‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 10 sur 267 · A SA MÈRE, a Pouy · texte numérisé non relu

A SA MÈRE, a Pouy

Il regrette d'être retenu loin d'elle et de sa famille par le besoin de ses affaires, et demande des nouvelles de chacun. — Salutations diverses.

Paris, 17 février 16 lo.

Ma Mère,

L'assurance que M. de Saint-Martin m'a donné de vostre bon portement m'a autant resjouy, que le séjour qu'il me faut encore faire en cette ville pour recouvrer l'occasion de mon avancement (que mes désastres mon ravy) me rend fasché, pour ne vous pouvoir aler rendre les services que je vous dois, mais j'espère tant en la grâce de Dieu qu'il bénira mon labeur, et qu'il me donnera bien tost le moien de faire une honeste retraite, pour emploier le reste de mes jours auprès de vous. J'ay dit Testât de mes afaires à M. de Saint-Martin qui m'a tesmoigné qu'il voulait succéder à la bienveillance et à l'affection qu'il a plu à M. de Commet nous porter; je l'ay suplié de vous communiquer le tout. J'eusse bien désiré sçavoir Testât des affaires de la maison, et si tous mes frères et sœurs, et le reste de nos autres parens et amis, se portent bien, et notament si mon frère Gayon est marié, et à qui. — Bailleurs comment vont les afaires de ma sœur Marie de Paillole ^, et si elle vit toujours et fait une mesme maison avec son beau-frère Bertrand. Quand à mon autre sœur, j'estime qu'elle ne peut estre qu'à son aise, tant qu'il plaira à Dieu la tenir accompagnée. Je désirerais aussi que mon frère fit estudier quelqu'un de mes neveux; mes infortunes et le peu de service que j'ay encore pu faire à la maison, luy en pouront, possible, oster la volonté; mais qu'il se représente que l'infortune présente présuppose un bonheur

1. Petit village prés de Dax (Landes), où naquit saint Vincent.

2. On voit encore aujourd'hui la maison appelée Paillole , près de Téglise de Pouy.

à l'avenir. C'est tout, ma mère, ce que je vous puis dire pour la présente, fors que je vous suplie présenter mes humbles recommandations à tous mes frères et sœurs, et à tous nos autres parens et amis, et que je prie Dieu sans cesse pour vostre santé et pour la prospérité de la maison, comme celuy qui vous est et vous sera toujours, ma mère, le plus humble, plus obéissant et serviable fils et serviteur.

P. 'S. Je vous suplie présenter mes humbles recommandations à tous mes frères et sœurs et à tous nos parens et amis, et notament à Bétan.

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