CON8UL A ALGER
Témoignages d'intérêt et d'affection. — Nouvelles de la Compagnie, et en particulier
de l'affaire de Saint-Méen.
Paris, ce jour de Saint-Barthélémy, 24 août 1646.
Monsieur,
Béni soit Dieu de ce qu'il vous a rendu heureusement à Alger votre consulat. Je prie sa divine bonté de vous y donner son esprit, pour y servir Sa Majesté et le public en ce même esprit, et dans la conduite de son Fils et de Tange gardien qu'il vous a donné. Je ne puis vous exprimer la consolation que mon âme a reçue à la réception de votre chère lettre. Oh ! que je prie bien Dieu qu'il bénisse le séjour, comme il a fait votre arrivée de delà, et tout ce que vous faites de delà. J'écris à M. N... touchant ce que l'on fait pour ces pauvres rachetés et captifs qui sont encore.
Votre bonne tante nous est venue voir pour apprendre de vos nouvelles ; elle a été ravie de celles que je lui ai dites de votre arrivée, et moi de la bonté que j'ai vue en cette chère âme ; elle se recommande à vos prières. Et moi, Monsieur, je vous recommande la mienne, à ce qu'il plaise à Dieu la faire participante au bien que vous faites de delà. J'en attends des nouvelles avec dévotion, et prie cependant Notre-Seigneur qu'il bénisse de plus en plus votre chère âme et qu'il la sanctifie.
Nous n'avons rien qui mérite vous être écrit pour le présent, sinon la bénédiction qu'il plaît à Notre-Seigneur donner aux petits travaux de la petite Compagnie. Il vient de se
faire une mission, par M. Galais, de trois ou quatre mois durant. Je ne puis vous exprimer les bénédictions extraordinaires que Notre-Seigneur lui a données, comme aussi à celle de Gênes.
Sa divine bonté qui vivifie et mortifie, nous a mis dans la souffrance et la confusion, à cause de la persécution que nous recevons dans l'établissement de Saint-Méen, ou plutôt monseigneur de Saint-Malo, qui nous y a établis. Bénie soit sa divine bonté, qui en dispose ainsi. Je suis, en son amour, etc.