A M. HUSSON
Il l'engage, de la manière la plus pressante, à se rendre à Tnnls.
i3 avril i633.
J'ai offert à Notre-Seigneur, en célébrant la sainte messe, vos peines, vos gémissements et vos larmes ; et moi-même,
I. Martin Husson, avocat au parlement de Paris, était fils de M. Huss9Q| gouverneur du marquis de Richelieu, neveu de la duchesse d-Aiguillon.
après la consécration, je me suis jeté à ses pieds, le priant de m'éclaîrer. Gela fait, j'ai considéré attentivement ce que j'aurais voulu à l'heure de ma mort vous avoir conseillé de faire ; et il me semble que si j'avais eu à mourir au même instant, j'eusse été consolé de vous avoir conseillé d'aller à Tunis % pour le bien que vous pouvez y faire, et eusse eu, au contraire, un extrême regret de vous en avoir dissuadé ; voilà sincèrement ma pensée. Vous pouvez, toutefois, ou aller ou ne pas aller.
i I. RÈGLEMENT DE VIE POUR M. Le VaCHER ET M. HUSSSON,
' • PENDANT qu'ils SERONT A TUNIS.
La providence de Dieu les ayant appelés en ladite ville de Tunis pour assister corporel lement et spirituellement tous les pauvres chrétiens esclaves qui y sont, ils se représenteront que cet emploi est Pun des plus charitables quMls sauraient exercer sur la terre;
Que, pour s'en acquitter, ils doivent avoir une particulière dévotion au mystère de Plncarnation par laquelle Notre-Seigneur est descendu sur la terre, pour nous assister dans notre esclavage, dans lequel Tespril malin nous tenait captifs.
Ils se rendront exacts aux régies de la Compagnie, et aux saintes coutumes et maximes d'icelle, qui sont celles de l'Évangile, et travailleront incessamment à l'acquisition des vertus qui font un vrai missionnaire, au zèle, à l'humilité, à la simplicité, à la mortification et à la sainte obéissance, et s'emploieront au soin temporel et spirituel de tous les pauvres malades.
M. Le Vacher sera le directeur de cette petite mission, et M. Husson fera l'exercice du consulat en habit court, de l'avis dudit sieur Le Vacher, et agira en public en la manière que ferait un bon et pieux consul avec son directeur, et suivra sa direction intérieure et même extérieure, en ce qui ne touchera pas l'exercice dudit consulat, qu'il exercera néanmoins de l'avis dudit sieur Le Vacher comme est dit.
Ils tâcheront de vivre avec toutes les précautions imaginables avec le dey, le bâcha, la douane et autres principaux, souffriront volontiers les injures qui leur seront dites et faites par le peuple.
Ils t&cheront de gagner par patience les prêtres et les religieux esclaves qui y seront, et feront en sorte qu'ils soient conservés dans l'honneur qui leur était rendu et dans leurs petits profits.
Ils feront leur possible de maintenir les marchands en la plus grande union qui leur sera possible, leur rendront bonne et brève justice, et les soutiendront devant les seigneurs et magistrats du pays, avec toute la sollicitude qui leur sera possible.
Ils nous donneront de leurs nouvelles par toutes les barques qui viendront