INTRODUCTION XXI
la candidature de Piron est encore le secret de quelques partisans, le poète sait que La Chaussée, qui a déjà dénoncé l'ode trop fameuse, est un opposant toujours prêt. La délation de La Chaussée est dès lors un fait ancien et avéré. Rigoley de Juvigny brouille les noms et les dates, mais son accusation contre La Chaussée, nous la retrouvons sous la plume même de Piron.
Cette fois encore, Piron dut retirer sa candidature, et les intrigues de Bissy, l'élu, semblent avoir été, pour l'écarter, une précaution inutile : le veto de La Chaussée, employé précédemment, n'avait pas disparu, et le même moyen obtint le même succès.
Jusque-là, l'ennemi de Piron paraît avoir parlé de l'ode à Boyer, sans la montrer. Comme Piron se trouvait être, malgré tout, l'un des écrivains qui honoraient le mieux son temps, il devenait de plus en plus difficile de lui barrer la route. En 1763, l'Académie lui adresse l'invitation la plus ilatteuse, le dispense des visites inutilement faites, et si gaiement, en 1750, et lui assure l'unanimité des voix. La Chaussée lui-même s'y range; il a, semble-t-il, désarmé. Aucun témoignage de Piron ou de ses amis, n'est, cette fois, porté contre lui, se rapportant d'une façon précise à la circonstance. Sa part est assez belle déjà, de noire méchanceté, sans qu'il soit nécessaire de l'augmenter.
Reste à trouver l'âme basse qui a donné l'ode à Boyer. Quant à l'évêque, il fut assez puni d'être obligé de lire la priapée à haute voix devant le roi. Au moment où y Encyclopédie conunençait de paraître, la religion et la morale traditionnelle couraient des dangers autrement graves, que d'une bouffée d'indécence échappée après boire.
j\I. Lanson, finalement, s'arrête au nom de l'abbé d'Olivet; et M. Chaponnière adopte ses conclusions. Ni Piron, ni ses contemporains n'ont rien dit qui permette cette accusation. Piron aimait peu d'Olivet; l'abbé gram-