LETTRES DE PHILIPPE TI
allait bien ; Tautre jour il m'a longuement parlé d'elle. Vous devez entendre le portugais, puisque vous dites que vous avez compris le papier de la procession ', ce qui n'était pas facile, car il s'y trouvait des mots que, moi, je ne compris pas et que je dus me faire expliquer; je suppose qu'il y en aura eu quelques-uns, quoique en petit nombre, que vous n'aurez pas compris non plus.
Si la course de taureaux qu'il y a ici demain, devant le palais, réussit autant que la procession, il n'y aura rien à désirer, et même si elle répond à l'amphithéâtre qu'on a construit pour les spectateurs dans des conditions comme s'il devait être permanent. On a commencé aujourd'hui de le décorer, et il paraît bien; je ne sais ce qu'il en sera demain. Madeleine a dans son logement un bout de petite terrasse qui donne sur la place; elle a été si occupée à l'arranger qu'elle n'a pu vous écrire; je crois même qu'elle ne Ta pas voulu, car je le lui ai rappelé plusieurs fois : elle dit que, la veille d'une course de taureaux, elle ne saurait se mettre à écrire. Elle se fait une fête du spectacle de demain, comme si les taureaux devaient être excellents; je crois, moi, qu'ils seront mauvais, et que ce qu'il y aura de mieux, ce seront les danses qui, dit-on, auront lieu sur la place. Elle écrira ce qu'il en aura été, si elle ne l'oublie pas d'ici à lundi prochain, comme elle est capable de le faire.
"Vous dites, vous, ma fille aînée, qu'on a annoncé à Madrid l'arrivée ici des galères venant des Indes : vous avez oublié que ce ne sont pas des galères, mais des vaisseaux et de très grands. Ils ne sont arrivés à Lisbonne qu'avanthier; le jour précédent ils s'étaient arrêtés à Cascaes. En même temps que ces vaisseaux est venu le marquis de Santa
' Voy. p. iQo.
A Si:S FILLES. i(p
Cruz avec la plus grande partie de l'armée navale'; i.]Lioiqu'il eût mis à la voile avant eux , il les joignit ù leur arrivée à Cascaes, parce que, étant tout près de la Tercére, il survint une grande tempête qui l'en éloigna dans la direction d'ici, de sorte qu''il ne crut pas devoir y retourner, jugeant même qu'il n'en aurait pas le temps^ Par suite de
' L'entrée du marquis de Santa Cruz dans le port de Lisbonne fut très solennelle; le Roi, l'impératrice, l'archiduc Albert, l'arcliiduchesse Marguerite, la virent des fenêtres du palais. Le même jour, Philippe, sa sœur, son neveu et sa nièce admirent le marquis à leur baiser la main ; le Roi ne le ht pas toutefois couvrir, ainsi que lui et ses amis l'avaient espéré. (B. N. P.)
Santa Cruz avait, le 26 juillet précédent, aux Açores, remporté une victoire signalée sur l'escadre française, composée de soixante voiles, où était le prieur don Antonio, et que commandaient Philippe Strozzi et le comte de Brissac.
' Deux lettres du cardinal de Granvclle à la duchesse de Parme, des 14 et 28 septembre, contiennent sur les opérations du marquis de Santa Cruz des détails plus précis.
On lit dans la première : u Depuis la bataille, sont arrivées à l'ile « Saint-Michel deux caraques des Indes de Portugal, qui venoientà « la suite de celles déjà arrivées à Lisbonne, lesquelles viennent « toutes fort riches. Le marquis faisoit accompagner lesdictes deux « caraques d'aultres sept bateaux conduicts par le capitaine Chris- « toval d'Erano, pour leur faire escorte jusqu'à Lisbonne. Le marquis u pourvoira à l'assurance de l'île de Saint-Michel. Cela fait, il se « mettra en chemin pour son retour, après avoir donné une veue à « la Tercera, pour voir si D. Antonio parlera de se rendre à la merci « du Roi, ou si l'île se vouldra soumettre, ou si, au moyen de quelce que intelligence, on y pourra entrer. » (Archives Farnésiennes, à Naples.)
Le cardinal écrit le 28 : n Depuis la victoire, le marquis reprint l'île « de Saint-Michel que les François avoicnt occupé et l'a pourveu de « gens, de vivres, d'artillerie et d'aultres munitions ; et ayant réparé « le dommage que nostre armée avoit receu en la bataille, accommoda « en ladicte isle les blessez qui ne pouvoient compatir la mer, et « luy estant arrivée l'armée de l'Andelousie, s'enchemina vers l'isle « de Corvo, pour assheurer nos flottes des Indes, n'ayant heu aver- « tisscment de l'arrivée de celle de la Nova Spagna, cju'est de 3'i bas- « teaulx et ung des Indes de Portugal. En son chemin il en rencontra « deux fort riches desdictes Indes de Portugal que venoient à la suyte n de la première; et ayant ledict marquis sceu ce qu'estoit arrivé.
cette tempête, qui se fit sentir le même jour ici, mais faiblement, cinq ou six navires ont disparu, dont on n'a point de nouvelles; on suppose qu'ils auront gagné quelque a'utre port. C'est la nuit de ce même jour que la porte de Guadalajira a été la proie des flammes : le mal n'est pas grand, car elle embarrassait la tour, et maintenant la rue sera beaucoup mieux qu'elle n'était auparavant. Etant dans cette maison il y a longtemps, je fus témoin d'un autre grand incendie, celui de l'habitation de don Francisco de Vargas, laquelle je ne crois pas que vous connaissiez, .le le vis, non des appartements d'en haut, mais de ceux d'en bas, où je logeais, bien que des uns et des autres on ne pût guère apercevoir que les flammes; le feu était très fort, à cause que la maison
Il est très bien que votre frère' n'ait pas peur, comme vous le dites, vous, ma fille puînée, et je ne crois pas qu'il l'aurait eu des diables delà procession '^, car c'étaient de bons diables; on les voyait de loin, et ils ressemblaient plutôt à
des 3 qu'à des diables, et certainement qu'ils étaient
bons, puisqu'ils n'étaient pas des diables véritables. Je n'ai
« s'enchemina droict vers la Tercera, et vint à la veue de l'isle, à une i( lieue près, où il luy survint une tourmente, estant jà la mer, de ce « costel-là, d'oires en avant peu praticable, et s"escartant l'armée de « sorte qu'il eust peine de en trois ou quatre jours la rassembler. « Quoy voyant, print résolution de retourner, comme il ha faict, et ha « ramené toute l'armée saulve avec la navire capitane des François...» (Bibliothi-que de Besançon.)
' Don Diego.
' \'oy. p. i8f|.
' Je n'ai pu, malgré tous mes efforts, trouver une traduction satisfaisante des mots cosas de hieromôvoces , et je me suis vainement adressé, pour en avoir l'explication, à des personnes auxquelles la langue castillane est familière.
A SES FILr.ES. 197
pas d'autres nouvelles à vous donner ni autre chose à vous dire. Dieu vous garde comme je le souhaite !
IJe Lisbonne, le 17 septembre i58i.
Votre bon père.
A LAS INFANTAS MIS ULIAS.
Lisboa, à 1" de otubre ibSi.
Siempre huclgo mucho con \aicstras cartas, y asî lia/.eis muy bien en cscrivi'rmcias, y mâs quando me dais tan buenas nuebas de vucstros hermanos, y asî creo que lo son las vuestras. Y muy bien es que entendais portugués tambicn como deci's, y asî procurad que lo entienda vuestro hertnano , que sera mucho menester para que entienda â los que fueren de acâ; y le hagais leer en portugués, y se lo declareis, pues tambien lo entendeis. Y porque creo que dc\e aver acabado de henchir ya las letras coloradas, os embio aquî unas con que creo que havrd para harto tiempo, y aun me quedan accâ tnds; y asf hazed que las baya henchiendo, pero poco â poco, de manera que no se cause, y tambien hazed que algunas ve/.es las baya contrahaciendo, que desta manera aprenderâ aun mâs, y espero que con esto ha de hazer buena letra. Y hasta que la haga buena, mejor es que no cscriba, porqu'el
i(j8 LETTRES DE PHILIPPE II
juntar después las letras mejor lo aprenderà después, quando ava quien se lo muestre bien. De los toros os escrivf el otro dia quan ruynes fucron; y asf no ay mâs que decir dellos, sino de Madalena, que después acâ ha estado con calentura y sangrada dos vezes y purgado una: mas ya esta buena, y 03' ha venido acâ, aunque muy flaca y de mala color, y dîxome que no le savîa bien el vino, que es mala seiïal para ella. Y oy no teneis de que quexaros dclla, pues, sin decirnos nada, ha escrito, y quando vino, me truxo el plicgo para el conde en que deven ir sus cartas. Y en verdad que me ha parecido oy tan flaca que creo que qualquiera cosa la Uevaria : pero suele bolver bien en sî, V por esto sera mucha parte una cadenilla de oro que le enibiô my hermana, y unos braçaletes my sobrina, por la sangn'a, como se usa en Alemania. Creo qu'cstaran ay muy bien las reliquias, que asî me lo parecieron a my una vez que las vî, y no hera el dia que allf estuvîstes de Sant Victor, sino de Sant Mauricio y sus compaiîeros; pero, por estar ay el cuerpo de Sant ^'ictor, que fuc uno dellos, se deve hazer aquel dia su iiesta. No creo que podrâ dexar de sentir don Diego
de Cordova la muerte de ', porque creo que
pierde mucho en ella. Quando vino el correo que truxo estas cartas y la nueva d'estar tan mala, vino aqui aquella noche d pedirme lo de su hija, qu'escrivî al conde con un correo que fué cl otro dia cstraordinario; y otro vino de ay, con quien supe que avîa avido ay truenos y tormenta : no se si los sentiriades, vos la
' Nom illisible.
A SES FILT.ES. 199
mayor. No qucrria que se hubiesc pasado cl pico de VLiestro hermano quando yo llcguc, aunquc, placiendo a Dios, cspero que ha de scr presto; y él lo haga asi, como lo cspero en pedi'rselo vosotras y en tan buen ticmpo como vos, la menor, m'escrivîs de averos confesado y comulgado, y de aver cncomendado â vucstro confesor que se lo pida, porque creo yo que sus oracioncs valdrân mucho para todo, por ser tan buen hombre. Y asî es como deci's, que la \enida dcl marqués de Santa Cru/. a\udarà para abreviar la ida. En aviendo alguna cosa sobrelia, os lo avisaré. Y agora no tengo mâs que deciros sino que os guardc Dios
como deseo.
De Lisboa, à piimoro di; otuhre i58i.
Y la hccha de \uestas cartas del sàbado creo que traerd ya la hccha por la quenta nueba, que ha de ser estrana cosa. Y no se si en todas partes se ha de acabai' de entendcr, y que ha de aver yerros en elio. Presto lo veremos.
"Wiestro buen padre.
(Parafe du Roi.)
AUX INFANTES MES FILLES
■Lisbonne, i" octobre i58i.
Vos lettres me causent toujours beaucoup de plaisir; vous faites donc très bien de m'écrire, surtout quand vous me donnez de si bonnes nouvelles de vos frères, et je crois qu'il
en est de même des vôtres. Il est fort bien que vous entendiez le portugais ainsi que vous le dites : faites en sorte que votre frère l'entende comme vous; il en aura grand besoin pour comprendre les personnes d'ici qui iront à Madrid; faites-lui lire du portugais et expliquez-le-lui, puisque vous Tentendez si bien. Je crois qu'il aura achevé de remplir les lettres coloriées : c'est pourquoi je vous en envoie d'autres avec lesquelles il en aura pour assez longtemps, et il m'en reste encore davantage. Faites qu'il s'occupe de les remplir, mais petit à petit, de manière à ne pas se fatiguer, et que quelquefois il les imite ; il apprendra ainsi mieux, et j'espère que par la il acquerra une bonne écriture. .lusqu'à ce qu'il l'ait, il vaut mieux qu'il n'écrive pas, parce qu'il apprendra mieux à assembler les lettres quand il v aura quelqu'un qui le lui montre bien, .le vous ai fait savoir, l'autre jour', comme la course de taurea'jx avait été mauvaise; il n'y a donc plus rien à en dire : mais il me faut parler de Madeleine, qui , depuis lors, a eu la fièvre et a été saignée deux fois et purgée; à l'heure qu'il est, elle va bien. Aujourd'hui elle est venue me voir, quoique très faible encore et de mauvaise couleur: elle m'a dit qu'elle n'avait pas de goiit au vin, ce qui pour elle est un mauvais signe. Vous n'avez pas cette fois à vous plaindre d'elle, car, sans nous rien dire, elle a écrit, et quand elle est venue, elle a apporté le pli pour le comte* qui doit renfermer ses lettres. Véritablement elle m'a paru aujourd'hui si faible que je crois que quelque raison particulière l'aura fait venir : mais, d'ordinaire, elle se remet vite, et ce qui y contribuera beaucoup, c'est une petite chaîne d'or qui lui a été envoyée par ma sœur et des bracelets par ma nièce, à l'occasion de la
' Cette lettre nous manque.
* De Baraias.
saigndc qu'elle a subie, ainsi que cela se pratique en Allemagne '. Je crois que les reliques sont là-bas très bien ; elles me le parurent lorsque Je les vis. Le jour où vous fûtes là n'était pas la fête de saint Victor; c'était celle de saint Maurice et de ses compagnons : mais, comme le corps de saint Victor, qui fut l'un d'eux, repose là, sa fête se célèbre ledit jour^. Don Diego de Cordova' ne pourra laisser de regretter la mort de , car je crois qu'il y perd beaucoup. Dans la soirée du jour où arriva le courrier porteur de ces lettres et de la nouvelle qu'elle était si mal, il vint m'entretenir du fait de sa fille, dont j'écrivis au comte par un courrier extraordinaire, qui partit le jour d'après. Un autre courrier arriva de Madrid, par lequel j'appris qu'il y avait eu là une tempête accompagnée de coups de tonnerre ; je ne sais si vous, ma fille aînée, vous en serez ressentie. Je ne voudrais pas que le babil de votre frère fût passé lorsque j'arriverai à Madrid, quoique j'espère que ce sera bientôt, s'il plaît à Dieu; je l'espère surtout si vous autres le lui demandez et dans un temps aussi propice que celui où vous, ma fille puînée, m'écrivez que vous vous êtes confessée, que vous avez communié et que vous avez recommandé à votre confesseur de faire à Dieu la même demande, car je crois que ses prières auront beaucoup d'efficacité, étant un si bon homme. Comme vous le dites, la venue du marquis de Santa Cruz contribuera à avancer mon voyage. Lorsqu'il y aura quelque chose d'arrêté à cet égard, je vous en avertirai. Maintenant je n'ai rien de plus à vous dire, sinon que Dieu vous garde comme je le désire ! De Lisbonne, le i" octobre i582.
* Il avait déjà fait cette remarque dans sa lettre du 2 octobre i58i. Voy. p. 121.
^ Premier écuyer du Roi.
Je crois que la date de vos lettres du samedi a été empruntée déjà au nouveau calendrier', qui est une chose étrange. Je ne sais si partout on parviendra à le comprendre, et je pense qu'il s'y trouve des erreurs. Nous le verrons bientôt.
A LAS INFANTAS MIS HI.IAS.
Lisboa, â 25 de otubre i5S2.
No tengo tiempo de resp'onderos d vuestras cartas, y tcneldo por buena seiial. Y asf anda ya pùblica my Ida, y yo la he dicho ya â los de aquî, y se va escrivicndo d otros y que dexo d mj^ sobrino en my lugar. My hermana y yo creo que iremos casî juntos; y aunque primero se pensava ir dntes, pensando que yo me detendria mds después, creo que holgard d'esperarme algunos dias, pues no pucdc scr tan presto como yo
' Le calendrier réformé par Grégoire XIII et qui supprima dix jours du mois d'octobre i582, de sorte que la date du 5 fut remplacée par celle du i5 et ainsi de suite. Cabrera (lib. XIII, cap. ix) rapporte qu'au mois de septembre de cette année le nonce du pape présenta à Philippe II, à Lisbonne, des lettres où le saint-père lui faisait part de la réforme à laquelle il s'était décidé, après avoir pris l'avis des plus grands astronomes. Le Roi, ajoute Cabrera, avec cette obéissance qu'il montra toujours à l'Église romaine, donna des ordres pour que le nouveau calendrier fût observé dans ses Etats.
On ne comprend pas comment les lettres des infantes auxquelles Philippe II répond auraient pu être datées selon le calendrier grégorien, alors qu'elles devaient avoir été écrites dans le mois de septembre.
A SES FILLES. 2o3
querria. Mas en lin se puede tcner ya por cierta my ida, si Dios no fucrc servido de otra cosa. M}' hermana a ido oy â vispcras a la Anunciada, dondc dcvc aver avido harta mûsica. No la hc visto después, ni se mds de lo que me ha contado Madalcna, que fué alla, aunque algunas vezes se engana en estas cosas; y por esto no os ha escripto oy, y oy â 8 dias, porquc bolviô â estar un poco mala : mas ya esta buena. Bien creo que habrâ dudas en esto del ano, mas cllas se inin entcndiendo, y las tablas de los calendarios perpétues bien creo que servirân, mas las reglas por donde se governavan las tablas no creo que sirven, pero las tablas si; y aun estos très meses, de Sant Lucas hasta fin d'esté aiio, sirve la tabla 35, y el aîîo que viene la tabla 20, y de aquf à un aîio es de créer se sabrdn las dcmâs. Acâ creo que se supo y publicô priméro que ay, y asî creo que se savi'a ya mejor lo que se havîa de hazer. Al Calabrés he embiado â Estremoz à hazer pùcaros como los en que ténia ay las flores, y lleva unas caxas que estavan acâ, para que traj'gan en estas peras bergamotas como agora un aiio, para que las cmbie desde alH y él se buelba. Porque no bayan vacias, cmbio en la una porcelanas para vuestro servicio y de vuestros hermanos, y una hay dentro délia con otras porcelanas de nueva manera, d lo menos yo no las he visto sino agora, y con otras cosas que ha juntado Santoyo; y aqui va la Uave desta arquilla : mas no llcgard algunos dias después d'esté correo, porque ha pocos que partiô de aquî. No son cosas muy buenas, ni aun nada, y podrcis partir con vuestros hermanos de lo que os pa-
reziere ; y dos vestidos que van allf, de los que tracn de la India, me guardad para quando yo baya. Y otras cosas ando buscando para llevar, pero son malas de hallar, aunque en una destas naos diz que vinieron muchas cosas. Y de lacre que han traydo en ellas os embio aquî unos pedaços, porque son de diferente forma que suele, y unos de lacre blanco que yo no he visto sino agora. Selladme con cl algunos pliegos que m'envidredes, para ver como parece, aunque crco que sera de ser cosa fria. Creo que uno que vino de hallâ, que ha sido governador, hizo un présente dello a my hermanayde otras cosas, y tambien à my otro de otras que veréis alla. Y no se puede de decir mâs, qu'es muy tarde y estoy muy cansado.
De Lisboa, à 25 de otubre i582.
Y bien me acordaré yo d'estanoche, aunque vibiese
mil anos.
A'uestro buen padre.
(P.vafc du Roi.)
AUX INFANTES MES FILLES
Lisbonne, 2? octobre i5Si.
Je n'ai pas le temps de répondre à vos lettres : ce que vous devez tenir pour un bon signe. Mon départ est maintenant public; je Tai annoncé à ceux d'ici, et on l'écrit à d'autres et que je laisse mon neveu à ma place. Ma sœur
A SES Fir.I.ES.
et moi nous irons probablement, pour ainsi dire, ensemble: elle se proposait d'abord de prendre les devants ; mais, dans la pensée que, elle partie, je prolongerais davantage mon séjour ici, je crois qu'elle préférera m'attendre quelques jours, puisque je ne puis me mettre en route aussitôt que je le voudrais. Quoi qu'il en soit, mon départ peut enfin être tenu pour certain, si la volonté de Dieu ne vient pas y mettre obstacle. Ma sœur est allée aujourd'hui aux vêpres à r Aminciadcx, où il y a dû avoir grande musique; je ne l'ai pas vue depuis, et ne sais rien de plus que ce que m'a conté Madeleine, qui était là, bien que quelquclbis elle se trompe en ces sortes de choses. A cause de ces vêpres elle ne vous a pas écrit aujourd'hui ; elle ne le lit pas il y a huit jours, parce qu'elle était redevenuc un peu malade : à présent elle va bien. Je pense qu'il y aura des doutes en ce qui concerne l'année ' : mais ils s'éclairciront, et je suis persuadé que les tables des calendriers perpétuels continueront à servir, mais non les règles d'après lesquelles elles étaient interprétées ; ainsi , pour ces trois mois qui vont de Saint-Luc à la fin de l'année, la table 35 est bonne, et pour l'année qui vient la table 20 : d'ici à un an il est à présumer qu'on saura à quoi s'en tenir sur les autres. Je crois qu'à Lisbonne on connut et on publia plus tôt qu'à Madrid le nouveau calendrier, et que par là on fut mieux au courant de ce qu"il y avait à faire. J'ai envoyé le Calabrais à Estremoz, pour faire des pots comme ceux dans lesquels là-bas il tenait les fleurs; il emporte des caisses qui étaient ici, pour qu'on y renferme des poires bergamotes, comme il y a un an; il les expédiera à Madrid, après quoi il reviendra ici. Afin que ces caisses n'aillent pas vides, j'ai fait mettre dans une des porcelaines, pour votre service et celui de vos frères; la
' Voy. p. 202.
ïo6 LETTRES DE PHILIPPE II
même caisse contient un petit coffre où sont d'autres porcelaines d'un nouveau genre (ce sont du moins les premières que j'aie vues ainsi), avec différents objets que Santoyo' a rassemblés : la clef de ce coffre est ci-jointe. La caisse n'arrivera que quelques jours après ce courrier, parce qu'elle est partie depuis peu. Ce ne sont pas des choses de grande valeur; ce ne sont même que des riens; vous pourrez les partager avec vos frères comme vous le jugerez convenable, en me gardant, pour quand j'arriverai, les deux vêtements qu'il Y a de ceux qui sont venus des Indes. Je m'occupe de chercher d'autres objets pour les emporter : mais il s'en trouve difficilement, quoiqu'on dise qu'il y avait beaucoup de choses dans un de ces navires. .Te vous envoie des morceaux de la cire qu'ils ont apportée, parce qu'ils n'ont pas la forme ordinaire, et quelques-uns de cire blanche, chose que je n'avais pas encore vue. Cachetez avec cette cire quelques-unes des lettres que vous m'écrirez, afin que je voie l'effet qu'elle fait, bien que j'imagine qu'elle ne conviendra pas. Je crois qu'un de ceux qui sont arrivés des Indes, où il a été gouverneur, a fait présent à ma sœur de cette cire et d'autres choses, comme il m'a donné à moi les objets que vous verrez là-bas. Je ne puis vous en dire davantage, car il est tard et je suis très fatigué.
De Lisbonne, le 25 octobre 1382.
Je me souviendrai de cette nuit (?}, quand même je vivrais mille ans.
Votre bon père.
■' Un Dic^o de Santoyo fut, selon les états conservés au palais de Madrid, i;entilhomme de la maison de Philippe II.
A LAS INFANTAS MIS HUAS.
Lisboa, â 8 de novicmbre i582.
Ya crco que iréis creyendo la ida de aquî, pues creo que con este correo embian por carros; y aunque piensan que sera la partida en entrando estotro mes, no creo que sera hasta cercade Navidad, y para entônces si' creo que sera : a lo ménos procurolo yo asf y lo espero, aunque ay aun mucho que hazer. Y yo espero que my sobrino lo hara muv bien, como vos, la mayor, lo decîs. Mu}' bien esta qu'esten ya acabadas las cocinas y lo que mds me deci's desa casa. Después creo que habreis visto lo demâs y la galeri'a â que haréis dar mucha priesa, porque yo la halle acabada, â lo ménos lo alto délia, que lo demâs no creo que podrâ ser. Lo que he hecho con el conde ha sido por parecerme que convcnia asî, y por ver cl mucho cuydado que tiene de todo lo que se le encomyenda ; y bien creo le havrân dado hartas norabuenas. El Calabrés ha buelto ya d'Estremoz, aunqu'cl dexa haciéndose alli los pûcaros, y las arcas para las peras creo que serân yallegadasquando llegueesta. Y de Aranjuezescriben que son muy ruynes este ano y que ay mu}' pocas; y d la verdad pocas buenas han llegado acd. Madalena anda muy congojada con su negra que bolviô una vez