‹ Lettres de PeirescChapitre 9 sur 48 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

UfPllHBkIt ■ATIOIALI

lU LETTRES DE PEIRE8G [1629]

Orfeuil vient de passer qui dict avoir laissé le Roy à Alez ^ et que tout avoit feict joug au Roy ^ excepté Nimes et une autre place; on na sceu dire si c'estoit Anduze ^ ou bien Uzez ^

Je vous sry recommandé le filz de M' Oliivier, le conseiller de ce parlement ^, et vous réitère le compliment le plus affectueusement que je puis, et de voir s*il y auroit moyen de luy faire tomber en main quelque jolie cause à playder avant que s en revenir de pardeça.

Le Roy assiège S^ Ambruy ^, M*^ de Marillac a preste le serment de Mareschal de France^,

L^advis de Tinterdiction du commerce d^E^agne se trouva h\d\ et avoir esté fondé sur une autre sorte de publicatiomqui ne regardoit pas le gênerai des nations, ains certaines affaires particulières*.

' Chef-lieu d^arrondisBement dn département du Gard , k h& kilomètres de Nimes. .Le 9 juin, Louis XIII n'était pas à âlais, mais aoprès d'Aiais, k Salindres, qui est à 10 kilomètres de cette ville. Voir les ilfémoireê de Bassompierre, t. IV, p. &8. La ville d^Alais (ht investie le 9 et se rendit le 16.

' Le Dietûnmaire de Trévoux npféie que Régnier et Brébeuf ont dit : faire jimg, pour «e soumettre. Littrë signale cette locution dans les Mémoim de Saint-Simon.

' Chef-lieu de canton du département du Gard, arrondissement d* Alais, à 1 A kilomètres de cette ville.

* Chef-lieu d'arrondissement du département du Gard, à a& kilomètres de Nimes.

' Sur le conseiller Olivier et sur son fils, voir 1. 1, p. 71.

* Saint-Ambroix , chef- lieu de canton du département du Gard, arrondissement

d'Alais, k ùo kilomètres de cette ville. Le rai n*ent point è assi^r Saini-Ambroix, car la place se rendit aussitôt que Louis XIII parut devant ses murs. Voir les Mémoires de Bassompierre (t IV, p. Â7) et une lettre du cardinal de Richelieu à la reine mère, du 8 juin 16^9 {RecMeil Avenel, t. III, p. 887 ).

' Louis de Marillac avait reçu le bÂton le â juin , d'après Richelieu qui , le 3 de ce mois , écrit à Anne d'Autriche (t III, p. 336 ) : «1^ roi fithierM. de Marillac mareschal de France. Je puis asseurer Vostre Msjesté que sa recommandation y a fait plus qu'aucune autre chose. D D'aprèsles Jf AnoKTMde Bassompierre (t. IV, p. 46), ce fut le dimanche 3 que «rie roy fit mareschal de France M. de Marillac». M. de Chantérac {Und. , note & ) constate que les provisions sont datées du i*' juin.

• Vol. 717, fDl. 53.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Je m en vay présentement à Marseille faire la bien venue à M' de Thou qui y arriva devant hier en trez honne santé de retour de son voyage de Barcelonne, MaillorqueS Sardaigne, Sicile, Midte et du Levant, dont je loue Dieu et me conjouys de tout mon coeur avec vous. 11 faisoit estât de repasser encor en Italie, pour s^acquitter de sa promesse envers cez Mess" de Rome, et particulièrement pour y aller repraidre M' Aubery lequel l'y avoit longuement attendu, maïs nous luy ferons sçavoîr que M'^ Aubery en est asseuretnent party depuis le i3"^ de may, et espère que nous le destoumerons de ce voyage, non seulement pour la mauvaise saison, mais aussy pour l'amour de vous, et abbreger le temps de son absanee de chez luy. Nous y allons en si bonne compagnie, que je ne pense pas qu'il nous en puisse desdire, car cest avec M' Haligre, conseiller d'Estat, M*" le Grand, maistre des requestes^ et M' le Pelletier, lesquels m'ont faict l'honneur de faire penitance deux ou 3 jours céans, et ont rompu leur voyage qu'ils s'en alloient faire ailleurs du costé de la S*^ Baulme de Thoulon, pour tourner du costé de Marseille, et aller rendre ce condiment en eoTfs de députez de l'Académie à un si digne chef. Il eust fallu, pour comble de mes souhaicts, que vous eussiez peu estre de la partie.

Au reste vous m'excuserez bien si je ne respons encor à ce coup à voz dernières lettres que j'accusay par la dernière staffette, puis que le temps que j'y avois destiné se va divertir en si bon employ, et si je paye d'une si bonne monnoye que sera, je m'asseure, la lettre cijoincte de M' de Thou, lequel vous pourra bien avoir escript de Mar-

* C'est Majorque, la plus gneode ie% lies Balëares, en espagnol Malhrea.

seille , mais s'il a baillé ses lettres à quelque marchand, elles passeront possible soubs l'enveloppe de quelque correspondance qui n'ira pas si viste chez vous que le pacquet de M' de Lomenie. Il passa un courrier par icy depuis mercredy au soir, party de Casai puis trois jours, lequel disoit que l'empereur avoit remis le siège devant Casai, avec 2 5 mille hommes, qui y dévoient estre dez lors qu'il en partit, mais l'ordinaire de Rome passa hier au soir, avec lettres de Rome du 2 juin et de Gènes du 9°** où l'on n'en sçavoit encores du tout rien. Ce sera une trez mauvaise affaire, si ce divertissement * obligeoit le Roy de quitter un si beau jeu pour retourner en Italie. Dieu punira, s'il lui plaict, cez canailles d'Espagnols, atissy bien que noz révoltez, de tant de mauvaise foy.

Dom du Puy m'escript du dernier may, et M' de Bonnaire du â juin qu'ils n'a voient eu aulcunes nouvelles de M' de Thou et qu'ils en estoient en extrême peine. Il n'y a rien de nouveau en leurs lettres que la rattification faicte en Espagne, ce dict on, des articles de la paix d'Italie et que si cela s'achève on fera des cardinaulx entre lesquels on parloit de M' nostre Archevesque^. Mais ces choses auront bien possible changé de face, si ce n'est que l'advis qu'on a soit véritable, que les Espagnols veullent refaire la paix, aux mesmes termes qu'elle est conclue, pourveu qu'on la leur laisse faire les armes en main, pour reparer l'infamie passée. On disoit que Spinola' estoit passé à Gènes. Mais de là on n'en a rien escript icy que je sçaiche, et sur ce je finis demeurant,

Monsieur,

vostre trez humble et trez obligé serviteur,

DR Pbibbsg.

A Aix,ce 16 juii>i6a9.

Cez Messieurs vous ont voulu escrire en corps d'Académie et m'ont

* Pour dwenion. — * Alfonse-Louis du Plesds-Richeliea fat, en effet, de la promotion de 169g. — ' Voir sarle câèbre général le tome I, Appendice, p. 863.

à vive force faict soubscrire où ils ont voulu aprez que M' Haligre a tesmoigué désirer passionement d'y estre aggregé.

Le Roy est encor devant Alez, à nostre grand regrets M"" de Castille est en Avignon malade de fiebvre qu'on tient un peu dangereuse^.

En voulant clorre on m'a apporté vostre despesche du i*' juin fort bien conditionnée, mais je n'en sçaurois voir que la datte, pour ne retarder cez Messieurs qui veuUent se mettre en carrosse. M' Haligre s'est saisy desja du Marmora Arundelliana ' pour me laisser cachetter cette lettre *.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, Voz despesches du 8 et 1 2 de ce moys de juin arrivèrent hier au soir et furent trempées dans le vinaigre sans mercy, à cause de l'augmentation des bruicts de la maladie, mais les livres de Bourdeaux servirent à deffendre voz papiers; celuy de Seldenus fut un peu attaint, mais avec la laveure, les macules sont disparues. Celuy de M' Rigault estoit si bien empacquetté, que quand il eust esté dans la mer, il eust peu se garentir longuement. Il fauldra dezhorsmais y adjouster, soubs l'enveloppe, quelque bonne forte feuille de maculatures pour ne courir la mesme fortune. Le Julius Obsequens fut en mesme temps descousu , et trempé dans l'eau et mis en presse , et s'est bien nettoyé par ce moyen. Je vous remercie trez humblement de toutes cez belles curiositez et du soing qu'il vous a pieu d'avoir de me retenir les livres mentionnés en vostre lettre, en quoy vous ne debvez avoir aulcun regret, ne se

' Loais XIII entra dans la ville d'Aiais le * Pierre de Gastille, contrôleur général

17 juin, le lendemain de la capitulation des des finances, gendre du président Jeannin.

habitants. Il partit de cette ville le 37 du 'Le livre alors tout récent de Seld^,

mime mois {Mémoires de Bassompierre^ comme nous Tavons déjà vu.

t.IV,p. 5i). * Vol, 717, fol. 55.

118 LETTRES DE PEIRESG [1639]

pouvant faire de meilleur choix que le vostre. Il £auldra prendre un peu de loisir pour voir le catalogue de la foire.

J'attends aujourd'huy céans M' de Thou qui voulut aller aeeompagner Mess" Haligre , le Grand el le Pelletier en leur pèlerinage de la S^ Baukne et S^ Maximin, et partirent de Marseille mardy aprez disner, pour aller coucher à la Giottal^ et le lendemain à Toullon, touts en bonne santé, grâces à Dieu, ayant eu advis de leur passage en touts ces lieux là, et qu'ils dévoient partir de S^ Maximin à ce jourd'huy après desjuiier. Je m'en vay monter en carrosse pour aller au devant d eux à une lieiie d'icy ou environ, ce qui m'empeschera de vous entretenir comme je desirerois. Seulement vous diray je que nous fusmes à Marseille 3 ou & jours ensemble, oii nous n'engendrasmes poinct de melancholie^, encores que la mer en esprouvast quelques uns, en allant voir le chasteau d'If et la pesche.

Je receus à Marseille les 3 opuscules de Villegas qui seront cy joincts^ ensemble la vie de Don Juan d'Austria qui est in 4^ fort gros"^, et qui ne pourra aller qu en deux foys« Cependant nous verrons s'il y aura moyen de la parcourir. Geluy de Portugal ne se trouva paa à Barcellone ^, mais j*ay donné charge de le faire venir du lieu mesme de l'édition. J'ay bien du regret de ne vous pouvoir respondre à tant d'arrérages, mais vous estes si bon que vous m'en excuseres encores, s'il vous plaict, comme je vous en supplie de tout mon coeur, espérant que la semaine prochaine il y aura plus de moyen de m'aequitter de mon debvoir ou au pix aller la suyvante que nous serons tout à feiict hors de notre parlement.

' Chef-lieu de canton da département des Bouches-du-Rhône , h 35 kil. de Marseille.

' Littrë n'a cite cette locution que d'après le Médecin malgré lui de Molière.

^ On connatt (rfusienrs antenrs eapagnob de ce nom. IJ doit être question ici d'Ësteyan Manuel de Villages , sumommë T Anacréon espagnol , ne à Najeraen 1 5g6 , mort en 1 669. Sur ses divei^ recueils poétiques, voir le Ma-

nuel du Librairt (t. V, p. 1 938) , YHitUnrede la Unérature espagnole de Ticknor, traduite par M. Magnabal (t. III, p. 77-79, 90-96).

^ Historia del Don Juan de Auetria (Madrid, 1 617, in-4*) , par Lorenio vaaderHammen y Lson.

* En cette ville avait paru, en 1S79, la Gromea dd principe Dom Jmm de Auttrimf&t Gostiol (in-8').

M' de Builîon ^ s en vient tenir les estâts de^^e pais à Tarascon. M"* le Premier Présidant^ s'en alla hier à Marseille, ensemble M*^ le présidant Seguiran^, pour entendre de la bouche de M' de Guise certaine créance à laquelle ils estoient renvoyez par le Roy sur lé subject des dicts estats, où Ion veult qu'ils se trouvent l'un et l'autre, ce dict on, et que M' de BuUion y préside. Je ne pense pas qu'ils s'y puissent accommoder sans quelque autre précaution. Nous sçaurons lantost le subject de leur voyage, Dieu aydant, car ils sont de retour maintenant.

M' le comte de Moret* est encor en cette ville, où il trouve du divertissement qui n'est pas tant hors de son goust.

Nous vismes à Marseille une barque de ce pais revenue de Lisbone, sur laquelle les officiers de la justice de la dicte ville avoient faict pendre aux antennes un cousin de Ravaillac , trouvé saisy d'un coulteau d'assassin dans son bas de chausse avec lequel il s'estoit vanté de vouloir tuer le filz de celuy que son cousin avoit tué ^. C'est une furieuse manie. Dieu veuille préserver Sa Majesté de telles mains, et nous donner une bonne paix, demeurant,

vostre trez humble et trez obligé serviteur,

DE PsiRBSC.

A Aix, ce a3 juin 1699 ^ hAste.

J'ay receu deux despesohes de M'^ Gassendi du q& may et 1 juin, mais je n'y pui^ respondre à mon grand regret, de cette foys. Je vous envoyé l'advis d'un célèbre astrologue sur les parelies dont je Vous prie luy faire part, quand vous l'aurez veu, croyant bien que vous n'en ferez pas si grand cas comme Tautheuf pense que l'on doibve faire.

^ Sur Qaude deBultîon, siear de Bon- * Sur Antoine de Bourbon, oomle de Mo-

ndies, alors membre du conseil (depins ret, voirie tome I, p. ^89. 169&) et hiâitôt surintendant des finances * Ce parent du r^îcide n^est pas men-

(1639), voir le tome I, p. 819. tionnë dans Touvrage consacré par M. Amé-

' Anne de May nier d^Oppède. dée Gailandreau à Ravmllac et à m femille

' Sor Henri de S^guiran, beau-frère de (Paris, 1886, in-8'). Peiresc, voir le tome I, p. 89.

J'ay quelques lettres pour M' Rigault, que je vouldrois bien accompagner des miennes, mais il me pardonnera, s'il iuy plaict, pour cette semaine. Je feray pourtant ce que je pourray, le remerciant cependant de son TertuUian, tant que je puis. Il peut envoyer les autres exemplaires quand il vouldrà pour Dom du Puy et autres que je feray tenir seurement, estant bien marry que M' d'Orléans ^ le soit allé attaquer, et vouldrois l'en avoir peu destourner ^.

k MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY,

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