INTRODUCTION
adressées au châtelain de la Davière, Jean-François Le Vayer, maître des requêtes, conseiller honoraire au Parlement de Paris. Le nom même de ce correspondant a jusqu'ici échappé aux recherches des pironisants. Il ne sera peut-être pas, avant d'indiquer l'intérêt des lettres, tout à fait inutile à la chronique du xxuf siècle, de faire connaître l'ami du poète bourguignon, au moyen de papiers inédits empruntés à ses propres archives.
Le correspondant de Piron
Le Vayer appartenait à une famille de magistrats et de lettrés. François de La Mothe Le Vayer, le « Plutarque français », le disciple de Montaigne et de Charron, l'ami de Molière, tant prôné par Voltaire (Catalogue des auteurs du siècle de Louis XIV), — et son fils l'abbé Le Vayer (i), l'ami de Boileau qui lui a dédié la satire IV, sont de la branche cadette de la famille. Parmi les ascendants directs de l'ami de Piron, qui appartient à la branche aînée, on trouve deux descendantes du noble poète Robert Garnier; l'unC; Renée Le Boindre, avait épousé le bisaïeul de Jean-François; l'autre, Françoise Le Boindre, se maria à son cousin Jacques Le Vayer, grand-père de notre héros, intendant de Moulins à la fin du xvn^ siècle. Ce dernier était lui-même le petit-fils d'un des premiers intendants choisis par Richelieu, René Le Vayer, intendant d'Arras, et premier possesseur de la Davière. L'intendant de Moulins entretenait des relations amicales avec La Bruyère, qui le sollicita en faveur de Fagon : le premier médecin de Louis XIV, seigneur de Jarnage en Bourbonnais,
(i) Piron faisait prand cas du roman pastoral Tharsis et Zélie. attri. bu^ à l'abbé Le Vayer. (Chaponnière, p. 337.)