A L'INFANTE CATHERINE MA FILLE
Santarem, 3 juin ifuSi '.
Vous avez très-bien fait de m'écrire, puisque les médecins vous en ont donné la permission; la vue de votre lettre, écrite si distinctement qu'on n'y remarquait pas de trace du mal dont vous avez souffert, m'a délivré de beaucoup de peine. J'ai su depuis que la lièvre vous avait quittée ';
' Philippe II était arrivé à Santarem le 2 juin. Suivant une relation qui fut envoyée à l'ambassade de France à Madrid, les habitants ne le reçurent pas avec le même contentement qu'ils avaient témoigné lors de l'entrée dans leur ville de don Antonio : Su Magcstad llego viérnes cil Santarem y no le recibieron con tanto contenta como levantaron d don Antonio. (Bibliothèque nationale à Paris, fonds français, Ms. 1G108, fol. 37.)
^ Dans une dépêche du 29 mai, l'ambassadeur Saint-Gouard mandait à Catherine de Médicis que l'infante soutïrait, depuis cinq ou six jours, d'une fièvre qui la retenait au lit, mais que, les médecins l'ayant saignée et purgée, on espérait qu'elle en serait bientôt débarrassée. Le 12 juin il écrivait que l'infante était rétablie. Néanmoins, à la
ainsi j'espère que vous êtes maintenant tout à fait rétablie. Je serais trcs-content si je n'avais appris la maladie de votre frère', qui ne peut laisser de me causer un grand souci, quoique j'espère en Dieu qu'il lui donnera la santé, ainsi qu'à la petite"-'. Je ne vous en dis pas davantage; votre sœur vous fera part de ce que je lui mande ^ Vous ne devez point vous inquiéter pour le soleil; on ne le sent pas dans la barque; on n'y souffre pas non plus de la poussière, et c'est très heureux , car à terre il y en a beaucoup. Dieu vous garde comme Je le désire !
De Santarem, le 5 juin i58i.
Votre bon père.
A LAS INFANTAS MIS HUAS.
Almada, a 26 de junio i58i.
No pude escriviros el lunes pasado. Y porque no sea oy lo mysmo, le comienço ântes que las otras cosas, que quiza me costarâ acabarlas muy tarde. Y deseava escriviros el lunes pasado, por deciros lo que
date du 24 juillet, il faisait savoir à la reine son aïeule « qu'elle était « toujours maigre et pâle de son indisposition passée ». (Ms. cité à la note précédente.)
' Dans la dépêche citée du 12 juin, Saint-Gouard informaitia reine mère que le prince don Diego avait eu, pendant plusieurs jours, une fièvre continue, mais qu'il allait mieux.
5 L'infante Marie.
^ Cette lettre du Roi à l'infante Isabelle est une de celles qui nous manquent.
avi'a pasado dcsd'cl otro que os escrivî en Villafranca, que fué que luego el otro dia, martes, dia de Sant Antonio, â i3 deste, fuy â oir misa â un monesterio de Descalços, que se Uama Sant Antonio, una légua de allî; y despues de misa, fuymos â embarcarnos â otro lugar allf cerca, y nos embarcarnos en un breganti'n que Ilaman acâ en Portugal, qu'es en el que los rej'es suelen andar por el rio; y vem'mosenél, obra de média légua, hasta delante de Villafranca, donde estavan las galeras, y nos metîmos en la capitana, adônde estava ya Madalena, que no avi'a ido al monesterio. Y luego se pusicron en cueros Ips que remaban con unos çaraguelles de lienço solamente; y son los de aquella galera, qu'es buena, cerca de trecientos, todos rapados la barba y la cabeça. Y de alli aquf ay seis léguas, que venîmos mu}' à placer, con buen tiempo, y siempre al remo; y comimos, my sobrino y yo, dentro en la popa, y los demds en el cuerpo de la galera, adônde lo vi'amos, my sobrino y yo, desde la popa; comîmos muy tarde, por pasar primero, con la marea que crece y baxa la mar de seis en seis horas, unos barcos; y mi sobrino y yo comîmos camynando; y myentras comieron los demds, pararonlas galeras, que la nuestra iba delante y diez detrâs délia; y todo lo que haze la capitana hazen los demds; y ilebavan unas tiendas que las cubren todas por el sol; y por los lados se via el ri'o 6 mar y las orillas; y por algunas partes l'va dos y très léguas de ancho, de manera que no se via casî la una orilla 6 la otra.
Y desta manera venimos hasta cerca de Lisboa,