‹ Lettres de quelques juifs portugais: avec un petit commentaire, extrait d'un plus grand, à lChapitre 22 sur 39 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

Réfutation de Varticîe Fonte , tiré des questions sur V Encyclopédie : suite. Fonte du veau dor. Or potable.

Il ûous oarait y monsieur ^ que nous youis ayons assez soliaement réplique sur l*art de jeter les star tues en fonte» Mais pourrons-nous nous défendre de même sur la chimie /

C'est là surtout que yous montrez toute la profiondeur et l'étendue de yos connaissances. Qui pou<roit ne pas s'en former la plus haute idée ^ en pensant à yos admirables procédés chimiques.

§. I. Savans procédés connus par l'habile

chimiste.

Vous youlez bien nous les apprendre , monsieur. Vous nous dites :

Texte. « J'ai réduit For en pâte ayec du mercure..... Je l'ai dissout ayec de l'eau régale...*

Je ne l'ai jamais calciné L'extrême yiolence

du feu liqmfie l'or ^ mais il ne le calcine pomt > ( Dictionn, philosop,^ art. Fonte. )

CoMMEiiT. Vous connaissez , monsieur ^ ces sayans procédés ! yous ayez fait ces curieuses exp^ rien ces y ces sublimes et rares découyertes ! (^oA chimiste yous êtes ! Sthal , ô Beker ^ GeoffiNH ^ Léméri y Layoisier y Beanmé y Cadet y chimistes nationaux y chimistes étrangers y baissez le front 'y reconnaissez yotre maître. // réduit Vor en pâte avec du mercure , il le dissout avec Veau ré* gale y etc. ! Les merveilleux secrets !

Quelle gloire pour nous ^ qu'un chimiste aussi

COMMENTAIRE. 3c»

Srofond n'ait à nous opposer que de petits procéda e charlatan !

$. U. // change encore Vétat de la question.

Oui j monsieur , c'est encore en cliangeant l'ëtat de la question que yous nous combattez su^ la chimie.

Texte, a II s'agissait de savoir si une figure d'or, fondae en une seule nuit , peut , sans miracle , être réduite en poudre le lendemain.

GoMMEifT. Le lendemain, Précbément le lendemain } En un seul jour ? Non , monsieur : il ne i^agissait pas de savoir si une statue d'or peut être xtomte en poudre en un seul jour. On vous défie de prodoire aucun passage où nos livres saints aient dit y et où nous ayons prétendu que Moïse rédubit CI» poudre le veau d'or en un seul jour. Quoi; totqours du faux !

Texte. « Il s'agissait de savoir si on peut réduire [- m poudre une figure d'or ^ en la jetant au feu. C'est fkquoi il est question. <c

, GmiCEirT. C'est de quoi il n'était nullement question. 'Vous aviez avancé qu'il est impossible ^ ^me à la plus sdvante chimie , de réduire ^or enj>oudre qu'on puisse avaler. Cette asser« w est i^nérale , sans restriction 5 et nous vous l'a- ^oiu uée f parce qu'elle est iausse dans sa géoéra- %• Vous yous apercevez enfin de la méprise , et , fBQr T0114 tirer d'afiaire y yous ajoutez subtilement ^ moto ; en la jetant au feu.

Mus ces mots ne se trouvaient ni dans la note ^ nous réfiitions , ni dans trois ou quatre autres endroits de vos écrits que nous avions alors sous les

Dire maintenant qu'il s'agissait de savoir si Ton Mt réduire en pouore une figure d'or en un seul ipir ; en la jetant au feu ; n'est-ce pas visible*

Vous continuez de tous défendre sur la c comme tous Tayez fait sur Tart de jeter en fi

Texte. « On prdteud que réduire l'or en eu le brûlant , pour le rendre potable ^ est ] la plus aisce et la plus ordinaire en chimie. »

€oBCUE5T. On prétend ! grand homme navez pas menti , vous ayez dit la ckc n*est point (i). Non : on ne le prétend pe

Nous ayons prétendu ^ et nous prëtendi corc , que réduire l'or en poudre au point de drc potable , et une chose très-aisée et tr naire en chimie. Mais nous n'ayons dit nu que ce soit en le brûlant.

On prétend ! et pour prouver qu'on le | yous citez de nos lettres un long passage \ ne le prétendons pas. La preuve est excellei

Non , monsieur ^ nous n'ayons parlé di l'or , de le calciner ^ ni dans ce passage , aucun endroit de nos lettres. On y lit , à la

Vous ne nous rénondez donc au'en nouj

COlyiMENTAIRE. 3ii

peut être adroit 5 nous vous laissons k juger s'il est honnête.

Vous ajoutez y sans vous Jâcher y mais pourtant avec un peu d'humeur.

Texte. « Si on vous a dit que M. Rouelle calcine de For au feu , on s'est moqué de vous , ou bien on vous a dit une sottise que vous ne deviez pas répeter , non plus que toutes celles que vous transcrivez sur l'or potable. »

CoMMETïT. Si on vous a dit \ Ni on ne nous a dit y ni nous ne vous avons dit que AT. Rouelle calcinait de l'or au Jeu,

Quand donc vous nous faites dire et répéter cette sottise , vous nous calomniez grossièrement , monsieur y ce qui est mal 5 et vous i>ous moquez ouvertement de yos lecteurs , ce qui n'est pas bien.

Il nous semble encore qu'en transcrivant ce que nous avons dit de Vor potable , nous n'avons pas transcrit des sottises. Nous avons transcrit ce qu'en ont enseigné Sthal et Sénac y qui n'étaient pas aies sots ^ qui n'écrivaient pas des sottises.

Quoi ! monsieur , vous ne pouvez nous réfuter qu'en traitant de sots tous les chimistes ? Ne voyez-vous pas que notre cause va devenir la leur l

§. IV. Or potable de M, de Voltaire.

Nous vous parlions de l'or potable des chimistes 'y et vous nous objectez celui des charlatans. Vous en donnez la recette. C'est le seul or potable que vous connaissiez en chimie : tant vous êtes projond chimiste !

Texte. L'or potable est une charlatanerie : c'est . une friponnerie d'imposteur qui trompe le peuple... Ceux qui vendent leur or potable à des imbécilles ne font pas entrer deux grains d'or dans leur li- jj queur -y ou y s'ik en mettent un peu y ils l'ont dissout 1

3ia PETIT

daDS de l'eau régale ^ et ils tous jurent que c*etf de l*or potable saus acide. Ils dépouillent Por autant qu'ils le peuvent , de son eau régale j ils le chargent d'iiude de romarin* Ces préparations sont trèsdangereuses 'y ce sont de yéritables poisons } et ceux qui en Tendent méritent d'être réprimés. »

GoMMEifT. L'or potable est une friponnerie d* imposteur» Oui , l'or potable dont tous donnez la recette , l'or potable des charlatans 3 prétendu spécifique et véritable poison.

Mais l'or potable dont nous tous parlions n'est point une cbarlatanerie , monsieur 3 il n est ni poison m spécifique^

Tous nous adresez néanmoins la parole , et tous nous dites :

Texte, it Voilà ce que c'est que votre or potable j dont TOUS parlez un peu au hasard , comme de tout le reste. »

Ck>MMEiiT* Eh ! non monsieur j ce n'est pas lit notre or potable ; c'est le TÔtre , c'est l*or potable des charlatans. Le notre est celui de Stnal , de Séuac , de tous les chimistes 3 et nous n'en aTons point parlé au hasard y non plus que do tout le reste,

§. V. Or potable des Chimistes,

Gomment ^ monsieur , tous connaissez si bien l'or

Sotabie des charlatans , et tous n'avez aucune idée e celui des chimistes ? Nous tous en avions pourtant indi^jué le procédé. Puisque tous n'y aTez ps fait attention y apparemment parce que nous tous le proposions en peu de mots y il faut tous le mettre sous les yeux tout au long ; tel qu'on le lit dans U chimie de M. Sénac.

« Pour rendre l'or potable y dit le saTant médecin ^ Moïse n'a pu employer /a calcination simple y ni l'amalgame y ni la cémentation. Mais M. Stahl a

leTé

COMMENTAIRE. ^ 3i3

lève toutes les difficultés cp'on pouvait faire Ik-dessus. Le moyen dont il croit que Moïse s'est servi est très-simple. Le voici :

Or portable de M. StahU Prenez trois parties de sel de tartre , et deux parties de soufre , que vous ferez fondre dans un preuset. Jetez-y une partie d'or ^ il s'y fondra parfaitement. Après la fusion , retirez la matière du feu , vous trouverez lin hepar sulphuris f qui se pulvérisera. Mettez cet hepar sulphuris dans r eau , il s'y fondra facilement. Filtrez l'eau , elle est rouge et chargée d'or. C'est un or potahle qui est d'un mauvais goût , approchant de celui du magister de soufre. »

C'est à peu près de la même manière que s'exprimait M- Grosse, de l'Académie des Sciences, (Éins son mémoire donné en i^33, page îîi5.

« Le procédé, dit-il, indiqué par (M. Slahl , est de faire un hepar avec le soufre et un alcali fixe. Cet hepar étant en fonte au feu , si l'on y jette de

papiei filtrer. »

Qu'en pensez-vous , monsieur ? Un or qui passe au travers du papier à filtrer n'est-il pas un or réduit en parties assez fines pour qvLon les puisse ayaler l

Tel est l'or potable des chimistes et le nôtre : vous voyez qu'on n'y fait point entrer , comme dans celui des charlatans y Veau régale ni l'huile de romarin. Vous semble-t-il encore que nous en ayons parlé au hasard ? et pensez - vous qu'ayant cité M. Sénac , comme nous l'avions fait , nous ayions pu dire ou croire que la chimie rend l'or potable en le brûlant ?

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