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sente , un grand nombre de gens de leiu-es qui lui ont rendu ce service. Touché , apparemment , de rhonnêteté de nos auteurs , il ne les a pas encore traités comm^ il a fait de tant d'autres. Il s*est borné aux petits traits d'humeur qu'on vient de voir :
nos Juifs les lui pardonnent volontiers bien sincèrement» Ils n ignorent pas combien il est sensible à la contradiction ; et ils aiment à croire son cœur honnête , lors mémo que sa bouillante et impétueuse imaginalion l'emporte au-delà des bornes qu'il se prescrirait sans doute dans des momens plus calmes.
Mais il était bon qu'on sût que nos auteurs ne sont pas les seuls qui aperçoivent des inconséquences , des contradictions , des erreurs , des infidélités , etc. , dans les écrits de ce grand homme ^ que beaucoup d'autres y en voient autant qu'eux et plus qu'eux 5 il était bon que les savans étrangers , que nous avons vus plus d'une fois gémir sur les travers des beaux esprits français , apprissent que la séduction du philosophisme n'a pas tellement gagné dans la nation , qu'il ne s'y trouve encore un grand noinbre de gens de lettres qui se font honneur de penser autrement et de dire librement leur pensée -, et que , malgré les efforts de quelques écrivains pour ériger M. de Voltaire en tyran de la liiiérature , il est encore des juges qui osent honorer de leurs suffrages les écrits où l'on combat ses erreurs en respectant ses talens.
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Nous ne dissimulons pas que , depuis la troisième édition de cet ouvrage , deux écrivains périodiques n'en ont pas jugé tbut-à-fait comme ceux que nous venons de citer. Ils s'accordent tous deux a parler des Lettres et de leurs auteurs de la manière la plus obligeante : mais ils leur reprochent , l'un (rencyclopédiquc) , d'avoir été trop amers •, l'autre ( i ecclésiastique ) , d'avoir été trop doux : reproches contradictoires , dont l'un détruit l'autre , et qui tous deux prouvent que nos Juifs se sont tenus dans le plus juste milieu.
Le premier de ces reproches , quoique tempéré par des éloges flatteurs , affligerait sensiblement nos auteurs , s'ils pouvaient croire Tavoir mérité j mais après tous les inénagemens et les égards dont ils ont usé , ils ne peuvent le regarder que comme l'effet d'un attachement tendre et d une reconnaissance vive de la part du périodiste pour l'écrivain célèbre à qui il a , dit-on , diverses obligations. Nous lui représenterons seulement que s'il est beau a être reconnaissant , il est nécessaire d'être juste 5 et 3ue ce n'est pas l'être tout-à-fait , que de onner de légères plaisanteries pour des personnalités , et quelques ironies douces
Sour des sarcasmes jimers. Il y a quelque ifférence entre les piqûres d'éningles et des coups d'estramaçon ; le sel des cannes d'Amérique n'est pas le sublimé corrosif.
L'autre reproche méritait d'être discuté plus au long 5 il paraît effectivement plus
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fondé : plusieurs savans français et étrangers , catholiques romains et prolestans l'avs^enl fait à nos Juifs , de vive voix et par écrit , avant l'écrivain périodique dont nous parlons. En souhaitant , dans l'extrait qu'il fait des Lettres , que les auteurs y eussent pris un ion plus feiine , il donne tout à la lois Ja leçon et le modèle, a Cet ouvrage , dit-il , dont on a fort loué la première édition , mérite un accueil distingué de la part de toutes les personnes qui respectent les divines écritures. Il contient une excellente réfutation des difficultés puériles , des sarcasmes indécens , des blasphèmes révoltans par lesquels M. de Voltaire ne cesse d'attaquer nos saints livres , dans un tas de brochures qui renaissent tous les jours , où il ne fait que se copier lui-méjpfie , après avoir copié les autres , et qui auraient pu être sévèrement flétries , sans intéresser la tolérance philosophique que ce trop fameux écrivain ne cesse de prêcher , mais que personne ne connaît moins que lui dans la pratique , etc. Avec tous les ménagemens possibles dans le ton et la manière , rien n'est plus capable , pour le fond des choses , d'écraser Tamour-propre de ce littérateur orgueilleux... On y verra à chaque page , i.*^ un contre versiste de mauvaise toi , qui renouvelle éternellement des difficultés cent fois résolues , non - seulement sans montrer l'insuffisance des réponses qu'on y a faites , mais 3ans daigner même en faire mention. 2.^ Un auteur très-super-
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ficiel qui , en afTectant la plus vaste érudition , est réduit à ne faire que copier les Tindal , les Bolingbroke , etc. , ou même des commentateurs qu'il injurie en s en servant... 3.^ Un écrivam sans jugement , qui , entraîné par une imagination bouillante , écrit au hasard, se contredit à chaque page , loue et blâme une même chose. 4-** U^ homme ridiculement vain , qui fait montre des plus vastes connaissances , et qui est convaincu de l'ignorance la plus complète sur tous les points. Ignorance des langues :
il traduit le latin comme un écolier qtii Tentend médiocrement ; il parle d'hébreu , comme ne sachant pas lui-même le lire ; il fait de grands éloges de la langue grecque , et il récrit vingt fois comme un homme qui ne Fa jamais entendue. Forcé de rendre un passage d'Hérodote , il le traduit sur une mauvaise version latine qui fourmille de contre- sens. Ignorance des auteurs et des ouvrages : il transforme un poëme en un homme ^ il attribue le livre de la Sagesse à un païen qui vivait dans le second siècle de l'ère chrétienne , et qu'il confond avec un Juif de même nom. Ignorance de l'histoire : il ne fait que brouiller les règnes , les évènemens , les temps et les lieux , et il prouve de plus en plus que ce n est pas sans raison que ses partisans même le regardent , sur cet article , comme un homme sans conséquence. Ignorance des arts sur lesquels il fait parade des connaissances les plus approfondies ; ignorance des usages
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et des coutumes des différcns peuples , etc. , »
Après divers autres traits , que nous épargnerons à M. de Voltaire et à ses admirateurs , le critique vient au reproche quil fait à nos Juifs. « En applaudissant , dit-il , aux éloges que la modération des auteurs des Lettres a reçus et qu elle mérite , nous croyons cependant devoir observer qu'ils la portent quelquefois trop loin , et sur des matières où les personnes les plus délicates leur auraient certainement permis un peu
{dus de force et de chaleur. Sans doute 'humanité , capable de faillir , mériîe des égards , si Ton ne peut trop user de ménagemens envers un homme qui ne tombe dans Terreur que par fragilité -, mais la mauvaise foi \ poussée à l'excès , l'intention d^ tromper évidemment marquée , les blasphèmes vomis de sang-froid , et , pour ainsi dire , à plaisir , doivent exciter l'indignation de rhomme le plus patient , et la manière de les repousser doit être assortie à l'impression qu uhe si odieuse dépravation fait nécessairement sur toute ame honnête, Ainsi, quand nos auteurs se seraient élevés avec plus d'énergie contre un forcené qui ose accuser Abraham d'avoir cherché à faire un honteux trafic de la beauté de son épouse , qui ose tourner les prophètes en ridicule , et les travestir de la manière la plus bassement indécente , etc. , on leur en auroit su bon gré ; et ils ont encore à repousser les traits impies de cet écrivain , sans religion ,