‹ Lettres de quelques juifs portugais: avec un petit commentaire, extrait d'un plus grand, à lChapitre 24 sur 39 · III.* EXTRAIT · texte numérisé non relu

III.* EXTRAIT

Réfutation d'un article tiré des Questions sur l'Encyclopédie : suite. De l'écriture gravée sur la pierre. Dq la prétendue pauvreté des Hébreux^ etc.

§. I. De l'écriture gravée sur la pierre.

V ors revenez encore sur cette matière ^ monsieur ? on ne s'y serait point attendu. C'est à peu près h douzième fois que vous en -parlez | ce sera pent» être enfin la dernière : voyons donc , pour la der* mère fois ^ ce que. vous allez en dire. Vous nous adi'cssez la parole , et vous nous dites obligeamment : Texte, a Vous vous connaissez en mëtal comme en écriture. » ( Dictionnaire philosophique ^ art. Fonte. )

GiBcuEVT. Ne pourrions-*nous pas vous répondre ; avec quelque fondement , que vous vous connais" sez en écriture comme en métal ?

Texte. « On avait dit que dans l'antiquité on n'écrivait que sur la pierre , sur la brique et sur le bois,

CoMMEiïT. Vous aviez dit tantôt qu'on n'écrivait que sur la pierre ) tantôt qu'on n'écrivait que sur la pierre et le métal ; tantôt qu'o/i écrivait sur la pierre , sur la brique et sur le bois. Eh ! de grâce ^ monsieur , daignez nous dire une fois pour toutes à quoi vous vous en tenez.

Texte, u Vous oubliez le bois ^ et vous faites de bien mauvaises difficultés sur la pierre.

CoMM£5T« Nous oublions le bois ! Nous Pavons SI peu oublié ., que nous en avons parle' jusqu'à huit fois , et que nous y avons suppldé à-peu-pres autant de fois par des etc. y dans une seule Lettre. Combien de fois faut-il donc parler d'une chose pour ne pas vous paraître V avoir oubliée ?

Quant à nos difjicuîiés sup la pierre , nous comptions fort que vous ne les trouveriez pas bien bonnes Mais voyez ^ monsieur y la différence des goûts ^ beaucoup de gens un peu instruits ne les ont pas trouvées mauvaises.

Et puis ? si elles sont si mauvaises y pourquoi ne pas y répondre ? Il n'en était que plus aisé de les réfuter, jVIais non , vous ne les réfuterez pas Elles n'eu valent pas la peine ? Cela s'entend.

TçxTE. » Vous oubliez surtout que le Deuléronome fut écrit sur du mortier. »

Comment. Nous n* oublions point y monsieur , que dans la note que nous réfutions y il n'était point du tout question dii Deutéronome écrit sur du mortier^ Vous n'aviez point encore fait cette curieuse et savante observation. Pouvions-nous deviner que vous la feriez un jour ? vous nous reprochez donc de n'avoir pas répondu à une difficulté que vous n'aviez pas proposée (1) ! Le reproche est singulier !

Texte. « Il y a là un peu de méprise , et même , si vous me le pardonnez, un peu de mauvaise foi. »

Comment. Il y a un peu de l'une et de l'autre, assurément. Mais il est aisé de voir de quel côté.

§. II. De la prétendue pauvreté des Hébreux

• dans le désert.

Pour vous défendre sur cette prétendue /?ûiivre/e' vous transportez la scène en Ethiopie , et vous appelez à votre secours. Lj^cophron et '^l'héopompe , Jupiter Ammon , et Actisan avec ses nez coU"

(0 Pat proposée. Nous répondrons dans la soite. A ut,

pés. (i)^ etc. Après les gentillesses de ce joli prélude y VOUS employez vos armes ordinaires. Vous assaisonnez de quelques mots que tous croyez pki* sans une petite objection : vous nous y faites répondre ridiculement^ et tous chantez TÎctoire.

Texte, a Oii ces pauTres gens , qui n'aTaient pas de chausses y aTaient-ils trouTe tant d'or ? »

Comment. Ces pauvres gens n'e'taient pas si pauTres ^ monsieur ; on tous l'a dit, on tous l'a prouTe. Il aurait fallu démontrer le contraire. De bonnes raisons eussent mieux Talu que de ^mauTaises plaisanteries.

Telle est TOtre objection. Au lieu de la réponse que nous aTÎons donn^ y tous nous en prêtez une qui n'est pas tout-à-fait la même.

Texte. « Comment y monsieur y dit le saTant , oublicz-TOUS qu'ils aTaient Tolé de quoi acheter toute l'Afrique y et que les pendans d'oreilles de leurs filles Talaient seuls neuf millions cinq cent mille liTres au cours de ce jour 7

CoMMEUT. A merreille y monsieur : on ne peut mieux. Ces Toleurs au nez coupé y cette Afrique au ils achètent y et ces pendans d'oreilles de leurs filles y qui valaient seuls neuf millions cinq cent mille livres , etc. 3 tout cela est admirable y excellent pour les lecteurs quÎTCulent bien se laisser pajer en lazzis y et se contenter de cette petite monnaie. Mais probablement elle n'^aura pas cours auprès à.ti lecteurs qui saTent que prête;* à ses adTcrsaires m raisonnement ridicule qu^ils n'ont pas fait y ce n'est pas les réfuter , et que ricaner n'es^ pas répondre.

(i) Nez coupés. C'était ane horde de Yoleuri aaxqnels Actiaan fit couper le nez et le« oreîUea , et que M. ^^ Voltaire prétend confondre avec lep Hëbreax. Préteatioa ■âge et solidement fondée ? Edit,

COMMENTAIRE. Sai

§. lïl. Jugement porté sur nos Lettres ,par

r illustre écrivain.

Nos Lettres , monsieur , n'ont pas eu le bonheur de TOUS plaire. En yain nous y ayons pris le ton le

Î>lus modéré y en yain [nous y ayons tempéré partout a plus douce critique par les éloges les plus flatteurs. Vous les ayez \\x^ées hardies f malhonnêtes, bonnes seulement pour des critiques sans goût. Telles qu'elles sont pourtant y yous ne nous croyez pas en état de les ayoir écrites. Soit plaisantene , soit persuasion ^ yous supposez que quelqu'un nous a prête sa plume ; et pique contre notre écriyain , yous le traitez de :

Texte, « Secrétaire des Juifs. »

CoMMEiïT, Mais y monsieur y quel mal ou quel déshonneur y aurait-il qu'un chrétien , dans une cause commune aux Juifs et aux chrétiens^ eût bien youlu nous aider et être pour quelque temps le secrétaire de la synagogue \ Vous yous en êtes bien fait le pré'dicateun

Vous ajoutez d'un ton fôché :

Texte, a Je ne le prierai jamais d'être mon secrétaire. »

' CoMMEiïT. Jamais ! cela est cruel. Ainsi il perd à jamais l'honneur d'appartenir à un homme ulu^ tré , accrédité , généreux y et ce qu'il doit regretter encore dayantage y la satisfaction flatteuse de se yoir à la source de tant de belles choses , et de pouvoir se former en écrivant sous la dictée d'un si grand maître. Qu'il est à plaindre !

Nous ne voyons rien qui puisse l'en consoler , si ce n'est peut être la pensée que dans ces boutades d'humeur ou de gaîté qui vous prennent parfois , il pourrait avoir k écrire des choses auxquelles sa plume se refuserait. Tout le monde n'a pas l'apathie nécessaire pour être votre secrétaire.

3î2 PETIT

A tout prendre monsieur , you3 ferez bien pour TOUS et pour lui y de ne pas le prier de le devenir. U aune la Vérité , et vous n'aimez pas la contradiction ; TOUS auriez de la peine à vivre ensemble.

Textb. a Attendu qu'il &it parler ses maîtres en francs ignorans. >

Comment. Encore des injures ! Les injures , monsieur f ne sont pas des raisons 5 elles ne prouvent rien , sinon que qui les dit a tort.

£ vous n*étes pas content de la manière dont il nous fait parler y nous ne croyons pas avoir liea de nous en plaindre* Nous aurions Dien souhaité pouvoir en dire autant de votre manière de précber. Entre nous y monsieur le prédicateur y la synagogue n'a pas été foit contente de vos sermons y pas plus que l^lise chrétienne de vos homélies.

Quant aux Lettres y il nous semble qu'elles ont eu quelque loccès. Des savans qui vous aiment y et "dont le suffrâ^ par-là même nous devient plus précieux y n'ont pas fait difficulté d'écrire que les jiiifs auteurs ne manquent ni dt esprit y ni de littérature ; qu'il se trouve dans leurs Lettres de bon^ nés observations , des rechercher , etc. (i)TEt d'autres y ont vu ( ce qui nous flatte beaucoup plus ) , non-«eulement de la modération [7) y mais de l'Aonnéteté et de la politesse. Par quelle fatalité y monsieur y y avez-vous aperçu précisément tout le con* traire ? , •

Texte. « Si je n'étais le plus tolérant des hommes y je vous dirais que vous êtes les plus hardis àt% hommes et les moins honnêtes.

Gomment. O le plus tolérant des hommes !

{i) Des recherches. Voyez le Mercnre et le Journal encyclopédique , année 1769. JÊut,

(2) De la modération. Voyez le Mercure , les JonrfiSQX des Beaux- Arts , de Verdun , des Savans , le Monthley Review , Aut^

COMMEîîTÀÏRE. âaS

Tolre tolérance est connue -, elle éclate à chaque page de ■ vos écrits !

Je vous dirais , etc. Vous avez dit tant de choses obligeantes à tant d'honnêtes chi'étiens ! vous pourriez bien dire aussi quelques douceurs à de malheureux Juifs !

Les plus hardis des hommes ^ etc. En effet , avoir osé dire à M. de Voltaire qu'il s'est un peu trompé sur les Madianùes et sur leur pays , etc. ^ etc. , cela est bien hardi j l'avoir prouvé , cela est bien malhonnête.

Mais imputer sciemment à ses adversaires des absurdités qu'ils n'ont point dites 5 les traiter de gcus poussés par i* esprit de parti , à* emportés , d* francs ignorans^ etc. , c'est le comble de l'honnêteté !

Texte. « Vous oubliez dans quel siècle vous écrivez. Votre petite satire ne vai|t rien d!it tout pour les honnêtes gens un peu instruits, n

CoMM£5T^ Nous avons répondu à vos petites critiques ^ monsieur y sans faire de petite satire* Rien n'est plus éloigné de notre caractère et de nos vues que la satire.

D'honnêtes gens un peu instruits , et plus u'uÀ peu j vous le savez , ont honoré nos Lettres .c leurs suffrages ; et il faut bien que vous ne hs ayez pas jugées vous-mêmes tout-à-fait mauvaises^ puisque vous les avez honorées 4'line réponse,

lïous oublions dans quel siècle nous écrivons !

I^e V oublie z^YOVLS pas plus que personne ^ vous , monsieur y qui y dans le dix-neuvième siècle y vou-* di'iez faire accroire à vos contemporains y que du temps de Moïse les archives des villes de Phenicie y les legistres de leurs marchands , les livres de leurs écrivains ; ceux de Sanchoniaton , de Job y de Thaut y etc. , étaient écrits sur la pierre , saiîs doute pour la commodité des lecteurs et la facilité du transport ? Vous qui vous dites du métier ^ et oai

prétendez que de tous les fondeurs et de tous les orhyres du dix-huitième siècle , il n'en est aucun qui puisse faire sans mirmcle y en moins de six mois. un veau d'or de trois pieds, grossièrement travaillé/ qui f pour le prouver , détailles^ les procédés qu'on suit lorsqu'on jette en fonte les chefs - d'oeuvre de l'art y les statues de vos places j)ubliques , et qui croyez vos contemporains assez dupes pour se laisser éblouir par ce vain étalage ? Vous qui faites le chimiste , et qui, en i<j<2i , ne connaissez en chimie 5^* d'autre or potable que l'or potable des charlatans ; qui , en ii^i^i , tant d'années après Stahl , ignorez , ou vous flattez de pouvoir cacher à vos lecteurs le procédé chimique qu'il découvrit , et mi'^aucun chimiste, aucun écolier de chimie n^ignore? Vous . . • r

Si c'est pour votre siècle, que vous écrivez toutes ces belles c^j^oses , quelle idée , monsieur , vous fai- .jKk ■ tes-vous donc de votre siècle?

' ' Vous vous êtes dit apparemment à vous - même , en prenant la plume , ce que ne se disait pas un écrivain célèbre (i) à qui vous l'imputez : « Mes contemporains sont des ignorans et des sots. Ma réputation et mon ton tranchant leur en imposeront. Ce sont des hommes frivoles , des esprits légers et distraits , qui prennent des bons mots pour des raisons et des lazzis pour des preuves : j[e les ferai

(i) Un écrivain éélèbre. Voyez rEvangile du jour. ♦ On y met à-peu-près les mêmes paroles dans la bon* che du savant abbé de Fleury , écrivain aussi estimable par sa sincérité que par sa bonne et sage philosophie. On lui fait poser pour principe , que ses compatriotes sont des imbécilles auxquels on peut, tout dire. ^ Aut»

* L'Ëfangile du pur était uiî recueil de pièces contre la religion , auquel avaient travaillé plusieurs aatenrt f entre autres M. de Voltaire,

rire / et ils me croiront. » Voilà sans doute l'espèce de lecteurs pour qui vous ayez cru que votre réponse serait bonne.

C'est pour eux qu'est fait l'ingënieux , le délicat et agréable jeu de mots que yous dëcochez cod|vt un e'criyain pénodique (i) 5 qui a daigne rendre un ciompte favorable de not Lettres : comme s'il était le seul qui en eût dit du bien î Vous ignorez donc que , de tous vos écrivains périodiques ^ il n'y en a pas un qui n'en ait parlé avantageusement. £n vérité , monsieur ^ on dirait que vous ne lisez que l'Année littéraire > il ne vous en échappe aucun trait ! Cette Année littéraire est pour vous ce que sont les Juifs 5 vous en annoncez partout le dernier mépris , et vous' y revenez sans cesse ! On ne parle pas tant de ce qu'on méprise.

Nous n avons pas l'honneur de connaître l'auteur de l'Année littéraire 3 mais nous KsqjDS y comme vous f monsieur y ses écrits ;' et nous dirons haut^-^ ment que lutter ; comme il fait depuis tant d'années , contre le double torrent de l'irréligion et du mauvais goût y c'est servir utilement sa patrie.

§. VI. Conseil donné et rendu.

Vous finissez , monsieur y par nous donner un conseil , nous serait-il permis de vous le rendre.

Texte, a Croyez - moi y laissez - là vos anciens commentateurs y et n'insultez pM^les chrétiens.

Comment. Laissez'là vos anciens commenta'»

tedrs. Pourquoi les laisser , s'ils peuvent être utiles.

(1) Contre un écrivain périodique , etc. L'inaulte faite , à notre occasion , à l'auteur de l'Année litté* -^ raire , augmente notre reconnaissance pour lui et pour tous lea écrivains périodiques qui ont rendu un compte avantageux de nos Lettres. Nous v.oyons à quoi Ton s'expose en osant juger librement des écrits où il est qufgt* tion de M. de Voltaire et de BtB ouvrages. Aut*

3p6 PETIT

N*insuUez pas les chrétiens. Vous prenez toutà-coiq> aux chrétiens et au chdstîanifime un intérêt bien vif ! Eh ! monsieur ^ on peut tous réfuter y atns jfnsulter ni les chfétiens , ni un chrétien . . . Rebfer arec modération et {ayec des égards les méprises d'un écrivain ^ ce n'e$t pas l'insulter.

r^ insultez point les chrétiens^ L'ayis est sage; mais à qui le donnez-rous 7 A des Juifs qui ne root autre chose que défendre contre vos censures les livres sacrés y sur lesauels la foi des chrétiens est fondée \ Donnez-le k Pauteur des Homélies sur l'ancien et le nouveau Testament , à l'auteur des Qoes-

jour y etc. '^ Voilà , monsieur à qui il faudrait dire de ne point insulter les chrétiens, ^. N*insuli09 point les chrétiens. Que ce mot et - 6es écrits (i) nous fourniraient matière à un ample et cruel commentaire , si nous étions méchans! mais nous nous arrêtons : jugez si nous aimons la satire.

Croyez - moi / laissez - là , etc. Croyez -nous vous - même , monsieur : laissez-là et la chimie ( nous vous l'avions déjà dit ) , et Kart de jeter en fonte , et l'art d'écrire sur la pierre , etc. Laissez surtout les Hébreux , leur langue , leurs lois y leur

* Les Homélies sur rAncien et le Nouveau Testament , les Questions de Zapata , les Epitres aux Romains , se trouvent dans la Philosophie. Le diner do comte de Boulainviliiers , fait partie des Dialogoes. Le Dictionnaire philosophique forme 7 volumes, p^ojr, pour , ^ l'Evangile du jour la note page Z^/^t

{t) Et ces écrits. Les chrétiens y sont traités , es proprés termes , de fanatiques , de persécuteurs « di fripons , de dupes , ^* imposteurs , etc. On leur dit qn'ili en ont menti avec leurs évangiles ; qu'ils en ont menti eS ridiculement menti avec leurs miracle* , etc. Edtt,

histoire , etc. y ou quand vous voudrez en parler , &ites-le désormais ayec plus d'exactitude et d'im* partialité.

§. yil. De l'article Fonte , tel qu'on le lit dans les Questions sur l'Encyclopédie*

Jusqu'ici ; monsieur, nous n'avons répondu qu'à l'article Fonte y tiré des Questions sur l'Encyclopédie y et publié séparément avec l'article Dieu* Il sera bon de dire un mot du même article y tel qu'il se trouve dans les Questions , où nous l'avons vu depuis. En comparant une édition à l'autre y nous y avons remarqué quelques différences.

Dans les Questions y après un titre simple , tel qu'il devait l'être y vous débutez par ces mots :

Texte. « U n'y a p(nnt d'ancienne' fable , de vieille absurdité y que quelque imbécile ne renouvelle y pour peu que ces rêveries antiques aient été autorisées par quelque auteur classique ou théologien..

Comment. Ainsi nous sommes des imbécUles y Pbistoire du veau d'or est une vieille absurdité y et l'auteur de l'Exode un rêveur ! Beau début , l'injure et le blasphème !

Ce judicieux exorde ne se trouve point dans l'article publié séparément. Vous avez Jugé à propos de le retrancher , et vous avez bien fait. U peut n'être point aperçu dans les Questions y o& il se perd parmi une foiuc de traits pareils. Mais k la tête d'un article séparé^ il eut été trop remarquable.

H n'y a point d'anciennes Jable s y etc. L'histoure du veau d'or est un fait attesté par la tradition y et consigné dans les annales d'un peuple dont l'intérêt était d'en abolir plutôt que Cren conserver la mémoire. Ce fait n'a rien de moralement ni de physiquement impossible -y on vous l'a démontré ^ et vos petites dimcultés y mises dans le creuset ^ se sont évanouies en fumée. Ce n'est donc point un0

•ff

ancienne fable ] et le rêveur n'est |^raatear

de l'Exode.

Vous pouvez regarder tant qu'il tous plaira , quiconque vous contredit ; comme imbécitle 3 mais il serait plus honnête y ce nous semble , de le prouver sans le dire y que de le dire sans le prouver.

Si nous sommes des imbécilles , comment un grand homme se laisse-t-il pousser au pied du mur, sur Vart de fondre y sur la chimie , etc. , par des imbécilles ? Gomment n'a-t-il rien réjpondu y et ne répondra-t-il jamais rien de solide à nos raisonnemens imbécilles.

Cette petite injure et quelques autres y qui se lisent dans les Questions y ne se voient point dans l'article séparé. Mais y en revanche ^ il v en a dans l'article séparé qui ne sont point dans les Questions. Ainsi tout se compense 3 ce qui n'est point dans une édition se trouve dans l'auti'e.

*'■ Voici une réflexion ^u'on lit dans toutes les deux.

Texte, «i Je ne sais si ce monsieur se connaît en vers y mais assurément il ne se connait point en or. »

Gomment. Se connaît en vers. Sans prétendre nous connaître en vers y monsieur y nous croyons les vôtres excellens. Si dans le nombre il s'en rencontre de moins bons ; nous les abandonnons à Vinr clément M. Clément (i). Des objets plus sérieux nous occugpent.

iVe se connaît point en or. Nous l'avouons ^ monsieur y nous n'avons pas le bonheur y si c'en est ua, de nous connaître aussi bien que vous en or monnayé ) mais assurément si vous nous le par-donnez y nous nous connaissons un peu mienx en or

(1) il/. Clément, Cet homme d'esprit , qne M. <Ie Voltaire appelle ingénîeasement Vinclément Clément , a donné , snr les ouvrages poe'tiques du célèbre écrivain , deé Lettres critiques qui méritent d'être ioesi Edit.

potable* Nous n'en avions point parlé au hasard , comme il vous plait de l'assurer dans vos deux articles. Nous n'en ayons dit que ce que nous ayons vu de nos yeux ; touche de nos mains et ^ opéré nousmêmes dans nn cours de chimie fait , il y a douze ou qninze ans , sous un de vos plus habiles chimistes. C'est même ce cours de chimie qui nous a tirés du préjugé où noiis étions avec tant d'autres. Jusque-là nous avions cru qu'un écrivain célèbre , un g^and homme comme vous ^ monsieur ^ n'avançait rien sans en être sûr. Grâce à la chimie , nous sotn-* mes maintenant très-convaincus du contraire.

Nous finirons , monsieur , par où vous finissez l'article Fonte dans les Questions.

Texte. « Cet article est un peu vif , mais il est vrai et utile. Il faut quelquefois confondre l'ignorance orgueilleuse de ces gens qui croient pouvoir parler de tous les arts , parce qu ils 6nt lu quelques lignes de S. Augustin. »

Comment. On aurait tort de croire qu'on peut parler de tous les arts pour avoir lu quelques lignes de saint Augustin , et même pour avoir fait de belles tragédies , de jolies pièces tugitives, etc. Les arts ne s'apprennent pas en taisant des vers , non plus qu'en lisant saint Augustin,

Il faut quelquefois , etc. Il faut toujours , quand on a reçu de quelque artiste une descnt^ition d'un pro-

pliquer à de petits ouvrages grossièrement U'availlés des procédés ()u'on n'emploie que dans les grandes machines ou dans les ouvrages auxquels on veut donner le plus haut degré de perfection. Il faut, enfin ^ quand on ne voit que par les yeux d'autrui ^ et qu'on n'a que des lumières d'emprunt , ne pas s'en targuer , et traiter tout de suite d'ignorans dans les professions et dans les arts des gens qui ^ quoique inférieurs sur tout le reste , ont pu avoir quelque occasion de s'instruire ^ qui vous a maùqué.

S3o PETIT

Confondre rignorace y etc. Assarément l'ignorance orgueilleuse y hardie , tranchante , mërîte bien qu'on la confonde. Mais ne serait-il pas mieux de l'instruire avec douceur ? La hauteur aigrit les esprits : la modération gagne les cœurs.

Cet article est un peu vif y etc. Puisque; vous en conyenez y monsieur y tout est dit. Nous reconnaiisons y à cet aveu y l'homme aimable y qui dès que le moment d'humeur est passé y revient volontiers }k des sentimens plus doux : irasci facilem , tamen ut placabilis esseL

Mais il est vrai y etc. On peut en juger par tout ce que nous venons de dire.

r^ous avons cru aussi notre réplique vraie et utile. Si le ton vous a paru un peu vif' y vous nous le pardonnerez y monsieur y c'est vous qui nous l'avez donné. ISous en avions pris^ d'abord un j^(|8 doux.

Pleins de respect pour votre personne et d'ad» iniration pour vos talens ; nous vouhpns donner au public le spectacle y malheureusemeot trop rare y d'une controverse honnête. Vous aviez vanté celle du chrétien Limbprk et du Juif Orobio, comme un exemple à imiter en ce gepre. Nous nous l'étions proposée pour modèle : nous avons eu la politesse de Orobio y et nous tâcherons de ne poipt nouç eo écarter : vous eût-il tant coûté de ressembler un peu plus à Limbork?

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