine avec les préfaces que m'envoyaates Tautre jour, lequel exemplaine du carton je fis insérer au libvre du cardinal qui est party cejourd'huy pour l'Italie. Gomme je pensoi? clorie et remettre à: une autre :foya ma responce à vos dernières y on m'est venu» apporter vwtredespesehe du 1 3"^ fort bien conditionnée, mais je ne la sçaurois lire^ la staffette ne se pouvant plusarivster, et l'ayant arrestéejusques à présent avee beaucoup de peine.

Vousm-excnserex s'il vous plaict pour à œtte heure, et je demeu^ renay,

Monsieur,

voatre tnez humble et très obligé serviteur, DE Pbiresc.

A Au, ce 3i mara 16^9 \

* VoL 717, fol. 49.

[1629] AUX FRERES DUPDY. 107

MoQsieur, Vostre deepesche du xi may, arrivée fort bien conditionnée avec les livres et papiers qu'il vous avoit pieu dy mettre, m'a apporté une bien agréable nouvelle,, comme vous diètes, d'entendre (pietM' Rubens fut de retour sain et sauve d'un grand voyage, mais j'en suis bien demeuré mortifié me voyant firustré de l'esperancfe que j'avois coneeûe de le voir icy et de le gouverner quelques jours, pour y apprendre mille bonnes choses que je me promettoîs de pouvoir apprendre de luy en luy expesant mes petites curiositez. Je ne doubte poinct qu'il n'ayt retenu quelque griffonnement de œe vieilles figures Pei^siennes , dcmt j'ay veu un peu de description dans une lettre missive imprimée in 8^ d'un certain nommé Figuera, si je ne me trompe, que M' Bigaon me monstra au* très foys. S'il fust passé par icy, nous eussions peu voir cela entre ses mains. Le sieur Léger m'avoit parié, oe me semble, d'une source de fontaine ou de petite rivière, dont la montagne est quasi tonte taillée et figurée d'une infinité de belles figures, et si ce n'est luy, il fault que je l'aye ouy racconter à qudque autre de ceux qui ont feict ce voyage. C'est sans doubte que dans ces pais là , qui ont autres fois eaté si puissants , il fault qu'il y soit demeuré de belles vestiges ^ de leur grandeur. Et semble que le terrain de cez ]Mis là ne soit pas si corrosif que celuy de deçà, car les médailles et figures de bronze qu'on apporte de tout ce Levant ne sont quasi poinct rouillées, ne les raarbrea rongez de Tair. C'est pour quoy ce qui n'a esté brisé volontairement, se doibt estre beaucoup mieux coinservé que parmy nous. Et le deffault d'habitation a empesché de ruiner une infinité de choses qui seroient deperies par l'usage comme nous voyons advenir tous les jours de pardeça.

' Je ne oonoais |M8 d'aotce exemple de l'emploi da mot tmiîge au Mumin, emploi condamne par Tétymologie (m»%»mii).

Il fauldrà laisser un peu recognoistre M' Rubens, et puis le sonder sur ce qu il en aura peu observer» et mesmes pour les thiares et habillements des princes et deitez de ces pais là. Je vous r envoyé sa lettre avec mille remerciments, vous estant bien redevable de la communication et à luy de la continuation de ses bonnes grâces. Je n ay pas receu son portraict, car l'interdiction du commerce l'a enclavé quelque part, et possible dans Anvers mesmes , comme les livres que vous avez à moy, et les autres portraicts qu'il vous plaict me garder.

Je n ay pas encores peu lisre le livre de Dom Antoine ^ et ne doubte poinct qu'il n'y ayt de bonnes curiositez, cependant je vous en remercie trez humblement, ensemble des autres livres et papiers singuliers qu'il vous a pieu d'y joindre, comme aussy des libvres d'Elzevir que vous avez retenus et mesmes des livres de musique par le moyen desquels je me suis dellivré d'une persécution d'importance. Le pauvre Morel* a esté bien simple de ne se pas estre pourveu des catalogues de la foire. Monsieur le Présidant de Lusson m'a infiniment obligé de me faire part si confidamment de son registre. Quand je n'aurois que la seulle es* critture, ce me sera tousjours une grande faveur et un grand advantage. Mais s'il se trouvoit quelque jeune peintre qui voulut y desseigner les figures des monoyes qui y sont aux marges, il n'y auroit rien à désirer. Ce n'est pas une besoigne où il soit requis une main si excellante, car il n'y a guieres que des lettres et caractères à contrefaire, à quoy est besoing quasi de plus de patiance que de sciance de peinture. J'y despendrois volontiers une petite pièce d'argent, comme pourroit estre une douzaine d'escus ou environ plus ou moings. Je ne craindrois que le temps et le fauldroit faire fort presser; à tout le moings quand on feroit portraire les monnoyes d'une centaine des premières années, on pourroit dire d'avoir le meilleur, car les plus modernes sont assez cogneûes, et y a moyen de s'en passer si la coustance ou le temps y sont

* Briive et sommaire description de la vie Louis, second fils du roi Emmanuel; il na-

et mort de Dom AtUoine , premier du nom et quit en 1 5 3 1 et mourut à Paris en août 1 5 qS.

dix'httitiesme roy de Portugal, etc. (Paris, * Le libraire parisiensi connu, dontlenom

1639, in-S**). Dom Antonio eut pour père revient souvent dans ceUe correspondance.

considérables. L autre petit recueil de vieilles ordonnances des monnoyes nest poinct à refuser non plus, au moins d'en avoir l'inventaire, car j'en ay prou, je m'asseure, une bonne partie. Mais quand il n'y en aurait que certain nombre que je n'eusse poinct, je n'y plaindrois pas les frais du coppiste, n'estant pas de si grand volume ne de si grande despance. Soit que M' d'Aubray vienne ou non le Roy s'approchant de nous, j'espère que nous aurons moyen de vous faire tenir la cassette qui est demeurée si longuement icy inutile et les voyages de Blanc * n'y seront pas obmis asseurement. Au surplus je vous remercie trez humblement de ce qu'il vous a pieu m'escrire touchant le grand edict, que nous avons veu les chambres assemblées, et avons cotlé bon nombre d'articles pour y délibérer chascun à part, aprez la S* Reray, car avant les vacations, il est malaisé d'y rien faire. Cependant s'il y a moyen de rien apprendre du destail de ce que Messieurs du Parlement de Paris trouveront bon d'y faire, vous nous obligerez infiniment. Gomme aussy au cas que les arrests de Thoulouze et Bordeaux se peussent voir, on les verroit bien volontiers.

Ce libvre de Dom Antonio pourroit bien passer delà les monts si nous n'avons rien de meilleur entre cy et le prochain ordinaire, auquel cas je vous en demanderay un autre exemplaire. Mais si nous avions de ceux d'Elzevir, je crois qu'ils seroient encores mieux receus, et s'il en vient quelqu'un double, on y aura bien moings de regret. Nous n'avons poinct icy de nouvelles que vous n'ayez plus certaines que nous de la prinse de Privas^* On attend le Roy à Marguerites prez de Beaucaire ' et Nismes pour y faire commancer le siège. Les chevaux de

^ Vincent Blanc ou Le Blanc. regardée comme la plus forte place des

* ^SmaLyoirMénunresdeBaêsontpierre, religionnaires, et la prend, le ay, avec le

t. IV, p. 43 ; Lettres du cardinal de Rkhelieu, château de Toulon. » t IV, p. 3si3. Le fort de Toulon, près de ' Marguerittes est un chef-lieu de canton

Privas, ne se rendit que le 99. Il faut^donc du département du Gard, arrondissement

corriger ce passage de VAri de tirijier les de Ntmes, h 10 kilomètres de cette ville.

dates (t. VI de Fédition in-8% 1818) : «rLe De Privas {U juin), Louis XIII se rendit à

i4 mai, il [le roi] fait investir, par le ma- Alais par Villeneuve- de -Berg, Bargeac,

réchal de Schomberg, la ville de Privas, Salindres.

poste ont esté envoyez à la. traverse, pour les ludvenues du lieu où Sa Majesté se logera. M' rArehevesque partit hifir pour aller à la cour et promit de revenir dans 3 semaines ou un moys, le Roy s approchant de nous. J ay eu un peu de fiebvre cez jours passez qui m'a empesché de le gouverner comme j'eusse possible faict. J'en suis maintenant quitte grâces à Dieu , mais je suis demeuré un peu foible. Nous sommes en de nouvelles allarmes bien grandes de la maladie, laquelle a esté portée par un prebstre, venu de Grenoble, à un bourg nommé Reillase à sept ou 8 lieues d'icy \ où il est mort cinq ou six persones dans deux jours. Elle a paru en mesme temps à un petit village nommé Ghenerilles à s lieues de Digne ^, où il en est mort anltant dans /i ou 5 jours. L'un et l'autre ont esté bouclez' et assiégez par ies voisins en mesme temps. Ge nous sera une grande' grâce du ciel si nous pouvons nous en garantir cette année avec cette guerre, mesmes à cause de deux régiments que le Roy a doniiez à lever en cette province, qui sont cappables de mettre le mal partout si Dieu ne nous ayde. Sur quoy je finiray demeurant.

Monsieur,

vostre trez humble et trez obligé serviteur,

DE Peiubsc.

A Aix,ce s juin i6s9\

' Reillanne d8t an cbef-Uen de canton dii département des Basses-Alpes, arrondissement de Forcalquier, à i8 kilomètres de cette ville.

' Ghéneriiles est une tonte petite oomraane (moins de loo habitants) sitnëe dans

le canton de Uée» , arrondissement de Digne , à t8 kilomètres de cette ville.

' Bouekr, c'esL-À-sdire fermer Tentrëe.

On disait autrefois boucler un port, comme le rappelle le Diedtnmaire de Tréîxmx.

* Vol. 717, fol. 53.

AUX FRÈRES DDPUY.

xxm

A MONSIEUR,. MONSIEUR DU PUY

\ PARIS

Monsieur,

A ce coup cj' je vous aœuteray la reoeption de deux despesches voslres, non seulement de celle du 18 avec TOvide d^iBlsevir^ et les heures greec[nes» mais aussy celle du d& quia anticipé. son arrivée de 3 jours, avec l'Horace^ et i'Âsinus de Heiualus\ le livre de Sabatho^ et une infinité d'autre» papiers et curiosités les plus gentilesr qui se puissent voir, le tout venu fort bien conditionné Dieu mercy, nonobstant la précaution! esterteure du vinaigre, qui me faict vous supplier néant** moings de vouloir tousjours faire mettre une bonne feuille de macukture par dessus vostre fagot et par dessoubs vostre enveloppe pour esviter plus asseurement que rien ne se puisse gaster.

Paurois mille choses- à vous escrire enresponoe de voz bienfaicts et très agréables entretiens y mais il fauldrà' que je le remette à la prochaine semaine à mouitrez grand regret, àxouse.que Ton m'a desrobé tout le jour à ce destiné, et que Ton me faict commancer un baiu; durant troÎA jours pour lequel* il me fauit eertaiqes petites précautions et j'ay creu que vous me pardonneriez:comme je vous emsrupplie trez humblement» Seulement vous feray je les rememments que je dœbs trez humbles de tant de signalées» faveurs^ que je> reçois de vous et de voz amys, et

' Piik.OmMNaMmùOpefa.DamIBem' ms textim reeensmt (Leyde, 1699, 3 vol. iii-16}.

' QiimtÊU Harathu FJoccw. AeeeiutU tnmc AMÎcfi» Heinni de Satyra Haraikna.Ubri duo. . . (Leyde, i6aQ« t vol. ia-i6i divisé en trois parties).

^ Lau8 Atini tertia parte auetior (Leydé, 1 699 , iQ-9& ). On sait que Fëdition originale de cette fiieëtie de Daniel Heinsius est de

i6a3..Voir sur les denx ëditioDs Us Eke^ vier de M. Alphonse Willems, p. 60 et 89 , n" 9i5 et3i5.

* DiêsertaU» de SaMMsAo, swe de t>erQ mi9Hatqmym^tuirti.pn9çepti; auctare Antonio WaIœo,,S.S. Theologiw doetore el profesêore in Aeademia Lugduno-Batava ( Leyde , 1628, in-8'). Le théologien protestant Antoine de Wale naqait à Gand en 1673 et mourut à Leyde eu juillet 1639.

en contre eschange d'un mauvais entretien que vous eussiez eu de raoy, je vous envoyé une lettre que j'ay reçue du sieur P* deHa Valle à qui j ay escript ce que vous desiriez concernant ses relations de la Géorgie et ses pérégrinations, et ay accepté son offre du Pentateuche Samaritain. Il fauldra que vous vous donniez un jour la peine de voir le Père Maurin de l'Oratoire ^ pour contracter cette affaire, et voir si ceux qui entreprennent la grande Bible s'y pourront accommoder en sorte que le gentilhomme demeure satisfaict. M' Gassendi m'en avoit souvent escript, mais vous ferez bien plus si vous voulez et sans vous incommoder, par l'entremise de vos amys. Cependant vous pourrez voir Teschantillon qu'il m'envoye du dict Pentateuche, et les Alphabets égyptiens, que j'ay veu trez volontiers et où il y a quelque chose de bon à proffiter, ce me semble. Mais il y fault un peu de loisir pour en parler.

Je vous envoyé encores une lettre de M' Holstenius que je vous supplie de ne pas monstrer à d'autres, puis qu'il ne le désire pas, car avec vous il n'y a moyen de rien celer. Vous y trouverez de jolies particularitez. Il sera bien content à mon advis , car je suis enfin venu à bout de cez m[anu]s[crit]s lesquels il avoit tant à cœur, dont j'ay arresté le marché, quoy qu'un peu cher, et faict le payement; il n'y a que l'interdiction du commerce qui me tient en peine pour les pouvoir faire venir. Je suis bien aise que le registre entre deux aiz se soit transcript à si petits fraiz, car je m'attendois à aultant d'escus que vous dictes y avoir de livres. Les monnoyes qui y sont représentées sont imprimées avec les pièces mesmes, passées sur la fumée de la chandelle. M"" Âultin en avoict faict une coppie où il avoit apporté la mesme punctualité. Mais cela seroil malaisé à faire faire par autres que ceux qui sont spécialement curieux de cette matière et qui en ont faict grand recueil. Si quelque peinctre pouvoit en prendre un peu de griffonnement, quand il ne feroit que prendre la grandeur des espèces et les lettres qu'il pourroit imiter, avec un peu de figure de la croix et de la

' Voir sur le père Jean Morin le tome I, p. 536.

[1629] AUX FRÈRES DUPCY. 113

pille, il suffiroit et j'y employerois volontiers de l'argent , comme aussy au registre de Lauthier, principalement de celles qui se trouvent n'estre poinct imprimées au libvre de M'^ Aultin en taille de boys ^

Le sieur Vris m'a escript deux foys, mais je ne luy sçâurois de ce coup respondre et vous supplie, si le voyez, luy faire mes excuses et à cez autres Messieurs, luy estant inGniment redevable du seing qu'il a prins des portraicts de M' Saulmaise et de M' le Beauclerc.

Mon frère m'escript d'Avignon que le nonce avoil receu coppie de la ratification d'Espaigne pour les articles d'Italie.

J'ay prins grand plaisir de voir toutes les lettres escrittes sur la publication de la paixp d'Angleterre ^, à cause de ce qui s'est passé de pardeça, par M' de Guise contre le Parlement, estant luy allé dans l'église métropolitaine faire chanter un Te Deum et prinz place soubs un grand day au mitan du cœur, au mesme lieu où le Roy avoit faict mettre le sien la dernière foys qu'il fut icy. Il avoit faict semondre la chambre des comptes de s'y trouver, en absance du parlement qui n'avoit pas de commandement du Roy d'y aller, et avoit respondu que pour cez actes il ne recevoit les commandements que de Sa Majesté. Mais il en fust esconduit aussy de Mess" des comtes encores qu'il eust offert de prendre une autre place et de se contenter de leur laisser leur costé libre, et se mettre de l'autre costé où ils creurent qu'il les auroit précédez en corps. C'est un fort long discours que je ne vous sçaurois faire maintenant. Tant est que j'ay esté bien aise de voir qu'en toutes cez lettres il ne se parle poinct de Te Deum. Vous me pardonnerez si je remets à une autre foys cet entretien, demeurant,

Monsieur,

vostre trez humble et Irez obligé serviteur, DE Peibesg.

A Aix, ce 9 juin au soir 1639.

^ Ce livre de Jean-Baptiste Haultin , dont rarissime est compose seulement de planches, on trouve la description dans le Manuel du li- ' Le traite de paix et d'alliance entre la

ln'aire{Llll,f. 6o)yeBimiitaié: Figures deê France et l'Angleterre avait ëtë signe le

nunmoyes de Fnmee{x 6 1 9-, inrà''). Ce volume â & avril.

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